Le sommeil d'Édesse avait été très agité. Elle n'avait cessé de faire des cauchemars peuplés de terrifiantes créatures dès que ses yeux s'étaient fermés. Le nombre d'heures qu'elle avait réussi à dormir pouvait se compter sur les doigts d'une seule main. Au petit matin, alors que Gandalf donnait l'ordre à tous de se lever, la jeune fille avait d'immenses cernes noirs sous les yeux. Son corps entier était ankylosé après avoir passé une nuit sur le sol de terre battue jonchée de petits cailloux qui n'hésitaient pas à rentrer dans les moindres recoins. Édesse bailla longuement avant de plier sa couverture couverte de la rosée du matin et de la mettre dans son sac de voyage. Elle enfila son coton-ouaté par-dessus ses vêtements de la veille avant d'aller rejoindre le groupe qui commençait à s'activer doucement. Après son interlocution désagréable avec l'elfe de la Forêt Noire, elle s'était éloignée et avait passé le restant de la soirée à l'écart des autres désirant être seule.

« Aaaaaaaahhhh ! s'écria soudainement Pippin qui bondissait sur ses petites jambes. Édesse ! Tu fais peur à voir ! »

« Voyons Pippin, s'offusqua Merry. Quand apprendras-tu les bonnes manières ? »

La jeune fille haussa un sourcil en signe d'interrogation alors que Gimli lui tendait sa cuillère afin qu'elle puisse examiner son reflet dedans. Édesse la prit et regarda son reflet sur le dos de la cuillère. Cette dernière lui renvoya l'image d'un zombi avec les cheveux digne d'un nid de sorcière.

« Le portrait craché d'un orque, renchérit le nain dans sa barbe. »

Édesse lui rendit l'ustensile avant d'éclater de rire. Un rire qu'on pourrait qualifier d'hystérique. Les hobbits et le nain lui jetèrent un coup d'œil perplexe soucieux de la santé mentale de l'elfe noire. Cette dernière riait tellement qu'elle en avait les larmes aux yeux. Ses côtes lui faisaient mal alors que sa cage thoracique ne cessait de se soulever pour essayer de faire passer de l'air.

« Calme-toi Édesse, lui conseilla gentiment Aragorn. »

Elle le regarda alors que son rire redoublait d'intensité. Elle finit par se calmer quelques minutes plus après.

« Ça fait tellement du bien de rire, finit-elle par dire en s'essuyant les yeux. Merci pour tout Pippin. »

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« Il nous faudra prendre à l'Ouest des Monts Brumeux pendant quarante jours. Si la chance est avec nous, la trouée du Rohan nous sera ouverte. Et là nous prendrons à l'Est vers le Mordor, annonça solennellement le magicien gris alors que la communauté prenait place dans une clairière le temps de manger quelque chose pour reprendre des forces. »

« Tant que ça ? s'étonna Sam alors qu'il déchargeait les batteries de cuisine du dos de Bill pour préparer quelque chose à manger. »

« Vos pieds sentent le Mordor, disait Boromir à Édesse. »

Pour toute réponse, elle lui tira la langue.

« Je suis sérieux ! Vous allez tous nous empoisonner ! »

« Vous êtes rabat-joie Boromir, déclara-t-elle. Fermez-là ! Les hobbits marchent bien les pieds à l'air. »

Édesse avait marché l'avant-midi au complet les pieds nus. Ces derniers avaient trop d'ampoules et de lésions pour pouvoir être mis dans ses bottes ou ses espadrilles. Ils étaient à présent noirs et sales.

