DISCLAIMER : Tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling. Les dialogues de la série Queer as Folk appartiennent à Ron Cowen et Daniel Lipman.
Rating : M
Genre : romance / slash / Yaoi
Chapitre 10 – Don't stop me now
"Don't stop me now
I'm having such a good time"
(Queen)
25 octobre 2014 – Appartement de Harry Potter, Fulham, Londres
Harry s'étira paresseusement, le corps encore un peu courbaturé de leur activité de la nuit. Il bâilla à s'en décrocher la mâchoire avant de soupirer d'aise. Il n'eut pas besoin de tâtonner à côté de lui pour savoir que Draco n'était plus dans le lit. Par Merlin, ce type n'était pas humain. Se lever à l'aube pour aller courir… un samedi. Il aurait fallu le payer cher pour que Harry accepte de s'extirper de son lit un jour de weekend. Et encore. Tous les gallions du monde ne valaient pas quelques heures de sommeil supplémentaires.
Il se retourna et enfouit son nez dans l'oreiller de Draco en souriant bêtement.
La semaine s'était écoulée comme dans un rêve. Même si rien n'avait fondamentalement changé dans leur mode de vie, l'atmosphère entre eux était plus légère, plus détendue. Draco embrassait Harry pour un oui ou un non, cherchait constamment son contact, lui prenant la main en rue, entourant ses épaules de son bras à table ou simplement en le frôlant à la moindre occasion.
Bien entendu, il n'avait pas fallu longtemps à Hermione pour le remarquer et Harry avait été bon pour un interrogatoire serré dans la minute qui avait suivi. A la fin de son récit, elle n'avait rien dit mais son sourire valait tous les discours. Elle l'avait serré contre elle à l'étouffer en lui murmurant combien elle était heureuse pour lui. Harry l'avait regardé partir en riant, persuadé qu'elle s'était précipitée sur son téléphone pour avertir Blaise.
Et comme un bonheur ne vient jamais seul, Draco et Théo lui avaient annoncé vendredi que l'entreprise concurrente avait accepté une entrevue courant de la semaine prochaine afin de négocier un accord. Elle voulait à tout prix éviter le procès pour contrefaçon et semblait prêt à accepter n'importe quelles conditions. Encore quelques jours de patience, et Harry saurait enfin qui lui avait volé les plans de son balai.
Enthousiasmé par toutes ces pensées positives, il bondit hors du lit pour prendre une douche. Après, il préparerait à Draco un petit-déjeuner anglais comme il les aimait.
O°O°O°O°O°O°O
Draco termina son parcours à petites foulées. Cette fois, il avait choisi St James Park pour son jogging quotidien. La semaine, il se contentait des rives de la Tamise mais le weekend, il préférait courir dans des espaces verts.
Il fit quelques étirements avant de se dissimuler derrière un arbre et de transplaner.
Sitôt arrivé dans l'appartement, il sentit la bonne odeur de bacon grillé lui chatouiller les narines, le faisant saliver à l'avance. Pressé de dévorer son petit-déjeuner, il se précipita dans la cuisine pour tomber sur une scène des plus intrigantes : Harry, des écouteurs vissés dans les oreilles et reliés à un lecteur MP3 dernière génération, était en train de sautiller dans tous les sens comme un lutin de Cornouailles.
Puis, sans crier gare, il se mit à brailler.
« I'm burning through the sky Yeah!
Two hundred degrees
That's why they call me Mister Fahrenheit
I'm trav'ling at the speed of light
I wanna make a supersonic man out of you
Don't stop me now
I'm having such a good time
I'm having a ball
Don't stop me now
If you wanna have a good time
Just give me a call »
Draco vivait dans le monde moldu depuis suffisamment longtemps pour s'être forgé une solide culture musicale. Et s'il se fiait aux paroles et au semblant de mélodie qu'il entendait, Harry était en train de massacrer un titre de Queen.
« I'm a rocket ship on my way to Mars
On a collision course
I am a satellite I'm out of control
I am a sex machine ready to reload
Like an atom bomb about to… »
-AAARRRGH ! cria Harry alors que Draco l'attrapait par la taille.
- Tu es peut-être une sex-machine mais tu es le pire chanteur que je connaisse, lui souffla Draco en lui retirant ses écouteurs.
- Merde, Malefoy… tu m'as fichu une de ces peurs ! Je ne t'avais pas entendu arriver !
- Pas étonnant ! Tu vas finir sourd à écouter la musique aussi fort.
- N'importe quoi ! Queen doit s'écouter à fond la caisse ! Tu savais que des scientifiques ont démontré que Don't stop me now avait un effet bénéfique sur le moral ?
- Peut-être… mais pas quand c'est toi qui chante.
Harry commença à bougonner mais Draco le fit taire par un baiser. Un très long et très bon baiser.
-Voilà qui est mieux, sourit-il en s'écartant.
- Tu m'emmerdes Malefoy.
- Je sais. Alors, qu'as-tu préparé de bon ?
- Ce que tu aimes. Œufs brouillés, bacon frit, haricots à la sauce tomate.
- A ce train-là, je vais devoir courir deux fois plus longtemps tous les jours si je veux éviter d'engraisser comme un cochonnet, commenta Draco faussement contrarié.
- C'est pourquoi je t'ai aussi préparé ceci.
Il posa sur le comptoir un saladier rempli de fruits frais découpés en morceaux.
-De toute façon, ça ne te ferait pas de tort de prendre deux ou trois kilos, ajouta Harry l'air de rien.
- Tu crois ?
Draco avait aussitôt soulevé son t-shirt et pinçait entre ses doigts un mince repli de peau au niveau de son ventre.
-Je suis trop mince ? Dis tout de suite que je ressemble à un sombral !
- J'ai dit deux ou trois kilos pas vingt !
- Mouais… tu me trouves trop mince…
- Par Merlin, ce que tu peux être vaniteux, soupira Harry en s'approchant de lui. Non, tu n'es pas trop mince. Tu es parfait.
