Accepter d'y perdre des plumes !

"La passagèreté des oiseaux de proie" - Buffon


Momoi et Aomine regardaient les plans qu'avait amené un jeune étudiant en architecture. Après avoir demandé qui connaissait qui, les deux colocataires étaient passés par Kuroko, qui en avait parlé à Kagami, qui avait suggéré de voir avec Himuro qui avait glissé quelques mots à Alex qui avait finit par donner le nom d'un jeune de sa connaissance. Le futur architecte était également dans une université de Tokyo, ce qui simplifiait les choses.

Bien que sans grande expérience, le jeune avait tenu à dessiner les plan de ce qu'il imaginait pour le salon. Cette idée de troisième colocataire devenait de plus en plus forte mais il fallait être sûr qu'elle soit réalisable.

-Vu la taille de la pièce, il est largement possible de prendre une petite partie pour la transformer en chambre. Elle ne sera pas très grande mais si elle ne sert que temporairement, vous devriez pouvoir en faire quelque chose.

La rose, forcément, semblait avoir déjà préparé ses questions en avance :

-On ne peut pas se permettre de construire de nouveaux murs …

-Des paravents, comme vous l'aviez suggéré, font largement l'affaire.

-Et pour les odeurs ? Notre cuisine est ouverte, ce ne sera pas agréable.

-Papier d'Arménie ou encens.

Ses cheveux blond cendré formaient de légères boucles, preuve d'un métissage. Il était un beau garçon et souriait beaucoup. Aomine ne cessait de le regardait, histoire qu'il ne prenne pas le mauvais chemin en imaginant la rose seule et innocente.

-D'accord, merci pour les plans, on va y réfléchir.

Assis sur le canapé devant une émission avec des humoristes, les deux amis d'enfance réfléchissait : à qui proposer cette potentielle troisième chambre temporaire.

-A quelqu'un qui passe de temps en temps à Tokyo.

… Akashi- kun ?

Il a son appart. Le brun de Murasakibara ?

Himuro-san ? Mukkun a une chambre d'ami.

Kise avait -miraculeusement- refusé l'offre. L'appartement était trop éloigné de son agence de mannequins, ce n'était pas pratique.

Tetsu et Bakagami ont ce qu'il faut, Midorima aussi …

J'ai peut-être une idée.


-Hein ? Sérieux ?! Ce serait génial ouais ! Vous êtes sûr ?

-Si ça peut t'arranger oui.

-Vous êtes les meilleurs ! Shin-chan, tu entends ça ?

-Je suis assis à côté de toi Bakao.

Le concerné se retourna vers ses sauveurs, les yeux brillants. Sans toit depuis que l'appartement familiale avait eu un dégât des eaux, il dormait là où il pouvait. Et le futur médecin qu'était le vert n'en pouvait plus de cet excité de chanteur, fêtard et juste insupportable brun.

-Avec mes parents chez mes grands-parents, Shizuku chez Mai, c'est un peu le bazar et Shin-chan est-...

-Je t'arrête de suite ! Tu es le plus pénible ici. Momoi, Aomine, vous allez en baver.

Aomine avait déjà mal à la tête.


Vêtu d'un haut jaune canari et d'un short orange destiné sans doute à lui détruire les yeux, Takao se dandinant en préparant ce qui semblait être une omelette. Ça sentait bon, ça avait vraiment l'air bon. Mince alors !

-Et donc, pour la cuisson des œufs, il faut faire comme ça …

En bonne élève, la rose écoutait attentivement. Si elle avait pu, elle aurait sans doute pris des notes mais elle était plutôt captivée par la danse culinaire de Takao.

Il semblait également que le brun se trémoussait sur un air qu'il était le seul à entendre. Aux yeux d'Aomine, le garçon était un spot lumineux de boîte de nuit. Ou les phares d'une voiture avec conducteur ivre. Quelle douleur …


-Et quand je vous dis que Shin-chan a de ces DVD … Ah, je parle pas de trucs cochons mais plutôt du genre … Doraemon. Voilà, Doraemon ! Je sais que c'était un Lucky Item mais ça me perturbe !

Le bleu regardait son omelette fondre sur son riz, des étoiles dans les yeux. Mon Dieu que ça avait l'air succulent ! Les deux autres mangeaient ça comme si c'était habituel d'avoir un plat scintillant comme dans les mangas.

-C'est comme le caleçon Iron-Man ! Ce truc doit dater de ses 12 ans mais Monsieur veut à tout prix le garder ! Tant qu'il rentre dedans, tout va bien !

-Dai-chan a mis très longtemps à lâcher un tee-shirt Pokemon. Au bout d'un moment, il lui remontait au dessus du nombril mais … l'affection, je suppose !

-Oui, exactement ça !

Inutile de rappeler sa présence … en plus, leur bla-bla incessant était effacé par son omelette sur son riz.

Et ça parlait, encore et encore. Comment pouvaient-ils manger en même temps ? Aomine les fixait, elle, totalement à l'écoute. Ah, Takao avait bien réussi son prosélytisme : elle allait rejoindre sa secte obscure. Un truc qui rendait les yeux gris du garçon tous lointains et son corps devenait du marshmallow fondu.

« Ah l'amour » dirait certains …

-Et donc, vous deux, ça fait combien de temps ? Et faites pas genre, les regards en coin, le fait de détourner la tête quand l'autre regarde enfin et les sourires en coin … Même Shin-chan à capté, vous savez ?