Réponses aux reviews !

Salut Folite ! Oui, pauvre Reg, il vit dans une famille de timbrés, j'ai pitié de lui. Quand à Bidule... Bah, les Rôdeurs font gaffe à ne pas le laisser trainer près de Miss Teigne, et puis tout le château est dans le coup, ça aide ! xD Ton histoire sur le bout de papier m'a bien fait marrer. Tu aurais vite été adoptée par la bande des Rôdeurs toi !

Merci Elarim ! Oui ça m'éclate d'écrire des conneries de gamins, ça me change du Parfum (où Alva est une vraie teigne). Mais attention, tout ne restera pas léger éternellement... Vers la fin de la troisième année, ça va commencer à devenir plus sombre ! Quant à Lily et à la Magie Rouge... Tu as raison, si Lily avait vécu et appris la Magie Rouge, elle aurait eu un don ! Mais je reste persuadé qu'elle n'a jamais tocuné à ça, d'abord parce qu'en Grand-Bretagne c'est un art assez oublié, et ensuite que c'est censé être réservé aux Sang-Purs. Mais oui, j'iagine que Lily Evans avait un don et que c'est ce pouvoir brut, bien plus que son amour, qui a sauvé Harry. Et Je te rappelle qu'Al' n'est pas "mauvais" : il est au même niveau que Dylan, dont le père a un don !
Je ne dis rien pour Aenor et son petit copain x) Mais pour James et Demy, là je t'arrête, ça n'a rien à voir avec James et Lily, et il n'y a pas de "technique" là-dessous. James (le premier) était un abruti et c'est uniquement quand il a mûri que Lily s'est intéressée à lui. Elle ne craquait pas sur lui avant, elle n'a pas attendu que sa tête se dégonfle : elle n'a fait attention à lui que quand il en est devenu digne. Idem pour Demy et James (le deuxième). Ils n'ont rien en commun, et même si James cours après Demy comme un gamin à qui on a refusé des bonbons, Demy ne l'aime pas. Genre, pas du tout x)

Salut Charlie x) Wow, tu as lus les trois d'un coup, la vache, ça en fait de la lecture ! Je suis contente d evoir que tu ais aimé, beaucoup de gens trouvent qu'Alva tend trop vers la Mary-Sue ou que le Parfum est trop partial... Mais je suis d'accord avec toi, les Serpentards sont les meilleurs et méritent leurs part de gloire ! Bref. Sinon, je poste tous les jeudi, souvent l'après-midi. Quant aux fics en mode "love Serpentard"... Je te conseille toutes celles d'Ellana-san, et A travers eux si tu es fan d'Albus et Scorpius et Harry et Draco. Il y a aussi la série Hypothèses d'Anna Taure. Et si tu aime les crack-fic, il y a la saga des Sovrano de King-Pumkin qui est absolument délirante, avec un Harry Serpentard un poil mégalo.

Et Don-jul, ta remarque sur "la vie amoureuse à Poudlard" m'a fait mourir de rire x) Oui, Verteloutre est bien une référence à mon fruit préféré ! Et ton idée sur le vent est à replacer quelque part... Et oui, d'accord, admettons, tu n'es pas un jambon. Et non, dans les autres chapitres du tome 3 Al' et l'Ankou ne souffriront pas autant que dans celui duquel je me plaignait tout le temps ! Mais là, je vais arrêter de me plaindre parce que j'ai quasiment fini le tome 3 xD Et oui, je suis une grosse fan des Points Culture, comme tu en aura la confirmation dans ce chapitre ! Et oui je regrette beaucoup d'avoir fait S, je haïssais les maths, je suis tombée au Bac sur le seul sujet de physique que j'avais pas révisé, et la SVT m'a toujours donné envie de m'arracher les cheveux. Grrr. Bon et sinon, oui Mocking est super-cool, presque aussi cool que mon loir à moi xD

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Racontage de vie: Hey les kiwis ! J'espère que je vous ai manqué xD Dans ce chapitre, quelques trucs sérieux, quelques trucs drôles, et retour à la sériositude à la fin. Eh ouais, on ne peut pas toujours rigoler !

Bon sinon, ça mis à part, brûlez des cierges pour moi : mercredi, jeudi et vendredi prochain, je passe des partiels ! Dont LE partiel, celui sur lequel je compte désespérément pour ne pas rater mon semestre, à savoir : celui de droit pénal. Et un peu celui de droit des obligations. Parce que pour le moment, en obligation, j'ai 5/20 de moyenne (mes notes sont entre 4 et 6), et il y a de quoi hyperventiler.

Enfin bref, à partir de demain, je révise, je révise, je ne fais que ça !

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Note de l'auteur : Le journal Point Culture de Draco est une référence à la chaîne Youtube de LinksTheSun, et à ses vidéos à la fois bizarres, bêtes et drôles. Les initiés comprendront.

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Poisson d'Avril… ou pas.

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– Je n'arrive pas à croire qu'on ait pas prévu le 1er Avril ! ragea Scorpius.

Et il ponctua ses paroles d'un juron russe tout en fusillant du regard la porte du placard dans lequel lui et son meilleur ami était enfermés. Ils étaient tous les deux débraillés, sales, gluants et puant le poisson. Et en pyjama.

– Moi ce que je n'arrive pas à croire c'est que James y ait pensé, marmonna Al'.

Les deux Rôdeurs échangèrent un regard lourd de sous-entendu malgré l'obscurité qui régnait dans leur cachette, et Albus glissa ses mains dans ses poches… Avant de les ressortir avec un glapissement éc?uré. Il y avait des sardines dans lesdites poches.

– Je hais mon frère.

Mais comment Albus et Scorpius s'étaient-ils retrouvés enfermés dans un placard du couloir du troisième étage, à cinq heures du matin –car oui il était cinq heures du matin–, avec des poissons dans les poches, pas de baguettes, et une féroce envie de jeter James Potter de la Tour d'Astronomie ?