« Oui, mais eux ils n'ont pas les pieds qui sentent le fromage à des kilomètres à la ronde ! »

« Personne n'est parfait dans la vie et vous êtes le premier au sommet de la liste, déclara la jeune fille. »

L'homme du Gondor râla un bon coup avant de prendre ses distances avec l'elfe noire alors que cette dernière alla donner un coup de main à Sam pour faire un feu. Au bout de quelques minutes, les morceaux de bois s'enflammèrent pour créer une flamme qui servirait à faire cuire les restants de la veille. Pendant ce temps, Boromir avait décidé que Merry et Pippin devaient apprendre à faire usage d'une lame afin de pouvoir se défendre quand le moment serait venu. Aragorn avait pris place sur un rocher en train de fumer sa pipe afin de donner des commentaires constructifs.

« Vous vous sentez bien Frodon ? demanda la jeune fille au hobbit légèrement en retrait. »

« Je ne sais pas comment vous faites. Votre chez-soi ne vous manque pas ? »

« Évidement que mon monde me manque, marmonna-t-elle. J'essaie seulement d'y penser le moins souvent possible. Aujourd'hui, je n'arrive même plus à me souvenir du visage de mes parents. Tous les souvenirs que j'avais d'eux se sont effacés. Il ne me reste plus rien. »

« Vous vous souvenez plus de votre famille ? »

« Seulement quelques ombres et l'odeur au jasmin de ma mère. Vous savez Frodon, j'avais tout pour être heureuse et l'on m'a tout prit. J'avais même reçu ma lettre de l'université. »

« Uni… machin quoi ? »

« Un endroit où des gens étudient dans quelque chose qu'ils aiment. »

Gimli qui était non loin d'eux laissa échapper un pet bruyant.

« Vous maîtrisez l'art de briser les bons moments maître nain. »

« C'était le vent, répliqua-t-il. »

« Et vous avez de piètres excuses. »

« Bouger un peu plus vos pieds ! déclara soudainement Aragorn aux deux hobbits qui avaient décidé de prendre d'assaut l'homme du Gondor qui s'effondra comme un vulgaire sac de pommes de terre sur le sol. »

« Qu'est-ce que c'est ? questionna Sam en observant le ciel. »

Une masse noire dans le ciel était visible à l'horizon.

« C'est rien, dit Gimli. Seulement un petit nuage. »

« Qui avance vite et contre le vent ! rajouta Boromir. »

« Des crébains du pays de Dun ! s'écria Legolas »

« Tous a couvert ! ordonna Gandalf. »

Aussitôt dit, les membres de la communauté ramassèrent leurs affaires à la va vite avant de se cacher sous les rochers ou dans les hautes herbes. Édesse s'empressa d'éteindre le feu en y mettant de la terre avant de ramasser son sac contenant ses effets personnels avant de faire plongeon dans la végétation.

« Ouchhh ! s'exclama une voix. »

La jeune fille venait de s'écraser de tout son poids sur Legolas qui manqua d'air comme un pneu crevé. Elle plaqua sa main contre sa bouche pour le faire taire dans ses gémissements le temps que les choses dans le ciel les survolent. Quelques secondes plus tard…

« Des espions de Saroumane, déclara Gandalf. Le passage par le sud est surveillé ! Il faut passer par le col de Caradhras ! »

« Vous êtes trop lourde pour une elfe ! »

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Édesse avait pourtant une excellente condition physique, mais l'ascension du col de Caradhras était un véritable défi qui la mettait à rude épreuve. Voilà plus de trois heures qu'ils marchaient et la communauté se trouvait toujours à la base de la montagne. Vers la fin de l'après-midi, ils commencèrent à marcher dans de la neige et la température avait dangereusement chutée. Surprise, la jeune fille n'eut pas froid et ne cala pas dans la neige. Elle se rappela alors que les elfes avaient bien des avantages à ce niveau-là. Tout à coup, Frodon perdit pied avant de dévaler la montagne de quelques mètres en faisant des tonneaux dans la neige. Édesse vit qu'il porta la main à son cou avant de se rendre compte que l'anneau n'y était plus.

