Bon, à partir de ce chapitre, les choses deviennent sérieuses : j'ai l'impression que cette fic plait selon les stat' du site, mais j'ai très peu de retour... Enfin bon. Enjoy !


Des grondements bestiaux, des grognements, des cris, du sang tout parvient aux sens de Rick Grimes dans un bourdonnement sourd, lui coupant la respiration et emprisonnant son âme : il sent la vie et la mort pulser autour de lui, Rôdeurs et humains à différents endroits et dont les mouvements se répercutaient dans les tuyauteries. Un bébé pleure, mais ce doit être une hallucination, parce qu'aucun bébé ne vit dans ce monde et certainement pas le sien, mort avec sa femme, dans le ventre d'un macchabée répugnant qu'il avait massacré.

Il marche, continue sa danse macabre, arrachant des têtes et massacrant les corps décharnés s'offrant à lui. Rien ne l'arrête, parce que Rick veut Lori, Lori la Sauvage, l'Insaisissable, l'Indomptable mais Lori est aussi morte, comme son cœur, comme son âme et ce soir, dans la nuit noire pleine de mauvais rêves, Rick va mêler ses hurlements à ceux des Rôdeurs, jusqu'au bout, jusqu'à la fin, âme esseulée qui se fraye un chemin dans le désespoir, perdue et brisée. Il va hurler à son tour, comme un simple animal, parce que sans Lori Rick n'est plus Rick, il est juste froid et inutile : il va hurler, scander le nom sacré de sa femme, pleurer, tuer, inlassablement. Il va hurler, fantôme errant dont l'âme torturée court à sa perte, hurler pour faire disparaitre ce monde qui lui a tant coûté, hurler, encore et encore...


« Putain mais c'est quoi ça ? »

Daryl et Phil s'observèrent, bouche bée. C'était la plus belle bête qu'ils n'avaient jamais vue de leur vie. L'animal était grand, au moins soixante centimètres au garrot, le pelage sombre aux reflets bruns brillait dans la soudaine lumière ; les crocs immaculés de l'animal luisaient sous le soleil qui glissait à travers une fenêtre, et le grondement sourd de sa gorge les tenaient à l'écart, alertant leur instinct d'un potentiel danger mortel. La bête irradiait de beauté et de puissance. Ses oreilles longues et pointues étaient dressées vers le ciel, immobiles, et ses grands yeux ambre les hypnotisaient. Ils la fixèrent avec admiration et peur, assommés par le charisme de la bête, qui se relevait pour leur faire face. Elle sembla immense, ses pattes puissantes prêtes à sauter sur les inconnus, grondant avec courage, sa queue touffue témoignant de son agitation. Elle fixait le chasseur en particulier, ses prunelles or foncé alternant entre le visage de Daryl et son arbalète. Derrière eux, Hershel s'avança lentement, ses béquilles tapant contre le carrelage froid avec hésitation. Il s'arrêta face à l'animal, aussi admiratif que ses compagnons.

Phil déplaça lentement son bras vers son holster, mais Daryl l'arrêta d'un geste ; la bête aboya et gronda avec plus de fureur, et du sang s'écoula entre ses babines retroussées. Ses flancs étaient barbouillés de sang, qui coulait à grosses gouttes sur le sol. Elle était en fin de vie.

Ils suivirent le tracé des gouttes de sang, qui s'écrasaient sur un petit tas poilu qui gigotait avec faiblesse. Sa portée glapissait à chaque goutte, tâchée de sang.

Phil laissa tomber son bras, et le grondement se fit légèrement moins fort. Daryl fit reculer la jeune femme de deux pas, sans lâcher du regard la bête. C'était de toute évidence une louve, inconnue de cette région ; jamais encore il n'avait été aussi proche d'un tel animal.

« Il avait un maître, le vétérinaire lui-même je crois », chuchota Hershel dans le silence. « Son corps est un peu plus loin, et regardez toute la nourriture et l'eau. »

C'était vrai. L'arrière-boutique semblait avoir été emménagée pour la louve, trois énormes sacs de croquettes pour chiens gisaient au sol, et au mur était planté un ingénieux système de distribution d'eau, presque à sec. Des cadavres de petits animaux pourrissaient çà et là, preuve qu'elle chassait et que la pièce était son refuge. Quelques coussins posés au sol faisaient office de lit, assez grands et épais pour une telle bête ; la louve gardait les yeux fixés sur le chasseur, et celui-ci posa lentement son arbalète au sol. Le grondement se fit moins fort, et elle baissa le museau avec contentement.

« Moi, c'est Daryl », énonça-t-il clairement. « On est désolés d'avoir cassé ta porte. On ne te veut aucun mal. »

Le ton grave et fort de l'homme sembla lui plaire. Phil recula encore, se rapprochant du vieil homme, comme pour ne pas les déranger. Le chasseur les avait presque oublié, hypnotisé par le canidé. Il avait toujours su comment réagir face à un animal sauvage, et Phil tenait à leur laisser le plus de distance possible en vue d'un échange.

