Story: Les cicatrices des héros.
Autor: Swato
Pairing: NarutoXSasuke
Rating: M
SU&NU
Résumé: Sasuke est parti de chez lui à l'âge de onze ans. Huit ans plus tard, il revient à Konoha et rencontre un garçon très bizarre. Mais pourquoi le prend t-il pour un super héros ?
µ
Cette fiction est toujours RATED M.
Le monde est toujours cruel ! Cette fic ne fera peut-être pas mention du port du préservatif mais n'oubliez pas que dans la vie réelle, vous devez vous protéger !
µ
µ
_CHAPITRE 10_
µ
... Mais l'espoir perdure
Dossier de Sasuke Uchiwa, 12 ans :
Je suis le nouveau psychologue de Uchiwa, je ne comprends pas pourquoi on l'a fait changé de ville de cette façon, si tu veux mon avis, ils sont complètement à la ramasse dans sa famille. Encore un garçon riche, malheureux parce qu'il n'a pas l'attention nécessaire de ses parents. Tu aurais vu son regard aujourd'hui, j'en ai encore des frissons dans le dos.
Ce gosse vient à peine d'avoir 12 ans et il est déjà blasé de la vie. Je ne sais pas comment ça se passe au sein de sa famille, mais si tu veux mon avis, ses parents l'ont sacrément bien cassés.
Je t'enverrai une autre lettre, j'ai besoin de ton avis de toute urgence.
Yugito Nii
µ
Je soupirais en évitant une fois de plus la main tendue de Hinata.
- Pardon, s'excusa t-elle.
Nous nous étions arrêtés dans un parc, je ne savais même pas qu'il existait. Hinata s'était stoppé sur un pont, la rivière dessous s'écoulait joyeusement, les clapotis de l'eau étaient vif et on pouvait quelque fois entendre une grenouille coasser. Je m'asseyais à même le sol, laissant pendre mes pieds dans le vide et m'accoudant à la petite barrière en bois du pont. C'était un endroit agréable. Ça me rappelait le lac des quartiers Uchiwa. Une vague de nostalgie s'empara de moi et j'eus un petit sourire en y repensant.
- J-je n'ai jamais compris pourquoi tu n'aimais pas q-qu'on te touche. J-Je suppose que c'est comme ça...
- J'ai jamais compris pourquoi tu bégayes, je suppose qu'on est quitte, dis-je ironiquement.
Je ne savais pas pourquoi j'avais cette envie de la blesser, de lui faire du mal. Je la détestais. Je grognais quand elle s'assit à coté de moi avec un petit soupir doux et m'éloignais un peu.
- S-Sakura t'a dit qu'on est ensemble. E-Elle me l'a dit, précisa t-elle.
Je ne répondais pas, je ne voyais pas pourquoi elle me parlait, je ne savais pas pourquoi, bon sang, pourquoi je l'avais suivit. Et je me demandais ce qu'elle me voulait, bordel. Elle remit une mèche de cheveux noir derrière son oreille, son sourire était doux et fixé sur le paysage en face de nous, je ne voyais pas ce qu'elle y voyait d'extraordinaire. Il faisait noir, les arbres formaient d'inquiétantes ombres sur le sol, la rivière passait sous nos pieds mais il n'y avait rien d'extraordinaire.
- A-Au début, quand je t'ai vu, j'ai cru que t-tu étais quelqu'un de mauvais. Mais certaines personnes agissent comme s-si elles étaient mauvaises alors qu'elles ne le sont pas... A-Alors je me suis dit qu'il fallait attendre avant de juger. Et j'ai eut raison.
C'était étrange, elle parvenait à prononcer les phrases courtes sans bégayer. Hinata ne me regardait pas en parlant, son attention était complètement fixé sur le paysage, je détournais les yeux d'elle à mon tour, mettant une main dans ma poche parce que j'avais froid.
- E-Est-ce que tu t'es disputé avec Naruto ? Demanda t-elle.
- C'est pas tes affaires, rétorquais-je.
- Naruto est q-quelqu'un de gentil, il est juste un p-peu imprévisible mais il est fidèle.
- Pourquoi est-ce que tu me racontes ça, grommelais-je.
