Annonce : Tout l'univers de Twilight et ses personnages appartiennent à Stephenie Meyer.
Note de la traductrice : Hello à vous ! Ca fait genre 2 ans que je n'avais pas repris la traduction de cette fic', et j'ai vu que vous étiez quand même nombreux à suivre mon histoire malgré tout. Du coup, ça m'a donné envie de reprendre, malgré le boulot etc… Et voilà enfin le chapitre 10 ! Bonne lecture :)
Chapitre 10
- Point de vue Bella –
« Le petit oiseau va sortir ! » chanta Alice.
Je levai les yeux par curiosité de mon bol de céréales. Edward et moi déjeunions dans le calme, n'ayant vu personne en descendant les escaliers.
Maintenant, Alice dansait dans la cuisine, piquant un toast dans l'assiette d'Edward. Esmé la suivait et nous sourit.
« Bonjour, Bella. » me salua-t-elle.
Je souris.
« Bonjour. »
Edward s'éclaircit la gorge exagérément.
« Oh, désolée mon chéri. » caqueta Esmé. « Bonjour Edward. »
« Salut m'man. »
Il m'envoya un regard exaspéré, et fit la moue.
« Elle te préfère à moi. » me taquina-t-il.
Je pouffai et haussai les épaules, sans tenter de le contredire.
« Vous ne voulez pas savoir ce qu'on fait aujourd'hui ? » demanda Alice, toute excitée.
« Des photos ? »
Edward fronça les sourcils tandis que sa sœur volait un autre toast.
« Tu ne peux pas te faire les tiens ? » grogna-t-il.
« Tu n'y penses pas ? » lui dit-elle d'un air dédaigneux.
Il roula des yeux vers moi, et je ne puis m'empêcher de rire.
« Donc ! » reprit Alice, revenant au sujet principal. « Maman et moi étions en train de nous dire qu'on n'avait fait aucune photo de famille depuis un moment. »
Elle me regarda et sourit.
« Et aucune depuis que Bella nous a rejoints. »
« Du coup, » continua Esmé, « On a appelé le photographe, et avons pris rendez-vous pour quatorze heures. »
Je plongeai mon visage dans mon bol de céréales. Je détestais les photos de moi. Je m'en fichais de les prendre, mais j'avais absolument horreur de me tenir en face de l'appareil. Et je m'effarais intérieurement à l'idée de poser avec tous les Cullen, mon apparence modeste contrastant avec leur exquise beauté.
Non, je ne m'attendais pas à poser avec eux, même si une part de moi était fière et heureuse qu'ils me veuillent dans leur clan. Ou à priori, sur leurs photos.
« Ça va être trop cool ! » proclama Alice.
J'esquissai un faible sourire, pensant toujours que ce n'était pas une bonne idée.
« Ce serait bien d'avoir une photo récente de notre famille au complet. » appuya Esmé, gaiement.
« Je vais appeler Jazzy ! » dit Alice, tous sourires, en s'échappant par la porte.
Esmé pouffa en la voyant partir.
« Et je vais appeler Rosalie et Emmett tout de suite, comme ça ils pourront être à l'heure. »
Elle nous sourit une fois de plus, avant de suivre les pas de sa fille.
« Rappelez-vous. » dit-elle par-dessus son épaule. « Quatorze heures. »
Je soupirai, me tenant le nez, avant de voir qu'Edward me regardait d'un air calculateur.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? » demanda-t-il.
« Rien de spécial. » lâchai-je. « Je n'aime juste vraiment pas être prise en photo. »
Et c'était un euphémisme !
« Ah. D'accord. » dit Edward, l'air de comprendre soudain. « J'avais oublié. Miss Bella déteste être le centre de l'attention. »
« Est-ce que vous auriez un tabouret pour Miss Cullen ? » demanda vivement le photographe.
Emmett pouffa, Alice lui jeta un regard noir, et l'assistant du photographe se dépêcha de trouver un tabouret.
Je me trémoussais, mal à l'aise.
Carlisle et Esmé étaient assis sur une causeuse noire, habillés de blanc. Esmé ressemblait à un ange, en portant une robe blanche aérienne, ses cheveux couleur caramel retombant doucement sur ses épaules. Carlisle la serrait contre lui.
Emmett se tenait debout derrière le siège, à la droite de Carlisle, ses bras autour de Rosalie qui portait une courte robe noire. On était tous en noir d'ailleurs, quelque chose comme « il faut distinguer les père et mère ».
