Bonsoir/bonjouuur !

Cela fait bien longtemps que j'étais censée publier ce chapitre. Il était prêt depuis un an, imaginez-vous ?! J'ai dû perdre un milion de lecteurs depuis le temps. Peu importe, je compte redevenir d'une ponctualité exemplaire, juré ! Il faut dire que je n'étais absolument pas satisfaite par la façon dont je gérais ma narration. J'ai mis la barre plus haut que ce que je suis capable, en réalité, de rédiger. Entre avoir une histoire en tête et la re transcrir, il y a un monde. Surtout en ce qui concerne la psychologie des personnages, qui est aussi complexe que pour n'importe quel humain. Je n'ai vraiment pas envie que cette histoire tourne en « cliché sur cliché », you know what I mean ? Aucun des personnages n'est parfait, je ne veux pas croire en l'existence même de la perfection. Ils ont tous les problématiques, des subtilités, et si je n'arrive pas à les faire ressortir quand que j'écris, alors cette histoire perd tout son sens.

Donc, je vais m'appliquer au mieux dorénavant, et, à côté de cela, si quelques fautes d'orthographe vous brûlent les yeux, je m'en excuse par avance...

Sur ce, je vous laisse savourer cette lecture,

Des bisous et à bientôt !

CHAPITRE 11 : ATHENES

« C'est pas croyable. Soit les étrangers sont particulièrement malvenus ici et ils se moquent tous de nous, soit les Anciens sont vraiment très bien cachés.. » marmonna Draco dans sa barbe avec un agacement très, très profond alors qu'une énième personne qu'ils interrogeaient leur affirmait qu'il n'y avait aucune partie d'Athènes qui soit cachée, ou plus ancienne que les autres. Un femme avait même osé rire lorsqu'il avait cru bon de mentionner qu'il recherchait les Amazones.

Harry leva les yeux au ciel. « Ne râle pas trop, Malfoy, jusque là nous n'avons rencontré aucun problème. » répliqua-t-il en songeant à la façon dont ils avaient organisé leur départ durant une semaine. Pendant que Lucy avait passé ses soirées à expérimenter le transplannage-sans-transplannage, appelé plus communément TST, Draco et lui s'étaient t'attelés à la préparation d'une bonne dose potions de soins - car on ne savait jamais - avec l'appui d'Hermione et Neville. Ils avaient discrètement emprunté les ingrédients qui leur manquait à Snape qui, de toute façon, curieusement, semblait beaucoup chercher à leur mettre des bâtons dans les roues ces derniers temps.

Quand, enfin, Lucy avait réussi à leur apprendre comment maitriser le TST, ils avait pu programmer leur départ pour ce dimanche-là, à l'abri des regards de tous. Ainsi, une fois leurs cheveux teints à la moldue, et les lentilles de contact posées, Harry s'était muté en un jeune homme roux aux yeux gris, tandis que Draco abordait à présent des cheveux mi-longs châtain clair et des iris d'un bleu renversant, et Lucy avait simplement nuancé son roux foncé à l'aide de mèches blondes, sans toucher au brun de ses yeux.

A présent que la matinée était déjà bien entamée, c'était à se demander s'ils allaient vraiment pouvoir trouver les Anciens. Le dédale des rues d'Athènes ressemblait à un labyrinthe dès que l'on quittait les quartiers centraux, beaucoup trop touristiques, qu'ils soient sorciers ou moldus.

« Putain de merde ! » s'écria Lucy son portable à la main. Les deux garçons la regardèrent avec surprise. Ce n'était vraiment pas son genre de jurer comme un charretier.

« Que se passe-t-il ? » demanda Harry avec inquiétude.

« Théo. Il vient de m'envoyer un sms. Jedusor sait que nous sommes en Grèce. »

Ses mots mirent quelques instants avant de pénétrer dans les esprits de ses deux amis qui poussèrent un hurlement horrifié.

