LE MIROIR DE PEUT-ÊTRE
- Leçons de Crainte--

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Pour Ronald Weasley, la quatrième semaine d'école commença par une tache floue de cours, de visites à la bibliothèque et un flot infini de livres. Hermione passait chaque seconde qu'elle pouvait à engloutir fiévreusement des informations sur les sorts de déguisement et les miroirs. Ron avait à peine le temps de suivre comme il trouvait, empruntait et rapportait constamment livre après livre pour son amie obsédée. Il avait été tenté de lire un peu lui-même, mais son esprit luttait actuellement avec quelques pensées très sérieuses et il trouvait cela d'une façon ou d'une autre plus facile de penser tandis que son corps était utilement occupé. En conséquence, il était satisfait d'agir comme le bibliothécaire personnel de Hermione - l'alimentant en volumes comme un serveur apportant de la nourriture et enlevant les plats vides une fois qu'elle en avait inhalé le contenu.

Ainsi, ce fut avec quelque choc que mercredi matin arriva et la pression intense de se dépêcher de faire quelque chose disparut soudain. Hermione était calme - et chaque livre supplémentaire était finalement de retour à la bibliothèque. Aujourd'hui, leur première classe serait une double classe de Défense Contre les Forces du Mal. Ce serait leur deuxième classe de Survie de l'année.

Avant le petit déjeuner ce matin là, Hermione récapitula ses découvertes pour lui.
"Les Miroirs," dit elle tranquillement dans leur petit coin privé de la salle commune, "sont un domaine stupéfiant d'étude. Il y en a tant de sortes différentes - et ils font tant de choses différentes. Mais en même temps, il y a si peu d'information sur eux!"

Ron lui envoya un regard ironique. "Je sais pô, Hermione - je crois me rappeler avoir transporté énormément de livres sur le sujet."

Hermione sourit, avec un peu d'embarras. "Désolé pour cela. Je n'avais pas l'intention de te traiter comme un sac à livre marchant."

"Ce n'est pas grave," sourit Ron en réponse. "Si je n'avais pas voulu le faire - je ne l'aurais pas fait. Tu lis plus rapidement que moi de toute façon, alors c'était logique pour moi de simplement ne pas arrêter de te les passer. En plus, cela m'a donné du temps pour penser à quelques trucs." Et ensuite il ajouta avec un sourire, "Mais bien sûr, maintenant tu me dois quelque chose - alors donne : qu'as-tu découvert ?"

Hermione grignota sa lèvre pensivement. "Et bien", commença-t-elle, "j'ai découvert que quelques miroirs ressemblent au Miroir du Rised - ils sont seulement faits pour vous montrer des choses; tandis que d'autres miroirs agissent comme des portails et peuvent en fait vous transporter à des emplacements différents - ou même des mondes différents."
Alors un air faible de crainte traversa son visage comme elle ajouta, "Crois-le ou pas, il y a même quelques miroirs qui peuvent vous emmener dans des endroits qui n'existent pas vraiment ."

"Comment peux-tu aller quelque part qui n'existe pas ?" demanda Ron.

"Parce que ces endroits existent à l'intérieur du miroir," répondit Hermione, ", mais nulle part ailleurs."

"Ho..." s'exclama Ron. "Qu'est-ce qui arrive si un miroir comme ça est cassé tandis que tu es à l'intérieur ?"

"Je n'en ai pas la moindre idée," vint la calme admission , "Mais ce n'est pas important pour le moment." Hermione fit une pause et leva ensuite la tête vers une des fenêtres haut dans le mur de la salle commune des Gryffondors. "Le point est, que quelques miroirs peuvent vous emmener dans des endroits où le temps se passe différemment que dans notre monde." Et l'expression sur son visage sembla suggérer que le ciel au-delà de la fenêtre pourrait facilement être le ciel au-dessus de l'un de ces autres mondes.

Doucement, elle continua. "Si tu entrais dans un miroir qui t'emmenait - oh, disons dans un des royaumes des fées - et ensuite décidait d'y rester un jour ou deux; quand tu reviendrais, tu pourrais constater que des semaines, ou même des mois, avaient passé."

Ron inclina la tête. Il pouvait se rappeler sa mère lui racontant tout des royaumes des fées et des gens qui disparaissaient, seulement pour reparaître des années plus tard, aussi jeunes que le jour qu'ils étaient partis. Chaque parent sorcier avertissait ses enfants de ne pas accepter d'invitations de la part de n'importe quel personne du peuple fée.

"Mais," continua Hermione comme elle se retournait pour lui faire face, "l'opposé peut aussi être vrai. Tu pourrais aller dans un endroit où le temps passe beaucoup plus rapidement, de telle sorte que - pour la personne qui est entrée dans le miroir - des mois ou des années pourraient passer - et quand ils reviendraient, ce serait seulement une question de minutes ou d'heures."

De nouveau, Ron hocha la tête. Cela allait avec la théorie de Hermione quant à Harry. En omettant soigneusement n'importe quelle mention de leur ami disparu, il exposa tranquillement, "Tu penses que c'est ce qui est arrivé."

En réponse, Hermione pinça ses lèvres et ensuite répondit énigmatiquement,
"Auparavant - il mangeait seulement ses oeufs brouillés. Après - ils étaient pochés. Les goûts changent en vieillissant." Alors elle ajouta, "J'ai remarqué que le professeur aime ses oeufs pochés." C'était une série obscure de déclarations, conçues pour avoir l'air d'un non-sens embrouillé pour quiconque pourrait écouter leur conversation.

"C'est un peu fragile," dit Ron avec doute.

Tranquillement, Hermione demanda, "Si des années de ta vie avaient été volées - loin de ton monde et de tes amis - serais-tu en colère ?"

Les yeux de Ron s'élargirent. Lentement, il répondit. "Assez en colère pour détruire la chose qui m'aurait emporté ?" Ron y pensa un instant et fit ensuite remarquer, "Cela expliquerait pourquoi il l'a appelé 'maudit'."

"Et rappelle-toi le reste ," l'incita Hermione . "-Quidditch; balais; l'école; Malfoy - et particulièrement Patmol et Lunard."

"C'est possible," permit Ron, "Enfer, c'était logique il y a deux jours et je suppose que c'est toujours logique ." Il bougea inconfortablement. "C'est juste ... difficile. D'y penser, je veux dire. Cela change tant..." Ils firent tous les deux silence. Soudainement, Ron demanda, "Alors quoi maintenant ?"

"Un sort d'anti-glamour," fut tout ce qu'elle dit.

"Quelqu'un d'autre le verra-t-il ?"

"Non," répondit Hermione. "Le charme est jeté sur ceux-là," et elle tapota sa joue, indiquant ses propres yeux.

Alors ils partirent pour le petit déjeuner - et la Défense Contre les Forces du Mal.


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Les Gryffondors de sixième année avait suivi leur première classe de Survie il y a deux semaines. Cette leçon avait été tenue dans une salle de classe régulière et partagée avec leurs condisciples de Serdaigle. Cette fois ci, quand les deux Maisons parvinrent à la porte, ils y trouvèrent une note épinglée, les dirigeant vers l'un des longs couloirs du deuxième étage.

"Cela rappelle-t-il à quelqu'un notre première leçon de Défense ?" demanda Seamus.
"Pas tout à fait," répondit Hermione comme ils se dirigeaient vers l'escalier. "Je ne suis pas en retard cette fois ci et je n'ai pas à vous écouter, vous, garçons, cliqueter sous toutes ces chaînes ridicules."

Seamus leva seulement un sourcil. "Jolies boucles d'oreilles," fut tout ce qu'il dit.
Hermione rit. Elle avait arrêté de porter son bracelet partout dès qu'elle avait acquis la paire actuelle de cloches minuscules qui tintaient au-dessous de chacun de ses lobes d'oreille. Elle avait rapidement découvert que tandis qu'elle prenait des notes, le bracelet traînait à travers le parchemin et faisait des tâches d'encre. "Oh, merci, Seamus," répondit-elle, "et je trouve que la poche pleine de petite monnaie sonnante que tu arbores est aussi beaucoup plus pratique ."

Seamus commençait à répondre, quand Ron le coupa.

"Ne dis rien," lui dit Ron. "Ne dis ... Simplement rien."

Seamus jeta un regard au teint coloré s'étendant à travers le visage de l'autre garçon et pensa aux implications d'une conversation qui impliquait lui et une poche pleine de pièces de monnaie du nom de 'noises'. Il savait que quelques garçons avaient tendance à jouer avec les pièces de monnaie dans leurs robes quand ils s'ennuyaient , ou étaient nerveux.

Ron avait raison. Il ne voulait pas continuer.

Ils parvinrent au couloir approprié et trouvèrent le Professeur Ash debout devant une grande porte solide. C'était la première fois que n'importe lequel d'entre eux voyait cette porte particulière de fermée. D'habitude elle était ouverte pour que les élèves puissent traverser le couloir au-delà d'elle. En effet, certains de leurs camarades d'étude étaient évidemment étonnés qu'il y ait une porte, puisqu'ils n'y avaient jamais fait attention auparavant.

Ils attendirent patiemment que le reste de leur classe combinée se réunisse.

