Bonjour, I'm back pour la suite de l'appartement (avant celle de 'Harry et l'héritier' la semaine prochaine). La dernière fois, Harry demande à Remus de l'embrasser. Le loup-garou va-t-il céder à la tentation ? Réponse tout de suite…
Merci pour toutes les reviews et notamment aux anonymes à qui je nai pas pu répondre.
A bientôt.
Chapitre 11 :
Il murmura alors doucement :
« Embrasse-moi. »
Mes doigts se crispèrent et mes mains cessèrent cette caresse tendre sur sa joue dès l'instant où j'entendis sa douce voix. Son visage était face au mien, tellement proche, je n'avais qu'à combler l'espace entre nous deux, quelques centimètres qui me paraissaient être une distance insurmontable et infranchissable. Ses yeux verts ne flanchaient pas, ils ne me quittaient pas et m'intimaient de continuer, de faire ce qu'il -, ce que je désirais. Je me sentais irrésistiblement attiré par ces lèvres fines et purpurines. Je n'avais jamais ressenti autant ce besoin de m'unir à quelqu'un, même lorsque je m'étais retrouvé dans une situation similaire avec Nymph, cela n'avait jamais eu cette intensité.
Doucement, je pris son menton entre mes doigts et relevai son visage, mes yeux plongèrent dans son regard émeraude.
« Harry. »
Ma voix me faisait penser à un craquement, à une supplique. A chaque seconde qui s'égrenait, ma gorge se serrait un peu plus. Irrémédiablement, je sentais que je perdais de la volonté et du terrain. Je ne dus mon salut qu'à Harry. J'étais à présent si proche de lui que je sentais son souffle trop rapide sur mes propres lèvres. Alors que je me pensais à jamais perdu, Harry ferma ses deux émeraudes au dernier moment. Perdant ce contact visuel, je réalisais ce que je m'apprêtais à faire et je me contentai de poser mes lèvres sur sa douce joue légèrement rougie. Il ouvrit aussitôt ses yeux où se mêlaient indignation et incompréhension. Je répondis à sa question muette, ma bouche contre son oreille.
« Je suis désolé, mais je ne peux pas. Je suis un loup-garou. Comprends-moi. »
Harry me repoussa alors, assez violemment, contre le mur opposé, loin de lui, loin de sa douceur, loin de sa tendresse. Ses yeux s'étaient aussitôt emplis de larmes. Je sentis mon estomac aller s'écraser quelque part au fond de mon ventre. J'aurais voulu le prendre dans mes bras, le consoler, le serrer tout contre moi et le bercer jusqu'à ce qu'il soit plus calme et serein. Il finit cependant par me cracher ces quelques mots avant de retourner dans sa chambre :
« Non, je ne te comprends pas. »
Finalement, j'avais été incapable de faire le moindre geste pour le dissuader de partir, j'étais resté planté dans le corridor et je l'avais regardé disparaître de ma vue, je l'avais blessé et quelque part, je me sentais mal à l'aise. C'est ainsi qu'après plusieurs minutes où je n'avais pas réussi à bouger d'un millimètre, je réagissais enfin et me dirigeais d'un pas lent, si ce n'est ralenti, vers la porte de sa chambre. Je frappai d'abord deux coups brefs contre le bois lui demandant à voix basse de m'ouvrir, cela ressemblait presque à une prière, j'espérai en vain une réponse qui ne vint pas. Quand je me décidai enfin à ouvrir la porte par moi-même et à entrer dans la pièce, je me rendis compte qu'il l'avait fermée magiquement. Je savais que je devais lui parler ; la dernière fois j'avais mis plus de vingt-quatre heures avant de me confronter à lui, je ne devais pas faire la même bêtise, à présent. Je savais qu'un simple 'Alohomora' aurait suffi pour briser le sortilège et me permettre d'entrer, cependant je n'osais pas car au fond de moi, je me demandais si j'étais sûr de pouvoir résister à la tentation si j'entrais et si j'étais de nouveau confronté à ses deux émeraudes remplies de larmes, sincèrement, j'en doutais. A la place, je préférais murmurer faiblement contre le bois.
« Harry, je ne peux pas… Tu es si… si vulnérable, je ne suis pas certain que tu saches vraiment ce que tu veux même si tu as affirmé le contraire. Je ne peux pas. Je tiens trop à toi. »
J'avais à peine fait quelques pas dans le couloir que j'entendis la porte de sa chambre grincer sur ses gonds. Je n'eus même pas le temps de me retourner qu'il me hurla presque dessus, chacun de ses mots étaient entrecoupés par de légers hoquets.
