Tout l'univers de Twilight appartient à Stephenie Meyer, je ne fais que l'emprunter pour m'amuser un peu.
Hey! Bonjour à toutes! Chose promise, chose due! Le nouveau chapitre est là, quelques jours seulement après le précédent qui était un peu court.
Merci pour toutes les mises en fav/alert, et vos reviews !
On retrouve Bella et sa conscience, Bella et ses amis et évidemment, Bella et ses emmerdes.
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Vendredi 12 Avril 2013 :
Je soufflais et remettais nerveusement une mèche derrière mon oreille. J'essayais de calmer ma respiration une nouvelle fois. J'étais angoissée. J'avais les mains moites et mon ventre se tordait d'anxiété. Je n'avais aucune raison de stresser, ce n'était qu'un diner chez Angela. Et pourtant, je stressais comme le soir du bal de promo.
Sauf que. Sauf que j'avais peur. Parce qu'ils savaient tous l'état dans lequel j'étais et que, contrairement à ce qu'en avait décidé Angela la semaine dernière, j'avais refusé de les voir. Tous. Sans leur donner d'explications.
Ils avaient du en débattre tous, pendant des heures, entre couple, entre hommes ou entre filles. Avant d'en arriver à la conclusion que j'allais mal, que je m'étais encore trop donné avec Edward et que, comme à chaque fois, je finissais dans un état trop particulier pour être ignoré. Alice m'avait même envoyé un message en me disant que je devais aller voir un psy. Jazz m'avait rappelé en me disant que c'était tout à faire normal que je réagisse comme ça, même si ça commence à faire beaucoup.
Et évidement, le collègue de Ben devait être au courant que Bella ''vit une période un peu particulière et difficile en ce moment, mais tu verras, elle est très gentille.'' Combien de fois Ang' et Al' m'avait sortie cette phrase, en parlant d'un ami/collègue/connaissance avec qui elles voulaient me caser. Tous étaient fait pour moi. Tous me ressemblaient sur quelques points selon mes amies : celui-ci sortait d'une rupture, ou venait de voir son ex se marier. Un venait juste de perdre sa grand-mère.
Sauf que. Sauf que cette fois, le problème c'était moi. Celle à qui il allait falloir faire attention toute la soirée. Celle pour qui on va devoir surveiller ses mots, ne pas prononcer un prénom, une situation, un souvenir. Celle a qui on va dire ''ça va ? Tu t'amuses bien? Tu te sens bien ?''. Cette copine boulet, un peu pataude que l'on cherche à aider, à caser, parce que ça suffit que ''tu sois célibataire à ton âge.''
Sauf que. Sauf que je n'en voulais pas de cette compassion. Je ne voulais plus qu'on me regarde comme une petite chose fragile prête à s'effondrer. Je ne voulais plus qu'on me parle comme si j'étais une grenade dégoupillée, prête à exploser au moindre mot.
Sauf que. J'avais changé. Et il était temps qu'ils le sachent pour de bon.
Alors oui, une semaine, ce n'est pas suffisant pour que le changement soit flagrant. Mais dans ma tête tout est clair. Une nuit blanche fait réfléchir. Une introspection rapide fait prendre conscience de pas mal de chose. Et ça, c'est un grand pas. J'avais fermé la boutique pendant ces dix jours pour « raisons familiales » et j'avais décidé de changer beaucoup de choses.
Je tapais deux fois à la porte. Ben ne mit pas trente seconde à venir m'ouvrir. Il me salua de son habituel ton enjoué.
« Hey Bee ! Comment tu vas ? »
Il s'avança et m'enlaça chaleureusement, comme il en avait l'habitude. Puis il m'invita à entrer.
« Ca va et toi ? Tiens, j'ai amené de quoi délier les langues. » lui dis-je en montrant la bouteille de vin que j'avais acheté avant de venir.
« Cool. Angie va encore râler parce qu'elle sera la seule au jus d'orange. Ma Bee, tu es un petit génie. »
Il appuya sa réplique par un clin d'oeil et parti vers le salon en appelant sa femme pendant que j'enlevais mon manteau.
Sacré Ben. Par moment il me faisait penser à Emmett. Tout aussi enjoué et heureux de vivre. Et amoureux. Sauf que Ben lui, avait beau mesurer près d'un mètre quatre-vingt-cinq, il était aussi maigre qu'un cure dent. Mais il s'en foutait. Son physique de geek, il l'assumait et poussait le vice jusqu'à porter de grosses lunettes alors qu'il n'en avait pas forcément besoin. Plutôt pas mal pour un mec qui passe son temps devant un écran d'ordinateur.