Bonne question. A vrai dire…

– Au fait, comment tu as fini là toi ? interrogea Al' en glissant un regard surpris à son ami. Tu roupillais comme une marmotte quand j'ai quitté le dortoir.

– D'ailleurs, pourquoi tu as quitté le dortoir ?

Al' prit un air pensif. Puis, comme visiblement ils en avaient pour un bon moment à rester dans ce placard, il s'assit sur le sol, adossé à un mur pour faire face au jeune Malefoy.

– Magnum avait disparu. J'ai dû le sentir sauter de mon oreiller. Enfin, bref, je me suis levé et j'ai quitté le dortoir. Je suis allé dans la salle commune, et là, il y avait Magnum qui grattait frénétiquement à la porte.

– T'as pas ouvert quand même…

– J'avais la tête dans le cirage ! se défendit Al'. J'aimerai bien t'y voir, toi, à réfléchir rationnellement à trois heures du matin quand tu viens de quitter ta couette !

L'Ankou roula des yeux, mais ne dit rien. Al' émit un reniflement satisfait, puis continua son récit :

– Enfin bref. J'ai ouvert la porte. Magnum a filé vers les étages comme s'il avait le feu au derrière, moi j'ai regardé dans le couloir, et…

– Il y avait des poissons ? devina l'Ankou.

– Ah, toi aussi tu les as vus. Ouais, des tas de poissons. D'ailleurs, après, j'ai vu qu'il y en avait partout dans le château. Collés aux murs, au sol, et tout. Comment ils ont pu faire ça ?

– En troisième année on apprend à transformer un pliage de papier en petit animal, soupira l'Ankou. C'est ma s?ur qui me l'a dit. Faire un découpage de poisson dans une feuille puis le transformer en vrai poisson… Ça n'a pas dû être excessivement compliqué. Fred s'est réconcilié avec ton frère et il est balèze en Métamorphose.

– Ça explique pourquoi Poudlard ressemble à une poissonnerie, réfléchit Albus. On dirait que le calamar géant à dégagé tous les occupants du lac dans les couloirs ! Il y a des poiscailles partout : aux murs, par terre, j'ai même vu un requin-marteau accroché à un lustre !

– McGo va être hystérique quand elle verra ça ! gloussa Scorpius.

Ils ricanèrent tous les deux joyeusement dans leur placard, ce qui était un peu flippant. Puis, une fois qu'ils se furent calmés, l'Ankou lança sur le ton de la conversation :

– Donc, une fois que tu as vu les poissons, tu es allé à la pêche ?

– Euh ouais, plus ou moins.

– Sérieux ?

– En fait je suis sorti comme un con pour être sûr que je n'étais pas en train de rêver. La porte s'est refermée derrière moi, et là cet espèce de taré de McLaggen m'a sauté dessus avec un filet…

– C'était de la pêche au gros, persifla Scorpius d'un air hilare.

– Oh, tais-toi toi. Bref, cet idiot m'a jeté un filet dessus et m'a traîné vers le rez-de-chaussée. En plus je n'avais pas pris ma baguette en me levant, donc pas moyen de me défendre… Heureusement, à un couloir, on est passé près d'une armure et je m'y suis accroché. Ça a freiné net McLaggen, il est tombé… Enfin bref je me suis dépêtré du filet et…

– Attend, l'armure avec le bouclier noir ? le coupa l'Ankou en rigolant. Ah ouais, j'ai vu le corps de McLaggen ! Joli coup !

– Un coup dans les parties sensibles et la tête dans le mur, fit Al' avec une sombre satisfaction. Inari-sensei aurait été fier.

– Joli !

Les deux gamins se tapèrent dans les mains –un geste très ringard en public, mais en privé, c'était toujours drôle– puis Al' reprit :

– Et ensuite, j'ai pris la baguette de McLaggen et je suis parti trucider mon frère. Et retrouver Magnum, bien sûr. J'ai lancé un sort d'orientation, « pointe à James Potter », et je suis allé vers le premier étage. Mais avant, j'ai jeté un Somnolus sur McLaggen, juste pour être sûr.

– J'avais deviné, sourit Scorpius. Quand je suis passé à côté de lui, je lui ai dessiné un truc le front.

Al' faillit demander ce qu'étais le « truc », mais se ravisa. Évidemment. L'âme d'artiste des gamins de douze ans qui découvrent une liberté toute neuve, ça se limitait souvent à dessiner des pénis dans la marge du la copie du voisin, ou sur les joues d'un camarade endormi.

– Mais tu as dessiné avec quoi ? s'enquit néanmoins le jeune Potter. Tu n'avais pas d'encre ni de…

– Je suis un sorcier, andouille ! Indelebile Pincello. Ça va lui rester des jours sur le visage.

Ils échangèrent un sourire complice, puis Albus reprit :

– Enfin bref. J'ai crapahuté dans les étages pendant une éternité. Il y avait du poisson partout. Et des chats, aussi : des chats partout. J'ai fouillé tout le premier étage sans rien trouver, seulement des harengs et des saumons. Et Miss Teigne qui draguait King Pumpkin. Vision d'horreur. Bon, ensuite, une demi-heure ou trois quart d'heures plus tard, je suis passé au deuxième étage. Il devait être sur le coup de quatre heures du mat'…

– Ah, c'est là que je me suis réveillé ! s'exclama Scorpius.

– Ah, et qu'est-ce que tu as fais ?

– Tu n'étais pas là, et ton lit était tout froid, lâcha l'Ankou. Tu me connais, je me suis inquiété, j'ai pensé que ton taré de frangin t'avais kidnappé pour vendre tes organes…

– Euh, c'est peut-être aller un peu loin.

– Tu crois ? James a bien la tête d'un trafiquant d'organes. On devrait déconseiller aux premières années innocents de se retrouver seuls dans un couloir obscur avec lui.

