Hey !

Je suis fière de moi, je poste plus vite ^^ (même si bon, c'est les vacances lol).

J'aime bien ce chapitre, mais j'en suis pas trop fière. J'ai beaucoup du mal à mettre les Maraudeurs en scène, surtout à cette époque, je préfère les écrire en 6e ou 7e année. Et puis, je me suis à peine relu, y'a des passages que je déteste ^^.

J'ai eu énormément de mal à commencer ce chapitre. Quand j'ai enfin trouvé ce que je voulais faire, c'est enfin devenu évident ^^. Je n'avais jamais, jusque là, vraiment mis en scène deux femmes très importantes dans la vie de Sirius : Andromeda Black et la mère de James Potter, ici prénommée Christa.

Je remercie énormément pour leurs reviews : namille, m'wa, Audrey (j'avais déjà vu Twilight la semaine de sa sortie, en fait je l'ai vu 3 fois en tout ^^. Je suis d'accord avec toi pour Brad Pitt :P, et j'adore ton enthousiaste ;) !) tchingtchong et Eliane62.

Réponse pour m'wa : j'aurais préféré t'envoyer un message privé, mais bon. En tout cas, wow, ta review m'a énormément surprise, je m'y attendais absolument pas ! Je suis vraiment désolée. Je m'excuse pas d'avoir écrit ce que j'ai écrit, mais de t'avoir fait ressentir de telle chose... Parfois, ça fait du bien, ce genre de trucs, j'espère que ça a finalement été ton cas. Je suis désolée aussi, selon tes mots, tu n'as pas dû avoir une vie facile. Enfin bref, j'espère que je t'aurai pas dégoûté des fics ^^, même si je doute être aussi douée, quand même :D.

Pour le prochain chapitre : Liana qui découvre les rumeurs à son sujet à Poudlard. Si vous ne vous souvenez plus de quoi il s'agit : le soir-même où elle a appris que sa mère avait été assassinée, Liana veut se faire consolée par Sirius. Quelqu'un aurait découvert qu'ils ont passé la nuit ensemble, mais a tiré les mauvaises conclusions : on pense qu'ils ont couchés ensemble, alors qu'ils n'ont que passé la nuit enlacés, pour que Liana se sente mieux. Kay Stevenson, garce et miss ragots par excellence, fait quand même courir la rumeur qu'ils ont couchés ensemble.

Disclaimer : Rien ne m'appartient, tout est à JKR. Les paroles présentes sont tirées de la chanson "15 Steps" de Radiohead, j'ai écrit quasiment la totalité du chapitre là-dessus.

Sur ce, bonne lecture !


La vie n'est pas un jeu

10. Did the cat get your tongue ?


Etions-nous amis ? Etais-je amoureuse de lui ? Comptions-nous vraiment l'un pour l'autre ? Allait-il me manquer ? Allais-je l'oublier ?

Gardez toujours un peu de mystère et de fantaisie dans votre vie. Elle ne vous paraîtra que plus intéressante.

James Potter et Sirius Black passaient leur deuxième semaine des vacances de Noël chez les parents du premier. Il était désormais habituel que le meilleur ami de leur fils reste quelques jours au Manoir Potter, voire quelques semaines pendant les vacances d'été. Christa et Damien Potter appréciaient énormément Sirius. James et lui s'entendaient tellement bien ensemble qu'ils se sentaient moins coupables de travailler autant et de laisser leur enfant seul trop souvent. Ils considéraient aujourd'hui l'héritier Black comme un membre de leur famille.

Lors de ces vacances, une fête assez intime se préparait pour le nouvel an, seuls quinze personnes seraient présentes, en comptant les hôtes. Deux des invités étaient un jeune couple d'une vingtaine d'années : Ted Tonks et Andromeda Black.

Trente-et-un décembre, quinze heures, Manoir Potter. Les enfants, c'est à dire James, Sirius, Franck Londubat, Marlene McKinnon, étaient partis faire une partie de Quidditch à quelques kilomètres de là. Ted visitait la cave des Potter accompagné du maître de maison. Andromeda se trouvait dans la cuisine, sirotant tranquillement un jus de citrouille en examinant la pièce. Elle se sentait un peu mal à l'aise, étant donné que Mrs Potter semblait vouloir sonder son âme du regard.

- Vous avez vraiment une très jolie maison, finit-elle par dire. Impressionnante.

- Merci, répondit simplement Christa.

La lumière se fit dans l'esprit d'Andromeda. « Cette cuisine me fait penser à celle du Square Grimmaurd » dit-elle en se retournant pour observer l'entrée de la pièce.

Comme dans la demeure d'Orion et Walburga Black, la cuisine se situait au sous-sol. En regardant les escaliers qui menaient au hall des Potter, elle se souvint des marches froides et pointues de la cuisine des Black, où elle ne s'était rendue que peu de fois.

- Excusez-moi ? demanda son interlocutrice, un air d'incompréhension les sourcils froncés d'incompréhension.

- Votre cuisine ressemble un peu à celle de Sirius, expliqua Andromeda en portant son verre à ses lèvres.

Peut-être que ça expliquait, en partie, pourquoi elle se sentait aussi mal à l'aise dans cette pièce.

Elle jeta un regard à Christa Potter, tout en se posant encore une fois cette fameuse question : pourquoi diable Ted et elle avaient été invités à cette soirée du nouvel an ? Bien sûr, il pouvait y avoir une explication tout à fait logique. Son petit-ami et Mrs Potter s'étaient retrouvés dans la même classe d'Auror, quatre années plus tôt. Ils avaient fait connaissance dès les premières semaines de leur apprentissage et étaient facilement devenu amis, malgré leur différence d'âge et de génération.

Andromeda n'était pourtant pas certaine que ce fut la seule raison. Ce n'était qu'un hasard, qu'une coïncidence, mais bon, en plus d'être la copine d'un de ses collègues, elle était quand même la cousine du meilleur ami du fils Potter.

Même d'un point de vue extérieur, elle n'était pas n'importe quelle sorcière : une Black traître à son sang. Avec tout ce que cela entraînait ; Andromeda, décidée à se dresser contre sa famille, avait tout de même hérité de la célèbre puissance magique des Black, et elle connaissait bien le fonctionnement du monde des sorciers influents.

Elle passerait également son diplôme pour devenir Auror en juillet prochain. Elle était déterminée à prendre part à cette guerre qui se profilait et était totalement consciente qu'elle pouvait être une alliée utile pour ceux qui, comme les Potter, partageaient ses idées.