- E-Et bien... Vu que v-vous sortez ensemble, j'ai pensé que...
Je me tournais brutalement vers elle, si rapidement que je sentis presque mon cou craquer. Je relâchais ma respiration que j'avais retenue sans m'en rendre compte. Alors comme ça, on me prenait pour un gars cocu ? Étais-ce pour cela que j'avais essuyé des regards de pitié aujourd'hui au lycée ?
- Je ne sors pas avec lui, dis-je en me détournant à nouveau.
- Mais ! Et-Et le baiser dans les couloirs ? Demanda t-elle en se tournant vers moi avec un air éberlué.
- Je l'ai aidé à gagné un pari. En échange, il m'a acheté un livre, dis-je en haussant les épaules.
Pourquoi est-ce que je me justifiais au juste ? Et pourquoi est-ce que je parlais à une fille ! ? Une putain de FILLE ? Je me redressais et m'apprêtais à partir quand elle me retînt par le bras, je la repoussais violemment.
- A-Attends, je dois te dire quelque chose, dit-elle, affolée que je parte.
Je me rasseyais de mauvaise grâce et attendais qu'elle parle. Je la sentais qui me regardait mais je n'en faisait rien et gardais le visage tourné vers le paysage.
- Naruto ne pari pas, me dit-elle.
- La preuve que si, rétorquais-je.
- N-Non, tu ne comprends pas... Il ne peut pas parier, insista t-elle.
Je me tournais vers elle, un sentiment d'énervement bien planté au creux de mon estomac. J'étais fatigué qu'on me parle par énigme. Je voulais qu'elle balance sa bombe et qu'elle me foute la paix.
- U-Un garçon lui a déjà fait du mal de cette manière, N-Naruto a jurer de ne plus jamais faire de pari. Nous ne parions p-plus avec lui, même pour de petite chose, N-Naruto ne veut plus en entendre parler.
- Qu'est-ce qu'il lui a fait ?
Je me mordais les lèvres, mécontent d'avoir laissé échapper cette question. Mais j'étais curieux. Je fis semblant de ne pas être intéressé et regardais une pierre avec beaucoup d'attention. Cela ne la trompa pas, elle fit un petit sourire triste et regarda le paysage à son tour, s'accouda à la barrière comme moi, ses cheveux noirs flottant autour d'elle.
- N-Naruto a toujours été tout seul, il n'a jamais c-caché qu'il aimait les garçons et au début, certaines personnes l'ont m-mal pris. Il n'avait jamais rencontré de p-personne homosexuelle avant et quand un autre garçon est v-venu le trouver en lui disant qu'il était tombé amoureux de lui, N-Naruto n'a pas hésité et il est sorti avec lui.
Je l'écoutais attentivement, essayant de m'imaginer Naruto avec un autre garçon. Je n'arrivais pas à me représenter l'autre, il était flou dans ma tête et cela m'énerva sans que je comprenne réellement pourquoi. Hinata soupira et je revins à l'instant présent alors qu'elle ouvrait de nouveau la bouche.
- Jusqu'au jour où il est v-venu le voir avec une cassette dans les mains a-avec ses amis qui riaient derrière lui. A-Apparemment, il avait parié avec ses a-amis qu'il pourrait coucher avec Naruto, preuve à l-l'appui.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Kiba lui a c-cassé la figure. En fait, tout c-ceux qui se sont moqués de Naruto ont p-passés un mauvais quart d'heure.
- Et la cassette ? Demandais-je.
- Tous les garçons d-de la classe sont allés chez lui, ils ont d-détruit la caméra, l'ordinateur, la cassette et la s-sauvegarde sur la clef USB, raconta t-elle d'une voix sombre. Mais cela n'empêche qu'ils ont t-tous vu et ça, personne ne pourra l-l'effacer. Je n'aurais pas du t-te raconter ça, mais malgré les apparences, Naruto n'est p-pas aussi fort que tu ne le crois. I-Il est gentil.
- Il parle mal de moi dans mon dos, rétorquais-je.
- Na-Naruto ? Demanda t-elle, surprise.