« QUOI ? »

« MAIS COMMENT ? »

« UN TRAITRE ! »

« Il faut qu'on se sépare » reprit Lucy. « Trois adolescents anglais qui se baladent tranquillement à Athènes, ça ne passe pas inaperçu. Les sortilèges sont inefficaces pour nous protéger durablement et au contraire, pourraient nous faire repérer. Draco, je veux que tu fasses bien attention. Si un mangemort te reconnait, tu es fichu. Quant à toi Harry, n'en parlons pas... »

Bien qu'ils ne furent guère enchantés par la situation, aucun des deux garçons ne put trouver quelque chose à redire à la logique de la jeune fille.

« Je m'occupe des quartiers est, et je vous laisse l'ouest, ok ? »

Les garçons hochèrent la tête, placidement. Ils prenaient des risques importants. La probabilité qu'ils ne se revoient plus jamais était suffisamment importante pour qu'aucun ne songe à discuter. Il y avait beaucoup à perdre, si la mission échouait.

Après avoir échangé une rapide étreinte - accompagnée d'une grimace emplie d'inquiétude, cela allait sans dire - avec ses compagnons d'infortune, la jolie rousse s'éloigna, une lueur de défi dans les yeux.

Il y eu quelques instants de silence avant que les deux adolescents ne continuent leur avancée.

« Pourquoi, par Salazar, est-elle partie seule ? » s'énerva Draco en shootant dans un caillou qui ne lui avait strictement rien fait. Il s'attira le regard courroucé d'une vieille femme.

« Parce qu'elle ne voulait pas TE laisser seul, abruti. » rétorqua sèchement Harry.

« Comment ?! » s'exclama le blond en se tournant vers son ami.

Celui-ci eut l'air embêté et sembla immédiatement regretter ses mots. « Draco... Je suis plus fort que toi... Et Lucy aussi... Elle ne voulait pas que tu restes seul parce que tu es le moins fort. Voilà. » fit-il d'une traite, sans plus oser regarder Draco dans les yeux.

« Je bats Granger presque à chaque fois en duel ! C'est idiot ! Et ne parlons pas de Weasley ! »

« Peut-être, mais ce sont des étudiants pas des mangemorts... Et de nous trois, tu es le.. Enfin, tu vois...»

Le blond-désormais-châtain se tourna vers son compagnon et posa sur lui un regard contemplatif. Doucement, il hocha la tête. « C'est vrai. Elle a eu raison. Mais ne prends pas la grosse tête, elle ne t'a pas laissé seul non plus, Potter. »

Harry sourit malgré le sarcasme de son camarade, content qu'il ait compris la teneur de la situation aussi vite et bien. « Oui. Et accessoirement, elle me protège par la même occasion. Elle dégage quelque chose, pas vrai ? Et elle sent tellement bon la pomme... »

Draco éclata d'un rire franc. « Fais attention, Potter, tu craques pour ta soeur là ! »

Comme à son habitude, le Survivant rougit. « Mais non, idiot ! Mais sa présence est si rassurante... Peut-être que c'est le lien des jumeaux ? »

Le Serpentard secoua la tête. « Non. Ça me fait ça à moi aussi. Des fois, elle est comme nous, mais le plus souvent, on dirait une maman et ça a quelque chose de... Je ne sais pas, je ne trouve pas le mot. Mais tu as l'impression que tu pourrais faire quoi que ce soit, même quelque chose de pas bien, et ça ne changerait rien, elle continuerait à t'aimer, t'aider, venir vers toi. »

Lorsqu'il réalisa ce qu'il venait de dire, l'aristocrate fixa Harry avec horreur. Mais celui-ci avait les yeux plein de tendresse. « Oui, ça me fait quelque chose dans le style, je crois. Et Neville serait d'accord avec nous. Il l'adore aussi. Mais tu as raison. Si tu as un soucis, vas-la voir. Elle sera là pour toi. »

Draco hocha la tête, doucement.

« Tu veux mon avis ? » demanda-t-il à Harry, qui le regarda, surpris que le Serpentard lui pose la question.

