La douceur, la sagesse et la compassion de Carlisle m'ont donné envie de savoir exactement ce qu'il pensait de la situation… je vous laisse donc dans ses pensées et sa vision de l'histoire.

Les personnages et les idées principales sont la propriété de S. Meyer mais l'histoire est de moi.

Bonne lectures !


Chapitre 11 : provocations (CPV)

Ca faisait presqu'un siècle que j'espérais que mon fils trouverait quelqu'un d'exceptionnel pour partager son existence. Une personne qui serait capable de l'aider à se canaliser et à faire remonter toute la bonté et l'humilité dont il était capable de faire preuve lorsqu'il le voulait. Depuis les années où nous vivions ensemble, je savais qu'Edward était quelqu'un de bon, de juste et de généreux mais il était aussi parfois capable de se comporter comme un vrai gamin égocentrique et arrogant. Nous gardions dans notre transformation des qualités humaines souvent décuplées, intensifiées… le don d'Edward ne faisait sans doute pas exception à la règle et démontrait sa vraie personnalité.

Pourquoi alors repousser toutes compagnes comme si elles n'étaient pas assez bien pour lui ? Il avait totalement ignoré Rosalie alors que je l'avais transformée pour lui, espérant qu'ainsi il se sentirait moins seul entre Esmée et moi. Au fil du temps, il avait eu toutefois quelques relations de passage, toujours avec de « vraies » vampires assoiffées de sexes mais surtout de sang. Lorsque nos amis du clan de Denali, Carmen et Eleazar, adoptèrent les sœur Russes, Tanya, Irina et Kate, tous comprirent que la première des sœurs avait jeté son dévolu sur le seul célibataire de notre clan. Cependant, malgré leur désir d'être comme nous et après leur seconde transformation en une espèce moins barbare, étant capable de vivre une vie plus ou moins normale parmi les humains, très peu de mes enfants avaient la patience de supporter Tanya et ne voyaient pas d'un très bon œil ses escapades libertines avec Edward.

Je dois avouer que moi-même, parfois, j'avais beaucoup de mal à rester en sa présence. Cette fille était sans doute la personne la plus orgueilleuse, prétentieuse, égoïste et surtout agaçante que pouvait porter cette planète. Si au début, je ne voyais aucuns problèmes à ce que mon fils la fréquente, je changeai vite d'avis en me rendant compte qu'elle commençait à déteindre sur lui. Etant donné qu'Eleazar était un ami de très longue date et que je ne voulais absolument pas créer de tension entre nos deux familles, je pris soin de tempérer mes enfants et à leur faire accepter petit à petit les choix de leur frère.

Toute ma vie, que ce soit la courte partie humaine ou la longue en tant que vampire, j'avais voulu m'entourer d'une famille unie et aimante. Lorsque Jasper nous expliqua qu'il n'avait jamais ressenti autant de désir, de passion, d'amour et de fascination que ce que ressentait Edward pour cette humaine, mon cœur se gonfla de fierté et je remerciais déjà le ciel et Dieu pour nous avoir fait déménager ici. Je n'imaginais toutefois pas que mon fils avait été autant endoctriné par Tanya. Alors que lui avait directement été transformé selon mon évolution et mon développement, elle avait été pendant une longue période un vrai vampire, dont la seule préoccupation est de chasser et de se nourrir d'humain, et même si à présent elle avait changé, son corps n'aspirant plus aux mêmes besoins, son esprit et son éducation étaient toutefois resté intacts. J'ai toujours su que sa nouvelle transformation ne se faisait pas par choix mais par nécessité afin de ne pas perdre ses sœurs… j'aurai peut être dû m'abstenir et laisser plus de libertés au clan, peser d'avantage le pour et le contre au lieu de me réjouir que d'autres individus de mon espèces pensaient, tout comme moi, que la vie humaine était précieuse et qu'il fallait absolument cesser de traiter les hommes comme d'un garde manger. C'est toujours sous l'influence de cette sorcière qu'Edward se mit à se nourrir de sang humain directement à la source. Certes, il n'attaqua que des monstres qui, s'ils n'avaient pas été en prison, méritaient bien évidement le sort que mon fils leur infligea… mais j'aurai mieux aimé qu'il ne prenne jamais part à cette vie de chasse et de luxure.