Même la petite Abby portait un sweat noir avec un jean sombre, son visage rayonnant tourné vers l'appareil. Des superbes bouclettes étaient retenues en arrière par un fin ruban noir.
Alice et Jasper étaient aussi derrière la causeuse, à la gauche d'Esmé. Alice regardait le photographe de travers tandis qu'il se démenait pour la faire tenir sur le tabouret, ce qui la rendait un peu trop grande. Je n'étais pas sûre que ça aidait beaucoup, pensant que les filles Cullen aimaient les hommes grands. Jasper n'était pas aussi grand qu'Emmett, mais il faisait à peu près la taille d'Edward.
Jasper la regarda, les sourcils froncés, comme si leurs humeurs étaient contagieuses, et il ne put pas l'aider avec son expression. Il se pencha en avant, et lui murmura quelque chose à l'oreille. Elle rougit mais son expression se dérida. Il l'embrassa sur la joue, puis s'éloigna légèrement d'elle, lui souriant. Elle eut l'air de vouloir se retenir de sourire, sans grand succès.
Il pouffa, et d'un geste, il la souleva pour la poser pile sur le tabouret. Elle eut un cri de surprise, puis rit également. Les bras de Jasper la retenaient toujours, et elle se mit sur la pointe des pieds pour lui faire un baiser sur la joue.
Je ne savais pas comment elle avait réussi cette prouesse, car je passais un moment difficile, restant debout avec ces satanées bottes qu'elle m'avait fait porter.
Je portais un jean sombre délavé et un pull noir. Oui, je portais à peu près la même chose qu'Abby, mises à part ces hautes cuissardes noires. Mais c'était aussi ce que je préférais porter.
Enfin, j'étais moyennement contente de ce que j'avais, parce que j'étais quelque peu embarrassée. Pas seulement parce que les gens qui posaient autour de moi ressemblaient à des modèles posant pour des pubs pour les cheveux, mais aussi parce que c'étaient des couples qui étaient follement amoureux.
J'étais convaincue que même si les bras d'Edward étaient autour de moi, et qu'il m'embrassait le front, la comparaison paraîtrait malheureusement évidente.
Ça ne m'aidait pas, mais je pensais à ce que deviendrait ce portait de famille quand notre mission serait terminée. Je retournerais chez moi, et ne verrais plus jamais Edward. Et il ferait… quoi ? Il dirait que nous avions divorcé. Seraient-ils heureux ? Soulagés ? Et il pourrait enfin être libre de trouver une femme qui lui conviendrait mieux. Il le méritait, d'être vraiment amoureux, d'avoir ce que ses proches avaient. Mais la pensée d'Edward étant avec quelqu'un d'autre faisait battre mon cœur douloureusement, et je dus fermer les yeux, essayant de contenir mon émotion.
« Bella ? » m'appela le photographe. « On dirait que vous souffrez. »
Edward se tourna vers moi, je me retrouvai donc directement face à lui.
« Est-ce que ça va ? » me demanda-t-il, soucieux.
Je secouai la tête, essayant de sourire.
« Ça va. » répondis-je. « Juste un léger mal de tête. »
Il ne parut pas convaincu, me regardant encore intensément. Il me regardait comme ça depuis mon épanchement d'hier. Comme si, s'il me quittait des yeux rien qu'un instant, je repartirais dans mes angoisses immédiatement.
Je tentai de sourire plus gaiement, mais je n'étais pas sûre du résultat.
« On a la photo de groupe de toute façon. » conclut le photographe. « Passons aux photos de couple ».
Photos de couple ? Et crotte.
« Yeah ! » s'exclama Alice. « On y va en premier ! »
Esmé se retourna sur la banquette.
« Est-ce que ça va, chérie ? » me demanda-t-elle, inquiète.
Je souris franchement cette fois-ci, touchée par son geste.
« Juste un petit mal de tête. » la rassurai-je. « Ca va aller. »
« C'est peut-être le flash de l'appareil. » avança-t-elle. « Pourquoi n'irais-tu pas t'asseoir le temps que ce soit votre tour, à Edward et à toi ? »
J'acquiesçai, surtout pour m'éloigner de la lumière aveuglante, et allai m'asseoir sur une chaise un peu à l'écart.