« Oui ? »

« Ce n'est pas la seule à avoir une personnalité des plus intéressantes. Toi, tu as vraiment une âme de leader, tu es fait pour avoir le pouvoir. »

« Pas du tout. » répliqua Harry. « Sans Lucy, je ne... »

« Tu te trompes, mais tu as l'habitude, Potter. » coupa Draco, sarcastique. « Lucy, c'est un peu la tête pensante. Elle est drôle, sarcastique et assez maligne, rusée. Une petite Serpentarde quoi. Mais ce n'est pas elle qui a reussi à ramener autant de monde autour de nous depuis la rentrée. En un peu moins de deux mois de cours, tu as réussi à persuader presque tout Poudlard que tu n'es pas le fou dépeint par la Gazette. Ombrage ne sait plus où donner de la tête ! »

« Vu comme ça... » fit Harry, gêné, ne sachant quoi répondre.

« Tu pourrais demander n'importe quoi aux No Limit, ils le feraient. Les choses bougent, Potter, autour de toi. C'est pour ça que Dumbledore te porte très haut sur son étendard. »

« Oh lui hein... » coupa Harry, soudainement furieux. En réalité, il n'avait plus adressé la parole à son directeur depuis qu'il avait appris pour la prophétie, un mois plus tôt, et il s'en portait très bien. Pour le moment, il laissa à Snape le soin de tenter de le convaincre de ne pas bouder inutilement, mais c'était peine perdue.

« Qu'est-ce-que tu as, Potter ? Un nouveau mélodrame ? » ironisa Draco. Apparement, il avait dit son lot de compliments de l'année.

Mais il n'eut jamais de réponse.

Le bruit d'un bâtiment qui s'effondre raisonna dans toute la ville et des cris retentirent. Sans hésiter, ils s'élancèrent vers la source de ce qui semblaient être un massacre.

Peut-être qu'ils n'auraient pas dû.

oOoOoOo

Lucy courait à travers le dédale des rues. Elle avait comme une sensation de déjà vu, bien qu'elle ne soit pas à Londres en train de fuir avec son fils sur son dos. Il n'y avait pas moyen. Il fallait qu'ils trouvent les Anciens avant de retourner à Poudlard.

Le bruit d'un éboulement la fit sursauter.

« Merde » marmonna-t-elle encore. Les mangemorts étaient là, il n'y avait pas l'ombre d'un doute.

Elle se jeta un sort de désillusion et eut le plaisir de constater qu'il n'y avait aucune victime. Les gens, des moldus, très certainement, avaient eu la présence d'esprit de s'enfermer dans les maisons. Joignant ses mains, la jolie rousse mit toute sa force pour créer des barrières capables d'empêcher qui que ce soit d'entrer dans les maisons. Il fallait que ce sort tienne. Pas de mort. Aucun.

Elle poursuivit sa route alors que les Aurors grecs arrivaient dans la ville, ou plutôt, sur les lieux du désastre. Enfin, Athènes n'était certainement pas à ça près. Ce devait être la ville qui avait subit de plus de reconstructions de toute l'Histoire de la magie.

Un croisement plus loin, elle stoppa net en entendant des pleurs et se précipita dans cette direction. Une petite fille, à qui elle donnait trois ans maximum, pleurait. Elle la prit dans ses bras.

« Où est ta maman petite ? » demanda-t-elle doucement, tant pour rester discrète que pour éviter d'effrayer l'enfant.

« Pa'tie » continua la petite fille en pleurant.

La jolie rousse sourit en constatant que la petite fille parlait anglais. C'était la langue des sorciers. Et des touristes, mais ça, Lucy évita d'y penser, ne voulant même pas imaginer les problèmes qu'elle aurait si elle utilisait de la magie devant un moldu, aussi jeune soit-il. « Comment tu t'appelles, princesse ? »

« Nau'icaa. »

« Nausicaa ? Tu vas venir avec moi. Je vais essayer de trouver ta maman. »

Avec délicatesse, elle prit un des cheveux blonds de la petite et l'enroula autour de sa baguette. « Vrisko » murmura-t-elle en pensant très fort à ce qu'elle désirait trouver, à savoir la mère de l'enfant. Assez satisfaite, elle constata que son sortilège, à mi chemin entre celui du fil d'Ariane et celui de Boussole avait fonctionné car un fil de lumière rouge apparut et prenait à droite à la sortie de l'impasse.

