Merci pour les reviews, voici la suite, j'espère qu'elle vous plaira :


Si l'on pouvait tuer des habitants du Capitole, Fiona serait la première sur ma liste. Cette folle, en plus de s'habiller de breloques très bruyantes, a eu la géniale idée de ramener mon équipe de préparation dans ma chambre alors que j'étais tranquillement en train d'égorger des loups dans un des mes rêves. Je dormais encore lorsque la voix aiguë d'une des femmes à la perruque aveuglante me réveille en sursaut, alors que le sang coulait abondamment dans le cou de la bête qui m'avait défié du regard. C'est en me redressant difficilement dans mon lit que je remarque que Fiona et mon équipe de préparation sont tranquillement assis sur mon lit et discutent apparemment d'une fête qui avait eût lieu hier. En me voyant réveillée, ils me disent tous bonjour et commencent à me parler en même temps. Je fronce les sourcils, essayant de me concentrer sur une des voix. Mais impossible de comprendre quoi que ce soit. C'est à ce moment-là que je me dis qu'ils sont bien chanceux que je n'ai pas de couteaux à ma portée, sinon ils n'auraient déjà plus de quoi émettre le moindre son.

Je pousse donc les couvertures et leur dis simplement et assez fort pour ne pas avoir à me répéter : "Je vais prendre mon petit déjeuner, à tout à l'heure".

Quand je claque la porte, j'entends Fiona me hurler de me dépêcher. Je m'appuie contre le mur, me tâtant le crâne, me demandant quel crime j'avais bien pus commettre pour mériter un réveil aussi affreux.
"Mal dormis ?" me demande une voix dans mon dos. Je me retourne et vois Cato, un sourire en coin, les yeux plissés de moquerie à mon égard. Des rires criards émanent de ma chambre, lui faisant hausser les sourcils. Je lui répond alors : "J'ai eu un réveil difficile."
Cato éclate de rire. Je n'aime pas qu'on se moque de moi, alors j'affiche une moue boudeuse. Voyant ma réaction, les rires de Cato redoublent de plus belle. Nous nous dirigeons vers la salle à manger, où nos mentors sont déjà installés.
_De la bonne humeur dès le matin, c'est merveilleux, dit Brutus en regardant Cato.

_Bien dormis, Clove ? me demande à mon tour Enobaria.

_C'est plutôt le réveil qui m'a dérangé, soufflais-je alors que Brutus eu un petit rire sadique à mon intention.

_Fiona veux toujours contrôler cette journée. Elle va t'apprendre les règles de bases à appliquer au Capitole., m'explique mon mentor. Tu vas voir, ta journée sera très chargée, mais il faut ça pour les interviews de ce soir avec Caesar.

Les muets s'affairent autours de nous tandis que nos mentors nous expliquent le programme de la journée.

Après le petit-déjeuner, je retourne dans ma chambre à contre coeur. En ouvrant, je découvre une nouvelle fois mon équipe de préparation et Fiona en pleine conversation. Ils n'ont pas l'air de me remarquer tout de suite ma présence. Je toussote légèrement et la furie qui me sert d'hôtesse se lève en sursaut en poussant l'un des cris aiguës propres au Capitole. Elle me laisse pour le moment entre les mains de mes préparateurs. J'ai droit à un traitement étrange, qui d'après l'homme aux cheveux dorés, devrait raviver l'éclat naturel de ma peau de porcelaine. Je lève les yeux au ciel, et tente de m'échapper mentalement de cette torture auditive. Les trois perroquets papotent ardemment pendant qu'ils font subir toutes sortes de traitements à mon corps.

On me fait finalement sortir de la salle de bain après je ne sais combien de temps avec un peignoir blanc. Fiona m'attend tranquillement avec Enobaria, un cocktail fluorescent à la main. Enobaria, elle, semble soulagée de me voir enfin arriver. Je compatis intérieurement pour mon mentor. Devoir supporter les incessantes discussions de cette énergumène est très éreintant.
"Après être passée entre les mains de nos trois magiciens, commence Fiona, je vais t'apprendre comment te tenir au Capitole. Pour l'interview, on attend à voir une jeune fille aussi sûre d'elle que distinguée. Tout d'abord, on se redresse."
Fiona me fait marcher avec des livres sur la tête, tourner lentement tout en les gardant en équilibre, tandis qu'elle parle avec passion des bonnes manières.
Vient ensuite le moment des talons hauts. Apparemment, celles que je porte pour m'entraîner à marcher sont celles que j'aurais lors de l'interview. J'apprends plutôt rapidement. Enobaria tient ensuite à s'entretenir en privé avec moi. Elle me parle de l'attitude que je dois avoir durant les interviews, et achève par un "De toute façon j'ai confiance en toi Clove. Je sais que ce sera toi la gagnante cette année." Je lui souris. Enobaria est bien l'une des rares personnes en qui j'ai confiance.