Il posa les mains sur le torse dénudé et le caressa avec douceur.
-Absolument parfait, murmura-t-il en embrassant le léger creux en ses pectoraux pour ensuite descendre le long des abdominaux.
- Je… le petit-déjeuner… ça va refroidir, protesta faiblement Draco.
- Aucune chance. J'ai posé un sort de conservation par-dessus.
Harry était maintenant à genoux devant lui, les yeux débordant de luxure.
-La douche, tenta Draco. J'ai couru… je suis en sueur… je suis…
- Parfait, coupa Harry en le repoussant contre la table en chêne de la cuisine.
Une solide et très fiable table en chêne.
Draco prit appui sur le bord, complètement obnubilé par le regard de Harry. Un regard de prédateur.
Ce dernier continuait de grignoter la peau ferme du ventre, tout en abaissant l'élastique du survêtement de sport, centimètre par centimètre, jusqu'à ce qu'apparaissent les prémices d'une douce toison blonde. Elle se faisait plus dense au fur et à mesure que le vêtement descendait et bientôt Harry n'y tint plus : il enfouit son nez dans les boucles soyeuses, respirant à pleins poumons l'odeur d'homme de Draco. Une odeur devenue une drogue qui se répandait dans tout son organisme avant de se concentrer sur son entre-jambe, le faisant durcir encore plus qu'il n'était déjà.
-Tu sens bon, murmura Harry, tout contre sa peau.
Il tira d'un coup sec sur le pantalon et le boxer, libérant une érection proéminente qui lui mit l'eau à la bouche. La chair tendue était tellement chaude qu'elle irradiait presque contre le visage de Harry. Il frotta sa joue râpeuse contre elle, soupirant de bien-être à son contact et tirant un grognement de plaisir à Draco.
-Ta queue est tellement belle, tellement dure, tellement délicieuse.
Du bout de la langue, il joua avec la tête veloutée, agaçant la fente luisante, léchant le pourtour.
-Bordel… Harry, haleta Draco.
- Dis-moi ce que tu veux. Dis-le-moi maintenant.
- Prends-moi dans ta bouche. Suce-moi, ordonna Draco.
Harry ne se fit pas prier. Il enroula ses doigts à la base du sexe et le caressa du pouce. Les yeux fermés, pour exacerber encore la puissance de ce qu'il ressentait, il serra les lèvres sur le bout arrondi, puis descendit le long de la hampe. Il creusa les joues, montant et descendant encore, faisant de temps à autre racler ses dents contre la peau délicate.
Draco poussa un râle sourd et passionné.
Harry lui, oublia tout ce qui n'était pas ce membre suintant et chaud qu'il suçait avec avidité, ce goût salé qui envahissait sa bouche. Il prit le sexe épais encore plus profondément, coinçant le gland dans l'étroitesse de sa gorge. Avec habilité, il déglutit et fut récompensé par un véritablement rugissement de plaisir.
Il rouvrit les yeux et les leva vers Draco. Comme à chaque fois, il fut subjugué par la beauté qui émanait de lui. Il n'y avait pas plus belle vision que celle de son amant sur le point de jouir. Il déglutit encore une fois, puis une autre. Tout le corps de Draco se tendit. Les muscles de ses bras, de ses cuisses, de son ventre se durcirent sous l'effort. Les nerfs saillirent sous ses clavicules, le long de son cou. Il jeta la tête en arrière et expira bruyamment alors que sa semence pulsait hors de lui directement dans la gorge de Harry.
A cette tension presque douloureuse succéda l'apaisement, une libération bienfaisante qui lui fit papillonner des yeux.
-Tu es un putain de bouffeur de queues, Potter, haleta-t-il complètement essoufflé.
- Ouais, j'me défends, commenta Harry placidement en se relevant. Mais je ne suis pas le seul. Evanesco.
Il fit disparaître les vêtements de Draco et tout ce qu'il y avait sur la table avant de le pousser pour qu'il s'y allonge. Dans le même mouvement, il fit glisser ses fesses contre le rebord de la table et lui releva les jambes, l'exposant de la manière la plus intime qui soit.
Il s'agenouilla à nouveau, jetant un regard attendri au petit trou plissé qui lui faisait face.
-Oh non, je ne suis pas le seul. Lui aussi, souffla-t-il en le caressant du bout du doigt. Tu devrais le voir, Draco… Il palpite littéralement. Comme un affamé.
- Harry… putain…
- C'est incroyable, dit-il encore, émerveillé. Tout est beau en toi Draco.
Il s'approcha et y posa un baiser mouillé. Puis il le lécha du plat de la langue à plusieurs reprises, suça avidement la peau autour, avant de darder la pointe à l'intérieur.
-Harry…
La supplique avait quelque chose de puissamment érotique qui fit tressaillir le sexe de Harry. Il se releva et dans un geste brusque, déboutonna son jeans qui tomba à ses pieds.
-J'en peux plus, grogna-t-il. Je ne peux pas attendre… pas quand tu dis mon prénom avec autant d'indécence… Je veux te baiser. Maintenant.
- Qu'est-ce que tu attends ? ironisa Malefoy.
Provoquant, il agrippa ses genoux de ses mains et les ramena contre lui, s'exposant encore davantage à la vue de Harry.
-Bordel, Malefoy… dit Harry d'une voix tremblante, à peine audible. Tu me fais quoi là ?
- Je t'attends, répondit-il d'une voix lascive. J'attends que tu me défonces, exactement comme tu aimes. Sauvagement.
Harry eut un petit gémissement. Il fondit sur Draco et le pénétra d'un seul coup. Ils crièrent tous les deux avant que ne commence une lutte acharnée. Leurs corps claquaient l'un contre l'autre, dans un bruit mat et humide. Le sexe de Harry entrait et sortait impitoyablement de l'orifice étroit. Draco bascula légèrement sur le côté, une jambe repliée contre le lui, l'autre posée sur l'épaule de Harry, rendant la friction plus sublime encore. Il en perdait la tête. Chaque coup de rein était un pas de plus vers l'embrasement.