J'arrivais dans le salon et fus accueilli par mes deux meilleures amies qui poussèrent un cri d'horreur.
« OH ! BELLA ! Tes cheveux ! » le tout sur un ton horrifié, les mains devant la bouche et les yeux écarquillés d'effroi.
J'avais effectivement coupé mes cheveux. C'était un grand pas chez moi, qui avait toujours refusé de les raccourcir plus que les pointes. Désormais, mes longs cheveux m'arrivant à la taille avaient disparus pour aborder une coupe plus courte. Ils m'arrivaient en dessous de mes épaules, dans une espèce de carré ''déstructuré'' . Mes boucles avaient été redessinées par des soins.
Couper mes cheveux avait été une épreuve. C'était comme laisser tomber une partie de ma vie, mon enfance-adolescence, en même temps que mes mèches. Changer de tête, c'était prendre un nouveau départ, repartir de zéro. Je me sentais plus légère, plus en accord avec moi même. Rien qu'avec une nouvelle coupe.
« Je me disais bien que quelque chose avant changé chez toi. Je pensais que tu avais grossi, mais apparemment, c'est juste les cheveux. » s'esclaffa Ben.
« Haha. Hilarant ! » répliquais-je. Puis je me tournais vers Alice et Angela. « Alors ? Vous en pensez quoi ? »
« C'est... C'est...
-Surprenant.
-Exactement ! »
Comme d'habitude j'allais devoir batailler pour avoir une réponse claire et précise.
« Oui, mais ? » insistais-je
Elles se rapprochèrent comme d'un seul homme et se postèrent devant moi, l'air calculateur et observateur.
« La longueur est pas mal.
-L'effilage est discret.
-Tes boucles semblent avoir plus de volume.
-Ils sont plus brillant ? Tu as fait un soin je suppose.
-Je n'aurais pas forcement opté pour aussi court mais …
-Oui c'est pas mal.
-Mais... Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? » conclut Alice en levant les bras au ciel !
« Un besoin de changement je suppose. »
Elles m'enlacèrent toutes les deux.
« Ma biche, ça te va très bien. »
« Tu as bien fait. Ca te rajeunit. »
Je les remerciais en les serrant un peu plus fort dans mes bras.
« Bon dieu, je pars trois minutes téléphoner et je retrouve trois filles enlacées à mon retour. Ben, mais quel est ton secret pour avoir trois tels canons chez toi ?
-Jazz, t'es chiant tu viens de casser un moment d'émotion là.
-Pardon ma chérie. »
Le dit Jazz s'approcha d'Alice, et lui déposa un bisous sur la joue, faisant fondre toute trace d'énervement sur le visage de celle-ci.
« Eh bien, qu'avons nous là ? Une Bella au cheveux court. Ca alors, je n'aurais jamais cru voir ça avant... au moins cinquante ans.
-Toi qui est prof' tu devrais bien savoir que ce sont les événement inattendus et imprévisibles qui font l'Histoire.
-En effet. Laisse moi donc te dire que tu es ravissante ma chère Bee. »
Je rougissais légèrement sous son compliment. Jasper était quelqu'un de très charismatique, un compliment venant de lui me faisait toujours rougir. C'était inévitable et ça le faisait rire.
« Si tu n'étais pas marié avec moi, je penserais que tu draguerais ma meilleure amie.
-Jamais j'oserais. Tu es la femme de ma vie Ali, tu le sais bien. »
Ils s'embrassèrent alors. Je détournais la tête, ayant l'impression habituelle d'être un voyeur. Angie me prit par l'épaule et m'amena sur la canapé.
Elle me demanda évidemment comment j'allais depuis ''l'événement''.
« Bien. Je t'assure. »
Elle me sonda, et parut satisfaite parce qu'elle trouva dans mon regard. Puis elle jeta un coup d'oeil à Alice et Jasper qui continuaient à se câliner au milieu du salon.
« Allez, laissons-les se retrouver. Tu m'accompagnes à la cuisine ? J'ai encore quelques trucs à faire cuire.
