11.

Octobre 2009

Boston

- Voilà pourquoi je pense qu'il est primordial d'accorder une place de choix aux témoignages de ces rescapés. Ces personnes ont vécu un vrai calvaire, leur vie a été fondamentalement changée, mais elles ont survécu. Elles ont vaincu leur cancer et leur histoire ne pourra qu'interpeller les lecteurs, notamment les femmes.

- Hum… Je ne comprends pas bien l'intérêt que vous portez à tout ce qui est lié à la médecine Mademoiselle Swan.

- Monsieur, sauf votre respect, elle fait partie intégrante de notre existence, et je crois que…

Gold fit un geste de la main, signifiant « assez », alors Emma se tut. Il la toisa, l'air dépité.

- Votre article a fait pleurer ma femme. Je suppose donc qu'il était bien écrit. Je veux attirer des lectrices féminines alors je le publie pour cette semaine. On verra les résultats mardi prochain.

- Très bien Monsieur.

Emma n'attendit pas qu'il lui donne son consentement afin de quitter son bureau, elle en sortit en trombe. Elle eut juste le temps d'atteindre les toilettes qu'elle se mit à vomir. Elle eut l'impression de vider ses trippes.

Après plusieurs minutes, elle se releva, tira la chasse d'eau et se lava les mains. Elle s'observa dans le miroir : elle avait d'énormes cernes noires et le teint très pâle. Elle se passa un peu d'eau sur le visage afin de se revigorer.

Elle retourna à son bureau, mal en point.

- Tu as vraiment une sale mine…

- Merci, répondit Emma en tournant la tête vers Mary-Margaret.

- Tu n'es pas malade ?

- J'ai sûrement attrapé froid.

- Rentre chez toi.

- Non, je dois finir ma chronique et tu sais bien que notre cher directeur ne me laisserait pas partir, même si j'étais à l'article de la mort.

- Oui, sans doute… Je t'assure Emma que la première chose que je ferai quand mon contrat sera terminé, sera d'ouvrir un journal.

- Excellente nouvelle.

- Et tu seras ma première journaliste !

- Avec plaisir. Mais j'ai encore du temps à faire chez lui, malheureusement.

Emma sourit tristement à Mary-Margaret en repensant à Killian. Il lui manquait éperdument chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde. Pas un instant ne passait sans qu'elle ne se demande ce qu'il était en train de faire de l'autre côté de l'océan Atlantique.

Elle entendit son amie lui dire autre chose, mais Emma se releva et se courut de nouveau vers les toilettes où elle vomit pour la deuxième fois.

Lorsqu'elle en sortit, elle vit Monsieur Gold qui la regardait d'un mauvais œil, alors elle déglutit et fit comme si tout allait bien. Mary-Margaret se tenait à côté de leur patron, le manteau d'Emma entre ses mains, ainsi que son sac à main. Elle questionna son amie du regard qui lui répondit par un sourire sincère.

- Rentrez chez vous Mademoiselle Swan et soignez-vous.

- Je… euh… Oui, très bien Monsieur.

- Bon rétablissement.

- Merci…

Mary-Margaret lui tendit son manteau et son sac. Emma s'en saisit et la brunette raccompagna son amie jusqu'à l'ascenseur.

- Qu'est-ce que tu lui as dit ?!

- Que tu avais sûrement la gastro et qu'il ferait mieux de te laisser rentrer te reposer ou tu allais contaminer tout l'étage.

Emma sourit devant l'aplomb dont faisait preuve Mary-Margaret.

- Allez, va consulter un médecin et repose-toi. Je t'appellerai ce soir.

- Merci.

Elles se sourirent et Emma entra dans l'ascenseur. Son amie lui fit un petit signe de la main alors que les portes se refermaient sur elle.

- Emma Swan.

Lorsqu'elle entendit son nom, elle se leva, salua le docteur et entra dans le cabinet. Elle ne put s'empêcher de lâcher un cri de surprise en voyant debout derrière le bureau, David. Ce dernier la dévisagea, aussi étonné qu'elle.

- Emma ? Qu'est-ce que tu fais là ?

- Je… Et toi ?

- Mon stage !

- Bon, visiblement les présentations sont faites, dit le docteur Cox.

Il invita Emma à s'asseoir sur le bureau face au sien et il lui demanda ce qui n'allait pas. Alors qu'elle expliquait ses symptômes, Emma se concentra avec attention sur le docteur et évita tout contact visuel avec David. Il ne lui avait pas pardonné ce qu'elle avait fait à Killian et il lui en voulait beaucoup.