Daryl se mut pour lui faire véritablement face, et la louve suivit le mouvement, incertaine. Il mit ses deux mains devant lui, paumes tendues, sans la quitter des yeux.

« Tu es blessée, ma jolie. Je sais que tu souffres, que t'as pas vu d'homme depuis un bout d'temps, mais je t'assure, il n'y a aucun danger. Moi c'est Daryl », répéta-t-il en souriant, « et je te ferai aucun mal. Viens, ma belle. »

La bête cessa tout à fait ses grondements, ses oreilles s'agitant dans tous les sens. Elle renifla dans sa direction, couinant, et Daryl ne bougea pas. Il continua de parler de sa voix profonde, l'expression admirative dédiée à la louve, les mains ouvertes. Elle finit par tendre le museau, très lentement, ne le quittant pas des yeux. Ses épaules tendues tressaillaient, et elle flanchait sur les côtés, souffrante. Daryl ne bougea pas, souriant et patient, jusqu'à ce qu'il sente le bout de sa truffe effleurer le grain de sa peau.

« Tu vois », souffla-t-il en la voyant renifler véritablement, « je ne te ferais pas de mal. Tu es d'une beauté, tu as dû être la meilleure chasseuse de la région. »

Un couinement se fit entendre du tas poilu, et elle retourna immédiatement vers le dernier, léchant les boules de poils avec passions. Ses bébés, trois si Daryl avait bien compté, voulurent téter mais la mère n'avait presque plus de lait à leur donner. Elle toussa, son corps se cambra sous la violence de la toux, et expulsa de sa gorge quelques gouttes de sang. Elle se recoucha sur son flanc, couinant à son tour, les pattes battant l'air avec difficulté. Daryl s'approcha lentement, et tendit sa main vers les louveteaux. Elle fit mine de vouloir le mordre, mais il posa la main sur son museau, caressant de l'autre ses oreilles. Il lui chuchota des mots inaudibles, et elle sembla l'écouter, sa tête retombant peu à peu sur le sol. Une fois à terre, il caressa avec douceur la tête de l'animal, qui soupira de plaisir. Il tourna la tête vers les louveteaux, et les retourna sur le dos ; il avait mal compté, il y en avait quatre et deux étaient déjà morts. Les survivants couinaient pour le lait, leurs yeux clos et leurs têtes duveteuses tournés vers le corps de leur mère. Ils tenaient aisément dans sa grosse main. La femelle releva la tête, et renifla une dernière fois ses enfants. Elle les lava de sa langue râpeuse et ensanglantée, et Daryl y vit dans ce geste un adieu. Elle se retira, ignorant leurs protestations, et plongea ses yeux sauvages dans les siens. Ambre contre émeraude, échange soudain qui se mue en promesse, et Daryl porte sa main à son cou, l'accord était passé. La bête siffla, la respiration lourde, et sa tête tomba violemment contre le sol ; Hershel s'approcha enfin, et tâta l'animal avec précaution.

« Mordue », dit-il comme conclusion, « pas profondément mais assez pour causer une grâce inflammation des tissus et provoquer une hémorragie interne. On ne peut plus rien faire. »

Il avait les yeux dans le vide, l'expression triste ; une étincelle enflamma brusquement son regard, et il se releva avec force. Phil, qui avait pris les petits dans ses bras dans l'espoir de les réchauffer, le regarda avec surprise.

« On est dans une clinique vétérinaire, et je suis un putain de vétérinaire », s'exclama-t-il, s'attirant le regard outré de Phil, qui retenait avec pudeur ses larmes. « Tâchons de trouver de quoi sauver ces petits ! Phil, suis-moi, je vais avoir besoin de toi ! »

Elle hocha la tête, hésita une seconde, puis reposa les bébés. L'animal la fixait avec curiosité, et la femme pencha son visage à hauteur du sien.

« Je te jure de garder tes bébés en vie. J'n'suis pas sûre que tu m'comprennes, mais j'm'en fous ; je te fais la promesse de tout faire pour qu'ils aient une aussi longue vie que la mienne. »

Elle se releva avec précipitation, sortant de la pièce. Hershel la suivit, lui listant déjà ce dont il avait besoin.

La louve se retrouva seule avec le chasseur, qui avait récupéré et gardait les deux petits contre son torse avec précaution. Il les avait glissés dans la poche intérieure de son blouson, chaude et épaisse, leur petite tête reniflait son odeur avec curiosité. Lentement, il sortit de sa main libre son couteau de chasse, la lame brillante et pure ; la bête comprit, et allongea son cou sur le sol... Elle n'avait plus à souffrir. Son maître lui manquait atrocement ; et chaque homme qu'elle avait rencontré n'était qu'une monstruosité contre-nature. La confiance et la protection qui émanaient de l'aura de l'homme l'avait troublée, elle si seule depuis trop longtemps ; son maître était mort après s'être rendu compte qu'elle était enceinte, disparaissant aussi brutalement que le reste du monde ; Lock, son compagnon -un Berger allemand avec un bon gabarit- était mort à la chasse, pris par surprise et dévoré par une de ces créatures, la laissant seule.

