Allez zoup, un chapitre un peu lent pour les laisser respirer après tout ce qu'ils ont fait xD Mon dieu, quel sadisme quand j'y repense... Et c'est même pas finis.


House

Le "où" de Holmes était une maison d'allure imposante et bourgeoise. Il y avait deux gardes devant les portes, qui coururent nous aider avec Watson dès qu'ils nous virent arriver. Holmes leur donna l'ordre de transporter le malade à l'intérieur, ce qu'ils firent aussitôt sans se le faire répéter, ce qui me fit penser que 1) ils connaissaient Holmes, 2) ils le respectaient, 3) ils en avaient même peut-être un peu peur.

Wilson et moi le suivirent à l'intérieur de la bâtisse, passant dans un couloir aux murs rehaussés de velours et au sol lourdement tapissé. Les gardes allèrent dans ce qui semblait être le salon et déposèrent Watson, qui était toujours inconscient, sur le divan.

Holmes semblait avoir complètement perdu la boule ; il avait couru jusqu'à l'autre bout de la –très grande- salle et semblait se marmonner à lui-même. Wilson ayant déjà pris sa place devant le malade pour l'ausculter, je m'approchais doucement du détective… Et failli avoir une crise cardiaque lorsqu'une main sortie de nulle part m'attrapa le bras.

Je sursautai si fort que je tombai sur le sol malgré cette main qui tenta trop tard de me stabiliser.

Il y eut un moment de flottement pendant lequel je remontais la main et le bras du regard, mais leur propriétaire était caché dans l'ombre ; avant que la voix de Holmes ne s'élève :

-C'est Greg House, me présenta-t-il brièvement à la main qui me tenait.

-Enchanté, me parvint une voix grave et graveleuse qui avait l'air de tout sauf d'être enchantée.

L'homme s'avança et révéla son imposante carcasse, ses cheveux grisonnants, et ses yeux gris acier. Un gris spécial que je n'avais vu jusqu'ici que sur une seule autre personne, et je dus faire d'immenses efforts pour ne pas hurler ma découverte au monde entier : Mycroft Holmes se tenait devant moi, et me tenait lâchement le bras comme s'il hésitait à m'aider à me remettre sur mes pieds.

Je dégageai mon membre et me remis de moi-même debout, m'aidant copieusement d'un meuble à portée de main.

-Mycroft Holmes, se présenta-t-il en me serrant convenablement la main, cette fois.

-House!

Je me retournai vers Wilson, alors que Holmes (Sherlock) volait déjà aux côtés de Watson.

-Qu'est ce qu'il y a? s'enquit-il sèchement.

-Ne vous alarmez pas, le rassura Wilson. Il n'y a rien de plus pour l'instant. J'aurai juste besoin d'aide pour le défaire de ces habits trempés.

-Tu peux le faire sans moi, grognai-je.

J'avais moi aussi les habits trempés, et je ne voulais pas aggraver ce fait en me frottant à ceux de Watson. Wilson et Holmes s'attelèrent donc à la tâche alors que Mycroft allait aboyer à une servante surement réveillée en sursaut d'après son air ahuri et échevelé, d'aller chercher des couvertures, dans lesquelles ils enroulèrent le malade.

Je m'approchai enfin du lit et jetai un coup d'œil à Wilson. L'expression plaquée sur son visage fut assez pour déduire qu'il n'avait aucune idée de ce qu'avait Watson, et c'était assez pour me faire tiquer. Wilson n'était pas si mauvais en diagnostiques. S'il n'avait pas réussi à trouver la maladie, ça voulait dire que Watson avait été infecté par quelque chose de puissant, et de difficilement détectable quoi qu'il en soit avec les méthodes du 19eme siècle.

Je fit voleter mes yeux le long de son corps, notant ses lèvres légèrement bleutées –impossible de savoir si c'était à cause du froid de l'eau ou d'un manque d'oxygène tant qu'il n'avait pas décongelé-, sa figure légèrement rougie par la fièvre, les tremblements qui le parcouraient de temps en temps.

Holmes voletait lui aussi, mais de manière bien plus brusque et nerveuse. La situation me paru inconfortablement cocasse –ceux qui devraient être nerveux, c'étaient moi et Wilson ; aucun de nous deux n'avait l'habitude de se faire tirer dessus, on avait même envisagé finir notre vie sans avoir entendu un coup de feu détonner à moins de 100 mètres de nous.

Holmes, lui, devait vivre tous les jours de sa vie au milieu de divers criminels.

Et pourtant mes nerfs semblaient en parfait état ; Holmes paraissait sur le point de faire un court-circuit.

-Pourquoi ne l'as-tu pas emmené à un hôpital? dit soudain Mycroft qui s'était approché sans bruit, étonnamment pour un homme de cette carrure.

