Chapitre 11

Aramis

À contrecœur, Aramis alla se placer face au lit et enleva sa chemise en la passant rageusement au dessus de sa tête. Elle n'avait qu'une culotte en dessous, ayant enlevé son bandage pour la nuit. L'œil de Rochefort était brillant d'intensité et il la regarda un moment avant de s'approcher. Elle avait envie de le frapper, de crier, de tirer son épée et de l'empaler sur sa lame. Cependant, elle resta bien droite, priant pour que cette visite ne soit pas trop longue. À son grand désarroi, une petite part d'elle-même était pourtant excitée par la présence du Comte.

Elle avait repensé à la nuit dernière tout le long du trajet, lançant à la dérobée des regards curieux à l'homme chevauchant à ses côtés. Elle qui se narguait d'avoir un bon contrôle d'elle-même était fortement déçue de la façon dont elle avait réagit, la nuit passée. Ce qui lui déplaisait le plus, c'est que cela lui rappelait les quelques instants où elle avait apprécié les attouchements d'Athos. Était-elle dépravée à ce point pour aimer qu'on la domine? Elle n'avait pas l'impression d'être un être faible. Qu'en était-il des efforts qu'elle avait du déployer pour développer son corps et en faire une version masculine de la jeune femme qu'elle était? Toutes les heures passées à modifier sa démarche, sa posture, son timbre de voix. Tout cela n'avait-il pas fait d'elle un individu capable de résister à n'importe qui? Qu'elle flanche devant Athos était, en quelque sorte, compréhensible. Son affection pour lui était grande et ses sentiments, profonds. Elle n'avait pas cette excuse pour Rochefort. Elle l'avait toujours eu en aversion.

Dans la petite chambre qu'on lui avait offerte, Rochefort s'approcha d'elle en la toisant. Il était évident qu'il appréciait ce qu'il voyait. Aramis ne pu retenir un regard vers la bosse apparente dans son pantalon. Lorsqu'elle détourna enfin les yeux, un œil moqueur l'accueillit. Il l'avait vue l'observer.

« Votre curiosité tombe bien, ma belle aventurière. C'est à votre tour de faire remuer votre langue. Agenouillez-vous, je vous prie. »

Une sueur froide l'envahit. Il ne voulait certainement pas dire… Non, elle n'allait pas faire ça! Il du voir venir sa rébellion car il leva aussitôt la main.

« Ne résistez pas, ça n'y changera rien. Plus tôt vous débuterez, plus vite ce sera terminé. Je ne vous demande pas d'apprécier, seulement d'être attentive. Avez-vous déjà fait ce genre de chose? »

« Vous savez bien que non! »

« Vraiment? Pas de petites gâteries pour vos soupirants? Jamais? Même pas un ou deux petits coups de langue pour convaincre Tréville de vous engager? »

Il du se pencher pour éviter la claque qu'elle lui envoya. Étrange, elle l'avait frappé comme l'aurait fait n'importe quelle femme. Pourtant, elle était plutôt du genre coup de poing dans la gueule, d'habitude! Était-ce du à sa nudité? Ou au fait que Rochefort voyait en elle une femme, et non un mousquetaire? Son petit rire moqueur la fit bouillir de rage.

« Si vous croyez que je vais vous faire ce genre de chose, ah ben, ça non alors! Je ne suis pas une pute pour vous donner des « gâteries. Je n'ai pas l'in… »

Pendant qu'elle pestiférait, les mains sur les hanches, il avait déboutonné son pantalon et, sans préambule, avait fait sortir sa verge à l'air libre. La vision qui s'offrit à elle la laissa bouche bée. Elle ne pouvait s'empêcher de regarder cette chose étrange, fascinée. Rochefort descendit son pantalon à mi-cuisse et, faisant un pas, se retourna pour s'assoir sur le lit. Elle le suivit du regard, hypnotisée. Son sexe s'élevait dans les airs, droit et long. Entouré de poils frisés et noirs, il était plutôt rougeâtre au bout. Une longue veine était apparente sur son côté. Aramis avait déjà vu le pénis d'un homme. Pendant ses années d'aventures dans la compagnie des mousquetaires, plus d'un s'étaient déshabillés devant elle. Elle détournait toujours le regard, évidemment, mais ce qu'elle avait aperçu entre leurs jambes ne ressemblait aucunement à ça. C'était bien trop gros pour aller dans le corps d'une femme, non?

Ce membre intriguant l'appelait. Elle ne pouvait s'empêcher de vouloir le toucher. Était-il aussi dur qu'il paraissait? Et cette forme plutôt ronde en dessous? Embarrassée par cet incompréhensible désir qui la submergeait, elle se força à regarder ailleurs. Elle sursauta lorsqu'elle sentit une main sur sa taille qui l'attirait.

