Bonsoir à tous ! (ou bonjour, ça dépend de l'heure à laquelle vous lisez ^^). Comme toujours, je tenais à m'excuser de mon retard (bon je crois qu'à force vous avez compris vu que je me répète à chaque fois). Donc voilà, mille excuses. Mais bon, vous savez ce que c'est. Les vacances, il y a rien de plus épuisant :D. Je voulais également vous remercier de tous vos encouragements, ça me fait vraiment plaisir. Et... J'ai pu constater que le chapitre précédent vous avait assez surpris (c'était le résultat attendu mais j'avais peur d'avoir laissé trop d'indices mais ouf ouf ça a pas été le cas ^^.) J'ai aussi pu remarquer quelques inquiétudes (encore une fois, c'était le but). Mais que tout le monde se rassure, cette histoire est une histoire d'amour, je vous promets donc un happy end (de toute manière je suis trop fleur bleue pour faire autrement ^^) . Simplement, disons qu'il y a quelques rebondissements ;). J'adore surprendre (autrement dit, attendez vous à tout ;) ). Voili voilou :)
Ah non ! J'ai ajouté des "O*O*O*O*O*O*O", ils servent à délimiter des scènes, sinon je trouvais qu'elles n'étaient pas assez marquées. C'est bon, là je crois que j'ai dit tout ce que j'avais à dire.
Guest : Hello ! Tout d'abord merci, ta review m'a fait plaisir et en plus elle m'a boosté (même si j'ai mis pas mal de temps pour ce chapitre aussi...) Oui, j'ai trop culpabilisé quand j'ai vu que tu l'attendais depuis longtemps :(. Pardon, pardon, pardon. Promis, ça ne se reproduira plus :) (enfin je vais essayer ^^). J'espère que ce chapitre te plaira aussi. Bisous !
alexiane : Coucou toi ! Merci de m'avoir dit ce que tu pensais, au moins c'était honnête :) (j'aime les gens honnêtes ;).) Je suis vraiment désolée si ce chapitre t'as déçu, c'est sûr qu'il est assez différent du reste de l'histoire, mais c'était programmé ainsi. En fait, en te lisant, j'ai eut l'impression que tu me demandais si tout allait finir bien, je me trompe ? :) Eh bien oui, comme je l'ai dit plus haut, je suis trop romantique pour faire finir mal une histoire ^^. Donc oui il y aura un happy end. Mais pas tout de suite tout de suite encore. Je peux juste te dire qu'il est possible, peut être même certain que prochainement nous aurons d'autres rebondissements... Après moi je dis ça je dis rien ! ;) Bref, je te laisse décider si tu continues ou non ;). Mais en tout cas merci et gros bisous !
leveaud'ct : Hey ! Comment vas-tu ma blabla's sister ? (vive le terme qui n'existe pas ^^) T'inquiète, vu la longueur de ta review, tu es tout à fait pardonnée de ton retard ;) (ah ce propos j'adore vraiment ce que tu m'écris, je suis morte de rire à chaque fois xD). Bon, pour l'adresse mail on laisse tomber, j'attendrais juste impatiemment que tu me donnes de tes nouvelles ;). Bref. Apparemment tu as été surprise (très) (extrêmement) (incroyablement). Tant mieux, c'est ce qu'il fallait :D. Et oui, Drago est un ignoble sadique qui ne mérite pas sa place sur Terre. Mais t'inquiète. Ca va peut être pouvoir s'arranger ;). Pour répondre à ta question, oui il y aura encore plein de chapitres (tout le monde crie hourra !), et oui, il y aura un happy end (sinon c'est pas drôle :P). Merci beaucoup beaucoup beaucoup de tous tes encouragements qui me font sourire toute la journée après que je les ai lu. Bon je te laisse à ton chapitre, j'espère qu'il te plaira et plein de bisouuuuuuuuuuuuus ! :D
Bonne lecture !
Chapitre 11 : Derrière la vitre
« Cinq jours. Voilà cinq jours que je suis prisonnière ici, coupée de tout, coupée du monde, à attendre. C'est la seule chose que je suis encore en mesure de faire. Attendre. Je ne ressens plus rien, rien à part de la colère et un irrépressible désir de revanche. Je ne suis plus rien, rien à part une coquille vide habitée par une rage sans nom. Elle seule me permet de survivre. Je ne vis plus. Je survis. J'ai perdu l'usage de mon cœur. De toute façon, il ne me servait qu'à souffrir. Je suis à présent une machine, une machine uniquement programmée pour provoquer une chute. La chute de Drago Malefoy.