Toujours est-il que du coup, Edward refusait catégoriquement de prendre en considération tous ses sentiments que j'avais espérés, durant tant d'années, pour lui. Encore que, il semblait assez confus et n'arrivait pas à vraiment prendre de décisions précises quant à son futur… seul ou avec elle. J'avais essayé de l'aider, sa mère aussi ainsi que ses frères (à leur manière, soit, mais s'était déjà mieux que rien), mais à chacune de nos tentatives, il s'était soit esquivé, soit énervé, nous faisant comprendre que notre place était à l'écart et qu'il fallait le laisser à ses démons.

L'idée d'Alice de nous rapprocher de Bella n'était pas une si mauvaise chose car non seulement elle faisait tourner la tête de mon fils, mais en plus, elle présentait une série d'anormalités humaines qui se rapprochaient de diverses spécificités de notre espèce. Qui était-elle exactement et pourquoi le destin nous avait fait se rencontrer ? Etait-elle consciente de ses capacités ou était-elle totalement ignorante du monde qui l'entoure ? Avait-elle toujours été ainsi ou est-ce qu'un ou plusieurs événements de sa vie l'avaient fait évoluer sans même qu'elle ne s'en rende compte ? Son job à mes côtés allait me permettre d'en savoir plus à son sujet car elle restait un mystère, malgré nos nombreuses connaissances sur les mythes et les légendes du monde.

Lorsque nous rentrâmes à la maison, Esmée et moi, après notre petite escapade nocturne qui nous permettait alors d'avoir un peu d'intimité sans que nos enfants entendent tout de nos ébats, nous ne nous attendions pas à trouver Tanya au milieu du salon. Elle affichait un sourire sarcastique entre Rosalie et Emmett qui faisaient la tête. Alice était énervée mais heureusement, elle était tempérée comme toujours par un Jasper qui me paraissait essayer de calmer la tension palpable et pesante qui régnait dans la pièce.

« Tanya… quelle surprise ! S'exclama Esmée en enlevant son manteau, elle était une mère aimante et douce mais elle aussi avait beaucoup de mal à supporter la présence de cette fille.

- Bonjour Esmée, ça me fait plaisir de vous revoir, dit-elle en s'avançant et en l'enlaçant brièvement. Bonsoir Carlisle, ajouta-elle en me prenant également dans ses bras.

- Bonsoir Tanya, dis-je en m'efforçant de sourire aussi et à être agréable, nous ne savions pas que tu venais nous rejoindre en Europe, Edward ne nous a rien dit du tout.

- Oh mais il ne le sait pas ! Je voulais lui faire la surprise… je suis sûr qu'il sera très content, LUI, ajouta-t-elle en lançant un regard noir aux quatre autres personnes dans la pièce.

- Mais nous sommes ravis de ta visite voyons ma belle, la rassura Esmée. Vient donc t'asseoir et raconte-nous ton voyage. Ca n'a pas été trop long ? Et comment vont les autres en Alaska ? C'est dommage qu'ils ne t'aient pas accompagné.

- Ils désapprouvaient mon départ… comme si j'allais vous déranger.

- Oh mais c'est le cas ! Râla Emmett en allumant la télé.

- Emmett s'il te plaît ! Le gronda Esmée. Tanya fait aussi partie de la famille comme Irina, Kate et les autres. Ils seront donc toujours les bienvenus à la maison, où que nous soyons !

- Votre mère à raison, ajoutai-je. Ne fais pas attention à eux Tanya je suis sûr qu'Edward sera très heureux de te voir. Où est-il d'ailleurs ? Il n'est pas rentré avec vous ?

- Ils n'ont pas voulu me dire où il est ! Dit Tanya piquée en croisant les bras et en tapant du pied comme une enfant à qui on a caché sa poupée et qui attend une réponse immédiate à sa demande.

- Il n'est pas rentré avec nous, c'est tout, tenta Alice de manière détachée et en regardant distraitement l'écran de télé comme pour chercher un moyen de ne rien dire de plus.

- Voilà comment j'ai été accueillie ! Ce n'est vraiment pas sympa du tout, surtout que je viens de faire un long voyage !

- Ce n'est pas comme si tu pouvais être fatiguée alors arrête de te plaindre, la coupa Emmett.