« Agenouillez-vous, Aramis. Ne soyez pas gênée. Je suis tout disposé à vous laisser le loisir de regarder ma queue autant que vous le souhaitez. Votre curiosité est naturelle. J'imagine que vous n'avez jamais eu l'occasion d'examiner une verge en érection? Non? C'est ça, c'est bien. Soyez délicate seulement, ce sont des parties très sensibles! Je vous fais confiance, madame. Ce n'est pas souvent que je me m'offre ainsi à la merci de quelqu'un. »

À ces paroles, ils échangèrent un regard. Elle su qu'il disait la vérité. Maintenant agenouillée, elle pouvait mieux observer son membre. Lentement, elle leva une main et alla frôler l'objet de son attention. Emportée par sa curiosité, elle fit glisser ses doigts en une légère caresse et fut surprise que la peau soit si douce. Encouragée par les sons d'appréciation de Rochefort, elle empoigna sa verge à pleine main. Son autre main alla toucher le petit sac en dessous de son membre, tâtant sa forme avec perplexité. Ne sachant trop quoi faire, elle se demandait comme un homme pouvait se donner du plaisir seul. À ce moment, Rochefort vint poser une main sur celle qui entourait son sexe. Qu'elle était grande, cette main, remarqua-t-elle, enveloppant la sienne presque entièrement. De fins poils noirs en recouvraient une partie et ses longs doigts qu'elle savait désormais habiles s'enroulèrent sur les siens.

« Comme ça, ma toute belle. Il faut apposer une légère pression autour de la queue et faire un mouvement de va-et-viens. De haut en bas, c'est ça. Le rythme peut changer. Le gland, ici, est très sensible. Oui, voilà, c'est ça. Humm. C'est bien. Continuez. »

Aramis se prenait au jeu. Les sons qui émanaient de l'homme devant elle lui plaisaient beaucoup. Il murmurait constamment de doux encouragements, parfois inaudibles. Étrangement, elle aimait lorsqu'il l'interpellait par de petites expressions câlines. Elle n'aurait jamais imaginé cela d'un homme comme lui. Elle repensa aux caresses dont Rochefort l'avait abreuvée la nuit précédente et, inspirée, elle promena sa main libre sur ses puissantes cuisses, s'émerveillant malgré elle de ses muscles fins.

« Je… je n'ai jamais fait ça. Est-ce que…. Je veux dire, est-ce que cela vous plait? »

Elle avait hésité avant de poser la question. Il était bien évident qu'il appréciait son touché. Pourquoi voulait-elle qu'il aime ça, d'ailleurs? N'aurait-elle pas du s'en ficher? Elle était mortifiée par ce besoin insensé d'être rassurée.

« Votre inexpérience est plutôt charmante, voyez-vous. Il est très plaisant de savoir que ma verge est la première que vos mains touchent. Vous êtes une femme habile, Aramis. Votre talent pour manier les épées est… indéniable! »

« Pfft! », souriant malgré elle de cette boutade, Aramis eut soudain envie de le goûter. Une fascinante petite goutte d'humidité était apparue sur le bout du gland. Elle avait en tête l'image de la langue rose de Rochefort alors qu'il la caressait et, sans y penser plus, elle pencha la tête. Arrivée tout près, elle releva les yeux et vit avec satisfaction que le Comte retenait son souffle, tendu et attentif. L'intensité avec laquelle il la dévorait lui insuffla un élan de plaisir immense. Tout en continuant à surveiller son visage, elle sortit la langue et, doucement, alla recueillir la goutte sur le bout de son sexe.

« AH ! Pardieu! Humm… »

Il avait projeté sa tête vers l'arrière en gémissant. Il la ramenant vivement, ne voulant rien manquer du spectacle. Aramis ouvrit grand la bouche et entoura sa verge de ses lèvres chaudes. La sensation d'avoir cette queue dans la bouche la fit mouiller de plus belle et, elle non plus, ne pu retenir un soupir de plaisir. Trop gros pour entrer complètement dans sa bouche, elle du lécher la base pour humidifier le tout. Rochefort vint poser une main sur sa tête et, avec une légère pression, lui indiqua le bon mouvement. Sentir sa verge entrer et sortir était excitant et le goût, étrangement plaisant.

« Bonsang, Aramis, vous êtes surprenante! Oui, c'est ça, continuez. Servez-vous de votre main pour la base. Humm… oui, c'est ça. Sucez-moi, Aramis. Sucez-ma verge... Oh… »

La jeune femme se perdit avec joie dans la sensation que lui procurait l'expérience. Tous les hommes goûtaient-ils aussi bon? Elle était grandement surprise par le bonheur qu'elle éprouvait à guetter les réactions de satisfactions du comte. Elle exerçait un certain contrôle sur lui, enfin. Elle se sentait étrangement puissante. C'était ELLE qui allait le faire jouir, ELLE qui déciderait du moment. Galvanisée par cette pensée, elle appliqua plus d'ardeur aux mouvements et augmenta la pression de ses lèvres.

« Oooui, c'est bon!.. Vous aller me faire jouir, Aramis. Attendez, stop, arrêtez. »

Il la força à relever la tête et à le regarder.

