- Titre : La Fleur du Shinigami
- Auteur : Shinigami's Bride
- Genre : Romance, yaoï
- Couple : 2x1
- Disclaimer : Les personnages de Gundam Wing ne m'appartiennent pas ( malheureusement pour moi T_T ), l'histoire appartient à l'auteur Shinigami's Bride ( c'est-à-dire moi si vous avez pas encore tilté xD ).
- Petit mot de l'auteur : Vous l'attendiez avec impatience, et le voilà enfin. Je suis de retour !!! Merci à tous ceux qui ont reviewé mon chapitre précédent, votre engouement pour ma fic me fait toujours immensément plaisir.
Bonne lecture !
Chapitre 11
- Hôpital Memorial, chambre 441 -
Bip........... Bip.......... Bip.......... Bip......... Bip......... Bip......... Bip......... Bip......... Bip......... Bip......... Bip......... Bip.........
Dans une chambre d'un blanc aveuglant, seul résonnait le bruit reconnaissable d'un moniteur cardiaque dont chaque tonalité attestait le battement d'un coeur au repos.
Etendu sur un lit aussi blanc que les murs de la chambre, le corps d'un jeune homme à la longue chevelure de jais semblait dormir profondément. Sa respiration était lente et régulière, son visage si fin et au teint aussi pâle que les draps du lit baignait de sérénité.
Rien ne semblait perturber le calme apparent de ce jeune homme endormi dans un lit d'hôpital. Les secondes s'égrainèrent, se tranformant en minute, sans que son état ne change.
Puis le rythme de la machine devint de plus en plus rapide et une main blanche se mit à remuer.
Deux yeux améthystes papillonnèrent avant de se refermer, le blanc éclatant de la chambre étant trop aveuglant. Puis, après une énième tentative, ils purent enfin s'ouvrir et fixer l'endroit mystérieux qui s'offrait à eux.
Tout était blanc, trop blanc, et les odeurs d'antibiotiques et d'antiseptiques qui embaumaient l'atmosphère rendaient ce lieu étouffant.
- Où suis-je ?
Une fois qu'il eut reprit un semblant de lucidité, l'esprit du jeune homme essaya de se rappeler les derniers évènements qui l'avaient conduit dans cette chambre, ignorant qu'à quelques mètres derrière la porte qui le cachait du monde extérieur, deux hommes qui le connaissaient étaient en pleine discussion.
-
- Couloir B Hôpital Memorial, au même moment -
- Vous devriez rentrer à votre hôtel, Lukas. Vous avez l'air exténué, fit remarquer un homme à la longue chevelure platine et aux yeux océans, vêtu d'un costume blanc cassé.
- Je vous remercie Zechs pour votre sollicitude mais je tiens à rester, répondit un jeune homme à la crinière blonde, vêtu d'un jean et d'une chemise blanche. Je veux être là pour le moment où il se réveillera. Kyle a toujours eu en horreur les hôpitaux et je préfère être là pour éviter le pire. Mais vous, vous devriez rentrer. Je doute qu'avec ce qu'il se passe, votre place soit dans ce couloir et surtout en ma compagnie.
- Je me sens plus à ma place ici dans ce couloir d'hôpital avec vous qu'au milieu de tous ces hypocrites appatés par l'attrait de mon nom, rétorqua Zechs en couvant le jeune homme d'un regard tendre et d'un sourire chaleureux.
Lukas se sentit devenir toute chose devant ce sourire et détourna le tête, ses joues prenant une agréable teinte rosée. Zechs le remarqua et son sourire s'élargit. Puis la réalité de sa situation lui revint en mémoire et son sourire s'effaça, ne lui laissant qu'une profonde amertume.
Un temps qui leur parut une éternité s'écoula dans ce couloir complètement vide. Les deux hommes restèrent prostrés sur leurs chaises, regardant défiler les rares infirmières encore présentes à cette heure si tardive.
Puis, n'y tenant plus, Lukas osa briser le silence.
- Vous savez, n'est-ce pas ? demanda-t-il dans un ton si bas qu'il crut que son voisin ne l'avait pas entendu avant que celui-ci ne lui réponde.
- Savoir quoi ? l'interrogea Zechs en le regardant, sa voix trahissant son étonnement.
- Pour Kyle, précisa le jeune homme sans pour autant regarder son interlocuteur. Vous savez qui il est, enfin, qui il était.
Zechs comprit le sous-entendu dans la dernière phrase mais ne répondit rien, ne trouvant rien à dire. Prenant son silence pour un aveu, Lukas reprit.
- Vous savez, j'ai eu du mal à le croire quand j'ai appris la vérité sur son passé et aujourd'hui, je me demande encore comment un homme de son envergure a pu être l'un de ces héros de guerre que j'avais appris à admirer.
- Je ne peux que vous comprendre. Moi j'ai eu l'occasion d'affronter votre cousin à cette époque et je peux vous dire que ça a été un grand choc pour moi, comme pour beaucoup d'autres, d'apprendre que les redoutables pilotes de gundam n'étaient que des ados de 15 ans.
- Etait-il si redoutable ? demanda Lukas en le regardant avec curiostié.
- Oh que oui ! approuva Zechs. Il n'avait pas volé son surnom de l'époque, tous tremblaient devant le redoutable Shinigami.
- Comment était-il ? le questionna le jeune Whitemore, devenant avide de détails sur cette partie de la vie de son frère de coeur.
- Lorsqu'il était aux commandes de son fameux Deathscythe, c'était un vrai démon, commença-t-il, arborant un air rêveur. Comme le nom de son Gundam, il traversait les champs de bataille et fauchait ses adversaires sans aucun remord et rares étaient les bases qu'il ne faisait pas exploser aprés son passage. Avant de le connaître, je me l'étais imaginé comme un de ces mercenaires, au regard animal et assoiffé de sang tuant pour le plaisir. Mais, j'ai vite déchanté quand devant moi s'est dressé un jeune homme enjoué, extraverti, drôle, impertinant, sensible et d'une grande moralité. Les cruautés de ce monde semblaient n'avoir aucune prise sur lui et il se montrait toujours d'humeur très joviale.
Lukas afficha un air circonspect devant le tableau que lui dressait l'héritier Peacecraft. Il ne reconnaissait pas son cousin dans ses paroles. Comment avait-il pu passer de la joie de vivre caractérielle qu'on lui décrivait à cette attitude si sombre et austaire qu'il lui avait toujours connu en public ?
Une phrase que Kyle lui avait dite lors de son récit lui revint en mémoire : "J'avais l'espoir qu'un jour, nous serions devenus de vrais amis, mais il a été vite balayer quand celui que j'estimais le plus a clairement affirmé que je ne serais JAMAIS un ami à ses yeux. Ce jour-là, j'ai compris que je ne devais plus m'accrocher à cette chimère et j'ai pris la décision de disparaître. "
Etais-ce la véritable raison ou y en avait-il une autre qui aurait pu provoquer un tel changement chez son cousin ? C'était beaucoup trop grave pour qu'il ne s'agissa que d'une histoire d'amitié refusée. Il se promit d'en avoir le coeur net et de tout faire pour aider Kyle comme il l'avait fait aprés sa rupture avec Sakuya. Il ferait tout pour lui rendre son sourire, foi de Lukas Whitemore.
Une main sur son épaule mit fin à sa réflexion et il se tourna vers son voisin qui affichait un air inquiet.
- Vous allez bien, Lukas ? Vous aviez l'air préoccupé.
- Oui, tout va bien, répondit-il en lui dédiant un sourire. J'étais juste perdu dans mes pensées.
- J'ose espérer que parmi elles, il y en avait une me concernant car j'avoue que vous occupez grand nombre des miennes depuis notre rencontre, lui révéla Zechs, son regard et son ton se faisant séducteur.
Le coeur de Lukas manqua un battement devant cet aveu plus qu'inattendu et il se sentit rougir comme jamais.
Zechs parut fier de son petit effet. Maintenant, il était sûr qu'il ne laissait pas le petit blond indifférent et cela le combla dans ses projets de séduire cet ange venu des cieux.
Il s'apprêta à continuer sur sa lancée quand un cri rauque mais puissant sortit de la chambre à leurs côtés et les fit sursauter.
"WHORE OF SHIT ! FUCKING STUPID BASTARD ! SHIT, SHIT, SHIT, SHIIIIIIIIIIIT !!!"(1)
Sous ce son mélodieux et non moins significatif, Lukas se leva brusquement et se précipita dans la chambre. Il se figea en découvrant son cousin assis sur le lit, les cheveux emmêlés, en train d'arracher les divers perfusions plantées dans son bras droit tout en jurant comme un charretier.
- Je vous en foutrais moi des perfs aussi épaisses, je vais avoir des bleus pendant une semaine au moins ! Je déteste les perfusions, je hais les piqûres et j'exècre les HOPITAUX !!! ragea celui-ci avant de se mettre debout.
Le voyant, Lukas accourut auprès de lui, l'air inquiet.
- Kyle, tu ne devrais pas te lever maintenant. Tu viens à peine de te réveiller, repose-toi encore un peu.
- Lukas, je vais bien, le contredit le brun. Et plus je serai loin de ce lit, mieux je me porterai.
- Ce n'est pas raisonnable, lui dit Lukas sur un ton de reproche.
- Je t'en ficherai moi du raisonnable, je me reposerai quand j'aurai retrouvé Séréna, dit-il en se dirigeant vers la penderie où une tenue propre l'attendait, initiative de Lukas qui s'en mordait les doigts à présent.
- Kyle ! Attends au moins d'avoir vu un médecin avant de te lancer à sa recherche.
- Pas le temps ! s'écria ce dernier en refermant la porte de sa salle d'eau.
- Mais quel entêté !!! grogna le blond en donnant un coup dans la porte.
Dans le couloir, Zechs n'avait rien perdu de l'échange et se retenait de pouffer. Duo avait toujours ce caractère emporté et s'inquiétait toujours des autres avant lui-même. Il avait eu du mal à croire Heero quand ce dernier leur avait raconté la soudaine réapparition du natté mais après l'avoir vu, il n'avait plus douté. Maintenant restait à savoir comment lui parler sans que celui-ci ne l'ignore et s'en aille.
Il fut interrompu dans sa réflexion par le bruit d'une porte s'ouvrant à la volée et de nouveaux éclats de voix venant de la chambre.
- Kyle, je t'en pris ! Attendons le médecin, je suis sûr qu'il ne va pas tarder.
- Je m'en fous, il n'avait qu'à arriver alors que j'étais encore inconscient. Maintenant, donnes-moi son numéro de chambre sinon je te jure que je vais tout casser et c'est eux qui devront se faire hospitaliser. A toi de voir !
- C'est du chantage !
- Prends-le comme tu veux, c'est le cadet de mes soucis. Alors, ce numéro ?
- Grrrrr... C'est la chambre 596, couloir C. Mais tu ne dev...
Lukas n'eut jamais l'occasion de terminer sa phrase et Zechs vit débouler hors de la chambre le blessé, vêtu d'un jean noir et d'un polo de la même couleur, les cheveux coiffés en une queue de cheval, et l'air très contrarié. Le jeune homme ne sembla pas le voir et passa devant lui en trombe pour se diriger vers un autre couloir au pas de course.
Aussitôt après, Lukas arriva et pesta une fois de plus.
- Il va me rendre dingue !
- Est-ce que tout va bien ? s'enquit Zechs en se levant.
- Moi oui mais il vaudrait mieux que je le suive, je ne veux pas qu'il fasse un malaise dans un couloir, répondit Lukas en prenant la même direction que Kyle.
- Mais où va-t-il comme ça ? demanda l'ancien commadant d'Oz en lui emboîtant le pas.
- Retrouver sa petite fleur et ce qu'il va trouver risque de ne pas lui plaire. Alors pressons-nous !