Lucy prit Nausicaa dans ses bras suivit le fil, qui les conduit jusqu'à un grand jardin, adjacent à une maison.

« Nausicaa ? C'est toi ? » demanda une voix douce terriblement inquiète. C'était une femme d'une trentaine d'années, aux longs cheveux blonds et yeux bleus. Sa fille était son portrait craché.

La jolie rousse choisit d'apparaitre afin de faciliter la rencontre, sans pour autant retirer les changements physiques qu'elle ajouté à son départ pour la Grèce.

« Qui êtes vous ? » demanda la femme avec inquiétude.

« Une alliée. Je viens vous rendre votre enfant. Je l'ai trouvé dans la rue, proche des combats. » fit-elle simplement.

« Et vous avez réussi à me retrouver ? Comment pourrais-je vous remercier ? » demanda la femme. Des larmes coulaient sur ses joues et elle attrapa sa fille pour la serrer contre elle.

Lucy réfléchit un instant. Elle n'avait pas franchement de temps à perdre. « Je cherche les Anciens. Je voudrais voir le Conseil. C'est urgent. »

La blonde lui jeta un regard indéchiffrable. « Les Anciens n'ont pas l'habitude d'avoir de la visite et vivent reclus du monde. » commenta-t-elle.

« Et alors ? J'ai besoin de les voir ! » insista Lucy. « Au moins, vous, vous semblez les connaitre ! »

« Tu ne pourras jamais trouver le Conseil. Il faut qu'ils viennent te chercher. Toutefois, il se trouve dans une zone où la magie est extrêment dense... »

Lucy écouta avidement les indications de la femme et repartit en courant.

oOoOoOo

« Serpensortia » s'écria Harry. D'un mouvement de baguette, il fit apparaitre un énorme serpent de plusieurs mettres de long qui s'élança sur son assaillant. D'un coup de dent, celui-ci s'effrondra dans une mare de sang. Nul doute que Dumbledore n'aurait pas approuvé ce type de sortilège. Il songea, non sans un pincement au coeur, que ses parents et Sirius non plus.

« Par Salazar, rappelle moi de ne pas t'énerver. » approuva Drago, l'air surpris.

Le Survivant chassa ces sombres pensées de son esprit et échangea un sourire complice avec son ami. « Je saurai m'en souvenir. »

Des jets de lumière volaient dans tous les sens. Une bonne partie de la ville semblait avoir été atteinte et le quartier dans lequel ils se trouvaient n'était plus que ruines.

« Pousse-toi ! » s'exclama Draco en se jetant sur lui. Ils tombèrent douloureusement sur des gravas et le bras du Survivant émit un craquement peu sympathique à entendre.

Il allait protester quand il vit un bâtiment s'effondrer quelques mettres derrière eux. « Merci Draco. Je t'en dois une. » commenta-t-il. L'adrénaline faisait battre ses veines et pulser ses tempes.

« Ton bras est cassé ? » s'enquit le blond avec une inquiétude non feinte.

Harry secoua la tête. « Oui mais ça ira. Par contre, on a clairement pas le temps de s'en occuper maintenant. Il faut filer. Nous ne sommes pas de taille. »

L'aristocrate haussa un sourcil sarcastique. « Prenez-vous la fuite, Monsieur-Le-Gryffondor-En-Chef ? »

« Complètement. » rétorqua Harry. « A une vingtaine contre deux, c'est du suicide et nous n'avons pas encore trouvé les Anciens. »

Le garçon se redressa douloureusement, tentant d'oublier son bras et se remit à courir. Après quelques minutes, un bourdonnement retentit dans ses oreilles.

« Qu'est-ce-que ... » commença-t-il. Le bourdonnement se fit plus intense et il sentit comme une force peser sur sa tête. Il porta ses mains sur les oreilles dans l'espoir, sans doute un peu vain, de faire cesser le bourdonnement. La douleur de son bras cassé lui retourna l'estomac et il se retint pour ne pas rendre son déjeuner.