Je hochais distraitement la tête. Un poids venait de s'ôter de mes épaules et c'était étrange que rien que le fait d'en parler m'apaisait. Je me dégageais quand Hinata tenta de poser une main sur mon épaule, elle fit claquer sa main sur sa cuisse et je tournais mon regard vers elle. Elle était en colère. Ses yeux me fusillaient du regard, c'était la première fois que je la voyais aussi fâchée.
- P-Pourquoi est-ce que tu ne veux p-pas que je te touches ! Je n'ai pas la g-galle ! S'écria t-elle. C'est p-parce que je suis homosexuelle ? Demanda t-elle.
Surpris par son éclat de colère, un petit ricanement passa le barrage de mes lèvres, ce qui parut la vexer. Elle croisa les bras sur sa poitrine, me dardant furieusement de ses yeux pales.
- Je me fiches complètement de ce que tu fais avec Haruno. Je ne veux pas qu'une fille me touche, un point c'est tout, conclus-je d'une voix dure.
- Est-ce que... Est-ce que tu as un problème relationnel avec ta mère ?
Je clignais stupidement des yeux et sursautais quand une lueur victorieuse passa dans son regard. Je feignais l'indifférence et me mettais debout, frissonnant tandis qu'elle me suivait des yeux.
- J-Je fais des études de psychologie a-après les cours. Je c-crois que ça commence à payer.
- Tu as tort, révise ton diagnostic, espèce de débile, lui dis-je d'une voix moqueuse.
Je ne lui laissais pas le temps de répondre et tournais les talons.
- Eh ! A-Attends moi !
- Quoi ? Grognais-je
Je me tournais à moitié mais ce fut assez pour voir son visage paniqué et sa course rapide vers moi. Je m'éloignais quand elle fut juste à coté de moi et elle rougit.
- J-Je ne veux pas rester dans le p-parc seule... Est-ce que je peux m-marcher avec toi jusqu'à la sortie ? Demanda t-elle d'une voix timide.
- Pourquoi ? Grimaçais-je.
- Plusieurs filles... P-Plusieurs filles se sont déjà faite violer ici... J-J'ai peur, déclara t-elle.
Je haussais les épaules et regardais le parc d'un œil critique. Tout avait l'air calme et tranquille par ici. Je reprenais ma marche tranquillement, évitant de penser.
- T-Tu veux que je parle à N-Naruto ? Pour ce qu'il a d-dit derrière ton dos, précisa t-elle.
- J'ai besoin de personne et sûrement pas de toi, rétorquais-je d'une voix froide.
- Est-ce que... Est-ce que ça t-te dérangerait de me c-conduire quelque part ? J'ai peur t-toute seule et il est tard... demanda t-elle d'un air gêné.
- Mais pourquoi par l'enfer ? Demandais-je à voix basse.
Je regardais mes pieds. Je n'avais pas envie de rester plus longtemps en sa compagnie, mais je ne voulais pas encore rentrer chez moi. Mais d'un autre coté, je ne voulais pas rester avec elle, je voulais être seul mais j'avais peur d'être seul ce soir. Je ne voulais plus me souvenir. Quand nous atteignîmes la sortie du parc, nous marchions cote à cote avec une distance de sécurité que j'avais imposé, c'est à dire, à au moins trois mètres l'un de l'autre. Je grimaçais quand je vis les rues bondés de monde. Des jeunes riaient, des bouteilles de saké à la main, d'autre se tenaient la main en se lançant des sourires tendres. Je grognais et m'arrêtais pour attendre Hinata qui avait du mal à se faufiler dans la foule. Je soufflais, agacé.
Elle était longue et passait son temps à rougir en s'excusant d'avoir bousculé des gens. Elle souffla de soulagement une fois arrivée à ma hauteur et regarda autour d'elle d'un air angoissé.
- I-Il y a trop de monde, d-donne moi la main.
Je sursautais violemment quand elle se saisit de ma main et la secouais pour qu'elle l'a lâche mais elle tint bon.
- Lâche moi ! Protestais-je.
- O-On va finir par se p-perdre, aller viens !