Ron regarda Hermione nerveusement. Allait-elle jeter le charme maintenant ? Elle remarqua qu'il la regardait et secoua subtilement la tête. Il y avait trop de personnes debout devant le Mage de Guerre pour qu'elle aie une vue claire et dégagée. Elle attendrait une meilleure occasion.

Finalement, le reste de leur classe arriva.

Après quelques moments, quand il n'y eut plus d'élèves arrivant en courant dans l'escalier, le Mage de Guerre demanda, "Est-ce que tout le monde est là ? Personne ne manque ?" Il y eut un peu de mouvement. "Dites s'il en manque," ajouta Ash, "parce qu'une fois que nous aurons passé cette porte, personne d'autre ne pourra nous rejoindre."

Quelques personnes clignèrent des yeux de surprise. Il y eut un contrôle plus approfondi parmi les élèves pour n'importe quel ami manquants. Tout le monde semblait être là.
"Bien alors," dit Ash. "Allons-y."


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Harry se détourna de sa classe pour faire face à la porte fermée. Il sortit sa baguette et tapota la vieille poignée de porte deux fois en murmurant dans sa barbe. Alors il recula.
Il y eut des halètements de surprise chez certains de ses élèves comme le morceau de fer forgé rampait à travers la lourde porte en bois - se tordant en une nouvelle configuration comme il voyageait silencieusement sur le bois antique. Quand il s'arrêta finalement de se déplacer, la poignée était allé du côté droit de la porte à celui de gauche et Harry s'en saisit avec assurance et le poussa vers le bas.

La porte s'ouvrit - dans la direction opposée qu'elle l'aurait dû - et avec un balayage de son bras, Harry fit signe aux élèves de sixièmes année d'entrer. "Allez-y entrez," leur dit-il, "et ne touchez à rien!" Alors il observa pour s'assurer que personne n'était laissé derrière.

Une fois qu'ils furent tous à l'intérieur, Harry entra lui-même et ferma la porte derrière lui.


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Le couloir dans lequel ils étaient entrés était une longue pièce large avec des grandes fenêtres arquées rangées le long d'un côté et un plafond voûté au-dessus d'eux. L'autre côté de la pièce était en maçonnerie plate, sans particularités peu communes.

Les élèves regardaient tous fixement de surprise.

Le couloir normal - dans lequel tous avaient passé à un moment ou à un autre - avait des tapisseries accrochées aux murs et des bustes de sorciers et sorcières célèbres montées sur des piédestaux et rangés le long du mur en face des fenêtres. Il avait aussi une ou deux armures debout entre certaines de ces fenêtres et un long tapis qui passait au milieu de la pièce de la porte à l'autre bout. La seule chose à peu près peu commune pour laquelle on connaissait ce couloir particulier, était qu'il était quelque peu plus large que les autres dans le château - le faisant ressembler plutôt à une grande pièce qu'à un couloir.

Mais cette version du couloir était très différente. Ou plutôt c'était presque exactement la même, mais avec un mobilier complètement différent. C'était à l'évidence tout à fait un gymnase de quelque sorte. Il y avait des poids; des punching-balls ; des cordes suspendues au plafond; et des choses en bois étranges qui ressemblaient à des hommes de bâtons d'enfants et étaient placées où les armures se tenaient d'habitude. Le tapis avait disparu et à sa place étaient des matelas épais qui s'étendaient pour couvrir la plupart du sol. Où les tapisseries devraient être, étaient des armes de tous types, proprement rangées et prêtes à l'emploi. De grandes cibles étaient installées au bout lointain de la pièce et derrière eux était la simple différence qui disait à chaque élève qu'ils n'étaient certainement plus dans le même couloir qu'ils s'étaient attendus à voir.

La porte de connexion au bout lointain de la pièce manquait. La seule sortie était par là où ils étaient entrés.

Comme plusieurs élèves se tournaient pour regarder derrière eux la porte qu'ils venaient de traverser, Harry reprit l'attention de la classe en s'avançant au milieu d'entre eux. Sa présence semblait rassurer plusieurs élèves qu'ils n'étaient pas, en fait, pris au piège dans quelque pièce secrète, étrange et sans sortie.

"Cet endroit," leur dit Harry, "peut seulement être atteint par la porte que nous venons juste d'utiliser - et seulement quand elle ouvre du côté gauche . Une fois que j'ai fermé la porte derrière nous, la poignée extérieure est immédiatement retournée à sa configuration normale. Ainsi à moins que quelqu'un à l'extérieur de cette pièce ne sache comment changer la poignée, personne ne pourra nous déranger."

Harry utilisa alors sa baguette pour montrer les nombreuses armes ornant le mur de pierre. "Comme vous pouvez le voir," continua-t-il, "cette pièce est consacrée à la formation pour batailles physiques et bien qu'elle puisse aussi être utilisée pour la formation magique, son but est principalement d'aiguiser le corps et les réflexes." Harry nota plusieurs regards admirateurs adressés aux épées et haches de la part de certains des garçons dans la classe. "Vous n'aurez pas," annonça-t-il, "le droit de manipuler n'importe quelle arme dans cette pièce jusqu'à ce que- et à moins que - je vous donne ma permission explicite!" Il y eut quelques murmures. "Ce ne sont pas des jouets!" gronda Harry contre eux. " Cette pièce est protégée contre toute entrée accidentelle pour votre protection! Pour que les enfants idiots qui pensent que cela pourrait être amusant de jouer avec des lances et des épées ne se tranchent pas accidentellement leurs propres bras et pieds! Les armes dans cette pièce sont tranchantes comme un rasoir - et certaines d'entre elles sont ensorcelées pour couper l'acier comme du beurre. Vous n'auriez pas besoin de balancer une de ces armes pour vous blesser. Tout ce que vous devriez faire est d'en laisser tomber une avec la lame vers le bas et il vous manquerait la moitié du pied! "

Il y eut quelques déglutitions difficiles en réponse à cette annonce, mais Harry était toujours reconnaissant que la pièce soit protégée contre les entrées badines. Il n'avait aucun doute que quelques élèves ignoreraient son avertissement quand les nouvelles de cette pièce se répandraient dans le reste de la population scolaire. Mais puisque le sort d'entrée était encodé pour le personnel seulement et qu'il était actuellement le seul qui sache les mots corrects, alors il n'était pas trop inquiet de voir des élèves idiots entrer sans surveillance.

Une des filles de Serdaigle leva la main.

"Oui Mlle Turpin ?" demanda Harry.

"S'il vous plaît monsieur, et si quelqu'un était laissé derrière quand nous partons ? Serait-il pris au piège ici ?" Il y eut un silence nerveux.

"Non," l'assura Harry avec un sourire. "La porte est seulement protégée contre l'entrée - pas contre la sortie. N'importe lequel d'entre vous peut ouvrir la porte de ce côté pour sortir. Cependant, si vous traversez le seuil et essayez ensuite de revenir, vous verrez seulement le couloir normal derrière vous. Ce sera toujours le cas, même si vous ne fermez pas la porte quand vous partez. Une fois que vous partez, vous devez utiliser la poignée changée sur la porte fermée pour revenir."

"Et en ce qui concerne les fenêtres ?" demanda Parvati Patil.

"Et bien, je ne conseillerais pas de partir via cet itinéraire sans balai," répondit Harry, "mais oui - après avoir cassé une fenêtre et être passés par cela, vous serez de retour dans les secteurs normaux de l'école. Cependant, comme avec la porte, dès le moment où vous sortirez de cette pièce, vous ne serez pas capables de revenir à l'intérieur sans ouvrir la porte changée complètement. En fait, si vous cassiez une de ces fenêtres pour sortir et ensuite regardiez derrière vous, vous verriez seulement le verre intact des fenêtres du couloir normal derrière vous."

"Pourquoi Poudlard a-t-il une pièce pour l'étude du combat de style moldu ?" demanda un garçon de Serdaigle.

"Parce que," expliqua Harry, "dans le passé, beaucoup des sorts et des protections que nous considérons comme allant de soi aujourd'hui, n'existaient pas. Et beaucoup des sortilèges et des charmes offensifs étaient de la même façon inconnus. Même la fabrication de baguettes était plutôt une histoire de coup bon, coup loupé. Avec la magie seulement primitive et incertaine qui leur était disponible, est-ce étonnant que les sorciers et sorcières d'alors aient préféré compter sur des armes enchantées et leurs propres compétences physiques ?"

"Bien sûr," continua Harry, "comme les baguettes, les sorts et contre-sorts sont devenus plus fiables et puissants, l'utilisation d'armes physiques a diminué. Ce ne faisait pas beaucoup de bien balancer une épée vers quelqu'un quand votre adversaire pouvait utiliser la magie pour Transplaner; lever un bouclier; ou simplement fondre le métal dans vos mains."

"Cependant," termina-t-il, "nous ne sommes pas ici pour une leçon d'histoire - nous devons apprendre ici comment survivre quand confrontés à une situation inattendue et inconnue. Alors - qui peut nommer une des quatre réponses primaires que nous avons apprises il y a deux semaines ?"

Plusieurs mains montèrent en flèche.

"Attaque!" chanta une des filles de Gryffondor quand Harry la désigna.

"Défense!" dit ensuite un garçon de Serdaigle.

"Se cacher!" vint la troisième réponse.

"Et la dernière ? " leur demanda Harry.

Spontanément, la classe entière hurla, "Fuir de toutes ses jambes!"