– … Ça se tient.

– Donc, j'ai pris ma baguette, moi, et j'ai mis un pantalon…

En effet, outre un haut de pyjama de soie verte, Scorpius portait le jeans noir confortable qu'il portait le week-end. Mais, comme Al', il était pieds nus. Sa prévoyance n'était visiblement pas allée jusqu'à l'étape des chaussures…

– … Et je suis sorti.

– Et tu es tombé sur les poissons.

– J'ai trouvé ça suspect.

– Donc tu as continué, et tu es tombé sur McLaggen.

– J'ai trouvé ça encore plus suspect.

– Je me doute, oui. Et ensuite ?

– Ensuite, je suis tombé sur Hugo et Rosemary Weasley. A mon avis, ils cherchaient James. Seulement, ils m'ont vu, ils ont vu le corps de l'autre abruti, et ils sont partis en sens inverse en hurlant au meurtre.

Al' éclata de rire. L'Ankou, lui, roula des yeux, l'air exaspéré :

– Ce n'est pas drôle. J'ai dû les pétrifier tous les deux, j'avais peur qu'ils ameutent Rusard.

– Ça risquait pas, l'informa Albus entre deux gloussements. Tu te souviens que Fred avait acheté un somnifère à Cameron ? Ben, il s'en est servi pour droguer le concierge.

– Zut. Bref, ma cavale aux trousses de ces deux débiles nains et roux m'a amené au premier. Donc j'ai caché les corps dans la classe de Métamorphose, qui était juste à côté de moi. Je ne sais pas si tu as vu, mais ils ont mis un gros thon sur le bureau de Laughlin…

Al' repartit dans un ricanement hystérique. L'Ankou s'accorda un bref sourire sardonique, avant de reprendre son récit :

– Puis je me suis remit en chasse pour te retrouver et te ramener par la peau du cou au dortoir. Il devait être quatre heures et quart, quatre heures vingt peut-être.

– J'étais dans l'escalier secret qui mène au deuxième étage, soupira Al'. Tu sais, celui qu'on utilise pour Bidule.

– Oh ?

– Ouais. Comme il n'y avait pas de poissons dedans, j'en conclu que James ne le connais pas. Bref ! Je suis arrivé au deuxième, et là, je suis tombé sur Dominique et Louis en train de vider des seaux de poisson dans le couloir. Dom' s'est pétrifié, mais Louis a à peine hésité avant de me sauter dessus. Ce fut un combat épique…

Scorpius semblait frétiller d'impatience, Al' le devinait même dans le noir. Le jeune Potter retint un sourire, puis continua avec fierté :

– Depuis deux ans, je suis devenu plutôt dur à rétamer.

– C'est grâce à ma fréquentation, se vanta l'Ankou.

– Ouais, il doit y avoir de ça ! Bref, j'ai sacrément mit Louis en difficulté. En fait j'aurais même pu gagner, même si c'est un cinquième année ! Bon, j'avoue, il n'y mettait pas beaucoup d'énergie. Un vrai mollasson celui-là.

– Mais tu as perdu.

– Dom' m'a jeté un sort dans le dos, soupira Albus.

Scorpius émit un reniflement méprisant, et lâcha avec dédain :

– Il a écouté le Gryffondor qui sommeille en lui… Quelle bande de lavettes sans honneur. Fais-moi penser à le jeter dans le lac. Et ensuite ?

– Ensuite ils m'ont traîné jusqu'au troisième étage pour demander à James que faire de moi. Mon frangin s'est allégrement foutu de ma gueule, puis il m'a piqué ma baguette et m'a enfermé dans ce placard. Fin de l'histoire. Et toi ?

– J'ai continué mon exploration. J'ai croisé pas mal de Gryffondors et de Poufsouffles. Souvent des Weasley, mais aussi des membres de promos plus âgées. A mon avis, les Weasley ont ramené leurs copains.

– Et comme les Rôdeurs ont mit la main sur les première et deuxièmes années, ils recrutent les aînés, comprit Al'.Eh, mais c'est injuste !

– On verra ça plus tard, trancha l'Ankou. L'important, c'est que je suis allé jusqu'au quatrième étage avant de me faire repérer par John Benetto. Tu sais, le Né-Moldu dans la classe de Chiara ? On s'est battu, et je l'ai littéralement massacré.

– Mais le bruit a attiré quelqu'un et tu as dû affronter un adversaire plus fort, devina Al'.

L'Ankou toussota d'un air gêné.

– Euh, non, pas vraiment. Le bruit a bien attiré quelqu'un. Quatre Gryffondors en fait. Du coup je me suis enfui…

– Trouillard !

– C'était une retraite stratégique et pleine de dignité, se défendit Scorpius.

– C'est ça, c'est ça… Alors ? Ils t'ont battu ?

– Non, fit piteusement le jeune Malefoy. Il faisait noir, j'ai loupé une marche, et… En fait je suis tombé dans les escaliers.

Ce fut plus fort que lui : Al' éclata de rire. Tellement fort qu'il en hoquetait et qu'il avait du mal à respirer. Scorpius Malefoy, l'Ankou, vaincu par une marche récalcitrante !

– Oh ça va, maugréa le blond. Calme ta joie…

Au bout d'un moment, le fou-rire d'Al' finit en effet par se calmer. Le jeune Potter avait le visage rouge et les larmes aux yeux tellement il avait rit. Tout en essuyant ses yeux, il lâcha d'une voix tremblante d'hilarité contenue :

– Tu t'es fait mal ?

– Non, sourit Scorpius. Faust m'a servi de matelas amortisseur. Il s'est salement tordu le poignet quand je lui suis tombé dessus…

– Pauvre Faust.

– James était quasiment en train de se faire pipi dessus tellement il rigolait, mais j'ai bien cru que cet abruti noir allait me tuer. Heureusement pour ma peau, une fille est arrivée, m'a pris ma baguette et m'a jeté dans ce placard.