Sans dire un mot de plus, les deux blonds pressèrent le pas pour ne pas allonger la distance qui les séparait de Kyle.
Celui-ci était arrivé devant la porte indiquée et s'était figé. Il hésitait à entrer. Qu'allait-il découvrir de l'autre côté ? Dans quel état allait-il la trouver ? Il déglutit en pensant au pire des scénarios.
- Je vous en prie, faites que j'ai tort, pria-t-il intérieurement.
Prenant son courage à deux mains, il leva une main timide jusqu'à la poignée et la pressa lentement. Tout doucement, il poussa le panneau de bois et entra dans la chambre. Son regard améthyste erra sur l'ensemble de la pièce. Disséminés un peu partout, des bouquets de fleurs habillaient le lieu et leurs couleurs chatoyantes se répercutaient sur les murs, la rendant plus gaie. Puis son regard se stoppa sur l'objet de sa recherche allongé sur le lit aux draps blancs.
A juger par l'air paisible trônant sur son visage angélique, la jeune fille semblait dormir. Elle ressemblait à s'y méprendre à une de ces princesses de contes de fées, endormies dans un champ de fleurs en attendant la venue d'un prince charmant. Mais cette vision était obscurcie par la présence du pansement qui lui enserrait la tête, des multiples perfusions plantées dans ses bras et des appareils de mesure aux côtés de son lit.
Il resta là, à l'observer sans un mot tellement il était troublé et peiné par ce qu'il voyait. Il sentit son corps être pris de tremblements et il serra rageusement les poings pour s'empêcher de craquer. Ce fut dans cet état d'abattement que Lukas le trouva, Zechs préférant rester à l'extérieur.
Voir son aîné comme ça lui fit l'effet d'une douche froide et ses remontrances moururent dans sa gorge. Il savait l'importance qu'avait la jeune fille aux yeux du brun et il ne pouvait imaginer l'ampleur de son mal-être devant ce spectacle.
Il s'approcha prudemment de lui et posa une main réconfortante sur son épaule. Kyle ne tressaillit même pas à son contact et resta silencieux pendant plusieurs secondes avant de sortir de son mutisme.
- Qu'est-ce qu'elle a ? demanda-t-il, la voix légèrement tremblante.
- Elle souffre d'une légère commotion cérébrale mais l'absorbtion des gazs produits par la fumée et le choc l'ont plongé dans une sorte de coma, lui expliqua le blond. Les médecins ne savent pas quand elle se réveillera et s'il lui restera des séquelles de l'accident.
- Où sont ses parents ? s'enquit-il.
- Ils sont partis faire leur déposition au commissariat, des membres du FBI sont en train de les interroger.
- Derek a été prévenu ?
- Oui, son avion ne va pas tarder à atterrir. Je dois aller le chercher à l'aéroport.
Lukas sentit un léger tremblement dans l'épaule de son cousin à cette révélation et il le vit prendre une profonde inspiration avant de reprendre, sa voix se faisant presque hésitante :
- Combien de temps ai-je été inconscient ?
- A peu prés 23 heures, admit tristement Lukas.
A cette réponse, Kyle sentit son coeur se tordre. Cela faisait presque un jour entier que son amie était dans cet état. Un jour entier sans voir la couleur de ses yeux ni entendre le son de sa voix. Comment cela avait-il pu arriver ? La culpabilité et le regret s'unirent à sa peine. Sa malédiction avait encore frappé. Une fois de plus, une personne chère à son coeur avait failli perdre la vie.
Lukas devina le désarroi qui s'était abattu sur son cousin. Kyle souffrait toujours de voir les gens proches de lui être blessé ou manquer d'être tuer sans qu'il n'y puisse rien changer. Il le savait et il ne pouvait rien faire pour le consoler.
Avisant l'heure, il préféra le laisser seul. Il pressa légèrement son épaule en signe de soutien puis il quitta la chambre en laissant la porte entrouverte derrière lui. Une fois dans le couloir, il se frotta douloureusement les paupières et soupira fortement. Comprenant l'état de tension du jeune homme, Zechs lui enveloppa les épaules d'un bras et le serra contre lui pour le réconforter.
- Ca va aller, dit-il pour alléger l'atmosphère.
- Il a si mal, murmura Lukas. Il souffre et je ne peux rien faire pour l'aider.
- Personne n'y peux rien, il ne reste plus qu'à attendre en priant pour une conclusion heureuse.
- Je sais que vous avez raison, admit le jeune Whitemore en se dégageant de l'étreinte du blond. Il faut que j'aille à l'aéroport, l'avion de Derek ne va pas tarder à atterrir et il faut que je sois au terminal avant lui.
- Qui est-ce ? demanda-t-il.
- C'est le petit ami de Séréna, avoua Lukas. Il est parti faire ses études au conservatoire de New-York il y a un an. Il n'a pas pu se libérer avant d'avoir un congé exceptionnel et mon père a fait pression sur le directeur pour le lui obtenir au plus vite. Je vais essayer de le préparer un peu avant qu'il ne la voit sinon je ne sais pas comment il réagira en la voyant dans cet état.
- Vous trouverez les mots, j'en suis sûr, lui certifia Zechs, son sérieux se lisant dans ses yeux.
- Je l'espère. Pourriez-vous rester là et surveiller Kyle pour moi ? Je serai plus rassuré.
- Bien sûr, comptez sur moi, lui assura le blond.
- Merci, je fais au plus vite.
Et sur ces mots, Lukas s'éloigna et prit la direction opposée dans le but de rejoindre la sortie. Lorsqu'il disparut au détour d'un autre couloir, Zechs attendit un peu puis se rapprocha de la porte. Par l'entrebaillement, il vit le brun assis sur une chaise près du lit et tenant le main de la belle endormie dans les siennes. Ses lèvres bougeaient, signe qu'il lui parlait, mais il ne pouvait pas entendre ce qu'il disait, son ton se faisant murmure.
En effet, juste après la sortie de Lukas, Kyle s'était installé près de Séréna et lui avait pris la main pour lui montrer sa présence. Sa main si fine et si blanche pourtant chaude à son contact et le mouvement lent de sa respiration étaient les seuls signes qui démontraient qu'elle était en vie.
Voulant qu'elle sentit davantage sa présence, il se mit à lui parler, d'une voix douce et aussi légère qu'une brise.
- Finalement, tu n'as pas pu attendre la fin de la fête. Tu voulais absolument savoir ce que je t'avais offert. Tu n'as jamais eu de patience, je te l'ai pourtant souvent dit. Mais une fois de plus, tu n'en as fait qu'à ta tête. Je me demande comment fait Derek pour s'en accommoder. A tous les coups, il doit trouver que ce trait de caractère te rend encore plus spéciale à ses yeux. Comme on dit, l'amour rend aveugle. Je suis sûr qu'il ne trouvera plus ça mignon lorsque vous serez mariés. Le pauvre, il va s'en mordre les doigts ! ricana-t-il.
Il contempla une fois de plus son visage, espérant un signe, un rictus prouvant qu'elle l'entendait, mais rien ne vint. Son visage resta figer. Poussant un soupir à fendre l'âme, il laissa ses yeux déviés vers la table de nuit à côté de lui et se pétrifia en y découvrant un objet inattendu.
Là, reposait un paquet enveloppé dans un papier blanc nacré agrémenté d'un ruban argenté. Il le reconnut aussitôt comme étant son cadeau destiné à la jeune fille. Celui-ci paraissait en parfait état mais il voulut en avoir le coeur net. Tout doucement, il le prit et le déposa sur ses genoux. Délicatement, il défit le ruban et retira le papier qu'il plia précautioneusement avant de le ranger sur la table.
Puis il prit le contenu du paquet entre ses mains et l'examina. Un sourire vint se dessiner sur son visage en constatant son état.
- Elle est intact, elle n'a même pas une seule marque. L'artisan ne m'avait pas menti, ce bois est le plus robuste jamais trouvé. J'espère que le mécanisme est dans le même état. Voyons voir ça...
Et mêlant le geste à la parole, il leva la main en direction de l'objet.
Pendant ce temps, en dehors de la chambre, Zechs observait les gestes du brun lorsqu'une voix l'appelant retentit dans son dos.
- Zechs !
Aussitôt, l'héritier Peacecraft se retourna et chercha l'origine de l'appel. Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant son instigateur.
- Quatre ?!
Aussi incroyable que cela aurait pu paraître, Quatre Raberba Winner, jeune PDG de la Winner Corp, se dirigeait vers lui et, encore plus incroyable, suivi de près par son amant, Trowa Barton, et le Major Wufei Chang, preventer à la carrière prometteuse.
Cela faisait très longtemps que Zechs n'avait pas revu les anciens pilotes réunis au même endroit. Mais la situation étant déjà exceptionnelle, ce regroupement paraissait somme toute parfaitement naturel.
Quatre s'empressa de rejoindre Zechs et ne lui laissa pas le temps de parler qu'il le harcela de questions.
- Où est-il, Zechs ? Où est Duo ? On vient de sa chambre mais il n'y était plus. Une infirmière nous a dit l'avoir vu venir par ici. Est-ce que tu l'as vu ? Est-ce qu'il va bien ?
- Du calme, Quatre, le tempéra-t-il, les deux mains levées devant lui. Comment veux-tu que je te réponde si tu ne m'en laisses pas l'occasion ?
- Pardon, excuse-moi. Mais tu peux comprendre que je sois à cran.
- Parfaitement mais essaie de te calmer. Je ne crois pas que ton ami aimerait te voir dans un tel état d'énervement.
- Cela veut dire que tu sais où se trouve Duo, intervint Trowa.
- Oui, il se trouve dans la chambre derrière moi, leur indiqua l'aristocrate.
- C'est vrai ? s'écria le petit blond. Il faut que je le vois.
Mais alors qu'il faisait un premier pas en direction de la chambre, il fut arrêté par le bras tendu de Zechs. Devant l'air d'incompréhension qu'il affichait, Zechs se justifia.
- Attends, Duo est dans cette chambre au chevet d'une jeune fille qui compte énormément pour lui. Celle-ci a subi un grave traumatisme et se trouve plonger dans un profond coma. Personne ne sait quand elle se réveillera et si elle gardera des séquelles permanentes. Il vient de l'apprendre et je ne crois pas que te voir surgir brusquement dans la chambre soit une bonne idée dans les circonstances actuelles.
Quatre se figea et son regard dévia vers l'entrebaillement de la porte où s'échappait un mince filet de lumière. Il ferma les yeux et laissa ses sens l'envahir. Puis il la sentit : une peine si grande qu'une douleur sourde le prit et lui broya le coeur. N'y pouvant plus, il referma son esprit et se reprit, la respiration légèrement haletante. Il ouvrit ses yeux qui brillèrent de larmes retenues et continua de fixer la porte de la chambre.
- Par Allah... Duo, comment fais-tu pour supporter ce poids ? Tu souffres tellement, c'est inhumain...
Trowa remarqua le trouble de son amant et s'approcha de lui.
- Quatre ? Qu'est-ce qu'il y a ? s'inquiéta le méché en le voyant devenir pâle.
- Rien, mentit l'arabe.
- Tu es sûr ?
- Oui, ne t'en fais pas, tenta-t-il de le rassurer.
Connaissant son amour comme personne, Trowa vit bien que celui-ci ne lui disait pas la vérité. Il fit comme si de rien n'était malgrè son septicisme.
Wufei s'approcha à son tour et se plaça face à son ancien ennemi. Même s'il désirait aussi ardemment que ses anciens coéquipiers de retrouver l'américain, la situation était bien trop grave pour la laisser s'étendre. De plus, il sentait que l'empathe avait besoin d'avoir le champ libre. Ce fut tout naturellement qu'il dévia la conversation.
- Merquize, je suis venu avec le consentement de mes supérieurs pour aider dans l'enquête. Si tu le veux bien, j'aimerai te poser quelques questions. Pourrions-nous nous trouver un endroit plus tranquille pour parler ?