« Potter... » fit Draco derrière lui. Sa voix était faible. Beaucoup trop faible. Le Survivant se fit violence pour ne pas flancher et se retourna vers son ami. Pas assez vite pour l'empêcher de tomber à terre cependant.

Le garçon se précipita à ses côtés. « Draco ? Draco, qu'est-ce-que tu as ? » demanda-t-il, paniqué. Il regarda tout autour de lui, à la recherche d'une raison quelconque à l'état du blond. Mais il n'y avait rien autour d'eux, si ce n'était le curieux bourdonnement qui s'amplifiait encore davantage.

« Mais qu'est-ce-qu'on va faire ? » fit Harry avec désespoir. Sa tête était sur le point d'exploser tout sa pression étrange de... Magie ! songea soudainement le garçon. Ils devaient enfin avoir trouvé le bon quartier. Celui des Anciens. Mais à quel prix ?

Alors qu'il voyait de plus en plus flou et peinait à lancer des enervate sur Draco, des bruits de pas retentir derrière lui.

« Tiens donc, Potter. Tu fais du tourisme ? Hmmm... Le roux ne te va pas du tout, si je peux me permettre. Et qui est donc ton camarade ? »

L'ironie cuisante aurait sans doute fait rire Harry dans d'autres circonstances, mais Malfoy-père ne lui en laissa pas le temps. Un jet de lumière rouge filait déjà sur lui. « Tu vas mourir, Potter. »

Harry ne leva pas même sa baguette pour se défendre. C'était parfaitement inutile. Il tomba au sol et ne vit que du coin de l'oeil, dans son état de semi conscience, une silhouette féminine apparaître.

« Comme tout le monde, Mr Malfoy, mais ce ne sera pas pour aujourd'hui. »

oOoOoOo

Lucy sentit le froid et la tristesse s'insuffler en elle. Oh non. Ce n'était clairement pas le moment. Son expérience lui avait déjà fait comprendre que faire apparaitre un Patronus n'était pas la solution si elle ne voulait pas se faire repérer. Non seulement il était très visible et reconnaissable, mais, en plus, des sorts avaient certainement dû être posés sur le périmètre afin de le repérer le-dit Patronus et donc son empreinte magique. En somme, mauvaise idée, trancha-t-elle en continuant de courir, invisible. Elle ne tiendrait pas longtemps comme cela, elle en avait pleinement conscience. Sa vue commençait à se troubler. Il fallait qu'elle trouve un refuge... Absolument...

Je te déteste.

Tu es une honte.

Souillon.

Dire que nous sommes morts pour toi.

Qui voudrait faire cela ?

Personne ne t'aime.

Tu nous déçois profondément.

Pas capable de se défendre face à des Détraqueurs.

Honte.

Dégout.

Une larme coula sur la joue de Lucy. Elle l'avait toujours su. Pourquoi se battre ? Pourquoi chercher à être appréciée ? Elle aurait dû mourir... Elle n'était rien. Qu'un poids. Pour eux tous.

Deux autres larmes rejoinrent la première.

« Ce n'est vraiment pas commun de croiser un bébé licorne par ici » fit une voix douce, amusée. « Encore moins une licorne qui pleure. Ce doit certainement être la chose la plus terrible à regarder au monde. » continua la voix.

Lucy ouvrit les yeux. Une vieille femme au visage plein de douceur la regardait. Ses cheveux étaient d'un gris très clair qui, paraissait surnaturel. Elle avait la peau très blanche et ridée, et ses yeux étaient d'un bleu lagon. Curieusement, malgré son grand âge, Lucy ne pouvait pas la trouver laide. Une amazone, songea-t-elle, sans l'ombre d'un doute.

« Je m'appelle Danaé. » fit-elle simplement en posant sa main sur le front de la jeune fille qui, curieusement, ne se sentit plus si âgée que cela. Ce geste rappela à Lucy qu'elle s'était transformée dans la panique. Sirius lui avait dit que l'effet des Détraqueurs était moins forts pour les animaux et elle n'avait pas hésité.