« Nous allons devoir être convaincants. » murmura Edward, en me tendant un verre d'eau. Je pris le verre avec gratitude et hochai la tête.
« Espérons que je sois meilleure actrice que nous le pensons. » dis-je, pensive, tandis que les autres couples se faisaient immortaliser. Ils paraissaient tous si heureux, et si amoureux. Si… à l'opposé de nous, j'en étais sûre.
« Edward ? » appela le photographe, impatient. « Bella ? »
Edward baissa le regard vers moi, comme s'il s'attendait à quelque chose. Je ne savais pas ce qu'il avait vu, mais il me tendit la main pour m'aider à me lever.
« Tout ira bien. » me murmura-t-il à l'oreille. « Il suffit d'oublier que tout le monde est là. »
Plus facile à dire qu'à faire, neuf paires d'yeux étaient fixées sur nous. Pour l'amour du ciel, même la petite de trois ans nous regardait !
« Posez juste de la façon la plus naturelle pour vous. » nous conseilla le photographe.
Je regardai Edward timidement. Quelle ironie !
Il se plaça derrière moi et entoura ma taille de son bras.
« Ok, Bella, » pensai-je. « Ce n'est pas si difficile. Il a déjà été plus proche de toi que ça. »
Mes joues s'empourprèrent au souvenir de ce matin. Il semblait que me réveiller dans les bras d'Edward était devenu comme une routine pour moi. Edward n'avait rien dit, heureusement. Je pense qu'on savait tous les deux que c'était inévitable. Mon subconscient me portait vers lui, comme s'il était un aimant. Mais on avait comme un accord tacite dont on ne parlerait pas, car ça ne ferait pas avancer les choses.
« Bella ? » m'interpela le photographe.
Edward se pencha plus près de moi, sa respiration souffletant dans mon oreille.
« Je sais que c'est étrange. » soupira-t-il. « Mais ça fait partie de la mission. »
Je ne savais pas pourquoi, mais le fait qu'il mentionne la mission me laissa un goût amer dans la bouche. Un rappel que ses bras autour de moi n'étaient là que pour les apparences.
« Ce n'est pas le moment d'être amère, Bella. » me fustigeai-je. Après tout, lui jouait son rôle.
Je me forçai à sourire et passai un bras autour de lui, posant ma tête sur son épaule. Il n'y eut pas de flash de l'appareil photo.
« Wow. » s'exclama sèchement Rosalie. « On dirait des potes de colo. »
Je ris nerveusement.
« Laisse la tranquille, Rose. » lui ordonna Edward. « Elle n'aime pas être prise en photo. »
« Peut-être serait-elle plus à l'aise si on lui laissait un peu d'espace ? » suggéra Esmé poliment.
Personne ne bougea. Edward soupira.
Il me tourna vers lui, de sorte que nous soyons face à face, et ma respiration devint saccadée.
Qu'est-ce que mon agent secret sournois et malicieux allait encore manigancer ?
Il posa ses mains sur mes épaules, maintenant le contact visuel.
Je ne pouvais pas regarder ailleurs même si j'avais essayé. Ses yeux verts flamboyaient d'intensité et de détermination.
Détermination pour faire quoi ? me demandai-je, déglutissant.
Il fit lentement descendre ses mains de mes épaules, le long de mes bras, jusqu'à capturer mes poignets. Un énorme frisson parcourut mes bras, me faisant trembler. Même le plus innocent des gestes d'Edward me faisait me sentir en feu, et court-circuitait mon cerveau.
Ses doigts formaient des menottes autour de mes poignets, et il recommença à me caresser les bras, mes mains toujours sur ses épaules. Puis il reposa ses mains sur mes hanches.
Nous restâmes à nous regarder ainsi pendant un temps incalculable.
J'entendis le « clic » de l'appareil photo, et je fus vaguement consciente du flash, mais je ne pouvais détourner le regard d'Edward. C'était comme s'il me paralysait.
Et il refusa de me relâcher, se penchant encore pour m'embrasser sur le front. Mes yeux se fermèrent, tandis que ses lèvres s'attardaient.
Il y eut un autre « clic » d'appareil photo, mais je n'en avais vraiment rien à faire.
Ses doigts se crispèrent imperceptiblement autour de ma taille, avant qu'il ne les retire si lentement que c'en était insupportable.