Harry n'en pouvait plus. La vision de Draco sur cette table, tellement abandonné, tellement offert, dans cette position si érotique, sa main qui se caressait en rythme, ses cris de débauche… tout ça le rendait fou. Fou d'amour et de désir. D'un geste presque hargneux, il ôta la main de Draco de son sexe pour la remplacer par la sienne. Il voulait que tout le plaisir qu'il ressente vienne de lui et uniquement de lui.
Dedans. Autour. Partout. Il voulait l'occuper tout entier. Harry le ramena alors sur le dos et tout en le pénétrant et en le masturbant, il l'embrassa. Sa langue fouilla sa bouche avec la même férocité que son sexe labourait ses chairs. Ils gémissaient à l'unisson.
Harry se redressa pour contempler une fois de plus son amant. Et une fois de plus, cette vison le bouleversa au-delà des mots.
-Harry, supplia Draco dont la respiration s'était encore accélérée. Je vais jouir…
- Oui… Vas-y ! Vas-y ! psalmodia Harry en redoublant l'intensité de sa caresse sur son sexe et de ses coups de rein.
L'orgasme de Draco emporta Harry. Il se cambra, rejetant la tête en arrière, criant son plaisir sans retenue, le corps submergé de sensations venues de toutes parts.
Le souffle court, la vue brouillée, Harry se demanda comment il était encore capable de tenir debout. Draco lui, mit un peu de temps avant de reprendre ses esprits et trouver suffisamment d'énergie pour bouger et se redresser.
Voyant son regard absent, Harry s'inquiéta.
-Je ne t'ai pas fait mal ? demanda-t-il, un peu honteux de la manière brutale avec laquelle il avait pris possession de son amant.
- Non… non, tout va bien, dit Draco. Je…
Il reporta son attention sur Harry et le fixa avec le plus grand sérieux. Puis, il l'attira contre lui et le serra dans ses bras, la tête calée contre son épaule.
-Je… j'aime ça. Ce que je ressens quand tu es en moi… j'aime ça.
C'était à peine plus qu'un murmure. Harry ne répondit rien, sachant que ça mettrait Draco mal à l'aise. A la place, il le serra plus étroitement contre lui.
O°O°O°O°O°O°O
-Tu me rejoins à 17 heures au stade ?
- Tu es sûr de toi Harry ?
- Pour la centième fois, oui, Draco, je suis sûr de moi.
- Parce que ça sera dans le Sunday Prophet de demain. « Harry Potter en couple avec un ex-mangemort » !
- Arrête avec ça, dit sèchement Harry. Et dis plutôt que c'est toi que ça gêne !
- Moi ? Non, répliqua Draco en haussant les épaules. Je ne prends aucun risque. Si tout ça me soûle trop, je rentre à New-York. Fin du problème. Toi par contre…
- Eh bien je délocaliserai ma société à New-York ! s'énerva-t-il en levant les bras au ciel. Mais n'espère pas te débarrasser de moi aussi facilement !
Draco esquissa un sourire.
-Je sais. Tu es plus collant qu'une gomme de limace. Allez, file maintenant. Mets ton auréole et va distribuer tes millions, Saint Potter !
Harry marmonna quelque chose sur l'endroit où il pouvait se mettre son auréole, tout en enfilant sa veste.
-Tu pourrais dire au revoir, tout de même, maugréa Draco en le voyant se diriger vers la porte.
Il revint sur ses pas et l'embrassa tendrement.
Une fois la porte refermée, Draco continua à sourire, réfléchissant déjà à ce qu'il porterait pour aller voir le match. C'était une rencontre de la Wizzard League entre les Pies de Montrose, dont Harry était propriétaire et les Guerriers de Woollongong, premiers du championnat australien.
Vu l'enjeu, une place en quart de finale, la rencontre allait rassembler le gratin de la population sorcière britannique ainsi que les médias. Harry avait saisi cette occasion pour inviter les enfants de deux orphelinats du pays à visiter le stade et à rencontrer les joueurs. Il profiterait aussi de la couverture médiatique pour inaugurer au sein du club la première école d'apprentissage du Quidditch destinée aux enfants les plus défavorisés.
Comme Théo, Blaise et Draco supportaient les Pies depuis leur plus jeune âge, Harry leur avait proposé d'assister à l'événement avec lui. Contrairement aux deux autres, Draco avait été plutôt mitigé, estimant que la présence d'un ancien mangemort aux côtés du Sauveur ne serait pas forcément bien vue.
Harry s'était emporté, râlant sur Draco et surtout sur ces culs serrés de sorciers qui, après tant d'années, n'avaient toujours rien compris. Il avait tempêté tout seul pendant dix minutes, sur sa vie, le fait qu'il la menait comme il l'entendait et qu'il n'en avait rien à foutre de rouler une pelle à Malefoy devant un parterre de journalistes.
Finalement, Draco avait cédé. Il viendrait mais seulement pour le match. Harry avait accepté le compromis sans plus rechigner.
Il se rendit dans la chambre, décidé à faire l'inventaire de son dressing, histoire d'avoir le temps de faire une virée shopping si rien ne lui convenait.
ROUF !
Il sursauta en entendant le bruit de la cheminée. Ce devait être Hermione. Avec Harry et lui, elle était la seule à en avoir l'accès. Il sortit de la chambre pour aller à sa rencontre quand il entendit des voix. Ce n'était pas Hermione.
Ni courageux, ni téméraire de nature, il sortit sa baguette et la tint fermement en main. Etant pieds nus, il avança silencieusement dans le couloir.
-Qu'est-ce qu'on fait s'il n'est pas là ?
- On aura qu'à attendre. Il finira bien par revenir.