- Ca suffit les jeunes ! Dis-je sèchement. »

Il fallait bien que j'intervienne avant que Tanya ne pique une crise de nerf. Je ne savais pas s'ils refusaient de lui dire où était Edward pour l'ennuyer ou s'ils avaient une bonne raison valable telle que l'implication d'une humaine avec qui ils ont sans doute passé la soirée. J'étais partagé entre exiger une réponse claire et précise ou simplement noyer le poisson pour détourner l'attention de Tanya. C'est finalement Jasper qui prit l'initiative de nous expliquer la situation :

- Nous avons passé la soirée à la Push avec Bella. Edward s'est simplement proposé de la raccompagner. Quand nous sommes rentrés cependant, sa voiture était déjà garée sous le porche mais on ne l'a trouvé nulle part.

- On en a déduit qu'il était reparti chasser ou… se promener dans les bois à la sortie de la ville, ajouta Alice en me fixant droit dans les yeux, voulant sans doute me rappeler qu'à proximité de ces bois il y avait la maison de Bella.

- Et pourquoi irait-il se promener là bas tout seul ? Et c'est qui cette Bella ? C'est où la Push ? Questionna Tanya de manière autoritaire. »

Je comprenais mieux pourquoi les enfants étaient de mauvaise humeur. Ce n'est pas en les questionnant de la sorte et de façon si hautaine qu'elle allait leur tirer des informations.

- Bella est une amie que l'on a rencontré dès notre arrivée et avec qui nous passons de très bons moments, expliqua Rosalie patiemment. La Push est simplement la taverne où elle travail et quand elle a eu fini son service, elle a passé la soirée avec nous.

- C'est cette humaine dont Eddie m'a parlé c'est ça ? Celle qui est un peu bizarre ? Et vous la qualifiez déjà comme une amie ? Je ne comprendrai jamais comment vous pouvez passer du temps avec ces humains sans intérêts, dit-elle un air dégouté sur le visage. Et en plus il l'a raccompagnée chez elle ? Quel supplice pour lui, le pauvre !

- Bella n'est pas plus bizarre que n'importe quel individu et elle est beaucoup plus intéressante et cultivée que bien du monde, s'énerva Alice.

- Oui, elle ne juge pas les gens ni ne les traite avec prétention… ELLE ! Ajouta Rosalie en se levant et en s'avançant vers Tanya.

- Ah oui et qu'est-ce que tu insinues au juste ? La défia Tanya en se rapprochant elle aussi.»

Immédiatement, on senti une vague de calme descendre sur la pièce. Au moins, Jasper avait encore les idées claires et voulait éviter à tout prix qu'elles en viennent aux mains. Après tout, ça n'aurait pas été la première fois !

« Allons mesdemoiselles calmons-nous, dis-je en m'interposant entre elles. Tanya, tu sais très bien que le mode de vie que nous avons choisi inclus forcément les humains comme des amis et non pas comme de la nourriture. Et puis à quoi bon s'énerver ? Il suffit d'être un peu patient et d'attendre le retour d'Edward. Nous avons chassé toute la matinée, il ne devrait donc pas tarder. Il est simplement parti se dégourdir un peu les jambes si vous êtes tous restés assis à la Push toute la soirée, il en avait sans doute besoin.

- Ou il est parti retrouver Bella pour passer la nuit à ses côté, ajouta Emmett distraitement. »

Je suis persuadé qu'il ne voulait faire aucun sous entendu et simplement dire qu'Edward passerait la nuit au sommet d'un arbre à réfléchir et à attendre le matin afin de voir Bella déambuler devant les fenêtres de sa maison. Néanmoins, pour quelqu'un qui ne connaît pas le contexte, cette remarque pouvait prêter à confusion… Comme toujours, Emmett ne pouvaient s'empêcher de se taire !

« Quoi ? Cria presque Tanya, outrée par ce qu'elle venait d'entendre. Il passe déjà du bon temps avec elle ? Mais c'est répugnant ! Et qu'en est-il de moi alors ?

- Oh arrête un peu Tanya, intervint Alice, tout le monde sait très bien que tu ne partages absolument rien avec Edward mis à part un peu de sexe de temps en temps ! D'ailleurs, tu ne te prives pas d'aller voir ailleurs quand il n'est pas là… comment s'appelait déjà ce gars dans le bar à Seattle ? Un grand avec de longs cheveux blonds… ?

- Mais comment tu sais ça toi ? Et puis… ça ne te regarde pas !

