Cela faisait déjà deux semaines que Yûgi avait repris son travail d'émissaire, il passait de moins en moins de temps avec Yami et ses amis. Le jeune garçon était toujours entouré de ses deux collègues, que ce soit pendant ses pauses, jusqu'aux portes des toilettes. Et ça ne plaisait pas du tout à Yami, certes Yûgi passait la plupart du temps à dormir chez lui, mais ce n'était pas assez. Car juste discuter entre le repas et aller se coucher n'était pas suffisant, il en fallait beaucoup plus ! Surtout qu'il aimerait lui avouer à quel point il tenait à lui.
Mais apparemment, le fait qu'il soit toujours entouré ne plaisait également pas au conseiller Tsuruoka, lui qui prenait un malin plaisir d'intimider le garçon souriant à chaque fois qu'il le croisait dans le couloir. Ça lui faisait tout drôle que ça soit deux brutes qui lui jetaient des regards dédaigneux. Le conseiller se doutait de quelque chose, donc il eut une idée.
C'était la pause déjeuné et un enseignant était absent pour les premières années, ça permettait aux élèves d'avoir une longue pause. Yami et les autres pouvaient donc profiter de leurs amis qui n'étaient pas surveillés par Varon et Raphael. Sur le toit du lycée, malgré qu'elle soit couverte de neige, ils s'amusèrent.
« - J'économise pour aller aux États-Unis pour faire mes études là-bas et je danserai sur scène !
- Tu sais danser Anzu ? interrogea Yûgi.
- Oui, tu veux voir ? s'exclama la jeune fille toute contente.
- On s'en fout Anzu ! rétorqua Jôno-uchi en lui jetant de la neige.
- Hey ! OH ! JÔNO-UCHI !
- Je ne sais pas danser, mais je tente avec toi, là maintenant, je te défie !
- Yeah ! Enfin !
- Party Rock Anzu ! rigola Yûgi commençant à danser tout en mettant la musique avec son téléphone
- Everyday I'm shufflin ! s'écria Anzu faisant la chorégraphie du clip.
- Yûgi, tu ne devrais pas avec ta santé, conseilla Yami »
Mais c'était trop tard, Yûgi et Anzu se mirent à danser, étant presque synchronisés. La jeune fille rigolait du fait que le jeune garçon, souriant, s'en fichait de se louper dans ses pas de danse et qu'il continuait de suivre de son mieux en faisant n'importe quoi.
« - Héhé Yûgi tu danses assez bien quand même ! félicita Anzu toute contente.
- Je… t'ai pas défié pour rien ! Mais j'arrête… ta gagné, s'arrêta Yûgi en haletant en se tenant la poitrine.
- Au moins avec Yûgi je m'amuse, pas comme vous trois !
- Boh, je n'aime pas danser, c'est pas ma faute si on ne partage pas la même passion, dit Jôno-uchi.
- Moi je serais ravi de danser si le fait de rester immobile compte, ajouta Honda tout en faisant un high five à son ami blond.
- Roh la la, moi je suis encore plus en forme vu que j'ai dansée ! Yûgi on s'en refait une, proposa Anzu.
- Euh… l'année prochaine, désolé, s'excusa Yûgi en s'asseyant à côté de Yami. »
La bande d'amis rigolait ensemble jusqu'à l'arrivé de Tsuruoka, le conseiller qui regardait Yûgi de haut.
« - Tiens, Yûgi Mutô, tu n'es plus entouré de tes chiens ? C'est étonnant. Je suis bien curieux de ce que tu caches malfrat.
- Tsuruoka, vous voulez continuer à en parler dans votre bureau sans doute ? demanda Yûgi en souriant.
- Non, je n'en ai pas besoin pour montrer à quel point tu es minable ! »
Malgré tout ça, Yûgi continua de sourire, ce qui énervait l'homme au plus haut point. Il pensait que le garçon allait répondre de ses poings et que ça lui aurait donné une excuse pour l'exclure.
« - Tu comptes continuer de sourire comme un con à chacune de mes menaces !
- Oui, car cela vous énerve encore plus, répliqua Yûgi encore plus souriant et toujours aussi serein.
- Espèce de… »
Apparemment mes menaces ne lui font rien, je vais y aller plus fort ! Je veux que ce fauteur de troubles quitte notre établissement dès maintenant, pensa le conseiller.