Draco fronça les sourcils. Des enfants ?
Il traversa le couloir jusqu'à l'angle du salon où il put observer subrepticement les deux arrivants. Ils n'étaient pas très grands, confirmant son impression qu'il s'agissait d'enfants. Ils étaient dos à lui et portaient de longues capes noires. Deux énormes valises étaient posées à côté d'eux.
-Qui êtes-vous et que faites-vous ici ? demanda-t-il froidement en faisant irruption dans le salon, baguette levée.
Les deux garçons sursautèrent. Quand ils se retournèrent, Draco nota que l'un était plutôt petit, avait des cheveux noirs en bataille et de grands yeux verts. L'autre, un peu plus grand, avait les cheveux auburn et les yeux bruns. Sur leurs capes était épinglé un écusson. Rouge et or pour le plus grand. Vert et argent pour le plus petit.
Merde, se dit Draco. Les enfants de Harry.
-Mon nom est James Sirius Arthur Potter. Et lui c'est mon frère, Albus Severus Remus Potter. Et vous ? dit le plus grand avec un air profondément condescendant.
Draco eut rictus méprisant.
-Draco Lucius Abraxas Septimus Charles Nicholas Malefoy. Au jeu « la mienne est plus longue que la tienne », je gagne toujours gamin. Je repose la question : que faites-vous ici ?
- Nous sommes ici chez nous ! Nous avons accès à la cheminée ! répliqua James, vexé d'avoir été traité de gamin.
- Ça je m'en doute puisque vous êtes les fils de Harry. Ce que je veux savoir, c'est pourquoi vous n'êtes pas à Poudlard !
- Où est mon père ? demanda James sans répondre à la question.
- Il n'est pas là.
- Tu es son nouveau jules ?
Draco tiqua à cette expression. Combien d'hommes Potter avait-il présenté à ses enfants ?
-Ça ne te regarde pas, répondit-il.
- Peu importe, dit James en haussant les épaules d'un air passablement dégoûté. Nous allons attendre mon père ici.
Il se débarrassa de sa cape qu'il jeta négligemment sur un fauteuil avant de se vautrer dans le canapé.
Draco vit rouge. D'un coup de baguette, il fit disparaître le divan, si bien que James se retrouva les quatre fers en l'air.
-Mais t'es malade ! cria-t-il.
- Je ne le demanderai pas une troisième fois : pourquoi n'êtes-vous pas à Poudlard ?
Voyant que son frère ne se décidait pas répondre, Albus prit la parole.
-Il y a une épidémie d'éclabouille à Poudlard, expliqua-t-il calmement. Les élèves et les professeurs malades ont été placés en quarantaine. Les autres ont été renvoyés immédiatement chez eux le temps que les potions fassent effet et que le Château soit désinfecté. Nous avons un mot du Professeur McGonagall, dit-il encore en tendant à Draco un parchemin.
- Albus ! tonna son frère. Il n'a pas à savoir ! C'est…
- Oh la ferme, James, soupira le garçon.
Draco déroula le parchemin et en prit connaissance. Albus disait vrai.
-D'accord, dit-il. Mais comment se fait-il que vous ne soyez pas chez votre mère ? C'est elle qui a votre garde principale, non ?
- Maman est enceinte. Il est trop dangereux pour elle et le bébé d'être en contact avec le virus.
- Mais vous n'êtes pas malades…
- Papa dit que même si nous ne sommes pas atteints, nous pouvons être porteurs du virus, dit James.
- Quoi ? Vous avez parlé à Harry ? Mais quand ? Il était courant que vous alliez venir ?
Albus soupira en secouant doucement la tête.
-Non. James parle de Filibert. Notre beau-père.
- Ah.
Draco se demanda un instant si Harry savait que son fils aîné appelait « papa » un autre que lui et surtout s'il savait que la Weasley était enceinte. Puis, il se dit qu'il avait plus urgent à régler.
-Votre mère est au courant que vous êtes ici ?
- Oui, c'est elle qui nous a dit de venir ici. Le Professeur McGonagall le sait également puisque nous avons pris la cheminette depuis son bureau. J'ai une autorisation de sa part, dit-il en sortant un autre parchemin de sa poche.
- D'accord.
Draco fit quelques pas vers une table d'angle et prit le téléphone qui s'y trouvait.
-Tiens, appelle ta mère pour la prévenir que vous êtes bien arrivés, dit-il à James en lui tendant l'appareil. Et après tu me la passes.
James ne trouva pas de motif valable pour refuser d'obéir et se saisit du combiné. Il forma un numéro.
-Maman ? C'est James… ouais, c'est pour dire qu'on est arrivé… Oui, tout va bien... Albus aussi… Non, il n'est pas là… Non, on n'est pas seul. Son nouveau mec est avec nous… Je ne sais plus… Draco quelque chose…
Le garçon écarta rapidement le téléphone de son oreille, surpris par l'exclamation de sa mère.
-Maman… je… oui… non… je te le passe. Elle veut te parler, dit James en tendant le combiné à Draco, un sourire mauvais sur le visage.
Draco jubilait intérieurement.
-Ginny, très chère, commença-t-il d'un ton obséquieux. Ça faisait longtemps, dis-moi !
- Malefoy ! Si tu touches à un cheveu de…
- James, Albus, coupa Draco en s'adressant aux enfants. Allez suspendre vos capes dans l'entrée puis montez vos malles dans vos chambres et changez-vous pendant que je parle avec votre mère.
Albus obtempéra. James semblait moins enthousiaste mais suivit néanmoins son frère. Draco attendit que les enfants soient hors de portée pour continuer sa conversation.
-Je ne ferai rien à ta précieuse progéniture Weasley, dit-il.
- Je t'interdis de donner des ordres à mes enfants !
- Et moi je t'interdis de me dire ce que je dois faire.
- Que fais-tu là ? Où est Harry ?
