Chapitre 8.
Edward POV.
All things Twilight related belong to Stephenie Meyer.
"Love is a gross exaggeration of the difference between one person and everybody else." George Bernard Shaw.
Je coule un regard vers elle avant de lever les yeux au ciel et de lui reprendre l'arme des mains.
- Doucement, tu vas finir par crever un œil à quelqu'un.
- Je sais ce que je fais Edward, merci.
Un soupire hautain et agacé franchit mes lèvres malgré le regard de hibou courroucé qu'elle me lance. Comme c'est étrange de ne plus être le dernier né de cette famille de fous ! Désormais c'était elle qui attirait tous les regards et se retrouvait le centre de toutes les attentions, elle, ma petite sœur. Petite soeur. Eurk, ce terme me donnait juste envie de vomir. Cette fragile petite chose était ma sœur pourtant, et son sale caractère n'ayant aucune moyenne mesure avec sa taille me donnait envie de la jeter tout droit au fond d'un lac. Encore plus qu'avant, je veux dire.
- Rends-moi ça Edward, se plaignit-elle de ce ton agacent que seul Emmett était capable de produire auparavant.
- Ferme-la Bella. Tu commences tout juste à savoir remarcher, et au bout de cinq semaines ! Tu n'es pas assez résistante pour vouloir faire joujou avec des armes. Si Carlisle te voyait ici déjà, tu risquerais d'avoir à nouveau besoin de béquilles.
Elle pâlit suite à mes mots, mais je ne ressentis aucun remords à lui rappeler d'aussi mauvais souvenirs. Je crois qu'une partie infime de moi appréciait la Bella timide et maladroite, et je ne veux pas que cela disparaisse a jamais. Depuis la révélation de Carlisle, elle avait changé, et ce à une vitesse folle qui ne me plaisait pas vraiment. Chaque jour, elle devenait un peu plus comme nous et cette note de fraicheur émanant d'elle risquait de disparaitre avec le temps. Hors de question. Je ne sais pas pourquoi ça me contrariait autant, pourquoi est-ce que je me la jouais sentimental comme un acteur de ces vieux films des années 1950 que Bella affectionnait tout particulièrement, mais quoi qu'il en soit, ça me saoulait. Depuis quand est-ce que j'étais devenue une de ces petasses s'épanchant sur ses sentiments ?
Je déverrouilla la sureté de l'arme de Bella, avant de tirer pile entre les deux yeux de ma cible.
Le souci quand on a une sœur plus jeune, c'est qu'on se retrouve avec un père paranoïaque sur le dos. Bella refusait de lui parler depuis l'incident, et curieusement il respectait ce choix. En contrepartie, je devais juste me montrer assez protecteur et stricte pour deux pour lui enseigner le plus rapidement possible les règles de vie qui étaient imposées à tout Cullen. Il avait d'ailleurs fallut commencer par son apparence, et cette gamine avait boudé pendant deux jours entier après que la styliste personnelle envoyé par Carlisle ne lui ai apporté plusieurs valises de vêtements de luxe. Une preuve de plus que cette enfant n'était pas normale. Quel genre de fille normalement constituée n'aimait pas les vêtements ? Encore moins ceux de luxe, et offert gratuitement par-dessus le marché ? Pour rajouter à sa crise, on lui avait en plus refilé un prof de sport personnel, et elle avait lancé un couteau dans la porte en s'offusquant qu'on puisse la penser grosse. Bien que son corps fût fin et bien proportionné, il manquait de souplesse et de flexibilité. Nous nous devions d'être parfait sur tout point, sans compter qu'elle allait devoir apprendre à se défendre contre de potentiels agresseurs.
Je pris sa main froide dans la mienne avant de la trainer hors des sous-sols ou était logé notre salle de tir afin de la ramener à l'étage supérieure, ou son coach Embry attendait pour lui donner son premier cours de combat. Ca promettait d'être amusant.
Je m'adossais à un mur et sortit mon téléphone de ma poche pendant que Bella trébuchait en avançant sur le tapis et lâcha un grognement en voyant le tas d'sms non lu qui s'accumulaient dans ma boite de réception, et tous de ma sœur. Elle devait surement me menacer de m'arracher les yeux ou quelque chose du même genre. J'avais rejeté plusieurs appels de Rosalie au cours de la journée, et je crois bien que ce soir je ne pourrais plus reculer l'échéance. Ma chère sœur et son très agaçante amie Alice, qui avait était assez bête pour croire la version officielle quant à l'absence de Bella pendant ses longues semaines, devaient venir à la maison pour choisir dans le dressing désormais plus grand qu'une salle de danse de Bella une robe pour le bal de demain soir. Un bal vieux jeux, où serait pourtant réunis tous les grands pontes de la ville afin d'y introduire officiellement à la bonne, ou plutôt la mauvaise, société sa dernière fille enfin retrouvée.