Je forçai mes yeux à se rouvrir, comme il se reculait. Mes mains glissèrent autour de son cou comme s'ils étaient en gelée.
Il prit une de mes mains, et on aurait dit que je le couvais.
« Je pense qu'ils ont pris leurs photos. » murmura-t-il, sa voix perceptiblement enrouée.
Je déglutis et hochai la tête, silencieusement.
Il haussa un sourcil de façon purement détournée et porta ma main à ses lèvres, embrassant chacun de mes doigts, et en se courbant élégamment, style M. Darcy.
Je crus entendre un nouveau « clic » de l'appareil, mais je n'en étais pas aussi sûre cette fois-ci.
Cet homme m'avait déjà rendue complètement folle sans même m'avoir vraiment embrassée.
Il laissa tomber ma main, et se redressa, mais il continuait à me couver du regard.
Personne ne pouvait jouer un rôle aussi bien, n'est-ce pas ?
« Ça y ressemble plus ! » s'exclama Emmett.
Rosalie pouffa de rire.
« Merci. » dit le photographe. « Nous avons de magnifiques prises. »
Je rougis, baissai les yeux. N'importe où, sauf sur Edward.
« Vous êtes vraiment photogénique quand vous vous relâchez, Mme Cullen. » déclara-t-il.
Ou quand un faux mari incroyablement sexy vous poussait à oublier les appareils photo disséminés dans la pièce. Un homme frustrant.
« Au fait. » dit Esmé, pensive. « On n'a jamais vu vos photos de mariage. »
Edward parla pour la première fois, la voix assourdie par ce qui venait de se passer.
Je ne pouvais pas l'aider, mais je repensai du coup à la façon dont il avait longuement regardé mes lèvres la veille. Est-ce que j'avais pu imaginer ça ? Ou je voyais juste ce que je voulais voir ? Ou alors, était-il possible qu'il n'était pas aussi détendu qu'il ne le montrait, qu'il était plus affecté par tout ça que je ne l'avais pensé ?
« On n'en a aucune. » répondit-il. « On a acheté un appareil jetable à Vegas, et on en a pris quelques-unes, mais on n'a jamais pu les tirer. »
« Oh mon Dieu ! » hurla Alice, comme épouvantée. « Vous n'avez aucune photo de mariage ?! »
Edward et moi échangeâmes un regard.
Bien pensé ! L'appareil photo pourri qui a ruiné nos photos de mariage, beaucoup plus crédible que la véritable histoire. Je me demandais d'ailleurs s'il l'un d'entre eux croiraient à la vraie histoire si nous leurs racontions.
Je hochai la tête.
La lèvre inférieure d'Alice trembla.
« C'est horrible. » souffla-t-elle.
Edward se passa la main dans les cheveux, regardant sa sœur. Alice se détacha de son personnage d'adulte pendant un moment, à tel point que je l'imaginais plutôt comme une petite enfant, courant vers son grand frère pour être protégée. Edward avec quelque chose de protecteur dans l'expression de son visage.
« Ne sois pas triste, Ali. » plaida-t-il. « Le photographe a dit que nous avions fait de belles photos aujourd'hui. »
J'acquiesçai, essayant de penser à quelque chose pour qu'elle se sente mieux. Je détestais voir Alice comme ça.
« C'est trop triste. » renifla-t-elle.
« Tu pourras prendre autant de photos que tu voudras à l'autre mariage. » lui promis-je.
Je regrettai mes paroles au moment même où elles sortaient de ma bouche.
Edward se retourna vivement vers moi, avec un regard interrogateur.
Je ne voulais juste pas qu'elle soit mal. Elle était peut être ma fausse belle-sœur, mais elle était une vraie amie. Je ne voulais pas le moins du monde encourager ses pensées. Je voulais juste qu'elle soit moins déçue que si je lui disais qu'il n'y avait pas du tout de mariage.
« Vraiment ? » demanda-t-elle, incrédule. Ils avaient tous vu à quel point j'hésitais à me mettre devant la caméra.
J'acquiesçai stupidement.
« Je peux ajouter une photo gratuite pour les jeunes mariés. » dit le photographe, laissant tomber le ton froid et professionnel qu'il utilisait depuis son arrivée.
Dans quoi nous étions-nous donc embarqués ?
« Une vraie pose de mariage ! » s'exclama-t-il avec charisme. « Embrassez-la. »
« Quoi ?! » nous indignions-nous, Edward et moi, au même moment.