Elle tira dessus et elle m'entraîna malgré moi, j'essayais de faire peser tout mon poids pour la ralentir. Ce qui fonctionna, mais Hinata ne râla pas une seule fois. Je tirais parfois sur ma main pour la faire lâcher. C'était désagréable comme touché, elle avait les mains moites et je détestais cela. Hinata me traîna un moment mais quand la foule se dispersa, je tirais violemment sur mon bras et la fit lâcher. Elle se tourna pour me regarder un moment. Je ne me sentais pas coupable du tout, je l'avais prévenu, je n'aimais pas qu'on me touche. Je levais la tête, la défiant de se mettre en colère, mais elle haussa simplement les épaules et reprit sa route.
Je la suivais à petit pas, souhaitant mettre le plus de distance possible entre nous. Je soupirais et m'arrêtais en fermant les yeux. J'étais agacé, mais je ne savais pas pourquoi.
- Sa-Sasuke-kun ?
Je rouvrais les yeux et reprenais ma marche, ne faisant pas attention à elle plus que cela. Je sursautais quand elle essaya de prendre ma main à nouveau, je la poussais sur le coté et elle trébucha sur quelque pas tandis que la fixais furieusement.
- Tu vas arrêter de me coller comme ça ? Je t'ai déjà dit de pas me toucher ! Sifflais-je.
- Hinata ! Cria une femme.
Je me retournais dans la direction du cri et tombais sur Sakura qui courrait pour nous rejoindre. Je sentais un mal de tête pointer son nez. Je voulais rentrer chez moi maintenant. Le plus vite possible d'ailleurs.
- Sakura !
- Bon sang ! Où est-ce que tu étais ? On avait dit une heure pas deux ! Gronda t-elle en arrivant à notre hauteur.
Je soupirais bruyamment et les regardait toute les deux, grimaçant quand Sakura prit la main de Hinata, entrelaçant leurs doigts.
- Sasuke-kun ? Mais qu'est-ce que tu fiches ici avec Hinata ? Demanda Sakura en fronçant les sourcils.
- Rien. Je rentre maintenant, répondis-je en tournant les talons.
- Sa-Sasuke-kun !
Je me retournais à l'appel d'Hinata, levant les yeux au ciel. Pourquoi est-ce que j'étais sortis aujourd'hui exactement. Mon mal de tête s'installa et je grimaçais parce que la douleur était lancinante.
- Est-ce que... t-tu veux venir avec nous ? Demanda Hinata avec hésitation, regardant Sakura du coin de l'œil.
Et elle fit bien, je vis Sakura pincer les lèvres en une moue mécontente. Elle ne voulait sûrement pas être dérangé alors qu'elle flirtait avec sa copine. Et puis, tenir la chandelle, très peu pour moi. Je secouais la tête et tournais les talons une fois de plus, les laissant seules.
- Alors ? Tu me fais des infidélités ? Grogna Sakura d'une voix menaçante.
- Bien sûr que non ! S'exclama Hinata.
Je haussais les épaules en entendant cette bribe de conversation et reprit le chemin en sens inverse. Je jurais quand la pluie tomba ardemment sur moi et quand je rentrais, je laissais tomber ma veste trempée sur le sol, me disant que je la rangerais le lendemain. Je tombais mon pantalon à nouveau et passais dans la cuisine où je pris mes comprimés ainsi qu'un somnifère.
Je ne m'endormis cependant pas tout de suite, les somnifères mettaient toujours environ trente minutes à agir. C'était ces moments là que je voulais éviter le plus possible, je ne voulais pas penser.
Mon frère m'avait éjecté de sa vie et je m'en voulais.
Je savais que ce que j'avais fait était la solution juste. Je n'avais pas pu faire autrement. Et puis, j'avais six ans quand j'avais commencé à voir un psychologue, j'étais trop petit à l'époque pour comprendre ce qui se passait autour de moi. Papa avait gardé ça secret, et je m'étais tu aussi, pensant que c'était ce qu'il fallait faire. Ça faisait deux ans que je n'avais plus revu de psychologue mais on m'envoyait mes ordonnances par courrier. De toute façon, je savais que j'en aurais pour toute la vie avec ces bazars. Ça n'empêchait pas ce sentiment de culpabilité que je ressentais.