Harry rit. "Techniquement, c'est appelé 'S'échapper' - mais évidemment ma description originale a fait plus d'impression sur vous." Plusieurs sourires désinvoltes saluèrent cette déclaration. Harry continua. "La dernière fois, nous avons étudié des animaux et plantes inconnus et comment évaluer laquelle des quatre réponses était plus probable de vous garder en vie. Cette semaine-ci nous allons étudier la crainte et comment elle s'applique au type le plus dangereux d'adversaire."

Et avec cela, Harry agita sa baguette et créa l'illusion d'un petit sorcier corpulent avec un visage aimable et gai, qui pouffait de rire joyeusement pour lui-même et regardait de temps en temps autour de lui avec une approbation paternelle.

Il avait plutôt l'air de l'oncle distrait favori de quelqu'un.

Il y eut quelques mouvements confondus parmi les élèves.

"Cela," dit Harry très sérieusement, "est la sorte la plus dangereuse d'ennemi à qui vous pourriez finalement faire face. Est-ce que quelqu'un peut me dire pourquoi ?"

"Parce qu'il semble si inoffensif ?" devina un des Serdaigles.

Harry fit un sourire ironique à la fille. "C'est une raison pour laquelle il est dangereux, oui. Mais certaines des créatures que nous avons étudiées la dernière fois étaient assez petites et mignonnes aussi, non ? Qu'est-ce qui rend ce gars là un peu plus pire ?"

"Parce qu'il est humain!" dit Neville à brûle-pourpoint. Ses camarades de Gryffondors le regardèrent fixement de surprise.

Harry ne fut pas étonné. C'était quelque chose qu'il avait remarqué chez Neville il y a plusieurs années. Le jeune homme était absolument terrifié par les gens - mais n'avait jamais le moindre problème avec les situations qui n'impliquaient pas les autres. Adulte, Neville était devenu un botaniste étonnant - traitant les plantes les plus dangereuses et instables avec assurance et compétence. Harry soupçonnait assez qu'il aurait pu devenir un maître de potions aussi, s'il n'y avait pas eu l'intimidation de Severus et sa personnalité accablante. Pour apprendre, Neville avait besoin de quelqu'un avec une présence douce, qui avait tendance à s'effacer dans l'arrière plan. Si professeur Chourave avait été une sorcière plus puissante, Neville aurait probablement laissé aussi tomber la Botanique.

Il espérait que la leçon d'aujourd'hui serait une révélation pour le jeune homme.

"Très près, M. Londubat," encouragea Harry. "Mais vous devez juste être un peu plus précis." Neville eut l'air perdu. Il était déjà énervé d'avoir attiré l'attention sur lui et il semblait peu probable qu'il calcule ce que son enseignant essayait de lui dire. Harry leva sa baguette et la dirigea vers l'illusion. "Voyons si cela vous donne un indice," et avec cela, l'illusion commença à parcourir une série d'images supplémentaires. Le petit magicien heureux fut successivement remplacé par un nain, puis un elfe, un Kyrii, un lutin, un géant, une roche à l'air étrange avec des tentacules, un Naga serpentin et ensuite finalement, il se rechangea dans le magicien corpulent.

Chaque élève avait reconnu au moins certaines des illusions et comprit l'idée. Avec assurance, Neville dit, "Ils sont tous dangereux parce qu'ils sont des personnes- ils peuvent penser."

"Très bien, M. Londubat - cinq points pour Gryffondor," Et ensuite Harry balaya des yeux la classe entière. "Votre ennemi le plus dangereux sera toujours celui qui est intelligent - qui peut trouver une solution à une situation et prévoir vos actions."

Hermione leva la main. "S'il vous plaît, monsieur, n'y a-t-il pas quelques animaux intelligents, aussi ?" Elle semblait avoir temporairement oublié son sort anti-glamour en faveur de la leçon.

"Assez, Mlle Granger," acquiesça Harry. "L'intelligence - la capacité de raisonner - semble aller par degrés. Quelques animaux sont tout à fait intelligents et de là plus dangereux que d'autres. Cependant, les êtres sensés sont l'exemple extrême et je pense que vous constaterez que - étant donné la présence de Voldemort dans le monde aujourd'hui - il est plus probable que vous rencontriez par hasard un ennemi sensé qu'un animal."

La plupart de la classe tressaillit à l'utilisation de Harry du nom du Seigneur des Ténèbres et il n'y avait aucun doute que tous pensaient maintenant aux Mangemorts.

"Comme je l'ai mentionné auparavant," leur dit Harry, "le sujet d'aujourd'hui est la crainte - et plus spécifiquement ce qu'elle est, ce qu'elle vous fait et comment y faire face." Il remarqua que Neville semblait à la fois inquiet et plein d'espoir. "Ainsi, tout d'abord," continua Harry, "voyons si nous pouvons rendre notre petit ami potelé ici un peu plus effrayant." Harry fit un geste de sa baguette et le sorcier illusoire commença lentement à se transformer. Le torse de l'homme perdit graduellement du poids - devenant presque décharné et squelettique, tandis que ses os semblaient s'allonger - faisant plutôt ressembler les mains qui sortaient de ses robes à de grandes araignées pâles qu'à des appendices humains. La moquerie étrange de sorcier gagna aussi de la hauteur jusqu'à ce qu'il soit capable de regarder de haut la plupart d'entre eux et la peau rose saine, avec ses joues rouges joviales, devint pâle et translucide - ayant presque l'air plus blanc que la neige, comme s'il n'y avait aucun sang du tout dans le corps de l'homme. Le nez rond mignon se ratatina en une saillie plate, avec fentes laides où les narines auraient dû être.

"Eww!" s'exclama Lavande Brown. "C'est répugnant!"

Il y eut un murmure général d'accord chez les autres filles de la classe.

"Quoi ! ?" demanda Harry d'un air faussement offensé. "Vous n'êtes pas effrayés! ?"

"Malades peut-être ..." Murmura un Serdaigle.

"Et bien," renifla Harry, regardant sa création de façon critique, "Et si j'ajoute cela ?" Et encore une fois il fit un geste de sa baguette et changea l'illusion. Maintenant il avait des yeux rouges-sang avec des pupilles fendues à l'air mauvais.

Certains de ses élèves rirent.

Maintenant Harry feignit de sembler blessé. "Hé - il est supposé être effrayant, pas drôle!"

La classe entière s'effondra.

Soudainement Harry fit un geste et ils furent plongés dans l'obscurité. Une respiration déchiquetée sonna dans les ombres lourdes et une voix basse siffla, "Lumosss". L'illusion devant laquelle ils riaient tous quelques instants auparavant apparut brusquement devant eux - éclairé de dessous par le bout de sa baguette imaginaire. Cette même baguette se leva pour se diriger vers eux et un petit sourire satisfait et cruel tordit le visage de la chose laide. "Avada-".

La lumière revint brusquement.

Des élèves choqués regardaient fixement l'illusion gelée. Certains d'entre eux tremblaient et Neville avait l'air de pouvoir s'évanouir.

Une fois que ses élèves se furent pour la plupart calmés de nouveau, Harry dit, "Alors dans quelques situations, mon ami maigrelet que voici n'est pas effrayant du tout. Mais mettez le dans le cadre approprié et il est absolument terrifiant. Et pourtant, c'est seulement une illusion. Vous savez qu'il n'est pas réel. Alors, pourquoi vous a-t-il effrayés ?"

La classe resta silencieuse. Chaque élève essayait évidemment d'inventer une raison, mais il ne semblait pas y en avoir une.

Après quelques moments, Harry dit, "Vous ne savez pas ?" Il y eut quelques hochements de têtes. "Et bien, ne vous inquiétez pas - je ne sais pas non plus." Des visages étonnés saluèrent cette annonce. "La crainte", expliqua Harry , "est une réponse instinctive. Ce n'est pas quelque chose que nous décidons de ressentir et ce n'est pas quelque chose que nous pouvons allumer ou éteindre. C'est simplement, et nous devons tous vivre avec."
"Même vous ?" demanda Padma Patil .

"Bien sûr, même moi!" s'exclama Harry. "Pensez-vous que je ne ressente pas de crainte ?"

"Mais vous êtes un Mage de Guerre !" s'exclama Ron, oubliant complètement que l'homme devant lui pourrait bien être son meilleur ami. "Qu'est-ce qui pourrait vous effrayer ?"

"Le faux monstre de Dumbledore d'une part," leur dit Harry . "Quand ce Ked'rallirri a fait irruption dans la grande salle le premier soir, j'étais terrifié."

"Mais ... mais vous l'avez tué!" balbutia Ron.

"Oui," acquiesça Harry, "parce que j'étais effrayé que si je ne le faisais pas, il pourrait tuer certains d'entre vous, ou les autres enseignants."

Un regard de compréhension s'installa sur le visage de Ron. "Vous aviez peur pour nous," il hocha la tête avec sagesse.

Harry pinça ses lèvres. "Il me semble, M. Weasley," dit-il pensivement, "que vous pensez qu'avoir peur pour la sécurité d'autres est d'une façon ou d'une autre plus acceptable que d'avoir peur pour votre propre sécurité."

Ron le regarda fixement, surpris. "Et bien, bien sûr," dit-il . "Personne n'a envie d'être un lâche."

Sur le côté, Neville semblait dévasté.