- Je comprends mais j'ai promis de rester pour surveiller Duo. Je ne sais pas si...
- Je vais rester, l'interrompit vivement Quatre.
L'arabe s'attira deux regards étonnés à cette intervention. Wufei eut un petit sourire en coin en l'entendant. Comme il le pensait, Quatre voulait rester seul, sûrement dans le but non-avoué d'aller parler avec le natté en tête à tête. Fier de son raisonnement, il continua.
- Bien, puisque Winner s'est proposé pour rester, allons à la cafétéria. Barton, tu nous accompagnes ?
Trowa regarda alternativement le chinois puis son amant. Comprenant la demande cachée derrière la proposition, il consentit à les suivre d'un hochement de tête.
- Dans ce cas, allons-y, fit le Dragon en amorçant un pas pour partir.
Zechs lui emboîta le pas avec réticence mais finit par le suivre. Le français adressa un dernier regard à son amant qui le rassura d'un sourire puis il s'éloigna. Enfin seul, Quatre se permit de souffler. Il passa une main nerveuse sur son front pour éponger la fine pellicule de sueur qui s'y était formée. Son coeur battait la chamade et sa bouche était résolument sèche. Il éprouvait un traque oppressant. La simple idée de se retrouver face à son ami disparu suffisait à le rendre aussi nerveux que le jour où il s'était déclaré à son amant.
Il respira profondément, essayant de se calmer, et décida d'observer ce qu'il se passait dans la chambre avant de tenter quoique ce soit. Silencieusement, il s'approcha de la porte et pencha la tête pour regarder par l'entrebaillement.
Son regard s'accrocha aussitôt à la silhouette entièrement vêtue de noir assise sur une chaise, non loin du lit où dormait une jeune fille. Son coeur fit un bon quand ses yeux se posèrent sur son profil et qu'il réalisa que c'était bien Duo dans cette chambre.
- Je me demande encore comment j'ai fait pour ne pas le reconnaître. Maintenant que je le sais, l'évidence me saute aux yeux avec une telle véracité que je me demande si je ne devrais pas prendre rendez-vous avec un ophtalmologue.
Il a l'air si triste, c'est la première fois que je le vois afficher délibérément ses émotions depuis qu'il est réapparu. Cette fille doit beaucoup compter à tes yeux, mon ami...
Un mouvement du brun l'interrompit dans ses pensées. Il le vit prendre un paquet sur la table de nuit de la chambre puis le déballer. Une fois l'emballage retiré, le paquet se révéla être un magnifique coffret à bijoux fait dans un bois précieux. Des ornements en forme de rose étaient gravés sur les côtés et sur le couvercle fermé par un loquet en argent.
Quatre sentit une vive émotion s'emparer de son ami alors que celui-ci regardait le coffret avec adoration. Ensuite, il vit ses lèvres remuées mais il n'entendit pas les paroles qu'il prononçait, sa voix couverte par le bruit de l'électroencéphalogramme.
Puis il vit sa main se lever pour se poser délicatement sur le couvercle du coffret. D'un mouvement habile de ses doigts, il ouvrit le loquet et souleva le pan de bois.
Tout à coup, comme s'il se réveillait d'un rêve, il sursauta en entendant une musique s'élever dans la pièce. Après s'être repris, il comprit que celle-ci provenait du coffret qui se trouvait être en réalité une boîte à musique. Un petit automate en forme de ballerine apparut en son centre et se mit à tourner en rythme.
La mélodie qui retentit était tout à fait mélodieuse et sonnait comme une berceuse. En se concentrant sur celle-ci, Quatre fronça les sourcils en la trouvant familière. Où l'avait-il déjà entendu ?
De son côté, Kyle était heureux de constater que son cadeau était parfaitement en état. Le son de la boîte à musique était parfait et la petite danseuse tournait convenablement.
Il laissa la mélodie défilée, se laissant porter par une sensation de bien-être qui lui valut un petit sourire tendre. Puis il reporta son attention sur la belle endormie et lui dit d'une voix douce :
- Tu te souviens de cette chanson, je te la chantais quand tu étais encore une petite fille. Tu m'as un jour avoué que cette chanson te remontait le moral et que tu regrettais de ne plus m'avoir auprès de toi pour te la chanter. Désormais, tu pourras l'écouter aussi souvent que tu le souhaites. En attendant, laisse-moi te la chanter en espérant que tu l'entendras de là où tu es.
Il prit une profonde inspiration avant de commencer à chantonner d'une voix suave et mélodieuse :
" La nuit tombe et nous sommes là tous les deux
Les lucioles brillent de mille éclats
Restes près de moi, tu feras un rêve joyeux
Juste là, dans mes bras ...
C'est magique quand tu es à mes côtés
Fermes les yeux et laisses-moi te serrer
Je garderai ce moment en mémoire
De ta présence ici,
Ce soir..."
Le coeur de Quatre manqua un battement en entendant la voix du brun retentir. Maintenant, il la reconnaissait. Il se souvint de ce fameux matin où il avait entendu Duo la chanter dans la cuisine de l'une de leurs planques. Son rythme cardiaque commença à s'emballer alors que la chanson continuait.
" Et le jour s'éteindra
Les étoiles scintillent
La musique de la nuit
Doucement, nous bercera ..."
Lentement, il ouvrit la porte et s'avança d'un pas dans la chambre. Le brun ne l'entendit pas et reprit.
" La nuit tombe et nous sommes là tous les deux
Les lucioles brillent de mille éclats
Restes près de moi, tu feras un rêve joyeux
Juste là, dans mes bras
Ce soir... "
Kyle approcha une main de la joue de la jeune fille et la caressa du revers. Doucement, il lui chuchota :
- I love you, my precious little flower...
Soudain, une impression d'être observer le tenailla et il se retourna vivement vers la porte de la chambre. Il sursauta brusquement en apercevant qu'une personne se tenait devant lui puis son sang se glaça lorsqu'il la reconnut. Il se releva avec hâte, faisant glisser la boîte à musique de ses genoux qui atterrit sur le lit, près du corps de Séréna.
Ce fut dans un état second qu'il prononça son nom.
- Quatre...
- Bonjour Duo, dit celui-ci en lui adressant un petit sourire.
Kyle n'en revint pas. Devant lui, comme sorti d'un rêve, son ancien coéquipier et meilleur ami se tenait devant lui. Il ne voulut pas y croire. Et d'ailleurs, que ferait-il dans une chambre d'hôpital à des milliers de kilomètres de chez lui ?
Reprenant ses esprits, son visage se para de son expression impassible, preuve de la maîtrise de soi qu'il avait durement acquise, et il fusilla le nouveau venu de ses orbes améthystes.
Quatre vit son revirement mais son sourire resta intact. Il plongea avec bonheur ses yeux azurs dans ceux de son ami. Revoir ces yeux qui lui avaient tant manqué le transportait de joie. Mais celle-ci fut de courte durée lorsque le brun s'adressa à lui d'une voix froide et sèche mais aussi par les mots qu'il eut employés.
- Qu'est-ce que vous faites là, Mr Winner ?
Le ton impersonnel et l'emploi de son nom de famille blessèrent au plus profond de lui le blond qui écarquilla les yeux sous la surprise. Etait-ce ainsi que son ami le voyait maintenant ? Un parfait étranger ? Même la complicité qu'ils avaient entretenus durant son contrat avait disparue. Il ravala difficilement sa salive, sentant les larmes montées lentement mais qu'il s'efforça de retenir. Puis, de la voix la plus calme qu'il put prendre, il lui répondit sans briser le contact visuel :
- On m'a averti pour l'incendie et je suis venu aussi vite que j'ai pû. J'ai eu peur que tu ne sois blessé.
- Il ne fallait pas vous en faire pour moi. Ce n'était pas moi la cible de cette attaque. Bien que je l'aurai préféré mille fois, ajouta-t-il mentalement en tournant son regard vers le lit.
- J'ai appris pour ton amie et je suis désolé pour toi. J'espère qu'elle se rétablira vite.
- Malheureusement, cela n'est pas en votre pouvoir, ni au mien, répliqua amèrement le brun, ses traits se durcissant sous l'effet de la colère. Maintenant, je vous prierai de sortir de cette chambre et de ne plus y revenir, conclut-il en lui tournant le dos.
Quatre sentit la tristesse poindre dans son coeur avec mordant devant cette attitude puis une once de colère s'emparer de lui. Il ne pouvait pas le laisser lui parler de cette manière. Leur amitié était-elle si dérisoire à ses yeux ?
- Pourquoi tu fais ça ? s'entendit-il demander. Pourquoi tiens-tu à m'éloigner de toi ? Dis-le moi, Duo. Je suis en droit de le savoir.
Il vit les épaules du brun se contracter face à ses interrogations puis se relâcher. Dans un soupir exaspéré, le garde du corps se pinça l'arête du nez et répondit d'une voix lasse :
- Ecoutez-moi bien, je l'ai déjà dit à Mr Yuy hier soir et je vous le redis maintenant : mon nom est Kyle Whitemore. Je suis né sous ce nom et je mourrai en tant que tel. Celui que vous appelez Duo est mort il y a quatre ans et il ne reviendra jamais. Donc, je vous prierai d'arrêter d'utiliser ce patronyme pour me parler.
Après ces mots, Kyle n'entendit aucune réponse. Il attendit, les sens aux aguets, le moindre bruit, le plus petit signe de vie attestant la présence de l'arabe derrière lui. Pendant une minute qui lui parut des heures, rien ne se passa.
Soudain, il entendit un premier reniflement suivi de près par un sanglot mal retenu. Puis un autre, suivi d'un autre et encore un autre. Alarmé par ces sons, il se retourna et se figea en découvrant leur cause.
Devant lui, les épaules tremblotantes, son ancien coéquipier pleurait à chaudes larmes. Son visage était ravagé par la tristesse et ses yeux brillaient mais ils ne cessaient de le fixer. Puis, pris d'une impulsion qui déstabilisa complètement le brun, l'arabe se jeta sur lui et lui enserra la taille, sanglotant contre son torse.
De le voir comme ça, si fragile et si vulnérable, Kyle en ressentit comme un coup de poing en plein coeur. Il n'avait pas envisagé cette réaction chez son ancien équipier. Il s'était plus attendu à une crise de colère, à des reproches et même à des coups mais pas à ça. Raide comme un piquet et les bras le long du corps, il ne savait plus quoi faire et le blond continuait de pleurer contre lui, le tenant fermement comme s'il craignait qu'il chercha à s'enfuir.
La voix suppliante de Quatre acheva de le troubler.
- Je t'en supplie, Duo... Dis-moi pourquoi... Expliques-moi ce qui t'es arrivé... Pourquoi as-tu disparu sans laisser de trace ? Pourquoi nous as-tu laissé ? Pourquoi m'as-tu laissé alors que je te croyais mon ami ? Je t'en prie, dis-le moi, ne me laisse pas dans le doute...
Kyle serra les dents en entendant ses suppliques. Chaque mot prononcé lui donna l'impression d'être un appel à l'aide. S'il ne faisait rien, il savait qu'il allait craquer. Il rassembla ses dernières forces pour agripper les épaules du blond et l'écarter lentement de lui.
Quatre relâcha son étreinte et fixa le brun de ses yeux azurs baignés de larmes. Kyle ne dut qu'à son self-control de ne pas avoir craquer à ce moment-là et réussir à lui répondre faiblement :
- C'est trop tard...
Et sans laisser le temps à Quatre de répondre, il se détacha de lui et partit en trombe vers la porte. Il l'ouvrit à la hâte et sortit dans le couloir. Mais alors qu'il voulut se précipiter pour mettre le plus distance entre lui et l'arabe, il se heurta à un mur humain. Ou plutôt, à cinq murs humains.