- Je vois beaucoup de choses tu te souviens ? Expliqua Alice en se tapotant la tempe de l'index. Mais bien sûr que non, tu ne peux pas le savoir… une fille comme toi qui ne s'intéresse qu'à sa petite personne ne peut évidemment pas se souvenir que certains de son entourage ont des capacités autres que de courir très vite ou simplement d'être immortel.

- Depuis des années, je sais que tu ne m'aimes pas mais je ne me laisserai pas insulter pour autant espèce de petite garce !

- Il n'y a que la vérité qui blesse, ajouta Rosalie.

- Stop ! Maintenant si vous ne vous calmez pas immédiatement, c'est moi qui vais m'en mêler ! Les gronda Esmée. »

Ma femme est la plus merveilleuse des mères et la plus incroyable des épouses, mais j'ai appris avec le temps, qu'à force de vivre avec cinq jeunes coincés dans leur caractère d'adolescent, qu'elle était aussi capable de faire preuve d'une autorité et d'une détermination qui aurait pu faire pâlir certains dictateurs. D'ailleurs, le ton de sa voix fit baisser la tête des trois miss vers le sol.

C'est à cet instant précis qu'Edward poussa la porte d'entrée. Dans l'agitation, nous ne l'avions même pas entendu s'approcher mais il semblait tellement perdu dans ses pensées qu'il ne remarqua pas tout de suite ce qui se déroulait dans le salon.

« Eddie ! Cria Tanya en lui sautant au cou à vitesse vampirique. »

Il en fut tellement surpris qu'il en perdit l'équilibre mais elle ne sembla pas plus troublée que ça et entrepris de l'embrasser fougueusement. Cependant, il se détacha vite d'elle en la repoussant de toutes ses forces. Il était visiblement furieux de s'être fait « attaquer » de la sorte.

« Mais lâche-moi enfin, gronda-t-il d'un air écœuré et s'essuyant les lèvres du revers de sa manche de chemise. Tanya… qu'est-ce que tu fous là ?

- Mais Eddie, je suis venue te faire une surprise...

- Ne m'appel pas Eddie je te l'ai déjà dit mille fois ! Dit-il de plus en plus en colère et en faisant des grands gestes pour se détacher de Tanya qui s'était rapprochée une nouvelle fois de lui.

- Come on…, tu n'es pas content de me voir ?

- Absolument pas ! Tu aurais pu prévenir quand même on a une nouvelle vie ici et tu n'en fait pour l'instant pas partie.

- Oui pour l'instant mais ça va changer non ? Quand on se mariera, je devrai bien rester avec vous…

- Si cette dinde vient vivre ici, c'est moi qui part en Alaska chez Carmen je vous préviens tout de suite ! S'emporta Emmett en se levant et en menaçant Edward.

- Allons les enfants pas de disputes, s'il vous plait ! Ne pourrait-on pas s'asseoir et discuter tranquillement et calmement comme des gens civilisés ? Proposais-je en avançant vers le grand canapé blanc du salon.

- De toute façon il n'en est absolument pas question ! S'insurgea Edward. On ne se mariera jamais donc soit tranquille Emmett.

- Mais il me semblait que … commença Tanya prenant un petit air de chien battu.

- Non, non Tanya tu vas m'écouter une bonne fois pour toute : il n'y a rien entre nous et il n'y aura plus jamais rien d'autre que de l'amitié familiale.

- Je suis sûr que tu as envie de moi Edward ne fait pas le timide devant ta famille voyons.

- Peut-être devrions-nous vous laissez discuter entre vous, proposa Esmée en se dirigeant vers la cuisine. »

J'avoue que moi aussi j'avais bien envie de m'éclipser pour ne pas assister à cette scène. Après tout, Edward s'était mis dans le pétrin tout seul. A plusieurs reprises nous lui avions conseillé d'arrêter de jouer ainsi avec cette fille mais il ne voulait rien entendre. J'espérais vraiment qu'il pourrait en tirer une bonne leçon une fois les choses mises au clair. Je fis donc signes à mes enfants de me suivre, espérant qu'Edward puisse régler tout cela rapidement. Bien évidemment nous partîmes dans la forêt car les murs de la cuisine n'arrêteraient pas les bruits de leur conversation pour nos oreilles développées.

En chemin, j'interrogeai mes enfants sur leur soirée :

« Alors, qu'à dit Bella de notre proposition de travail ?