C'était cette fois au tour de Mrs Potter d'examiner sa cuisine, tandis qu'Andromeda la contemplait songeusement. Elle était assez différente de ce que lui avait décrit son petit-ami. Pour le moment, elle n'était pas vraiment vive, ou causante, ou souriante, mais carrément distante.

- Elle est bien sûre beaucoup plus chaleureuse, rajouta la jeune femme.

- Qui donc ? fit Christa en sursautant légèrement.

- Votre cuisine, sourit la brune avec un air amusé.

Elle lui rendit son sourire, éclairant son beau visage.

- Sirius m'a toujours dit qu'il adorait votre maison. Je comprends enfin pourquoi, continua Andromeda, elle est... très différente de la sienne.

- Je suppose, oui, fit prudemment Christa.

- Sa maison illustre assez bien son environnement familial. Son enfance fut... sans aucune chaleur, sévère... difficile... » Le regard d'Andromeda se perdit dans le vague, et sa voix hésitante ne devint plus qu'un murmure « Notre enfance » Elle ne sut pas quoi dire d'autre.

À dire vrai, elle n'avait absolument aucune idée de ce qui l'amenait à se livrer ainsi. En livrant Sirius, également, celui qu'elle aimait comme une sœur et qui plaçait une confiance absolue en elle. Venait-elle de bafouer cette confiance ? Pas vraiment, pensa t-elle, car son cousin semblait particulièrement lié à cette femme, et au reste de sa famille.

Elle se sentit affreusement gênée. Elle connaissait cette femme depuis une heure à peine, et n'avait aucune raison de se fier à elle. Elle-même n'avait aucune confiance en elle d'ailleurs, mais bon, pas comme si cela était important.

De toute manière, Ted lui avait promis que les Potter et le reste des invités de ce soir étaient dignes de confiance. De ce qu'elle en savait, ils étaient tous des sorciers « de la haute », il était de ce fait possible qu'ils fréquenteraient, dans un avenir proche, ses parents ou ses sœurs lors d'une réception. Et personne de sa famille, exceptés peut-être les déshérités, ne devaient connaître l'endroit où elle vivait ou ses trop proches connaissances.

Elle connaissait ses parents et l'esprit Black : un traître ne devait pas s'en tirer aussi facilement. Et Andromeda ignorait jusqu'où leur rancœur pouvait aller, même si elle savait exactement de quoi ils étaient capables. C'était sa sœur aînée, Bellatrix, qui l'inquiétait particulièrement.

Ted l'aimait, ne lui voulait aucun mal, elle n'avait donc pas de soucis à se faire et devait se fier à ses paroles. D'ailleurs, en tant qu'élément déclencheur de sa trahison, et né-moldu qui plus est, il n'aurait pas vraiment de traitement de faveur si jamais sa famille décidait de se venger et réussissait à les retrouver. Ce n'était pas du tout dans son intérêt de lui mentir.

Elle secoua la tête, essayant de chasser ses pensées peu réjouissantes de son esprit. Elle ne savait pas trop ce qui lui prenait de réfléchir à toutes ces choses, elle préférait d'habitude l'insouciance au ressassement : pas forcément plus responsable, mais plus facile à vivre.

- Sirius est un garçon très bien, dit Christa pour rompre le silence.

Andromeda la regarda avec un air poli, attendant qu'elle continue. « Je me doute que ça n'a pas dû être facile pour lui, qu'il a souffert et souffre sûrement toujours. Il n'en parle jamais, cependant. Il est tellement... »

Elle chercha ses mots avec peine, puis commença à parler avec une émotion dans la voix que remarqua immédiatement la jeune femme.

- Je ne l'ai presque jamais connu autrement que souriant, farceur. Plein de ressources, d'imagination. Je suis sûr qu'il est aussi loyal et fidèle en amitié que James. Il a cette espèce de passion, de joie de vivre, qui réchauffe le cœur et qui s'entend dans chacun de ses rires.

Leurs regards se croisèrent. Pendant quelques secondes, elles n'eurent besoin que de peu de mots pour se comprendre. « C'est un gamin épatant » conclut Andromeda.

- J'ai entendu le parquet craquer, dit Christa après deux minutes d'un silence de réflexion. Ils doivent être rentrer.

Quand elle vit le visage abasourdi de Sirius à sa vue, la bouche grande ouverte et les yeux exorbités, Andromeda ne put retenir d'éclater de rire. Toujours muet, et en lui adressant enfin un sourire étincelant, Sirius se précipita vers elle et prit sa main. Elle répondit à son sourire puis regarda les autres adolescents.

- Londubat, dit-elle en apercevant Franck, avec un ton un peu surpris.

Elle savait que ce soir-là, une famille Londubat serait de la partie et qu'ils étaient proches des Potter. Elle n'avait pas fait le lien avec son vieux camarade de Poudlard.

Franck Londubat et elle ne se connaissaient pas vraiment. Elle était déjà en cinquième année quand lui était entré à Poudlard. Mais elle avait été préfète, et il lui avait plus d'une fois donné du fil à retordre, surtout l'année qui avait suivi. Et bien sûr, étant Serpentarde et lui dans la maison ennemie, il n'avait jamais pris la peine de l'écouter.

Franck se pencha vers elle en lui serrant sa main libre, un sourire mutin aux lèvres. Il se rappelait d'elle. « Black ! Et comment va Tonks ? »

Andromeda retint un rire. Pendant sa sixième année, alors qu'elle était encore terrifiée que ses sœurs découvrent avec qui elle sortait, celui qui était en deuxième année à l'époque les avait surpris, Ted et elle, en pleine séance de bécot. Elle avait essayé de se montrer autoritaire, l'avait supplié, puis avait dû marchander avec lui - ce qui fut la raison d'une bonne dizaine d'humiliations publiques - pour qu'il garde son secret.

Ce qui était le plus drôle, c'est qu'il devait aujourd'hui s'attendre à une réaction bien différente de sa part : de la gêne, un rougissement... Sûrement pas cette phrase :

- Il est Auror depuis deux mois, et on prévoit d'acheter un appartement plus grand que celui qu'on partage déjà.

Andromeda ne s'intéressa pas plus longtemps à lui, ni à Marlene McKinnon, l'adolescente qui se tenait à côté du jeune homme, quand ses yeux se posèrent sur James Potter. Incroyable comme il pouvait ressembler à ses parents ! Il était un parfait mélange des deux adultes.