« Tu as faim ? Tu es restée inconsciente pendant au moins deux heures. Et encore, je ne t'ai pas trouvée tout de suite. »

L'amazone sortit de sa poche un sachet de petit biscuit au chocolat et de son sac, une gourde d'eau, qu'elle porta à la bouche de la petite licorne qui téta avidement au goûleau en en mettant partout. Ce spectacle adorable fit doucement rire la vieille femme.

« Tu es craquante. Tu ne veux pas reprendre forme humaine, Lucy ? » demanda-t-elle.

Fait plus qu'étrange, la licorne baissa les yeux.

« Je sais que c'est dur mais, crois moi, un retour à la réalité est nécessaire. Et tes amis t'attendent avec impatience. » poursuivit-elle.

Ses amis ? Lesquels ? Elle n'avait jamais vraiment eu d'amis. Matt était son amoureux. Quant aux autres en famille d'accueil et à l'orphelinat, ils s'apparentaient plus à des petits frères et soeurs à protéger. Et plus tard, lorsqu'elle avait commencé à investir le champ du politique pour diverses raisons, elle avait noué plus d'alliances que d'amitiés. Non, vraiment, elle était une maman avant tout.

Elle fixa donc l'amazone avec de grands yeux surpris. Celle-ci sembla curieusement comprendre les pensées qui traversaient l'esprit de la jeune licorne. « Je parle de Draco et Harry, bien sûr ! »

Oh ! Mais oui, ils avaient besoin d'elle, eux aussi ! Immédiatement, elle reprit forme humaine.

« Où sont-ils ? Il faut y aller ! » lâcha-t-elle en se mettant debout d'un bond.

La jeune femme sourit. « Ne t'en fais pas, ils sont en lieu sûr. » fit-elle tranquillement.

oOoOoOo

« Réveille-toi Balafré. » fit une voix trainante caractéristique qui sonna douloureusement aux oreilles d'Harry.

Il ouvrit péniblement les yeux et se redressa mais fut déconcerté par le flou qui régnait dans la pièce.

« Tiens, ce sont tes lunettes. » fit doucement une voix.

« Merci. » fit simplement le garçon en les attrapant et les posant sur son nez. Il constata alors qu'ils se trouvaient dans une infirmerie aux murs de pierre très lisse et au sol dallé qui n'était pas sans rappeler certains temples hellénistiques. D'ailleurs, des inscriptions en grec étaient gravées en haut des murs. Le lit sur lequel il était installé - soit dit en passant très confortable - n'était cependant pas bien différent de ceux de l'infirmerie de Poudlard.

Décidant qu'il avait suffisamment inspecté les lieux, il se tourna vers la femme et la dévisagea. Celle-ci observait son petit manège d'un air hautement amusé. Elle était très belle, constata-t-il. Ses cheveux rouge foncé, couleur qui semblait étonnamment naturelle et sa peau mate contrastaient avec ses yeux d'un gris extrêmement clair. Elle était exceptionnellement belle.

« Qui êtes-vous ? » demanda-t-il. « Une amazone ? »

La jeune femme, qui ne devait pas avoir plus d'une vingtaine d'années hocha la tête en souriant toujours. « En effet. Je m'appelle Kalliroe. »

Le garçon fronça les sourcils. « Que s'est-il passé ? » L'amazone passa une main dans ses cheveux et le garçon sentit son estomac faire une pirouette. Elle alla s'installer plus confortablement sur le lit d'en face.

« Vous avez pénétré sur le domaine des Anciens plus ou moins au moment où les mangemorts ont retrouvé votre trace. Mais vous n'avez pas supporté la magie des lieux. Je vous ai donc retrouvés dans un état assez lamentable et je vous ai amené ici afin de vous soigner. D'ailleurs, ton bras va très bien, mais tu n'aurais pas dû attendre pour soigner la fracture, cela peut être très dangereux. Et ici, c'est le QG des Anciens, si vous voulez. Nous sommes dans l'arrière ville d'Athènes, inaccessible aux Moldus. » expliqua-t-elle avec douceur.

