Épilogue

Note : Oui, le voici, il est là !
Ouais, je sais, il a mis le temps, mais cet épilogue a vraiment été difficile et je suis pas fâchée d'être arrivée au bout. Même si c'est jamais évident de finir une fic.
Je remercie Winnie, très très fort, pour son aide et son soutien, sur cette fic.
Et la citation finale est d'Ovide (en italique).

Voilà ! Bonne lecture !

Alexandre se leva de son bureau, satisfait du travail qu'il avait accompli, il allait pouvoir profiter du reste de la journée avec sa famille. À cette heure, les enfants avaient fini leurs leçons et sa femme devait probablement lire quelque part dans la villa. Il s'étira un instant, il était resté assis trop longtemps et ses muscles étaient endoloris. Il sortit dans le péristyle, comme il le pensait sa femme Cloelia lisait allongée sur une baquette, à l'ombre des colonnes, tandis que Cornelia aspergeait d'eau son petit frère Aurelius qui courait en riant autour de la fontaine. Dès que celui-ci le vit, il se précipita vers lui en courant.
- Papa !
Si tout le monde s'accordait à dire qu'Aurelius ressemblait physiquement à son père, il avait le caractère vif et enjoué de sa mère. Tandis que pour Cornelia c'était l'inverse, elle était identique à sa mère, la même peau claire, les mêmes cheveux blonds, mais elle avait hérité de sa personnalité calme et posée.
Son fils dans les bras, il vint s'asseoir près de sa femme qui replia le parchemin qu'elle lisait, avant d'être rapidement rejoint par leur fille. Cornelia venait d'avoir douze ans, tandis qu'Aurelius approchait des sept ans. Alexandre était aujourd'hui un pater familia comblé et respecté.

Mais il n'en avait pas toujours était ainsi, de leurs cinq enfants seuls deux avaient survécu au delà de l'âge de trois ans. Leur première fille Lucilla était morte à la naissance, seulement quelques mois après la mort de Leonius et Ceirdwyn l'avait plutôt mal vécu. Ajouté à l'isolement et l'éloignement auxquels ils étaient contraint, son humeur et sa santé s'étaient dégradées et ce malgré la présence de Kendra à ses côtés, aussi Alexandre avait craint qu'elle se remette à dépérir et qu'elle se laisse mourir de chagrin. Il avait alors pris une décision radicale : quitter Rome et partir loin de leur ancienne vie pour en vivre une nouvelle.

Comme il était très mal vu pour un patricien d'épouser une esclave ou même une affranchie, il avait fait adopter Ceirdwyn par un couple de vieux amis de sa mère, en échange d'un peu d'argent. Ainsi elle était devenu Cloelia, fille de citoyen romain et il avait donc pu l'épouser, sans que personne n'y trouve à redire.
Seulement même si les chances étaient faibles, Alexandre craignait que quelqu'un ne reconnaisse l'ancienne esclave sous les traits de sa nouvelle épouse, alors il avait pris la décision de quitter Rome et de partir loin, très loin. Après en avoir discuté longuement ils avaient pris la décision de se rapprocher des origines celtiques de Ceirdwyn, ils étaient donc parti pour les Gaules et ils choisirent de s'établir à Vienna, non loin de Lugdunum, capitale des Gaules.

Leur installation dans la petite ville commerciale ne se fit pas sans mal, refaire sa vie dans une autre ville, dans une autre province n'était pas une chose aisée. Heureusement Alexandre venait d'une famille influente de Rome et possédait une fortune conséquente ce qui avait grandement facilité les choses. Ils avaient pu acquérir une magnifique domus dans l'un des plus beaux quartiers de la ville à seulement quelques rues du fleuve, sur la rive droite. La maison plus spacieuse que celle de Rome était richement décorée, possédait deux grands péristyles et était équipés de tout le confort moderne, latrines et bains compris.

Bien que l'économie de la ville fut essentiellement basée sur les échanges commerciaux en raison de son excellente situation géographique, ils lui fallu s'adapter et développer son commerce dans cette partie du monde avait pris un certain temps. Jusqu'alors, Alexandre avait surtout commercé avec le sud de l'empire et plus particulièrement l'Égypte, il lui avait donc fallu s'habituer aux mœurs du nord, mais le savoir de son épouse, en particulier sur les coutumes celtes, lui avait été d'un grand soutien. Il avait noué de nouvelles relations commerciales créant ainsi un pont entre le nord et le sud.

Les premiers temps, Ceirdwyn s'était littéralement noyée dans le travail pour oublier, mais le changement d'air lui fit du bien et progressivement elle reprit du poil de la bête. Mais au final, ils avaient réussi à s'acclimater assez facilement, la présence de nombreux gaulois et celtes, en particulier des allobroges avaient permis à Ceirdwyn de se sentir en terrain familier, car malgré sa récente citoyenneté romaine, elle restait profondément celte. Et le mélange des cultures omniprésent dans la ville leur avait permis à tous deux de se sentir à leur place dans cette ville étrangère.

Être marié avait changé beaucoup de choses entre eux surtout que les circonstances n'avait pas été les meilleures et retrouver leur intimité leur avait pris du temps. Et puis un peu plus d'un an après leur arrivée Ceirdwyn avait découvert qu'elle était de nouveau enceinte. Quand la nouvelle était tombée, ils n'avaient pas su comment réagir, partagés entre la joie d'avoir un enfant et la crainte de revivre le cauchemar de la première fois, surtout qu'ils ne savaient pas trop comment aborder la question entre eux, de peur de faire de la peine à l'autre. Mais après une courte période de stress, la joie finit par prendre le dessus.
Et c'est ainsi que quelques mois plus tard Cornelia vint au monde et elle était en parfaite santé. Alexandre était aux anges. Mais une fois de plus les souvenirs de sa première grossesse vinrent hanter Ceirdwyn et inquiète à l'idée de perdre un autre enfant, il lui fallu plus de temps pour se réjouir de cette naissance.

Ils eurent encore trois autres enfants, Flavius n'avait vécu que jusqu'à la veille de ses 2 ans, Aurélius venait de passé l'âge critique de 7 ans et la pauvre Iulia n'avais vécu que quelques mois.

C'était terrible à dire mais au final, la mort de Leonius avait été une véritable bénédiction qui leur avait permis de prendre un nouveau départ. Alexandre savait désormais qu'il vieillirait tranquillement auprès de la femme qu'il aimait, avant qu'un jour ses enfants prennent sa suite.

- Tu as fini ton travail ?
- Oui. Et toi, ta lecture ?
- Tu sais à quel point j'aime Ovide.
- Ho oui !
- En particulier, quand tu me murmures ces magnifiques poèmes d'amour.
- L'amour le plus vif meurt faute d'espérance ! Osez tout, armez-vous d'une noble assurance.
Il l'embrassa. Puis tout à coup, ils furent interrompu par des gouttes d'eau venue de nulle part. Lorsqu'ils se séparèrent et relevèrent les yeux, ils virent Aurelius s'enfuir en courant. Cornelia se leva et se dirigea à sa suite.
- Je repensais à comment nous en sommes arrivé là.
- Et je me disais que malgré toutes les épreuves, on s'en était plutôt bien sorti.
- Je suis d'accord. Quand ton père a décidé que désormais je lui appartenais, j'ai voulu mourir, il m'a fait vivre un enfer et quand il m'a donné à toi, je n'y ai pas vraiment vu une amélioration, mais j'avoue que je n'ai jamais été aussi heureuse de m'être trompée.