La pièce fut subitement silencieuse, tout le monde nous interrogeant du regard.
« Eddie. » caqueta finalement Emmett. « On sait que tu es timide. »
Il papillonna des yeux d'une manière comique.
« Mais fais pas ta lavette, et embrasse-moi donc ta femme. »
Il sourit comme un petit garçon. Qui aurait pensé qu'Emmett était un romantique ?
Edward regarda autour de la pièce, comme un animal qui se rend compte qu'il vient juste de se faire attraper. Son regard tomba sur moi au bout d'un moment, et il soupira, comme défait.
Il fit un pas vers moi et mon cœur manqua un battement. Il ne pouvait pas être sérieux !
Il enroula un bras autour de ma taille, me rapprochant soudain de lui. Je dus poser mes mains sur sa poitrine pour garder mon équilibre.
Avec son autre main, il replaça une mèche de cheveux derrière mon oreille, tendrement. Mes jambes étaient en coton.
« On n'a pas à le faire si tu te sens mal à l'aise. » murmura-t-il, si près de mon oreille que personne d'autre ne pouvait entendre.
Je déglutis tandis qu'il frottait le bout de son nez contre ma mâchoire, attendant une réponse.
« Ca… ça va aller. » bégayai-je.
Je saisis son t-shirt de mon poing, à cause des caresses en va-et-vient de son nez le long de ma joue.
« En es-tu sûre ? » souffla-t-il.
J'avais perdu la faculté de parler, donc je hochai juste la tête, la respiration saccadée.
Il m'embrassa sous l'oreille.
« Comme tu voudras. »
Il bougea la main qui ne tenait pas ma taille, pour emprisonner ma joue, et mes yeux se fermèrent.
Ses lèvres vinrent planer juste devant les miennes, si près que je pouvais sentir son haleine se mélanger à la mienne. Au moment où je pensais ouvrir les yeux pour voir ce qu'il attendait, et prendre le contrôle en écrasant mes lèvres sur les siennes, il m'embrassa du bout des lèvres, comme s'il goûtait de l'eau.
Je sentis une décharge électrique sur mes lèvres, où il m'avait touchée, même si c'était bref.
Puis les lèvres d'Edward étaient de nouveau sur les miennes, plus fermes cette fois.
Mes mains glissèrent de sa poitrine, et je les posai sur ses épaules pour être sûre de ne pas tomber, vu la manière dont il bougeait doucement ses lèvres contre les miennes.
Il se recula imperceptiblement, mais mes mains tenaient bon sur ses épaules. Je savais que nous le regretterions plus tard, mais j'avais besoin qu'il continue.
Edward revint, et aspira légèrement ma lèvre inférieure. Je haletai.
Quelque part au loin, j'entendis une porte qui se fermait, mais je n'en étais pas sûre. Ce n'était pas vraiment ma priorité à ce moment-là. Je ne pouvais remarquer rien d'autre que ses lèvres.
Il déposa ses deux mains sur mes hanches et m'attira plus près de lui, tandis que je mettais mes doigts dans ses cheveux à la base de la nuque.
Il lâcha ma lèvre inférieure pour s'attaquer à ma lèvre supérieure de ses dents, et je n'avais comme choix que sa lèvre inférieure, follement tentante.
Je me laissai tenter, et il grogna. Je souris contre ses lèvres, fière d'avoir au moins cet effet sur lui.
Il dessinait des formes sur mes hanches de ses pouces, et mes mains s'enfoncèrent plus profondément dans sa chevelure, qui était plus douce qu'elle ne le paraissait.
Même si je voulais absolument continuer, j'avais besoin d'air. Je l'embrassai une fois de plus sur ces douces lèvres, et me reculai juste un peu, aspirant de l'air à grandes bouffées.
Edward posa son front contre le mien, haletant.
Nous restâmes à nous regarder jusqu'à avoir repris notre respiration. Ses yeux étaient de la plus vibrante nuance de jade que je ne leur avais jamais vue.
« Eh bien, ce n'était pas très professionnel. » sourit-il, satisfait.
Je rougis, démêlant mes doigts de ses cheveux.
Edward ne bougea pas.
« Tout ce qui peut aider pour la mission. » chuchotai-je.
Il haussa un sourcil, amusé.
« Oui, bien sûr. » ironisa-t-il.
