Coucou tout le monde,
Voici le chapitre 11, corrigé par Sophinette73, un grand merci à elle =). (Louloutte je pense à toi =D)
Plus le temps passe, plus vous êtes nombreux à me suivre, ça me touche énormément. J'espère ne pas vous décevoir avec ce nouveau chapitre.
Disclaimer : Oh Grande JK ROWLING, tout appartient.
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Je livre de Drago était serré contre moi. Je regardais la porte de son bureau, fermée depuis bientôt une heure. Il n'y avait personne dans la salle d'attente. Je ne savais pas pourquoi je restais plantée là à attendre, comme si quelque chose m'empêchait de partir.
La discussion avec Narcissa passait en boucle dans ma tête. La nuit porte conseil. Bien sûr… La preuve, j'étais une gourde en train de s'enraciner dans le parquet. Je serrai un peu plus fort le livre contre moi. Le silence était le maître des lieux. Et la porte de son bureau restait obstinément fermée. Il n'y avait personne. Je soufflai. ça m'apprendra à vouloir faire le premier pas, à me faire pardonner. Il n'était pas tard, pourtant. Il était vingt heures. D'habitude, il était là… Alors, pourquoi pas maintenant, quand je décidais de me lancer ? Merlin, par pitié !
À peine ma prière pensée, j'entendis quelqu'un monter les marches. Mon cœur battait à dix milles à l'heure. Je me faisais peut-être des illusions... Des cheveux blonds, un visage pâle, si, c'était bien lui. Il lisait un papier.
Quand il releva la tête, il s'arrêta net. Apparemment, il ne s'attendait pas à me voir, vu la tête ahurie qu'il affichait. J'étais figée. Sur le coup, ça m'avait paru une bonne idée, je le regrettais désormais. Il se reprit, en affichant son masque. Il passa devant moi et m'ignora totalement. Ça commençait vraiment très mal. Le silence était pesant. Le temps qu'il ouvre sa porte et entre dans son bureau, je n'avais pas bougé. Pourquoi j'étais venue, déjà ? Ça me paraissait bien futile, à présent.
Je ne m'étais pas aperçue qu'il était entré. Le fait qu'il laisse sa porte ouverte me laissa pantoise. Devais-je entrer ? Ou faire demi-tour et me terrer aussi loin que possible ? Gryffondor oblige, je soufflai avant d'entrer. Il regardait par la fenêtre. Encore une nouvelle façon de m'ignorer. Je m'avançai vers son bureau.
« Je…. Je suis venue te ramener ça. » Je regardais le livre, pour finir par le poser sur son bureau. « Merci, il est très intéressant, je l'ai dévoré en deux heures. » Oui et alors, Hermione ? Je crois qu'il s'en fiche. Je ne pouvais pas lui en vouloir de me détester autant. Après tout, j'avais tout fait pour en arriver là.
Je fermai les yeux et soufflai. Il fallait vraiment que je prenne sur moi. Je devais faire l'effort. Narcissa me l'avait dit, je n'avais plus rien à perdre. Et la personne en face de moi en valait soi-disant la chandelle. J'en doutais.
« Je… » Allez, Hermione, ce n'est pas si dur que ça. Trois petits mots, que tu dis tellement souvent. Pourquoi, face à lui, tu n'y arrives pas ? Parce que c'est lui, tout simplement. Je fermai les yeux. Fallait vraiment que j'arrête de réfléchir et que je fonce.
« Je suis désolée. » Aucune réaction de sa part. Toujours son dos, rien que son dos. « S'il te plaît. » Je le suppliais presque. Je ne vis pas son regard rempli de douleur, ni quand il ferma les yeux pour se redonner contenance. « Je sais que j'ai mal agi. Tu débarques dans ma vie, essaye de te mettre à ma place…
- Et toi, est-ce que tu te mets à la mienne ? » Il était toujours dos à moi. Je ne m'étais jamais mise à sa place, parce qu'il n'avait jamais montré que ça le dérangeait, cette situation. Je le lui fis remarquer.