Je me sentais coupable de devoir toujours dépendre d'un comprimé, de ne devoir jamais casser le rythme par peur de péter un câble. J'aurais voulu pouvoir arrêter tout ça. Mais ce n'était pas possible et je le savais. On était pas dans une de ces séries américaines où le personnage principal arrivait à surmonter toute ses difficultés grâce à ses amis ou à sa copine. On était dans la vie réelle, et me passer de mon traitement, c'était m'envoyer directement à l'hôpital psychiatrique.
Itachi avait raison, mais je voulais bien l'y voir à ma place. J'aurais voulu le plonger dans ma situation et voir comment il aurait réagit, peut être qu'il aurait fait comme moi... Peut être pas.
Je soupirais en me retournant sur le dos, la fatigue ne venait pas. Je regardais le plafond et m'attardais sur le dernier sujet qui fâchait. Naruto. Je ne savais même plus pourquoi on s'était réellement disputé. Est-ce que mon rejet l'avait blessé ? Ou est-ce que c'était parce qu'il était déjà à bout de nerf avant ? Je trouvais ça stupide.
Le somnifère commença à faire effet et dans mon endormissement proche, je me surpris à espérer qu'on se réconcilierait bientôt. Naruto me manquait...
Je ne fis pas de rêve cette nuit là, ce qui était plutôt étonnant parce que j'en faisais pratiquement toute les nuits... Le réveil fut moins doux cependant. Je grimaçais quand la sonnette retentit encore une fois et mettais mon oreiller sur ma tête pour étouffer le bruit.
En plus ça devait être une erreur... Personne n'avait de raison de venir chez moi. Je grognais quand la personne à la porte s'acharna et sonna de plus en plus vite. Je me levais furieusement, me prenais le pied dans mon draps et m'écroulais sur le parquet en geignant. C'était pas un bon jour. Cette idée persista alors que je me traînais vers la porte, complètement à la ramasse, une main dans les cheveux dans l'espoir d'y mettre un peu d'ordre. J'ouvrais furieusement la porte et me retrouvais en face d'une vieille dame. Je grimaçais quand elle pinça les lèvres à ma vue.
- Enfin jeune homme ! Ce n'est pas une tenue pour ouvrir la porte à quelqu'un ! Grinça t-elle.
Je regardais ma tenue et haussais les épaules en regardant distraitement mon horloge. Il était 6 heures du matin. Je fermais furieusement les yeux, me pinçant l'arête du nez en soufflant bruyamment. Une mamie osait me réveiller à une heure pareille...
- Écoutez mamie, ce n'est peut être pas une tenue pour ouvrir la porte à quelqu'un, mais ce que je sais, c'est que 6 heures du matin un samedi, ça n'est sûrement pas une heure pour sonner chez les gens ! Sifflais-je.
- Oh ! Quel impertinent ! S'indigna t-elle
- Bon, maintenant que je suis réveillé, qu'est-ce que vous voulez ? Grognais-je.
- Vous signaler que votre animal de compagnie urine sans arrêt devant ma porte ! S'exclama la vieille dame.
Je rouvrais les yeux et grognais. Elle avait plein de ride, tellement que l'on aurait pu assimiler son visage à un vieux parchemin égyptien.
- Je n'ai pas de chien ! Rétorquais-je
Je lui refermais la porte au nez et m'adossais au mur de l'entrée. La sonnette retentit une fois de plus et je soupirais en ouvrant à nouveau. La vieille dame me lança un regard outré, les mains sur les hanches, me fusillant du regard.
- Ne vous moquez pas de moi, jeune homme ! Je le vois tout les matins sur le pas de votre porte !
- Je n'ai pas d'animal ! Est-ce que vous voyez quelque chose qui jappe et qui pisse dans mes pattes ? Non ! ? Alors arrêtez de me harcelez, je vous dit que je n'ai pas de chien !
Je lui fermais la porte à nouveau au nez, soupirant bruyamment. J'étais en train de marcher jusqu'à ma chambre, m'apprêtant à me recoucher quand la sonnette retentit à nouveau. Je m'arrêtais, sentant la colère monter en moi. Une fois ça allait bien, deux fois ça commençait à faire lourd mais alors trois fois ! Je marchais à grand pas vers la porte et l'ouvrais comme un forcené.