Daryl cru que son cœur saignait avec celui de la bête. Il refusait de l'achever, une pauvre louve qui tentait simplement de sauver ses enfants, obligée de vivre dans un monde atroce ; il s'excusa à son oreille, elle n'avait pas le droit de vivre ça, les animaux ne devraient pas connaître la même souffrance que les hommes ou payer pour leurs erreurs ; il pensa à Sophia, perdue à jamais dans la forêt, il pensa à Carl, qui se devait de grandir plus vite pour survivre, à Beth qui n'avait jamais connu que l'innocence, à James qui était mort alors qu'il avait tout pour survivre, à Judith, qui allait devoir vivre dans un monde bien cruel, à Carol disparue dans la prison, seule, qui a passé trois jours à pourrir au fond d'une cellule, et à Lori, cette pauvre Lori…

« N'aie pas peur », chuchota-t-il avec respect. « N'aie pas peur. »

Il place le couteau de manière à ne pas la rater, à quelques millimètres de son encolure ; la louve jette un coup d'œil à la porte arrière, aperçoit un dernier rayon de soleil et elle ferme les yeux, docile. Il voit Lori, Lori qui accouche sans son mari, qui meurt pour sauver son bébé, qui fait ses adieux à Carl entre deux contractions ; cette femme si forte qui était morte si seule… Il resserre sa prise, cache les louveteaux de ce massacre ; l'image de Lori disparaît, et le voici au pied du mur, presque à pleurer pour une louve. Celle-ci n'est déjà plus là, elle court avec Lock vers leur maître, qui n'attend qu'eux pour partir, les appellent un peu plus bas, au pied de la montagne ; et la louve s'y précipite.

« Bonne nuit, Lori. »

Il n'y eut pas un cri.

Glenn regarda les occupants de la Prius sortir, et un poids quitta ses épaules lorsqu'il comprit que tout le monde était sain et sauf. Il fronça les sourcils en remarquant le paquet dans les bras de Daryl, qui lui présenta les deux louveteaux.

« Y ont à peine une semaine », se justifia-t-il. « C'est des chiens loups selon Hershel, il a d'quoi les sauver, alors… »

Glenn observa les petits êtres, attendri. Ils tremblaient l'un comme l'autre, et poussaient des petits glapissements effrayés face à tant d'inconnus. Hershel monta au bloc, tandis que Teck et Maggie aidaient Phil à décharger. Tous rentrèrent se réchauffer, la nuit qui tombait rafraîchissant l'air. Daryl posa les louveteaux sur la table, et Hershel prit le relais. Il prépara un biberon adapté, quoique légèrement grand, tandis que Carl préparait un nid avec des draps et un coussin pour les deux petits. Le chasseur se dirigea vers la petite Judith, la prenant dans ses bras, et la serra un instant contre sa tête ; puis, il l'installa au creux de ses bras, lui donnant aussi un biberon. Le vétérinaire croisa son regard et ils se sourirent, chacun nourrissant un bébé.

« Vous les avez trouvé à la clinique ? Où est sa mère ? » Demanda Beth avec innocence, contemplant les petits animaux avec ravissement.

« Morte », déclara Phil en s'approchant. « Tu crois qu'ils vont s'en sortir, Hershel ? »

« Je n'ai pas soigné de chien depuis au moins deux ans », commença le médecin, « et je n'ai jamais approché un loup ; mais, ma foi, je dois bien être le dernier vétérinaire de la région, et par conséquent, le meilleur. Je devrais m'en sortir », rigola-t-il en offrant un sourire malicieux au groupe.

Il approcha le biberon des bouts d'êtres pleins de poils, et ils s'abreuvèrent avec délice. Hershel mettait toute la douceur qu'il pouvait dans ses gestes, les encourageant avec des paroles apaisantes. Le groupe suivit la scène avec bienveillance, le vétérinaire prenant plaisir à travailler. Il retrouvait les gestes d'antan, et les ausculta avec rapidité et douceur. Daryl s'imagina à sa place, privé de chasse ; il n'aurait jamais tenu comme Hershel tenait.

« Et Rick ? » Demanda-t-il en coupant le silence tranquille qui s'y était installé.

« Toujours là-bas », répondit d'une petite voix Glenn.

Il y eut un blanc, teinté de gêne et de tristesse à l'évocation du chef du groupe.

« Tu connais leur race ? » Demanda Carl en se penchant vers Hershel.