-Bien sur. »
Dans notre groupe, Angie et moi étions les seules capables de cuisiner sans que quiconque ne souffre d'intoxication alimentaire le lendemain. Alice était une vrai catastrophe, tout ce qu'elle touchait brûlait. Quant à Jazz, son don pour faire cuire les pizzas et réchauffer des plats lui valait une récompense de sauveteur. Ben, lui, Angie refusait carrément qu'il rentre dans sa cuisine. Si ce n'est pour faire la vaisselle ou mettre le couvert.
Je la suivie puis nous nous attaquâmes à la cuisine.
« Je fais des lasagnes, ça ira ?
-C'est parfait.
-Bien. Tu peux m'aider, j'ai déjà tout cuisiner ou fait mariner mais il faut les dresser et mettre au four, et honnêtement, je n'arrive jamais à le faire aussi bien que toi, ça se casse toujours la figure.
-Ah ! Personne ne peut m'égaler dans le domaine des lasagnes, pousse toi de là, que je me mette à mon art ! »
Elle rit, et me m'enlaça dans le dos, en posant son menton sur mon épaule.
« Je te préfère comme ça mon coeur souriante, blagueuse et un peu trop vaniteuse sur les bords »
Je me retirais de son étreinte en bougonnant pour la forme « je ne suis pas vaniteuse arrête tes bêtises »
Elle se recula et se mit à faire une sauce pour la salade qui trônait un peu plus loin, sur un plan de travail.
Nous nous mîmes à discuter de tout et de rien tout en cuisinant tranquillement. J'étais en train de poser les dernières pâtes de lasagnes dans le plat quand la sonnette retenti Angela lâcha tout ce qu'elle faisait pour se précipiter vers la porte d'entrée. Avant de passer la porte de la cuisine elle se tourna vers moi et me fis un « soit aimable », avec un doigt pointé vers le haut, menaçant.
Je lui tirais la langue avant de retourner à mon plat.
J'essayais de le finir vite, pour ne pas paraître trop impolie. Une fois le plat dans le four et mes mains lavée j'allais à la rencontre de ce fameux collègue de Ben, non sans soupirer.
Arrivée dans le salon, je trouvais mes amis et un homme brun, plutôt trapu, avec de grands yeux noir et presque aussi pâle que moi en train de rire aux éclats. La première pensée qui me traversa l'esprit fut ''Edward est plus grand. Et plus beau''.
Il s'avança vers moi avec un sourire, pas aussi charmant et craquant que celui d'Edward, et me salua :
« Bonsoir, je suis Felix
-Bella, enchantée. »
Je serrais la main qu'il me tendait et rien ne se passa. Pas de frisson agréable ou de choc électrique, juste la chaleur d'une main normale, quoiqu'un peu moite.
Angela et Alice arborait des sourires idiots, heureuses que tout se passe bien pour l'instant.
« Et si nous passion au salon ? » proposa Ben, après quelques secondes d'un silence plutôt gênant où mes amis nous observaient comme des bêtes de foire. Tout le monde approuva ce qui semblait être l'idée du siècle sur l'instant et alors que tout le monde s'installait sur les fauteuils je vis clairement Alice menacer silencieusement Ben si il s'asseyait à côté de Felix. Il était évident que cette place m'était réservée.
En voyant les regards insistants des filles je lançais la conversation passablement mal à l'aise
« Alors, Felix, tu travailles avec Ben c'est ça ?
-Oui, je suis comptable, nos bureaux sont à côté.
-Intéressant... »
J'étais nulle en convention sociale. Je ne savais pas faire la conversation. Et il me semblait de plus en plus que nous n'ayons rien en commun.
« Et toi Bella, que fais-tu ?
-Je suis libraire.
-Haha, sérieusement ? Tu travail dans une boutique pendant que le patron se dore au soleil ? »
Pourquoi riait-il ? Et était-ce une tentative de blague ? Le malaise en moi grandissait, de plus en plus, et apparemment Angela s'en rendait compte.
« Non, en fait Bella est sa propre patronne.
-Auto-entrepreneur alors ? Intéressant. Tu dois être une femme de caractère alors. » Il fit sourire tordu, voir pervers et il se rapprocha de moi.
Je toussais doucement pour cacher mon malaise et lançais un regard paniqué à Alice qui visiblement était engagée dans une conversation passionnante avec son mari.
« Hum oui. Pas vraiment. Et … Et à part ton travail, qu'est-ce qui occupe ton temps ? »
Il me répondit tout en se rapprochant alors que j'essayais de m'éloigner de lui.