« - Sale assassin ! Tu as souri de la sorte quand tu as tué ta mère ! »
N'ayant eu aucune réponse, le conseiller se sentit triomphant, jusqu'à ce qu'il reçut un joli coup de poing dans le visage de la part d'un Yami fou de rage.
« - Comment osez-vous dire de telles choses ?! Moi qui vous respectais, mais là ! Vous me dégoutez Tsuruoka ! Conseiller de mes fesses, cria Yami.
- Yami arrête ! Tu ne dois pas, l'arrêta Yûgi.
- Je ne peux pas le laisser t'insulter sans rien faire, tu es innocent !
- Vous deux ! Dans mon bureau ! hurla le conseiller content de pouvoir enfin faire ce qu'il rêvait de faire depuis l'arrivée de Yûgi. »
Les deux garçons étaient assis en face de Tsuruoka qui épluchait le dossier de Yami. Le concerné restait silencieux et impassible. Yûgi quant à lui, souriait comme à son habitude. Le conseiller souffla et commença ses menaces.
« - C'est un joli dossier que tu as là Yami Sennen, aucune bavure, des notes excellentes. Tu comptes être médecin à ton tour ? Mais avec ce que tu as osé faire, tu peux t'assoir dessus ! »
Yami resta silencieux et regardait le conseiller avec mépris.
« - Tu sais, je peux gâcher ce joli dossier en quelques écrits !
- Si ça vous amuse, répondit Yami.
- Tu te rends compte, tu es prêt à gâcher ton parcours scolaire pour lui.
- Oui, répondit-il sans hésitation.
- Tu gâcherais ton avenir pour ce type qui a fait deux ans de prison, accusé de meurtre, de raquet-
- Je sais tout ça, et oui je suis prêt à tout perdre pour lui. »
Yûgi fut étonné par ce que venait de dire son ami, il apprécia même au point d'en rougir. Le conseiller lui, n'en revenait pas, la détermination de ce garçon l'épatait, en plus du regard perçant et intimidant qu'il lui faisait, lui donnait froid dans le dos. Tsuruoka préféra passer sur le cas de Yûgi en sortant son dossier.
« - Ah oui, c'est mon tour, l'assassin vous écoute, Seigneur Tsuruoka, lança Yûgi tout ravi. »
Yami pouffa de rire suite à cette réplique humoristique, par contre le conseiller, lui, était plus qu'énervé, être pris à ce point pour un con par deux adolescents. L'envie de les frapper lui était venu en tête, il se leva prêt à tout casser, mais le directeur rentra.
« - Directeur Mahado… s'exclama le conseiller.
- Encore, je vous ai dit d'arrêter avec monsieur Mutô, il est digne de confiance.
- Non, il faut l'exclure et avec son acolyte, ils ont osé me frapper !
- Si vous le dites, vous avez de la chance Tsuruoka on est vendredi et le 21 décembre, donc vous aurez deux semaines de vacances pour vous calmez.
- Mais whaaaa…
- Laissez-moi votre bureau, j'ai à parler avec ces deux jeunes garçons. »
Le conseiller quitta la pièce en marmonnant, fou de rage.
Yûgi regardait le directeur qui était bronzé, très grand et imposant. Habillé en costume cravate noire, il portait un collier bizarre. Ce collier l'intrigué beaucoup, il avait comme une impression de déjà-vu. Le directeur le remarqua et lui sourit pour ensuite entamer la conversation.
« - Ça t'intéresse ce collier ?
- Excusez-moi Monsieur le Directeur, j'ai l'impression de l'avoir déjà vu.
- C'est l'anneau de millénium, c'est ton grand-père qui me la ramener.
- Vous connaissez mon grand-père ? interrogea Yûgi.
- Oui un grand ami, je connais aussi tes parents Yami Sennen. J'en connais bien plus même. Enfin je vais vous laisser assister à vos cours. Ne vous inquiétez pas pour ce qui s'est passé, j'arrangerais ce problème. »
Les deux garçons se levèrent et commencèrent à quitter la pièce, Yûgi s'arrêta et s'inclina devant le directeur qui était surpris de ce geste. Mahado lui caressa la tête en ricanant.
« - Inutile de me remercier de cette manière Mutô, j'ai confiance en toi.
- Merci monsieur le directeur, se releva Yûgi pour suivre Yami qui partait en cour.