« Oui, je crois bien que ce sont des chiens-loups Tchécoslovaque. » Le médecin prend une longue inspiration. « C'est une race assez jeune, qui date des années 50. Les chiens-loups sont très doués pour la chasse, ils ont besoin d'être perpétuellement occupés ils sont doués d'une intelligence exceptionnelle, ils peuvent parcourir une centaine de kilomètres par jour. Ils sont fidèles, très attachés à leurs maîtres et à leur territoire, ils aiment avoir la vue pleine sur l'environnement qui les entoure. Ils ont aussi la particularité de choisir eux-mêmes leur maître. » Récita-t-il tel un livre, en bon élève.

Les autres l'écoutaient avec attention, une idée commune naissant avec les paroles du vieil homme. Les regards étaient fichés sur les louveteaux, tandis que les esprits s'échauffaient.

« J'connais ce genre de bête », continua Daryl. « Y'en avait, là où j'vivais. C'est des putains d'traqueurs, ils sont obstinés et rien ne leur échappe, ils sont très rapides et super loyaux. Ils résistent à tous les temps, ils sont super endurants, qu'il pleuve ou qu'il gèle. Ils apprennent vite et bien, j'pourrais les amener à la chasse. On pourrait même les dresser à protéger la prison, ils détestent les inconnus en général. Ils…putain, ils n'aboient pas. Ca j'm'en souviens, ça m'avait toujours étonné. Ils n'aboient pas, chacun communique à sa manière. Ils...mordillent, je crois. Ils hurlent, aussi, mais ça on peut gérer. »

Ils se regardèrent tous en souriant. Ils avaient bien fait de les sauver ; ils pourraient être des atouts indispensables à leur survie, s'ils les dressaient bien.

« Donc », résuma Maggie. « Ils sont rapides, efficaces, silencieux et loyaux ? Est-ce que vous vous rendez compte de la foutue chance qu'on a de les avoir trouvé ? »

« Maggie ! » Cria Beth, outrée par le langage de sa sœur.

Ils rirent, et Daryl reposa Judith dans son berceau. Il fut décidé pour la nuit de faire dormir les deux animaux avec le bébé, enveloppés dans un pan de la chemise sale de Daryl. On les cala sous les bras de Judith, de manière à ce qu'ils ne puissent bouger ni gêner la petite fille. Selon le vétérinaire, cela était censé favoriser leur intégration dans leur groupe, en les habituant très tôt à une présence humaine. Ils s'endormirent bien vite auprès du bébé, profitant de la chaleur humaine avec plaisir.


Phil pénétra la cellule, le cœur lourd. Son petit frère ne la lâchait pas d'une semelle, pour la surveiller ou par peur peu importait : seul Tek, allongé dans ce lit froid et raide, comptait. Une semaine qui lui en parait trente.

Elle s'assoit sur les couvertures, prenant les mains de son aîné dans les siennes. Elle reste silencieuse, n'ose ouvrir la bouche, comme terrorisée de le voir disparaître, devenu l'un de ces monstres si effrayant.

Et s'il ne survivait pas ? Si James ne revenait jamais ? Parce que Philip savait très bien ce qui l'attendait derrière la réponse à ses questions : elle devra tuer son petit frère.

Marquée par le sang, c'était là tout son être. Comme James ou Brayne, c'était quelque chose qu'ils ne pouvaient pas fuir. Leur vie entière s'étaient construites autour du prix du sang, ils n'avaient pu s'en protéger. Parce que c'est ce qu'ils sont, ce qu'ils devraient toujours être : des tueurs.

Elle se rappelait encore du garçon qu'elle avait flingué : elle ne connaissait même pas son nom.

Mais elle voyait encore son regard surpris, choqué, celui d'un homme qui ne devait pas être là, qui n'avait rien avoir avec ses activités.

Tout était allé trop vite il avait suffi de deux vigiles plus attentionnés que les autres, d'un verre, d'un rail, et d'un passant de trop. Qu'aurait-il fallu pour éviter ce drame ? Une, deux secondes de plus ? Le temps de laisser l'adolescent dépasser la maison qu'elle cambriolait ? Comment tout avait-il pu aller si mal ?

Après cela, elle avait changé elle mangeait peu, se défonçait en permanence, provoquait des bagarres et couchait avec n'importe quel homme croisant sa route. Combien de fois s'était-elle réveillée encore bourrée dans une ruelle sordide sans savoir où elle était ? Combien de fois avait-elle arpenté les trottoirs, seule, un joint à la main, en attendant une éventuelle distraction ? Elle avait voulu se punir d'avoir pris la vie de cet homme, d'avoir senti cette excitation, un sentiment de puissance la traverser alors que la balle, elle, traversait le corps de ce garçon ?

Elle repose la main froide de son cousin sur le lit aux draps miteux et sales, écoute attentivement les bruits de la prison. Axel fait un peu rire le groupe de ses blagues Beth a récupéré le bébé, et les pas rapides de Carl se font entendre un peu plus bas. Daryl fume une cigarette, elle sent l'odeur, et la porte du bloc claque, signe qu'il était sorti. La page du livre de Brayne, qui tourne à un rythme lent.