Il tenait de sa mère la couleur noisette de ses prunelles, ses cheveux ébouriffés et indomptables, son grand nez et ses pommettes non-marquées. La forme de ses yeux, la couleur noire de jais de sa tignasse et le reste de ses traits lui venaient de son père. Elle se demanda par contre de qui il avait hérité ses lunettes, car ni Christa ni Damien Potter n'en portaient.

Il ressemblait un peu à Sirius. Presque la même taille, même carrure fine, les cheveux noirs et les yeux sombres. L'air joyeux, insouciant, et un grand sourire. Se dire que ce jeune homme était un de ceux qui avaient embelli la vie de son cousin chéri... C'était assez étrange. Elle n'avait jusqu'ici connu que trois personnes capables d'arracher un rire à Sirius : Camille, une ancienne amie moldue qu'il n'avait pas vue depuis des années, Fulvia et elle-même.

Un sourire se dessina sur les lèvres d'Andromeda.

- Salut ! s'exclama le jeune homme.

- Salut, James » Elle serra chaleureusement la main qu'il lui tendit. Lorsqu'elle le relâcha, elle le regarda attentivement. Elle vit le fils Potter lancer un regard curieux à son ami - il ne se rendait pas compte.

- Andro ? fit Sirius en tirant sur sa main. Tu veux faire un tour dehors ?

Il amena sa cousine à l'extérieur avec gaieté. Il était tellement content de la retrouver ! Surpris aussi. Mais comblé, vraiment. Elle lui avait manqué.


Lyra inspira profondément l'air frais en observant la ciel dégagé de la nuit. C'était ce qu'elle préférait dans son manoir : le premier étage comportait une vaste terrasse qui donnait sur une immense forêt, aussi touffue et obscure que la Forêt Interdite. La nuit, on n'arrivait plus à distinguer la ligne de l'horizon, à différencier le ciel sombre et étoilé des arbres.

En ce soir de 31 décembre, une petite réception était organisée dans la demeure des Carlson. Outre les Evans et les Harper, les amis les plus proches de Gregory, George et Tristan avaient été conviés. Pétunia avait invité sa meilleure amie Coleen et son frère jumeau Denis - d'ailleurs, Lily le soupçonnait de sortir avec 'Tunie en cachette.

Mary, Mei et Nicole avaient été invités par Lily, Liana et Lyra. Les trois dernières leur faisaient la visite de la maison des Carlson, qui se terminait par la terrasse, l'endroit préféré d'à peu près tous ceux qui connaissaient cette maison.

Mei, accoudée à la balustrade aux côtés de Lyra, contemplait le paysage apaisant en silence. Mary et Liana discutaient de tout et de rien, la tête levée vers la lune à demi-pleine. Lily était en retrait, adossée au mur, juste à côté de la porte qui les ramenait à l'intérieur, et semblait perdue dans ses pensées. Nicole, quant à elle, excitée comme une puce, s'amusait comme une gamine ayant la moitié de son âge : elle tournait sur elle-même à toute vitesse, le visage orienté vers le ciel et orné d'un grand sourire, ou alors elle dansait, sautait, faisait des roues, profitant des soixante-cinq mètres carrés qui lui étaient offerts.

Elle atterrit bruyamment sur les fesses et éclata d'un rire tonitruant. Les cinq autres se tournèrent vers elle et s'approchèrent, quelque peu inquiètes de la santé mentale de la métis. Mei, rigolant également, tendit la main vers sa meilleure amie et l'aida à se relever.

- Passons aux choses sérieuses, les filles, s'exclama-t-elle en les surprenant toutes. Qu'est-ce que vous avez fait pendant ces vacances ?

Liana et Lyra se regardèrent, le cœur battant. La question sous-entendait plutôt : Qu'est-ce que vous avez fait d'autre à part vous lamenter sur votre sort ? Le cœur de la blonde se glaça ; Lyra passa ses bras autour de son corps pour tenter d'apaiser le trou béant dans sa poitrine.

- Liana joue du piano une bonne dizaine d'heures par jour, avoua Lily en regardant ses ongles.

Elle paraissait ne pas avoir été affectée par cette semaine qui avait été horrible pour les deux autres. Bien sûr, penser à la perte de sa mère la faisait toujours souffrir. Mais on pouvait dire qu'elle disposait d'un... remède assez efficace contre la douleur. Elle sourit à ses propres pensées.

- T'exagères, murmura la pianiste amateur.

Lily haussa les épaules. « Et toi, Lyra ? » demanda Mei en posant une main sur son bras.

- Plein de choses » fit-elle en haussant les épaules « Je me suis promenée, j'ai fait les magasins avec mon père sans rien acheter » Elle eut un sourire sans joie « J'ai fait un peu de violoncelle - ça faisait vraiment longtemps que j'y avais pas touché, c'était catastrophique » Liana leva les yeux au ciel. Ses prestations musicales avaient été tout sauf catastrophiques.

Sa meilleure amie possédait un don pour la musique. Autant elle-même ne se débrouillait pas trop mal au piano, mais qui était le seul responsable ? Un travail acharné. Et que faisait Lyra Solène Carlson pour jouer parfois aussi brillamment qu'un très bon élève de Rostropovitch (1) ? Rien, nada, nichts. Frustrant, n'est-ce pas ?

Lyra lui lança un regard malicieux. Les deux filles se détendirent peu à peu. « J'ai fait les boutiques avec Valery aussi, cette fois on a complètement refait notre garde-robe » Mei et Nicole poussèrent un petit cri d'excitation.

- Je vous montrerai tout ça demain matin, les filles, ne vous en faites pas ! rit Lyra. Et je me suis remise à l'astronomie, termina-t-elle.

- Comme si tu en avais besoin, sourit Mary, c'est quasiment inné chez toi.

- Et pourtant, tu serais surprise de tout ce que je peux avoir oublié !

Mary eut une moue qui signifiait « Tu me fais marcher » et Lily éclata de rire.

- Lils, à ton tour, fit Nicole avec un sourire.

Ses amies semblaient aller beaucoup mieux qu'elle ne le pensait, elle ne s'y était pas du tout attendue.

- Pas grand chose » répondit celle-ci en haussant les épaules. Elle décida d'ignorer le raclement de gorge ou le regard noir que ses meilleures amies lui adressèrent. « J'ai passé quasiment toutes mes journées chez Severus »

Elle sentit le regard insistant que lui jetait Liana, mais une fois encore, Lily n'y fit pas attention. Cela faisait trois jours qu'elle ne s'était pas confiée à ses amies. Elle n'avait rien dit de plus que « J'ai passé la nuit avec un garçon » au sujet de la nuit qui avait suivi l'enterrement de leurs mères. Elle n'avait rien raconté sur les trois jours qu'elle avait en réalité passé avec David.