- Alors ? demanda le docteur en croisant les mains sur son bureau.

- Pardon ?

- Avez-vous eu vos menstruations récemment ?

- Oui oui… Sans doute, répondit Emma mal à l'aise.

- Sans doute ? Vous êtes sûre ou vous ne l'êtes pas.

Emma se frotta le front en réfléchissant à toute allure.

- Non, je ne les ai pas eues depuis un moment.

- Avez-vous eu des rapports non protégés il y a environ deux mois ?

Emma se mordit la lèvre inférieure. Oui, elle en avait eu avec Killian, et elle savait, vu le regard que lui lançait David qu'il s'imaginait que c'était avec Neal.

- Oui, lâcha-t-elle au bout d'un moment.

- Bien. D'après ce que vous me dites, il y a de fortes chances pour que vous soyez enceinte. La pilule n'est pas efficace à cent pour cent. Venez sur la table, je vais vous ausculter, mais je vais aussi vous prescrire une prise de sang.

Elle s'exécuta en silence. Les mots du médecin se frayant petit à petit jusqu'à son cerveau.

Enceinte ?

Enceinte ?!

Elle sortit du cabinet et s'appuya contre le mur afin de ne pas s'effondrer de tout son long.

La porte s'ouvrit aussitôt derrière elle et David sortit. Il la regarda, prêt à lui faire la morale, mais vu l'état dans lequel était Emma, il se retint.

- Ça va aller Emma, Neal sera un bon père.

Emma sourit, puis se mit à rire franchement. David la regarda, interloqué. La nervosité s'était emparée de la jeune femme et elle ne put s'arrêter de rire tant la situation était insolite. Au bout de plusieurs minutes, elle se reprit, en se tenant les côtés.

- Oui, sûrement David. Mais ce ne sera pas le père de mon enfant.

Il haussa les sourcils, ne comprenant pas où elle voulait en venir.

Emma le regarda avec intensité. Elle lui en avait déjà trop dit. Les seules personnes à savoir la vérité quant à l'affaire « Neal » étaient Ruby, Mary-Margaret et Liam. Elle ne l'avait dit à personne d'autre et encore moins à David qui était l'un des meilleurs amis de Killian.

- Parce que tu n'as jamais couché avec lui, n'est-ce pas ?

- Il faut que j'y aille, répondit-elle en voulant couper court à la conversation.

- Emma, dit David en la retenant par le bras, si tu es enceinte et que Killian est le père, il faudra que tu lui dises.

La jeune femme ne répondit rien, retira son bras et sortit du cabinet médical.

Si elle était enceinte, elle ne pourrait le dire à Killian : il reviendrait la minute où il l'apprendrait.

Décembre 2009

Dublin

- Un autre verre ?

Killian acquiesça d'un léger signe de tête, en souriant imperceptiblement à la serveuse. Celle-ci ne semblait pas insensible à ses charmes, et le jeune homme devait reconnaître qu'elle était plutôt jolie : châtain aux yeux verts. Malheureusement, une seule femme occupait quotidiennement ses pensées, et celle-ci se trouvait à des milliers de kilomètres de lui.

Jane (c'était inscrit sur son badge) lui servit un troisième verre et lui murmura qu'il était offert par la maison en lui faisant un clin d'œil. Il la remercia d'un sourire sincère et but quelques gorgées.

Il avait commencé son stage à l'hôpital depuis septembre et force était de constater qu'il adorait ce qu'il faisait. Il était fait pour ça, il n'y avait plus aucun doute là-dessus. Il devait aussi avouer que vivre à Dublin était tout simplement génial. Il adorait l'Irlande et plus particulièrement cette ville.

Si Emma avait été avec lui, il aurait été capable de reconnaître qu'il était heureux. Mais Emma n'était pas là alors, dans une certaine mesure, il était loin de l'être.

- Journée difficile ? demanda Jane en s'accoudant au bar et mettant ainsi en avant sa poitrine généreuse.

- Non, pas spécialement.

- Alors que fait un homme comme toi, seul, dans un bar un jeudi soir ?

- Un homme comme moi ?

- Ouais, beau comme un Dieu.

Il ne put retenir un petit rire alors qu'elle haussait les épaules d'un air innocent.

- Diablement sexy tu veux dire ? demanda-t-il un sourire en coin.

- Les deux définitions semblent s'appliquer à ton cas…

- Killian.

- Jane, répondit-elle en tendant sa main par-dessus le bar.

- Enchanté Jane, fit-il en lui serrant la main.