« Pourquoi j'aurais dû me mettre à ta place, Drago ? Tu fais tout pour me montrer que c'est toi qui a le pouvoir. Que cette situation ne te dérange pas. Ne te fais pas passer pour la victime, parce que tu as choisi de prendre mon dossier. Je ne t'ai pas mis le couteau sous la gorge, que je sache. Et regarde moi quand je te parle ! » Une fois de plus, je perdais le contrôle. Je le vis me faire face. J'affrontai ses yeux qui ne reflétaient que de la colère et du mépris. Je détestais ce regard, il me faisait mal au cœur.
« Tu crois que je supporte tes sautes d'humeur de gaîté de cœur? Tu es une fille complètement paumée et t'entendre geindre à longueur de journées, c'est rinçant. Je voulais croire en toi, je ne comprenais pas la réaction de Potter et Weasley, mais en fait, tout est très clair… Tu es une fille qui ne vaut pas la peine qu'on se batte pour elle. »
Une douche froide m'aurait fait le même effet. J'avais des frissons, et je me sentais salie. Il avait été blessant. Il m'avait fait mal, plus qu'il ne devrait. C'était le Drago froid et odieux, celui de Poudlard. Je baissai les yeux. Je prenais sur moi pour ne pas laisser mes larmes couler, mais c'était trop tard, je voyais déjà trouble. Ma phrase suivante m'échappa.
« Peut-être que je n'en vaux pas la peine, mais ta mère, si… Tu peux dire que je suis lâche, tu peux me rabaisser autant que tu veux… Mais moi, au moins, j'arrive à me regarder dans le miroir parce que je n'ai pas mis la dépouille de ma mère au fin fond d'un hôpital. Tu n'es pas mieux que moi, Drago. Et ça, tu as l'air de l'oublier… »
Une fois ma tirade finie, je le vis stupéfait de ma révélation. Je partis sans demander mon reste.
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J'étais au bureau, il fallait que je me vide la tête. La confrontation avec Malefoy m'avait épuisée. Je n'avais plus de larmes à écouler. Le gouffre était tellement profond que je n'en voyais plus la sortie. Drago devait me sauver, mais finalement, il m'avait plus enfoncé qu'autre chose. Et moi qui avais voulu croire Narcissa… À quoi je m'attendais ? C'était son fils, logique qu'elle prenne sa défense. Et moi, comme une idiote, j'ai foncé tête baissée.
On frappa à ma porte. Je ne voulais voir personne.
« Tu as de la visite, Hermione. » Liam avait seulement passé sa tête par l'entrebâillement.
« Je ne veux voir personne… » Je me pris la tête dans les mains.
« Désolé d'insister, mais il dit que c'est urgent. » Liam était mal à l'aise. Il n'y avait qu'une seule personne qui arrivait à mettre un homme dans un état pareil. Liam était difficilement influençable. Je ne mis pas longtemps à réagir après avoir analysé la situation.
« JE NE VEUX PAS LE VOIR ! » Liam disparu de la fente, comme s'il avait été tiré en arrière. Cette idée se confirma quand je vis une tête blonde entrer dans mon bureau.
« Désolé Granger, mais tu n'as pas le choix. » Il avait posé ses deux mains sur mon bureau, me regardant de toute sa hauteur. Moi, assise, j'étais insignifiante. Je déglutis.
« Qu'est-ce que tu veux ? » J'avais chuchoté. Peut-être pour éviter que le ton monte, une fois de plus, trop rapidement.
« Je crois qu'on n'a pas fini notre petite conversation de tout à l'heure… Ce que tu m'as dit ne m'a pas vraiment plu, tu comprends ? Dire que ma mère est une dépouille qui traîne au fin fond d'un hôpital, encore moins…
Pourtant, tu ne peux pas le nier. C'est la stricte vérité et tu te voiles la face. C'est en train de la détruire, et toi, tu restes là à ne rien faire. Tu la renies, et tes lettres n'y changeront rien. » Je voulais le secouer, le faire réagir.