Liana et Lyra n'avaient aucune idée de l'identité du « remède humain » de leur cachottière d'amie. Et elles ne soupçonnaient certainement pas à quel point Lily s'était dévergondée en à peine quelques jours.

- Et vous avez fait quoi ?

- On discute beaucoup. On a fait aussi pas mal de potions, répondit Lily en essayant de paraître détachée.

Depuis hier, elle réussissait à ne plus rougir quant elle parlait de ses occupations secrètes.

- Quel genre de potion ? insista Lyra.

Lily lui fit un regard carnassier. « Des potions très... éducatrices »

Nicole éclata de rire, pensant certainement que l'adolescente plaisantait.

- On descend ? proposa Lily.

C'était une soirée pour le nouvel an, après tout.

Dix minutes plus tard, tous les invités étaient arrivés, et Lyra s'était chargée de l'ambiance musicale.

Did the cat get your tongue ? Did your string come undone ? (2)

Liana et Valery discutaient avec un homme qui devait avoir la cinquantaine, un ancien collègue de leur père qu'elles connaissaient bien. Mei et Nicole avaient offert leur aide en cuisine ; ce qui signifiait qu'elles étaient occupées à discuter tranquillement pendant que les elfes de maisons, spécifiquement engagés pour cette soirée, leur proposaient de goûter tel ou tel encas.

Pendant que Lyra regardait les CDs que sa famille possédait, dans un coin de la pièce, Mary se tenait à côté d'elle, un verre de jus de citrouille à la main. Les deux filles ne discutaient pas, toutes deux préoccupées. Mary examinait attentivement Lily du regard, se demandant ce qu'elle pouvait bien lui cacher.

Contrairement à Nicole et Mei, elle n'avait pas été dupe quant au comportement de la rouquine. Elle connaissait son amie. Et ça ne lui ressemblait absolument pas.

Que signifiait ce « ça » ? À peine une vingtaine de jours après l'assassinat de sa mère et de ses tantes, trois jours après leur enterrement, Lily paraissait resplendissante. Même si on pouvait toujours compter une touche de mélancolie et de tristesse dans son regard ou sa voix, elle semblait épanouie, et Mary l'avait rarement vue ainsi, même quand sa mère vivait encore.

Lily portait une robe d'été, alors qu'on était en plein hiver, et que tous les autres s'habillaient assez chaudement. Sa robe lui donnait deux ans de plus, la faisant ressembler davantage à une femme qu'à une jeune adolescente. Elle était d'un beau bleu pastel tirant parfois sur le vert pâle. Fluide et légèrement décolletée, elle lui arrivait au-dessus du genou, dévoilait la moitié de son dos, et s'attachait sur sa nuque.

La jeune Evans n'avait jamais été du genre coquette, même lors des quelques rencards qu'elle avait eus. Et pourtant, ses cheveux, dont la couleur se nuançait entre auburn et roux foncé, étaient plus soyeux, plus brillants, et quelques-unes de ses mèches étaient bouclées. Ses yeux émeraudes étaient rehaussés par du crayon noir, du mascara. Ses lèvres étaient plus pulpeuses et rosées.

Le plus bizarre, c'était son air songeur et son demi-sourire qui ne la quittaient plus ; quand elle discutait avec quelqu'un, c'était d'un ton enjoué et d'une assurance dont Mary n'avait été que rarement témoin. Et, tout de suite, la distance qu'elle mettait avec les autres invités. Lily, encore une fois, était en retrait, appuyée contre la baie vitrée, scrutant rêveusement le jardin, une bièraubeurre ouverte mais non-entamée à la main.

Lily Sarah Evans cachait définitivement quelque chose. Rogue l'avait peut-être empoisonnée avec ces fameuses « potions éducatrices » ?

You used to be alright. What happened ? Et cetera, et cetera...


- Sirius, dépêche-toi, bon sang !

Se pinçant les lèvres pour se retenir de rire, Sirius dégaina sa baguette magique et murmura « Momenti immobiliare ». Un fin jet de lumière illumina les araignées sur les draps, et il remit la couverture en place. Il lança le même sortilège au deuxième lit de la pièce.

Il sortit précipitamment de la chambre et croisa le regard de son meilleur ami, qui avait été chargé de faire le guet. Aussitôt, ils éclatèrent de rire. Quand Marlene McKinnon et Fulvia Potter partiraient se mettre au lit, une petite surprise les attendrait. Sirius et James avaient réussit à réunir une bonne vingtaine d'araignée, dix pour chaque lit. Après les avoir placées dans les draps, le sort qu'avait lancé Sirius les rendait immobiles. Immobiles, jusqu'à ce que l'édredon dont il les avait recouvert soit retiré par une main féminine et innocente...

Les deux Gryffondors, toujours hilares, descendirent les escaliers, mais s'immobilisèrent devant une jeune fille de quinze ans à l'air sévère.

- Qu'est-ce que vous avez fait comme conneries, vous encore ? les apostropha-t-elle.

- Vi, voyons, tu me blesses, là, répondit Sirius avec un sourire charmeur.

Fulvia leva les yeux au ciel et lui mit une taloche à l'arrière de la tête, avant de rejoindre ses parents dans le salon des Potter.

Pause. Ne serait-il pas temps de vous expliquer qui est Fulvia Potter ? Ainsi que ses parents, Dorea et Charlus ?

Ces deux dernières personnes étaient à l'origine de pas mal de bonnes choses dans la vie de Sirius, depuis son entrée à Gryffondor. Commençons par les présenter.

Dorea Black, épouse Potter, était la tante de la mère de Sirius, Walburga. Charlus Potter était l'un des cousins du père de James, Damien Potter ; entre autre considéré comme un traître depuis ses vingt-deux ans.

Officiellement, Charlus, lorsqu'il avait demandé Dorea en mariage, avait tourné le dos à sa propre famille et à leurs opinions, pour devenir partisan des sombres valeurs des sangs-pur. Par exemple, il haïssait les moldus et tout ceux qui étaient indignes de pratiquer la magie, comme les nés-moldus et les sangs-mêlés.

Leur mariage avait été approuvé par la totalité de la famille Black, principalement grâce aux croyances rendues publiques du jeune homme. La famille Potter entière, une des branches sangs-pur les plus tolérantes envers les moldus et les sorciers d'origine moldue, l'avait renié. Depuis la naissance de leur fille, Fulvia, le couple restait très discret dans le monde sorcier.