Harry soupira d'exaspération. "J'avais pensé que nous avions décidé que personne ne savait pourquoi nous ressentons de la crainte." Prudemment, Ron hocha la tête. "Alors pourquoi cela fait-il une différence si ma crainte était déclenchée par la pensée de ma propre sécurité, ou de la vôtre ?"

Maintenant plusieurs personnes semblaient confondues.

"D'accord, imaginez cela," suggéra Harry, "-vous êtes pris au piège dans une pièce avec ce camarade charmant," et il indiqua l'illusion maigrelette à côté de lui. "Vous n'avez pas de baguette, vous ne pouvez pas faire de magie sans baguette, vous ne pouvez pas sortir, il n'y a nulle part où se cacher et il veut vous tuer. Pourquoi diable n'auriez-vous pas peur ? J'aurais certainement peur !"

"Bien, ouais," admit Ron, "mais ... mais c'est différent."

"L'est-ce ?" demanda Harry implacablement, "Pourquoi ? Parce qu'il n'y a personne pour être témoin de votre crainte ? Parce que la situation est désespérée ? Parce que vous ne pouvez pas partir en courant ? - et si c'est cette dernière chose, je voudrais vous rappeler que dans notre dernière classe de Survie, vous avez trouvé ' fuir de toutes vos jambes ' être une réponse parfaitement acceptable aux plantes et animaux dangereux."
Frustré, Ron éclata, " Mais, monsieur! Vous semblez dire que la lâcheté n'existe pas - qu'il est bien de simplement partir en courant devant tout!"

Harry secoua la tête. "Pas du tout, M. Weasley. Ce que je dis, est qu'avoir peur ne rend pas quelqu'un un lâche. Même s'enfuir ne rend pas quelqu'un un lâche. Le sentiment de la crainte n'est ni mauvais ni honteux - dans n'importe quelle circonstance." Du coin de l'oeil, Harry pouvait voir Neville prendre progressivement un air plus heureux.
"Alors ... alors qu'est-ce qui rend quelqu'un un lâche ?" demanda Ron, confus.
Harry sourit. "Un lâche est quelqu'un qui prend des décisions basées seulement sur ses craintes."

"Quelqu'un avec du courage," continua Harry, "prend des décisions basées sur ce qu'il pense avoir la meilleure chance de faire le plus de bien - indépendamment de ses craintes. Un lâche est un homme qui reste pour faire face à un dragon, parce qu'il a peur que les gens le voient comme un faible s'il s'enfuit. Cet homme agit seulement à cause de sa crainte des railleries et va probablement se faire tuer sans bonne raison. Cependant, si un homme le faisait pour donner à d'autres une chance de s'échapper, alors l'acte devient un acte de courage, parce qu'il fait face au dragon pour préserver le plus grand nombre de vies qu'il peut."

"Un acte courageux," conclut Harry, "peut impliquer s'enfuir. Il peut exiger que vous restiez pour vous battre. Il peut exiger votre mort - ou que vous surviviez tandis que les autres autour de vous meurent. Le même acte peut être courageux ou lâche, selon vos raisons pour le faire."

Harry fit une pause. Il y avait un silence très pensif chez ses élèves. "M. Weasley," dit Harry doucement, "si vous aviez une chance de sauver la vie d'un enfant - mais seulement aux dépens de votre propre vie, donneriez-vous votre vie ?"

Ron eut l'air très sérieux. "Je ... je ne sais pas," admit-il . "J'aime penser que je le ferais - mais ..., mais comment puis-je savoir quelque chose comme ça avant que cela n'arrive ?"
Harry sourit. "Cinq points pour Gryffondor pour une réponse honnête," dit-il. "Mais je voudrais savoir, M. Weasley - me jugez-vous être un lâche quand je vous dis que j'ai été dans une telle situation ? Et que j'ai laissé la fille mourir ? Elle avait seulement quatre ans."

La classe entière sembla choquée.

Ron était évidemment incapable de répondre - sa mâchoire pendant ouverte d'incrédulité. Harry attendit qu'il regagne le contrôle de ses cordes vocales. "Je ... vous ..." Bégaya le sixième année, l'air affligé et malheureux. Mais il était évident que le Mage de Guerre attendait une réponse et finalement Ron dit la seule chose qu'il pouvait penser :
"Monsieur - je ne pense pas que je peux y répondre. Je n'étais pas là. Je n'étais pas celui qui devait prendre la décision. Comment puis-je savoir ?"

"Très bien, M. Weasley - et entièrement correct. Vous ne pouvez pas me juger - seulement moi puis le faire."

Mais ce fut finalement Neville qui demanda, "Monsieur ? Pourquoi ... Pourquoi l'avez-vous fait ... ?"

Harry considéra le jeune homme d'un air évaluateur. C'était une question très personnelle, mais aussi importante s'il devait maintenir un niveau de confiance avec ses élèves. "C'était un sorcier maléfique qui avait créé la situation," répondit-il finalement, "Il avait une affection à me torturer avec la mort d'enfants. Je savais qu'il n'y avait personne d'autre de disponible pour l'arrêter. La fille était jeune - non formée et inutile dans un combat. Si elle avait vécu, il n'y aurait eu personne pour arrêter le mage, mais si je vivais, alors il y avait une bonne chance que je puisse finalement le tuer. Mis simplement M. Londubat, j'ai jugé que ma vie avait plus de valeur que la sienne."

"Vous... vous ont-ils blâmé ?" chuchota Neville.

"Sa mère l'a fait," répondit Harry. "-et quelque autres. Mais son père a seulement blâmé l'homme qui l'avait emportée."


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Peu après, tous les élèves se trouvèrent debout à intervalles réguliers le long d'un côté des matelas de gymnastique. Harry leur avait ordonné d'enlever leurs chaussures et ils faisaient actuellement face aux fenêtres, en l'observant marcher nu-pieds au centre de la pièce. Harry tenait une petite poche de cuir et en extrayait une pincée de poudre bleue chaque fois qu'il arrivait en face d'un élève. Il déposait alors la substance bleue à l'air inoffensif au milieu du tapis devant eux.

Tandis qu'il faisait cela, Harry expliquait aussi que : "Le danger le plus grand que la crainte nous offre, se tient dans le fait qu'elle a tendance à fermer notre capacité à penser." Comme il posait la dernière pincée de poudre bleue, il se redressa et leur demanda, "Vous souvenez-vous tous pourquoi les gens sont les ennemis les plus dangereux à avoir ?" La classe hocha la tête. "Rappelez-vous alors cela - la pire chose que vous puissiez faire dans n'importe quelle situation est d'arrêter de penser."

"M. Thomas," dit Harry, indiquant l'élève de Gryffondor, "Quand j'ai éteint la lumière et que mon illusion a menacé de vous tuer - qu'est-ce qui vous passait par la tête ?"

"Euh..." Dean lutta un peu, avant d'admettre, "je ne me rappelle pas vraiment, monsieur Quelque chose dans le genre de ' oh, merde ' je crois..." A cela il y eut des pouffées de rire assourdi partout dans la classe.

"Oh, merde," répéta Harry. "Pas de pensée d'attaque, alors ? De défense ? De dissimulation ? Même pas de fuite ?"

Dean secoua la tête. "Il n'y avait pas assez de temps, monsieur"

"Bien sûr qu'il y avait assez de temps," contredit Harry. "Il y avait abondance de temps et avant que mon illusion ne dise ' lumos' et ensuite quand vous pouviez simplement voir où il était. Ce qui est arrivé, est que votre surprise - et ensuite votre crainte - a fermé vos processus de pensée et vous êtes juste restés debout là parce que vous ne pouviez penser à rien d'autre à faire."

Dean sembla embarrassé.

"Ne vous en inquiétez pas, M. Thomas," lui dit Harry . "Votre réaction est parfaitement normale. Tous les autres ont exactement eu la même réponse. Pas même les quelques personnes qui ont sauté hors du chemin y pensaient - ils ont simplement réagi. Cela m'a pris des années de formation pour surmonter la même chose et même maintenant, je ne l'ai pas vraiment surmonté, plutôt remplacé avec l'instinct d'attaquer. C'est pourquoi vous tous vous déplacez avec de la petite monnaie dans vos poches, ou des cloches sur votre personne." Alors Harry fit une pause. "Mais", ajouta-t-il, "comme cette réaction le prouve, même moi, je ne peux pas vraiment penser dans ce premier moment critique après avoir été surpris ou effrayé." Alors Harry haussa les épaules et dit, "C'est juste la manière dont les humains sont."

"Le truc," conclut-il, "est de savoir cela à propos de soi et de s'y attendre. Apprenez ce à quoi ressemble ce moment de vide et remettez ensuite votre esprit au travail dès que vous le pouvez."

"Cela," dit-il en faisant un geste vers la poudre bleue sur les tapis, "est un des premiers exercices de formation qu'un Mage de Guerre pratique pour se familiariser avec la manière dont leur corps et leur esprit réagissent à la crainte."

Chacun regarda la poussière bleue d'un air curieux.

"Quand j'aurai jeté le sort pour activer la poudre," expliqua Harry, "vous verrez une sorte de couloir bleu devant vous. Tout ce que vous devez faire est passer d'un côté des nattes à l'autre, par le couloir. Chaque couloir restera en place jusqu'à ce que j'annule le sort et vous pouvez vous exercer à passer de l'autre côté autant de fois que vous le souhaiterez. La personne qui traversera le tapis le plus grand nombre de fois recevra vingt points pour sa Maison." Il y eut quelque surprise à cela - c'était le plus grand nombre de points que le Mage de Guerre ait jamais donné.