« Comment… Comment peux-tu dire ça ? Que… que je ne sais pas ce que je veux. Et toi alors ? »
Au lieu de répondre, je me perdis dans mes pensées, je venais de me rendre confusément compte qu'Harry était passé au tutoiement, probablement un nouveau signe de notre rapprochement involontaire.
« Harry. »
Je prononçais faiblement son prénom, à peine plus fort qu'un murmure. Lorsque je me retournai et que je fis face à ces yeux toujours brillants de larmes, ses fines lèvres tremblant légèrement, je me sentais misérable, plus bas que tout. Il était venu ici pour être soulagé de sa peine, pour qu'il puisse retrouver le sourire et moi, je l'enfonçais davantage.
« Ne pleure pas, mon ange. Je n'aime pas te voir comme ça. Je ne peux pas… Je.
- Mais… mais pourquoi. Je pensais que toi aussi tu en avais envie… que tu voulais m'embrasser, non ? »
Cette fois, je ne pus résister et le pris dans mes bras qui enveloppèrent sa fine taille. Il vint naturellement nicher son visage dans le creux de mon cou, ses larmes mouillant ma robe de sorcier et j'avais comme une étrange impression de déjà-vu. La dernière fois, un peu plus d'une semaine auparavant, il avait fait alors glisser ses douces lèvres sur ma peau et sa bouche avait lentement remonté pour finir par rejoindre la mienne et je me doutais que cela n'allait pas tarder à se reproduire. Pour être totalement honnête, quelque part dans mon esprit, je me demandais si je ne préférerais pas qu'il refasse lui-même ce chemin, qu'il m'embrasse, qu'il fasse ce dont je ne me sentais pas capable.
« Pourquoi refuses-tu de comprendre ?
- Mon petit chéri… »
A son tour, je sentis ses bras enserrer ma taille mais il ne fit rien de plus. Nous restâmes ainsi pendant de longues minutes dans les bras l'un de l'autre. Il sanglotait toujours faiblement et je le berçais doucement, lui murmurant des mots réconfortants. Après ce qui devait ressembler à une éternité, quand je ne l'entendis plus et que je sentis qu'il était à nouveau calme, je lui conseillai d'aller prendre une douche et de se reposer un peu dans sa chambre. Après tout, nous nous étions combattus dans un duel acharné peu de temps auparavant et il devait probablement être fatigué. Il ne s'opposa pas à ma proposition et partit sans mot dire dans la petite salle de bain. Ce soir-là, je pris place dans mon fauteuil en face de la cheminée et je l'attendis longtemps, je l'imaginais déjà descendre avec ses grandes malles, tenant avec plus de délicatesse la cage de sa chouette. Mais il n'en fit rien et il resta dans sa chambre et je ne le revis plus de la journée.
La semaine suivante, la vie dans l'appartement continua comme si de rien n'était. Le lendemain par exemple, Harry était réapparu, certes, moins joyeux que lors de la matinée précédente, toutefois, il ne me paraissait plus en colère contre moi et avait même l'air d'avoir accepté ma décision, à défaut de la comprendre, il ne fit aucun geste dans ma direction ce matin-là, il me demanda juste s'il pouvait à nouveau préparer le petit-déjeuner, ce que j'accordais bien volontiers vu mes propres qualités en tant que cuisinier. Durant ces quelques jours, l'aménagement du débarras pour me permettre de passer mes nuits de transformation en toute quiétude avait avancé à grands pas. Nous avions enfin réussi à nous débarrasser de tous les doxys, même si pour cela, nous avions dû nous y prendre en plusieurs fois, utilisant même une solution purificatrice à base d'essence de mandragore dont l'odeur très forte avait malheureusement imprégné tout l'appartement. Bref, à présent, il ne restait plus le moindre débris de verre cassé et tous les objets cassés entreposés avaient disparu, je n'avais plus qu'à attendre qu'Harry choisisse la couleur des murs et à jeter les sorts appropriés.