- Elle a été un peu réticente au début mais elle a accepté, dit Jasper.

- Et votre soirée ? Ainsi, elle est restée avec vous après son service ? Demanda Esmée curieuse elle aussi d'en savoir un peu plus.

- Oui et elle a mis une sacrée raclée à Edward ! Rigola Emmett en grimpant à un arbre, nous étions assez loin pour ne plus entendre les cris de Tanya alors qu'Edward essayait de la raisonner et de lui expliquer ses vrais sentiments envers elle.

- Que veux-tu dire ?

- Il y a un billard à la taverne qu'on n'avait jamais vu et tu sais comment il est… toujours à faire son malin et à faire le monsieur parfait qui sait tout faire. Mais il s'est avéré que Bella était une bonne joueuse et elle l'a battu sans même lui laisser l'occasion de jouer, expliqua-t-il rieur.

- Elle lui aurait laissé sa chance s'il n'avait pas été aussi arrogant il méritait qu'on le remette un peu à sa place, ajouta Rosalie en déchirant distraitement les pétales d'une petite fleure jaune tout en étant appuyée contre le tronc du perchoir de son amoureux.

- Soyez gentil avec votre frère, commenta Esmée, il traverse des choses difficiles pour lui et il n'a pas toujours été comme cela. C'est depuis qu'il fréquente un peu plus Tanya que nous qu'il a changé. Si seulement Bella pouvait le faire revenir à des meilleurs sentiments…

- Je suis persuadé qu'il ouvrira bien vite les yeux. C'est quelqu'un de bon et de généreux qui s'est un peu laissé embobiné par une mauvaise fréquentation mais au fond de lui, il est toujours le même, la rassurai-je. Quel était ce billard particulier ?

- Le billard à bouchon je crois, répondit Jasper.

- Et elle l'a battu ? J'y ai joué il y a bien longtemps… dis-je mélancolique. Mais ça demande beaucoup de dextérité et de précision pour gagner. Si elle a réussi à le battre sans même lui laisser la main c'est qu'elle est vraiment douée.

- Elle nous a totalement bluflé et à même réussi un sacré coup ! Tu aurais dû voir la tête d'Edward, rit Emmett.

- Cependant, il a été totalement différent avec elle ce soir. Il s'est montré, gentil, courtois, attentionné et il ne l'a pas quittée des yeux une seule seconde. Quand il s'est proposé de la raccompagner, ils étaient tous les deux très excités, expliqua Jasper.

- Tu perçois ses émotions à elle maintenant ? S'étonna Rosalie.

- Non pas du tout ! Mais il ne fallait pas avoir de dons particuliers pour s'en rendre compte !

- C'est vrai que leurs regards en disaient long, commenta Alice songeuse.

- C'est formidable ! S'exclama Esmée.

- Cependant, je ne suis pas certaine que leur « au revoir » se soit si bien déroulé…

- Qu'est-ce qu'il te fait penser cela Alice ? Demandai-je légèrement inquiet. Toute cette soirée nous faisait passer du contentement à l'appréhension en moins d'une seconde.

- J'ai eu une vision d'Edward roulant à toute vitesse et s'insurgeant contre quelqu'un qui l'aurait repoussé. Je n'ai pas vu ce qu'il se passait avant ou après… Bella est donc sans doute la raison de son changement d'humeur.

- Il est vrai que depuis le début nous espérons qu'Edward ouvre les yeux sur ses propres sentiments mais nous ne nous sommes pas posé la question de savoir s'ils seraient réciproques, dis-je tout en réfléchissant aux révélations d'Alice et en me rappelant une conversation que j'avais eue avec Edward le matin même.

- Oh quel dommage, ajouta Esmée en venant se blottir dans mes bras. Je suis pourtant persuadée que cette fille aurait été très bien pour lui.

- Comment le sais-tu ? Nous ne l'avons jamais vue mon amour.

- Oui mais les enfants nous ont tellement parlé d'elle que j'ai l'impression de déjà la connaître et le portrait qu'ils en on fait est plus que flatteur : une fille gentille, douce, avenante, prévenante, courageuse et généreuse mais qui a aussi du caractère et qui sait se défendre. Elle pourrait ramener notre fils sur le droit chemin…

- Pourtant, au vu de son attitude ce soir avec Edward, je crois qu'on peut dire qu'il ne lui est pas indifférent, nous rassura Jasper.