Je suis finalement parvenue à être ce que j'ai toujours souhaité quand Ron m'a quitté. Un être dépourvu de sentiments. Je n'avais jamais réussi avant. Maintenant je sais. Je sais ce qu'il faut souffrir pour être totalement en mesure de fermer son cœur. J'y suis parvenue. Avec l'aide de Drago Malefoy.
Cinq jours que je suis ici, et j'ai l'impression d'y être depuis déjà une éternité. J'essaie d'ignorer les faisceaux argentés constamment fixés sur moi. Je les sens même dans mon sommeil. J'ignore pourquoi, ils me dérangent. Non pas qu'ils me blessent car ils sont le souvenir de la plus belle époque de ma vie, mais ils me dérangent, tout simplement. Je fais tout pour les éviter, je me concentre sur n'importe quoi. Alors j'ai appris chaque détail de cette maison dans laquelle je suis enfermée. Idem pour le grand espace qui l'entoure. Je reste des heures entières à regarder le site, assise sur le rebord intérieur des fenêtres protégées par un enchantement. Ce sort m'empêche peut être de sortir, mais il ne m'empêche pas d'apprendre de mon environnement.
Je pourrais retracer la silhouette des montagnes qui nous surplombent les yeux fermés. Je connais chaque pierre, chaque fourré, chaque brin d'herbe de ce paysage. Je connais toutes ses faiblesses. Et je compte bien m'en servir pour m'évader de cet enfer dans lequel je suis depuis cinq jours.
Cinq jours. C'est cinq jours de trop. Demain, à l'aube, je pars. »
Le soleil se levait à peine sur la maison de pierre, et pourtant Hermione avait depuis longtemps les yeux ouverts. Fatiguée d'être depuis trop longtemps immobile, elle se leva sans bruit. Les menottes qu'elle avait aux poignets étaient reliées au mur grâce à une longue chaîne qui lui permettait de se déplacer de la salle de bain à son lit de fortune. Malgré cette entrave, elle fit quelques pas pour délier ses muscles ankylosés.
Son manque d'activité pendant la journée entraînait des insomnies, et les insomnies entraînaient des réflexions intenses. La lionne avait eu tout le temps durant cette nuit de préparer son évasion. Hors de question de rester ici plus longtemps. Il était trop tard à présent pour qu'elle puisse partir aujourd'hui, mais ce n'était que partie remise. Au moins, elle aurait davantage de temps pour se préparer. Et demain matin, à quatre heures, elle fuirait. Tant pis si les choses tournaient mal, mieux valait une courte existence où l'on a fait ce qu'on avait faire plutôt qu'une longue vie de servitude. Cependant, grâce à son observation minutieuse, elle mettait toutes les chances de son côté pour que son échappée aboutisse.
Tout d'abord, il était hors de question qu'elle tente quoi que ce soit sous la surveillance de Malefoy. Cela équivaudrait à signer son arrêt de mort. Sa surveillance froide et implacable ne laissait rien passer. Même lorsqu'il détournait les yeux pour s'affairer sur autre chose, sa tête se retournait brusquement vers la sorcière au moindre de ses mouvements. Elle devrait donc attendre que ce soit Skoll qui vienne la garder. Malgré l'accueil intimidant qu'il lui avait réservé à son arrivée, il s'était avéré une compagnie plus chaleureuse que le Serpentard. Certes, il n'était pas non plus en train de lui distribuer des bonbons, mais au moins il ne la regardait pas avec un mépris permanent.
Malefoy la surveillait de midi à minuit, puis c'était au tour de Skoll pour les douze heures suivantes. Elle ignorait ce qu'ils faisaient entre temps, mais elle se doutait qu'ils devaient probablement dormir et faire des rondes dans le périmètre, comme le Serpentard l'avait demandé à son acolyte le premier jour.
Quatre heure était de ce fait la meilleure heure pour prendre la poudre d'escampette : à cette heure-là, Skoll serait sans doute en train de somnoler, voire même avec un peu de chance de dormir, comme elle le surprenait depuis quelques matins. Contrairement à son ami, le fils Greyback était assez insouciant, pour ne pas dire négligent. Ainsi, la veille, pendant qu'il était aux toilettes, la lionne avait réussi à se glisser sans bruit jusqu'au tiroir où ses ravisseurs gardaient sa baguette, l'avait ouvert en forçant la serrure grâce à ses menottes puis, une fois qu'elle eut récupéré sa fidèle alliée, elle en fabriqua une copie pour ne pas éveiller les soupçons, referma le tiroir et revint gentiment à sa place. Tout cela en cinq minutes top chrono.
