kikoo everyone ! Alors je sais vous n'avez pas eu vos chapitres la semaine dernière et celle d'avant, mais c'est que j'étais en vacances. La bonne nouvelle c'est que je me suis rien cassée ! L'autre bonne nouvelle, c'est que je publie 2 chapitres aujourd'hui XD ! C'est plutôt good ça , non?
Chapitre 10 :
Il était serein comme cela ne lui était pas arrivé depuis longtemps. Depuis qu'il n'était plus un enfant. Depuis qu'il avait compris bien des choses sur lui, sur les autres, sur sa famille. Il n'avait plus jamais été serein. Certes, il avait trouvé une façon d'apaiser son esprit, mais elle était temporaire et non sans inconvénient. Il savait très bien ce qu'il faisait et il le faisait bien. Internet avait répondu à certaines de ses questions et il avait trouvé sa méthode. Il opérait toujours de la même façon et il obtenait toujours le même résultat. La tranquillité de son esprit et quelques cicatrices en plus.
Mais là, il avait été plus loin. Plus loin qu'il n'avait jamais été. Quelques lignes n'arrivaient pas à calmer son esprit, alors il avait continué encore et encore. Jusqu'à ce qu'il appuie bien plus franchement et qu'il s'entaille le poignet. La douleur qu'il avait ressenti, et la paix qui s'était alors emparé de lui, l'avait poussé à faire de même avec son autre poignet. Il avait connu un moment d'extase avant d'être envahi par le froid et de sombrer dans l'inconscience.
Il avait alors été comme absent. Absent de son corps. Absent de ce monde. Il ne savait pas où, mais pendant ce temps, il avait été serein. Il était serein. Rien ne venait le perturber. Il espérerait que plus rien ne vienne le perturber. Il était bien, heureux, et, paix avec lui-même et avec les autres. Plus rien ne comptait pour lui que cet état de béatitude dans lequel il était. Il ne voulait pas que cela finisse.
Pourtant, il ne put s'empêcher de penser à Kuuran. Il ne put s'empêcher de penser qu'il allait lui manquer. Et le fait qu'il était là par sa faute n'y changeait rien. Au loin, il lui semblait entendre la voix du décoloré. Il se concentra voulant saisir ce qu'elle disait. Il l'entendit mieux, mais ne comprenait toujours pas ce qu'elle disait. Il était trop loin. Il devait se rapprocher. Il lui semblait que cette voix portait toute la tristesse, tous les remords, toute la culpabilité du monde. Il ressentait comme une urgence à se rapprocher, à comprendre ce que cette voix disait. Il ne voulait pas que Kuuran soit triste. Ce qui était arrivé lui serait arrivé tôt ou tard. Il le savait. Au plus profond de lui-même, il savait que ça finirait comme ça.
Il avait l'impression de ne pas y arriver. Il avait l'impression que jamais il ne serait assez prés pour le comprendre. Il se concentra, se força. Il voulait comprendre. Il ouvrit les yeux sur du blanc.
Orihime tremblait. Elle savait pour Ishida. D'ailleurs, tout le monde savait. Une tentative de suicide. Un frisson la parcourut. Elle aurait aimé aller le voir. Elle avait pris de ses nouvelles auprès de son père et, celui-ci lui avait répondu que temps qu'il était dans le coma, cela ne servirait pas à grand-chose. Et puis, il aurait d'abord fallut que Kuuran le lâche. Orihime ne put réprimer un nouveau frisson. Ishida-san ne l'avait pas clairement dit, mais elle avait compris que les deux adolescents sortaient ensemble, et que c'était Kuuran qui l'avait trouvé. Elle préféra ne pas se poser de questions quant au comportement de Kuuran l'autre soir. La veille de la tentative de suicide d'Uryu. Et si ce n'était qu'une plaisanterie, certes de mauvais gout, mais une plaisanterie quand même ? Et si Uryu en avait eut vent de ce qui c'était passé, et qu'il ne l'ait pas supporté ? Elle ne pouvait empêcher la culpabilité de s'infiltrer en elle.