-Cyanide est un médecin, répondit Holmes à une telle vitesse que je dû déchiffrer plus qu'enregistrer ses mots. Et apparemment extrêmement influent dans les hautes sphères du gouvernement. S'il apprenait que l'on était à l'hôpital... S'il est assez puissant pour geler le Scotland Yard tout entier… Wilson! cria-t-il soudain.

-Quoi? fit Wilson en sursautant.

-Qu'est ce qu'il a?

Wilson fit une grimace impuissante.

-Je ne peux pas le dire… Nous n'avons aucun moyen de vérifier quelle est sa maladie.

Il me jeta un regard énervé.

-Si seulement le diagnosticien se décidait à faire quelque chose…

-J'ai fait tout ce que j'ai pu, répondis-je, énervé. Tu viens de le dire, on ne peut pas tirer de conclusions sans avoir un peu de matériel. Le genre de matériel qui ne sera pas inventé avant une cinquantaine d'années.

Holmes nous observa silencieusement un moment.

-Nous n'avons aucun de ces instruments, mais nous arrivons quand même à avoir une sorte de médecine. Allez-vous me dire que malgré vos connaissances bien plus avancées que les nôtres, vous êtes incapables de dire le moindre diagnostique?

Je compris soudain ce qu'il attendait de nous, et j'en fus presque désolé pour lui.

-Nos connaissances avancées ne veulent pas dire qu'on peut faire des miracles, pointai-je. C'est pas en faisant des signes tribaux dans les airs qu'on arrivera à soigner Watson. Il nous faut du matériel, il nous faut des médicaments… Il nous faut des médicaments dont vous n'avez peut-être pas la moindre idée de l'existence.

Holmes eut une sorte de soupir rageur et recommença à faire les cent pas dans la pièce, les yeux rageurs rivés sur ses chaussures. Le regard de Mycroft n'avait pas quitté Watson depuis un long moment, lorsqu'il les bougea brusquement vers moi.

-Le fait que vous ne pouvez déterminé la nature de sa souffrance simplement en listant ses symptômes veut dire que cette maladie est complexe, quelle qu'elle soit… N'est ce pas?

Wilson frotta nerveusement ses mains, comme pour les réchauffer.

-Si Cyanide est aussi brillant en matière de maladie que ce qu'il nous a dit, il se peut qu'il ai "fabriqué" une version plus tenace d'une maladie préexistante, expliqua-t-il. Les symptômes de Watson indiquent une pneumonie, mais ça progresse beaucoup trop vite. Une pneumonie met plusieurs jours à s'installer…

-Nous pouvons toujours essayer de lui donner le remède traditionnel contre la pneumonie, pointa Mycroft.

-Bien sûr, dit Wilson.

-Quoi? s'exclama Holmes et se tournant vers moi. Mais vous venez de dire que vous n'aviez pas le traitement approprié!

-J'ai juste émis une hypothèse, me défendais-je, et Wilson roula des yeux.

-Ignorez-le. Ignorez tout ce qu'il pourra vous dire à partir de maintenant. Quel est votre traitement pour la pneumonie?

-C'est ça. Ecoutez donc le Dr Wilson. Cancer, pneumonie… Tout ça, c'est la même chose!

-House, la ferme, me murmura-t-il. Je sais qu'être odieux et insupportable avec tout ce qui bouge est ta façon de te calmer les nerfs et de déstresser, mais Watson pourrait être en train de mourir, et nous avons la moitié de Londres à nos trousses, dont la police. Je crois que c'est pas le moment!

Et il suivit Holmes dans une autre pièce alors qu'il courait chercher de la pharmacie sous les directions de son grand frère.

Me calmer les nerfs? Mes nerfs étaient parfaitement calmes.

-Comment est-ce?

-Pardon? m'étonnai-je en me retournant, rencontrant le regard inquiétant de Mycroft.

Il s'était assis –non, affalé- sur l'un de ses copieux fauteuils derrière moi, ses yeux voletant de moi à Watson et retour à moi.

-Le futur. Comment est-ce?

Je le regardais un moment. Holmes lui avait donc expliqué d'où on venait, et il avait l'air d'avoir accepté la chose avec aisance et rapidité. Très rapide même. Probablement parce que c'était son petit frère qui le lui avait expliqué avec des termes précis et directs.

Je haussai vaguement les épaules, et il me fit signe de venir m'asseoir à côté de lui. J'aurais refusé ; mais la morphine avait depuis un long moment dégagé de mon système et ma jambe protestait contre les contraintes que je lui avais imposé.

A peine me fus-je assis que Holmes et Wilson revinrent avec tout un bardas médical, et Wilson se mit au travail en m'envoyant un regard qui signifiait sûrement que je pouvais venir l'aider au lieu de tirer au flanc. Dommage pour lui.

Sherlock Holmes, lui, était retourné faire les cent pas en scrutant ses chaussures, sans doutes en train de réfléchir à plusieurs scénarios de mort pour Cyanide.

-Alors, ce futur?