Dès ce moment-là, elle n'avait eu plus qu'une envie : partir. De toute façon, maintenant qu'elle avait sa baguette, elle pourrait franchir les sorts de protection sans problème. Simplement, elle savait par expérience que ce qui est fait dans la précipitation a toutes les chances d'échouer. Et pour rien au monde elle ne voulait se faire rattraper une seconde fois. Alors, elle s'occupait en essayant d'imaginer tous les scénarios possibles, pour ne pas se laisser surprendre, tout en faisant quelques préparatifs discrètement : raccommoder son pantalon kaki abondement déchiré, noircir sa chemise autrefois blanche mais toujours trop claire et donc trop repérable dans la nature, se procurer une gourde d'eau à présent cachée sous la paille qui lui servait de lit avec sa baguette.
En entendant son geôlier bouger sur la chaise sur laquelle il s'était une fois de plus endormi, la sorcière revint précipitamment sur sa couchette et fit semblant de dormir. Skoll ne devait pas se doutait qu'elle savait qu'il dormait au lieu de la surveiller, car sinon il augmenterait la vigilance. Et là, difficile de s'échapper.
Les yeux clos, elle entendit la chaise grincer sous son poids tandis qu'il s'étirait, et des bruits de pas se dirigèrent vers elle, s'arrêtèrent un instant comme si leur propriétaire s'assurait que sa pensionnaire dormait bien puis se dirigèrent vers la cuisine. Vu le boucan que Skoll faisait dans celle-ci, Hermione estima qu'elle pouvait sans risque se réveiller pour de bon sans attirer les soupçons. Elle s'assit lentement, la main devant les yeux, comme aveuglée par le soleil. Parfaitement dans la peau du personnage. Le Mangemort revint bientôt, une tasse de café à la main, et balança un morceau de pain à la jeune femme. Celle-ci le considéra un moment en haussant les sourcils, agacée d'être une fois de plus traitée en moins que rien.
-Arrête de faire la fière et mange ma belle. Tu vas finir par mourir de faim.
-Je ne vois pas en quoi ça te dérange, répondit-elle avec mépris, mais en attrapant tout de même la nourriture.
Son ventre gargouillait de plus en plus férocement à mesure que passaient les jours.
-Ne dis pas n'importe quoi. Bien sûr que ça me dérangerait. Nous devrions aller capturer un autre Sang-de-Bourbe, et contrairement à ce qu'on peut croire ce n'est pas toujours facile, déclara-t-il en buvant sa boisson chaude.
Hermione lui répondit par un regard noir. Il lui semblait qu'à présent c'était la seule chose qu'elle arrivait à exprimer avec son regard. La colère. Le mépris. Toute joie avait été anéantie en elle.
-Ne me regarde pas comme ça, rit le sorcier. D'ailleurs, aujourd'hui est mon jour de bonté, je vais te donner le droit d'utiliser la douche.
-Trop aimable, marmonna-t-elle en réponse.
-Tu déclines mon offre ?
-Non, non, c'est bon.
Il lui sourit, ses yeux verts pétillants de victoire, tandis qu'elle détournait le regard. Elle avait horreur de se soumettre ainsi, surtout à ce genre d'individu, mais le jeu en valait la chandelle. Voilà presque une semaine qu'elle accumulait la crasse, un bon nettoyage était donc le bienvenu.
Dès qu'elle eut fini son pain, elle se rendit auprès de Skoll pour qu'il lui ôte ses liens le temps qu'elle se lave.
-Je te préviens, une seule tentative pour t'enfuir et je te jure que tu te souviendras de cette punition. Je t'accorde une faveur en te laissant te doucher, alors ne me fais pas le regretter. De toute manière, je ferais le guet derrière la porte et il n'y a pas d'autre issue à cette pièce.
Le regard grave, il donna un coup de baguette sur les menottes pour les déverrouiller puis escorta la lionne jusqu'à la salle de bain du premier étage. Hermione, toujours cantonnée au rez-de-chaussée, ouvrit grand les yeux pour graver chaque détail de ce nouvel espace dans son esprit. On ne sait jamais.