Il les dévisagea les un après les autres. En premier vint Lukas qu'il fut soulagé de voir. Puis un jeune homme de 19 ans, les cheveux courts châtain clair, les yeux noisettes, qu'il reconnut comme étant Derek, le petit ami de Séréna. Il ressentit un pincement au coeur en voyant son air fatigué et inquiet. Dieu qu'il aurait voulu le revoir dans d'autres circonstances.
Enfin son regard dévia vers les trois autres hommes à leurs côtés et fut pétrifié d'horreur en découvrant leur identité. Zechs, Wufei et Trowa se tenaient devant lui et le regardaient fixement, les deux plus jeunes semblant plus fébriles que leur aîné.
Déjà à bout de nerf, cette soudaine rencontre finit de briser les barrières qu'il s'était forgé. Définitivement, il craqua.
- Non, mais c'est pas vrai ! Dieu m'en veut, c'est pas possible ! soupira-t-il en ramenant ses mains à son visage.
- Duo ! l'appela l'arabe en le rejoignant dans le couloir.
- Toi, restes où tu es ! lui signifia-t-il en tendant une main dans sa direction pour l'arrêter.
Quatre se figea et aperçut ses amis et son amant à quelques pas d'eux. Puis, il se focalisa sur le brun et sentit toutes ses émotions commencer à affluer par vagues successives : stress, frustration, colère, fatigue, appréhension... Tout un panel qui ne cessait de redoubler d'ardeur à mesure que les secondes défilaient.
Kyle souffla un bon coup pour reprendre son calme avant de se tourner vers son cousin accompagné de Derek. Lukas vit son air perdu et voulut dire quelque chose mais il le devança.
- Ca va aller, Lukas. Conduis Derek auprès de Séréna, s'il te plaît. Je préfèrerai que tu nous laisses seul.
- Euh... D'accord, finit-il par répondre, hésitant.
Le prenant au mot, Lukas prit le bras de Derek et l'emmena vers la chambre. Dés qu'ils passèrent devant lui, Kyle tenta de le rassurer par un petit sourire et salua le jeune homme qui l'accompagnait d'un simple hôchement de tête qui lui fut rendu.
Dés que les deux hommes eurent passés la porte et la refermèrent derrière eux, l'attention générale fut dirigée vers le brun qui resta sans bouger dans le couloir, les mains jointes devant son visage comme pour faire une prière.
Un silence pesant envahit le couloir, rendant mal à l'aise les cinq hommes présents. Quand enfin, Kyle consentit à le briser.
- Quelqu'un pourrait-il m'expliquer ce que vous faites ici tous les quatre ?
- Caches ta joie de nous revoir, Maxwell, maugréa Wufei en le dardant d'un regard courroucé.
- Ne t'en fais pas pour moi, Wuffy. Je suis au comble de l'allégresse, ironisa l'ex pilote 02.
- Duo, s'il te plaît, tenta Quatre pour le calmer.
- Excusez-moi de ne pas sauter de joie mais je ne suis pas d'humeur à subir vos reproches et autres interrogatoires, reprit Kyle, le ton amer. Car c'est bien pour ça que vous êtes là, pas vrai ? Je parie que c'est le Perfect Soldier qui vous a demandé de venir jusqu'ici pour me dire mes quatre vérités. Un simple non ne lui a pas suffi. Non, il a fallu qu'il appelle du renfort. Et bien, désolé pour vous, mais je n'ai pas le temps pour ces gamineries, j'ai quelque chose de plus important à accomplir que de vous faire ma biographie, conclut-il en amorçant un pas pour s'échapper.
- Vraiment, et quoi si ce n'est pas indiscret ? osa demander Trowa sur un ton neutre.
- Oh mais très certainement, répondit le brun avec verve. Je comptes sortir de cet hôpital et mettre la main sur les pourritures qui ont osé poser cette bombe incendiaire à la villa Campbell. Cette même bombe qui a fait que l'un des êtres les plus chers à mon coeur se trouve en ce moment même sur un lit d'hôpital entre la vie et la mort. Est-ce que ça te suffit comme réponse ou tu as besoin de plus de précision, Barton ? s'enquit-il en s'arrêtant devant lui et en le fixant d'un regard noir.
- Ce n'est pas en passant ta colère sur nous que tu pourras aider ton amie, intervint Wufei en se mettant entre eux.
- Rien à foutre ! Maintenant il faut que j'aille passer un coup de fil au commissariat pour savoir où en est l'enquête. Sur ce, fit-il en faisant route vers la sortie.
- Si tu veux connaître les détails de l'enquête, il te faudra t'adresser à l'agent charger de l'investigation mais tu ne le trouveras pas au commissariat, l'avertit le chinois.
- Ah bon et puis-je savoir comment tu le sais ? demanda-t-il sans pour autant stopper sa progression.
- Tout simplement parce que cet agent, c'est moi.
A ces mots, Kyle se figea sur place. Les trois ex pilotes et l'aristocrate attendirent une réaction à la nouvelle, leur regard encré à la silhouette à cinq mètres d'eux. Quelques secondes s'écoulèrent sans que celui-ci ne fasse un seul geste. Puis, très lentement, le corps de Kyle fit un tour sur lui-même et les quatre hommes purent voir son regard teinté d'incompréhension et de suspicion.
- Pourquoi est-ce toi qui est chargé de cette affaire ? Tu es loin de ta juridiction et les Preventers n'ont aucune raison d'être mêlé d'une façon ou d'une autre à une enquête de ce type. Alors expliques-moi comment cela pourrait être possible.
Ce fut Zechs qui lui répondit, sur un ton solennel :
- Les Preventers ont en charge la sécurité du royaume de Sank et de ses dirigeants. Lorsque l'un ou l'autre est menacé, ils ont les pleins pouvoir afin de régler le problème, que ce soit une menace externe ou interne. Dans le cas présent, c'est la vie d'un représentant de Sank qui est menacée et le Major Chang est venu s'occuper personnellement de cette affaire.
- Attendez, je ne comprends rien, l'interrompit Kyle. Je ne vois pas en quoi tu as été menacé, Zechs, puisque tu n'es pas blessé. Et il n'y avait aucun autre représentant de Sank à la soirée à part toi et...
Kyle se tut en comprenant enfin la raison. Il regarda l'héritier Peacecraft droit dans les yeux pour avoir confirmation de ce qu'il venait de saisir. Celui acquiesça d'un hôchement de tête.
- C'est donc Réléna qui est concernée, affirma-t-il, son ton redevenant froid. Que lui est-il arrivé ?
- Elle a été enlevé, répondit cette fois Wufei.
Un imperceptible frisson traversa le corps de Kyle à cette révélation. Maintenant il comprenait mieux la présence de Heero à la soirée, Réléna devait avoir été inviter. A cette constatation, un sentiment amer lui revint qu'il croyait oublier depuis longtemps : la jalousie. Kyle avait toujours été jaloux de l'attention que recevait Réléna de la part du japonais. Finalement, ses soupçons étaient fondés, ils étaient apparemment ensemble sans quoi Heero n'aurait pas été là.
Puis se rappelant de ça, une pointe d'inquiétude le prit et il s'empressa de demander confirmation.
- Et Heero ?
- Ils ont été enlevé tous les deux, répliqua Wufei en prenant une mine grave.
Une cassure se fit dans le coeur du brun à ce moment-là. Une pensée lui vint dans le brouillard chaôtique de son esprit anesthésié par le choc.
- D'abord Quatre, ensuite Séréna et maintenant Heero... Suis-je à ce point néfaste aux gens qui me sont chers ?
Soudain, une autre pensée lui revint en mémoire, le sortant de sa léthargie. N'y trouvant aucun sens, il choisit d'en faire part aux quatre hommes.
- Si ce que vous dites est vrai, que faites-vous là ?
Malgrè une réflexion profonde, Kyle ne trouva pas de raison à la présence de ses anciens amis dans l'hôpital. Pourquoi étaient-ils venus le voir ? Leur place aurait été plus logique dans un commissariat ou à l'hôtel en attendant de nouveaux éléments sur l'enquête. C'est ce qu'il aurait fait... autrefois.
Après avoir poser sa question, le brun vit les quatre hommes se concerter d'un regard et Wufei acquiesça. Puis le chinois sortit une enveloppe de sous sa veste et la tendit au garde du corps. Celui-ci laissa son regard aller du plis à son détenteur. Après quelques secondes, il tendit la main et s'empara de la missive.
Il ouvrit l'enveloppe et en sortit une feuille de papier. Il la porta à hauteur de ses yeux et lut ce qui y était inscrit.
A l'intention de son Altesse, le Prince Milliardo Peacecraft.
Nous détenons votre soeur,
la ministre des affaires étrangères du royaume de Sank,
Réléna Peacecraft
et son compagnon,
Mr Heero Yuy.
Si vous voulez les revoir vivant,
vous n'avez qu'une seule solution.
Livrez-nous Kyle Whitemore
Vous avez 24 heures pour vous décider,
dépasser ce délai, nous vous recontacterons.
En attendant, acceptez ce gage de bonne volonté.
Kyle écarquilla les yeux en découvrant l'objet de la rançon. Pourquoi le voulaient-ils ? Qu'est-ce que ça signifiait ? De plus, la mention de ce fameux "gage de bonne volonté" l'intriga et il fouilla l'enveloppe pour le trouver. A l'intérieur, il découvrit une longue mèche de cheveux châtain clair et une petite fiole de sang.
Il reposa son regard sur le chinois qui répondit à sa question muette.
- Nous avons fait des analyses et il est apparu que cette mèche de cheveux appartient bien à Réléna et le sang est bien celui de Yuy.
- Pourquoi veulent-ils que je me livre à eux ? dit-il en fronçant les sourcils. Ca n'a aucun sens, je n'ai pas autant d'importance que le ministre des affaires étrangères du royaume de Sank. Ma vie n'a pas le même impact.
A ces mots, Kyle les vit de nouveau se concerter de vue mais ils semblèrent hésiter cette fois. Comprenant qu'on lui cachait quelque chose, Kyle prit sa voix la plus froide et darda le chinois de ses yeux améthystes flamboyants.
- Chang, dis-moi ce que je ne sais pas, lui ordonna-t-il, le ton était calme mais les quatres hommes devinèrent la menace derrière ces paroles.
Le Major soutint son regard et, n'y voyant que la fin imminente de son existence en cas de refus, il obtempéra à satisfaire sa demande.
- Il y avait un paquet en plus de l'enveloppe. Celui-ci contenait une réplique de la bombe incendiaire qui a été retrouvé dans les décombres de la villa Campbell. Ta présence là-bas et la mention de ton nom comme monnaie d'échange ne sont pas un hasard. Ces gens ont un but bien précis en tête : celui de te tuer.
Kyle réalisa avec horreur ce que sous-entendait cette dernière affirmation. Il se sentit faible et ses mains relâchèrent la missive et l'enveloppe contenant les preuves de l'enlèvement. Une seule pensée se fit dans son esprit choqué :
- C'était moi, la cible...
Une fois l'information enregistrée, une rage sans nom le prit. Il serra les poings à s'en blanchir les doigts et sa mâchoire se crispa tant il serrait les dents pour s'empêcher de hurler.
Quatre le sentit et voulut l'approcher mais Kyle l'en dissuada d'un seul regard. D'une voix rendue rauque par la colère, il posa une ultime question au chinois.
- Combien de temps reste-t-il avant la fin du délai ?
- Nous avons reçu la lettre et le paquet vers 8 heures ce matin, l'informa Wufei.
A cette réponse, Kyle avisa la pendule au fond du couloir. Celle-ci affichait 9h35. Il restait un peu plus de dix heures avant la fin de l'échéance. Sans un mot de plus, il tourna les talons et s'éloigna, la rage au ventre.
Quatre voulut le suivre mais il fut arrêté par la main de son amant sur son épaule.