Même si Harry ne m'avait plus fait aucune proposition aussi directe que le jour où il m'avait demandé que je l'embrasse, son grand regard lumineux et franc n'avait eu de cesse de me poursuivre et nos relations étaient de plus en plus complexes et dans un sens, toujours aussi irréelles. Parfois, je ne résistais pas à la tentation et je le prenais dans mes bras et le serrais délicatement, respirant le parfum de ses cheveux ébouriffés, lorsqu'il me paraissait trop fragile ou un peu perdu et presque toujours le jeune homme se laissait aller dans mon étreinte comme s'il n'attendait que mon assentiment. Généralement, Harry restait alors dans mes bras durant de longues et précieuses minutes. Souvent la nuit, je n'arrivais pas à dormir, même s'il n'était pas dans la même pièce que moi, je ressentais sa présence, son odeur envoûtante et je me tournais et me retournais dans mon lit et je repensais à lui, à son attachement que je considérais comme excessif, à mon statut de quasi-paria de la société. Le sommeil finissait toujours par gagner et souvent la dernière image qui apparaissait devant moi était deux grands yeux verts, bien trop expressifs.
Aujourd'hui, cela faisait juste deux semaines qu'Harry avait emménagé dans mon appartement et qu'il partageait mon quotidien et même si j'avais du mal à l'admettre, nous étions bien, ici, tous les deux seuls, loin des autres, loin du tumulte de la guerre, notre vie avait pris une certaine routine et je me sentais toujours un peu plus proche du fils de mon meilleur ami. La veille, je lui avais enfin montré les bases du bouclier de protection de Gellinger, Harry s'était montré comme toujours très intéressé, écoutant, presque fasciné, l'histoire de Marcus Gellinger qui avait mis au point ce système de protection lors de la guerre contre Grindelwald. En vérité, en jetant ce sort qui demande beaucoup de force magique et de rapidité, ce n'était pas seulement un bouclier qui était conjuré mais une véritable bulle qui empêche ainsi toute autre attaque. Ensuite, Harry avait essayé à de nombreuses reprises de jeter le sort mais sans succès. Quand il abandonna, il était tellement fatigué que j'avais dû le porter jusque dans sa chambre, j'avais pu me rendre compte au regard qu'il m'avait lancé qu'il aurait voulu que je reste avec lui comme la nuit suivant son arrivée. Je ne l'avais pas fait car c'était tout simplement la demi-lune et généralement, même si je ne me transformais pas ces nuits-là, je ressentais toujours le pouvoir de la lune sur moi et je souffrais d'atroces migraines. Ce matin-là ne dérogea pas à la règle, je me réveillais comme je le pensais, avec un mal de tête persistant, perclus de courbatures, après avoir passé toute la nuit à faire des cauchemars. Après m'être rapidement changé et malgré ma fatigue, je descendais directement dans la cuisine voir si Harry était déjà levé. Contrairement à d'habitude, il n'était pas là, à faire cuire du bacon, des pancakes ou que sais-je encore, peut-être était-il encore couché. Très vite, j'entendis, provenant du salon, la voix douce d'Harry prononcer 'Recouvro instantalis'. Il était parti s'entraîner en attendant mon lever. Je traversais le petit couloir et m'arrêtais sur le pas de la porte, Harry avait le dos tourné, malgré sa robe de sorcier, je pouvais voir que tous les muscles de son dos étaient tendus et crispés. Il venait encore de rater, probablement sa baguette n'avait pas fait le mouvement adéquat et il jura entre ses dents. Je ne pus retenir un rire clair et franc de sortir de ma gorge, le petit brun pris en faute se retourna vivement, il avait le teint rouge et la respiration légèrement saccadée, cela ne devait pas être sa première tentative en ce début de matinée.
« Bonjour mon petit chéri, déjà de bonne humeur de si bonne heure !
- Oh, Remus, euh, désolé, je…
- Il n'y a pas de problème, je te taquine, c'est tout. Apparemment, tu n'y arrives toujours pas, je me trompe ?
- Non, je n'arrive pas à faire en sorte que ma baguette soit parfaitement à la bonne hauteur, quand je prononce 'instantalis'.
- Tu peux le refaire, s'il te plaît.
- Euh, oui, bien sûr. »
Il refit devant moi les mêmes gestes et prononça l'incantation et comme précédemment, il échoua et cria de rage, il n'était pas assez rapide, il devait être plus incisif dans son mouvement de baguette. Malgré l'élancement dans ma tête, je m'avançais vers Harry et lui murmurais au creux de son oreille.
« Ne t'inquiète pas, je suis là et tu vas réussir, il faut juste que tu sois plus rapide à la fin de ton mouvement.
- Comment ça ?