– Juliette Misty, le renseigna Al'. Elle est dans la promo de James. C'est la meilleure amie de Camille Diregrey.

Les deux Rôdeurs restèrent silencieux quelques secondes. Ils n'entendaient plus un bruit à l'extérieur de leur placard. James et sa bande avaient sans doute changé de couloir, ou d'étage. Avec un soupir, l'Ankou appuya sa tête contre le mur.

– Au fait, tu as retrouvé Magnum ?

– Plus ou moins, grinça Al'. James m'a raconté avec entrain que le furet femelle de Dubois avait ses chaleurs…

– Nous avons donc été vaincu par un Poufsouffle, un escalier et un furet femelle, fit sombrement l'Ankou. Y a pas à dire, c'est la disgrâce.

A nouveau, le silence prit possession de leur placard. L'endroit était si étroit que, même assis à l'opposé l'un de l'autre comme ça, leurs jambes se touchaient. Ça puait le poisson. Ils avaient tous les deux froids aux pieds. Au bout d'un moment, Al' se tourna vers son ami :

– T'as un plan B ?

L'Ankou grimaça :

– Je n'appellerai pas ça un plan…

– Bah, moi j'ai que dalle, alors… C'est quoi ?

– Eh bien tu vois, un jour je me suis retrouvé plus ou moins perdu dans le monde Moldu… Et je me suis rendu compte qu'on a très facilement l'air d'un abruti une fois qu'on est mis dans une situation sur laquelle on a aucun contrôle.

Al' retint un gloussement en se souvenant des suppositions d'Aleksei. Son ami Russe avait vu juste. Mais déjà Scorpius poursuivait avec un sourire carnassier :

– Alors j'ai appris deux ou trois trucs…

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Extrait d'un livre au fond de la malle de Scorpius Malefoy :

[…] Forcer une serrure est long et fastidieux. Prévoyez de cinq à vingt minutes, ainsi qu'un couteau fin et résistant, de type Opinel. L'opération consiste à débloquer les mécanismes à l'intérieur de la serrure : sachant que certains sont minuscules (de la taille des reliefs sur votre clef), il s'agit en effet d'un travail délicat. Il est donc préférable de faire appel à un professionnel.

Si vous vous retrouvez enfermé devant chez vous, privilégiez donc l'appel au serrurier.

Astuces pour contourner le problème :

? Si la porte n'est pas fermée à double tout, avec un couteau fin, il y a moyen de faire basculer le penne à l'intérieur de la porte. Schéma numéro 1 en bas de page.

? Si la porte est fermée à double tour… Démontez les gonds. Si vous les remontez correctement par la suite, cela ne laissera aucune trace d'effraction. Schéma numéro 2 en bas de page. […]

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– … Je ne crois pas que ça va marcher.

– Ça va marcher je te dis.

– Oui ben j'ai des doutes.

– J'ai déjà essayé chez moi, et ça a marché.

– … Tu as forcé une porte chez toi ?

– Quatre, en fait. Une fermée à double tour, deux fermées à tour simple, et une fermée par magie.

– Et alors ?

– Ben, par magie, pas de surprise : à la Moldue, c'est zéro efficacité. Je l'ai forcée par magie.

– Tu m'étonnes. Et les autres ?

– La double tour m'a cassé les pieds cinq minutes, mais je l'ai sortie de ses gonds. Les deux fermées à tour simples, je les ai ouvertes en douze puis six minutes.

– Ok, ça te fait donc quatre succès. Sur combien d'essai au total ?

– … Six… Sept… Je ne sais plus.

– L'Ankou.

– D'accord, d'accord ! Huit, ça va, t'es content ?

– Tais-toi, je réfléchis. On a donc un taux de succès de cinquante pour cent. Ajoutons à ça qu'il fait noir, qu'on est fatigué, qu'on a juste un couteau suisse… D'ailleurs, tu te balades souvent avec un couteau suisse dans ta poche ?

– Il est là depuis Noël. C'est le cadeau de Tante Astrid et j'avoue, je n'ai pas eu tellement d'occasions de m'en servir.

– Évidemment. Qui à part Astrid Koenig offre pour Noël des couteaux aux enfants de onze ans ?

– Onze ans et demi.

– N'empêche, ça reste un couteau.

– Termine d'évaluer tes statistiques au lieu de râler.

– Je ne râle pas, je te traite juste de danger public.

– Eh !

– Quoi ? C'est vrai. T'es dangereux mon vieux.

– …

– …. Tu boudes ?

– Ouais.

– Non mais il ne fallait pas le prendre comme ça. Dis-toi que ça fait de toi le futur maître du monde.

– Pour le moment je pue le poisson et on est toujours enfermé dans un placard.

– Ah oui. D'ailleurs, en parlant de ça. Je dirais que tes chances de forcer cette porte sont de l'ordre de trente ou vingt-cinq pour cent, vu qu'il fait noir et tout. Mais…

– Mais ?

– Mais tu es l'Ankou Malefoy.

– C'est un paramètre ?

– Bien sûr andouille. Tu tiens tête à mon frère. Tu es un pro de la Défense. Tu peux créer des sorts géniaux avec trois gouttes de sang. Tu es le meilleur. Et, mieux, tu es mon meilleur ami. Qu'est-ce que tu veux de plus ?

– … Al'.

– Oui.

– Rien.

– …

– Ça va être dur de dégonder la porte sans pied de biche. Je vais essayer de faire basculer le penne.

– Vas-y. Je te fais confiance.

– D'accord. Pousses-toi un peu que je puisse accéder à la serrure…

– Voilà.

– Merci.

Click. Click. Une minute. Puis deux. Click. Scraaak. Clik clik click…

– Tu y arrives ?