- Il s'est sans doute passé quelque chose… réfléchi Alice à voix haute. Lorsqu'il est avec elle, Edward ne peut s'empêcher d'être taquin et de la provoquer, gentiment bien sûr mais j'ai pu voir aussi qu'il était souvent maladroit…

- Maladroit ? Edward ? M'étonnais-je. Je connaissais assez bien mon fils pour savoir qu'il ne faisait jamais d'imper avec les gens.

- Oui je sais c'est étrange, expliqua-t-elle, mais il a peut être dit ou fait quelque chose qui a mit Bella une nouvelle fois sur ses gardes. Elle a vécu des choses bien difficiles et elle s'est forgée une sacrée carapace pour lutter contre le monde extérieur.

- L'amour rend vulnérable et ne nous permet souvent pas d'y voir très clair. S'il l'a blessée d'une façon ou d'une autre, c'est normal qu'elle l'ait repoussé, commenta Jasper.

- Nous devrions peut être rentrer maintenant, proposa Esmée. S'il ne se sent pas très bien à cause du refus de Bella nous devrions le soutenir… surtout avec Tanya qui va surement rajouter de l'huile sur le feu ! »

C'est ainsi que nous repartîmes lentement vers la maison. Nous n'entendîmes rien de plus que le son du piano qui résonnait en une musique incroyablement triste. Pauvre Edward… oui il peut être prétentieux par moment mais personne ne mérite ce qu'il endure en se moment. Je jetai un regard à mon épouse et je vis à son visage qu'elle pensait la même chose que moi. Lorsque nous rentrâmes, il cessa de jouer et nous lança un regard affligé.

« Bonsoir… je suis vraiment désolé pour tout ça. J'aurai dû mettre les choses au clair avec elle bien avant aujourd'hui.

- Où est-elle ? Elle est déjà repartie ? Interrogea Emmett, une pointe d'espoir dans la voix.

- Non elle est partie chasser, elle a couru de l'aéroport à ici… elle avait besoin de reprendre un peu de force.

- Combien de temps compte-t-elle rester ? Demanda Esmée en s'asseyant près de lui sur le tabouret du piano et en lui caressant le bras pour le réconforter.

- Je ne sais pas… Je lui ai bien fait comprendre qu'il n'y aurait plus jamais rien entre nous. Je ne sais pas si elle m'a écoutée … ou pas. »

Il soupira légèrement et pris sa tête entre ses mains. Je sais que ce n'était pas possible pour nous mais à cet instant précis j'eu l'impression qu'Edward avait vieilli. De plus, il semblait totalement fatigué… nous avons peut être sous estimé le calvaire qu'il doit endurer.

« Que s'est-il passé avec Bella ? Se risqua Alice.

- J'ai fais une bourde en faisant un commentaire sur son physique. Je ne le voulais pas mais s'est sorti tout seul. Du coup, elle ne m'a rien dit de tout le trajet et quand je l'ai déposée devant chez elle, elle m'a repoussé et s'est enfuie… ça m'a énervé.

- T'es vraiment un crétin ! Claqua Rosalie.

- Je ne l'ai pas fait exprès ! Dit-il en se levant et en se passant une main dans les cheveux. Mais c'est elle aussi… son odeur me rend dingue j'ai le cerveau totalement retourné.

- Son odeur ou son sourire ? Son regard ? Sa répartie vivifiante ? Son …

- Arrête Jasper ! Cria-t-il en le menaçant d'un doigt.

- Il a raison, les coupai-je. Je ne veux plus que quiconque fasse de commentaire sur la vie et les sentiments d'Edward. Il est assez grand que pour se débrouiller seul. Si tu as besoin de nous fils, nous seront là pour ce que tu voudras, ajoutai-je à son intention. Mais il va falloir que tu te calmes et que tu songe à la situation au plus vite car ça ne peut pas durer éternellement.

- Oui je sais, merci papa, dit-il reconnaissant.

- Toujours est-il que je ne veux pas Tanya dans mes pieds ! Râla Emmett. Et puis comment va-t-on faire pour demain ? Bella a accepté notre invitation à manger et il est hors de question que Tanya fasse sa rencontre.

- On peut toujours annuler… proposa Jasper.

- Non, ça ne serait pas poli du tout, s'offensa Esmée.

- Je ne veux pas qu'elles se rencontrent non plus, confia Edward.