- Moi aussi Killian… Moi aussi…

Elle termina son service deux heures plus tard et il l'attendit. Elle habitait à deux blocs du bar et ils se retrouvèrent dans son appartement en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.

Ils ne parlèrent pas beaucoup, ce qui convint parfaitement à Killian qui n'avait absolument pas envie de discuter. L'alcool aidant, il se montra entreprenant et tenta de ne pas penser à Emma alors que Jane l'embrassait avidement tout en l'entraînant dans sa chambre.

Il avait besoin d'oublier Emma (comme si c'était réalisable).

Décembre 2009.

Boston.

- Graham Humbert.

- Emma Swan, répondit la jeune femme en lui serrant la main.

- Mes félicitations, dit Graham en regardant le petit ventre arrondi d'Emma.

- Merci, fit-elle en souriant.

- Pour quand est l'heureux événement ?

- Avril.

- Et bien, le papa est un homme sacrément chanceux…

Emma se contenta de sourire et espéra que Graham n'entendrait pas les battements de son cœur battre fortement à travers sa poitrine. Elle avait l'impression que tout le monde pouvait les percevoir.

- Pouvons-nous commencer l'interview ?

- Avec plaisir.

Il l'invita à s'asseoir sur une chaise tandis qu'il s'installait derrière son bureau.

- Alors, commença Emma en sortant un cahier et son dictaphone qu'elle alluma, vous êtes originaire de Boston et n'avez jamais quitté la ville, c'est bien ça ?

- Oui, je suis né ici. Quand vous dites 'quitter la ville', c'est professionnellement parlant ?

- Oui, évidemment.

- Dans ce cas, oui j'ai grandi ici et y ai également fait mes études.

- De police scientifique ?

- Exactement.

- Vous avez brillamment réussi votre concours d'entrée à…

- … Merci, la coupa-t-il en la regardant avec un sourire.

Emma lui sourit à son tour, se gratta derrière l'oreille et reprit son interrogatoire (enfin, son interview). Gold l'avait assignée à une nouvelle rubrique au journal : écrire des articles sur des personnalités de la ville, et visiblement ce Graham Humbert en était une. Il était le nouveau commissaire de police de Boston depuis deux mois et les crimes avaient déjà réduits de moitié. Il était jeune et beau, ce qui ne pouvait que plaire aux lectrices que Gold souhaitait de plus en plus nombreuses.

Emma avait donc la lourde (et agréable) tâche de passer une bonne partie de sa soirée en sa compagnie. L'entretien se poursuivit agréablement, Graham répondant sans aucune retenue à toutes les questions posées par Emma (même celles qui n'étaient pas inscrites sur sa feuille, comme « êtes-vous marié ? » ou « avez-vous quelqu'un dans votre vie ? »). Emma ne savait même pas pourquoi elle lui demandait de telles choses alors que l'image de Killian s'imposait sans cesse à son esprit. Peut-être était-ce les hormones, mais elle mourait d'envie d'emmener ce Graham chez elle.

Il était vraiment gentil et très très très attirant. Ses yeux noisette rieurs faisaient littéralement fondre Emma (même si elle préférait nettement les yeux bleus d'un certain Irlandais), tout comme son sourire (même si elle préférait nettement celui d'un certain Irlandais). Elle avait envie de glisser sa main dans ses cheveux châtain qui lui semblaient tellement soyeux et de caresser sa barbe (même si elle… bon il fallait qu'elle arrête de penser à Killian ! Il n'était pas là et elle ne le reverrait plus jamais. Enfin…)

La voix de Graham sortit la jeune femme de ses pensées.

- Êtes-vous d'accord ?

- Pour ? demanda Emma.

- Dîner avec moi.

- Oh… Euh… Oui. Avec plaisir.

- Parfait, dit-il en souriant sincèrement.

Ils dînèrent dans un petit restaurant situé non loin du commissariat et Emma passa une excellente soirée, chose qui n'était pas arrivée depuis bien longtemps (depuis le 10 juillet pour être exacte).

Durant le repas, il lui avait demandé habilement s'il était arrivé quelque chose au père de son futur enfant et Emma avait coupé court à la conversation en lui répondant qu'il ne faisait plus partie du tableau.

Il avait insisté pour la raccompagner chez elle, refusant qu'elle prenne un taxi, et elle avait ensuite insisté pour qu'il vienne boire un dernier verre chez elle. Il accepta et la porte de l'appartement d'Emma était à peine ouverte qu'elle se jetait sur ses lèvres.

Elle avait besoin d'oublier Killian (comme si c'était réalisable).