– Chuut. J'y suis presque…

Click click scraaak click… Une autre minute. click click click… Chtong!

– Oh punaise je l'ai fait.

– Oh punaise tu l'as fait !

– Je l'ai fait ! Muahahahahaha, MUAHAHAHAHAHAHA !

– … Euh, arrête, tu me fais flipper avec ton rire de psychopathe. On dirait Rusard qui a trouvé un élève mort.

– MUAHAHAHAHAHA !

– Ok, je laisse tomber. T'as l'heure ?

– MUAH… Il est cinq heures quinze. Pourquoi ?

– James doit être retourné à son dortoir. On va lui faire la peau ?

– Adjugé.

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Message anonyme retrouvé par tous les Weasley au pied de leur lit le lendemain matin :

A l'adresse du débile ici présent,

CRÈVE CHAROGNE JE SAIS OÙ TU VIS !

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Albus et Scorpius ne retrouvèrent leurs lits qu'à six heures du matin passé. Grâce à Naima et Reg, l'Ankou n'avait eu aucun mal à donner le mot de passe à la Grosse Dame, et les Rôdeurs s'étaient infiltrés dans l'antre des lions. James et Faust, attaqués dans leur sommeil et dans le plus grand silence, étaient enfermés dans la salle de métamorphose, ligotés dans un filet de pêche. Scorpius avait récupéré sa baguette, et Albus avait récupéré Magnum. Ils avaient même pris une douche chez les lions –comble de l'insulte– et en avaient profité pour transformer en colorant vert tous les savons/shampoings/autres produits qui se trouvaient dans la salle de bain.

On n'enferme pas impunément l'Ankou Malefoy dans un placard.

Du coup, à six heures du mat', ils coupèrent leurs réveils, tirèrent les rideaux de leurs baldaquins, et Al' écrivit sur une feuille « Ne nous réveillez pas. Dure nuit. On vous rejoindra à midi. Couvrez-nous au cours de Binns et de Londubat. Signé : l'Ankou et Al'. ». Puis les deux Rôdeurs s'échouèrent sous leurs couettes respectives comme deux otaries à bout de force, et il ne fallut pas dix minutes pour qu'ils se mettent à ronfler.

Ils ne se réveillèrent pas quand Owen, Gareth et Jo se levèrent une heure et demie plus tard, et quittèrent le dortoir. Ni quand tous les élèves poussèrent de hauts cris en arpentant les couloirs et en voyant des poissons et des panneaux « POISSON D'AVRIL ! » un peu partout. Ni quand les Gryffondors de deuxièmes années firent un scandale parce que leurs cheveux étaient devenus verts au shampoing, quand ils s'étaient douchés ce matin. Laughlin, folle de rage, découvrit James et Faust ligoté dans son bureau, et n'eut pas grand mal à leur faire avouer leur responsabilité devant des Serpentards tordus de rire.

Dans ce bazar, et avec la certitude d'avoir les bons coupables, les profs ne cherchèrent même pas Albus et Scorpius. Les deux garçons dormirent comme des bienheureux toute la matinée, et séchèrent même la première heure d'étude de l'après-midi. Ils ne revinrent en classe qu'à quatorze heures, les yeux gonflés de sommeil, et racontèrent leurs aventures nocturnes à leurs amis ébahis.

– Et c'est comme ça qu'Al et moi on est sorti du placard !

Mocking, qui passait dans le couloir à ce moment-là, faillit se prendre une armure. Les yeux comme des soucoupes, elle se tourna vers l'Ankou :

– Pardon ?

Les Gryffondors et Serpentards de deuxième année, qui se dirigeaient vers la classe de Potions, lui retournèrent un regard méfiant. Après tout, même s'ils avaient été des victimes innocentes (bon, disons non-coupable de complicité sur ce coup-là, parce que « innocents » c'était aller un peu loin), Al' et l'Ankou avaient été hors de leurs dortoirs après le couvre-feu.

– Oui, professeur ? fit Arnold du ton innocent du fayot professionnel.

– J'ai cru entendre une histoire de placard, fit Mocking en scrutant avec attention les seize petits visages méfiants levés vers elle. Qu'avez-vous fait, Malefoy, Potter ?

Les deux susnommés échangèrent un regard incertain. Ils étaient trop candides (ou Mocking était trop perverse) pour savoir que par "sortir du placard", l'enseignante entendait le mot "coming-out" et que son imagination débridée s'enflammait à l'idée de ce couple improbable qui ferait hurler Draco, Alva, Ginny, Harry et probablement la moitié du monde magique. M'enfin. Si Al' et Scorpius l'avaient su, ils n'auraient sans doute jamais choisi de faire Runes l'année suivante…

– Euh… C'est à cause de mon frère…

Les yeux de Mocking s'agrandirent démesurément et Scorpius, pour la première fois de sa vie, fut ravi de ne pas savoir pratiquer la Legilimancie. Il ne voulait vraiment pas savoir à quoi pensait cette prof cinglée, là maintenant.

– SCORPIUS !

Toute la bande sursauta, et Demetria sembla surgir de nulle part. Ignorant la prof de Runes –peut-être même qu'elle ne l'avait même pas vue–, elle attrapa son petit frère par les épaules et le secoua :

– Potter t'a enfermé dans un placard ?!

– C'était pas lui ! répliqua l'Ankou d'un air vexé.

– Nan, c'était une fille ! se moqua Owen.

Puis il sembla se rappeler la présence du professeur Mocking et se la ferma avec un regard inquiet en direction de la jeune femme aux cheveux violets. Les yeux de Demy lançaient des éclairs.

– Je vais le massacrer.

Alyssa se racla la gorge, puis lâcha d'un ton amusé :

– Ce n'est pas quelque chose à dire devant un professeur, Demetria.

La fille des Malefoy ne se dégonfla pas :

– Je cacherai le corps.