« C'est une étrange fatalité que nous devions éprouver tant de peur et de doute pour une si petite chose, marmonna Boromir pour lui-même alors qu'il avait ramassé ledit objet. »

La jeune elfe noire ressentit une drôle de sensation la traverser de part et d'autre lorsqu'elle regarda l'anneau pendre au bout de la chaîne. Elle ne pouvait plus détacher son regard de l'objet comme s'il l'avait hypnotisé. Une étrange voix non humaine à faire froid dans le dos même au plus gaillard se fit entendre dans sa tête : TU ES À MOI ENFANT DE L'OMBRE COMME L'ONT ÉTÉ TES PARENTS AVANT TOI. SI TU ME REJOINS JE TE PROMETS DE FAIRE DE TOI LA DIGNE SUCCÉSSEURE DE TA CHÈRE MÈRE. SINON, JE VAIS FAIRE LA MÊME CHOSE QUE J'AI FAITES À TON PÈRE. IL EST MORT EN HURLANT COMME UNE PAUVRE BÊTE !

Édesse se mit à hurler alors que la voix exerçait une pression sur son cerveau comme s'il voulait le faire éclater en mille morceaux. L'elfe se laissa tomber sur le sol en se tenant les deux oreilles qui commençaient à saigner.

« ÉDESSE ! s'écria Aragorn en se précipitant vers son amie qui se tordait de douleur dans la neige. »

Dès que Frodon eut remis l'anneau à son cou, la douleur disparut aussi vite qu'elle n'était apparue.

« Dis quelque chose ! ordonna le rôdeur. »

« Ça…v…va. »

Le sang avait cessé de s'écouler de ses oreilles et le blanc de ses yeux avaient viré au rouge vif comme si les veines de ses yeux avaient explosées.

« Que s'est-il passé Gandalf ? souffla-t-elle à l'intention du magicien gris qui la regardait d'un air sombre. »

« Je l'ignore, répondit-il avant de reprendre l'ascension. »

Les hobbits regardèrent l'elfe noire avec une expression de crainte avant de prendre une certaine distance avec elle. Le rôdeur aida son amie à se remettre sur ses jambes avant de passer l'un de ses bras autour de ses épaules pour l'aider à continuer le chemin. Legolas souhaita prendre le deuxième bras de la jeune fille pour faire de même, mais Édesse le repoussa.

« Que s'est-il passé Édesse ? questionna Aragorn à la jeune elfe qui avait de la difficulté à avancer. »

« Rien du tout, mentit-elle. »

« Ne me ment pas. »

« Une voix était dans ma tête, commença-t-elle à expliquer alors que son faciès exprimait de la peur à l'état pur. Elle ma murmurée des choses. Et, soudainement,… j'ai eu mal. Très mal comme si quelqu'un m'arrachait les viscères à mains nues. »

« J'entends une voix sinistre dans les airs, déclara Legolas. »

« Ce n'est pas le moment, le rabroua le rôdeur. »

« C'EST SAROUMANE ! s'écria le magicien gris alors qu'une avalanche de neige se mit à tomber sur la communauté qui se retrouva bien vite ensevelit de la tête au pied. »

Tous les membres réussirent à se dégager des décombres et ils conclurent rapidement qu'ils devaient passer par un autre chemin s'ils voulaient rester en vie.

« Nous passerons par les mines, affirma alors Frodon. »

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« Les murs de la Moria, disait Gimli alors que la communauté venait d'arriver à destination. Les portes des Nains sont invisibles lorsqu'elles sont closes. »

Édesse prit place contre la paroi de ces murs. Elle avait besoin de prendre du repos. Son corps en entier réclamait quelques heures de sommeil. Alors que Gandalf essayait maintes incantations pour faire ouvrir la porte, la jeune fille sentit ses paupières devenir lourdes. Alors qu'elle sentait sa tête basculer sur le côté, elle eut une drôle d'impression. Quelque chose de lourd flottait dans les airs. Elle se leva pour ordonner à Pippin et à Merry de cesser leur jeu qui consistait à lancer des pierres dans les eaux sombres d'un marais proche des portes. Cette masse sombre ne lui inspirait pas confiance. Jamais elle n'irait faire une saucette rapide dans ce truc-là.