- Laisses-le, il a besoin d'être seul, fit ce dernier.
L'arabe ne trouva rien à répliquer et regarda tristement dans la direction qu'avait pris son ami retrouvé. Mais ce que les quatre hommes ignoraient, c'était qu'une autre personne avait assisté à l'échange et celle-ci afficha un petit sourire diabolique avant de disparaître à son tour.
-
- Lieu inconnu, trois heures après l'incendie de la villa Campbell -
Une salle lugubre et insalubre, dont les plafonds moisis dépérissaient par l'action de l'humidité et le sol recouvert d'une épaisse couche de poussière. Dans cette pièce, un silence de mort régnait en maître et aucune lumière ne filtrait à travers les fenêtres condamnées par d'épaisses planches en bois.
Gisant juste en son centre, le corps d'un jeune homme de type asiatique, les cheveux bruns en bataille, vêtu d'une combinaison de pilote grise anthracite.
A première vue, ce jeune homme semblait simplement endormi mais la situation précaire de son état dénotait l'improbabilité de cette éventualité.
Soudain, le corps fut pris de frissons et un gémissement plaintif s'éleva dans la pièce. Les paupières de l'inconscient frémirent légèrement et s'ouvrirent lentement.
Deux yeux cobalt tentèrent de se fixer sur un point de la salle mais l'obscurité était trop importante pour y voir clairement. Décontenancé, le jeune homme voulut se lever mais il ne le put. Il essaya encore mais rencontra le même résultat.
Lorsque son esprit brumeux put enfin le lui permettre, il comprit ce qui n'allait pas. Ses poignets étaient attachés dans son dos par de solides menottes en acier trempé et ses jambes étaient liées aux chevilles par une attache en plastique.
En dépit de plusieurs tentatives pour se dégager, il dut constater son immobilité et admettre son incapacité à se défaire de ses entraves. Etrangement, ses muscles étaient complètement engourdis et il se sentait aussi faible qu'un nouveau né.
A ce constat, il jura intérieurement.
- Kuso ! Quelqu'un pourrait-il me dire ce que je fais là ?
Une fois de plus, il examina l'endroit mais ne perçut rien d'autre qu'une odeur de moisissure infecte. En dernier recours, il décida d'appeler. Au pire, de cette façon, il saurait qui le retenait prisonnier et peut-être aussi son mobile.
Il hella dans le vide pendant dix minutes mais seul le silence répondit à chacun de ses appels. Soupirant d'exaspération, il chercha une position plus confortable et réussit à se mettre en assise. Puis, faisant le vide dans son esprit, il tenta de se rappeler les derniers évenements encore frais dans sa mémoire. Peu à peu, tout lui revint comme sortit d'un rêve.
Flash-back
Les équipes de pompiers étaient déployées tout autour du brasier. Les invités choqués étaient restés à proximité du lac, en sécurité. A l'écart, un petit groupe de personnes étaient rassemblés auprès de deux corps inanimés.
Une équipe d'ambulanciers arriva en trombe vers l'attroupement et prit le relai du groupe de secouristes déjà présent. Deux civières furent déployées. Sur l'une d'elles, une jeune fille blonde vêtue d'une robe blanche fut installée et aussitôt emmenée dans l'ambulance, un couple inquiet suivant de près le brancard.
Sur la deuxième, un jeune homme brun d'une vingtaine d'années vêtu de noir prit place. Les deux infirmiers s'empressèrent de l'y installer et le conduisirent vers une autre ambulance. Un jeune homme blond suivit les deux secouristes et prit place dans la camionnette marquée d'une croix rouge aux côtés du blessé.
Les deux véhicules s'éloignèrent aussitôt leurs portières refermées et partirent, leurs sirènes hurlant dans la nuit.
Une personne eut assisté à toute la scène et se précipita vers l'aire réservée aux voitures des invités. Une autre personne la vit et s'engagea à sa poursuite en la hellant.
- Heero ! Où vas-tu ? S'il te plaît, attends-moi !
Réagissant à son nom, le japonais stoppa sa course et se retourna pour apercevoir son amie venir vers lui.
- Je n'ai pas le temps, Réléna ! Il faut absolument que j'aille à l'hôpital !
- Mais attends-moi ! Je veux venir avec toi !
- Ce n'est pas la peine, reste avec ton frère ! fit-il en reprenant son chemin.
- Non, tu es mon cavalier, tu dois rester à mes côtés quoiqu'il arrive. Donc où que tu ailles, je viens avec toi. Tu n'as pas le choix, argua la jeune fille en prenant une mine sévère.
- (souffle)... Bien, dans ce cas, tu peux venir. Mais tu n'as pas intêret à me ralentir, la prévint-il sans se retourner.
Réléna afficha un air ravi et emboîta le pas à son compagnon de soirée.
Les deux amis s'engagèrent dans le parking et cherchèrent le panneau où étaient rangées les clés des véhicules. Heero le trouva dans un coin isolé et sélectionna une clé appartenant à une BMW.
Mais alors qu'il allait s'en emparer, des bruits de lutte dans son dos le surprirent et il se retourna prestement pour voir ce qu'il se passait. Aussitôt, il vit Réléna aux prises avec deux hommes vêtus de noir et cagoulés.
- Heero ! Aides-moi !!!
Vif comme l'éclair, il se précipita à son secour. Mais avant qu'il n'ait eu le temps de les atteindre, il sentit une vive douleur au niveau de l'épaule droite. En passant sa main dessus, il découvrit une fléchette anesthésiante plantée dans son membre.
En quelques secondes, la drogue contenue dans la fléchette fit son effet et il tomba sur le sol, inconscient, et la dernière chose qu'il vit, fut un homme en train d'appliquer un linge couvert de chloroforme sur la bouche de la jeune ministre.
Puis, tout devint noir.
Fin du Flash-back
A ce souvenir, il sentit sa nuque encore raide et une petite douleur au niveau des tempes, effets secondaires de la drogue. Puis il écarquilla les yeux en se rappelant qu'il était seul. Où était Réléna ?
A ce moment, des plaintes lui provinrent. De toute évidence, une voix féminine était en train de morigéner contre quelqu'un. Et ce quelqu'un ne prenait pas la peine de lui répondre, rendant l'autre complètement histérique.
Petit à petit, la voix s'intensifia et des bruits de pas lui parvinrent très distinctement. Un moment donné, les pas s'arrêtèrent mais les plaintes ne désemplirent pas. Heero localisa aussitôt la source et se mit à fixer la porte devant lui.
Le bruit d'un verrou qu'on ouvre se fit entendre et la porte s'ouvrit, laissant pénétrer une lumière vive qui l'aveugla sur l'instant. Puis, le bruit d'un interrupteur qu'on allume, ensuite celui d'une chute juste à sa droite et une plainte plus forte que les autres, dite avec une voix qui lui fut très familière, le firent rouvrir les yeux.
- Espèce de muffle !!! Comment osez-vous agir de la sorte avec une personne de sang royal ?! Je vous ferai croupir dans les geôles de Sank pour ça ! s'époumona une jeune fille aux cheveux châtain clair et vêtue d'une combinaison de pilote comme la sienne.
Visiblement, Réléna se portait comme un charme pour être capable de brailler insultes et menaces dans leur situation, pensa Heero en la regardant déblatérer tout en battant l'air de ses bras.
- Désolé, Chérie mais j'ai déjà à faire avec la Reine d'Angleterre alors pardonnes-moi de ne pas m'occuper convenablement de toi. Mais ce n'est que partie remise, fit son accompagnateur, un homme de grande stature, très musclé, vêtu d'une tenue de commando noire, une cicatrice en forme de croix gravée dans sa joue gauche et un sourire moqueur peint sur son visage.
- Oh, goujat ! répliqua Réléna, outragée.
La jeune fille prit une mine boudeuse et détourna le regard de son geôlier. Ce fut à ce moment qu'elle s'aperçut de la présence de Heero et que celui-ci la regardait.
- Oh mon Dieu ! Heero, te voilà ! s'écria-t-elle en se jetant sur lui et en l'étreignant avec la force du désespoir.
Heero eut le souffle coupé sous la poigne de la jeune ministre et hoqueta légèrement sous le manque d'air.
- Tiens, mais on dirait bien que la Belle au bois dormant s'est enfin réveillée ! s'exclama le mercenaire avec un air narquois. Alors, bien dormi ?
Pour toute réponse, Heero lui dédia son regard le plus glacial mais l'inconnu ne sourcilla même pas. Il en parut même très amusé.
- En fait, ça m'arrange que tu sois réveillé, peut-être que toi tu arriveras à dire à ta copine de se la fermer. Dans le cas contraire, je me verrai obliger d'employer les grands moyens, déclara-t-il en jetant un regard torve sur la jeune fille qui en frémit d'horreur.
- Si jamais tu touches à un seul de ses cheveux, omae o korosu, grogna le japonais en tentant de se redresser mais la faiblesse de ses muscles l'en empêcha.
A ces mots, l'inconnu éclata d'un rire franc, presque dément. Heero ne comprit pas cette réaction. Son incompréhension redoubla lorsque l'homme s'approcha de lui en fouillant dans sa poche.
- Pour les cheveux, c'est déjà fait ! Le patron nous avait prévenu que tu étais un gros morceau dans ton genre, apparemment, il n'avait pas menti. Ca n'en sera que meilleur.
Sans un mot de plus, il mit un genou à terre pour se mettre à sa hauteur et dévoila l'objet caché dans sa poche : une seringue. Heero n'eut pas le temps de protester que l'individu releva sa manche de combinaison et planta l'aiguille dans son bras droit sans douceur. Il retint un gémissement de douleur, ne voulant pas donner satisfaction à son tortionnaire.
Après quelques secondes, l'homme lui retira la seringue désormais remplie de sang et la rangea soigneusement dans sa poche.
- Voilà qui est fait ! Je vous laisse les amoureux, ne faites pas trop de bêtises, ricana-t-il en se relevant et en se dirigeant vers la porte.
- Espèce de monstre !!! vociféra Réléna avec verve.
Mais l'inconnu n'en eut cure et sortit de la pièce, enfermant les deux amis. Apeurée, Réléna resserra son étreinte autour du japonais et, toute tremblante, elle lui demanda :
- Heero, qu'allons-nous faire ?
"Tu pourrais déjà me lâcher, ce serait un bon début" voulut-il répliquer mais il ravala cette pensée et préféra se montrer plus rassurant.
- Ne t'en fais pas, Réléna. Je suis sûr qu'on va bientôt venir nous délivrer. En attendant, je ferai tout mon possible pour te protéger, je t'en fais la promesse.
Cela parut fonctionner car la jeune fille relâcha son emprise suffisamment pour le laisser respirer plus librement. Heero fut heureux de pouvoir de nouveau remplir ses poumons convenablement.
- Pourquoi crois-tu que nous sommes là ? le questionna soudainement la ministre. Que veulent-ils ?
Cette fois, Heero ne trouva rien à répondre, puisqu'il ignorait la réponse. L'homme qui venait de partir ne leur avait rien révélé quand à la raison de leur captivité et, visiblement, Réléna ne savait rien non plus. Il eut beau retourné le problème dans tous les sens, il n'en trouva pas la solution. Que Diable cherchait-on à faire en les retenant prisonnier ?
- Je ne sais pas, admit-il. Mais nous en saurons plus dans les heures à venir.
- J'espère que tu as raison.
Comme pour se rassurer, la jeune fille posa sa tête sur l'épaule du jeune homme et celui-ci manqua de perdre l'équilibre précaire qu'il avait réussi à maintenir. Le voyant, Réléna se redressa aussitôt et aida le japonais à se stabiliser.
- Oh excuses-moi, Heero ! Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour t'aider ? lui demanda-t-elle, se voulant attentionnée.
- Ca va aller, je peux le faire tout seul, répondit-il en s'allongeant sur le flanc.