Cependant, officieusement, la réalité était totalement différente. Charlus et Dorea avaient eu une liaison secrète pendant un an avant leurs fiançailles. Un an : c'était tout ce qu'il avait fallu à Charlus pour chambouler l'univers de l'amour de sa vie. Il lui avait ouvert les yeux sur les croyances de la famille Black et ce qu'elles entraînaient ; il avait transformé ses opinions et sa manière de vivre.

Mais la jeune sorcière n'avait pas été prête à renier publiquement toute son éducation et à être déshéritée par sa famille. Par amour pour elle, Charlus eut l'idée de faire croire que c'était lui qui trahissait sa famille pour que leur union ne soit pas rejetée par les Black.

Même si ça l'avait fait souffrir, même si Dorea s'était sentie atrocement coupable de le voir s'infliger ça, cela avait été la solution à leur problème. Le geste de Charlus leur avait permis de vivre leur amour au grand jour, au détriment de ce en quoi ils croyaient.

« Je suis tombée amoureuse de Charlus parce qu'il m'a fait voir quel genre de personnes étaient en réalité ceux que je méprisais. Il m'a montré une autre façon de voir la vie, plus douce, plus tranquille, où je n'aurais pas besoin d'être tout le temps parfaite. Je n'ai jamais imaginé ce genre de vie sans lui » avait raconté Dorea à Sirius, lorsqu'elle lui avait avoué la réalité.

Ils jouaient ainsi la comédie depuis des années, vivant dans un monde à part lorsqu'ils étaient entre eux. Quant à leur fille Fulvia, elle avait été élevée dans l'idée que le respect, l'ouverture d'esprit et l'égalité de tous étaient des valeurs essentielles. Elle étudiait chez elle, portait un masque froid et impénétrable en public pour garder le secret, et sa meilleure amie était une moldue.

Sirius partit rejoindre la jeune fille en question et le reste des invités dans le salon. Il aperçut Ted Tonks discuter avec Christa et Damien, ceux qui s'étaient conduits comme de véritables parents envers lui, attentionnés et protecteurs, pendant trois étés ; plus que ne l'avaient jamais fait ses géniteurs pendant toute son enfance.

Assis devant la cheminée, Andromeda lui fit signe de le rejoindre. Elle semblait avoir une conversation passionnante avec Charlus, tandis que Dorea semblait un peu s'ennuyer (3).

Lors de l'été 1967, Andromeda Black avait rejoint le clan des déshérités Black en s'enfuyant avec son petit ami Ted Tonks, un né-moldu, sans même avoir fini ses études à Poudlard. Dès que sa trahison avait été rendue publique, elle avait été contactée en secret par Charlus et Dorea Potter. Ils voulaient l'aider à se protéger des éventuelles remontrances de sa famille et à s'installer confortablement dans sa nouvelle vie d'adulte. Lui faire également comprendre qu'elle n'était pas seule dans son cas. Les deux couples étaient depuis lors bons amis.

Andromeda leur avait parlé de son cousin Sirius, qui faisait lui aussi partie des rares moutons blancs du troupeau Black. Réunir les deux cousins et permettre à Sirius de s'échapper un peu de cette famille qui n'était pas vraiment la sienne ; ceci avait toujours été le but de Dorea et Charlus, lorsqu'ils étaient entrés en contact avec Walburga et Orion Black.

Depuis l'année de sa répartition à Poudlard, ses parents permettaient ainsi à Sirius de passer une bonne partie des vacances chez Charlus et Dorea. Ils ignoraient cependant qu'il en profitait pour rendre visite à sa cousine préférée.

L'été 1968, alors que Sirius était chez Ted et Andromeda, Charlus s'était rendu chez Damien Potter, le cousin dont il avait été si proche durant son enfance, également le père de James. Il lui avait raconté la vérité sur sa pseudo-trahison et l'avait même invité à visiter sa maison. Depuis des années, il l'ensorcelait pour la faire paraître aussi froide qu'un manoir Black, ce qui n'était qu'une illusion : sa demeure était en réalité aussi accueillante et chaleureuse que celle de l'enfance de Charlus, Damien, et de presque tous les Potter.

Depuis ce jour, Charlus était redevenu le bienvenu chez Christa et Damien, tandis que le secret installé une vingtaine d'année plus tôt était préservée aux yeux du reste du monde sorcier. Et, depuis ce jour, Sirius et James restaient une bonne partie des vacances ensemble, sans que ses parents ne le sachent.

La vie de Sirius ne restait pas toute rose pour autant. À cause de sa répartition à Gryffondor, ses parents étaient encore plus cruels et sévères avec lui. Lui permettre de se rendre chez Charlus et Dorea n'était, pour eux, rien d'autre qu'un moyen de se débarrasser de lui.

Un bruit de bouteille qu'on débouche, suivi de rires et d'exclamations joyeuses. Les verres se remplirent, et Sirius goûta avec délice du champagne moldu. Il sursauta en entendant un cri de surprise et un gémissement de désespoir : Andromeda, distraite, avait renversé de l'alcool sur sa robe. Christa lui proposa de la suivre à l'étage, elle se souvenait d'une potion spéciale qui permettait d'effacer facilement les tâches.

Sirius regarda pensivement les deux femmes ; l'une qui lui ressemblait tant sur tellement de choses, l'autre qui l'accueillait à bras ouverts depuis trois ans. Comme sa cousine, plus tôt dans la journée, il s'était beaucoup interrogé sur la présence de Ted et Andromeda.

Il avait posé la question aux parents de son meilleur ami : Damien prétendait qu'il souhaitait faire enfin la connaissance de Ted Tonks - ce qui était absurde pour Sirius, car les deux hommes étaient tous deux Aurors. Christa lui avait souri avec tendresse. « On voulait apprendre à mieux te connaître » avait-elle répondu en passant une main dans la tignasse brune et soyeuse du jeune homme.

N'importe quoi, avait pensé Sirius.


- Lyra, arrête la musique, ordonna George à sa fille. Ou alors, fit-il après un instant de réflexion, mets autre chose, j'en ai marre de cette chanson.

La brune haussa les épaules. « Mais dépêche-toi » reprit son père « C'est bientôt l'heure du décompte ! » Elle acquiesça et partit changer de CD.

Elle revint au centre de la pièce deux minutes plus tard, où tous les invités étaient réunis pour le fameux décompte.