Elle se lève lentement, très calme. Tuer son petit frère, son presque fils. Sauver le restant de sa famille, Daryl et le presque mort Tek tout cela était vain. A quoi bon ? Il n'y avait à sauver qu'un pot cassé et une vieille bricole. Et quand bien même, croyait-elle vraiment pouvoir survivre avec une chose pareille sur la conscience ?

Elle sort de la cellule, ayant embrassé le haut du crâne de Brayne, lui accordant un sourire rassurant. Elle croise Carol qui nettoie son arme, lui offrant un bref hochement de tête, tourne en direction de l'infirmerie. Elle sort son couteau, son pas lent et tranquille, impassible. Elle s'enfonce dans les couloirs, ouvre des portes, descend des étages : elle croise des morts, qu'elle abat un par un, ses gestes sont en train de devenir fous. Elle tue, elle enchaîne les cadavres, imaginant que son couteau s'enfonce dans la tête du petit Brayne à chaque coup, crie, se débat, s'insurge, hurle, se brise la voix, continue le massacre, dorénavant elle court, les Rôdeurs sont de plus en plus nombreux, mais elle n'en a cure.

Elle parvient à détacher une barre de fer des tuyaux de la laverie numéro 2, à s'enfermer dans une pièce souterraine, ou elle déchiquète son dernier ennemi, à coups de cri et de sa lame blanche. Puis, elle tranche sa tête d'un mouvement vif et violent avec la barre.

Cette dernière éclate les murs, transperce les tuyaux, elle déverse toute sa rage, elle frappe sans comprendre, sans cesser d'hurler, qu'importe la douleur…

Un mouvement derrière elle attire son attention au milieu de son chaos, alors elle ramasse son couteau d'un mouvement très vif, la barre de fer droite devant elle, et se retourne en hurlant, prête à tuer l'étranger.

Mais elle s'arrête en plein milieu de son geste, reculant presque, figée par les pupilles dures et animales de Rick Grimes.

Elle n'a jamais vu ça. Il se tient là, face à elle, barbouillé de sang même sur le visage, tenant son révolver tout aussi rouge que lui d'une main ferme mais tremblante. Il se penche légèrement en avant, son doigt semble pris par un tic nerveux, sa bouche est légèrement entrouverte. Il penche la tête sur le côté, curieux de sa réaction, cherchant à reconnaître ce visage féminin : mais Phil est troublé par son regard vide mais brûlant d'animosité. Rick est un prédateur, en train de la juger elle, pour savoir s'il avait affaire à un semblable ou une pauvre proie.

Phil avait déjà eu affaire à ce type de comportement. Daryl avait tendance à faire la même chose, quand il se tapait des bad trips : il oscillait tel un serpent, il ne parlait pas mais se mouvait avec beaucoup de souplesse, persuadé d'être un dangereux animal et s'il se battait, il gagnait haut la main avec ses mouvements fauves et précis. C'était quelque chose de spectaculaire en vérité, cela prenait n'importe qui, tant que la personne est sous speed ou hallucinogène. Phil y voyait là l'instinct qui prenait le pas sur l'esprit, comme si celui-ci s'effaçait volontairement pour éviter de souffrir.

Mais la différence, c'est que Rick n'est pas sous l'emprise d'un produit. Il est parfaitement conscient de ses gestes, il contrôle son corps. C'est un danger.

Philip sourit, se met en garde. C'était parfait elle aussi, peut être animale, et se défouler sans retenir ses coups était la seule chose qui lui permettait de ne pas perdre la tête. Son sourire dévoile toute ses dents, et l'étincelle de folie dans ses yeux danse follement, elle ressemble à une Furie. Puis, brusquement, elle se détourne et lâche son arme, se met à détruire les pauvres structures à mains nues. Rick, toujours aussi dément, l'observe quelques instants avant de s'éloigner à pas mesurés. Il l'oublia dans la minute, cherchant des corps à massacrer. Une frontière commune et tacite s'était dessinée entre leurs esprits tourmentés, un pacte de non-agression, se reconnaissant faiblement, chacun se construisant son propre Enfer en toute intimité.


« Hé bah, monsieur Ceara ! Vous vous êtes complètement remis de votre blessure ! C'est assez incroyable ! »

James sourit, puis relâcha son tee-shirt. La blessure par balle avait cicatrisé en l'espace de trois semaines, et il ne subsistait sur sa peau qu'une fine cicatrice rose. Depuis deux jours déjà, il s'était remis à courir pour vérifier ses capacités, et n'avait rencontré qu'une simple gêne passagère.

Le docteur S, un homme d'origine Indienne et peu fervent des armes, l'avait plutôt bien traité et James s'était plu à converser avec lui. Parfois, il évoquait les débuts de Woodbury, de Milie, la femme qu'il aimait en secret, ou de la sévérité de son infirmière Rosaline.

