Caressée par un filet d'air sur son épaule dénudée, Lisbon frissonna. Elle remonta légèrement son drap de soie sur ses épaules pour retrouver la douce chaleur de son cocon. Elle n'identifiait pas d'où provenait la chaleur qu'elle ressentait au profond d'elle-même ce matin-là, elle souda donc ses deux yeux émeraudes qu'elle ne voulait pas ouvrir par crainte de perdre la sensation si plaisante au fond de son corps et de son cœur. Elle tentait de reconstituer les pièces du puzzle, pourquoi était-elle si bien en ce moment ? Quelle en était la cause ? Elle se remémora soudain ce qui la rendait si bien, apaisée, détendue… Elle n'arrivait plus à se séparer de toutes les images qui défilaient derrière ses paupières, un rêve ? La réalité ?
FLASHBACK
Quelques jours plus tôt.
Après les quelques courtes heures de sommeil que c'était promis Jane, il enfila un costume propre, prépara un thermos de café bien chaud et fila vers sa DS. Les mains sur le volant, il avait le regard dans le vide comme perdu dans un conflit intérieur, avait-il pris la bonne décision ? Son choix était-il le meilleur ? Pouvait-il aller la voir sans reparler de sa fuite quelques heures plus tôt ? Lui pardonnerait-elle ? Il partit tout de même « advienne que pourra » se surprit –il à penser. Il roulait, sans regarder sa route, sans concentration, comme si il avançait vers un but ultime, sans avoir besoin de réfléchir, par instinct. Cette façon naturelle de filer vers elle le confirma dans ce sentiment qu'il enfouissait depuis trop longtemps déjà, ce constat qu'il s'était fait ces derniers jours, il l'aimait, elle était tout pour lui, il existait pour elle.
Voyant la pancarte sur l'embranchement de l'autoroute « hôpital », son cœur s'accéléra, ses sentiments lui permettraient-ils d'entreprendre quelque chose avec elle ? Tous les efforts qu'il avait fait pour faire passer ce qu'il ressentait pour la brunette par-dessus tout le reste, par-dessus son combat intérieur pleins de haine envers l'homme qui lui avait volé sa vie et la souffrance qu'il éprouverait avec le sentiment de trahison pour Angela.
Arrivé devant la chambre de Lisbon, il entra sans hésitation et se posta devant le lit de la jeune femme.
« Tu n'apprendras donc jamais à toquer avant d'entrer ? ». Après sa réplique, il s'avança d'un pas assuré vers elle et la prit dans ses bras. Teresa se raidit à ce contact inattendu mais céda sous la chaleur de l'homme. Elle ne pouvait lui résister et il le savait. Il se décolla d'elle quand il se rendit compte qu'elle suffoquait, plaça ses deux mains sur ses joues rosées et emprisonna ses lèvres dans un tendre et doux baiser. « Bonjour belle endormie… » Dit-il d'un ton langoureux. Ils fixèrent leurs regards et se dévisageaient quand le consultant prit la parole :
« -Je peux te kidnapper aux médecins quelques heures ? Son ton malicieux n'éveilla rien de bon à Teresa mais elle reprit.
-Je suis totalement libre mais je sais pas si j'ai envie de passer mon temps avec toi…
-Menteuse
-Ptète bien
-Allez, viens avec moi, on va bien s'amuser ! Tenta-il en sachant pertinemment qu'elle lui céderait.
-Rien d'inconsidéré ?
-non ! Ça ne me serait même pas venu à l'esprit…
-Patrick Jane aurait-il une idée derrière la tête ?
-Ne réfléchies pas, viens avec moi…
-Quitte à s'enfoncer encore plus…
-Tu me vexes Lisbon, là ! Tu adoreras ça et tu le sais … »
Lisbon céda comme une novice, elle rencontrait tout genre de type depuis qu'elle est flic, des gros durs, des têtus à qui elle ne cédait jamais rien et cédait pourtant, systématiquement à son consultant. Comment arrivait-il à la prendre par les sentiments de cette façon ?
« -on prend ton tas de ferraille ? » interrogea La jeune femme quand le blondinet la poussa doucement d'une main dans le dos vers la portière passagère avant. Jane lui afficha son plus beau sourire et referma la porte derrière elle. Dans l'habitacle, le silence et le calme régnait, chacun réfléchissait aux récents événements et le trajet se passa vite. Lisbon commençait à s'interroger sur le lieu où l'emmenait Jane, mais n'en dit rien. Evidemment, Jane ne loupa pas les gros yeux et les regards étonnés de son amie près de lui dans la voiture, elle était si expressive. Quand il s'arrêta sur un chemin de terre en bordure d'une épaisse forêt, elle comprit.