Octobre 2014

Killian : 20h03 : Je prends Mia à 9h30 demain ?

Emma : 20h30 : Oui. Sois à l'heure.

Killian : 20h31 : Je ne suis jamais en retard, love.

Emma : 21h : À demain.

Killian : 21h01 : Bonne nuit Swan.

Il attendit qu'elle lui réponde, mais son téléphone resta silencieux. Il soupira d'exaspération, mais comprenait pourquoi Emma réagissait de la sorte. Ils ne s'étaient pas vus de la semaine et s'étaient simplement parlés quelques minutes au téléphone mercredi pour arranger le week-end que Mia passerait avec Killian.

Il se prit la tête entre les mains et ferma les yeux. Depuis que Milah lui avait appris qu'elle était enceinte, il vivait quotidiennement avec la boule au ventre. Rien ne la faisait disparaître, à part, peut-être la voix d'Emma, et indubitablement Mia.

Il n'avait pas encore eu le courage d'apprendre la vérité à Emma, et il redoutait plus que tout la réaction de Mia. Elle allait être tellement triste.

Il ne voulait pas d'un autre enfant. Pas maintenant. Et surtout pas avec Milah. Il était cruel de penser une chose pareille, mais il ne pouvait s'en empêcher. C'était la stricte et pure vérité. Si enfant il devait de nouveau avoir, c'était avec Emma, et personne d'autre.

Peut-être que Milah ferait une fausse couche…

Il se donna une claque sur le front et se maudit d'avoir de telles pensées.

Il aimerait cet enfant.

Oui, il l'aimerait.

Tink entra dans la salle de repos à ce moment précis et regarda Killian, un immense sourire aux lèvres.

- Félicitations Killian !

Il l'observa en souriant tristement.

- Merci.

Il se leva et la jeune femme le serra contre lui.

- Heureusement que Milah est contente pour vous deux, hein…

- Oh, je suis content Tink.

Elle se détacha de son étreinte et plissa les yeux en remuant son petit nez.

- Mais pas aussi content qu'un futur père devrait l'être…

- Je suis déjà père.

- Je sais ! Mais n'as-tu pas envie de goûter de nouveau aux joies de la paternité ?

- Si.

Mais avec Emma, pensa-t-il.

- Hum, fit Tink en continuant de le scruter.

Il lui sourit faussement en montrant ses dents et elle ne put retenir un petit rire. Elle leva les yeux au ciel et lui annonça qu'il fallait qu'il aille dans la chambre 107 vérifier les constantes vitales de son patient, un certain Graham Humbert (apparemment un ancien commissaire de Boston) qui s'était fait tiré dessus et qu'il avait opéré plus tôt dans la matinée. Le pauvre homme avait bien failli y rester, les éclats de la balle s'étaient logés dans son thorax et à un millimètre près, il aurait pu ne plus faire partie de ce monde.

Killian quitta donc la salle de repos et partit voir son patient.

Samedi, à 8h pétantes, Mia sauta hors de son lit comme une fusée et jaillit dans la chambre d'Emma. Elle monta sur le lit sur lequel elle sauta comme sur un trampoline.

- Et ben aujourd'hui, même que je vais voir papaaaaaa !

- Hum… Miaaaa…, grogna Emma en enfouissant sa tête sous l'oreiller.

- Et ouiiii ma princesse maman.

- Viens là mon bébé, dit Emma en se redressant et en attrapant Mia par la taille.

La petite fille tomba sur Emma qui la serra contre elle tandis que Mia enfouissait sa tête dans le cou de sa mère.

- Je suis pas un bébé d'abord, ronchonna Mia contre la peau d'Emma.

- Je sais, mais tu seras toujours mon bébé.

Mia releva la tête et déposa un bisou sur la joue de sa mère qui lui ébouriffa tendrement sa chevelure blonde.

- Un bébé qui grandit trop vite puisqu'elle va passer sa première nuit sans sa maman…

Les grands yeux bleus de Mia dévisagèrent Emma et la jeune femme crut lire une petite pointe d'appréhension dans le regard de sa fille.

- Mais avec son papa qui va très très trèèèès bien s'occuper d'elle, s'empressa d'ajouter Emma craignant que sa fille ne prenne peur de ne pas être avec elle.

- Mais bien vrai que je peux amener Sven et Olaf chez papa ?

- Bien sûr mon cœur.

- Ouf. Sinon, ils vont mal dormir.

- Oui, c'est même presque sûr.

Mia hocha plusieurs fois la tête en faisant un petit sourire et posa sa tête sur la poitrine de sa mère.