Trois semaines. Le temps lui avait paru extrêmement court, et les évènements s'étaient enchaînés sans qu'il puisse ralentir le rythme.

Il n'avait que peu de souvenirs concernant l'hélicoptère la douleur effroyable du trou dans son estomac avait quelque peu endormi ses autres sens, telle que la vue ou l'ouïe : c'était son réveil dont il avait pleinement conscience.

La première chose qui l'avait étonné, c'était l'odeur. Ça sentait bon. Ou plutôt, le lilas la différence avec l'odeur du dehors ou de la prison, lourde et moite de la décomposition, était drastique et il avait ouvert les yeux d'étonnement.

La première personne ayant intégré son champ de vision fut un homme, aux yeux clairs et aux cheveux bruns, qui commençait à être gris. Il devait avoir la quarantaine, pas plus, et son visage avenant lui avait inspiré de la méfiance. James ? Avait-il dit d'une voix maitrisée. James, vous m'entendez ?

Le jeune homme n'avait pas répondu, mais son regard s'était porté à la main de mec posé sur son holster, avant de revenir à ses yeux. L'homme avait eu les frémisses d'un sourire, puis il s'était reculé. Ouais, avait-il grogné d'une voix rauque. Puis vous êtes qui ?

Le Gouverneur, soi-disant. L'homme qui lui avait sauvé la vie, avait-il rajouté. L'homme qui m'a sauvé la vie est celui qui m'a charcuté le bide pour retirer la balle de votre homme de main. Vous êtes ce gars-là ? Sa voix innocente et légèrement plus forte avait fait rire cet étrange monsieur, qui avait baissé la tête en signe d'excuse. Tu n'as pas tort. Cet homme est le docteur S, mais il n'est pas ici pour le moment. Ah. Donc il était seul avec ce type qui n'avait toujours pas retiré la main sur son holster. C'est pas comme si James n'était pas défoncé à la morphine et qu'il ne pouvait même pas bouger un doigt, hein.

De la morphine…il en avait déjà pris, il reconnaissait les sensations alors, cet endroit était bien fourni, certainement mieux protégé que la prison. Pire, pour donner de la morphine a un inconnu, c'est sous-entendre avoir de bon stock. James avait affaire à des gens qui savaient ce qu'ils entreprenaient.

Il eut un tic, butant sur une réflexion. Il n'était clairement pas un danger à l'heure actuelle et son sauveur avait plutôt l'air intelligent et prévoyant. S'il n'était pas un danger, alors c'est qu'un autre l'était. Ses yeux fatigués se tournèrent vers le côté opposé de la pièce, le laissant apercevoir deux formes dans l'ombre.

Approchez. La première forme fut la silhouette d'un homme plutôt baraqué, qui s'avançait lentement. Une mâchoire carrée et mal rasée, une chemise sale et un tee-shirt autrefois blanc, un objet métallique dans la main, des yeux bleus presque gris. Une expression de pure méfiance.

C'est Merle. Il le dit en même temps, le répète trois fois. C'est Merle, mais celui-ci recule, comme blessé, prêt à fuir. Et puis, sans prévenir, il se jette sur lui, l'enlace, le serre si fort qu'il gémit, mais tant pis, c'est Merle, et lui aussi il le prend dans ses bras.

Comment, pourquoi ? Il s'en fiche, c'est indéfinissable, mais il le savait, il en était sûr : Merle était vivant. Celui-ci s'écarte, les yeux un peu humides, alors il se reprend très vite et affiche une expression dure. Nan mais qu'est-ce que t'es con ! Le Gouverneur hausse un sourcil, mais sa main n'est plus sur son arme et James cligne des yeux sans comprendre. Pourquoi t'as fait ça ? Pourquoi j'ai fait quoi ? Tu t'es jeté sur mon flingue ! La deuxième forme se racle la gorge, mais ni James ni Merle ne l'entende. Tu m'as tiré dessus. … Tu m'as tiré dessus, merde ! Il n'en revient pas, et son estomac crie de douleur le garçon se replie sur lui-même en sifflant.

Le Gouverneur en profite, s'approche Merle se tait et recule, James y reconnait là une marque de soumission de quelqu'un qui se sait plus faible que lui le Gouverneur est véritablement le seul chef, et cela l'ennuie. Quelque chose est différent, James sent de la peur. C'est donc bien toi, James Ceara. La forme s'avance enfin, présente son visage à la faible lumière de la lampe. Un instant, il se demande comment cela est possible, alors il tourne son regard vers celle-ci, qui s'avère être une bougie. Et ça… Murmura-t-il en essayant de reconnaitre ce nouveau visage, une tête blonde aux yeux bleus. Une jolie femme, qui avait l'air fatigué et malade. Elle était cependant en meilleur état que lui, ce qu'il jugea déloyal : le terrain était trop hostile et étranger pour quelqu'un comme lui. C'est qui ? La femme, étrangement, ouvrit la bouche dans l'espoir d'ajouter une quelconque parole, qui mourut dans sa gorge. Des vertiges, des bourdonnements au creux de ses oreilles, tout cela l'assomme il gémit, tente d'attraper la main de Merle, mais il l'a raté, ne la rencontre pas. Et quand il baisse ses yeux, avant de sombrer dans l'inconscience, il comprend celle-ci n'est pas là.