L'équipe de préparation revient pour me coiffer et me maquiller. Cela doit bien prendre environs une heure. Puis Jonis fait sa grande entrée dans la pièce, robe à la main. Il m'aide à l'enfiler, fait quelques retouches, puis assure que c'est parfait. Je vois que Fiona en a les larmes aux yeux. Le jour où elle arrêtera de tout exagérer, je veux absolument être là pour voir ce que ça fait.
La journée passe, et je subis les traitements de beauté de mes préparateurs, les compliments incessants de Fiona, et j'accueille avec plaisir les petits conseils de mon mentor. Bien qu'inutiles, ils me donnent l'impression qu'Enobaria est la seule personne dans la pièce avec un peu de bon sens. De temps en temps, Fiona part dans la chambre de Cato pour voir où en il en est. Je m'autorise un peu de curiosité et me demande à quel genre de tortures on le soumet lui aussi.

Le soir, l'excitation est à son comble. Les dernières retouches se font et on nous dirige vers le plateau. Je vois les tributs habillés sur leur trente-et-un par leur styliste. Je remarque également que Cato fixe le colosse du 11, qui paraît tout aussi effrayant que mon camarade de district. Avant d'aller dans la salle de spectacle, Enobaria me souffle une dernière fois que je vais m'en sortir haut la main si je mets en œuvre les conseils que l'on m'a donné. Je lui souris et la regarde s'éloigner avec Brutus. Je me tourne vers Cato.
_Alors, prête à faire honneur à notre district ? me demande-t-il.

_Comme toujours, je lui réponds avec mon sourire arrogant, déjà sûre de faire forte impression.

Nous nous dirigeons en coulisse, où nous rejoignons Marvel et Glimmer. Cette dernière se pavane dans sa robe doré moulante avant de nous faire signe et un sourire magnifique. Nos alliés nous complimentent sur nos tenues, et nous faisons de même. Les quelques minutes qui nous restent nous servent à se moquer des autres tributs en stress.
Les lumières se tamisent quand la musique éclate dans les haut-parleurs. Caesar Flickerman arrive tout pimpant dans son costume bleu qui fait écho à sa coiffure. Le public crie d'excitation.
Nous nous mettons dans l'ordre de passage pour accéder à l'arrière de la scène où les tributs doivent s'asseoir et attendre leur tour pour les interviews. On nous fait signe d'entrer en scène. Cette entrée n'est pas la plus grande puisqu'en général, des sortes de vapeurs prennent aussitôt l'assaut de cette partie de la scène pour créer la surprise des tenues et faire plus grande impression.
Glimmer est appelée la première. Elle fait tout pour séduire le public dans sa robe dorée où elle se pavane comme une déesse. Cela à l'air de fonctionner. Puis s'est au tour de Marvel qui fait rire le public avec un grand naturel.

"Mesdames et Messieurs, voici le moment d'accueillir un tribut redoutable du District Deux", annonce Caesar sous les nombreux applaudissements. En effet, les tributs de mon district sont souvent les préférés du Capitole, c'est pour cela que les spectateurs montrent un tel engouement.
"Je vous demande un tonnerre d'applaudissement pour Clove !"
Je me lève et me dirige d'un pas fier vers Caesar. Je lui adresse mon petit sourire arrogant tandis que le public crie mon prénom avec admiration. Bien évidement, je ne leur porte aucune attention pour le moment. J'arrive à la hauteur du présentateur, et lâche le bas de ma robe orange, qui à le droit à quelques applaudissements. Caesar me souhaite la bienvenue et me serre la main. C'est parfait, cela renforce l'image que je cherche à donner. Il m'invite à m'asseoir, et j'offre pour la première fois mon regard au Capitole. Celui-ci crie d'avantage. Quand Caesar commence à parler, le silence se fait dans l'immense salle remplie de costumes ridicules.