- Je vis ici. Comme ton fils te l'a très élégamment rapporté, je suis son nouveau mec. Quant à Harry, il n'est pas là et tu sais très bien où il est !
- Je ne sais rien du tout !
- Arrête ta comédie Weasley ! siffla Draco. Tu sais très bien qu'il est à l'inauguration de l'école de Quidditch pour enfants défavorisés ! Tu le sais parce que ton cher frère y est aussi ! Tu as voulu piéger Harry en envoyant les enfants chez lui alors qu'il n'y était pas, histoire d'en remettre une couche sur l'image de mauvais père que tu t'acharnes à donner de lui depuis des années ! Mais tu sais quoi ? C'est loupé pauvre conne !
Un soupir exaspéré se fit entendre de l'autre côté de la ligne.
-Je viens récupérer mes fils immédiatement !
- Ah oui ? Je croyais que c'était trop dangereux de les garder avec toi ? Tu sais… à cause de ton état… A moins que ça aussi, ce soit un mensonge ?
- Ce n'est pas un mensonge !
- Eh bien, alors les félicitations sont de rigueur.
- Arrête tes sarcasmes Malefoy. Je reprends mes enfants…
- Tu ne feras rien du tout Weasley. J'ai ici un parchemin signé par McGonagall qui précise que Albus et James sont envoyés chez leur père sur ta demande expresse.
- Quoi ?
- Oh, tu ne savais pas ? Allons ! C'est mal connaître la vieille McGo que de penser qu'elle allait outrepasser un jugement de garde sans prendre ses précautions. Si tu reprends les enfants, je donne ce parchemin à Théodore Nott et on verra qui aura le mauvais rôle.
- Tu es une ordure !
- Venant d'une femme qui utilise ses deux fils pour piéger lamentablement son ex-mari, je te trouve culottée de me dire ça.
Ginny fulminait. Elle était coincée.
-On n'en a pas fini Malefoy !
- Je crois bien que si. Et un conseil, Weasley… essaye de passer à autre chose. Tu as refait ta vie, Harry a refait la sienne. Accepte-le. C'est carrément pathétique cette manière que tu as de t'accrocher à lui comme une vieille moule…
- JE T'INTERDIS DE ME PARLER DE HARRY ! TOUT CA C'EST DE TA FAUTE ! IL N'Y A JAMAIS EU QUE TOI ! S'IL N'AVAIT PAS ETE OBSEDE PAR TOI, RIEN DE TOUT CELA NE SERAIT ARRIVE !
- De quoi tu parles ?
- Savoure ta victoire tant que tu le peux Malefoy. Parce que peut-être que Harry est enfin parvenu à te mettre le grappin dessus mais rien ne dure jamais très longtemps avec lui… Et puis, c'est bien connu… une fois assouvi, un fantasme n'a plus aucun intérêt.
- Tu racontes n'importe quoi !
- Moi, je suis la mère de ses enfants. J'aurai toujours une place dans sa vie. Contrairement à toi.
- C'est ce qu'on verra.
Il raccrocha brutalement et jeta le téléphone dans le fauteuil en face de lui. Sale garce ! Pour qui se prenait-elle ? Il passa nerveusement la main dans ses cheveux, contrarié d'être aussi affecté par cette conversation.
Il se reprit en entendant les pas des garçons dans l'escalier. Ils avaient troqué leurs uniformes de Poudlard pour une tenue de ville moldue.
-Vous avez mangé ? demanda-t-il.
- Non, pas encore, dit Albus.
- Ok. Je vais préparer quelque chose. Installez-vous au salon et regardez la télé en attendant.
Draco fit réapparaître le divan et alluma le téléviseur. Les deux garçons le regardaient sans bouger.
-C'est quoi le problème ? souffla-t-il en croisant les bras sur son torse.
- Papa nous interdit de regarder la télé, dit James.
Il manque pas d'air celui-là, pensa Draco. Quand je pense aux heures qu'il passe collé devant…
Puis il se rappela que James ne parlait pas de Harry mais de l'autre enfoiré de Filibert.
-Je suis sûr que Harry, ton papa, insista Draco, est d'accord. De toute façon, je ne vous veux pas dans mes pieds pendant que je prépare le repas. Et quand Harry n'est pas là, c'est moi qui décide. Allez ouste !
Les deux adolescents filèrent sans demander leur reste, un grand sourire sur le visage. S'en suivit une petite bagarre pour savoir qui aurait la télécommande. Draco nota avec soulagement qu'ils s'étaient rapidement mis d'accord sur le programme : une chaîne pour enfants qui diffusait des dessins animés de super-héros.
Draco jeta un coup d'œil dans le frigo et dans le congélateur. Parfait. Il avait de quoi préparer une sauce bolognaise.
Tout en découpant les légumes, il reluquait les deux enfants assis dans le salon. Sur le moment, ça lui avait paru une bonne idée de clouer de bec à cette emmerdeuse de Ginny. Mais maintenant, il n'en était plus très sûr. Les gamins allaient s'incruster ici Merlin sait combien de jours. Potter et lui n'allaient plus avoir la moindre intimité. Terminées les séances de baises bruyantes à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit et surtout n'importe où dans l'appartement. A ce moment précis, son regard se porta sur la table de la cuisine. Celle-là même où il était allongé quelques heures plus tôt.
Oh Merlin, pensa-t-il en rougissant furieusement. Encore un peu et les gosses auraient pu nous surprendre en train de…
-Tu es le nouvel amoureux de papa ?
Draco sortit de ses pensées effrayantes. Potter miniature était devant lui.
-Je… hm… oui. On peut dire ça.
- Je peux t'appeler Draco ?
- Oui. Pas de problème.
Albus grimpa sur le tabouret et se mit à observer chacun de ses gestes.
-Pourquoi tu ne retournes pas regarder la télé avec ton frère ? demanda-t-il, rendu anxieux par l'attention dont il faisait l'objet.
- James a changé de chaîne. Il regarde un documentaire animalier. J'aime pas trop ça. Tu fais bien la cuisine.