Les Gryffondors et les Serpentards ricanèrent, et un éclair amusé passa dans le regard de la prof de Runes. Mais elle ne se dérida pas pour si peu. D'un vague geste de la main, elle leur ordonna de se disperser. Mais, avant que Scorpius ne s'éloigne, elle l'interrogea une dernière fois :

– James Potter vous a donc enfermé dans un cagibi ? Rien d'autre ?

L'Ankou se demanda ce qu'elle voulait dire par « rien d'autre », puis décida qu'il vivrait très bien sa vie sans cette information, et hocha gravement la tête. Il précisa quand même :

– Il a enfermé Al' aussi.

Mocking fixa le jeune Malefoy d'un air indéchiffrable, puis esquissa un mince sourire :

– Agression sur deux élèves plus jeunes… Merci de cette information. J'avais justement besoin de mettre un élève en colle pour nettoyer ma salle de classe.

Ça avait du bon d'être le chouchou des profs. James avait peut-être le soutien inconditionnel de Londubat et le favoritisme de Slughorn (de toute façon Slughorn était une grosse limace qui ne défendait pas assez sa Maison), mais les Malefoy pouvaient compter sur leur étrange prof de Runes pour prendre leur défense. Scorpius s'éloigna donc d'un pas léger, inconscient du regard de Mocking qui pesait sur son dos.

Quand les élèves eurent disparus à un tournant du couloir, Alyssa Mocking secoua la tête comme pour se sortir de ses pensées, et s'éloigna avec un sourire en coin, marmonnant pour elle-même :

– Oh, n'empêche, Alva aurait hurlé…

Et l'idée était tellement drôle qu'elle dut retenir un petit gloussement.

oOoOoOo

Lettre d'Alyssa Mocking à Salvakya Malefoy :

Chère Alva,

Tu seras ravie d'apprendre que ton petit Scorpius s'est finalement décidé à sortir du placard avec le jeune Albus Potter. James Potter est également impliqué dans l'affaire…

Alyssa.

oOoOoOo

Lettre de Salvakya Malefoy à Alyssa Mocking :

QUOI ?! Dis-moi que tu blagues. Dis-moi que tu blagues ou bien il va y avoir un meurtre. Peut-être même plusieurs.

Alva.

oOoOoOo

Lettre d'Alyssa Mocking à Salvakya Malefoy :

Poisson d'avril !

Alyssa.

oOoOoOo

Lettre de Salvakya Malefoy à Alyssa Mocking :

Ah ah. Morte de rire. J'espère que tu es contente de toi. D'où tu as sorti une idée pareille ?

Alva.

oOoOoOo

Alva ne put s'empêcher de pouffer de rire en lisant la lettre suivante, où Alyssa lui détaillait par le menu l'histoire des poissons qui avaient envahi Poudlard, et des Rôdeurs enfermés dans un placard. Visiblement, c'était animé à Poudlard. Par exemple, Scorpius ne lui avait pas parlé de cette histoire de défi qui avait poussé un garçon de Serpentard –Owen Pritchard, se souvint-elle– à danser la macarena en plein cours de Botanique.

– Alyssa ? s'enquit Draco sans lever les yeux de son journal.

– Effectivement, confirma Alva.

Les Malefoy étaient tous dans le salon. Ils venaient de dîner, tous ensemble, selon une habitude qui s'était progressivement imposée depuis Noël. Lucius semblait avoir accepté le fait que ce soit Draco le chef de famille, qu'Alva ait plus d'autorité que lui, et qu'Hyperion soit muet comme une huître dès qu'il se tournait vers lui. En somme, tout se passait bien.

– J'espère que Dylan n'a rien fait, soupira Cathy d'un air soucieux.

Assise dans un élégant et luxueux fauteuil à bascule, elle tenait Constance contre elle, et le mouvement du rocking-chair berçait la petite fille. Narcissa, assise devant une délicate table ronde juste à côté, était en train de retoucher à l'aide de la magie une robe pour bébé. Lucius, dans un fauteuil près de la cheminée éteinte, et Draco, sur le canapé installé en face, lisaient chacun leur journal. Celui de Lucius était Le Prophète, un journal Puriste, et celui de Draco était Point Culture, un journal Traditionnaliste. Il y avait eu une explosion de nouveaux journaux au cours de la nouvelle décennie, depuis qu'Hermione Granger avait lancé un débat sur la liberté de la presse.

Nathan, assis un tailleur sur le tapis et plongé dans la lecture d'une très longue lettre envoyée par Theodore Nott, leva les yeux de son courrier d'un air moqueur :

– J'en doute. Alors, Alva ?

La Russe esquissa un sourire, et repoussa la lettre d'Alyssa :

– Ton fils est innocent. Et, de manière surprenante, le mien aussi.

– Ah ? s'intéressa Draco en levant le nez de son journal. Eh bien, peut-être que tout espoir n'est pas perdu alors…

– Oh, ça j'en doute. Il n'y est peut-être pour rien dans l'invasion de poissons qui a frappé Poudlard…

Cathy, Narcissa et Nathan retinrent un gloussement, et Lucius roula des yeux d'un air las derrière son journal. Mais Alva poursuivit, imperturbable :

– … Mais il a forcé une porte sans magie, a kidnappé deux Gryffondors, et a saboté tous leurs shampoings. Tous ceux qui se sont douchés sans méfiance ce matin-là ont eut les cheveux verts.

Draco ricana, et sa femme et lui échangèrent un regard complice. Décidément, leur fils avait hérité de tous les gènes « farceurs » de la famille. Pire, il les cumulait. Avec Al', ils s'étaient bien trouvés !

–Tu vas voir Alyssa dimanche prochain ? se renseigna Draco.

– Non, elle est occupée. Pourquoi ?

Draco haussa les épaules. Distraitement, Alva remarqua qu'en faisant ce geste machinal et décontracté, il réussissait à avoir la classe.