« Mellon, déclara soudainement Gandalf alors que les portes s'ouvrirent avec un bruit infernal. »

La communauté de l'anneau entra dans la mine alors que Gimli ne cessait sa jérémiade sur l'hospitalité des Nains et leur bière qui était si exceptionnelle.

« Ce n'est pas une mine, souffla Boromir. C'est un tombeau. »

Édesse buta contre quelque chose de dure qui se trouvait sur le sol. Elle vit alors qu'il s'agissait d'un crâne portant encore son casque de soldat. La chaire était en train de se décomposer répandant une odeur fétide dans l'atmosphère.

« NON ! hurlait Gimli en apercevant les cadavres d'une vingtaine de nains jonchés sur le sol. »

« Des gobelins, s'exclama Legolas en observant l'une des flèches qui était plantée dans l'un des corps. »

« Nous n'aurions jamais dû venir ici ! déclara Boromir. »

« Partons ! s'exclama Édesse en faisant vite demi-tour pour sortir de cet endroit digne d'un film d'horreur des plus terrifiants. »

Elle sentit alors tel un serpent, quelque chose s'enrouler autour de sa jambe gauche avant de la tirer par en avant de toutes ses forces. L'elfe noire se mit à hurler de toutes ses forces en voyant que la chose provenait directement du marais. Elle tenta de se retenir contre les parois de la porte en pierre, mais en vain. Elle fut tirée sur la berge par le tentacule qui souhaitait probablement la manger tout crue. Sortant le poignard qu'elle avait d'accroché à sa ceinture, elle le planta directement dans le tentacule qui lâcha prise aussitôt. Legolas l'aida à se remettre sur ses jambes alors que Boromir et Aragorn s'acharnaient pour couper les tentacules qui retenaient Frodon prisonnier. C'est avec horreur qu'elle vit le monstre ouvrit la gueule et le pauvre hobbit, la tête en bas, se rapprocher dangereusement du gosier. Sautant dans l'eau froide, elle dégaina son épée de son fourreau avant de s'acharner à couper les tentacules de la chose qui bougeaient dans tous les sens. Boromir parvint enfin à délivrer le hobbit qui tomba dans les bras de l'homme du Gondor alors que Gandalf ordonnait à tous de rentrer dans les mines pour être en sécurité. La jeune fille courut aussi vite qu'elle pue avant de plonger tête première dans la mine alors qu'au même moment il y avait un éboulement de pierres qui en une dizaine de secondes avaient obstrué l'entré.

« Nous n'avons plus le choix désormais. Il nous faut affronter les ténèbres de la Moria. Soyez sur vos gardes. Il y a des êtres plus anciens et plus répugnants que les orques. Ne faites pas de bruits. Il nous faudra quatre jours de marche pour atteindre l'autre côté. »

Édesse n'aimait déjà pas être confinée dans un endroit en particulier alors être obligée de marcher dans une mine pendant plus d'un jour était inimaginable. Elle avait l'impression d'étouffer intérieurement.

« Les elfes n'aiment pas être sous terre, l'informa Legolas. »

« Merci du conseil, répliqua-t-elle sarcastiquement. Je vais essayer de l'appliquer la prochaine fois que je vais partir en expédition dans ce même genre d'endroit. »

Et là, ils marchèrent longtemps. Seul la lumière du magicien gris au bout de son bâton offrait un peu d'éclairage. À un moment donné, Gandalf hésita longuement sur quel chemin prendre entre les trois qui lui étaient offerts.