- Heu… oui.
- Brad il ne savait rien faire du tout. C'était papa qui cuisinait.
- Ah.
Draco supposait que Brad devait être un des ex de Harry.
-Il… tu l'as vu souvent, Brad ? questionna-t-il d'un air détaché.
- C'est lui qui est resté le plus longtemps je crois. Il est même parti en vacances avec nous.
- Ah bon.
Il mit la viande hachée à revenir dans un fond d'huile avec les oignons émincés et les échalotes, toujours sous le regard scrutateur d'Albus.
-Tu fais quoi comme métier ?
- Avocat.
- C'est toi qui t'occupes des problèmes de mon père avec ma mère ?
- Quoi ? Non… moi je m'occupe des problèmes de balai de ton père, répondit Draco en ricanant.
Albus hocha la tête, comme s'il approuvait.
-Moi je voudrais fabriquer des potions, dit-il après un temps.
- C'est vrai ? Tu aimes le cours de potions ?
- C'est mon cours préféré ! s'enthousiasma le garçon. Avec Scorpius, on a décidé qu'on aurait un magasin tous les deux quand on serait grands !
Draco eut un frisson à la mention de son fils.
-Scorpius ?
- Scorpius Miller. On s'est rencontré dans le Poudlard Express et depuis, c'est mon meilleur ami.
- Et… il est malade ton ami ? demanda Draco, s'autorisant enfin à poser la question qui le travaillait depuis qu'il avait appris cette histoire de d'éclabouille.
- Non. Il va bien.
Draco ne put s'empêcher de soupirer de soulagement. Avec un entrain retrouvé, il versa les légumes sur la viande ainsi que la purée de tomates et mélangea le tout.
-Tu aimes le Quidditch ? se surprit-il à demander pour alimenter la conversation.
- Oui, évidemment, dit timidement Albus. Tout le monde aime ça, non ?
- Ce n'est pas parce que tout le monde aime quelque chose que tu dois l'aimer aussi, répliqua Draco en remplissant une grande casserole avec de l'eau.
Albus le regarda avec des yeux ronds.
-Tu crois ?
- Evidemment ! Tu n'aimes pas le Quidditch ?
- James adore ça mais moi… bof, admit-il en haussant les épaules. Mais j'ose pas le dire à papa.
- Pourquoi ?
- Parce qu'il serait déçu ! Il était un grand joueur de Quidditch, il est super connu pour ça ! Et maintenant il a ses propres équipes, et il fabrique des balais ! s'enflamma le garçon presqu'au bord des larmes.
Draco posa les mains sur le plan de travail et fixa Albus droit dans les yeux.
-Ecoute-moi bien Albus. Je connais ton papa depuis très longtemps. Et s'il y a bien quelque chose que je sais sur lui, c'est que jamais, il ne sera déçu de toi parce que tu fais tes propres choix, des choix différents des siens. Au contraire, il t'encouragera. Mais pour ça, il faut que tu lui parles. Que tu lui expliques ce que tu ressens.
- Tu le penses vraiment ?
- J'en suis sûr.
Le garçon sourit largement, rassuré.
-Alors, à part les potions, qu'est-ce que tu aimes ? questionna Draco en surveillant la cuisson de la sauce.
- Les échecs, répondit immédiatement Albus. Avec Scorpius, on joue pendant des heures ! C'est lui qui m'a appris, il est très doué !
- J'aime beaucoup les échecs aussi. Pourtant personne ne me l'a appris. On m'a expliqué les règles une seule fois… après, le reste est venu tout seul. Je crois que c'est inné chez moi.
- C'est exactement ce que dit Scorpius ! Ni sa mère ni son père ne savent y jouer.
Draco eut un coup au cœur. Se pouvait-il que son petit garçon ait hérité d'autre chose que de ses cheveux et de ses yeux ? Cette idée le bouleversa plus qu'il ne voulait bien l'admettre.
-Draco ? Ça ne va pas ?
- Quoi ? Heu… si. Tout va bien.
Albus le regardait avec beaucoup d'attention. Exactement la même tête que son père quand il voulait s'assurer que la personne en face de lui allait vraiment bien. Ce constat lui arracha un sourire.
-T'es bizarre, asséna Albus.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Ben, il y a deux secondes tu semblais tout triste et maintenant tu ris. T'es bizarre.
- Je ris parce que tu me fais penser à ton père quand il avait ton âge.
- Tu le connais depuis tout ce temps ? s'exclama le garçon.
- Eh oui. On était à Poudlard ensemble.
- Oh ! Vous étiez amis !
- Non, pas exactement. Ton père et moi, on ne s'entendait pas vraiment.
- Mais maintenant, vous êtes amoureux, constata Albus en fronçant les sourcils.
Draco soupira. C'était compliqué pour un enfant de cet âge de comprendre ce genre de choses.
-Oui. C'est comme ça, répondit-il. En grandissant, on évolue.
Cette explication ne semblait pas satisfaire Albus mais il n'ajouta rien.
Comme l'eau bouillait, Draco y plongea une bonne portion de spaghettis. Il termina la sauce en l'assaisonnant avec de l'origan, du basilic et une pointe de piment.
-Tu sais… moi, ça ne me dérange pas… toi et papa…
Draco le regarda avec étonnement.
-Tu es gentil, dit-il en souriant.
Il agita sa baguette et la table de la cuisine se dressa toute seule. Il égoutta ensuite les pâtes avant de les verser dans un large plat et de les couvrir de sauce tomate.
-James ! appela-t-il en amenant le plat à table.
L'autre garçon s'approcha avec une certaine méfiance.
-Où est mon père ? Quand est-ce qu'il arrive ? Pourquoi il ne mange pas avec nous ?
- Ton père assiste à une inauguration au club des Pies de Montrose. Nous irons le rejoindre à 17 heures, avant le match contre les Guerriers de Woollongong.