– Sortir. Aller au restaurant. On pourrait même aller à Pré-au-Lard, si tu veux.

Alva sourit.

– Bien sûr.

Parce qu'ils aimaient tous les deux se retrouver ensemble, oubliant les enfants, Nathan et Cathy, Lucius et Narcissa, et toutes leurs responsabilités. C'était juste eux.

Bien sûr, quand ils sortaient en couple, ils savaient qu'il y avait toujours un risque qu'un journaliste prenne une photo et écrive un article sur eux. Si la photo était belle, ils seraient "le couple Malefoy, toujours aussi rayonnant". Si l'un d'eux fronçait les sourcils, par contre, les rumeurs de divorce se mettraient à fuser. Pour la plupart des journalistes, un mariage comme le leur était un mystère. EtaientÉtaient-ils mariés par intérêt, par amour ? Se disputaient-ils ? Quels points communs pouvaient-ils bien avoir ?

Alva et Draco s'en moquaient. Ils étaient sortis ensemble par amour, et même si les questions financières les avaient poussés à se marier plus jeunes qu'ils ne l'auraient voulu, ils auraient fini par s'épouser un jour où l'autre. Ils s'aimaient. L'un avec l'autre, ils riaient, ils étaient niais, ils se comprenaient, et même après quinze ans de mariage, le désir ne s'était pas éteint. Si ça, ce n'était pas la définition même de l'amour, Alva ne savait pas ce que c'était.

– Au fait, dit soudain Lucius. Depuis quand les McAlister sont aussi… Influents ?

Il y avait eu une pointe de dédain dans la voix du Mangemort quand il avait prononcé le nom. Les McAlister étaient des Sang-Purs depuis une douzaine de générations à peine. Comparés aux Malefoy, ils avaient vraiment un pedigree minable. Mais après les pertes de la guerre, c'était une lignée plus pure que bien d'autres.

– Dix-huit ans, répondit Nathan en continuant à lire sa lettre.

– C'est ça, approuva Draco. Deux ans après la guerre, ils ont commencé à créer les rues mi-sorcières. Pour relancer l'économie.

– Ces rues mi-sorcière, lâcha prudemment Lucius en fronçant les sourcils. Est-ce que ce n'est pas…

– Risqué pour le secret magique ? compléta Narcissa avec un léger sourire. Si, ça l'est.

– Rien que l'idée donne des palpitations à Quintus, ricana Draco. Mais le risque est sous contrôle. Il y a des Oubliators et des Veilleurs à tous les coins de rues.

– Veilleurs ? releva Lucius.

– Des surveillants du Monde Moldu. Le poste a été créé il y a dix-douze-dix ans, quelque chose comme ça. Une des rares bonnes idées des Réfractaires. Ça a été soutenu par les Puristes d'ailleurs…

Lucius haussa un sourcil intéressé, et Alva renifla avec mépris :

– A la base, c'était surtout pour créer un travail qui renverrait les Nés-Moldus hors du monde magique.

– A la base, justement ! tempéra Cathy. Ce poste est accessible à tous. Nathan, tu te souviens de César Lantilus ? Il faisait partie du Club, à Poudlard. Eh bien, il est Veilleur et c'est un Sang-Mêlé.

– Exact, approuva Nathan. Et les Veilleurs vivent autant dans le monde magique que dans le monde Moldu, alors n'en fait pas des martyrs, Alva. C'est un métier assez proche de celui de douanier. Ou d'interprète. Ça nécessite une grande ouverture d'esprit et…

Nathan partit dans une de ses théories sociologiques, citations à l'appui, et Alva décrocha, se contenta de hocher vaguement la tête et de faire « hum hum » à intervalles réguliers. Le regard dans le vague, pensive, Alva laissa ses pensées vagabonder.

Draco avait déjà lu la moitié de son journal. Il avait donc dépassé l'article sur le gamin Né-Moldu brutalement rejeté par ses parents et adopté par une famille d'accueil sorcière –un luxe, peu de parents sorciers acceptaient d'ouvrir leur famille à des étrangers comme ça– financée par les Réfractaires. Draco n'avait pas tiqué, il avait juste continué à lire…

Évidemment, l'article en faisait juste un drame familial et un acte de charité de la part des Réfractaires, mais Alva s'était renseigné sur ce cas. Elle avait croisé César Lantilus en quittant le Ministère et le jeune Veilleur faisait partie de ceux qui avaient conduits le gamin chez sa nouvelle famille. Et il avait parlé avec le petit…

– Alva ?

– Hum ?

Elle reporta son regard sur Nathan, qui la regardait d'un air vexé. Draco, lui, leva les yeux au ciel avant de poser son journal sur ses genoux, et de supposer :

– C'est cette histoire de Né-Moldu rejeté qui t'inquiète ?

La Russe ouvrit des yeux ronds, cette fois. Est-ce que son mari venait d'utiliser la Legilimancie ? Parce que c'était exactement ce qui la tourmentait.

– Comment tu as deviné ?

Draco afficha cet air supérieur qui signifiait voyons-ne-sois-pas-stupide-c'est-évident, et déclara d'un ton docte :

– Je te connais. Alors, quel est le problème ? Les gamins rejetés à cause de la magie, ça arrive. A notre époque, ils sont juste rejetés et pas tués, c'est même un progrès.

– Un hasard, tu es sûr ? insista Alva. Moi, je ne crois pas.

Les autres Malefoy continuaient leurs activités, mais Alva devinait qu'ils l'écoutaient tous attentivement. Même Lucius. Draco haussa un sourcil :

– Et pourquoi ?