- Je t'aime très fort ma maman.

- Et je t'aime encore plus fort ma chérie.

Elles restèrent dans les bras l'une de l'autre durant plusieurs minutes, puis le ventre de Mia gargouilla, indiquant qu'il était temps pour elles de se lever.

- Tu as tout ?

- Oui, répondit Mia.

- Bien, dit Emma en consultant sa montre, papa ne devrait pas tarder à arriver.

La sonnette de la porte d'entrée retentit au même moment. Mia se précipita vers cette dernière, suivie d'Emma qui ouvrit la porte.

La petite fille ne laissa pas le temps à Killian d'entrer qu'elle se rua contre ses jambes qu'elle serra fort fort fort entre ses petits bras.

- Mia ! s'exclama Emma en se retenant de rire.

- Viens ici, little love,dit Killian en souriant sincèrement et en attrapant sa fille par les bras.

Il la souleva et la prit contre lui. Elle passa ses bras autour de son cou en lâchant un « papaaaa ! »

Elle déposa plusieurs bisous sur sa joue en marmonnant qu'il piquait un peu, mais qu'elle aimait bien parce que ça chatouillait.

- Tu es prête ?

- Oh ouiiii !

- Parfait.

Emma évita de croiser le regard de Killian et prit le sac à dos de la petite posé par terre, elle le lui tendit. Il reposa Mia au sol et s'en saisit. Leurs doigts s'effleurèrent et Emma retira rapidement sa main, ne voulant pas qu'il voie à quel point ce simple toucher pouvait l'affecter.

- Papa ?

- Oui ?

- Est-ce que maman elle peut venir avec nous ?

Le cœur de Killian se mit à battre la chamade.

Était-ce possible d'aimer encore plus sa fille qu'à ce moment précis ? Assurément qu'il voulait qu'Emma vienne avec eux. Il ne lui avait pas demandé pour des raisons évidentes, mais maintenant que Mia le proposait, pourquoi pas…

Il la regarda, en vain car il n'avait pas une seule fois pu rencontrer ses yeux émeraude : elle esquivait clairement de rencontrer les siens, ce qui le peinait fortement.

Emma s'accroupit et prit la main de Mia dans la sienne.

- Non mon cœur, je ne vais pas venir parce que ce week-end vous est réservé, à tous les deux et rien qu'à tous les deux. Papa a mon numéro si tu veux m'appeler, d'accord ?

- Oui… acquiesça Mia en faisant la moue.

- Vous allez vous amuser comme des petits fous, j'en suis certaine, et tu auras beaucoup de choses à me raconter dimanche.

- Ouiiii !

- Allez, zou ! Je vous appellerai à midi.

La petite hocha frénétiquement la tête puis serra sa mère contre elle. Elle lui fit plusieurs gros bisous, Emma également et Mia mit sa main dans celle de Killian tandis qu'Emma se relevait.

Enfin (enfin !) elle posa ses yeux brillants sur Killian et il en fallut de peu pour qu'il ne la prenne dans ses bras.

- Tout ira bien Swan, lui dit-il, se voulant rassurant.

- Je n'en doute pas un instant, répondit-elle doucement avec un léger sourire.

- À demain.

Sans s'en rendre compte, il fit un pas vers elle et déposa un baiser sur ses lèvres. Ce fut rapide (car il s'aperçut de ce qu'il était en train de faire au moment même où il le faisait), mais intense. Il déglutit en reculant, honteux de ne pas s'être laissé prendre ainsi de court.

Il ne put aller bien loin qu'Emma rompit de nouveau la distance entre eux ; elle l'attrapa par le col et colla ardemment ses lèvres aux siennes. Aussitôt, il eut l'impression que son monde reprenait tout son sens. Emma également. Elle le relâcha et le transperça de ses yeux verts.

Elle passa sa langue sur ses lèvres tout en haussant les sourcils alors qu'il reculait, hagard, et que Mia faisait des grands signes de main à sa mère. Il installa la petite dans le siège enfant de la voiture (qu'il avait acheté spécialement pour elle), ferma la porte, jeta un dernier regard vers Emma qui lui fit un petit signe de la main et il s'installa au volant.

- Prête ? demanda-t-il à Mia en tournant la tête vers elle.

- Ouiiiii !

Il démarra la voiture en inspirant grandement.

Bloody Hell !pensa-t-il, il avait oublié à qui il avait affaire, et qu'elle l'embrasse ainsi n'était pas anodin, elle avait voulu le lui rappeler.

Emma Swan.
Emma. Swan.

Qu'est-ce qu'il l'aimait.