- 10, 9, 8...

James but une gorgée de ce nectar doré et pétillant qu'il adorait. Il n'avait pas du tout prévu que Marlene viendrait le chatouiller sous les aisselles, ni qu'il recracherait la moitié de son verre sur la cousine de son meilleur ami. « Tu vas voir, ce que tu vas voir ! »

- 7, 6, 5...

Tristan remplit le verre de sa fille en riant. Liana avait les joues écarlates et s'écria « Stop, enfin ! » en regardant sa coupe remplie aux trois-quarts. Ils passaient tous vraiment une bonne soirée, comme si rien ne s'était passé une vingtaine de jours plus tôt.

- 4, 3, 2...

Fulvia secourut Marlene que James pourchassait dans toute la salle en sautant sur son dos. Solidarité féminine. Tous deux perdirent l'équilibre et se ramassèrent sur le sol, écroulés de rire.

- 1...

Lily regardait par la fenêtre, en faisant nerveusement tourner une mèche de ses cheveux autour de son doigt. Elle avait l'air ailleurs.

- Bonne année !

Autant chez les Potter que chez les Carlson, les embrassades et les cris amusés retentirent.

Fulvia embrassa Sirius et James sur les lèvres, tour à tour, en oubliant les liens de parenté - assez éloignés tout de même - qu'elle avait avec eux.

Les six filles de Gryffondors se firent un « câlin collectif ». Liana partit embrasser George et Greg, et serrer à l'en étouffer son père dans ses bras. Avec réserve, Lily embrassa sa sœur sur les deux joues. Liana partit rejoindre Lyra en passant un bras autour de ses épaules.

- Youhouuuu ! s'écrièrent-elles avec Mary.

Tout le monde se tourna vers elles, puis sur la raison de leur cri enjoué.

Nicole et Mei était en train de se rouler une pelle fondamentale, qui dura quelques secondes, puis la chinoise se recula, un faux air éprouvé et dégoûté au visage. Ses amies se tordirent de rire en la voyant avaler une bonne gorgée de champagne, et Nicole faillit tomber à terre en se tenant les côtes quand Mei se jeta sur Mary pour l'embrasser à son tour. Personne ne fit attention aux moqueries ou aux airs quelque peu choqués, voire écœurés, des adultes.

L'étreinte de Lyra et Liana se transforma soudainement en une bataille de chatouilles, sur le sol. Nicole et Lily s'étaient retrouvées bras-dessus bras-dessous, la première encourageant les autres, la deuxième, tête posée sur l'épaule de son amie, surveillant les mouvements dans le jardin

C'était bientôt l'heure.


Dix minutes plus tard, Lily disparut de l'assemblée. Elle était dans le jardin des Carlson, appuyée contre un mur, à quelques mètres de la baie vitrée qui montrait la fête. Elle entendit enfin le bruit qu'elle avait attendu avec tant d'impatience.

'Crac'.

David apparut dans son jardin, à quelques mètres de Lily, à quelques dizaines de centimètres de la zone du jardin éclairée par l'intérieur. Il regarda autour de lui, cherchant la jeune fille du regard. Il entendit des pas qui couraient vers lui.

L'air radieux, elle sauta dans ses bras, le faisant tomber. Dans l'herbe humide, la nuit étoilée au-dessus de leurs têtes, ils se regardèrent en souriant. Lily happa ses lèvres si délicieuses, qu'elle connaissait maintenant sur le bout des « doigts », et ils s'embrassèrent avec passion, leurs mains parcourant le corps de l'autre. Elle se détacha de lui avec un petit rire, puis se releva.

- Viens, faut pas qu'on nous voit.

- Tu veux qu'on aille où ? demanda-t-il d'une voix rauque, en prenant sa main.

Les surprenant tous les deux, elle se jeta sur lui une nouvelle fois en l'embrassant ; sa voix l'excitait toujours autant. Elle se recula une nouvelle fois du baiser, pouffa en entendant l'exclamation frustrée du garçon, et les dirigea vers la forêt qui bordait la demeure de Lyra.

- Tu m'emmènes où ? riait David.

Un hoquet coupa son rire, et Lily lui jeta un coup d'œil hilare. Elle n'était pas la seule à avoir avalé plusieurs coupes, alors ? Ça lui rappelait le jour de leur rencontre...

- J'ai l'impression de revenir y'a trois jours, lui souffla-t-elle avec un clin d'œil.

Pour toute réponse, il la regarda en se mordant la lèvre inférieure. Ses yeux luisaient de désir. Déglutissant d'appréhension, elle accéléra le pas. Derrière les arbres, elle était sûre qu'ils seraient cachés.

Elle le plaqua contre un chêne, se colla à lui, passa ses bras autour de son cou et reprit là où ils en étaient quelques minutes plus tôt. Il l'enlaça au niveau de la taille, caressa la peau nue de son dos, tout comme sa langue caressait sensuellement celle de la jeune fille.

Il adorait l'embrasser. Lily se recula, une troisième fois, frôla ses lèvres avec un air satisfait et mutin, puis détacha ses bras autour de sa nuque. Ses mains baladeuses caressèrent ses épaules, son torse, son abdomen, pendant qu'elle se baissait avec lenteur. Leurs regards étaient soudés, leurs cœurs allaient sortir de leurs poitrines tellement ils battaient fort, leurs ventres se tordaient d'excitation.

Ses mains féminines fixées sur les hanches de David, elle se mit à genoux et posa ses yeux sur son entrejambe. Au simple regard de Lily, il se sentit déjà plus serré dans son pantalon. Avec rapidité et précision - ce n'était pas la première fois qu'elle le faisait - Lily détacha son jean et le baissa au niveau des genoux. Elle regarda la verge dressée derrière le boxer comme un de ces bonbons d'Honeydukes dont elle était si gourmande.

Elle remonta son regard vers le visage de son amant, et se délecta de ce qu'elle vit : les joues rouges, le souffle court, les yeux sombres à demi-fermés. Tout en baissant le sous-vêtement du garçon, elle passa sa langue sur sa lèvre supérieure et le sentit frémir. Elle était ravie de l'effet qu'elle lui faisait.

Lily se re-concentra sur son but premier. Elle posa d'abord ses lèvres sur le sommet de son pénis - un toucher aérien qui arracha un soupir à David - puis souffla dessus, le parcourut de sa langue, et le prit enfin dans sa bouche. C'était la deuxième fois qu'elle lui faisait une fellation, et elle ferma les yeux en se sentant frissonner de plaisir.