Harry fronça les sourcils tandis que Draco suivait l'échange d'un air faussement désintéressé, sans doute encore vexé de s'être évanoui. « Pourtant le père de Malfoy allait très bien. Je ne comprends pas. »

« Vous êtes encore beaucoup trop jeunes pour supporter de telles quantités de magie, voilà tout. » fit Kalliroe avec un clin d'oeil. Néanmoins son explication ne satisfit pas du tout Harry.

« Mais vous ! Vous alliez très bien et vous avez même échappé à Lucius Malfoy ! » s'exclama-t-il, agacé par lui-même.

La jeune femme éclata de rire à la grande incompréhension des deux garçons. Elle finit cependant par s'expliquer. « Moi ? Vois-tu, j'ai plus de deux cents ans ! Alors, crois-moi, j'ai eu le temps de m'habituer à la magie d'Athènes. »

Avec un petit sourire en coin, Draco regarda Harry se décomposer sur place en dévisageant Kalliroe avec incompréhension. Il fallait dire que le garçon n'avait pas tord, la jeune femme semblait réellement jeune et surtout, elle était très jolie. « Mais c'est impossible ! Vous êtes tellement... tellement... » bafouilla lamentablement le Survivant sous le regard tant amusé qu'attendri de l'Amazone.

Draco, lui, leva les yeux au ciel. « Qu'est-ce-que tu n'as pas compris, abruti ? Vous êtes une immortelle, Gente Dame ? » demanda-t-il finalement d'un ton pompeux en s'adressant cette fois-ci à la jeune femme. Il était vrai que, même dans le monde magique, il n'était pas commun de rencontrer des êtres d'une telle longévité.

Cependant la jeune femme secoua la tête. « Pas exactement. Les Anciens vivent tous plus longtemps que la normale, mais nous vieillissons tous et finissons pas mourir. Néanmoins la plupart d'entre nous son lié à un destin qu'ils ne peuvent éviter. C'est en quelque sorte le prix d'une vie de plusieurs siècle : nous ne décidons pas le moment de notre mort. » Elle s'interrompit, plongée dans ses pensées. Ses yeux étaient toujours posés sur Harry et examinaient le garçon avec beaucoup d'attention.

« Quand allez-vous mourir ? » demanda encore Draco, reportant l'attention de Kalliroe sur lui.

Surprenant ainsi l'adolescent, la jeune femme eu un petit sourire. « Alors ça, vois-tu, c'est un secret. »

Le blond hocha la tête, pas du tout surpris de l'absence de répondre de la belle femme.

« Où est Lucy et comment vas-t-elle ? » s'écria soudainement Harry en se levant d'un bond.

Ce n'était certainement pas une bonne idée car si Kalliroe ne s'était pas précipité pour le rattraper, le garçon se serait écrasé au sol. Mue par une force surhumaine, elle le prit dans ses bras et porta le garçon jusqu'à son lit.

« Fais attention, Harry. Tu es encore faible. » fit-elle en le reposant. « Pour répondre à ta question, Lucy va très bien et elle est actuellement en pleine discussion avec les Anciens, si je ne m'abuse. Je vais d'ailleurs m'empresser de les rejoindre. Nous devons avoir une réunion sur le champ. Si vous avez un problème, appelez-moi. J'ai... De bonnes oreilles, disons. » ajouta-t-elle dans un clin d'oeil.

« Pas de soucis. » répliqua Draco en regardant la jeune femme qui quittait la pièce. Puis il se retourna vers son camarade. « Respire Potter, tu es presque violet. Aaah, si j'avais pu prendre ta tête en photo quand elle t'a porté. Par Merlin, j'aurais pu la revendre à prix d'or à Rita ! »

« Ferme-la, Malfoy. » coupa sèchement Harry en se retournant sur son lit.

Néanmoins leur repos ne dura pas longtemps car une voix familière vint les tirer de leurs songes. « Les gars, le Conseil nous appelle. La réunion va commencer. Il va falloir assurer. »

A SUIVRE...