- Et bien il va donc falloir tenir Tanya à l'écart demain. Alors que tes frères iront coller les affiches avec Bella, tu va devoir t'occuper de notre invitée Edward j'en ai peur. Fais lui visiter un peu la région et emmène-la souper dans un restaurant. Dès que Bella sera repartie nous t'appellerons pour que tu puisses rentrer à la maison.

- Oh non s'il vous plait pas ça. Elle va s'imaginer un tas de choses… je ne suis même pas certain qu'elle m'ait écouté tout à l'heure…

- Tu dois assumer les conséquences de tes actes, fils. Et puis, au vu de ce qu'il s'est passé tantôt, je crois que Bella sera plus à l'aise avec nous si tu n'es pas là.

- Elle était un peu nerveuse lorsqu'on lui a proposé de vous présenter à elle. Si tu es présent Edward, ça risque fort de ne pas l'aider… et Tanya encore moins, ajouta Jasper.

- Bon très bien, je crois que de toute façon je n'ai pas vraiment le choix. Se résigna-t-il en se dirigeant vers les escaliers pour se rendre dans sa chambre, l'air totalement désemparé.

- Courage mon garçon, pensais-je, il faut prendre le temps de mettre les choses à plats et puis tu pourras peut être redémarrer à zéro. Patience et tu verras que ta vie n'en sera que meilleure ! »

Il se retourna pour me faire un petit sourire puis reparti en direction de l'étage. J'étais vraiment triste pour lui mais d'un autre côté, c'est par ce genre de situation de la vie qu'on apprend et qu'on grandit.

Le reste de la nuit se passa relativement calmement… jusqu'au retour de Tanya. Edward ne quitta pas sa chambre, Jasper et Emmett jouèrent à des jeux vidéo, Alice et Rosalie se mirent du vernis à ongle tout en lisant des magasines people, Esmée lu des recettes de cuisine en vue du repas qui s'annonçait et quant à moi, je m'installai à ses côté avec un manuel de médecine, cherchant s'il existait une maladie quelconque qui pourrait expliquer certaines des « anomalies » humaines que Bella présentait comme avoir une peau pâle et très légèrement scintillante au soleil. Toutefois, étant donné que seuls nos yeux de vampire pouvaient distinguer la très légère différence, je ne trouvai rien de bien intéressant.

Lorsque Tanya revint de sa chasse, elle était comme à son habitude : souriante et fière. Alors que les autres faisaient tout leur possible pour l'ignorer, je pris sur moi de me montrer agréable avec elle :

« Comment s'est passé ta nuit Tanya ? Tu as trouvé ton bonheur ?

- Pas vraiment… la région n'est pas très riche en carnivore, c'est dommage. Cependant, la forêt est très jolie et j'ai, par un pur hasard, trouvé la piste d'Edward quant à sa promenade de fin de soirée. C'était très intéressant, dit-elle d'un air satisfait. »

En un éclair, elle se retrouva plaquée contre le mur par un Edward en colère.

« Où as-tu été exactement ? »

Elle devait lui répondre par la pensée car ses lèvres s'étirèrent en un large sourire alors que les yeux de mon fils étaient de plus en plus noirs et agressif.

« Vous nous expliquez ? Demandai-je en prenant le bras d'Edward et en essayant de l'éloigner de Tanya, bien que celle-ci affichait toujours un air satisfait et amusé.

- Oh il n'y a rien à dire… juste qu'Eddie semble avoir des postes d'espionnage à la sortie de la ville. Tu devrais ériger des tours de camouflages comme le font ces chasseurs humains quand ils guettent les sangliers ou les chevreuils.

- Ca suffit Tanya, qu'est-ce que tu lui as fais ? Questionna Edward de plus en plus hors de lui.

- Rien du tout, je ne me suis même pas approchée de la maison et jusqu'à ce qu'il y a cinq minutes, je ne savais pas qui vivait là… j'imagine que c'est cette salle petite humaine dont vous semblez tous vous être entiché. Si vous voulez un animal de compagnie vous pourriez au moins choisir quelqu'un qui sent moins bon… son odeur est très particulière vous risquez de la blesser.

- Je vais éclater ta sale petite gueule espèce de garce ! Menaça Edward et il fallu que Jasper et Emmett viennent me donner un coup de main afin de le retenir.