Bien évidemment, pour compliquer le tout, Bella n'avait aucune idée de ce qui était prévu pour demain. Encore mieux, je la soupçonnais de ne pas savoir danser. Encore pire, Esmée voulait que JE sois le cavalier de cette petite dinde, vu que j'étais le seul célibataire de ses enfants et que Carlisle et elle ne trouvait personne de confiance pour assurer la protection du petit canard boiteux.
Ce n'était pas tellement fait de devoir passer une soirée avec elle, après tout, ça faisait maintenant un peu plus de cinq semaines que je l'avais sur les bras du matin au soir, c'est juste que ce genre d'événement allait me rappeler ce baiser idiot que je lui avais donné chez moi, dans ma bibliothèque. Je m'étais lavé les dents seize fois de suite ce jour-là quand j'avais réalisé que j'avais embrassé ma sœur. Pire, que j'avais apprécié ça. Brr, quelle idée. Un frisson remonta le long de ma colonne vertébrale et me secoua tout entier à cette idée. Carlisle n'aura pas pu nous annoncer ça plus tôt ? Ça m'aurait évité bien des désagréments.
Un nuage de poussière s'éleva dans les airs quand Bella entra en contact assez violement avec le tapis, et je ne retins pas un sourire. Je me disais bien aussi qu'une enfant aussi maladroite qu'elle ne pourrait pas réussir à combattre dignement. Je tendis la main, et Jasper y déposa cinquante petits dollars que je ramena vers moi avec un sourire encore plus grand.
- J'étais sure qu'elle s'en sortirait bien. Avec son sale caractère, elle devrait être une furie au combat, bouda t'il.
- Ne parie plus avec moi Jazz, tu perds à chaque fois. Et pourquoi est-ce que tu as tant confiance en les capacités de cette fille ?
- Parce que cette fille c'est notre sœur Edward. C'est une Cullen même si elle n'en porte pas le nom, elle est forcément aussi parfaite que nous.
- Ton orgueil te perdra mon frère.
Je rangeai les billets dans ma veste et mit fin à l'entrainement avant qu'elle ne soit trop amochée, et l'envoya à la douche une fois remontés à l'étage des chambres. Carlisle et Esmée lui en avait donné une donnant sur l'arrière de la propriété et surtout sur le bois, sombre et angoissant quelques soit la saison ou la température extérieure. J'adorais ce climat, et elle plus encore que moi visiblement.
Je m'assis sur son lit en l'attendant, ma sœur déjà occupées à ranger de nouveaux produits de beauté dans la coiffeuse de Bella, et son amie folle restant bouche bée devant l'entrée du dressing. Je soupçonnais Rosalie de bien s'amuser, comme une enfant jouant avec une poupée géante. Le fait cependant qu'elle passe tant de temps et use tant d'énergie à soigner le physique et l'apparence de Bella ne voulait pas dire qu'elle l'aimait pour autant. Je pense qu'elle se méfiait et la méprisait toujours autant, mais puisque elle allait apparaitre au monde comme étant sa sœur, elle devait se faire un devoir d'honneur de la rendre au moins à demie aussi jolie qu'elle.
Je regardai ma sœur perchée sur ses talons hauts, toujours pleine de grâce et d'arrogance, et me demandai si un jour la petite Bella aurait cette attitude de garce pure. Sous ses airs innocents, elle était une vraie petite teigne, et je suis sûr et certain qu'elle allait faire ses coups en douce. Personne ne voulait prendre la peine de m'écouter cependant, et je me contentai de l'observer discrètement pendant toutes ces heures que j'étais forcé de passer en sa compagnie. Elle était trop calme, beaucoup trop calme et obéissante pour une personne ayant appris tant de choses dans un laps de temps aussi court, et je ne suis pas vraiment sure qu'elle soit vraiment fidèle à notre famille.
Cela fait cinq semaines que Carlisle la séquestre ici, même si elle avait promis dès le départ de ne pas partir, à la surprise générale. Ça avait surement quelque chose à voir avec ce Charlie, que mon père avait promis de tuer si elle s'avisait de nous quitter. Oui, voici comment Carlisle Cullen pense que les relations familiales fonctionnent. Faire du chantage et menacer ces enfants n'est pourtant pas la façon la plus pratique de créer des liens de confiance, je pensais vraiment qu'il aurait fini par le comprendre un jour.
Disons que ça n'allait pas aider dans leur relation tendue, déjà que chaque fois que Bella baissait les yeux sur sa cuisse, elle y voyait la cicatrice que la balle avait provoqué en se logeant au creux de sa chaire. Ça avait était un peu brusque comme démarrage dans la famille, et je me surprenais à y repenser assez souvent, alors que j'avais déjà vu et fait des choses bien plus grave et plus cruelles au cours de ma vie. Cependant, les jours qui avaient suivi avaient étaient quelques peu intenses. C'est le moins que l'on puisse dire.