- Génial ! s'exclama James avant de se reprendre quasi immédiatement, un peu comme s'il avait honte de s'être laissé aller.
Il s'assit à table et attendit d'être servi.
-Ça sent rudement bon ! dit Albus joyeusement.
- Ce sont des pâtes bio ?
- Quoi ?
Draco, qui était en train de remplir son assiette, suspendit son geste.
-A la maison, on ne mange que du bio, affirma James.
- Tant mieux pour toi. Ici, tu mangeras ce que je te dirai de manger.
- Je refuse d'avaler ça si ce n'est pas bio ! Papa dit que les moldus utilisent des poisons pour faire pousser leurs légumes !
- Par Salazar, soupira Draco.
Il déposa l'assiette devant James et se croisa les bras.
-Si je comprends bien, tu ne manges rien les trois quarts de l'année.
- Hein ?
- Tu crois peut-être qu'à Poudlard, les elfes de maison préparent de la nourriture bio rien que pour toi ?
James ne répondit pas.
-C'est bien ce que je pensais, dit Draco. Maintenant, tu fais ce que tu veux. Tu manges ou tu ne manges pas, ça m'est égal.
Il se servit à son tour et s'assit à table. Il jeta un coup d'œil à James qui portait la fourchette à sa bouche avec une reluctance évidente. Mais à peine eut-il goûté à la préparation que ses yeux s'agrandirent de plaisir.
Draco réprima un sourire en étalant sa serviette sur ses genoux.
-Ch'est chuper bon, baragouina Albus la bouche pleine.
- Ouais, c'est pas mauvais, admit James.
Il se resservit deux fois.
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Le repas s'était plutôt bien passé. Albus avait fait la conversation à lui tout seul, parlant avec animation de tout ce qu'il découvrait à Poudlard. Son frère intervenait de temps à autre, prenant un air blasé qui ne trompait cependant personne, et certainement pas Draco.
-Bien… il nous reste trois heures avant d'aller au stade, dit-il après avoir débarrassé avec l'aide spontanée des deux garçons. Que voulez-vous faire ?
- Bah… comme tu veux, dit Albus.
- Vous faites quoi avec votre père d'habitude ?
- Il nous emmène visiter plein d'endroits, répondit James. Avec lui, on n'arrête jamais.
Génial, râla Draco. Me voilà bon pour jouer les guides touristiques.
-Mais c'est super chiant, conclut l'adolescent.
- Hé ! Ton langage ! protesta Draco. Pourquoi dis-tu ça ? Tu n'es jamais content ma parole !
- Ce que mon frère veut dire, clarifia Albus, c'est que parfois, on aimerait bien passer du temps avec papa… à ne rien faire. Juste lui et nous.
- Ou bien faire des trucs simples ! Genre, regarder un film à la télé ou se promener ! Non, avec lui, il faut toujours que ce soit grandiose ! La dernière fois il a loué un parc d'attractions pour nous tous seuls ! Mais c'est n'importe quoi ! L'intérêt d'un parc d'attractions, c'est qu'il y ait du monde dedans, faire la file pour s'acheter une glace, être impatient de monter sur le manège ! s'emporta-t-il, presque essoufflé par sa tirade.
- Hm.
Draco comprenait. A l'époque, il ne l'aurait jamais admis mais quand il avait l'âge de James, il aurait tout donné pour que son père lui achète un cornet de glace ou qu'ils assistent ensemble à un match de Quidditch depuis les tribunes bourrées de monde. Mais ça, ce n'était pas digne d'un Malefoy. Un Malefoy mangeait les glaces au salon de thé et assistait aux matches depuis la loge du Ministre et pas avec le commun des sorciers.
Il y avait tant de choses simples qu'il aurait aimé faire avec son père.
-Ça vous dit de faire du shopping chez les moldus ? proposa-t-il.
- OUAAAAIS ! rugit James.
- Seulement si on mange une glace après ! revendiqua Albus.
- Ok, ok ! tempéra Draco en riant, étonné par l'enthousiasme des deux enfants.
Ce fut une réussite. Les garçons étaient tout excités à l'idée de prendre le métro, chose qu'ils n'avaient jamais faite. Pour un ado de son âge, James s'avéra être encore plus fashion victim que Draco et il revint avec deux tenues complètes de chez Abercrombie. Bien qu'il rechignait, Draco insista pour acheter quelques vêtements à Albus également, avant de les emmener tous les deux chez Ben&Jerry manger une glace cookie dough avec supplément chocolat.
Ils revinrent à l'appartement juste à temps pour ranger leurs achats et laisser à Draco le temps de se changer.
-Draco ? demanda James timidement. Je peux mettre ma nouvelle tenue ?
- Hm… oui, si tu veux. Albus aussi.
Les garçons filèrent dans leur chambre sans demander leur reste. Draco sourit, assez fier de lui. Il s'était plutôt pas mal débrouillé.
Une demi-heure plus tard, ils étaient tous les trois prêts à partir.
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Stade des Pies, Montrose, Ecosse
A dix-sept heures piles, Draco, James et Albus débouchèrent dans le grand hall du Stade des Pies de Montrose. Une foule nombreuse se pressait vers les tribunes et personne ne faisait attention à eux.
-Restez près de moi, dit Draco. Je ne veux pas avoir votre père sur le dos parce que je vous aurais perdu dans cette foule.
Les garçons se rapprochèrent de lui, le suivant de près alors qu'il avançait parmi les centaines de personnes qui venaient assister au match. Heureusement, Draco connaissait bien l'endroit pour l'avoir souvent fréquenté dans son adolescence. Il repéra rapidement l'ascenseur qui menait aux loges et à la tribune VIW.
-Salut Potter ! dit une voix derrière eux, alors qu'ils attendaient l'arrivée de la cabine.
- Salut McLaggen, répondit James. Tu viens aussi assister au match ?