- Je n'ai pas de chien, bordel de merde vous êtes sourde ! ? Criais-je.
N'ayant pas de réponse, je m'arrêtais de hurler et regardais la vieille dans les yeux. Je tombais sur deux billes céruléennes. Naruto se tenait sur le pas de ma porte, il avait reculé à mon éclat et me regardais comme si j'avais été fou. Je m'avançais un peu, regardant à droite et à gauche, mais la grand mère avait l'air d'avoir foutu le camp.
- Sasuke ? Est-ce que t'es clean ? Demanda t-il d'une voix amusé.
Je lui lançais un regard noir et entrais à nouveau chez moi, laissant la porte ouverte pour qu'il puisse entrer. Je devais être sacrément sadomasochiste à ce train là. Je soupirais en me frottant les yeux d'une main quand la porte claqua derrière moi.
- Je suis désolé de débouler comme ça... Surtout après... enfin bref, commença t-il d'une voix gêné.
- Ça tu peux le dire, répondis-je amèrement.
Ce n'est pas parce qu'il revenait comme ça que j'allais lui pardonner. Il avait foutu un sacré boxons dans ma tête, je ne savais plus quoi penser de lui.
- Avant de t'expliquer... ce qu'il y a à t'expliquer, je voulais te demander quelque chose...
Sa voix était fluette, elle ne ressemblait pas vraiment à son comportement de d'habitude. Je me tournais vers lui et m'arrêtais à ce qu'il tenait en main. Je relevais mon regard vers lui. Il avait l'air misérable et à bout de nerf. Ses cheveux, déjà dans une pagaille indescriptible à l'origine, étaient un peu plus ébouriffé que d'habitude. Ses yeux étaient cernés de noirs et il semblait ne pas avoir dormi de la nuit.
- Qu'est-ce que tu fous avec une valise ? Lui demandais-je.
- Ah ah, j'y viens, déclara t-il. Je... Je me suis fait viré de mon boulot le mois dernier, j'ai fait comme j'ai pu pour rassembler le loyer la dernière fois mais ce mois-ci, j'ai pas réussi. On m'a viré de chez moi, expliqua t-il en passant d'un pied à l'autre.
Je l'écoutais m'expliquer tout cela, essayant de comprendre ce qu'il me disait. Alors si il revenait, c'était seulement parce qu'il était à la rue, pas parce qu'il avait voulu se réconcilier avec moi. Cette état de fait me fit grimacer. Mon cœur se serra et je jurais mentalement. Que je le veuille ou non, qu'il se serve de moi, ça faisait mal.
- Alors tu débarques comme ça, et tu t'attends à ce que je te serve de bouée de sauvetage ? Demandais-je à voix basse.
- Bien sûr que non... Ah, soupira t-il.
Sa valise glissa de sa main et tomba sur le sol en un bruit sourd, je détournais le regard alors qu'il se laissait glisser contre le mur d'entrée, posant ses coudes sur ses genoux et passant une main lasse sur son visage.
- J'étais en train d'emballer mes affaires pour foutre le camp et Hinata m'a appelé. Elle m'a traité de tout les noms en disant qu'elle venait de te voir et que tu croyais que j'avais parlé derrière ton dos. Enfin bref, après ça, je suis sorti et j'ai squatté le centre ville pour éviter d'avoir à traîner dans les rues. Et j'ai repensé à ce qu'elle m'avait dit. La seule fois où j'ai parlé de toi à quelqu'un, c'était à Ino.
Je pinçais les lèvres presque sans m'en rendre compte, me rappelant ce qu'il avait dit, comme quoi j'étais taré et que personne ne pourrait jamais rester avec moi. Je savais que j'étais fêlé, mais l'entendre dire, c'était encore pire que de le savoir. Ma réaction sembla suffire à Naruto, il soupira encore tandis que je m'appuyais contre le mur en fermant les yeux.
- Donc tu nous as entendu. Vraiment, la seule fois où tu n'aurais pas du entendre, tu as entendu.