« Dans le doute, Meriadoc, il faut toujours suivre son flair. Risquons- nous a faire un peu de lumière. Regardez ! Le grand royaume de la cité des Nains de Cavenain. »

Édesse était bouche bée devant l'architecture des Nains qui se voulait être majestueuse et imposante. Une petite salle sur la gauche attira l'attention de Gimli qui s'y rendit avant de se rendre compte qu'il s'agissait d'une tombe.

« Gît-ci Balin, fils de Fundin, seigneur de la Moria, lu Gandalf sur le bloc de pierre. Il est mort. C'est ce que je craignais. »

La jeune fille déposa une main compatissante sur l'épaule du Nain qui pleurait à chaude larme. Soudainement, un bruit sourd et grave se fit entendre. Ce dernier était rythmé et semblait provenir dans un endroit lointain. Ça ne me dit rien qui vaille.

« Des orques ! s'exclama Legolas »

« Il faut barricader la porte ! s'écria l'elfe noire avant de se précipiter vers les portes pour les refermer. »

Boromir et elle se chargèrent de les bloquer avec tout ce qui était à portée de main comme des lances, etc.

« Reculez ! ordonna Aragorn aux hobbits et à l'elfe noir. Restez près de Gandalf ! »

« Je suis capable de me battre, protesta la jeune fille en se défaisant de la prise que le rôdeur avait sur son bras. »

« Tu n'es pas en état de combattre, lui reprocha-t-il. »

« Lâche-moi ! »

Au même moment, la porte tomba sur le sol après maints assauts qui eurent pour effet de la faire sortir de ses gonds. Une masse d'orques au visage hideux envahirent la pièce en poussant des cris de guerre. Édesse évita l'attaque de l'un d'entre eux avant de lui planter son épée en plein dans la gorge. Du sang noir gicla un peu partout. Elle fit la même chose avec un autre et puis un autre. Les orques n'avaient aucune technique de combat. Ils chargeaient ici et là, en fait n'importe comment. Les hobbits se défendaient du mieux qu'ils le pouvaient. Sam avait alors découvert qu'il avait toute une main pour manier la poêle. La jeune fille coupa la tête d'un orque avant de rentrer sa lame dans l'abdomen d'un autre. Un coup sourd entre les omoplates la fit tomber sur le ventre. L'elfe noire se retourna vivement pour voir son agresseur lever son épée tranchante en direction de son visage. Il n'eut pas le temps de l'abaisser sur sa cible qu'une flèche se figea plus rapide que l'éclair dans son crâne. Il tomba aussitôt à la renverse. Édesse jeta un coup d'œil autour d'elle pour voir son sauveur et vit qu'il s'agissait de l'elfe qui avait repris immédiatement le combat.

« ILS ONT UN TROLL DES CAVERNES ! hurla Boromir. »

La bête fit interruption dans la pièce en brandissant une gigantesque masse qui pouvait aplatir n'importe qui. Édesse porta un nouveau coup à un autre orque avant de s'acharner sur lui. Même s'il était déjà mort, elle lui planta son épée au moins une dizaine de fois jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'une chose sanguinolente. En poussant un cri de rage, elle se précipita vers le troll pour lui donna un coup, mais ce dernier avec sa masse l'envoya valser contre l'un des murs. Légèrement assommée, elle se releva cherchant son épée lorsqu'un gobelin (tout aussi laid comme créature) sauta sur elle en lui administrant un coup en plein visage avec le dos de son arme. Une vive douleur parcourut l'ensemble de son être alors qu'elle sentait un liquide chaud sortir de son nez qui devait être cassé. Avec un coup de pied bien placé, elle fit tomber son agresseur sur le sol avant de sauter sur lui pour mettre ses mains autour de son cou avant de serer aussi fort qu'elle le pouvait.

« Il est mort, lui dit Boromir. IL EST MORT ! »

Sursautant, la jeune fille lâcha prise. Sans se rendre compte, la bataille était terminée. Legolas avait réussi à triompher du troll qui reposait désormais sur le sol. Elle vit alors le restant des membres de la communauté entouré le corps de Frodon qui reposait sur le sol, une lance plantée dans sa personne. Le sang d'Édesse ne fit qu'un tour dans ses veines. Elle se précipita au chevet du hobbit pour voir les dommages.