« Je… Je vais bientôt éjaculer. Je veux que vous avaliez ma semence. N'en perdez pas une goutte. Comprenez-vous? Laisser votre bouche sur ma verge, je veux vous voir avaler. Continuez à sucer maintenant… oui… c'est bien. »

Il ne prit pas beaucoup de temps à venir. Aramis entendit sa respiration accélérer et, lorsque son corps se crispa soudainement, elle reçu en pleine gorge un flot salé de liquide. Elle laissa sa bouche autour de la verge et attendit qu'il ait terminé, satisfaite de lui avoir fait perdre sa contenance. Ses joues remplies de sperme, elle avait une envie pressante d'en avaler. Voyant qu'il avait un peu repris le contrôle sur lui même, Aramis retira lentement sa bouche en prenant soin de ne rien laisser couler. Le regardant droit dans les yeux, elle avala. Sa témérité lui valu un grognement de délice de la part de l'homme qui la regardait. Il plaça une main sous son menton et lui caressa une joue du bout de son pouce.

« Vous êtes magnifique, Aramis. Magnifique. »

Sur ce, il se laissa lourdement tomber en arrière et resta allongé sur le lit, les jambes à demi dénudées et le sexe mou entre les cuisses. Aramis se releva, curieusement flattée par son commentaire et, sans le quitter des yeux, alla remettre sa chemise. Elle avait envie de jouir, elle aussi. Jamais elle ne lui aurait avoué, par contre. Elle s'assit sur le bord du lit, une jambe pliée, et l'observa. Allait-il partir, maintenant? Il avait dit que ce ne serait pas long, ce soir.

« Couchez-vous sur le lit, » dit-il en se relevant soudain, « Comme hier, allongez-vous sur le dos. »

Allait-il encore la toucher entre les jambes? Aramis s'exécuta, anticipant honteusement ses doigts sur son sexe. Pourtant, au lieu de s'étendre à ses côtés, il se plaça directement entre ses jambes, à genoux sur le lit. Le voir ainsi contempler son corps dans toute sa nudité alors que lui-même était toujours entièrement vêtu avait quelque chose d'indécent. Il la prit par surprise lorsqu'il s'étendit complètement sur elle. Leurs visages se touchaient presque et elle pouvait sentir son haleine teintée d'une légère odeur de vin. Soudainement mal à l'aise, Aramis tenta d'éviter son regard.

« Je veux que vous vous touchiez, Aramis. J'ai dit que vous alliez travailler ce soir, n'est-ce pas? Je veux vous regarder faire.»

« Quoi? Vous voulez que je me masturbe devant vous? »

Après tout ce qu'ils avaient fait ensemble, la façon dont il l'avait fait jouir hier et elle, ce soir, la jeune femme trouvait qu'une masturbation en solitaire était assez ordinaire. Pourtant, lorsqu'il se replaça entre ses cuisses, l'œil avide et une expression intense d'anticipation sur le visage, les mains d'Aramis semblaient figées. Elle du prendre tout son courage pour amener sa main droite sur son sexe. Ce n'était pas quelques choses qu'elle faisait souvent, mais elle connaissait bien son corps. Elle savait qu'avec Rochefort la regardant comme ça et après l'excitation d'avoir tenu son sexe dans sa bouche, elle ne prendrait pas de temps à venir. Fermant les yeux, un peu gênée, elle débuta ses attouchements. Il la laissa faire quelques minutes.

« Oui. C'est bien, Aramis. Montrez-moi comment vous vous amusez, lorsque vous êtes seule dans votre lit. Oui, c'est bien. Vous devriez vous voir, toute ouverte devant moi, sans pudeur. Que diraient vos amis s'ils vous voyaient ainsi? Tut, Tut, ne me regardez pas avec ces yeux-là. Concentrez-vous sur vos sensations. Continuez. C'est ça. Humm… très bien. »

Après encore quelques minutes, Rochefort vint s'allonger sur son côté, reproduisant leur posture d'hier. Les lèvres collées à son oreille, sa main droite se mit à caresser ses seins avec douceur.

« Vous êtes belle, le savez-vous?, susurra-t-il. Votre chatte toute mouillée est une vraie merveille. J'ai tellement hâte de vous prendre. De glisser mon membre dans votre trou bien chaud. J'en rêve… humm… oui, c'est ça, Aramisssss. J'adore vous entendre jouir. Ne retenez pas vos gémissements. Laissez-vous aller. Oui, c'est ça… Fermez les yeux. Comme ça… À qui pensez-vous? Qui voyez-vous lorsque vos doigts vous caressent, ma belle amazone? Qui est l'homme qui vous touche? Dites-moi. C'est Athos, n'est-ce pas? C'est lui que vous imaginez en vous?... Oui. C'est ça… Je le vois bien, à votre réaction… Oh, oui. Venez, Aramis… Venez. »

Son orgasme ne la prit pas par surprise. Elle l'avait senti monter, monter, monter. Les paroles de Rochefort l'avaient achevée. Son esprit explosa et tout son corps se crispa. Elle n'entendit pas son cri de jouissance, ni ce que lui dit son improbable amant alors qu'elle tentait de reprendre son souffle. Elle était soudainement si fatiguée…

Aramis s'endormit promptement. Elle ne vit pas Rochefort, un sourire de satisfaction aux lèvres, se relever et partir. Ce n'est que le lendemain matin qu'elle s'aperçu qu'il avait prit le temps de la mettre correctement au lit, sous les couvertures.