"Andron Formido!" dit Harry et des lignes bleues brumeuses tourbillonnèrent en se levant de la poudre devant chaque élève. Chaque personne regarda son couloir avec des doutes sérieux.

Harry rit dans sa barbe. "Vous avez raison de vous méfier," leur dit-il. "Une fois que vous entrez dans le couloir, quelque chose qui vous effraie y apparaîtra." Plusieurs élèves pâlirent. "Ne vous inquiétez pas," les rassura Harry, "ce n'est pas comme un épouvantard - ce ne sera pas votre plus grande peur, ou quoi que ce soit même d'approchant." Alors il rit doucement. "Au commencement, vous pouvez même trouver cela drôle. Les couloirs commencent tous avec quelque chose que vous trouvez un peu dérangeant." Après une pause brève, il admit, "Je suis d'habitude en face d'un placard vide." Ses élèves le regardèrent avec confusion. "C'est mes vêtements," expliqua Harry, "Ils sont tous sales pour quelque raison et je sais juste que je devrai porter une chemise avec des taches sur le devant en public."

Il y eut plusieurs sourires et une ou deux pouffées de rire.

"Mais," expliqua Harry, "chaque fois que vous traversez le couloir, ce que vous voyez deviendra progressivement plus effrayant - et à la différence d'un épouvantard, le couloir ne vous laissera pas vous rappeler que c'est seulement une illusion. Tandis que vous serez à l'intérieur, vous croirez absolument que tout ce que le couloir vous montre est complètement réel. Si vous réussissez à traverser vingt fois, alors vous aurez finalement affronté votre crainte la plus grande et la plus secrète. Si vous continuez à traverser après cela, je donnerai à votre Maison cent points automatiquement - par traversée."

Il y eut quelque mouvement à cela. Cent points par croisement était énorme! Ce ne serait pas facile.

"Oh," ajouta Harry comme il voyait plusieurs élèves s'échauffer. "Ai-je oublié de le dire? - Ne prenez pas la peine d'essayer de courir - cela ne fait pas de différence puisque cela prend exactement le même temps pour arriver de l'autre côté, peu importe la vitesse à laquelle vous allez en commençant." Plusieurs personnes semblèrent déçues.

"Allez-y!" leur dit Harry.


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Quelque temps plus tard, Harry observait toujours tandis que les quelques derniers élèves essayaient de se convaincre de traverser juste encore une fois par leur couloir. La plupart d'entre eux avaient décidé qu'ils avaient atteint leur limite quelque part entre douze et quinze.

Avec une combinaison d'éloge et d'encouragement, même Neville avait réussi à traverser treize fois et était incroyablement fier du fait qu'il n'avait pas le nombre le plus bas de traversées dans la classe. En fait, les deux élèves qui s'étaient arrêtés à douze, ne donnaient évidemment pas beaucoup d'importance à l'exercice. Mais cela n'importait pas pour Neville - il était fier néanmoins et Harry était heureux que le cours se soit si bien passé pour lui.

Il était évident que le jeune homme penserait à cette leçon pendant une longue période de temps. Savoir qu'un Mage de Guerre lui avait dit que c'était normal d'avoir peur prendrait quelque temps à s'y habituer. Mais même maintenant, Harry pouvait voir les germes d'acceptation en lui. Il ne serait jamais celui en charge, ou se mettant en avant, mais son assurance avait reçu une augmentation énorme aujourd'hui et pour la première fois, Neville avait vraiment l'air de penser qu'il pourrait vraiment appartenir à Gryffondor - la Maison qui était renommée pour le courage de ses membres.

En fin de compte cependant, le concours fut réduit à Ronald Weasley et un Serdaigle nommé Terry Boot. Ils en étaient tous les deux à 16 traversées et étaient à la fois pâles et tremblants lorsqu'ils apparurent ensemble du même côté des nattes. Terry semblait particulièrement mal en point.

Ron ne regarda pas même son rival. Au lieu de cela, le rouquin fougueux se pencha - ses mains sur ses genoux - et prit plusieurs respirations profondes. Alors il se redressa et Harry vit un air qui était de pur esprit de contradiction têtu s'installer sur son visage. Avec une déglutition difficile, le jeune homme retourna en marchant dans son couloir pour sa dix-septième traversée.

Harry regarda le Serdaigle.

Suant toujours lourdement, Terry regarda derrière lui et secoua lentement la tête.
Une demi-minute plus tard, Ron chancela de l'autre côté et s'effondra sur le matelas.
Harry annula le sort et les couloirs bleus tourbillonnèrent au loin dans le néant.
Il marcha au travers du tapis vers la forme tremblante de son meilleur ami . Harry n'avait jamais été plus fier de lui.

Les autres élèves se relevèrent lentement et se réunirent autour.

Se tenant dans les dernier rayons du soleil matinal qui entrait à flot par les fenêtres à côté d'eux, Harry considéra son élève émotionnellement drainé, effondré sur le sol devant lui.

"M. Weasley," dit-il.

Pâle, Ron leva les yeux vers lui.

"Je vous ai dit plus tôt que la seule personne qui pouvait juger un acte courageux était celui qui l'exécutait. Aujourd'hui vous avez traversé un Couloir de Crainte dix-sept fois de votre propre arbitre. Il n'est pas possible de le faire pour une raison extérieure comme des points de Maison ou des droits à se vanter. Seulement deux choses permettent à quelqu'un de le traverser tant de fois : la crainte de quelque chose de pire que ce qui est dans le couloir, ou le vrai désir de faire face à ses craintes et de surmonter ses faiblesses."
Harry fit une pause. "Avez-vous du courage, M. Weasley ? Ou était-ce de la lâcheté ?" Il y eut plusieurs inspirations brusques des autres élèves. Autant qu'ils étaient concernés, la dernière question de leur enseignant était une insulte.

Ron chancela sur ses pieds. "Monsieur .." Dit-il en tremblant. "Je pense ... je pense peut-être ... Que c'était les deux."

"Vingt points pour Gryffondor," dit Harry dans la pièce calme - et ensuite il sourit. Ron refléta l'expression avec une compréhension parfaite. De tout ceux réunis sur les matelas à ce moment là, seulement lui et son professeur comprenaient entièrement que la lâcheté et le courage étaient inséparables. Vous ne pouviez littéralement pas avoir l'un sans l'autre. Chaque acte de courage était, de quelque façon, conduit par la crainte. La crainte de l'échec, la crainte de perte, crainte pour la sécurité des aimés, crainte de railleries, crainte de la douleur - même la crainte de la crainte elle-même. Ainsi, chaque héros - chaque champion - était aussi un lâche. Et au contraire, chaque lâche avait des graines de héros en lui.

"Mais," ajouta Ron soudain, "je pense qu'il pourrait aussi y avoir eu un bon gros morceau de stupidité là-dedans aussi."

Le moment se rompit et chacun rit. // Ronald Weasley, // pensa Harry avec amusement, // ferait des blagues même si c'était la fin du monde. //


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C'était presque la fin du temps de classe lorsque chacun eut remis ses chaussures et se fut rassemblé au bout du gymnase devant l'illusion laide. Pour quelque raison, leur enseignant n'avait pas annulé le sort qui l'entretenait et donc ils terminèrent tous là où ils avaient commencé - le dos à la porte, tandis que la baguette allongée de la chose horrible était pointée directement sur eux. Le Mage de Guerre était debout à côté de cette chose.
"D'accord," dit Harry, "Nous avons presque fini. Il y a seulement une dernière chose que chacun de vous doit faire avant de pouvoir partir."

Les élèves fatigués le regardèrent simplement.

"Quand je vous indiquerai votre tour," dit Harry, "vous devrez regarder ce gars quelque peu repoussant debout à côté de moi et hurler de son nom aussi fort que vous le pouvez. Alors vous pourrez partir."

"M. Weasley," continua Harry, "je crois que vous avez gagné l'honneur de commencer."

Ron regarda le mystérieux type maigrelet et scruta son visage. "Euh ... monsieur ? Je ne sais pas son nom."

"Oh," dit Harry avec une surprise feinte. "Je ne vous l'ai pas dit ? C'est Voldemort."

Il y eut silence.

"Ca ?!" s'exclama quelqu'un.

"Est-ce une autre plaisanterie bizarre ?" demanda Padma Patil avec lassitude.

"Non," assura Harry. "C'est vraiment Voldemort - ou une illusion de lui, de toute façon. C'est en fait à quoi il ressemble."

Certains des élèves regardèrent l'image avec soupçon.

"Non," argumenta Pavarti. "Vous nous menez en bateau."

Soudain solennel, Harry dit, "Je jure sur mon honneur et ma vie que c'est une représentation juste et précise du corps actuel du sorcier connu sous le nom de Lord Voldemort."

Tout le monde le regarda fixement. Puis ils regardèrent fixement l'illusion. Penser que ça c'était leur croque-mitaine des ombres - exposé à la lumière dans tout son caractère… peu plaisant - n'allait pas trop bien à beaucoup d'entre eux.