A présent, bien réveillé et au mieux de sa forme, il pouvait enfin y voir clair. La femme n'était autre qu'Andréa, une voyageuse que Merle avait rencontré au début de la fin du monde. Ils s'étaient séparés sur un toit à Atlanta, et ne s'étaient pas recroisés depuis l'hélicoptère. Elle avait changé de chambre pour venir dans la sienne, étant la seule à être la plus mobile ainsi, James découvrit Woodbury à travers les mots de la blonde. Du moins, la première semaine –ensuite, il avait beuglé pour qu'on le laisse marcher.

Une autre femme, encore plus amochée que lui, et dans le coma. Michonne, selon Andréa : les deux auraient passés l'hiver en pleine forêt, dans une petite maison. Sur le coup, James n'avait pas fait le lien entre la maison et lui, qu'elles avaient élu domicile dans son ancienne maison. Michonne avait veillé sur Andréa après leur rencontre, et le Gouverneur, en bon samaritain, jura de la laisser en vie le temps qu'il faudra avant son réveil. Elle avait subi un énorme choc à la tête, mais avait toutes les chances de s'en remettre.

La priorité, c'était de retrouver les autres. Brayne avait certainement dû regagner la prison depuis, et qui sait quel drame il avait bien pu produire : James se souvenait encore du sang qui sortait à grands flots du corps de son cousin.

Mais le Gouverneur gardait un œil sur lui, à son déplaisir il n'avait rien dit à propos du groupe de Rick ou de la prison, il n'aimait pas cet homme trop surfait pour être honnête. Pourtant, il avait été questionné à longueur de journée, pressé de toutes parts pour qu'il raconte son histoire. Merle en premier, dans l'espoir de retrouver Daryl il lui avait simplement dit qu'il était en vie, mais qu'il ne se souvenait pas d'où il était. Une amnésie. Voilà comment il justifiait les trous de son passé seulement, le Gouverneur n'était pas dupe. Viendra un jour où James ne pourra plus se cacher.

Pour l'instant, il se contente de saluer les passants, souriant d'un air candide, un sabre rangé dans le dos. Il est à Michonne, mais vu qu'elle est alitée et inconsciente, James n'eut aucun mal à le récupérer. Il aimait jouer avec et le manier, cela amusait Martinez. Et puis, pour les raids extérieurs, c'était quand même bien utile et il attendait cette sortie depuis déjà bien trop longtemps. Il s'entraînait en vue de sa première sortie, le Gouverneur l'ayant naturellement placé avec son parrain mais il en profitait aussi dans l'optique d'une éventuelle fuite, au cas où les choses tourneraient mal –une chose à laquelle il s'était habitué.

Il arriva enfin au numéro 34, et il gravit les trois marches qui menaient à la porte. L'appartement est au deuxième étage, qu'il monte avec souplesse, étonné de sa rémission quasi-prodigieuse. La balle avait pourtant fait des dégâts importants, mais il n'est même pas fatigué arrivé en haut. Il posa une main sur sa poitrine, compta les battements de son cœur : il était calme, pulsait sans effort.

Quelque chose a changé en James. Il sent un truc étrange envahir ses veines –probablement était-il devenu un homme.

Mais il n'a plus le temps d'y réfléchir plus, la porte devant lui s'ouvre, le faisant sursauter. Andréa le regarde d'un air goguenarde, heureuse de lui avoir fait peur.

« Je t'entends arriver à des kilomètres, tu sais. On dirait un hippopotame ! »

« Oh, la ferme, femme ! »

Elle n'a pas le temps de répliquer qu'il l'embrasse déjà, serrant ses hanches contre les siennes. Elle sourit et l'entraîne à l'intérieur, répondant à son baiser, tandis qu'il grogne. Ses mains tentent de passer sous son tee-shirt, mais Andréa se recule, malgré son gémissement contrarié.

« Il fallait que je te dise… »

« Andy ! Amène-moi ce sale petit merdeux voleur de sabre tout de suite ! »

La blonde rit, alors que James leva les yeux au ciel.

« Evidemment », gronda-t-il dans l'oreille de sa partenaire. « Fallait qu'elle se réveille maintenant, la Samouraï. »

« En réalité, cela fait cinq heures qu'elle a ouvert les yeux. Mais je t'en prie, passe devant ! »

Le garçon jure mais s'exécute, pas réellement surpris : Michonne avaient commencé à montrer des signes de réveils ces derniers jours, et il savait la jeune femme trop coriace pour se faire avoir par un simple traumatisme crânien.