_C'est un honneur de te recevoir ici Clove, me dit amicalement mon interlocuteur.

_Et c'est pour moi un honneur de représenter mon district, je répond sous les clameurs de la foule.

_J'ai vu ton regard déterminé pendant la moisson. On aurait presque dit que tu dissuadais à distances les autres de se porter volontaire, n'ai-je pas raison ?

_Tout à fait. Participer aux Jeux cette année était pour moi une évidence. Je n'aurais pas supporter de laisser ma place.

_Quelle incroyable détermination ! s'émerveille Caesar. Tu sais, ici au Capitole, et probablement dans Panem tout entier, nous sentons que tu es une redoutable tribut. On peut même dire que tu es née pour les Hunger Games, enchaîne-t-il sous les voix approbatrices. Alors dis-moi, y a-t-il des choses qui te seront essentielles pour toi durant ces Jeux ?

_Mes lames, je réponds sans hésitation, en remarquant le hochement de tête de mon mentor dans les premiers rangs. Je sais manier toutes les armes, mais avec les couteaux, c'est différent, dis-je en arrachant quelques frissons à la foule. Je fusionne avec les lames que je lance. Et je ne rate jamais ma cible. Jamais.

_C'est vraiment hallucinant, mes amis. J'ai comme l'impression qu'il n'y a pas que les autres tributs que tu effraies, dit le présentateur en rigolant à l'intention du public. Ton talent au lancer de couteaux intrigue vraiment. J'ai le sentiment que tu ne vas pas nous décevoir Clove. Je pense que tu vas laisser ta trace dans l'histoire des Hunger Games.

_Vous pouvez en être certain, je lui dis en offrant au public le plus sadique et arrogant de mes sourire qui se charge de les achever.

La foule est désormais en délire. Elle est debout, crie mon nom et applaudit sans retenue.

_Merci beaucoup pour ce superbe moment Clove, ce fut un plaisir.

Je lui répond d'une dernière poignée de main. Pour le public, aucun geste n'est nécessaire, seulement un regard accompagné d'un sourire arrogant leur suffit pour crier mon nom. Si au début de l'interview j'avais un tonnerre d'applaudissement, je récolte cette fois-ci un ouragan déchaîné de cris m'appelant et m'envoyant des baisers.

Je regagne ma place sous le regard ébahie de certains tributs tandis que le nom de Cato est appelé. Nos regards se croisent et nous nous offrons mutuellement un sourire en coin de victoire. Je m'assois fièrement à ma place, regardant de mes yeux cendres l'interview de Cato.
Son nom est appelé de toutes part, ainsi que le numéro de notre district. Je vois déjà d'ici l'immense fête que fera ce soir notre district pour nous célébrer. A chaque fois que les tributs de notre district sont adulés du Capitole, une fête est organisée dans le district entier en leur honneur.
Cato s'assoit avec Caesar et ils commencent à parler de ses qualités :

_Alors Cato, tu es un combattant.

_Oui, je me suis préparé, dit Cato. Je suis fort, tenace et vicieux. Quand je veux quelque chose, je dois l'avoir ou bien il y a de graves conséquences.

La foule est en ébullition, elle adule notre district.

_Et que penses-tu de ta partenaire de district, Clove ? demande soudainement Caesar.

_Elle est une grande lanceuse de couteaux. C'est la meilleure combattante du district. Elle est une très bonne amie, et elle est très jolie. Je ferai tout pour elle.

La salle est en délire, et Caesar remercie Cato, lui souhaite de bons Hunger Games et le renvois à sa place. Je remercie alors le ciel de m'avoir donné la facilité d'avoir un masque de fer sur le visage. Je regarde Cato dans les yeux tandis qu'il s'assoit à mes côtés. Son regard azur transperce mes yeux cendres. Je ne comprends pas ce qu'il s'est passé. Pourquoi ces compliments ridicules qui nous font passés tous les deux pour des faibles, et pourquoi dire que nous sommes amis ? Cela n'a aucun sens. J'avais réussis à nous attirer ce visage d'impitoyables guerriers, sans cœur et redoutables. Et lui, il gâche tout ceci. Je me concentre sur les autres interviews, ou du moins en donne l'impression.
Cato vient de faire une faute qui lui coûtera cher, très cher. Je me fais la promesse de lui faire payer, ainsi que de lui faire comprendre que nous sommes loin d'être des "amis".