« Et bien, je sors, de temps en temps avec des amis. J'aime beaucoup m'amuser et les jolies filles. » il eut un rire gras et voyant que je ne le suivais pas il se racla la gorge « sinon, j'aime bien aller au cinema, de temps en temps. Et toi ?
-Et bien, j'aime bien aller au cinema aussi, et faire des soirées entre amis. Et j'aime rester chez moi, à lire... »
Une image d'Edward et moi, enlacés sur le canapé de mon salon, sous une couverture et chacun un livre à la main me revint.
« Etonnant pour une libraire, haha ! Tu sembles un peu coincée ma jolie, tu aurais besoin d'un homme peut-être ? Pour remettre la machine en marche ! » Et comme après chacune de ses phrases, il rit d'une façon totalement dégoutante.
Le charme était rompu, si charme il y avait eu.
Tout au long de la soirée, il s'avéra que Felix était un gros lourd, amateur de blagues vaseuses et de très mauvais goût. De plus, il ponctuait chacune de ses phrases parce une remarque sexiste qui me faisait bouillir.
A table, il avait agit comme un porc, mangeant n'importe comment et de plus, il n'était visiblement pas un adepte de la politesse.
Mais le pire se passa au moment où nous allions passer au dessert. Angie commençait à fatiguer et elle demanda à Ben de se lever pour aller chercher le dessert. Jasper et moi nous levâmes en même temps pour débarrasser quand Felix intervint :
« Laissez donc faire les demoiselles les gars, elles sont là pour ça, non ? Haha. Et puis, ça me permettra de voir les si jolies fesses de Bella encore une fois.»
Je posais les assiettes que j'avais dans les mains sur la table, complètement abasourdie.
« Je te demande pardon ?! » ma voix avait été plus aiguë que ce que je ne le voulais au départ, mais plus je le regardais plus j'étais énervée.
Il se leva et me répondit « Mais elle parle ! Etrange, on ne pas entendu de la soirée. Faudrait-il te provoquer pour que tu t'exprime? Tu en veux plus peut-être ? »
Je restait choquée, incapable de prononcer un mot sans avoir l'envie de lui retourner deux gifles. Et l'imbécile prit ça pour de la timidité.
« Tu redeviens timide ?» Il se colla à moi « Ne t'inquiètes pas, ma coquine, je vais très vite te réchauffer, et tu verras, tu vas adorer que je te provoques» puis il me chuchota dans l'oreille « et bientôt j'entendrais ta très jolie voix crier mon prénom, lorsque je te toucherais pour de vrai ». Il appuya ses paroles en posant sa main sur mes fesses.
Je me dégageais de son emprise rapidement et ma main claqua sur sa joue aussi fort que je l'avais voulu.
Un silence de mort rempli la pièce instantanément et nous entendîmes son égo se briser comme du cristal.
« Pour qui tu te prends ? Qui es-tu pour me toucher ? Qui es-tu pou venir ici avec tes grands airs de pervers et tes discours les plus machistes du monde ? Qui es-tu pour dire à mes amis ce qu'ils sont censé faire ou non ? Qui es-tu à part une espèce de petit minable, frustré et obligé de se taper des putes parce qu'aucune femme digne de ce nom ne veut de toi ? Plus jamais tu ne me touches comme tu viens de le faire, c'est compris ? Plus jamais tu ne cherches à me parler. Et tu devrais penser à revoir tes idéaux sur les relations hommes/femmes, si jamais tu es capable de penser avec autre chose que ton ego de merde et ta queue en manque d'attention ! »
Je quittais le salon presque en courant et allais directement dans le hall d'entrée récupérer mes affaires, Ben sur les talons.
Je me retournais vers lui :
« Sérieusement Ben ? Tu as pensé que je pourrais aller avec ça ? Je ne suis pas si désespérée. »
- Je suis désolée B., il n'est pas comme ça au boulot.
-Surement. Je crois que je vais y aller, je ne peux pas en supporter plus. C'était gentil d'essayer Ben, mais je suis une grande fille, je pense pouvoir me débrouiller toute seule. Passe le mot aux autres je ne retourne pas la-bas. »
Ce soir-là, en rentrant chez moi, je me sentais plus seule que jamais.
La constatation de ma solitude m'arriva en pleine alors que je marchais dans la nuit.
Les joues rougies par l'effort et le froid du mois de janvier, je me pressais de rentrer pour retrouver mon chez moi, dans lequel j'avais envie de me terrer. Plus j'avançais, plus je me rendais compte de ma situation. J'avais plus ou moins conscience d'être seule mais jamais je ne l'avais vu sous cet angle.