Elle se ressaisit du mieux qu'elle put. Elle avait autre chose à faire. Tout aussi désagréable que de penser à Uryu et au pourquoi du comment de son état.
Le match était fini et la plupart des spectateurs, des élèves et des joueurs étaient dehors à profiter des stands. Elle avait réussit à faucher compagnie à Tatsuki et à Chizuru. Et maintenant … maintenant elle devait retourner dans les vestiaires et trouver Harribel. Et lui rabattre le clapet !
Elle s'arma de tout son courage et pénétra dans le bâtiment. Un certain silence y régnait en comparaison de brouhaha et des cris qui avaient ponctués le match. Elle ne se voyait pas appeler la blonde, aussi se faufila-t-elle dans le couloir, écoutant aux portes ou les ouvrants pour vérifier si sa rivale s'y trouvait. Bien sûr, il fallut que ce fusse parmi les dernières portes qu'elle trouva ce qu'elle était venue chercher. Elle finit par entendre des voix, une conversation, entrecoupée de gémissements. Elle stoppa net, les mains tremblantes et la respiration plus rapide. Elle voulut faire demi-tour mais ne put s'empêcher d'avancer. Elle devait en avoir le cœur net. Elle devait savoir si tout ceci était vrai. Si Ichigo lui était fidele comme il lui disait, ou, s'il n'était fidele qu'à lui-même comme le disait Harribel. Et Kuuran. Kuuran lui avait dit. Et elle l'avait d'abord cru avant de refuser cette réalité.
Elle se trouvait devant la porte. Derrière elle entendait clairement un homme et une femme faire l'amour. Elle était partagé entre le fait d'entrer, et de savoir, et celui de partir et de rester dans son ignorance. Sauf que celle-ci était déjà fragilisé, alors autant aller jusqu'au bout. Elle entra doucement, sans faire de bruit. C'était la salle où était rangé le matériel et du coup, elle était pleine d'armoires, de piles de matelas et de divers objets. Elle se faufila entre eux, se rapprochant toujours du couple. Elle entendait parfaitement les voix maintenant. Et bientôt elle eut la confirmation visuelle en plus de la confirmation sonore. Ichigo était là devant elle entrain de baiser Tia. Sur le coup, sa respiration se coupa et elle se mit à trembler. Comment avait –elle put être aussi aveugle pour se laisser berner aussi longtemps ?
Ils étaient debout, Tia le dos au mur et Ichigo face à elle. Orihime ne voyait que le dos de son petit ami mais cela lui suffisait pour savoir que c'était lui.
-Oh oui Ichigo … continue … gémit Tia.
-Tu es particulièrement en forme aujourd'hui, s'exclama ravi le roux.
-Tu peux pas … savoir … combien tu me fais du bien.
-Ça je veux bien te croire !
Il redoubla d'efforts dans ses coups de reins, faisant gémir encore plus la blonde. Celle-ci ouvrit les yeux pour planter son regard dans celui de la rousse et lui offrit son plus beau sourire de vainqueur. Orihime, aussitôt, se planqua derrière une armoire. Elle sourit encore plus et embrassa à pleine bouche le roux, ravi par ce baiser fougueux.
Orihime n'en revenait pas. Tia l'avait vu mais n'avait rien dit. Après tout, si la blonde lui avait donné rendez-vous c'était pour lui apporter la confirmation de ce qu'elle avançait : à savoir qu'elle se tapait le roux depuis un moment. Et elle venait de l'avoir sa confirmation. Elle réussit à sortir sans faire de bruits, malgré les larmes qui brouillaient sa vue. Elle avait le cœur en miettes. Et rien d'autre ne comptait que ça.