« Tais-toi ! Je t'interdis de me juger sur le comportement que j'ai avec ma mère ! Tu ne sais rien ! » Pour la réaction, j'avais réussi. La tension était palpable, et l'ambiance était plus glaciale que jamais.
« ça fait quoi Malefoy, d'inverser les rôles ? Ça fait quoi de te sentir démuni face à mes attaques ? ça fait quoi de savoir que moi, ta pire ennemie, je sais quelque chose sur toi ? Quelque chose de personnel, qui te tient à cœur ? »
J'étais restée assise. Notre relation en avait pris un sacré coup et je ne voulais pas que ça empire. Même si ça m'écorchais la bouche de l'avouer, il était devenu, en quelques jours, la personne sur qui je pouvais le plus compter. Pour cette raison, je repris d'un ton plus calme.
« Ta mère n'a pas besoin du psychomage que tu es, elle a besoin de son fils. » Dans ma tête, je rajoutais : tout comme moi, j'ai besoin de toi.
Je me repris.
«Tu te dois d'être présent pour elle parce qu'elle est encore là…. Tu as de la chance, ne la gâche pas…
-Qui aurait cru que tu me donnerais des conseils, un jour ? » Je souris à sa remarque. Il était redevenu le Drago gentil et doux.
« Je ne suis peut-être pas très bonne pour prendre soin de moi, mais je sais y faire avec les autres. » À son regard sceptique, je me sentis obligée de rajouter une phrase.
« Enfin, presque tous les autres…
J'ai un marché à te proposer… Et on sera gagnant tous les deux. » Je le sentais mal.
« Dis toujours… » J'étais méfiante quand il s'agissait de lui, et de toutes ses propositions. Ma réponse lui déclencha un petit sourire. Il devait s'y attendre.
« Je m'engage à aller voir ma mère plus souvent, et toi, tu vas voir PotePotter et Weasmoche. » Ouh ! Le cancrelat. Utiliser sa mère comme il le faisait était vraiment honteux. Tout ça pour me pousser à revoir mes amis. Je restai silencieuse un instant.
« Bon d'accord, de toute façon, j'ai pas trop le choix… » À une seule condition. Il devait accepter, par pitié !
« Tout ne marche toujours que sous conditions avec toi, Hermione. » C'était une constatation.
« Non, ça ne marche comme ça qu'avec toi. Encore une fois, tu arrives à te démarquer des autres… » Il leva un sourcil. Comprenant le sous-entendu, je secouai ma tête. « Oublie ça, tu veux ? »
« Difficile d'oublier. Je dirais que c'est un compliment, venant de ta part, Granger. Laisse-moi savourer. » Je le regardai dans les yeux. Comment pouvait-il prendre un sujet aussi sérieux à la rigolade ?
« C'est bon, tu as fini ? Parce que j'ai une condition à te donner je te signale… » Qu'est-ce qu'il pouvait être exaspérant, parfois !
« Je t'écoute. » Il avait repris son sérieux.
« Si je vais voir Harry et Ron, est-ce que… » Je ne savais pas si c'était une bonne idée, en fait.
« Est-ce que…. quoi, Hermione ? » Il me scrutait de ses yeux argent. J'étais embarrassée.
« Est-ce que tu pourras venir avec moi ? » Je sentais mes joues s'enflammer. Pourquoi j'étais aussi gênée ? J'avais baissé la tête.
« Vraiment ? Je veux dire, tu me fais confiance à ce point-là ? » Il était heureux et en même temps un peu surpris. Mon changement de comportement devait être difficile à suivre. Je relevai les yeux, je voulais lui faire comprendre.