"C'est une personne réelle ?!" grinça une des filles de Serdaigle. "C'est ... C'est lui ?"

"J'en ai peur," confirma Harry.

"Ick!" s'exclama-t-elle. "C'est grotesque!"

Malicieusement, Harry décida de rendre cela même pire.

Il agita sa baguette et soudain les robes du Seigneur des Ténèbres disparurent. L'illusion était maintenant debout devant eux - la baguette toujours étendue - vêtu seulement de caleçons roses avec des grands coeurs rouges dessus.

La classe tomba pratiquement sur le sol dans une tempête de rire hystérique.

Quand Ron réussit finalement à faire plus que s'accrocher à Hermione et haleter pour prendre de l'air - il se tourna vers l'illusion et hurla, "Voldemort a vraiment mauvais goût en sous-vêtements!"

Cela les fit tous repartir de plus belle et donna aussi le ton au reste des élèves.
Harry ne réussit en fait pas à entendre tous les élèves appeler le nom de Voldemort, puisque cela prenait bien trop longtemps pour qu'ils se remettent de l'hilarité qui s'ensuivait chaque fois que quelqu'un hurlait une insulte.

Après des choses comme "Voldemort - le régime qui est allé trop loin!" Et "Hé Voldemort - on est supposé voir le monde avec des lunettes roses - pas des yeux roses !" Même Harry eut des difficultés à garder un visage sérieux.

Les élèves qui étaient passés d'abord, étaient restés pour entendre les insultes que les élèves d'après inventaient et lorsque le cours finit, Harry agita simplement un bras vers eux tous et dit, "Sortez d'ici espèces de sadiques!"

Ils sortirent ensemble, inventant encore de nouvelles insultes et Harry eut le plaisir d'entendre le nom 'Voldemort' flotter dans l'air derrière eux.

"C'était une classe du diable," rit Harry en se tournant pour dissiper l'illusion du Seigneur des Ténèbres et alla ensuite ranger les matelas.


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Comme la classe libérée d'élèves de Serdaigle et de Gryffondor passait la porte - riant et faisant des blagues sur Voldemort - plusieurs d'entre eux s'arrêtèrent d'un côté pour observer les autres élèves apparaissant derrière eux. C'était une vue étrange, puisque la porte du couloir était toujours fermée et le reste de la classe apparaissait simplement devant, comme s'ils venaient de marcher directement à travers le bois solide.

Il y avait deux élèves, cependant, qui ne s'attardèrent pas, mais au lieu de cela partirent à toute vitesse - utilisant la distance physique pour se donner quelques moments de privauté chuchotée.

"L'as-tu fait ?" demanda Ron à Hermione.

"Oui," répondit Hermione en chuchotant, "j'ai jeté le charme tandis que le reste d'entre nous attendait que toi et Terry finissiez."

Ron attendit. Hermione semblait quelque peu ... perplexe. Finalement, Ron ne put plus attendre. "Et! ?" demanda-t-il. "Qu'est-ce qui est arrivé ?"

Hermione fronça les sourcils. "Je ... je dois mal l'avoir jeté ou ... ou avoir mal lu le sort..."
Ron renifla. "Le jour où tu jetteras mal un sort ou liras mal un livre est le jour où je me teindrai les cheveux en vert et annoncerai que je suis devenu Serpentard." Ron pinça ses lèvres et regarda spéculativement son amie. Hermione fronçait les sourcils avec acharnement et refusait de rencontrer son regard fixe. "Qu'est-ce qui ne va pas Hermione ?" demanda-t-il. "Penses-tu vraiment que tu as fait une erreur avec le sort ?"

Hermione soupira. "Non", dit-elle, "j'ai tout fait correctement - mais il avait toujours la même apparence!" Un air de frustration apparut sur son visage. "Mais les faits concordent tous!" siffla-t-elle tout bas vers lui. "Je sais que c'est lui - ce doit être lui!"
Elle jeta un coup d'oeil vers le loin de nouveau - ses yeux devenant vagues comme elle tournait ses pensées vers l'intérieur. "Il est un mage maintenant," se murmura-t-elle, "alors il doit utiliser un sort qui peut résister au charme que j'ai utilisé ... peut-être qu'un sort plus fort..."

"Non!" dit Ron comme il saisissait son bras et la tirait dans une alcôve voisine.

Hermione fut choquée par sa véhémence. "Ron ?" questionna-t-elle.

"Non Hermione," répéta-t-il tout à fait sérieusement. "Tu ne continueras pas cela. Si tu le fais, alors tu devras le faire par toi-même - parce que je ne vais pas t'aider."

Hermione en eut le souffle coupé. "Ron!" cria-t-elle et presque immédiatement sa main vola pour couvrir sa bouche comme plusieurs élèves qui passaient tournèrent leur têtes dans sa direction .

L'expression de Ron se durcit. "Retrouve-moi à la porte de Ash après dîner," dit-il. Nous pourrons parler librement dans ses quartiers. "

"Mais-"

"Retrouve-moi y!" insista Ron et la laissa ensuite debout dans l'alcôve, tout à fait abasourdie.

Le reste de la journée passa très lentement pour Hermione Granger. Elle n'osait pas parler de Harry - ou 'Ash' comme elle croyait qu'il s'appelait maintenant - et bien que Ron continue à être assis à côté d'elle et à sourire et bavarder de même qu'il l'avait toujours fait, il y avait toujours une tension subtile entre eux qui ne laissait à Hermione aucun doute que si elle essayait de continuer leur discussion précédente, Ron trouverait soudain quelqu'un d'autre à côté de qui s'asseoir.


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Hermione arriva devant la porte du professeur de Défense peu de temps après dîner et juste avant Ron. L'autre Gryffondor venait évidemment de prendre une douche, ce qui expliquait pourquoi elle n'avait pas pu le trouver dans la salle commune avant de partir.

"Ron-" commença-t-elle.

"Attends que nous soyons à l'intérieur," lui dit-il. "Alors nous parlerons." Et avant qu'elle ait eu une chance de répondre, il avait déjà frappé deux fois à la porte du professeur.

Quelques secondes plus tard, Ash apparut. Il cligna des yeux un instant et puis fit un pas de côté et leur fit geste d'entrer. Une fois qu'ils furent tous à l'intérieur avec la porte bien fermée derrière eux, il demanda, "Vouliez-vous me voir tous les deux ? Ou est-ce que vous cherchez un endroit où vous savez qu'une conversation privée restera privée ?"

"Monsieur," répondit Ron, "Hermione et moi devons nous parler de quelque chose. C'est très important, mais c'est assez… personnel .... Je n'ai pas l'intention de vous chasser de votre propre salon, mais..."

Ash - qui pouvait ou non être Harry Potter - sembla simplement amusé et répondit facilement, "Aucun problème, Ron. Je lisais seulement de toute façon. Je peux le faire dans mon étude aussi bien que dans le salon. Voulez-vous que je jette un sort de silence autour de vous pour vous assurer que je n'entende rien par accident ?"

"Non merci," répondit Ron. "Hermione peut le faire."

Le professeur hocha la tête et ramassa ensuite un livre ouvert du coussin où il était posé sur un des vieux fauteuils battus près du feu. "Faites-moi savoir quand il est sûr de sortir," dit-il et ensuite il se dirigea nonchalamment vers la pièce suivante.

Ron se tourna avec attente vers Hermione. Elle roula des yeux vers lui. "Ron", commença-t-elle, "C'est un mage. S'il veut écouter, mon sort de silence ne va pas l'arrêter."

"Mais sa propre honnêteté le fera," contra Ron. Alors il ajouta, "Indépendamment de qui il est, ou de qui il pourrait être - j'ai confiance en lui qu'il n'écoutera pas exprès. Le sort s'assurera qu'il n'écoute pas par accident."

Hermione considéra cela et ensuite jeta le sort. Ensuite - étreignant toujours sa baguette - elle croisa les bras, le regarda fixement et attendit.

Ron tressaillit au regard que Hermione lui envoyait. Elle allait ensorceler quelque chose s'il ne se dépêchait pas fait d'expliquer ses actions. "Hermione", commença-t-il, "Te souviens-tu que ce matin je t'ai dit que je n'étais pas ennuyé d'agir comme un sac de livre pour toi ?"

"Oui," acquiesça-t-elle, "ce qui est pourquoi je ne comprends pas-"

Ron la coupa. "Et te souviens-tu que je t'ai aussi dit que la raison pour laquelle cela ne m'ennuyait pas, était que j'avais à penser à quelque chose d'important ?"

Maintenant perplexe, Hermione hocha la tête.

"Et bien," expliqua Ron. "Je pensais à Harry et si vraiment nous devons essayer de le trouver du tout." Alors il fit une pause et Hermione pouvait pratiquement le voir changer de mécanismes mentaux comme Ron se préparait à s'expliquer plus clairement. "Pour moi," dit-il lentement, "il y a seulement deux possibilités ici : 1) Professeur Ash est vraiment Harry Potter; ou 2) il est exactement qui il dit être et a simplement aidé Harry à disparaître."

De nouveau, Hermione hocha la tête.

"Maintenant," continua Ron. "Supposons une minute qu'il n'est pas Harry. Cela fait toujours de lui un Mage de Guerre - et quelqu'un en qui Harry, Dumbledore, Patmol et Lunard ont tous décidé d'avoir confiance. Cela fait aussi de lui quelqu'un qui est bon professeur de Défense contre les Forces du Mal et qui semble être quelqu'un de très convenable. Mais surtout - cela fait de lui quelqu'un qui sait où est Harry Potter. Tu me suis jusque là ?"