- Comme tu vois. J'ai gagné le concours organisé par Quidditch Magazine. Ça va être génial, je suis dans la tribune C, juste devant les buts des Pies !
- Hm… pas mal… moi évidemment, je serai avec mon père en tribune VIW, commenta James avec dédain. Vu qu'il possède le club, on…
- Ouais, on sait, coupa McLaggen. Je te laisse, je ne voudrais pas rater le début du match.
Et il partit sans dire au revoir. Draco, qui avait observé toute la scène, ne fit aucun commentaire.
-Faut vraiment que tu arrêtes de te la ramener Jamie, dit Albus.
- T'as pas de leçon à me donner ! C'est déjà assez la honte que notre père soit…
- A ta place, je ne finirais pas cette phrase, dit Draco.
Le ton était suffisamment glacial pour dissuader James de continuer. Entre temps, l'ascenseur était arrivé et Draco les fit entrer à l'intérieur.
Quand les portes de la cabine s'ouvrirent, la première chose qu'il remarqua fut Harry, décontracté et souriant qui l'attendait sur le palier. Mais rapidement, son visage se décomposa, tandis qu'il jetait des coups d'œil paniqués à gauche et droite. Draco comprit, mais trop tard, qu'il était entouré de journalistes. Les flashes commencèrent à crépiter en même temps que les questions fusaient.
-Monsieur Potter ! Ce sont vos enfants ?
- Pourquoi les avoir tenus à l'écart pendant tout ce temps ?
- N'est-ce pas Draco Malefoy ? Que fait-il en compagnie de vos enfants ?
D'instinct, Draco attira James et Albus contre lui afin de les dissimuler à la voracité des appareils photos. Au même moment, Harry s'était précipité sur eux afin de les emmener à l'abri, dans la pièce annexe à la tribune où se trouvaient déjà Hermione, Blaise et Théo.
A peine la porte refermée, Harry fondit sur Draco, les traits déformés par la colère.
-BORDEL ! QU'EST-CE QUI NE VA PAS CHEZ TOI MALEFOY ? QU'EST-CE QUI T'A PRIS DE JETER MES ENFANTS EN PATURE AUX JOURNALISTES ? ET PUIS QUE FONT-ILS ICI ?
- Papa, tenta Albus.
- REPONDS !
- Papa, calme-toi, dit James à son tour.
Dans la pièce, personne n'osait bouger. Les colères de Harry étaient rares mais dévastatrices. Il serrait les poings et semblait à deux doigts de frapper Draco. Blaise était sur le qui-vive, tandis que Théo avait déjà sa baguette à la main.
-MAIS PUTAIN REPONDS !
- Harry, commença Hermione.
- TAIS-TOI ! C'EST A LUI QUE JE PARLE !
Blaise s'était tendu et allait lui répondre mais la main calme d'Hermione sur son bras l'en empêcha.
-Tu vas baisser d'un ton Potter, dit finalement Draco. Tu ne me parles pas comme ça, ok ?
- JE TE PARLE COMME JE VEUX !
Harry fit un pas en avant dans le but manifeste de se jeter sur Draco. Mais deux petites mains le repoussèrent brutalement.
-ARRETE DE LUI CRIER DESSUS ! CE N'EST PAS DE SA FAUTE !
Le geste d'Albus eut le mérite de calmer Harry instantanément. Il regarda alternativement ses deux fils.
-Albus a raison, dit James. Draco n'y est pour rien.
- Mais qu'est-ce que vous faites là ?
James lui raconta tout. L'épidémie d'éclabouille, la fermeture de l'école pour éviter la contamination, la grossesse de Ginny et la décision de les envoyer tous les deux chez leur père.
-Merlin, souffla-t-il. Vous allez bien ? Vous n'êtes pas malades ?
- Non, dit James avec un peu d'exaspération. Sinon, McGo ne nous aurait jamais laissé partir et on serait en quarantaine avec les autres.
- Mais pourquoi personne ne m'a prévenu ?
- Ben, avec Draco, on voulait te faire une surprise, dit Albus. On se disait que ça te ferait plaisir… Apparemment, c'est pas le cas, termina-t-il avec déception.
- Mais si voyons ! s'exclama Harry en les prenant tous les deux dans ses bras. Je suis heureux de vous voir ! C'est juste que… vous savez bien…
- Ouais, dit James. Les journalistes. Le sort de floutage. Mais on n'y a vraiment pas pensé.
- Et Draco ? demanda Albus. Il est au courant pour le sort ? Tu lui as dit ?
- Je… non, soupira Harry.
Harry lâcha ses enfants et se tourna vers Draco, la mine piteuse.
-Je suis désolé, Draco… vraiment. Je n'aurais pas dû m'emporter comme ça. Mais tu vois… j'ai un accord avec Ginny pour que les enfants n'apparaissent jamais en photo dans la presse. Et si je ne le respecte pas… eh bien…
- Il faut régler ça immédiatement, coupa Théo. Harry ? Tu me fais confiance ?
- Je… oui… fais ce qu'il faut, dit-il à l'avocat.
Théo ne perdit pas une seconde et se précipita hors de la pièce, à la rencontre des journalistes.
Draco, lui, ne disait toujours rien. Il se tenait droit, le visage dur et les yeux froids.
-Draco, s'il te plaît, plaida Harry. Je te demande pardon… ça ne se reproduira plus.
- Non, ça c'est certain, dit-il d'une voix coupante. Tu n'en auras plus l'occasion. Trouve-toi un autre avocat, un autre cul à baiser et surtout un autre con sur qui gueuler. Moi, je me casse.
Harry était tétanisé, incapable de faire le moindre mouvement, incapable même de lui dire de parler autrement devant des enfants.
-Merde Potter, murmura Blaise dans son coin. Le laisse pas partir… le laisse pas partir, sinon ce sera foutu…
Voyant qu'il ne réagissait pas, Draco fit une grimace douloureuse et marcha droit vers la porte.
A suivre...