« Oh non, marmonnait-elle pour elle-même. Frodon ? »

Le semi homme bougea légèrement avant de se redresser comme si rien ne lui était arrivé.

« Mais… demanda Édesse qui ne puis finir sa phrase tant elle était abasourdie.

« Je vais bien, je n'ai rien, disait-il. »

« Vous devriez être mort, expliqua Aragorn. Cette lance transpercerait un sanglier. »

Le hobbit montra alors à tous qu'il avait revêtu une chemise de mithril le protégeant des coups de lames. Un rugissement sonore fit trembler les murs de la pièce.

« Au pont de Khazad-Dûm ! s'exclama Gandalf. Fuyons ! »

« Quel est ce nouveau maléfice ? demanda Boromir. »

« Un Balrog. Un démon de l'ancien monde. Cet adversaire est plus fort que vous, expliqua le magicien gris. Courrez ! »

Les membres de la communauté se mirent aussitôt à courir. Édesse, grâce à son athlétisme, les dépassa rapidement. Elle pouvait sentir le Balrog qui se rapprochait à vive allure. Elle n'avait jamais eu aussi peur de toute sa vie. Courant à en perdre haleine elle sauta par-dessus un trou qu'un gros rocher avait causé dans l'escalier. Elle glissa de l'autre côté sur les genoux avant de se relever difficilement. L'elfe noire avait mal partout. Un à un, tous sautèrent par-dessus l'immense trou, mais au tour d'Aragorn et de Frodon, l'escalier se brisa et ces derniers sautèrent de justesse de l'autre côté. Ils reprirent la course jusqu'au pont.

« Où est Gandalf ? demanda alors Sam. »

Édesse se retourna et vit alors le magicien gris qui se trouvait au milieu du pont en essayant de repousser le monstre.

« GANDALF ! s'écria-t-elle en se précipitant de nouveau sur le pont pour venir en aide au vieil homme. »

« ÉDESSE ! hurlèrent Boromir et Aragorn. »

« VOUS NE PASSEREZ PAS ! »

Lorsque le bâton du magicien frappa le sol, la jeune fille tomba à la renverse alors qu'une vive lumière l'aveugla momentanément.

« ALLEZ-VOUS EN ! ordonna-t-il à l'elfe noire qui s'obstinait à rester sur place. »

Le pont se mit soudainement à trembler alors que la portion du pont où se trouvait le Balrog se brisa, entraînant le monstre dans les profondeurs de la Moria. Alors qu'Édesse pensait que tout était finis, le long fouet du Balrog s'enroula autour de la cheville du magicien gris qui tomba sur le ventre avant de se retrouver balançant dans le vide. L'elfe noire lui attrapa les mains pour le tirer de nouveau sur le pont, mais le poids de l'homme la fit glisser dangereusement. Elle pouvait entendre les cris des membres de la communauté de l'autre côté.

« Fuyez pauvre fou, dit-il avant de lâcher les mains de la jeune fille et de se laisser tomber à la suite du Balrog. »

Édesse resta ainsi à regard le trou noir jusqu'à ce qu'une poigne ferme l'oblige à se relever. La jeune fille protesta en criant telle une déchaînée. Elle voulait rester sur le pont espérant qu'une flèche de gobelin voudrait bien l'atteindre et la tuer. Elle n'avait pas réussi à sauver le vieil homme. Elle méritait de mourir. Le restant de la communauté réussi à sortir de ces mines de malheur. Le vent fouetta le visage en larmes d'Édesse alors que Boromir la prenait dans ses bras pour la réconforter.

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Un nouveau chapitre qui se termine ! Espérant que vous l'avez aimé ! Laissez-moi vos commentaires à la prochaine xxx