Le soleil se leva encore une fois. Et l'éblouit encore une fois. Il grogna, se tourna dans le fauteuil, voulant s'extraire de la trajectoire des rayons de l'astre du jour, mais ne réussit qu'à se faire encore plus mal. Il décida de se lever. Il s'étira longuement, dormir dans un fauteuil, aussi confortable soit-il n'avait rien d'une sinécure. Il était tout ankylosé, mais pour rien au monde il ne voulait quitter cette chambre et celui qui s'y trouvait. Pour rien au monde, il ne voulait le laisser seul. Pour rien au monde, il ne voulait se retrouver seul. Il ne voulait être soumis à aucune tentation. Il se savait assez faible pour y plonger les bras grands ouverts. Il avait éteint son portable. Il ne voulait pas être dérangé. Il voulait se consacrer uniquement à celui qui reposait dans cette chambre. Il voulait être là. Pour lui. Tout simplement.
Bientôt une infirmière entra, ne lui adressant qu'un petit signe de tête avant d'aller vérifier les constantes du patient. Elle nota tout sur la feuille de bord qu'elle tenait à la main, avant de ressortir sans faire de bruit. Puis se fut autour de Ryuken de venir.
Tous les matins, l'homme aux cheveux blancs venait voir son fils. Lui aussi saluait Kuuran d'un signe de tête. Il caressait doucement les cheveux de l'ébène, lui murmurait quelque chose à l'oreille puis repartait.
Il avait alors droit à la visite de son père, qui pour une fois se faisait discret. Ce dernier lui apportait un bento, préparé par Yuzu, afin qu'il puisse manger. Parfois il lui apportait ses cours, mais jamais il n'insistait pour qu'il y travaille. Il lui demandait comment il allait, s'il avait bien dormi, lui glissait qu'il dormirait mieux dans son lit, ce à quoi il répondait qu'il ne pouvait pas le quitter, qu'il devait rester là. Son père n'insistait pas et le laissait alors.
Kuuran passait ainsi ses journées, à attendre. Attendre encore et encore. Il connaissait par cœur les horaires de chacun, infirmières, médecins, pères. Voilà ceux qui venaient dans cette chambre. La plus part du temps, il se contentait de regarder Uryu assis dans le fauteuil. Parfois, il s'asseyait sur le lit et lui touchait la joue, lui caressait les cheveux ou posait sa main sur la sienne. Mais depuis qu'il était entré dans cette chambre, il ne lui avait pas parlé. Il n'y arrivait pas. Et même ses échanges avec les autres relevaient de l'exploit. Lui qui avait toujours été grande gueule, il n'y arrivait pas. Il n'arrivait pas à lui parler. Il n'y arrivait pas. Et il en pleurait. Intérieurement. Il pleurait toutes les larmes de son corps. La culpabilité le rongeait, tout comme le remord. Il avait merdé et cette fois-ci une tierce personne en faisait les frais. Une personne innocente qui n'avait rien demandé à personne. Il était responsable de tout ça. Il était fautif et pourtant personne ne lui en faisait le reproche. Et ça aussi, ça le rongeait.
-Kurosaki-kun ?
Il était assis prés de la fenêtre, regardant le coin de ciel qu'il apercevait entre les immeubles voisins. Il avait entendu l'infirmière entrer, mais n'avait pas daigné sortir de sa contemplation. Aussi sursauta-t-il quand elle l'appela. Il se retourna lentement et regarda d'un œil suspect la femme qui lui faisait face. Elle ne sembla pas s'en offusquer et lui sourit. D'un sourire bienveillant. D'un sourire qui illumina la pièce.
-Vous devriez sortir un peu plutôt que de ne faire que regarder le ciel.
-Peux pas
-Et pourquoi ? demanda-t-elle innocemment.
-J'veux pas l'quitter.
-Vous savez il ne va pas s'en aller
-Je sais … mais …
-Vous voulez être là quand il se réveillera ?
-Ouais.
-Ce n'est pas pour tout de suite, le rassura-t-elle. De plus, serait-il content de vous voir dans cet état ?
