(Le lendemain)
En sortant de la voiture, je ne tenais plus en place tellement j'avais envie de voir mon père. Je ne pouvais pas en dire de même pour Callen qui semblait mal à l'aise. Je ne m'inquiétais pas pour lui car il se rendra vite compte que mon père était un homme tout à fait normal par rapport à ma mère. En arrivant sur le pas de la porte, l'image de ma mère me revint en mémoire.
-Petite pensée pour ta mère, ironisa Callen en arrivant derrière moi.
C'était petit mais drôle. J'allais toquer à la porte qui s'ouvrit laissant apparaître un petit garçon qui courut dans mes bras et qui hurlait que sa mère avait prévu de la mousse au chocolat en dessert ! Je finis par passer le pas de la porte et lorsque j'arrivai dans le salon j'aperçus enfin mon père ! J'étais tellement contente de le voir et lorsqu'il me prit dans ses bras j'avais l'intention d'être encore une petite fille. Mon père m'assura que j'étais splendide et que je lui avais manqué mais très vite son attention se porta sur Callen.
-Enfin je rencontre le fameux Callen, s'exclama mon père en allant lui serrer la main, à croire que ma fille avait peur de me présenter !
-Les présentations avec maman m'ont refroidi, avouai-je alors que je voyais Callen se détendre.
-Parce qu'il a déjà rencontré ta mère ?, s'étonna mon père, mon pauvre je suis vraiment désolé.
-Papa ça reste notre mère, intervint ma sœur alors que nous allions nous mettre à table.
-Sauf que je suis le seul homme à l'avoir supporter pendant 20 ans donc j'ai le droit de dire ce que je veux !
Je voyais mon beau-frère jubilait alors que ma belle-mère Lucy se sentait un peu de mal.
-Alors comment tu vas ?, me demanda-t-elle.
-Parfaitement bien, je regrette un peu de ne peux plus rentrer dans mes tailleurs mais bon...
-Et toi Callen, psychologiquement parlant, c'est pas trop dur ?, plaisanta mon beau-frère en me regardant en coin.
Callen semblait réfléchir à ce qu'il allait répondre, hésitant entre dire le fond de sa pensée ou emballer la vérité. Mon père se pencha pour lui dire :
-J'ai toujours trouvé qu'entre mes deux filles, Rose avait le pire caractère.
-J'adhère totalement à cette idée, s'exclama ma sœur en levant son verre.
Bien sûr qu'elle adorait à cette idée, c'était toujours moi qui me faisais prendre lorsque l'on faisait des bêtises.
-Disons qu'elle est fidèle à elle-même, répondit Callen avec un grand sourire.
Ben voyons ! C'était une manière détournée de dire qu'il m'arrivait parfois d'être un peu compliquée à vivre. Je préférais de ne pas répliquer mais je le gardais bien en mémoire. Le déjeuner se poursuivit dans la bonne humeur et je pus constater que mon père appréciait Callen. Je voulais lui montrer que j'étais heureuse et qu'il n'avait pas à s'inquiéter pour moi. J'étais amoureuse d'une personne fantastique et j'allais être maman même si j'avais encore un peu de mal à réaliser. J'étais également fière de montrer à Callen que j'avais un père normal et qu'il ne fallait pas rester focaliser sur ma mère.
(Dans la soirée)
J'étais tellement pressée d'entendre ce que Callen avait à dire. La journée avait été parfaite pour moi et j'avais l'impression d'avoir montré à Callen ce que c'était une famille. En passant le pas de la porte, je m'empressai de lui demander :
-Alors entre mon père et ma mère ?
-Tu es sûr qu'ils ont été mariés ?, plaisanta-t-il alors que je retirais mon manteau.
-Oh oui pour le meilleur et surtout pour le pire, dis-je en insistant sur la fin de la phrase, je suis tellement contente que tout se soit bien passé !
-Pour bien terminer il faut que je te montre quelque chose, déclara-t-il en me prenant la main.
Je le regardai d'un air interrogateur alors qu'il m'emmenait vers l'escalier. Je me demandais bien ce qu'il voulait me montrer jusqu'à que nous arrivions devant la future chambre.
-Tu vas enfin me la montrer ?, m'exclamai-je en souriant de plus en plus.
Il sortit la clé et la fit tourner dans la serrure. Je sautillais sur place à l'idée d'enfin pouvoir la voir !
-Ferme les yeux et interdiction de tricher !, m'ordonna-t-il.
Je lui promis que non et ferma les yeux. Il me tenait les mains fermement et me fit avançait tout doucement dans la pièce.
-Prête ?
-J'attends ça depuis trois mois !
-Alors ouvre les yeux.
Je les ouvris et il me fallut quelques secondes pour réaliser. Il n'y avait pas de bleu mais du marron chocolat et du blanc. Je ne pouvais pas imaginer mieux, l'ambiance dans la chambre était calme, paisible. Je l'avais définitivement adoptée. C'était dans ces moments-là que je réalisais ce qui était en train de m'arriver.
-Tout le monde l'a déjà vu : Sam, Deeks, Kensi, ta sœur et sans me vouloir me vanter ils ont tous adoré.
-Elle est sublime, murmurai-je, magnifique, encore mieux que ce que j'avais imaginé. J'ai pas de mots Callen, je l'adore.
J'étais touchée par le fait qu'il ait passé du temps dans cette chambre. Je m'approchai du berceau et put voir qu'il y avait déjà une bonne dizaine de peluches à l'intérieur. Je mis à penser à mes parents qui avaient dû faire la même chose pour ma naissance, à la chambre de mon filleul lorsqu'il était encore bébé. J'ai toujours trouvé magique le moment où j'allais le chercher quand il venait tout juste de se réveiller et qu'il m'accueillait avec un grand sourire. Je me fis la promesse de tout faire pour que mon fils puisse grandir dans une vraie et que quoiqu'il arrive, il ne sera jamais tout seul.
(Trois mois plus tard)
J'étais assise dans le salon, montre en main. Je ne me préparais pas à un marathon, loin de là, mais j'étais plutôt en train de calculer le nombre de minutes entre chaque contraction. Si un jour quelqu'un m'avait dit que j'allais en avoir besoin j'aurais bien rigolé, sauf que là j'étais loin de plaisanter. Il était déjà 21h et Callen n'était pas encore rentré ce qui m'inquiétai encore plus. Je tentais de rester calme en me disant qu'il n'allait pas tarder mais c'était peine perdue. Je savais que la naissance de mon fils n'était plus qu'une histoire d'heure et l'angoisse commençait tout doucement à monter. J'avais déjà descendu toutes mes affaires, mon manteau était prêt et j'avais même déjà enfilé mes chaussures. Lorsque j'entendis la porte d'entrée claquer je poussai un soupir de soulagement, vite coupé par une contraction.
-Rose c'est moi ! Je prends juste une douche et je repars, on a une livraison de drogue à intercepter.
Petite minute ! Il venait de dire qu'il repartait ?
-Tu peux pas retourner travailler, lui dis-je alors que je me levai pour le rejoindre dans la cuisine, enfin si tu peux mais faut que tu m'emmènes à l'hôpital avant.
Vu sa tête, j'avais l'impression de lui avoir annoncé la nouvelle du siècle. Il semblait à la fois étonné, angoissé, stupéfié ce qui était loin de me rassurer.
-Tu te doutais bien que ça allait un jour ou l'autre ?, m'exclamai-je devant son air ahuri.
-Tes affaires...
-Dans le salon, tout est déjà prêt, tu n'as plus qu'à aller les mettre dans la voiture, et surtout c'est pas le moment de paniquer !