Il m'embrassa de nouveau rapidement, impulsivement, et je sursautai.
« Pour le bien de la mission. » fit-il, et il se recula, regardant tout autour de la pièce.
« Où sont les autres ? » demanda-t-il.
Je me secouai la tête, essayant de me remettre les idées en places.
« Je ne sais pas. » marmonnai-je.
Je trébuchai légèrement, et Edward me rattrapa par le coude.
« Est-ce que ça va, Bella ? » demanda-t-il, incapable de cacher l'amusement dans sa voix.
Il me sourit, et je fronçai les sourcils, mon rougissement réapparaissant avant même d'avoir disparu.
« Ça va. » grognai-je, l'expression toujours renfrognée. « Ils sont partis. Je les ai entendus fermer la porte. »
Je souris soudain.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? » demandai-je, innocemment. « Les as-tu entendus partir ? »
Ses yeux se dardèrent si vivement sur mes lèvres que je n'étais pas sûre de l'avoir vu faire. Puis il s'éclaircit la gorge de façon bizarre.
« Non. » admit-il, en me regardant timidement. « Je ne les ai pas entendus. »
Je haussai les sourcils. Il jouait juste la comédie pour me garder en vie. Un baiser, même s'il mettait le monde sens dessus-dessous, ne changerait jamais ça. Mais il avait vraiment apprécié. Où cela nous mènerait-il ?
« Vous êtes encore en train de vous lécher la pomme ? » appela Emmett depuis la porte.
Mes joues devinrent rouge tomate. C'était certain qu'ils sentaient la chaleur émaner de mon visage de derrière la porte. Jusqu'où avaient-ils regardé ? J'essayai de me rappeler du moment où j'avais entendu la porte se fermer, mais je ne pouvais pas.
Edward soupira, marcha jusqu'à la porte et l'ouvrit sans un mot.
« Mon Dieu. » dit Rosalie. « On vous a demandé un baiser, pas une démonstration publique. »
Emmett se moqua.
« Même le photographe s'est enfui, mec ! »
Mon rougissement resterait définitivement après ça. Le léger rosissement des joues d'Edward me fit me sentir mieux.
« Et ton portable a sonné genre trois fois. » ajouta Alice.
Edward tendit la main, paume ouverte, et Alice lui donna le portable, sourire en coin.
« Bella ? » dit-il, me regardant par-dessus son épaule. « Euh… je dois m'occuper de ça. »
Je hochai la tête sans le regarder.
« Donc… petite sœur… » dit Emmett, dès que la porte se fut refermée sur Edward.
Je grimaçai.
« Emmett. » grondai-je.
« Oh, laisse cette jeune fille tranquille. » l'admonesta Carlisle.
Je blanchis.
Je ne m'étais pas juste donnée en spectacle avec un homme devant ses frères et sœurs. Mais aussi devant ses parents. Oh mon Dieu, tuez-moi maintenant !
Emmett ne fit que rire à cette injonction.
« Tu rougis ! » s'esclaffa-t-il.
Je me renfrognai. Bien sûr que je rougissais. C'était la situation la plus embarrassante que je n'avais jamais vécue de ma vie.
« Nous devrions rentrer à la maison. » me dit Edward de la porte.
C'était un bref appel.
Je lui jetai un regard de remerciements, mais il ne me retourna pas son sourire. Il ne s'illumina pas comme il avait coutume de le faire. Son visage reflétait une toute autre expression. Il semblait… plutôt dangereux. Ça n'avait vraiment plus rien à voir avec les taquineries qu'on se lançait quelques minutes plus tôt.
« Edward, qu'est-ce qui ne va pas ? » demandai-je. « C'était qui au téléphone ? »
Sa mâchoire se resserra, je pus voir la tension dans son visage depuis l'autre bout de la pièce. Mon estomac se retourna, ma respiration se coupa. Je savais que c'était quelque chose de terrible alors qu'il n'avait encore rien dit.
« Le boulot. » dit-il, indifféremment.
Mon cœur manqua un battement.
Sa famille devait penser que c'était juste « le boulot », du genre « oh, l'hôpital vient d'appeler et nos vacances risquent bien d'être raccourcies. » Mais je savais que ce « boulot » était monumental. Ça avait déjà changé ma vie une fois, et je savais que ça le pouvait encore. Et d'après le regard d'Edward, ce ne serait pas un bon changement.