- Tanya, je crois qu'il serait plus sage que je te montre ta chambre, proposa Esmée pour l'éloigner car Alice et Rose semblaient elle aussi sur le point d'attaquer et je ne pouvais pas retenir tout le monde.

- Oui avec plaisir, dit-elle comme si elle n'avait provoqué personne par ses paroles méchantes et déplacées. »

Ce n'est que lorsqu'elle fut hors de vue que je relâchai mon emprise sur Edward et que ses frères firent de même.

« Il est hors de question que je passe la journée avec elle ! S'emporta-t-il en montrant du doigt les escaliers qu'elle venait d'emprunter avec Esmée mais tout en chuchotant pour ne pas qu'elle entende.

- Tu n'as pas le choix, fils ! Répliquai-je de la même façon.

- On n'a qu'a la mettre dehors, on peut simplement s'en débarrasser une bonne fois pour toute ! Proposa Emmett.

- Il n'en est pas question. Eleazar est un ami de longue date et je refuse de créer une tension entre sa famille et la mienne.

- Mais enfin Carlisle, intervint Rosalie, c'est elle qui cherche les ennuis et nous provoque ! Elle mériterait une bonne correction oui !

- Non ! Elle a son caractère et à toujours été comme ça ! A une époque Edward ça ne te dérangeait pas alors tu vas faire un effort pour être gentil et peut être prendra-t-elle rapidement la décision de partir. Ce n'est pas en la menaçant qu'elle va nous quitter ! Vous connaissez sont caractère aussi bien que moi et plus elle verra qu'elle nous contrarie et plus elle voudra rester. Il faut être plus malin qu'elle mes enfants et seule la patience pourra nous sortir de là. »

Ils n'étaient pas convaincus par mon idée… et à vrai dire moi non plus. Bien évidemment, Edward qui pouvait lire le fond de mes pensées me jeta un regard désapprobateur mais il ne fit aucun commentaire afin de ne pas me contrarier. La journée allait être longue… voir la semaine en fonction du temps qu'allait rester Tanya parmi nous. Cependant, je pouvais remarquer du changement dans le comportement d'Edward envers cette humaine. Il avait eu une attitude de protecteur et ça me rassura quand à ses envies de se nourrir d'elle.

Ce n'est qu'en début d'après midi qu'Emmett démarra sa Jeep pour aller chercher Bella. Il avait convenus avec ses sœurs qu'il les retrouverait avec Bella dans le parc car il avait envie de passer un peu de temps avec elle pour mieux la connaître. A notre grand étonnement, à Esmée et à moi, Rosalie ne montra aucun signe de jalousie ce qui nous donna, à nous aussi, de plus en plus envie de la rencontrer.

Edward essaya tant bien que mal de se montrer avenant avec une Tanya qui pourtant était de plus en plus exaspérante. Nous fûmes donc soulagés lorsqu'ils partirent en fin d'après midi pour Bruxelles. Il y avait presque deux heures de route et Edward voulait l'éloigner le plus possible de la maison. De plus, visiter la plus belle place du monde lui donnait une bonne excuse pour écarter Tanya de Forks sans pour autant la vexer ou lui mettre la puce à l'oreille quant à la venue de Bella à la villa.

Vers dix-sept heures trente, nous entendîmes la Jeep d'Emmett rouler rapidement sur les graviers du chemin menant à la maison. A écouter leur conversation, il semblerait que s'était Bella qui conduisait la jeep ! Tout comme moi, Esmée était de plus en plus impatiente de rencontrer la fille qui avait mis, en moins d'une semaine, la famille sans dessus dessous. Histoire de ne pas l'effrayer ou de passer pour des parents ringards, nous nous forçâmes à rester dans la cuisine et à attendre patiemment que les enfants viennent nous la présenter. Cependant, elle n'avait pas encore passé l'encadrement de la porte que son odeur nous parvint avec un petit courant d'air provoqué par une fenêtre ouverte. Nos enfants avaient vraiment raison : sa fragrance était délicieuse ! Un mélange de fruits et de fleurs de frésia submergea mes narines sans pour autant me faire tourner la tête heureusement. Je commençais à comprendre ce que devait endurer Edward si cette odeur chantait littéralement pour lui… Esmée me fit un sourire rayonnant lorsqu'on entendit Emmett entrer :

« Papa, maman… je vous présente Isabella ! »


A bientôt dans la tête de Bella !