Et là, sous les yeux médusés de la jeune fille, Heero utilisa le peu de force qu'il lui rester pour passer ses mains menottées de son dos à sous ses fesses et plia les jambes pour les insinuer entre ses bras. Il se redressa de nouveau en position assise, ses mains désormais devant lui. Il examina les entraves métalliques avec attention à la recherche d'un défaut dans le mécanisme. Malheureusement, la serrure des menottes avait été fondu, impossible de la crocheter. Il regarda ensuite l'attache de ses chevilles, celles-ci étaient reliées par un anneau de plastique noir dont le serrement manquait de couper la circulation du sang. A moins d'avoir un objet coupant à proximité, impossible de les trancher et il était hors de question de s'y risquer avec les dents.
Il poussa un soupir contrarié en laissant tomber sa tête en arrière. Peu enclin à le reconnaître, il dut cependant se rendre à l'évidence : il était impuissant.
Sur ce constat, il laissa ses pensées dériver vers la seule personne qu'il espérait voir arriver pour les sortir de là.
- Duo, où es-tu ...?
-
- Hôpital Memorial, 10h53 -
Depuis une heure qu'il déambulait dans les couloirs à la recherche d'un exutoir, Kyle commençait réellement à avoir du mal à contenir sa rage. Il se fustigiait, se maudissait, s'abhorrait, s'infligeait tous les noms d'oiseaux existant tout en psalmaudiant contre cette malédiction qui le poursuivait.
POV Kyle
Pourquoi m'infliger un pareil supplice ?
Qu'ai-je fait pour mériter ce châtiment ?
Quel fut mon crime ?
Mon existence n'est-elle faite que de douleur, de peine et de mort ? Suis-je condamné à voir les gens que j'aime mourir sous mes yeux ?
Quoique je fasse, quelque soit ma détermination, ceux que j'aime finissent toujours par payer...
Je n'en peux plus...
Fin POV
Kyle était à bout. Ses nerfs et ses barrières manquaient de céder à tout moment. Ce n'était plus qu'une question de seconde et le jeune héritier cherchait avec urgence un endroit où il pourrait se libérer de la charge émotionnelle qui l'étouffait.
Ce fut presque dans un état second qu'il tourna dans un nouveau couloir et manqua de bousculer une infirmière avec son chariot qu'il évita de peu. La jeune femme le regarda s'éloigner sans un regard ni un mot d'excuse pour elle et se permit de lui faire savoir son mécontentement. Là, le brun s'arrêta dans sa progression et se retourna pour la fixer.
L'infirmière faillit pousser un cri d'horreur en croisant son regard. Jamais de toute sa vie, elle n'avait vu de prunelles aussi froides et meurtrières. Cet homme avait le regard d'un tueur assoiffé de sang et elle pouvait facilement s'imaginer ces yeux emplis d'une folie démente à l'idée de faire d'elle la prochaine victime des instincts sanguinaires de leur propriétaire.
Un désagréable frisson la saisit et, faisant un sourire d'excuse, elle reprit sa route, plus blême que les corps reposant à la morgue de l'hôpital.
Voyant celle qui avait osé l'interpeller faire machine arrière et s'enfuir en trottant, Kyle reprit sa route. Il tourna dans un énième couloir et se retrouva figer en découvrant un panneau accroché à une double porte où s'incrivait un simple mot :
Chapelle
La simple évocation d'un lieu célébrant une divinité qui semblait s'acharner cruellement sur lui fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase déjà bien rempli de son amertume. Sans attendre, il se précipita sur les portes et pénétra dans la dite chapelle, les deux battants de bois se refermant derrière lui.
Il eut à peine le temps de vérifier qu'il était bien seul que ses yeux s'assombrirent en scrutant l'immense crucifix occupant le mur face à lui. Aussitôt, il se rua dans l'allée centrale séparant les deux rangées de banc en bois massif et se planta devant l'objet de culte.
Sur ce, il éclata.
- Qu'est-ce que vous essayez de me dire, hein ? l'invectiva-t-il en désignant la croix d'un doigt accusateur. Quelque soit le choix que je fais, c'est toujours le mauvais choix ! J'ai trahi la confiance de tous ceux que j'aime, Quatre... Lukas... Séréna... et maintenant Heero ! Bon sang, MAIS QU'EST-CE QUE VOUS VOULEZ DE MOI ???
Ses mots résonnèrent dans la petite chapelle, le silence fut sa seule réponse à ce cri venu des tréfonds de son âme.
La respiration hâchée, Kyle fusilla du regard la source de sa rancoeur avant de baisser la tête avec un soupir las. Vaincu et résigné, il se laissa tomber à genoux devant le crucifix.
- Je vous en prie, aidez-moi... dit-il d'une voix implorante. J'ai toujours écouté mon coeur et il me parle aujourd'hui des ténèbres grandissantes. Je crains que l'incendie de la villa Campbell n'ai été qu'un début et que Heero soit en grand danger à son tour. Alors, je vous en conjure, fit-il en relevant la tête vers la croix. Donnez-moi le courage et la force pour reprendre le masque du Shinigami une nouvelle fois. Accordez à Duo Maxwell ce dernier combat... et je le laisserai partir à jamais. Je le jure sur mon âme.
Au même moment, deux étages plus bas, un groupe de cinq jeunes hommes visitaient les différents couloirs à la recherche d'un certain brun anciennement châtain. Cela faisait un long moment que ce dernier était parti et les trois anciens pilotes commençaient à s'inquiéter. Et si le natté avait quitté le bâtiment ?
Derrière les pilotes, Zechs et Lukas marchaient côte à côte en silence. Lorsque le plus jeune était sorti de la chambre de Séréna pour laisser plus d'intimité aux deux tourtereaux, il avait été surpris de remarquer l'absence de son cousin auprès de ses anciens amis. Zechs s'était fait alors un devoir de lui raconter leur entrevue et Lukas avait ressenti de la peine pour son aîné. Les derniers évènements l'avaient déjà atrocement marqués et la nouvelle de l'enlèvement du japonais et de la ministre n'avait sûrement rien arrangé.
Maintenant qu'ils étaient en train de le chercher, son angoisse se faisait de plus en plus palpable. Jamais Kyle n'avait été dans un tel état et il était dans l'incapacité de prédire le genre de réaction que celui-ci pouvait avoir eu.
Alors que son sentiment d'impuissance continuait de grandir, Lukas ne vit pas les fréquents coups d'oeil que lui jettait le grand blond marchant à sa droite.
Zechs ne cessait de faire dévier son regard vers le jeune homme qui lui plaisait tant. Il ne pouvait s'empêcher de le trouver vulnérable, fragile, délicat, capable de s'envoler au premier coup de vent et son instinct protecteur en était exacerbé. Tout en lui l'attirait comme un papillon de nuit vers l'étoile qui l'éblouit. Jamais de sa vie, il n'avait ressenti ce magnétisme incroyable envers une de ses conquêtes. D'ailleurs, sans qu'il ne le veuille, son corps réclamait celui si frêle et pourtant si séduisant à ses côtés. Sa main allait à la rencontre de la sienne en un frôlement léger pouvant passer pour accidentel, mais ce simple contact suffisait à allumer en lui un véritable brasier qui, il le sentait, serait capable de le consumer sur le bûcher du désir.
De son côté, Lukas fut aussi très troublé par le torrent de sensations que lui procurait ce simple effleurement. Jamais encore il n'avait ressenti ça avec un autre de ses partenaires potentiels. Une aura mystérieuse et impérieuse entourait cet homme à la beauté irréelle et lui conférait un charme destructeur. Rien que le contact de sa main contre la sienne avait suffit à le bouleverser au plus profond de lui-même.
POV Lukas
Mais qu'est-ce qui m'arrive ?
Je ne comprends pas pourquoi je réagis si violemment quand je suis en sa présence.
Chaque fois que je le regarde, mes yeux se noient dans l'océan de tendresse que sont ses yeux. Je sens mon corps vibrer à chaque intonation de sa voix.
Cet homme me trouble, c'est indéniable mais il y a plus que ça.
Oui, beaucoup plus...
Je ne sais pas quoi, mais c'est très différent de ce que je ressentais pour Sakuya. Qu'est-ce qui a changé ?
Se pourrait-il que...
Je l'aime...?
Fin POV
Face à cette pensée, Lukas parut indécis. Depuis Sakuya, personne ne lui avait donné envie de s'engager. Au contraire, il fuyait toute relation suivie, se contentant d'amants d'une nuit au hasard de ses contrats. Alors comment en était-il venu à éprouver ce genre de sentiment pour l'aristocrate qui l'accompagnait ?
Tout à sa réflexion, il ne fit pas attention à regarder devant lui et manqua de rentrer dans quelqu'un. Il ne dut qu'à l'intervention de Zechs qui lui avait agrippé le bras et l'avait ramené à lui d'avoir pu éviter ce désastre. Aussitôt le vif rapprochement entre leurs deux corps provoqua une brusque hausse de sa température corporelle, son corps trembla d'émotion l'espace d'une seconde et il jura qu'à cet instant ses joues avaient pris une jolie couleur carmine.
- Là, y a plus de doute, je dois vraiment être amoureux pour réagir comme une collégienne de 14 ans. Pourvu qu'il ne me voit pas rougir, espéra le petit blond en retenant un soupir de complaisance contre le corps bien bâti de son sauveur.
Zechs n'était pas mieux, le contact du corps si harmonieux du jeune Whitemore avait entraîné une sensation proche d'une décharge électrique dans tout son corps et avait été parcouru d'un agréable frisson.
- Cette fois c'est sûr, tu es complètement mordu mon pauvre Zechs. Mais qu'il est mignon quand il rougit, s'avoua le grand blond avec un petit sourire de contentement à la vue des rougeurs sur les joues du jeune homme de ses pensées.
Mais les deux blonds furent interrompus dans ce moment de plénitude par une voix bredouillante.
- Oh... P-pardon, j-je ne v-vous avais p-pas vu... Ex-xcusez-moi...
D'abord alerté par le ton employé, Lukas tourna son regard vers la jeune femme responsable. C'était une infirmière qui poussait un chariot recouvert de fioles de sérum et de matériel médical. Il s'attarda sur son visage et s'étonna de lui trouver un aspect blafard, presque cadavérique et lorsqu'il rencontra le regard vitreux de l'aide-soignante, il y lut un sentiment qu'il sut reconnaître entre mille : la peur.
Et pas n'importe quel peur, une terreur sans nom, le genre de ceux qui ont vu la mort de près. Et pour qu'une infirmière puisse avoir peur dans un métier comme le sien, il en faut beaucoup, se dit-il. Et ce regard, Lukas l'avait déjà vu sur d'autres visages suite à un évènement commun. Chacun d'eux avait eu le malheur de croiser le regard de Kyle Whitemore sur le point de tuer.
Pour en avoir le coeur net, il se détacha à regret de l'étreinte de Zechs et arrêta la jeune femme alors qu'elle s'éloignait.
- Excusez-moi, vous n'auriez pas croiser un homme d'une vingtaine d'années, les cheveux bruns noués en une queue basse, vêtu de noir et avec un regard à faire peur ?
A ces mots, il vit la jeune femme trembler de tous ses membres et lui lancer un regard apeuré.
- Bingo ! S'il vous plaît, mademoiselle, dites-moi où vous l'avez vu, l'implora-t-il.
L'ayant entendu, Quatre, Trowa et Wufei s'étaient stoppés dans leur marche et fixaient eux aussi la jeune femme, attendant sa réponse.
- O-oui je l'ai vu, répondit l'infirmière encore tremblante. Il se trouvait au 6ème étage et se dirigeait vers la ch-chapelle...
- La chapelle, bien sûr ! s'entendit-il penser en se tapant le front de la main. Merci mademoiselle, la remercia-t-il, reconnaissant.