- Yûgi… Hum… il n'a pas changé, chuchota le directeur en partant à son tour. »
Les vacances débutèrent, tous les élèves crièrent de joie, d'autres partaient de l'établissement en courant pour enfin profiter de leurs repos mérités. La bande d'amis alla à l'extérieur, à leur tour tout aussi content de prendre des vacances. Yûgi les suivit tout en toussant fortement, soudainement, leur grand ami mal aimé Ushio attrapa le garçon malade pour le mettre sur ses épaules.
« - Bon Dieu Ushio ! s'exclama Yûgi.
- Lâche-le ! ordonna Yami en lui grognant dessus.
- Désoler les losers, mais Yûgi me doit son week-end, continuer à faire vos trucs de geek sans lui.
- Hey ! Je suis geek Ushio ! rappela Yûgi en train d'admirer la vue en hauteur.
- Un geek irrésistible surtout, allons-y ! dit-il en partant de la direction opposée de ses compères.
- On se voit ce dimanche les amis, c'est génial la vision en hauteur quand même. »
Yami avait vite perdu sa motivation, pour lui, ses vacances avaient mal commencé. La jalousie lui rongeait l'estomac, la tristesse lui tapait les épaules et la déception de ne pas pouvoir passer une soirée jeux vidéo avec celui qu'il aimait lui faisait trainer des pieds. Il suivait de son mieux ses amis jusqu'à la salle d'arcade où, pour une fois le temple ne lui donnait aucune envie.
Jôno-uchi passant son bras autour du cou de Yami, essayant de lui remonter le moral en lui mettant directement dans le gosier une sucrerie.
« - Eh bah, d'habitude tu es plus motivé que ça pour me battre sur les machines. Yûgi te manque tant que ça ?
- Apparemment…
- Ce n'est pas apparemment là, c'est sûr ! Tu le verras dimanche. Ce n'est pas comme si tu ne le voyais pas tous les jours.
- Justement, je le vois de moins en moins à cause de l'autre poteau électrique de deux mètres ! En plus, il doit l'obliger à faire des choses infâmes…
- Genre l'obliger à regarder des instruments de musique ?
- Hein ?
- Pour te rassurer, on peut les voir là-bas, ajouta le blond en les pointant du doigt. »
Regardant la direction indiquée, il put voir Ushio et Yûgi chez un luthier. Yami mourrait d'envie de les suivre discrètement et de tout savoir, mais ça serait devenu un harceleur à ce point-là. Il retenu ses pulsions et rentra dans la salle d'arcade, afin de se changer les idées sur les machines.
Yûgi sentit un manque en lui, il savait que sans la compagnie de Yami, il n'aurait jamais le moral. Après tout, il était le seul auquel il avait une confiance aveugle et qui était aussi l'être qui serait toujours là pour lui, il donnerait sa vie pour le bonheur de Yami s'il en fallait.
Ushio secouait son associé qui l'écoutait à peine.
« - Yûgi, regarde ça. Pas joli comme guitare ?
- J'en ai déjà quatre.
- Je te l'offre, tu peux le considérer comme un cadeau de Noël en avance. Essaie donc… »
Prenant la guitare semi-acoustique bleu foncé, joliment décoré de kanji doré, il joua un petit air très entrainant qui attira l'attention de tous les visiteurs de la boutique.
« - Je ne savais pas que tu jouais aussi bien, avoua Ushio en tapant le tempo avec son pied.
- Ah, de base je voulais être musicien… Jouer jour et nuit dans tout Kyoto.
- Tu peux toujours le faire, tu joues super bien. Et pourquoi pas chanteur ?
- Car quand je chante devant des gens, je bégaye comme Porky…
- Tu plaisantes ? Chante pour voir !
- Wh—where a-re part- party ! ga ga… ooh oohh, bégaya-t-il à voix basse en loupant des notes de guitare. »
Ushio rigola à en pleurer tellement que cette scène était drôle. Yûgi, tout gêné, posa la guitare et tenta de s'enfuir pour rentrer chez Yami, et si possible dans ses bras ! Mais retenu par Ushio, le géant le serra dans ses bras.
« - Excuse-moi, je trouvais ça tellement mignon… Enfin je suis sûr que tu chantes bien sans ton trac.
- Hum, je dois vraiment passer mon week-end avec toi ?
- Oui, ne t'en fais pas, tu vas aimer.
- Meh ! »
Samedi soir, Yami était dans son lit à soupirer. Il avait passé sa journée à flâner dans son lit accompagné de son ordinateur. Il avait joué au Duel Monster Online, et comme toujours il était gagnant. Il trouvait ce jeu moins passionnant depuis qu'il avait joué contre Yûgi. Enfin de toute façon, sans Yûgi, tout paraissait moins passionnant, moins amusant.