J'étais plus ou moins solitaire de base, m'entourant de très peu de personnes mais sur lesquelles je pouvais compter plus que jamais. Je ne me lassais que très rarement des des gens (excepté de ma famille mais c'était un autre débat) et je n'avais pas besoin de compagnie à chaque instant pour me sentir bien.
Cependant, ce soir tout était différent.
En arrivant chez moi, je me glissais dans mon lit, désespérément vide, tout en pensant à ma solitude de plus en plus pesante, et qui allais empirer.
Alice et Jasper, mes plus proches amis depuis des années sont mariés, heureux en ménage depuis toujours. Angela et Ben allaient bientôt être trois, et en étaient les plus heureux. Rose et Emmett ont fondé leur famille depuis longtemps. Charlie allait surement refaire sa vie d'ici peu, si ce n'était pas déjà fait, et Renée allait suivre le même chemin.
Mon ex-fiancé, était marié, futur père et homme comblé.
Et moi, j'étais seule. Encore seule. Toujours seule. Simplement seule.
J'étais pathétiquement incapable de garder auprès de moi l'homme que j'aimais, le faisant fuir, dégouté par ce que j'tais.
Je savais que Jazz et Alice envisageaient d'avoir un enfant dans les mois qui suivaient. Voir Angela enceinte avait réveillé l'horloge biologique d'Alice et l'instinct de Jasper.
Quand Angela allait accoucher, nous ne nous verrions plus comme avant, tout serait différend. Et je le comprenais. Elle allait fonder sa famille, elle. Avoir ce que je veux.
Depuis toute petite, j'ai toujours été celle qui avait les plus grands rêves de famille, de bébés et de mariage. J'avais, en grandissant, été tellement dégoutée par ma propre famille que j'avais enfouie mes idéaux avec le reste. Le temps aidant, et voir mes meilleurs amis réaliser mes rêves de gamines avait commencé à fendre le bouclier de verre dans lequel j'avais enfermé ces envies.
Mais il avait fallu qu'Edward réapparaisse, pour qu'en quelque jours, tout ressorte. En un sourire, j'avais eu envie de ça, du mariage de princesse auquel j'avais rêvé durant des heures entière, des enfants que nous pourrions avoir, tout les deux, comme quand nous étions ados et que, parfois, nous en parlions. J'avais eu cet espoir, presque fou, voir complètement infondé de nous voir vieillir ensemble, comme dans ces romans à l'eau de rose que j'avais dévoré à quatorze ans. Tout ça, avec Edward.
Edward.
Il était ce qu'il pouvait m'arriver de mieux comme de pire. Destructeur et salvateur. Me redonnant espoir en tout et brisant d'un coup. Avec lui, j'arriver à aimer, complètement, totalement, sans retenue. Quand il partait, je me renfermais, me bloquais du monde extérieur pour me concentrer sur ô ! combien je me déteste de l'avoir fait partir. Je l'adorais de toute mon âme et le haïssait de tout mon être. J'étais en constante contradiction lorsqu'il s'agissait de lui.
Je l'aimais aussi passionnément que je l'abhorrais pour me faire sentir faible et impuissante. Comme un ouragan, il me ravageait à l'intérieur, laissant à chaque une fois une trace indélébile de son passage. Son regard me hantait encore après des mois d'absence.
Il était réapparut dans mon univers comme une météorite, illuminant mon monde les quelques temps où il était resté et le plongeant dans une obscurité inquiétante lorsqu'il avait avait disparu.
Je me retournais une énième fois dans mon lit et après avoir finalement constaté que je ne dormirai pas cette nuit-là, je me levais, enfilais un pantalon de yoga et une veste ayant appartenue à Charlie, pleine de taches de peinture, par dessus mon t-shirt de nuit et descendais au magasin. Je devais finir de nettoyer et de ranger.
Si j'avais besoin de changements dans ma vie, ma boutique elle aussi. Depuis que je l'avais reprise je n'avais qu'à peine touché à la décoration et à la patte de Carmen. Il était temps que cette librairie rajeunisse, tout en gardant son esprit original. Et c'est la tâche à laquelle je m'étais attelée toute la semaine.