Naruto éclata de rire, un rire amer. Je me sentis geler de l'intérieur en entendant cela. Si je n'avais pas entendu, il aurait pu continué de jouer avec moi, maintenant, la tâche était plus ardue. Je gardais les yeux fermés, ne pas le voir, ça m'aidait à comprendre les intentions cachés derrières sa voix.
- Elle voulait sortir avec toi. J'ai eu peur parce que Ino a certainement plus de chance de t'avoir que moi..., murmura t-il.
Je rouvrais brusquement les yeux, étonné par ce revirement, mais gardais tout de même mes distances au cas où ce serait une farce. Naruto ne me regardait même pas, ses coudes reposaient sur ses genoux, ses mains étaient jointes devant lui et ses yeux se perdaient sur le mur d'en face. Il avait l'air plongé dans ses souvenirs et tellement sérieux que je me mordais la lèvre, ne sachant pas trancher si il disait la vérité, ou si il jouait encore.
- J'étais en colère après ce qu'on s'était dit, alors je me suis dit que si je ne pouvais pas t'avoir, personne d'autre ne t'aurait. C'est pour ça que j'ai dit toute ces choses stupides, termina t-il en fermant les yeux et en soupirant.
- Et le projet, me rappelais-je.
- Ouais, ricana t-il. Une belle connerie encore si tu veux mon avis. Et dire que j'étais le premier à dire de pas faire un projet bidon. Quel crétin, dit-il en secouant la tête, exaspéré contre lui même.
- Ça fait un peu trop pour que je te crois, fis-je remarquer d'une voix dure.
- Je sais. Je sais bien...
Son ton était fatigué, je le regardais un moment. Il avait fermé les yeux et semblait si las qu'il aurait sûrement pu s'endormir ici, assis dans le couloir. Nous restions un moment sans rien dire. J'essayais d'assimiler. Je ne le croyais pas totalement, j'avais peur qu'il me mente.
- Tu joues avec moi depuis le début, constatais-je.
- Je joues gentiment. Je n'ai jamais voulu te faire de mal, précisa t-il.
Peut être. Peut être que je devais le croire. Peut être pas. Ça se jouerait sur un coup de poker. Je ne pouvais pas deviner ses pensées. Il me parlait, mais peut être qu'il mentait. Tout se résumait à un peut être. Un minuscule peut être.
- Écoute, pour le projet... J'en avais fait un. Et je me suis rendu compte que c'était juste un peu... too much, compléta t-il.
Comme moi, pensais-je. C'est exactement ce que j'avais pensé quand le professeur s'apprêtait à le déballer devant tout le monde. C'était trop, je n'aurais jamais du faire un projet pareil.
- Est-ce que tu veux le voir ? Demanda t-il. Le vrai projet, précisa t-il.
Il redressa la tête et rouvrit les yeux. Je me mordillais les lèvres un moment, hésitant, puis hochais la tête. Naruto hocha la tête lui aussi et ramena sa valise à lui, il fouilla plusieurs minutes dans la pochette de devant et en sortit une sorte de boule. Il me le tendit avec un sourire puis se détourna quand elle fut dans ma main.
- Déballe le, précisa t-il.
Je le regardais un moment. Il n'avait pas l'air nerveux ni heureux. Aucune émotion ne passait sur son visage... Juste de la fatigue. J'ouvrais le paquet, grimaçant en découvrant une sorte d'oursin de mer en plastique. La boule était noire et les piquants bien réalisés et je grimaçais à nouveau.
- Finalement, je crois que je préfère le premier, murmurais-je.
Naruto ricana en se passant une main dans les cheveux, son rire s'atténua un peu et je le regardais, inquiet. Il avait l'air prêt à s'effondrer à la moindre pichenette.
- Dévisse maintenant, la marque rouge, fit-il remarquer.
Je détaillais l'oursin et voyais enfin la marque rouge dont il parlait, elle était minuscule. Je tournais la boule noire entre mes mains et trouvais enfin le sens de vissage. J'ouvrais et haussais les sourcils en tournant la tête vers Naruto. Il regardait l'oursin entre mes mains, un pauvre sourire aux lèvres. Je sortais ce qu'il y avait à l'intérieur et serrais le bout de tissus entre mes mains. C'était une sorte de tissus pelucheux, très doux. Je fronçais les sourcils, attendant son explication. Il haussa les épaules.