L'escalier en colimaçon pour accéder à l'étage se trouvait juste derrière la cuisine. Une fois en haut, on arrivait dans un couloir explosé dont la partie gauche était à moitié écroulée et donnait sur la plaine. La sorcière tenta un rapide coup d'œil au dehors mais Skoll la rappela à l'ordre en lui enserrant fortement le bras, et elle se concentra de nouveau sur le passage. Il donnait sur plusieurs portes, mais le Mangemort poussa la première à droite et expliqua rapidement comment fonctionnait la douche. Après quoi, il sortit de la salle de bain en lançant un dernier regard d'avertissement à Hermione, qui répondit par un petit sourire innocent.
Une fois seule, elle se frotta vigoureusement les poignets, chose qu'elle s'était refusée à faire devant son gardien. Ces derniers étaient sales, profondément meurtris. La sorcière releva la tête, cherchant quelque chose qu'elle pourrait mettre sur ses blessures. C'est là qu'elle l'aperçut. Une folle, une sauvageonne, les joues creuses, les cheveux dressés sur la tête, qui l'observait avec froideur. Il lui fallu une minute entière pour comprendre que cette barbare n'était que son reflet. Elle avança prudemment en direction du miroir, des larmes commençant à se répandre sur ses joues. C'était ça qu'ils avaient fait d'elle ? Elle n'était même pas en mesure de se reconnaître. Elle avait l'air de quelqu'un qui vient passer un mois dans un camp de concentration, alors qu'elle n'était ici que depuis cinq jours.
Le pire dans toute sa transformation était sans doute ses yeux. Ils étaient froids comme la glace. Comme s'ils avaient vu toute la souffrance du monde et qu'à présent ils n'étaient capables de le regarder qu'avec indifférence. Même maintenant qu'elle pleurait sur la disparition de ce qu'elle avait été, on ne voyait aucune tristesse dans son regard. Elle ne ressentait absolument rien. Elle était brisée.
Essuyant lentement ses joues remplies de larmes vides, elle s'observa plus minutieusement : elle avait beaucoup maigrit, des coupures s'étalaient sur tout son corps et la marque que Malefoy avait imprimé sur son cou était toujours présente, mais elle commençait légèrement à s'effacer. Il n'avait pas dû y aller de main morte pour qu'elle soit encore aussi visible. La Gryffondor avait deviné qu'elle était toujours là aux coups d'œil que Skoll lançait dessus régulièrement, mais elle pensait qu'elle serait plus estompée.
Le jeune homme semblait d'ailleurs légèrement apeuré devant cette trace. De nombreuses fois, Hermione l'avait surpris en train de fixer la tâche violette qui enlaidissait son cou, l'air un peu hésitant. Elle ignorait pourquoi, mais elle s'en moquait.
Elle continua un long moment à observer la pâleur qui marquait ses traits. Comment était ce possible qu'elle soit dans cet état-là après seulement cinq petits jours ? Au fond, elle n'était pas si mal traitée que ça : à part le premier jour où elle avait vraiment souffert pour avoir poussé à bout Malefoy, elle n'avait quasiment plus subi aucune torture. Oh, bien sûr, il arrivait parfois qu'on lui lance un petit Doloris pour la punir de son insolence, mais ce n'était rien comparé à ce que lui avait fait subir le Serpentard.
Tout à coup, elle comprit pourquoi elle était si mal en point. Ce n'était pas à cause des mauvais traitements qu'elle avait pu subir. C'était simplement son état intérieur qui se reflétait sur son aspect extérieur.
A quelques centaines de mètres de là, dans une maison située derrière la bâtisse en pierre et sous Fidelitas, Drago Malefoy prenait également sa douche. Il resta longtemps immobile sous l'eau brûlante, de mauvaise humeur. Il avait passé la moitié de la nuit à patrouiller dans les environs et il ne pouvait même pas aller dormir avant d'avoir à surveiller la Sang-de-Bourbe. La réunion qui avait lieu ce matin était trop importante pour qu'il se permette de la rater et il fallait absolument qu'il expose ses demandes au chef. Même si la fois précédente ce dernier lui avait tout refusé, il comptait bien retenter sa chance, et ce jusqu'à ce qu'il réussisse. On ne dit jamais non à un Malefoy.