Sur ordre de ma mère, j'avais dû la veiller jusqu'à ce qu'elle s'éveille, le jour ou tout ça était arrivé. Bien sûr, après qu'elle ait hurlée et basculée dans l'inconscience, une mare de sang se répandant très vite au sol, Carlisle avait fait appeler le meilleur médecin de notre entourage, qui avait choisis de plonger la petite dans le sommeil pour lui éviter trop de souffrance. C'était moi qui avait dû la porter jusqu'à une chambre, et attendu dans le couloir que sa toilette et les soins soient fait par le docteur et une infirmière avant de venir la surveiller. Pendant de nombreuses heures, j'avais cru veiller une morte, tellement sa peau était pâle et sa respiration faible. J'avais vu des morts de nombreuses fois, tués des gens moi-même mais cette fois-ci, cette vision me dérangeait. Est-ce que c'est utile que je précise que ça ne me plait pas ? J'ai l'impression qu'en très peu de temps cette fille était venue perturber toute ma vie, et elle m'énervait autant qu'elle m'intéressait, de quoi en devenir dingue. Quoiqu'il en soit, pour revenir à ce jour, je commençai à perdre patience quand elle avait soudain ouvert ses yeux marrons dans un râle de terreur et de douleur pure qui me secoua bien plus que je ne l'admettrais jamais. Une fois encore, Carlisle avait était trop loin. J'étais habitué à ses débordements avec moi, mais là il s'en était pris violemment à une enfant innocente ignorant tout de son monde.
Je l'avais regardée paniquer et pleurer sans bouger, sans parler, sans rien faire pour la consoler. Ce n'était pas mon genre d'être prévenant, et elle devait apprendre par elle-même la dur réalité des choses. Ça m'avait quand même fait de la peine cependant de la voir ainsi. De la peine. A moi. Edward Cullen. Edward Cullen n'avait jamais de peine pour qui que ce soit pourtant. Elle avait eu une drôle de réaction en me voyant assis dans un fauteuil prés de son lit, un livre à la main. J'avais cru voir de la haine et du soulagement se peindre sur son visage brièvement, avant que je ne lui tendue une bouteille d'eau toujours sans dire un mot. Ses petites mains maigre s'en étaient emparées rapidement et avidement, avant de la porter à ses lèvres en rejetant sa longue et lourde chevelure brune en arrière, me laissant voir le profil de sa gorge que j'avais failli trancher sous l'énervement quelques jours plus tôt. En y repensant, j'avais était un bien piètre assistant pour elle, et ne lui avait apporté aucun soulagement. C'est Esmée, en passant voir son état dans la soirée, qui m'avais fait la morale en la recouvrant de quelques draps supplémentaires et en lui injectant un peu de morphine pour apaiser la douleur et la fièvre naissante. J'admirais ma mère plus que quiconque, plus encore que Carlisle ou mes frères. C'est cette femme qui était le vrai cœur de cette famille, celle à qui nous devions tout et tous le monde le savait. Je savais aussi qu'elle n'aimait pas Bella. Qu'elle voyait en cette fille la preuve de l'adultère de son mari, que jamais elle ne pourrais accepter sa présence ici qui sonnait plutôt comme un énième défi lancé par Carlisle, mais elle avait pourtant veillé à sa rémission avec sérieux. Jamais elle ne la considérerait comme son enfant, mais elle la traitait pourtant comme tel, malgré tout. "Sois gentils avec cette fille Edward. La malheureuse n'a pas idée de l'enfer qui l'attend ici. C'est ton rôle de grand frère de la protéger, et j'attends de toi que tu le fasses avec sérieux." Ses mots avaient tournés dans ma tête avec insistance les heures suivante, et j'avais consenti à m'approcher méfieusement du lit. Petit à petit, et vérifiant toujours si personne ne me voyait, j'avais pris sa température et veillait à l'hydrater, me demandant comment j'aurais réagi si j'avais était à sa place. Me connaissant, moi et mon caractère impulsif, j'aurais surement retournée l'arme de Carlisle contre lui par quelques moyens que se soit avant de mettre le feu à la maison et de partir en courant. Bah, j'en déduis juste que tout le monde n'est pas aussi psychopathe que moi.
Elle avait mis plusieurs jours à se débarrasser de sa fièvre, plusieurs autres encore avant d'accepter de nous parler, et elle ne remarchait que depuis deux semaines à peine, après une rééducation intensive et des soins de plusieurs milliers de dollars. Quel gâchis, Carlisle avait vraiment besoin de prendre des cours de parentalité pour les nuls. Toutes ces semaines de baby sitting m'avait un peu ramolli, j'allais devoir remédier à ça. Si seulement Bella pouvait un peu moins monopoliser mon temps.
Le grincement de la porte s'ouvrant me tira de mes pensées, et nous relevons tous les trois la tête pour voir un corps fin et pâle se faufiler dans la pièce, uniquement couvert d'une serviette étroitement enroulée arrivant mi-cuisse. Je détourne pieusement le regard, en plein combat avec moi-même. Cette enfant causera ma perte, que je le veuille ou non...