« Oui, j'ai confiance en toi pour m'accompagner, pour affronter Harry et Ron. » Je le regardai dans les yeux. Il ne devait pas y avoir de doute. Il ne devait pas en voir.
« C'est quoi, ce revirement de situation ? » C'était une question innocente, mais qui amenait plein de réponses.
« Disons que j'ai écouté une bonne conseillère… »
À mon sous-entendu, il réagit :
« Comment l'as-tu su ? Je veux dire, comment ça se fait que tu l'as découvert ? » Je comprenais que ça puisse lui rester en travers de la gorge. Moi non plus, je n'aurais pas aimé voir ma propre mère dans cet état-là.
« Samedi, je suis allée à Saint Mangouste pour voir Sarah, une fillette que j'ai sauvée. En attendant l'ascenseur, je l'ai vue et entendue. » Je voulais rester vague, mais Drago était têtu, il voulait tout savoir. Le regard qu'il me lança m'obligea à continuer.
« Elle était en mauvaise posture. Je…
Tu l'as défendue face aux deux médicomages… C'est ce qui explique ton bleu, quand je t'ai vue, le lundi suivant. » Il m'avait coupé l'herbe sous le pied. La surprise s'affichait sur ses traits.
Il reprit : « Pourquoi ?
Euh… pardon ? » Je ne comprenais pas sa question.
« Pourquoi quoi, Malefoy ?
Pourquoi tu l'as aidée ? Tu savais qui elle était… » Il essayait de comprendre, mais ça avait l'air de lui échapper.
« Raison de plus. Je ne laisse personne en difficulté et encore moins quand je la connais… Je l'ai fait parce que je le voulais. Et non pas pour attirer tes bonnes grâces, je ne suis pas comme ça… » ça me révoltait, qu'il puisse penser ça : que je ne l'avais aidée que par intérêt.
« Tu m'étonneras toujours… » Je le regardai, surprise. Etait-ce un compliment ? Je n'en savais rien. Il était parti dans la lune. Il avait les yeux dans le vague.
« Alors, est-ce que tu acceptes ? » Il releva les yeux. « Je veux dire…. Euh… ma condition ? Tu l'acceptes ? Non, parce que si ça te gêne, ce n'est pas…
J'accepte ! » Sa réaction me fit sursauter. Il détourna les yeux. Qu'est-ce qu'il lui prenait encore ? Pourquoi j'avais toujours cette impression d'avoir loupé quelque chose ?
« D'accord. » Je souriais. Je me sentais légère, une sensation que je n'avais pas ressentie depuis longtemps. Etait-ce parce qu'à ce moment précis, j'étais heureuse ? Heureuse à cause de Drago… Mes yeux se transformèrent en balles de golf. J'étais sidérée devant ma propre révélation.
« ça va, Hermione ? » Il me regardait. Ses sourcils froncés me montraient qu'il s'inquiétait.
« Oui, oui. Je me suis aperçue que j'avais oublié quelque chose chez moi. » Quel beau mensonge !
« On va chercher ça, si tu veux ? » Alerte, terrain glissant.
« Non, c'est bon, ça peut attendre… » J'avais échappé de justesse à un mensonge encore plus embarrassant.
« Quand est-ce qu'on va voir ton héros, alors ? » Son ton ironique me fit sourire.
« Euh… » Je réfléchissais. Je n'étais pas prête à les voir. C'était encore trop tôt…
« Pas question que tu te dégonfles, Granger ! On ira demain en fait, je ne te laisse pas le choix… » Il ne me laissa pas le temps de répliquer qu'il était déjà parti.
Le mot « demain » retentissait encore dans ma tête… Demain sera mon pire cauchemar… Je reverrais Harry. Je ne l'avais pas vu depuis cinq ans. Mon petit instant de bonheur avait de nouveau disparu.
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Vous l'aurez compris, le prochain chapitre Harry sera présent.
Alors vos avis ?
Des bisous, je vous adore.
Caro.