– Le gamin a fait une violente crise de magie accidentelle qui a poussé ses parents à le jeter à la rue, soit. Mais la veille, Josias Fields avait proposé la création d'un orphelinat spécialement pour les Nés-Moldus de moins de dix ans. La coïncidence me parait un peu grosse. Et puis…

Elle hésita un instant, ne sachant pas exactement comment rapporter le témoignage de César Lantilus, puis se lança :

– J'ai parlé à un Veilleur qui a discuté avec le petit. Lantilus, justement. Le gamin n'a aucun souvenir de la crise de magie qui a poussé ses parents à l'abandonner. Comme s'il était inconscient, ou possédé, ou… Drogué.

– Tu exagères, Alva, soupira Cathy. Les Réfractaires sont des imbéciles idéalistes, ils ne vont pas faire sniffer des hallucinogènes à un enfant pour provoquer une catastrophe qui pousserai le Magenmagot à les écouter !

Il y eut un silence. Nathan et Draco se regardèrent, regardèrent Alva. La Russe, impassible, leur rendit leurs regards. Cathy fronça les sourcils :

– J'ai dit quelque chose ?

Un peu moins d'un an plus tôt, Alva, Ron et Harry avaient découverts que les Réfractaires importaient de la FullMood de l'étranger. Cette drogue réduisait l'être humain à une bête fauve assoiffée de sang et de violence, aux instincts destructeurs encore plus féroces que ceux d'un loup-garou. Et quand les drogués s'éveillaient après les atrocités qu'ils avaient commises, ils n'en gardaient aucun souvenir…

– Rien, finit par lâcher Draco.

Mais il mentait, et tout le monde le savait. Cathy n'insista pas, mais lança à son beau-frère un regard significatif. Narcissa fronça les sourcils mais resta concentrée sur son travail de couture. Lucius, lui, jeta un regard aigu à son fils. Il devinait qu'on lui cachait quelque chose, et était méfiant.

Draco posa les yeux sur sa femme, interrogatif. Devaient-ils parler du côté obscur des Réfractaires au reste de la famille ? Après tout, il était élu au Magenmagot, à présent. La lutte était sérieuse maintenant. Alva se rembrunit, peu encline –comme toujours– à donner la moindre information à Lucius Malefoy. Mais Nathan haussa les épaules :

– Qu'est-ce que tu penses, Alva ? Qu'ils ont utilisé la FullMood ?

Cathy prit une inspiration étouffée. Le regard de Lucius se fit acéré. Ah, donc plus de secrets, en déduisit Alva avec amertume. Nathan voulait partager ça avec les autres. Soit.

– Djar a dit que la FullMood était là pour réveiller la puissance des sorciers, fit-elle en fixant son beau-frère droit dans les yeux.

– Mais la FullMood provoque de crises de violence beaucoup plus prononcées, objecta le Né-Moldu. Ce gosse a juste fait une crise de magie accidentelle…

– Il a rasé la moitié de sa maison, a tué le chien, blessé sa mère et éborgné son père, fit Alva d'un ton acide. C'était peut-être faible, à l'échelle habituelle. Mais c'était la folie destructrice typique de l'usage de la FullMood.

– Mais pourquoi l'utiliser sur un gamin ?

– Qu'est-ce que j'en sais ?

– Tu as suggéré cette idée.

– Ok, très bien. Alors… Peut-être pour que son rejet fasse réfléchir le Magenmagot sur cette idée d'orphelinat.

– Ou peut-être pour autre chose.

– Je ne vois pas d'autre moyens de faire accepter ce projet à par ça, grommela Alva.

– Ils avaient peut-être un autre but ?

– Ou peut-être qu'on se trompe et que leur but était juste d'arracher le gosse à sa famille Moldue ?

– Oui, réfléchit Nathan. Peut-être que ce n'était pas un moyen, mais un but…

Les autres Malefoy, dans un silence religieux, écoutaient les deux Serdaigles débattre. Leurs regards suivaient le dialogue comme si c'était un match de tennis. Quand Nathan se tut et se mit à réfléchir, le silence se mit à s'approfondir.

Quand Nathan réfléchissait et aboutissait à une théorie, il y avait si peu de chances qu'elle soit fausse que les chiffres tendaient vers le zéro.

Finalement, Nathan cligna des yeux, puis se leva :

– Je vais chez éo.

– A cette heure ? s'indigna Narcissa.

Elle était celle qui avait adopté Nathan. Pas Lucius, pas Draco : elle. Son fils avait beau lui avoir suggéré l'idée en premier, Narcissa en était venue à réellement adorer ce petit Serdaigle, ce second fils qu'elle n'avait jamais eu. Et parfois, elle se comportait de manière un peu protectrice…

– J'ai une théorie à lui soumettre. Accio notes sur la FullMood !

Il y eut un bruissement à l'étage, le souffle d'un objet qui se déplace à toute allure dans les airs, et une pochette cartonnée épaisse surgit du couloir de l'entrée pour atterrir dans les mains de Nathan. Alva se leva, indigné :

– Attends ! Quelle est ta théorie ?

Nathan avait déjà une poignée de poudre de Cheminette à la main. Il se tourna vers la Briseuse de sorts, l'air surpris qu'elle pose la question, puis un air grave se peignit sur son visage.

– Peut-être que ce gamin est seulement la seule expérience dont on ait entendu parler.

– Une expérience ? répéta Draco d'un air tendu.

– Pour expérimenter un nouveau dosage. Un nouveau degré de folie, ou un nouveau degré de contrôle… Imaginez un dosage assez précis pour rendre les gens avides de violence et de sang, libérés de toute contrainte morale, mais en même temps assez disciplinés pour suivre des ordres ?

Il y eut un silence glacé, le temps que chacun s'imprègne de ces mots, puis Nathan jeta la poudre de Cheminette dans l'âtre, et s'engouffra dans les flammes vertes en ordonnant le l'adresse du laboratoire de Theo.

Après son départ, le silence perdura encore quelques secondes. Puis Draco soupira :

– Très bien. Il va falloir que je vous dise quelque chose. Il y a un an de cela, Potter a interrogé un trafiquant de FullMood…

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A suivre...

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