Ce n'était pas ça qui lui faisait de l'effet - même si ce n'était pas vraiment désagréable, que sa peau à cet endroit là était beaucoup plus douce qu'elle ne l'avait pensé et que son sperme n'avait pas un goût si horrible que ça. C'était les gémissements de David. C'était sa voix qui était la cause des sursauts de désir dans son ventre.

David jouit en poussant un long soupir et elle se leva immédiatement, l'embrassant à pleine bouche. Il la colla à lui, la tête un peu lourde, mais son baiser le réveilla. Ils reprirent leur souffle au bout de quelques minutes, leurs fronts collés.

David en profita pour la contempler avec soin. Ses lèvres gonflées, ses yeux sombres et ses cheveux ébouriffés ne lui étaient pas inconnus - elle finissait toujours dans cet état quand ils étaient ensembles. Sa robe lui allait à merveille, et il se ravit qu'elle ne portait pas de soutien-gorge en observant ses tétons qui pointaient sous le tissu.

- Tu es magnifique, lui souffla-t-il en plongeant ses yeux dans les siens.

Le cœur de Lily manqua un battement, tandis qu'elle sourit avec bonheur en se mordant légèrement la lèvre inférieure. « Merci » murmura-t-elle.

- Tu n'as pas froid ?

- Mmmhh mmhh, fit-elle en secouant la tête de gauche à droite, son muscle cardiaque reprenant un rythme effréné.

Elle avait très bien fait de demander à Tristan, en début de soirée, de lui jeter un sort pour que justement, elle n'ait pas froid.

Ils recommencèrent à s'embrasser. David fit glisser sa main sur ses seins tendus de désir. Il mourrait d'envie de la prendre, là, tout de suite. Qu'elle passe ses jambes autour de sa taille, qu'il entre en elle, qu'elle jouisse à son tour. Sa deuxième main glissa ses fesses, mais elle l'arrêta.

- Ils vont commencer à me chercher, désolée, chuchota-t-elle.

Elle l'embrassa encore. « Je passe demain chez toi ? » Il hocha la tête en suçant sa lèvre supérieure. Elle se détacha de lui après un dernier baiser, et partit en reculant. Son sourire refusait de quitter son visage. Elle ne rentra dans la maison que lorsqu'il transplana.

Lily courut dans une salle de bain : dans l'état où elle était, elle était obligée de se rafraîchir un peu si elle ne voulait pas attirer encore plus de soupçons.


Pendant les huit jours qui avaient suivi l'enterrement, David et Lily s'étaient vus sept fois. Les sept fois, ils avaient retiré leurs vêtements.

Le jeune homme avait complètement bouleversé l'éducation sexuelle et la notion de plaisir de l'adolescente. Ensemble, ils avaient tout expérimenté. Parfois, plusieurs fois par jour.

Il lui avait appris à faire une fellation, lui avait montré les merveilles du cunnilingus. Lily n'avait pas aimé le 69 ; ses positions préférées restaient celles du missionnaire, du lotus, et la levrette. Ils l'avaient fait partout, également : sur un lit, sur un tapis, contre un mur, sur une table, dans un fauteuil, dans les toilettes d'un restaurant, dans l'eau - sous la douche et dans une piscine.

Même sur l'herbe, après un pique-nique. Ça s'était passé dans un parc public sorcier, ensorcelé pour faire croire qu'on était toujours en été. Ils n'avaient pas été suffisamment discrets, des gens les avaient surpris. David les avait aussitôt faits transplaner chez lui, sans faire attention à leurs restes de nourriture. Ce qu'ils n'avaient pas prévus, c'était que la sensation du transplanage avait joué son rôle.

Ressentir toutes leurs sensations après être passés dans le tube en caoutchouc avait comme tripler leur plaisir, et ils avaient presque immédiatement joui. Cette fois-là avait été une des meilleures, la plus surprenante, et celle où ils avaient le plus ri.

Peu importait leur différence d'âge - de moins d'un an et demi -, peu importait leurs sentiments complexes. Ils n'en avaient jamais parlé. Ils n'avaient déjà aucune idée de comment décrire leur relation... Ils ne sortaient pas ensembles, ne partageaient pas non plus une « amitié avec bénéfices ». Leur relation était plutôt d'abord basée sur le sexe, comme si coucher ensemble leur était essentiel, et après ils étaient amis. Ils se sautaient d'abord dessus, ensuite ils discutaient et plaisantaient comme ils le faisaient avec leurs autres amis.

Le soir du nouvel an, quand David lui avait dit qu'il la trouvait belle, puis qu'il s'était inquiété pour elle et sa température corporelle, Lily avait douté de ses sentiments. Son cœur avait fait des trucs bizarres, et elle avait pensé, un instant, être amoureuse de lui. Pourtant, quand ils s'étaient revus le lendemain, elle savait qu'elle ne l'était pas et était persuadée que lui non plus.

Etions-nous amis ? Oui, mais là encore, c'était un sentiment particulier d'amitié. Etais-je amoureuse de lui ? Non, évidemment. Comptions-nous vraiment l'un pour l'autre ? Oui, mais à quel point... Allait-il me manquer ? Assurément. Allais-je l'oublier ? Bien sûr que non.

Ils étaient simplement... Ils tenaient l'un à l'autre, se désiraient, appréciaient la compagnie de l'autre. Pourquoi se torturer en essayant de définir leur relation ?

Allaient-ils un jour se revoir ? Ce n'était pas prévu. Garderaient-ils contact ? Ils n'en savaient rien. David avait pourtant promis de lui envoyer un hibou pour son anniversaire, le 30 janvier. Leur vision de l'avenir s'arrêtait là.


Cela faisait déjà trois heures que le Poudlard Express était en route vers Pré-au-Lard. Trois heures que James et Sirius étaient dans un compartiment avec sept filles de cinquième années, trois Poufsouffles et quatre Gryffondors. Sirius restait avec Gail Howks, sa petite-amie et sa jumelle Alma, tandis que James flirtait innocemment avec une Poufsouffle dont il ignorait le nom.

Au bout de trois heures, lassé, James sortit de son compartiment pour faire un tour. Il aurait bien aimé que Remus ou Peter soient là, pour ne pas avoir à tenir la chandelle ou à parler à une fille avec qui il n'avait rien en commun. Ses deux amis étaient restés à Poudlard.