Hermione soupira. "Oui, Ron," dit-elle patiemment.

"Alors," demanda-t-il, "s'il n'est pas Harry, alors que réaliserions-nous en poursuivant ton idée ?"

"Et bien, rien, je suppose..."

"Faux," la corrigea Ron. "Selon combien quelqu'un a calculé à nous observer, nous pourrions très facilement convaincre quelques très mauvaises personnes que nous pensons que Ash est Harry Potter - ou du moins, que nous pensons qu'il est impliqué avec la disparition de Harry."

Hermione pâlit. "Oh, non ..." Chuchota-t-elle.

"Bien sûr," répondit Ron. "Nous attirerions de l'attention indésirable sur quelqu'un qui est de notre côté et qui - s'il pouvait être capturé ou trompé à parler - sait exactement où est Harry."

"Mais ... mais c'est un Mage de Guerre!" s'exclama Hermione. "Sûrement qu'il pourrait se défendre contre-"

"Il doit dormir, Hermione," fit remarquer Ron. "Personne n'est parfait. Même Merlin lui-même a fait des erreurs. Mais - et plus pertinemment - pourquoi devons-nous mettre sa vie plus en danger qu'elle ne l'est déjà ? Ce n'est simplement pas juste - ni pour lui, ni pour nous."

"Nous ?" demanda Hermione et répondit ensuite promptement à sa propre question : "-oh, parce qu'ils voudraient savoir nos raisons pour être si intéressés par lui."

"Quand bien sûr," acquiesça Ron, "tout le monde sait et je suis seulement intéressé par ce qui est arrivé à notre ami Harry." Lourdement, Ron ajouta, "Ce qui nous rend susceptibles d'enlèvement nous-mêmes, ou d'avoir nos familles menacées."

Hermione semblait assez malheureuse à ce point. Jamais lente à comprendre, elle ajouta, "Et bien sûr, s'il est Harry, alors nous venons de le désigner à la vue de tout le monde."

"Et," termina Ron , "le Harry Potter que je connais ne nous donnerait jamais tout ce souci à moins qu'il n'ait une maudite bonne raison pour faire cela - une raison qui pourrait aller directement à l'eau si nous gâtons tout cela en l'exposant."

"Tu as raison," acquiesça Hermione, "Il ne nous ferait pas cela sans raison."

"Une maudite bonne raison ," lui rappela Ron.

Elle sourit faiblement. "Oui", elle capitula, "une maudite bonne raison." Alors Hermione soupira et dit, "Alors ce que tu dis est que cela n'importe pas si c'est Harry ou pas - nous ne pouvons pas nous permettre d'attirer l'attention sur lui d'une manière ou d'une autre."

"C'est à peu près cela," acquiesça Ron.

"Mais," protesta Hermione, "et si nous pouvions le découvrir sans attirer l'attention..."
Mais Ron secoua la tête.

"Hermione," dit-il avec bonté, "je ne prétends pas comprendre comment tu peux absorber des livres de la manière dont tu le fais - ou comment tu peux lire un sort trois ou quatre fois et bien le lancer ensuite la première fois que tu l'essayes - mais je comprends qu'il y a quelque chose à l'intérieur de toi qui semble simplement ... et bien, devoir savoir des choses. Mais parfois il y a des choses que l'on a pas besoin de savoir et parfois des choses que l'on ne devrait pas savoir."

Hermione ne semblait pas heureuse du tout.

"Hermione," soupira Ron, "mon père travaille pour le Ministère. Nous le harcelons toujours pour nous dire ce qui se passe. Mais si nous lui demandons quelque chose et qu'il dit ' je ne peux pas vous dire cela ', alors nous évitons ce sujet comme la peste. Nous le faisons parce que si nous lui posons une question et qu'il laisse accidentellement quelque chose glisser, alors nous pourrions lui faire avoir beaucoup d'ennuis. Parfois je ne pense pas que je sais ce qu'il fait même pour le Ministère désormais - mais quoi que cela soit, c'est trop important pour risquer son travail juste parce que nous sommes curieux."

"Et," ajouta Hermione astucieusement, "votre papa s'inquiète que si quelqu'un découvre qu'il vous dit des choses - alors vous deviendriez des cibles pour enlèvement."

Ron hocha la tête. "Nous le sommes de toute façon," ajouta-t-il. "Tout le monde qui a de la famille haut dans le Ministère. Les Aurors sont venus mettre de nouvelles protections sur notre maison l'été dernier."

"Ron!" haleta Hermione. "Pourquoi ne me l'as-tu pas dit ?"

"Ce n'est rien de spécial," le rouquin haussa les épaules . "Cela a été fait pour un tas de gens - particulièrement les familles avec un Auror dedans."

Hermione frissonna. La pensée d'un Auror que Voldemort ferait chanter ...

"De toute façon," lui dit Ron, "il y a des choses que je crois honnêtement que je fais mieux de ne pas savoir. Cela ne signifie pas que je ne veux pas savoir - juste que je ne pense pas que le prix de savoir en vaut le risque. Que Ash soit vraiment Harry tombe dans cette catégorie."

Hermione resta silencieuse quelque temps. Alors elle fit le commentaire : "Je semble me rappeler un certain Professeur nous dire combien il est dangereux de savoir des choses que les autres gens ne savent pas."

Ron sourit. "Mais au moins nous avons la certitude de savoir, qu'un jour Harry nous dira ce qui se passe. Après tout - où qu'il soit ou qui qu'il soit - il ne peut pas fuir toujours et nous sommes ses meilleurs amis !"

Hermione hocha la tête. "Oui - je suppose," admit-elle. Elle semblait quelque peu plus heureuse à la pensée. Savoir qu'elle saurait un jour ce qui était arrivé la consolait. Ron avait raison - il y avait vraiment quelque chose à l'intérieur d'elle qui avait horreur de ne pas savoir quelque chose. Alors elle regarda son camarade Gryffondor avec curiosité. "Ron", commença-t-elle, "pourquoi m'as-tu aidé dans mes recherches avant ? Si tu pensais à tout cela même alors, et bien ... n'avons-nous pas déjà mis le Professeur en danger ?"

Ron haussa les épaules. "Je n'ai jamais dit que je ne voulais pas savoir," répondit-il , "et je supposais que tant que nous étions prudents, que nous essayions au moins une fois ne ferait pas trop de dégâts." Alors il soupira. "Mais une fois était tout ce que je suis préparé à risquer. Nous avons essayé - et nous ne savons toujours pas . Maintenant nous devons vivre en ne sachant pas jusqu'à ce que Harry n'apparaisse et ne nous l'explique." Il la regarda et ajouta ensuite, "Et quant à cet essai - et bien, il n'y avait pas autant de risque que tu pourrais penser. Après tout, personne ne cligne même des yeux quand ils te voient avec le nez dans un livre - et ce n'est pas comme si je n'avais pas joué le rôle de bibliothécaire pour toi avant."

"Oui," acquiesça Hermione, "mais si quelqu'un décide de rechercher tous ces livres que tu as emprunté pour moi ? Il y avait seulement deux sujets après tout : les miroirs et les sorts de déguisement. Tout le monde qui examinerait ton historique d'emprunts le calculerait vite."

Ron sourit pratiquement d'un air satisfait. "Pas s'il n'y a pas d'historique d'emprunt à trouver," répondit-il.

"Ron!" haleta Hermione. "Tu n'as pas volé ces livres, n'est-ce pas ?"

"Bien sûr que non!" répondit-il d'un ton offensé. "Ils sont tous retournés pile là d'où ils venaient!" Alors il fit une pause avant d'ajouter, "je n'ai simplement pas dérangé Madame Pince avec tous les petits détails. Je lui ai épargné beaucoup de travail, en fait."
Hermione ne savait pas s'il fallait être épouvantée ou admirative. "Ron! C'est ... C'est..."

"Super? Très intelligent ? Bien fait ? Tout à la fois ?"

"Oh - toi ..!" Avec une affection exaspérée, Hermione le tapa légèrement sur le bras.
Ils rirent tous les deux et sur cette note plus légère Ron suggéra que peut-être ils avaient occupé le salon du professeur Ash assez longtemps. Cependant, juste avant que Hermione n'annule le sort de Silence, elle demanda soudain : "Ron ? Sérieusement - penses-tu que c'est lui ?"

Ron considéra cela. "Assez Curieusement," dit-il finalement, "je ne pense pas que cela importe." Hermione leva ses sourcils. Ce n'était pas une réponse qu'elle avait prévue. Ron essaya d'expliquer. "S'il est Harry, alors il est un adulte maintenant. Il est ... il est Mage de Guerre. Il a grandi et il a passé des années et des années loin de nous - loin de tout en fait. Il serait différent et une partie de moi espérait vraiment que ce n'était pas lui parce que je ne voulais pas qu'il soit différent. Je ne voulais pas qu'il se soit détaché de nous. Cela faisait un peu mal d'imaginer qu'il pourrait ne plus être notre ami - ou qu'il pourrait penser à nous comme à deux personnes qui étaient ses meilleurs amis quand il était gosse."