Pas comme Tek.

« Te voilà enfin. » La Noire la fixe avec méfiance d'un air supérieur, mais il lui sourit malicieusement, le sabre bien visible dans le dos, traversant la porte. Andréa vient s'assoir sur le lit, véritablement heureuse et soulagée, échangeant des regards complices avec son amant.

« Salut, Michonne. »

Elle hocha légèrement la tête, plus sérieuse, fixant son arme avec avidité.

« Ouais, j'ai ton sabre », dit-il « mais c'est cool, je te le rendrai quand tu seras en mesure de l'utiliser. »

« Je le veux maintenant ! »

« Et t'en f'ras quoi ? »

Elle le fusilla du regard mais ne pipa mot, se savant en position de faiblesse. Dehors, des rires d'enfants emplissaient les rues accompagnés d'odeurs de viande grillée, un sacré changement pour le survivant qu'il était. James haïssait Woodbury les gens faisaient tous comme si tout allait bien, la plupart croyaient encore que les secours viendront un jour et surtout, tous vénéraient le Gouverneur aveuglément.

« Allez, Michonne, laisse-lui le sabre le temps que tu te rétablisses. » la taquina gentiment Andréa, souriant largement.

« Prends pas son parti, toi ! »

« Tu as vu le Doc, au fait ? » Demanda James pour changer de sujet.

« Ouais, cet imbécile a pas été fichu d'me laisser sortir de c'putain d'lit. »

« Elle a voulu se lever, mais elle est tombée », rectifia Andréa. « Elle a réessayé deux fois puis a fini par comprendre qu'elle était trop faible. »

La Noire darda son regard le plus noir sur son amie, mais celle-ci haussa les épaules avec innocence, faisant rire James.

« Très bien, petit tas de testostérone boutonneux » grogna-t-elle. « Tu veux mon sabre ? Moi je veux des yeux et des jambes pour savoir où on est tombés. »

« Michonne, je t'assure que c'est l'endroit parfait, ici ! »

« Parfait ? » reprit James en haussant un sourcil. « Je le trouve bien secret, ce Gouverneur. Et il se prend pour qui, à pas vouloir dire son nom ? »

« On a un toit et de la nourriture gratuitement, James ! »

« Pour une femme qui a vécu tout l'hiver dans la foret, je te trouve bien naïve de croire qu'il y a encore quelque chose de gratuit dans ce monde. »

« Pardon ? » Gronda la blonde en plissant les paupières.

« Hé, hé, on se calme ! » Tempéra Michonne. Elle soupira, épuisée, et grimaça en sentant son crâne la chauffer. Elle avait une énorme bosse sous ses dread, et elle devait rester allongée une bonne semaine. « Pas besoin de s'entretuer, les Rôdeurs le font très bien pour nous. »

« Je vais bientôt pouvoir sortir, pour trouver des vivres. J'pourrais voir les rapports qu'ils entretiennent entre eux, le fonctionnement du groupe, les réactions qu'ils ont en descendant des Rôdeurs. Tout ce que j'peux te dire sur cette ville, c'est qu'tout le monde est heureux et vante les mérites du Gouverneur. En somme, la parfaite petite communauté. »

« Et ton parrain, Merle ? Il n'pourrait pas t'informer ? »

« Justement, il le fait pas, et c'est ça qui me gênes. D'habitude, il est intarissable sur ses exploits, aussi minimes soient-ils : ici, il est le bras droit du chef. Et pas une fois il ne m'a raconté comment il y était parvenu. J'n'ai pas l'droit de m'aventurer dehors, et j'suis rarement seul quand j'me ballade. J'sens qu'ils gardent un œil sur moi.»

« C'est normal, ils ne nous connaissent pas ! »

« Et nous non plus, Andréa ! »

La blonde grogna de rage en levant les yeux au ciel, excédée. Ils se turent un instant, chacun perdu dans ses pensées, l'ambiance lourde et pesante. James soupira, puis vint caresser brièvement l'épaule de la blonde, qui accepta ses excuses avec un petit sourire.

« On est invités chez le Gouverneur pour déjeuner », informa-t-il. « Faudrait pas qu'on soit en retard, hein ? »

« C'est vraiment étrange d'entendre ça. » Michonne soupira à son tour et attrapa le sachet de bonbon sur la commode, l'ouvrant rageusement avant d'engloutir une dizaine de Jolly Rancher, mastiquant avec beaucoup de bruits, affable, faisant ricaner Andréa.

« Ne vous occupez pas de moi, hein, je n'mourrais pas de faim pendant que vous festoyez au palais présidentiel. » Geignit-elle en faisant la moue.

« On t'apportera les restes, si tu veux ! »

« Sors de cette chambre, abruti. »

James ricana et obéit, vite suivi d'Andréa.

« Je l'aime bien », l'informa-t-il en descendant les marches, faisant le plus de bruit possible.