- Je crois qu'à ce rythme là, tu peux deviner tout seul, dit-il.
Je hochais la tête, pas certain de vouloir comprendre ce qu'il entendait par cela. Est-ce qu'il croyait réellement que j'étais quelqu'un de... doux ? Gentil ? Je fronçais le nez en regardant l'oursin et il éclata de rire.
- Tu verrais ta tête, soupira t-il.
- Aller, debout, dis-je en secouant la tête, me décollant du mur d'une petite impulsion du bassin.
- Pourquoi ? Demanda t-il soudainement.
Je le regardais, intrigué par sa voix. Il avait l'air paniqué tout à coup. Je prenais sa valise d'une main et allais la déposer dans le salon.
- Vas te coucher, t'as l'air d'un mourant, répondis-je de l'autre pièce.
- Oh, toi et tes morts... Me place pas dans une tombe réutilisable, par pitié, plaisanta t-il.
L'angoisse avait quitté sa voix et je soupirais. Je me dirigeais vers la salle de bain et refermais à clef derrière moi. Je secouais la tête et prenais la direction de la douche. Je me détendais sous jet d'eau chaude et soupirais en essayant de me calmer. J'étais content que Naruto soit là, je n'aurais pas du, mais je ne voulais plus réfléchir. Je sortais de la douche et me brossais les dents, prenant le temps pour ne pas avoir l'air d'un désespéré en manque de contact. Puis j'allais vers ma chambre et levais les yeux au ciel en remarquant que Naruto avait prit toute la place. Je m'approchais du lit et lui donnais une tape sur l'épaule en baillant.
- Pousse toi, ordonnais-je.
- Pourquoi ? Me taquina t-il avec un sourire malicieux.
- Parce que soit tu dors là mais tu me laisses la place, soit tu dors par terre, déclarais-je en lui faisant les gros yeux.
- Méchant, geignit-il en se poussant.
Je me glissais dans le lit en baillant à nouveau. Je fermais les yeux, le sommeil ne m'avait pas totalement quitté, ce serait facile de m'endormir à nouveau. Je grimaçais en sentant les mains de Naruto passer autour de mes hanches.
- Lâche moi, grognais-je.
- Désolé, Sasuke-chan.
Il ne retira pas ses mains, enroulant même ses bras autour de ma taille. Mais je savais qu'il ne s'excusait pas pour ça. Il s'excusait pour la dernière fois, pour ce qu'il avait dit quand j'avais fait une crise. Je m'agrippais à mon oreiller tout en pensant que ce jour là, nous avions été deux à nous engueuler, et que j'avais eut ma part de bêtise aussi.
- C'est rien, répondis-je.
Je l'entendis soupirer de soulagement dans mon dos et je me crispais quand son souffle se perdit sur ma nuque, encore plus quand il m'embrassa à ce même endroit.
- 'Yasumi, marmonna t-il
- Hn.
Finalement, ce serait peut être un peu plus difficile de m'endormir. Surtout quand il me prenait pour son oreiller. Je me détendis cependant quand j'entendis son souffle régulier dans mon dos ainsi que ses mains se desserrer autour de moi, preuve qu'il s'était endormi.
Peut être que j'aurais du être plus méfiant. Peut être que j'aurais du faire plus attention. Mais je voulais qu'il soit là. Cette envie était de plus en plus présente au fil du temps, à mesure que j'acceptais la présence de Naruto à mes cotés. Je voulais qu'il soit là. C'était la première fois que j'avais envie qu'une personne soit là alors je voulais la conserver le plus longtemps possible à mes cotés, même si ça devait faire mal à la fin.
Sur cette pensée, je m'endormais à nouveau, soupirant parce que les bras de Naruto autour de moi me donnait l'impression d'être recouvert d'une couverture chaude.
µ
µ
A suivre...
Naruto revient en force !
Alors ? Joue, joue pas ? ^^
Vos impressions ! ! ? ? ?
µ
Je vous rappelle que j'ai un blog et qu'il est possible que j'y mette des informations concernant cette fiction !
xswatox . skyblog . com (enlevez les espaces ! )