Il était temps pour lui de se faire à manger vu que ses parents ont décidé de passer une soirée en amoureux. Il quitta doucement son lit, vêtu de son tee-shirt Duel Monster, d'un short et de l'écharpe que Yûgi lui avait offerte. Cette écharpe était devenue son porte-bonheur, certes il était triste que l'odeur de celui qu'il aimait avait disparu, mais ce n'était pas étonnant à force de le porter.
Soupirant tout en se préparant à manger, il put entendre la porte se déverrouiller. Ça ne pouvait pas être ses parents, ils avaient prévu de revenir que le lendemain, donc ça pouvait qu'être lui.
En effet c'était, le beau, le petit et mignon Yûgi toujours vêtu de son uniforme et d'une guitare au dos. Il était tellement épuisé qu'il tomba assit aussitôt rentré.
Accueilli par un Yami tout souriant, il l'aida à se lever et lui demanda ses nouvelles.
« - Ça va ? Tu as l'air exténué…
- Fatigué, Ushio m'a trainé jusqu'à la préfecture d'Ibaraki*, pour me montrer une chose que j'ai oubliée au final. On s'est perdu dans un endroit sans réseau. On a marché toute la journée et la nuit. J'ai joué de la guitare pendant trois heures pour me faire de la monnaie pour prendre le bus, car je n'avais pas d'argent sur moi et lui, il avait tout dépensé pour m'acheter cette guitare avec ses accessoires...
- Pauvre Yûgi, je vais faire à manger, prends une douche et détends toi en attendant.
- Merci Yami, tu es mon héros, dit Yûgi en rougissant.
- Ah ! ah… mais non voyons… Mais merci, sortit Yami tout gêné, rougissant à son tour. »
Yami était ravi, il ne pensait pas à un seul instant que son samedi ennuyeux allait devenir rayonnant. Plus motivé que jamais, il prépara le meilleur repas qu'il pouvait faire. Pourquoi pas à son tour passé un week-end en « amoureux ». Mais malheureusement, le jeune garçon avait hérédité des qualités culinaires de sa mère. Il transforma tous les bons ingrédients en un plat infâme.
Yûgi descendit au même moment et regarda le plat.
« - Je vais commander une pizza…dit le piètre cuisinier en se cachant le visage.
- Pourquoi ? Ça a l'air bon.
- Non, non. Ne touche pas, balbutia Yami tout rouge.
- Je le mangerai quand même, c'est toi qui l'as préparé et tu as mis tout ton cœur là-dedans, dit-il en mangeant le plat loupé. »
Yami comprit à cet instant la joie qu'avait sa mère quand elle voyait le jeune garçon engloutir son plat, mais comment devait-il le prendre ? Yûgi était toujours du genre à manger tout ce qui passe, que ça soit bon ou mauvais. L'envie de lui demander comment son plat était lui brulait les lèvres, pourtant à cet instant, Yûgi finit le plat et disait donc ce qu'il en pensait.
« - Le riz est bien cuit, la viande sautée était bien faite, tous les arômes étaient là, si tu croyais que c'était mauvais à cause de la couleur et la présentation. Ce n'est sans crainte. J'aime ! »
Seigneur et moi c'est toi que j'aime ! hurla Yami dans sa tête tout en sentant son cœur battre à la chamade.
Goûtant à son tour son plat qu'il trouvait tout juste passable, les deux garçons se retrouvèrent ensuite dans la chambre à discuter sur le lit tout en jouant aux jeux vidéo. Mais cela ne dura pas longtemps, car étant épuisé par son voyage à pied, Yûgi s'endormit blotti contre lui. Sentant son cœur battre à toute vitesse, Yami resta figé un moment tout en admirant la frimousse du garçon. D'une main hésitante, il commença à lui caresser la joue. Ne voyant aucune réaction particulière de la part de son tendre ami, il se lança. Rapprochant timidement son visage près de celui de Yûgi, il sentit son corps devenir brûlant et son cœur battre à toute vitesse. L'idée de renoncer lui frôla plusieurs fois l'esprit, mais étant réellement décidé, il posa ses lèvres sur celle de son compagnon qui était douce et chaude.
Préfecture d'Ibaraki : une région a environ 2-3 heures en train