Sans attendre, il prit le chemin opposé à leur marche et se dirigea vers le premier ascenseur venu, Zechs et les anciens pilotes lui précédant le pas.
- Lukas, qu'est-ce qui vous arrive ? Où allez-vous ? le questionna Zechs, inquiet devant un tel changement de conduite chez le jeune homme.
- Quand Kyle n'est pas bien ou qu'il doit prendre une grave décision, il se rend toujours dans une église ou tout autre lieu de culte pour chercher une sorte d'absolution pour ses futurs péchés. Bon sang, pourquoi j'y ai pas pensé plus tôt ?! se fustigia-t-il alors qu'ils arrivaient en vu de la cabine.
Les cinq hommes s'y engouffrèrent et les portes se refermèrent sur eux après que le jeune Whitemore ait appuyé sur le bouton du 6ème étage. Fébriles, ils regardèrent les deux voyants lumineux clignoter avant de voir le 6 s'allumer et les portes s'ouvrir. Aussitôt, Lukas se précipita hors de la cabine et chercha des yeux la direction de la chapelle. Il la trouva sur un panneau désignant le fond du couloir à sa droite.
A mesure qu'ils approchaient de l'endroit tant recherché, Quatre sentit de plus en plus distinctement un flot d'émotions familier provenir de ce lieu, la tristesse et la colère prévalant sur les autres. Une fois devant la porte, ils hésitèrent à entrer. Lukas prit une profonde inspiration, se préparant mentalement au futur choc des titans qu'il sentait poindre dans cette rencontre, et poussa lentement l'un des battants.
A pas de loup, le jeune homme pénétra dans la pièce et chercha des yeux la silhouette reconnaissable de son cousin. Il le localisa rapidement, assis à la place où il pensait le trouver : milieu du banc, troisième rang de gauche. Le brun était accoudé au banc lui faisant face et semblait en pleine prière, les mains jointes devant son visage, son front reposant sur celles-ci.
Continuant d'avancer sur la pointe des pieds, retenant sa respiration pour masquer au maximum sa présence, Lukas réduisit peu à peu la distance les séparant. Une fois à un mètre de lui, il stoppa et hésita sur la marche à suivre. Il ne voulait surtout pas brusquer Kyle, ne sachant dans quel état d'esprit celui-ci était, et redoutait d'attiser sa colère. Que devait-il faire ?
- Je vais bien, Lukas, fit la voix familière de ce dernier, le prenant complètement au dépourvu.
Il sursauta légèrement et fixa son attention sur le brun qui n'avait pas bougé de sa place, toujours dans la même position.
- Tu en es sûr, grand frère ? lui demanda-t-il, emprunt au doute quand à la véracité de ses paroles.
- Disons que ça pourrait aller mieux mais j'ai connu pire, admit l'aîné des Whitemore en soupirant.
Kyle se redressa et se retourna lentement, offrant au regard de son cadet ses orbes améthystes. Ce dernier put y lire une profonde fatigue, rendant terne l'éclat habituellement brillant de ses yeux. Il en fut particulièrement attristé, n'ayant jamais vu son cousin dans un tel état d'abattement.
Le voyant, Kyle lui offrit un pauvre sourire, vaine tentative pour le rassurer. Puis il se leva pour lui faire face et se râcla la gorge avant de dire :
- Bon et si tu disais aux quatre sangsues qui t'accompagnent d'entrer, car je crois que c'est pour me parler qu'ils t'ont suivis jusqu'ici, non ?
Lukas acquiesça, non sans être surpris par le terme désignant les anciens pilotes, et fit signe à ceux-ci de venir.
N'ayant rien raté de la scène depuis l'entrée de la chapelle, ces derniers ne se le firent pas dire deux fois et s'avançèrent à leur tour. Prudemment, ils rejoignirent les deux gardes du corps et le plus vieux d'entre eux leur adressa un regard inquisiteur.
- Alors, vous êtes venu vérifier que je ne m'étais pas enfui, leur asséna-t-il, son sarcasme aussi tranchant qu'un poignard.
- Ce ne serait pas la première fois, répliqua durement Wufei en le fixant de ses onyxs incendiaires.
- Wufei ! le gronda Quatre, n'ayant aucune envie d'envenimer la situation. Ce n'est pas le moment de...
- C'est bon, Quat-chan, l'interrompit Kyle avec un sourire inquiétant, faisant fi du regard étonné de l'arabe à l'entente de son ancien surnom. Si Wuffy le prend comme ça, c'est son droit.
- C'est Wufei, le reprit le chinois avec sa verve naturelle.
- Tu m'en diras tant, fit Kyle avec un sourire narquois.
Wufei s'apprêta à répondre à la provocation mais la voix calme et posée de Trowa l'en dissuada.
- Arrêtez tous les deux ! Il y a plus important en jeu pour le moment que vos querelles de gamins !
- De nous deux, c'est certainement pas moi le gamin, se permit de marmonner le chinois dans sa langue natale, empêchant quiconque de comprendre ce qu'il disait.
- Et le gamin t'informe qu'il t'a parfaitement compris et qu'il a envoyé d'autres gamins à l'hosto pour moins que ça. Alors fais attention à ce que tu dis, le railla le brun dans le même langage, sous les regards héberlués du chinois et de ses anciens compagnons.
- Kyle, ça suffit ! le réprimanda son jeune cousin, prenant un air sévère qui fit fondre le grand blond à ses côtés.
Kyle grogna pour la forme, déçu d'échapper à une petite joûte verbale, et croisa les bras sur son torse en dardant les pilotes avec défi. Voyant qu'il avait obtenu toute son attention, Lukas reprit :
- Comme tu l'as éminemment fait remarquer un peu plus tôt, ils sont effectivement venus pour te parler alors, s'il te plaît, prends le temps de les écouter. Après tu pourras faire ce que bon te semble, d'accord ?
- Je n'y vois aucun inconvénient, admit l'aîné des Whitemore avec nonchalance.
Kyle rencontra le regard de Quatre pendant une seconde et ce qu'il vit n'était pas pour lui plaire. L'arabe avait ce regard perçant qui pouvait faire tressaillir n'importe qui, ce regard qui montrait que l'empathe était à l'oeuvre. Kyle ne savait pas comment mais il en était sûr. Aussi, il érigea une solide barricade autour de son coeur et dévia son regard vers Zechs.
Quatre sentit le brusque changement alors que tous ses sens étaient concentrés sur les émotions du brun. Il avait senti une alteration dans la marée tempêtueuse des émotions de l'ancien pilote 02 et son changement d'attitude à leur encontre ne lui était pas passé inaperçu. Dans sa quête de la vérité, il n'avait réussi qu'à percevoir une profonde tristesse mêlée d'un profond sentiment de culpabilité. Duo se sentait coupable de quelque chose et avant qu'il n'ait pu approfondir ses recherches, il s'était confronté à un mur.
- Par Allah, que cherches-tu à dissimuler aux yeux de tous, Duo ? ne put-il s'empêcher de se demander, ne parvenant pas à passer outre le barrage émotionnel de son ancien ami.
Loin de se douter de l'étrange échange entre les deux hommes, Zechs prit la parole.
- Comme tu l'as deviné, nous sommes venus te parler. Maintenant que tu connais la situation et ton implication dans cette affaire, nous aimerions savoir quels sont tes projets.
- Mes... projets ? répéta le brun en encourageant le grand blond à préciser sa pensée.
- Nous voulons savoir si tu comptes nous aider ou rester en dehors, se reprit l'aîné des Peacecraft.
- Vous ne le savez pas ? Je pensais que la réponse était plutôt évidente, déclara Kyle avec un petit sourire ironique.
- Justement, elle ne l'est pas, rétorqua Wufei sur un ton colérique. Alors maintenant, dis-nous ce qu'il en est !
Kyle les considéra un à un, lisant sur leurs visages l'attente et l'appréhension de ce qu'il allait dire. Ses yeux accrochèrent une fois de plus ceux de Quatre. Il parut plus fébrile que les autres et ce fut ce qui lui arracha un sourire amusé avant d'annoncer d'une voix badine :
- C'est très simple... je compte me livrer aux ravisseurs !
Après avoir lâcher sa bombe, Kyle se régala de l'expression de pure surprise qui avait envahi les visages de ses compagnons. Il dut se pincer les lèvres pour ne pas éclater de rire, chose qu'il ne faisait plus devant d'autres personnes que sa famille depuis longtemps.
A ses côtés, Lukas était tout aussi incrédule que les autres. Pourquoi son cousin décidait-il de se jeter dans la gueule du loup ? Ne lui avait-il pas dit qu'il ne voulait plus rien avoir à faire avec ses anciens équipiers ? Et maintenant, il choisissait de les aider. Là, il n'y comprenait plus rien.
Remis du choc le premier, Trowa se reprit et osa dire ce que chacun pensait :
- Tu plaisantes, là ?!
- Pas du tout, mon cher Tro-Tro, répliqua Kyle, un rire dans la voix. Je suis tout ce qu'il y a de plus sérieux.
- Mais ce n'est pas possible ! s'écria Quatre, se réveillant à son tour. Tu ne peux pas faire ça !
- Et pourquoi pas ? le contra-t-il. Après tout, c'est de ma faute si ces gens s'en sont pris à Séréna, c'est ma faute si Réléna et Heero sont entre leurs mains maintenant. Il est donc tout à fait normal que ce soit moi qui règles cette affaire une bonne fois pour toute. Ces types me veulent, alors qu'ils viennent ! Je les attends !
- Duo, réfléchis encore un peu, l'implora l'arabe. On peut trouver une autre solution, tous ensemble.
- Il n'y a rien à réfléchir, décréta le brun. Dés que les ravisseurs vous contacteront, dites-leur que vous acceptez l'échange. Je m'offrirai sans résistance.
Les trois pilotes et l'ancien commandant d'Oz furent sidérés par cette décision. Mais ce n'était rien comparé au trouble de Lukas. Il voulut parler, protester contre les paroles de son cousin, mais il ne trouva pas les mots. Kyle avait un regard décidé, ce même regard qu'il arborait lorsqu'il se préparait à une mission risquée. Et là, il comprit. Kyle avait un plan derrière la tête. Mais avant qu'il n'ait eu le temps de lui demander confirmation, une voix inconnue vint les interrompre.
- Excusez-moi ! Est-ce que Mr Kyle Whitemore se trouve parmi vous ?
Les six hommes se tournèrent d'un même mouvement et aperçurent un infirmier dans l'encadrement de la double-porte. Kyle le dévisagea de la tête aux pieds avant de répondre :
- Oui, c'est moi ! Que me voulez-vous ?
- Ah Mr Whitemore, s'exclama l'infirmier avec un soupir soulagé. Je vous cherchais, le Dr Foreman veut vous parler. C'est au sujet de Mademoiselle Campbell.
- Je viens tout de suite, répondit le brun en amorçant un pas dans sa direction. Et vous, dit-il à l'attention de ses anciens amis, n'oubliez pas, je maintiens ce que j'ai dit. Prévenez-moi pour l'heure de l'échange.
Il continua sa progression, se dirigeant lentement vers la sortie de la chapelle. Arrivé à mi-parcours, il se fit interpeller par la voix familière de Quatre.
- Duo !
Il se retourna et encra son regard dans les orbes turquoises de l'arabe. Celui-ci le sonda, cherchant une réponse dans son regard faute de pouvoir lire dans son coeur, puis se décida à lui poser la question qui lui brûlait les lèvres.
- Pourquoi ?
Bien qu'en premier lieu surpris, Kyle comprit le sous-entendu sous ce simple mot. L'arabe se demandait pour quelle raison il se décidait à se sacrifier pour un ancien compagnon dont il avait prétendu ne plus vouloir rien savoir. Il hésita un instant sur ce qu'il devait répondre puis choisit de laisser son coeur parler pour lui. S'il ne devait plus se revoir, autant lui dire la vérité sur ses sentiments. Doucement, il laissa son esprit se focaliser sur le japonais cher à son coeur et un sentiment doux emplit son âme de chaleur et de quiétude.