« -Comment as-tu su ?
-hum… hum…
-J'adore cet endroit. » Elle resta silencieuse jusqu'à l'étendue d'eau où Jane décida d'installer la couverture et le café.
« -Tu as pensé au café ? Génial !
-Tiens » lui tendant une tasse
Quoi de mieux qu'un cadre familiale la journée, des cris, des rires, des enfants qui jouent pour une journée de pique-nique et romantique à la nuit tombé pour prendre soin de la femme qu'on aime ?
Il la regardait sourire, elle était magnifique et épanouie. Il devait lui parler, s'exprimer, bien que les mots n'était pas toujours nécessaires entres eux, les regards et le paysage ne lui permettraient pas de s'exprimer comme il le voulait. Il prit fébrilement sa main gauche et plaça la droite sur la joue de sa patronne. Un frisson la parcouru de part en part et elle captiva le regard du mentaliste pour le début d'un combat de regard. Jane prit son courage à deux mains et débuta :
« -Merci… merci de m'avoir sauvé la vie… vous…
-C'est norm…Elle s'arrêta de répondre lorsque Jane baissa le regard comme vexé, il voulait qu'elle l'écoute, elle le ferait.
-Je ne veux plus que tu souffres à cause de moi, de mon passé, de mon égoïsme… Je ne supporte plus que tu payes le prix de mes erreurs… » Ces mots étaient lourds de sens pour eux deux et ils le savaient… Teresa se mit à greloter lorsqu'un courant d'air s'immisça sous sa veste et dans son cou. Patrick, inquiet, lui donna sa veste pour qu'elle se couvre et l'allongea sur la couverture. « Reposes toi un peu. », elle posa sa tête dans ses mains et fixa son regard dans la chevelure de Jane posé devant elle. Elle admirait sa chevelure d'un blond parfait, ces bouclettes qu'elle avait adorées toucher la veille… Elle chassa ses idées rapidement, à son grand regret, Jane en avait décidé autrement. Il se mit derrière elle et la prit sur son torse pour la réchauffer. Ce contact les électrisa tous les deux qui n'osaient plus parler. Il embrassait le sommet de la tête de la jeune femme et lui souffla « profites du calme pour te reposer ».
Les sensations qui se bousculaient en elle la trahirent quand elle caressa le torse du consultant jusqu'à sa chevelure tant désirée. Tous deux fermèrent les yeux à ce contact et il lui répondit en passant délicatement sa main sur ses courbes pour finir son chemin sur ces hanches. Ils se figèrent dans cette position, sans rien dire… Juste écouter le battement à l'unisson de leurs deux cœurs. Après plusieurs heures dans cette position, Teresa rouvrit les yeux qu'elle s'était laissé aller à fermer et ne put qu'être émerveillée par la beauté du ciel étoilé spectateur.
« C'est magnifique… » Elle se redressa mais Patrick la tira en arrière par les épaules pour la coller de nouveau contre lui et ils se mirent à rire. Il se mit au-dessus d'elle et l'entoura de ses bras. Ses mains étaient ancrées dans le sol et leurs visages séparés de quelques centimètres.
« On est bien comme ça, pourquoi veux-tu bouger ? » souffla-t-il.
Le dévorant du regard, elle ne dit rien, trop occupé à prier pour qu'il s'approche plus près… Ce qu'il fit quelque secondes plus tard en posant amoureusement ses lèvres sur les siennes.
Elle ressentit de petits papillons envahir tout son être, encore plus que la dernière fois… Elle se surprit à aimer ça et elle ne s'en passerait plus, elle le voulait coller à elle jusqu'à la fin de ses jours… Mais serai-ce possible ?
Sur le chemin du retour, Lisbon regardait la route à travers la vitre du côté passager, elle repensait à cet après-midi, ce moment qu'elle n'aurait pas voulu stopper, Jane ne manqua pas le sourire qu'affichait Lisbon. Elle était heureuse, il était heureux…
« -Demain, 19 heures, je viens vous chercher. »
Et voilà le prochain rendez-vous posé, Jane aspirait à faire les choses biens, il allait la courtiser, la faire désirer, la rendre amoureuse… Il rentra dans sa chambre de motel, satisfait, heureux.
De son côté, l'agent sénior du CBI, se rappela qu'elle devait tenir au courant ses agents et son patron de son état de santé et de son retour au travail, elle se promit donc de passer les coups de fils nécessaires le lendemain matin à la première heure. Pour l'instant, elle allait prendre une bonne douche, repenser et savourer de nouveau le bonheur qu'avait été cette journée en compagnie de l'homme qu'elle aimait.