La voix de Mycroft résonnait dans toute la pièce même s'il parlait à voix basse. Wilson nous jeta un regard un peu inquiet avant de retourner à ses ministrations.

-Bof, commençais-je finalement. Pas beaucoup de changements, si vous ne comptez pas l'électricité omniprésente, les ordinateurs, la télé, le cinéma, les voitures, les avions, les trains, les métros, le plastique, les hôpitaux, les guérillas, le goudron, le pétrole, les usines à la chaine, les vaccins, les insecticides à grande échelle, les imports et exports, les ascenseurs… Oui, enlevez tout ça et vous retrouverez le 19eme Siècle.

Mycroft m'avait écouté sans sourciller, sans même cligner des yeux. On aurait presque dit qu'il comprenait ce que je lui disais, alors qu'il n'y avait aucune chance pour que ça soit le cas.

-Mieux? Ou pire? finit-il par demander une fois sûr que je n'avais plus rien à dire.

-C'est ça qui vous intéresse? De savoir si le futur est mieux que le passé? Ou présent, pour vous.

-Disons que je m'intéresse plus de savoir si je vais manquer tous les amusements, dit-il avec un petit sourire que j'eus du mal à interpréter.

-Ah ça… vous en manquez. Monster Truck, Miss America, les concours de Miss T-shirt Mouillé…

-Et vous, ça ne vous manque pas?

-Vous êtes quoi, mon psy?

Mycroft leva un sourcil interrogatif. Il ne devait pas savoir ce qu'était un psy. Je soupirais pour tenter de lui faire comprendre qu'il commençait à me courir sur le haricot, mais ça n'eu pas l'air de le démonter. Au contraire, il me resservit son sourire en coin et tourna ses yeux vifs vers son petit frère , qui avait arrêté ses cent pas et nous dévisageait depuis quelques temps.

-Un problème, Sherlock?

-Oui, j'ai un problème, s'énerva l'autre. J'en ai même plusieurs. J'en ai même assez pour remplir une bibliothèque entière. D'où viennent tous ces passages secrets?

Mycroft fronça doucement les sourcils.

-As-tu enfin les pieds suffisamment sur Terre pour que l'on puisse conduire une conversation sérieuse? s'enquit-il, ce qui fit froncer le nez à son petit frère.

-J'ai toujours les pieds sur terre, répliqua-t-il d'un ton presque mauvais.

-Pas pour les 15 dernières minutes, petit frère.

-Passe moi les sermons et réponds-moi. Sais-tu d'où viennent ces passages secrets? Je n'ai jamais su qu'il y en avait un dans Baker Street.

Mycroft remua sa lourde carcasse pour s'enfoncer encore un peu plus dans son fauteuil.

-Tu remarqueras que les maisons qui possèdent un passage secret, comme tu les nomme, sont uniquement celles qui ont été construites après le Grand Incendie de Londres de 1666.

-Comment voulez-vous qu'on remarque ça? grognai-je.

Il ne fit aucune attention à moi :

-Les gens qui reconstruisirent la ville avaient peur qu'une chose pareille se reproduise. Dans un incendie de cette ampleur, il y eut des milliers de morts, enfermés dans leurs maisons sans aucune chance de s'en échapper. Plusieurs d'entre eux ont donc reconstruit leurs bâtisses, en briques ou en pierres comme l'avait exigé le Roi à cette époque, mais y inclurent une précaution supplémentaire : des passages, dissimulés ou non, qui menaient à l'extérieur et même loin de chez eux, pour s'éloigner le plus possible d'un probable incendie.

Il pointa soudain un doigt boudiné vers une armoire en face de lui.

-Il y a un de ces passages derrière cette armoire, dit-il.

Sherlock fixa le meuble avec des yeux qui mourraient d'envie d'aller le pousser pour vérifier les dires de son frère, mais il se retint. Il reporta finalement son regard sur son frère :

-Toi qui travaille pour le ministère, connais-tu ce Cyanide?

-Non, dit pensivement Mycroft. Ce qui est étrange si, comme tu le dis, il a des pouvoirs sur les hautes sphères de la société… A moins que ça soit l'une de ces hautes sphères qui emploie ses services.

Sherlock fronça les sourcils.

-Tu penses à une rébellion au sein même du Gouvernement?

-Tu prends l'affaire peut-être un peu trop loin… Une rébellion de cette ampleur commanderait de meilleurs moyens que quelques bandits de rue et un médecin un peu fou. Mais quelqu'un du gouvernement peut se servir de lui pour des fins personnelles.

-En contaminant tout Londres par des maladies inconnues, dit dubitativement Sherlock.

Mycroft voulu répondre, mais des bruits de pas précipités résonnèrent soudain dans le couloir. Sherlock secoua rageusement la tête.

-On ne peut pas réfléchir tranquillement deux minutes! s'énerva-t-il.

Wilson se retrouva soudain à mes côtés et me posa la main sur le bras.

-Je crois que je sais ce qu'a Watson!