Il sut que Quatre l'avait ressenti car il le vit tressaillir puis poser sur lui un regard teinté de surprise. Kyle lui sourit doucement, cette fois de façon sincère et lui dit :
- Voilà pourquoi...
Et sur ce, il fit demi-tour et partit, laissant derrière lui son ami encore troublé par sa découverte et quatre hommes indécis, n'ayant rien saisi de cet étrange échange.
A l'extérieur, il retrouva l'infirmier et celui-ci l'invita à le suivre. Il laissa ses pas l'éloigner de la chapelle et les deux hommes se dirigèrent vers un autre couloir. Un silence pesant entoura leur marche, seul le bruit de leurs pas se faisant entendre dans l'écho du couloir.
Une fois qu'ils se furent assez éloignés, Kyle stoppa sa marche et, d'un mouvement vif, il empoigna l'infirmier par les épaules et le plaqua contre le mur le plus proche. L'aide-soignant n'eut pas le temps de comprendre ce qui lui arrivait qu'il croisa le regard orageux du garde du corps et celui-ci l'invectiva d'un ton sec.
- Qui êtes-vous ? Surtout ne me racontez pas d'histoires, vous n'êtes pas infirmier et je suis sûr qu'il n'existe aucun Dr Foreman dans cet hôpital. De plus, c'est le Dr Sullivan qui est en charge du dossier de Séréna Campbell alors je vous prierai de me dire, qui vous êtes, ce que vous voulez et faites bien attention à ce que vous allez dire.
L'homme afficha une mine surprise avant de prendre un air narquois et de répondre d'une voix moqueuse :
- Finalement, c'est vrai ce qu'on raconte sur toi. Il n'est pas né celui qui arrivera à te berner. Mais pour info, comment as-tu fait pour savoir que je n'étais pas un vrai infirmier ?
- D'une part, il n'est pas fréquent de voir un membre du personnel hospitalier se promener avec à ses pieds des Boots Rangers Hilton, un modèle exclusivement réservé à l'équipement de l'Infanterie. Et je pense que le tatouage présent sur ton poignet droit est assez parlant, non ?
Tout en disant cela, il prit le poignet concerné et le ramena à hauteur de son regard, un sourire satisfait peint sur son visage. Là, bien en vu, se trouvait le tatouage bien connu de la Dark Agency, le corbeau tenant une clé.
- Tsss ! Taylor m'avait prévenu à ton sujet. Pour une fois, elle n'avait pas menti, admit l'imposteur.
- Trêve de bavardage, dis-moi ce que tu me veux !
- Et impatient avec ça ! ricana le faux infirmier. Cette histoire d'enlèvement te met vraiment les nerfs à vif.
- Tu sais quelque chose sur l'enlèvement ?! Est-ce que c'est vous les responsables ? Dis-le moi ! le pressa-t-il, sentant sa patience arriver à bout.
- Bien sûr que non ! se récria l'inconnu, outré qu'il put penser cela de leur organisation. Pour qui nous prends-tu ? Nous sommes peut-être des voleurs mais nous ne sommes pas des kidnappeurs et encore moins des assassins. Non, si je suis là, c'est en qualité de messager. J'ai un message très important à te transmettre de leur part, ou plutôt, de sa part, fit-il en sortant un objet de sa poche et l'amenant à hauteur de son épaule.
Kyle le reconnut aussitôt et son sang se glaça. Il resta figer pendant quelques secondes, son esprit obnubilé par l'objet dont il connaissait le propriétaire, les même mots défilant dans sa tête : c'est pas possible. Après un moment, il reprit pied dans la réalité et darda l'imposteur d'un regard noir.
- Et quel est le message ? dit-il, la voix devenue plus rauque et menaçante.
Le faux infirmier eut des sueurs froides en rencontrant son regard et lui répondit sans détour, de peur d'encourir le courroux du Black Heart.
- Une ambulance t'attend à l'entrée des urgences, elle te conduira sur le lieu de l'échange. Afin d'éviter que les flics ou les Preventers ne soient au courant, tu dois t'y rendre sur le champs, seul et sans armes.
- Alors il savait que j'accepterai de me livrer, constata Kyle avec un rire amer.
- Il faut croire, après tout je ne suis qu'un intermédiaire, je ne peux pas savoir ce qui lui passe par la tête. Sur ce, ma mission s'achève ici. Alors, si tu n'y vois pas d'inconvénient, je vais m'éclipser avant de me faire repérer. Non pas que ta compagnie me dérange, au contraire, c'est juste que...
- C'est bon, dégages ! lui cracha-t-il en le dégageant du mur.
L'inconnu ne se fit pas prier et se précipita vers la sortie de secours au bout du couloir. Kyle le regarda partir et, dés qu'il fut hors de sa vue, il s'adossa au mur en soupirant bruyamment. Il prit quelques minutes pour calmer la tension de son corps. Mais la vision de Heero aux prises avec son ravisseur lui donna encore plus de hargne. Ce fut avec une rage monstrueuse au coeur qu'il se redressa et partit en direction des ascenseurs.
Une fois dans la cabine, il appuya sur le bouton du rez-de-chaussée et se laissa porter par la machine. Face à lui, les deux rideaux de métal lui renvoyèrent son reflet. En contemplant son image, il n'eut de cesse de repasser la même injonction dans son esprit :
- Si jamais il t'a fait du mal, c'est un homme mort. Shinigami est de retour et il a soif de vengeance.
Lorsque l'ascenseur s'arrêta, Kyle se précipita au dehors et s'engagea en direction des urgences. Il passa devant la réception, ignorant le regard intrigué de Derek au comptoir à son passage.
- Kyle...? s'étonna celui-ci en le voyant défiler sans un mot pour lui.
Il le suivit du regard et, en voyant qu'il se dirigeait vers la sortie, il décida de lui emboîter le pas.
Kyle arriva enfin sur l'aire de stationnement des ambulances et chercha des yeux celle qui lui était destinée. Il la localisa aussitôt, un homme lui faisant signe depuis le siège conducteur et un autre l'attendant devant les portes arrières grandes ouvertes.
Il alla à leur rencontre et s'arrêta devant l'homme à l'arrière. Celui-ci le dévisagea de la tête aux pieds avec méfiance avant de lui demander :
- Kyle Whitemore ?
Le brun acquiesça d'un hochement de tête.
- Permettez ? fit l'inconnu en s'approchant de lui.
Comprenant ce qu'il voulait, Kyle tendit les bras et l'homme se mit à le fouiller à la recherche d'une arme. Ne trouvant rien à la suite de sa fouille minutieuse, l'homme lui fit signe de monter à l'arrière. Kyle obéit promptement et monta dans le véhicule. L'inconnu ferma les portes derrière lui puis se dirigea vers le siège passager. Une fois à bord, il fit signe à son complice et l'ambulance s'éloigna de l'hôpital.
Ayant suivi toute la scène, Derek ne sut que penser et préféra retourner à l'intérieur pour chercher Lukas. Avec un peu de chance, il le retrouverait au chevet de Séréna.
Le concerné se rendait justement à la chambre de la jeune fille en compagnie des anciens pilotes et Zechs dans le but de retrouver son cousin.
- Franchement, je ne comprends toujours pas ce qui a pu passer par la tête de ce shazi, s'indigna Wufei. Il disparait pendant quatre ans et c'est à peine s'il nous dit deux mots quand on le retrouve.
- Il a changé, c'est un fait, remarqua Trowa. Reste à savoir ce qui a occasioné ce changement.
- Winner, avec ton don, tu n'as rien pu en tirer ? demanda le chinois à l'arabe juste devant lui.
- Non, répondit celui-ci, préférant passer sous silence ce qu'il avait découvert sur les sentiments du natté à l'égard de Heero.
- Et toi, Lukas ? Tu sais quelque chose ? demanda le méché à l'adresse du jeune homme marchant en tête.
- Qu'en bien même, je saurais quelque chose, je ne vous dirai rien, répliqua ce dernier d'un ton dur.
Voyant rouge face à cette réponse, Wufei se précipita sur lui, le retourna et l'empoigna par le col de sa chemise. Il le souleva de quelques millimètres et amena son visage près du sien.
- Ecoute bien, si tu sais quoique ce soit sur ce qui a conforté sa décision de partir, tu dois nous le dire ! exigea le Dragon d'une voix menaçante.
- Je ne vous dois rien, répliqua Lukas, ignorant le regard enflammé du chinois. Si Kyle ne voit pas l'utilité de vous confier ce secret, je ne vois pas pourquoi je le ferai. Vous n'êtes rien pour moi alors que Kyle est la personne la plus importante à mes yeux. Si vous n'avez pas plus d'intérêt que ça à ses yeux, vous n'en avez pas aux miens.
- Espèce de sale petit... gronda Wufei, sentant sa colère monter.
- Lâches-le Wufei ! le somma Quatre en posant une main sur son épaule. Il n'y est pour rien dans cette histoire. Si nous voulons des réponses, nous les demanderons à Duo et à personne d'autre. Alors ne passe pas ta colère sur lui, ça ne servirait à rien.
Wufei continua de fixer le jeune homme qui soutint son regard sans ciller. Sa poigne sur les pans de sa chemise se renforça, manquant de la déchirer sous l'emprise de ses doigts. Puis la pression sur son épaule se fit plus forte et il finit par le relâcher, un grognement frustré à la gorge.
Lukas réajusta son col froissé en adressant un remerciement muet à l'encontre de l'arabe. Celui-ci hocha la tête en signe d'acceptation. Le groupe reprit sa marche et arriva dans le couloir C. Mais avant de parvenir à la chambre de Séréna, une voix les interpella.
- Lukas !
L'appelé se stoppa et vit arriver vers lui le petit ami de la jeune fille. Celui-ci le rejoignit en quelques enjambées avant de s'arrêter, le souffle court d'avoir trop couru.
- Que se passe-t-il Derek ? s'enquit Lukas, surpris et inquiet de voir son ami dans cet état.
- C'est terrible, parvint à répondre ce dernier après avoir repris son souffle. Kyle est parti.
- Parti ?! s'écria le blond, soudain paniqué. Mais comment ça, parti ? Parti où ?
- Je ne sais pas, admit tristement le musicien. J'étais à la réception pour régler quelques papiers quand je l'ai vu passer à côté de moi sans me voir. Il avait l'air sombre donc j'ai voulu m'assurer qu'il allait bien. Je l'ai suivi jusqu'à l'entrée des urgences et je l'ai vu se diriger vers une ambulance où deux hommes attendaient. L'un deux lui a fait une fouille au corps avant de le faire monter à l'arrière de la camionnette puis ils sont partis.
Ce fut le choc. Trowa, Wufei et Zechs affichèrent une mine horrifiée à l'entente de la nouvelle. Lukas et Quatre sentirent un immense poid s'abattre sur leurs épaules et leurs corps manquèrent de faiblir sous l'impact.
Choqués, la même pensée les traversa, identique et tout aussi effroyable :
- Duo/Kyle, qu'est-ce que tu as fait... ?
Tsuzuku...
(1) je pense que je n'ai pas besoin de vous fournir une traduction, ma moralité m'en empêche et je suis sûre que la majorité d'entre vous auront compris ce que notre natté dit dans cette réplique.
Et voilà pour ce chapitre 11. Une nouvelle menace plane sur notre ancien natté et notre japonais au regard de glace. Qui est le ravisseur ? Que va-t-il se passer lors de l'échange ? Lukas et Zechs se déclareront-ils l'un à l'autre ? Séréna sortira-t-elle du coma ?
Autant de questions qui trouveront leurs réponses dans le prochain numéro de "La Fleur du Shinigami"! Sur ce, à bientôt et review ?!