Hermione eut l'air peinée.

"Mais," continua Ron , "aujourd'hui en classe ... après que j'ai passé ce couloir la dernière fois - tu te rappelles ce qu'il m'a demandé après ?"

"Si tu étais un héros ou un lâche ?" demanda Hermione. "Oui", répondit-elle, "et je me souviens avoir pensé que c'était une question très impolie, aussi - mais alors tu lui as dit que tu étais les deux et ... et bien, on aurait dit que vous deux partagiez une plaisanterie privée ou quelque chose de ce genre, et donc j'ai pensé que cela devait être bien."

Ron sourit. "Plus que bien, Hermione. C'était ... un instant, nous étions les deux seules personnes là. Je ne t'ai pas encore parlé de cela, mais il ne plaisantait pas quand il a posé cette question - ni moi quand j'ai répondu. Nous ne souriions pas parce que nous avions dit quelque chose de drôle - nous souriions parce que j'avais compris ce qu'il demandait et qu'il comprenait ma réponse. Vous avez seulement entendu les mots - mais il y avait une conversation entière que vous n'avez pas entendu parce que nous ne l'avons pas dite à haute voix. Nous n'en avions pas besoin."

Hermione y pensa. "Ce n'est pas tout le monde ," répondit-elle lentement, "qui comprend ce que nous disons quand nous ne le disons pas vraiment."

"Non, ce n'est pas tout le monde," acquiesça Ron. "Parfois quelqu'un de ma famille le fait. Mais pas souvent. Surtout c'est simplement toi ... et Harry. Donc tu vois," expliqua-t-il , "je ne pense pas que cela importe si Ash est Harry ou pas - parce que je sais déjà qu'il va être un ami - et un bon aussi. S'il s'avère qu'il est aussi Harry Potter, alors cela signifie juste que nous serons encore meilleurs amis. Mais je n'en suis plus inquiet . Ce sera bien d'une façon ou d'une autre - et sachant cela, je peux attendre la vérité sans avoir peur de ce que je pourrais découvrir."

Ron lui souriait et le regard d'acceptation sur son visage fit répondre Hermione par un sourire. "Donc je suppose," dit-elle avec une ironie désabusée, "que nous continuons simplement comme avant. Il est notre professeur de Défense et notre ami - et même s'il s'avère qu'il est Harry Potter, alors il est toujours notre professeur de Défense et notre ami."

Ron hocha la tête d'accord. "Penses-tu que tu peux supporter ça, fille de recherche ?"
Hermione rit. "Je le peux si tu peux, garçon aux livres."

"Alors rendons au Professeur son salon," suggéra Ron. Et avec cela, Hermione annula le sort de Silence et ils allèrent faire savoir à Ash qu'ils avaient fini.

Ils trouvèrent le Mage de Guerre assis dans son étude, regardant fixement le mur opposé avec des yeux vides. Il avait posé les pieds sur la table et son livre était ouvert sur ses genoux.

"Monsieur ?" demanda Ron avec hésitation.

Leur enseignant ne sembla pas les entendre.

"Professeur ?" demanda Hermione d'une voix plus forte.

Le mage cligna des yeux et les regarda. "Désolé", s'excusa-t-il après un moment. "J'étais entièrement ailleurs." Alors il enleva ses pieds du bureau et se leva. "Terminé ?"
demanda-t-il. Ils hochèrent la tête et le remercièrent pour les avoir laissé utiliser son salon. "Aucun problème," assura-t-il. "Comme je l'ai dit auparavant, vous êtes toujours les bienvenus." Alors il les raccompagna à la porte et les deux élèves partirent - se dirigeant vers la tour Gryffondor avant que le couvre-feu ne les attrape dans les couloirs.


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Harry referma la porte sur ses deux amis, heureux qu'ils aient vraiment pris son offre d'une place sûre pour parler qu sérieux. Non seulement cela soulageait ses soucis qu'ils puissent parler de choses où d'autres pourraient les entendre, mais cela le réchauffait aussi de penser qu'ils lui faisaient autant confiance. Avec un peu de chance, ils commenceraient à le voir comme plus que simplement un autre enseignant. Le processus avait déjà commencé avec Ron et leur moment partagé de compréhension dans la classe ce matin était un bon commencement.

S'il pouvait les faire tous deux apprécier 'Ash', alors il avait une bien meilleure chance de les faire apprécier un Harry Potter de vingt-neuf ans. Ron et Hermione étaient tant une partie de lui que Harry ne pouvait pas supporter la pensée de ne pas les avoir dans sa vie. Il avait bon espoir qu'en développant une amitié avec eux en tant que leur professeur, il pourrait leur donner une manière d'avoir des points communs avec lui quand ils découvriraient finalement ce qui était arrivé. Il y aurait quelque confusion d'abord, mais quand ils découvriraient qu'il n'était plus leur ami de seize ans, ils auraient toujours leur amitié avec 'Ash' sur laquelle retomber.

Harry revint à son étude et ramassa son livre. C'était un roman policier et un assez bon. Il en était environ au trois quarts et il ne savait toujours pas qui le tueur était. Regarder le livre broché lui rappela soudain la sensation qui l'avait distrait juste avant que Ron et Hermione n'arrivent pour le remercier d'avoir pu utiliser ses appartements.

Pendant son temps dans le Miroir, Harry s'était appris à se concentrer sur les impressions différentes qu'il recevait de sa cicatrice. Même avec la connexion resserrée au minimum, quelque sensation suintait toujours à travers et n'importe quelle source d'information sur Voldemort ne devait pas être ignorée.

Directement avant que Hermione n'appelle son nom, Harry avait senti l'éclat momentané d'une sensation faible mais familière. Mais cela avait été quelque temps depuis qu'il l'avait sentie pour la dernière fois et cela lui avait pris quelques secondes pour replacer le sentiment. Alors c'était revenu.

// L'appel de Voldemort, // se rappela Harry. // Ce bâtard a appelé Severus à un meeting. // Normalement, il ne saurait pas quand le Seigneur des Ténèbres appelait l'un de ses Mangemorts. Mais Harry était devenu accordé avec Severus avec le temps et apparemment cet accord compatissant était toujours présent. Cela n'importait pas que Sev ' le connaisse à peine dans le monde réel - la liaison émanait de Harry et résultait d'une combinaison de son lien à Voldemort et de son centrage sur le bien-être de Sev. Puisqu' aucune de ces choses n'avait changé après qu'il ait quitté le Miroir, alors la conscience était de même inchangée.

// Sois prudent, Sev ', // avertit-il mentalement. // J'ai des plans pour nous cette fois-ci et tu ferais mieux de pas de les faire louper en te faisant tuer. //


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A une courte distance le long du couloir, Severus avait aussi été en train de lire. Le sujet de son intérêt était un article notamment intrigant sur des techniques expérimentales de fabrication de potions. Il avait été complètement immergé dans le sujet et s'était - à quelque point - déplacé de son fauteuil près du feu vers son bureau pour pouvoir prendre des notes sur les procédures diverses, avec un oeil attentif à la possibilité de les utiliser dans des expériences impliquant ses propres recherches.

Quand la sommation arriva, ce fut complètement inattendu et chaque muscle de sa avant-bras se contracta de douleur lorsque la Marque Sombre brûla soudainement comme de l'acide sur sa peau.

Un moment plus tard et l'agonie était réduite à un mal secondaire.

Serrant les dents et agrippant toujours son bras abusé, Severus étendit soigneusement sa main gauche et la fit bouger. Le jeu des tendons et des muscles bougeant sous la marque à l'air sinistre, faisait tirailler la Marque de temps en temps - mais il permit aussi à Severus de se rassurer que sa main gauche était toujours en état de marche.

Il savait que le mal morne présent augmenterait fermement en une douleur intense s'il tardait à répondre à la sommation de Voldemort. S'il résistait à l'appel, alors il subirait finalement une douleur bien pire de la Marque Sombre que le premier moment de convocation. Cet éclat initial d'agonie avait simplement été la manière du Seigneur des Ténèbres d'obtenir son attention.

Severus se leva immédiatement de son bureau et revint à la cheminée. "Incendia Refero Dumbledore," dit-il, agitant sa baguette devant les flammes basses. Le feu hurla jusqu'à remplir le foyer.

"Severus ?" vint la voix étonnée d'Albus Dumbledore. Une suggestion vague du visage du Directeur vacilla dans les flammes dansantes.

"Albus, j'ai été appelé - je pars maintenant."

"Y avait-il quelque chose de prévu ?" lui demanda Albus avec souci.

"Non," répondit-il d'un air mécontent . "Je n'ai aucune idée de ce que c'est , ou du temps que cela me prendra. Je ferai mon rapport quand je le pourrai."

Alors vint un soupir du feu. "Sois prudent mon garçon."

"Je le suis toujours," et avec cela, le Maître de Potion termina sommairement le sort. Saisissant son balai en se dirigeant à grands pas vers la porte, toute pensée pour l'article sur les potions était oubliée.

Derrière lui sur le bureau, une feuille de parchemin était posée à côté de l'article ouvert. La plume négligemment abandonnée et la tâche d'encre au-dessous des rangées propres d'écriture, portaient un témoignage muet du départ brusque de l'auteur - et de l'obéissance absolue que Voldemort exigeait de ceux qui portaient sa Marque.


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A suivre