Remus l'avait décidé parce que ses parents avaient gagné à la Loterie sorcière, un mois plus tôt, et il leur avait proposé - presque ordonné - de s'offrir une seconde lune de miel. Peter avait préféré rester à Poudlard plutôt que passer Noël chez lui. Il avait déclaré amèrement que, de toute façon, qu'il soit à la maison ou pas, c'était pareil pour ses parents.

Peter parlait rarement de sa famille. Il s'était une fois vaguement confié à Remus, et l'avait autorisé à le raconter aux deux autres, mais avait refusé d'en discuter une deuxième fois. Il considérait que ses problèmes n'étaient pas si importants que ça.

De ce que James avait compris, ses parents n'avaient jamais vraiment fait attention à lui. Gustave Pettigrew travaillait le plus clair de son temps, en ne se permettant que deux semaines de vacances l'été - cette période était formidable pour Peter, car il adorait son père quand il était avec lui.

Galathée Pettigrew était... absente. Spirituellement. Toujours plongée dans ses livres, dans ses rêves sur des personnages fictifs, préférant penser à sa vie imaginaire qu'elle modifiait chaque jour, qu'elle trouvait beaucoup plus intéressante que sa vie réelle.

Peter n'avait pas présenté le comportement de sa mère comme pathologique, il ne souhaitait même pas se pencher sur la question. C'était comme ça, un point c'est tout. Très tôt, Peter s'était formé une culture littéraire impressionnante pour son jeune âge, pour tenter de se rapprocher d'elle. Mais il avait échoué et essayait depuis d'éviter au maximum les livres et les bibliothèques.

Bref, Peter avait donc décidé de rester à Poudlard, puisqu'il y aurait au moins Remus pour faire attention à lui. En dehors de l'école, il y avait bien Tom, le barman du Chaudron Baveur, qui devait certainement mieux le connaître que ses parents vu que Peter passait beaucoup de temps sur le Chemin de Traverse, mais bon... Poudlard restait un choix préférable.

James aurait voulu rester avec ses amis à Poudlard, mais ses parents lui avaient demandé, ainsi qu'à Sirius, de venir chez eux.

Il soupira, reprochant silencieusement à ses parents d'être aussi protecteurs envers lui. Enfin, c'était la rentrée, maintenant... Perdu dans ses pensées, il vit à peine l'adolescente devant lui avant qu'il ne la bouscule.

- Oups, désolé !

- Non, non, t'en fais pas, c'est rien...

- Evans ?

- Potter ! Salut, bonnes vacances ?

- Oui et toi ? » James se traita automatiquement de triple idiot. Quoique sa camarade n'avait pas l'air d'être si mal en point, ses yeux n'étaient pas rouges et entourés par de gros cernes violets, son teint n'était pas pâle et maladif, elle ne semblait pas à ramasser à la petite cuillère... Elle ne répondit cependant pas à sa question.

- Bonne année, au fait ! » Elle se pencha pour lui faire la bise.

- Toi aussi. Tu as prévu des bonnes résolutions pour 1971 ?

Lily sourit « Pas vraiment. Peut-être travailler encore mieux, mais... » James leva les yeux au ciel.

- Est-ce que c'est possible d'avoir de meilleures notes, dans ton cas ? demanda-t-il, amusé.

- Parle pour toi ! Tu en as, toi ?

- Tu me connais mal, se moqua le brun décoiffé.

- Je m'en doutais, rit-elle en le frappant amicalement à l'épaule.

James fut vraiment étonné. Il était là, en train de plaisanter avec Lily Evans, la fille avec qui il n'avait jamais vraiment parlé. À croire que l'alcool était vraiment un bon moyen de se lier avec les gens - il n'avait aucune idée de combien il disait vrai.

- Tu veux venir avec nous ? lui proposa-t-elle.

James haussa les épaules « Liana nous bassine avec Black et toi depuis le début du voyage, elle pensait que vous seriez toujours à Poudlard » Lily sourit malicieusement « Et puis, j'ai entendu parlé de tes prouesses avec Mei, au bal » Elle laissa sa phrase en suspens tandis que James éclatait de rire.

- On y va !

Ils continuèrent de discuter de tout et de rien pendant qu'ils marchaient. Leur conversation était en fait si passionnante qu'ils la poursuivirent pendant deux bonnes heures, assis dans le couloir, juste devant la porte du compartiment des filles.

(1) : Mstislav Rostropovitch, un des plus talentueux violoncellistes de 20e siècle, originaire de Russie. Il est mort y'a deux ans je crois (corrigez moi si je me trompe). Pour votre culture générale, il a vécu en Allemagne avant la réunification et, quand le mur de Berlin est tombé 1989, il était juste devant les ruines à jouer du violoncelle, un morceau magnifique dont j'ai oublié le nom.

(2) : Paroles de "15 steps" de Radiohead, sur laquelle j'ai écrit la quasi totalité de ce chapitre. Elle est par ailleurs sur le générique de fin du film Twilight, qui est selon moi une des parties les plus stylées et classes du film ^^. D'ailleurs, pour raconter ma vie, j'ai vu deux fois ce film pendant les vacances (dimanche, donc, et vendredi matin), en plus de l'avoir déjà vue la semaine de sa sortie. Héhéhé ce film est trop bien.

(3) : L'histoire de Charlus et Dorea Potter dans cette fic a été totalement inventée par moi-même, comme leur fille Fulvia. Les personnages existent par ailleurs réellement dans l'esprit de Rowling (regarder l'arbre généalogique des Black sur Wikipedia, c'est facile de la trouver sur le site en anglais en tapant The Black Family Tree je crois). Cette note, c'est parce que je viens de me rendre compte que les initiales des deux persos, C et D, sont les mêmes que celles des parents de James, Christa et Damien, ce que je n'ai pas du tout fait exprès ^^ ! Christa et Damien sont des OC complets. Des rumeurs disent que Charlus et Dorea seraient les parents de James, mais bon, je crois que Rowling n'a jamais dit que c'était vrai, et je trouvais ça moins marrant pour mon histoire. Bref.

Alors ? Vous avez aimé ? Ri ? Détesté ? Pleuré ? Vu que je suis super curieuse, et que j'ai vraiment envie de savoir ce que vous en pensez, pourrirez-vous appuyer sur le petit bouton blanc et vert ? Je sais pas vous, mais j'ai mis trop longtemps à me faire au bouton vert de m*rde. Parfois, j'appuie encore sur le bouton violet, ça m'énerve, je préférais, quoi !

Enfin bref. A bientôt, j'espère. Bonne soirée, bonnes vacances aux uns, bon courage aux autres.

Bises, malilite.