- Attends, je vais te montrer. »
Doucement, je retournais Harry, je collais son torse contre mon dos. Pendant un instant, je profitais qu'il soit de nouveau contre moi, pour humer son doux parfum, j'enserrais ses mains dans les miennes.
« Il faut que tu sois plus vif quand tu avances la baguette. Tu dois la ramener vers toi au moment précis où tu prononces le 'ins' de 'instantalis'. »
Et joignant le geste à la parole, je jetais le sort et aussitôt, nous fûmes encerclés sous une bulle lumineuse et d'un bel ocre, Harry tout comme la veille tourna les yeux dans ma direction, il semblait assez impressionné par la beauté de la sphère et la simplicité avec laquelle je l'avais conjurée.
« A ton tour, mon petit chéri. »
Je fis alors disparaître d'un mouvement de baguette la sphère. Pour l'encourager, je déposais juste pendant quelques secondes mes lèvres contre la peau douce de son cou. Je le vis légèrement frémir et je lui répétais encore une fois que le bouclier de Gellinder était dans ses capacités. Mes mains avaient quitté les siennes, il devait réussir par lui-même, toutefois je ne bougeais pas et mon torse restait tout contre son dos. J'entendis Harry redire le sortilège et une bulle cette fois d'un blanc pur nous encercla. Harry se retourna vivement, nous étions l'un contre l'autre, il était absolument magnifique, ses grands yeux brillaient de fierté et de joie, ses joues suite à sa dépense d'énergie étaient encore plus rouges que précédemment.
« Toutes mes félicitations, Monsieur Potter, vous venez de réaliser une petite prouesse. Après seulement vingt-quatre heures, tu as réussi à réaliser une bulle parfaite.
- Merci, mais c'est grâce à toi.
- Oh, non, je ne rentrerais pas dans ton petit jeu, je n'ai fait que te montrer les gestes et il me semble que tu viens de jeter le sort tout seul. Ai-je tort ? Je ne suis en rien responsable du fait que tu sois l'un des sorciers les plus puissants en défense contre les forces de mal.
- Pourquoi la bulle n'était pas de la même couleur quand c'est moi qui l'ai fait apparaître ?
- La couleur dépend de ta magie intérieure. Je peux parier que celle de Voldemort doit être aussi noire que la tienne est pure et blanche. Tu vois, cette fois, tu ne peux plus nier même ta force magique à confirmer ce que je pensais, tu es un mélange de pureté et d'innocence absolument parfait. »
Je vis une nouvelle fois Harry se renfrogner, il avait réagi de la même façon quand j'avais dit que son odeur me faisait penser à la pureté et à l'innocence. J'éclatai de rire devant sa moue absolument adorable.
« Ce n'est pas drôle.
- Tu sais, mon chéri, il y a pire compliment que la perfection.
- De toute manière, je ne suis pas parfait !
- Si tu l'es… pour moi. »
Les joues déjà colorées d'Harry devinrent encore plus rouges, je voyais bien qu'il ne savait pas quoi répondre. Je pris entre mes doigts son menton lisse et relevai son visage.
« Mon ange de perfection… »
Tandis qu'il se hissait sur la pointe des pieds, je baissais mon visage dans sa direction et nos lèvres se frôlèrent d'abord timidement, chacun voulant profiter de ce doux contact. Ma bouche apprenait la sienne lentement, calmement, une douce chaleur m'envahissait. Cette impression que Harry devait être entre mes bras se confirmait, cela me paraissait comme une évidence. Lentement, mes mains quittèrent son visage et entourèrent sa fine taille, me permettant de le rapprocher un peu plus. La dernière fois, je lui avais refusé l'accès à l'intérieur de ma bouche, aujourd'hui, c'était ma langue qui se faufilait et qui entrouvrit ses lèvres. Je l'entendis gémir quand nos deux langues se touchèrent une première fois. A ce petit son, je ne résistais pas et j'augmentai le contact, mes mains glissant le long de son dos. Le baiser fut parfait comme tout ce qui concerne Harry, il alliait sa douceur, sa naïveté, sa tendresse à une forme de passion, de fougue. A la fin, quand nos deux bouches se détachèrent, à bout de souffle, je le serrais plus fort contre moi tandis que fidèle à son habitude, il nicha sa tête au creux de mon cou. J'avais l'impression que nous formions un tout, qu'il n'était que mon prolongement. J'avais conscience que nous venions de franchir une nouvelle étape dans notre relation et que plus rien ne serait comme avant.
A suivre…