-Pas vraiment, répondit l'adolescent après quelques secondes de réflexion.
-Alors ?
Kuuran se tortilla sur sa chaise, regarda dehors, le ciel lui faisait envie, mais …
-J'veux pas être seul, finit-il pas murmurer.
-Je peux vous accompagnerai si vous voulez, lui sourit-elle.
Et pour la première fois depuis des jours, Kuuran esquissa un sourire.
Il respira à pleins poumons l'air extérieur avant de s'asseoir à coté de la femme qui avait réussit à le faire sortir. Il l'observa à la dérobée. Elle avait la quarantaine, grande et mince, le badge à sa blouse indiquait « chef infirmière », c'était peut être pour ça qu'elle pouvait se permettre se qu'elle faisait actuellement, c'est-à-dire rien. Enfin non, ce n'était pas rien, elle était là pour lui.
-Merci, murmura Kuuran.
Elle lui offrit un vrai grand sourire.
-Il ne faut pas vous en faire Kurosaki-kun. Il finira par revenir. Il faut juste qu'il en ait envie … ou que quelqu'un lui donne envie.
-Que voulez –vous dire ?
-Lui avez-vous parlé ?
Kuuran la regarda étonné. Il lui semblait que la conversation prenait un tour étrange.
-Non. J'y arrive pas.
Il regarda ses mains qu'il tordait dans tous les sens.
-Essayez.
-J'voudrais bien … mais … je sais pas où commencé.
-Et bien vous pourrez lui raconter votre petite sortie … vous verrez une fois lancé, les mots viendront tous seuls.
-Comment pouvez-vous en être sûr ?
-Croyez-moi ! J'en ait vu dans ma vie des choses.
Elle se leva, regarda droit devant elle, observant les allées et venues. Elle fourra les mains dans ses poches, puis se retourna.
-Parlez-lui.
Puis elle s'en alla laissant Kuuran sur le cul. Le comportement de cette femme … il n'en revenait pas. Il venait de se faire planter. Mais elle lui avait donné à réfléchir. Il profita encore un peu de l'extérieur avant de se décider à rentrer.
Il entra doucement dans la chambre. Un petit sourire flottait sur son visage. Comme quoi le fait de prendre l'air 5 minutes et de parler à quelqu'un de neutre, lui avait fait du bien. Il observa Uryu avant de s'approcher et de s'asseoir sur le lit. Il se pencha et l'embrassa doucement sur le front. Il ne s'était permis aucun geste de tendresse, aucune démonstration affective.
-'lut toi. Tu sais qu'il fait super beau dehors. C'est dommage que tu ne puisses pas en profiter. Le soleil te cramera la peau, j'en suis sûr. En tout cas, elle avait raison sur le fait que ça m'ferait du bien d'sortir. Elles sont bizarres les infirmières ici !
Il s'arrêta quelques secondes, caressa la joue de l'ébène. Et reprit.
-Et tu t'es pas réveillé sans moi. J'veux pas que tu t'réveilles sans moi. J'veux être là quand t'ouvriras les yeux. Tu m'entends ! T'as pas intérêt à me faire un coup foireux, hein ! Bref tout ça pour dire que tu m'manques énormément. Uryu … me laisses pas seul … tu m'entends me laisse pas seul … je le supporterai pas … t'as pris beaucoup plus de place dans mon cœur que c'que j'pensais… T'as pris toute la place qu'il y avait dans mon cœur … y a plus que toi qui l'habites … tu m'entends Uryu … y a que toi … que toi …
Il ne pouvait plus rien dire. Des larmes brouillaient sa vue et sa voix n'était plus que sanglots et reniflements. Il ne voulait pas pleurer, mais ne pouvait pas faire autrement. Tout ce qu'il avait gardé à l'intérieur sortait. Sortait pour son bien et pour celui d'Uryu.
Il s'allongea prés de l'ébène et l'enlaça comme il put, enfouissant son visage dans le cou de l'endormi. Il finit par le rejoindre.