J'étais allé acheter de la nouvelle peinture pour les murs, des couleurs plus chaudes et plus chaleureuses pour redonner une atmosphère agréable à ce lieu dans lequel je passais mes journées. J'avais passé un jour entier à trier tous les livres, à les ranger dans des caisses, des cartons et quelques étagères que j'avais recouvert d'un plastique protecteur pour la peinture. Ensuite, le lendemain, j'avais passé la matinée à pousser les meubles au centre du magasin et à enlever tous ce qui se trouvait sur mon comptoir. En une heure et demi, tous mes papiers, tous mes crayons, toutes mes notes s'était retrouvé sur la table basse de mon salon.
Cet après-midi là, j'étais repartie dans un magasin pour acheter des rangements de bureau, des classeurs et une bonne calculatrice. J'en avais profité pour passer chez le coiffeur.
Le troisième jour, j'avais attaqué la peinture. J'avais passé dix heures à faire toutes les sous couches de la boutique. Ce soir là, j'étais partis me coucher directement après ma douche, sans manger.
Le quatrième jour avait été consacré à la peinture en elle même. Ça avait été aussi épuisant que la veille. Le cinquième jour, je n'avais pas mis un pied dans la boutique. J'avais entrepris de commencer mon rangement et surtout mon triage de papiers pour pouvoir, plus tard, m'attaquer à ma comptabilité.
Le sixième jour, j'avais remis les meubles en place et fais les dernières retouches peintures sur le comptoir et les plaintes. Certains livres avaient même commencé à retrouver également leurs places dans les bibliothèques.
Ce matin, j'avais du finir mon œuvre en classant et rangeant tous les ouvrages de la boutique. J'avais reçu dans la semaine quelques nouveaux livres ainsi que du réassort pour les classiques et les meilleurs ventes. Tout devait retrouver sa place comme il le fallait.
Lorsque je m'étais réveillée encore courbaturée mais bien reposée, j'allais déjeuner puis, je descendais au magasin. Comme le voulait mon rituel depuis une semaine, j'attachais mes cheveux en un chignon lâche juste après avoir allumé la lumière et branchais mon ipod sur la petite station cachée sur le comptoir qui me servait essentiellement d'horloge.
Ironiquement, cette fois-ci, la première chanson qui passa fut I Hate Myself For Loving You de Joan Jett. Même si la relation décrite dans la chanson était plus trash, dangereuse et destructive que la mienne, la notre, les sentiments étaient les mêmes. Puissant, ravageurs, passionnés, inévitables.
J'avais commencé d'abord par poser à même le sol, sur un grand tissu propre la plupart des livres qui étais déjà là depuis un moment, puis après avoir sortis les nouveaux de leurs cartons, je les avait classés et les rangés dans leur nouveaux emplacements.
J'en avait profité également pour nettoyer les livres les plus poussiéreux, enlever les plus abimé et noter tout ce qu'il me faudrait recommander plus tard.
Alors que le soleil commençait à se lever, j'avais décidé d'aller me coucher un peu. Je devais être en forme pour ce soir.
Maintenant que j'étais rentrée, et que je n'avais pas réussi à dormir après cette soirée pour le moins catastrophique, j'avais décidé de finir ce que j'avais commencé.
Musique lancée et cheveux attaché, je rentrais dans la vitrine et enlevais tout ce que je jugeais inutile. Je laissais les trois affiches d'auteur, je mis en pile les nouveautés du mois et je fis une liste de ce que je voulais pour la déco et que je devrais acheter en plus. Puis, je nettoyais complètement l'endroit. La vitre était nette, le sol aussi clair que de l'eau de roche et le plafond sans aucune traces de toiles d'araignée.
Quand j'eu jugé en avoir assez fait, je passais un coup d'aspirateur bien mérité puis la serpillère, deux fois.
En attendant que le sol sèche, je remontais dans mon appartement pour prendre une douche, manger quelque chose et me coucher pour au moins deux jours. J'étais épuisée aussi bien physiquement qu'émotionnellement mais je me sentais bien mieux qu'il y a déjà deux semaines.
Je commençais à voir le bout du tunnel.
Tout irait bien, je le savais.
°0°
Voilà! Pour celles qui ont lu l'ancienne version, vous remarquez donc que j'ai vraiment modifié ce chapitre, en y ajoutant beaucoup de chose. Mais il faut ce qu'il faut!
La suite, la semaine prochaine normalement. Quand exactement? Je ne sais pas!
Sinon, mon Out-Take avance et je travaille également sur un chapitre pour One Night at a Time!
On se retrouve très vite!
Bises
S