En soupirant, il coupa l'eau, attrapa une serviette blanche qui traînait par là et la noua sur ses hanches. Puis, plus par habitude qu'autre chose, il regarda rapidement par la fenêtre pour vérifier que tout allait bien dans la maison voisine. A l'instant où ses yeux se posèrent sur le couloir éventré du premier, il cru qu'il allait avoir une attaque. Skoll était debout à attendre tranquillement devant la porte de la salle de bain. Il fallut à Drago une demi-seconde pour comprendre qui se trouvait dans la pièce que son compagnon surveillait. Mais à quoi jouer ce gamin exactement ? Il voulait que leur prisonnière s'échappe, c'est ça ? Les yeux exorbités, il regarda Skoll faire des aller retour devant la porte de la salle de bain, faisant léviter des pierres pour faire passer le temps…
Drago crut qu'il allait exploser de fureur. Rageusement, il leva sa baguette et en fit sortir un félin touffu argenté qui s'élança, bondit dans les airs et atterrit sur un morceau du mur écroulé avant de hurler avec la voix du Serpentard :
-Bordel mais qu'est ce que tu fous ?!
Skoll se retourna avec un sursaut vers le Patronus, puis leva la tête vers la maison en face de lui. Le Mangemort pouvait la voir, ayant été informé de son existence par Drago. Après avoir localisé son ami appuyé à une fenêtre qui le regardait les sourcils froncés, il lui sourit et leva les pouces en l'air pour lui faire comprendre qu'il avait la situation bien en main.
Le sorcier se retourna lentement et partit se changer. De toute façon, à quoi bon ? Cet inconscient refusait d'entendre raison et ce n'était pas lui qui réussirait à lui apprendre quelque chose. Et tant que la Sang-de-Bourbe était toujours là, tout irait bien.
Hermione ressortit revigorée de sa douche. La température de l'eau devait être aux alentours de 20 degrés mais c'était toujours ça. S'enroulant dans une serviette miteuse, elle entreprit de se peigner les cheveux avec ses doigts. Elle parvint même à esquisser un sourire à son reflet. Merlin, quel bien fou procure le simple fait d'être libre de ses mouvements, même rien que le temps d'une douche ! On se rend compte de la valeur d'une chose qu'une fois qu'on l'a perdu. Mais demain elle la retrouverait. Demain, elle serait libre à nouveau.
O*O*O*O*O*O*O
Le retour en bas fut identique à l'aller : Skoll la maintenait par le bras et dès qu'elle tentait le moindre coup d'œil à travers le mur défoncé vers la plaine, elle était immédiatement redirigée. Pourquoi diable n'avait-elle pas le droit de regarder dehors ? Elle passait bien ses journées à admirer l'autre côté du paysage. Ces personnes étaient décidemment remplies d'incompréhension.
-Et voilà ma jolie, déclara le jeune homme en lui fixant à nouveau ses menottes. J'espère que tu as apprécié, car je doute que tu es ce traitement tous les jours.
« Peu m'importe, pauvre fou. Demain je serais loin à l'heure qu'il est », pensa-t-elle avec force, avant de se tourner vers la fenêtre pour récapituler une fois de plus son évasion. Ce soir, à minuit, Skoll viendra remplacer Malefoy. A ce moment, ils la réveilleront, ils la réveillaient tous les soirs avec le transplanage de Skoll qui, contrairement au blond, transplanait comme tout le monde, c'est à dire avec un gros craquement. Ensuite, elle fera semblant de se rendormir, pour que le sorcier, lassé, s'endorme à son tour. Puis elle surveillera la position de la Lune, jusqu'à ce qu'il soit approximativement quatre heures. A ce moment-là, elle sortira sa baguette, déverrouillera ses liens et tentera de fuir, si possible sans réveiller son gardien.
Toute à ses réflexions, la lionne sursauta quand Skoll se leva brusquement et se mit à faire les cent pas.
-Drago n'est toujours pas là, répondit-il au regard interrogateur qu'elle lui lançait tandis qu'il se penchait par la fenêtre pour jeter des coups d'œil au dehors. Tu crois qu'il faut que je lui envoie un Patronus ?
Hermione haussa les épaules pour lui faire comprendre qu'elle s'en fichait royalement, avant de retourner à sa seule distraction, à savoir contempler le paysage. En vérité elle réfléchissait. Le Serpentard n'avait pas pour habitude d'être en retard, au contraire il était d'une ponctualité impressionnante.
Au bout d'une heure, ce dernier daigna enfin apparaître, l'air passablement énervé. Ses yeux lançant des éclairs, sa mâchoire contractée et ses sourcils froncés dissuadèrent Skoll d'émettre la moindre remarque sur son inhabituel retard. Avec un soupir, le blond regarda la vieille chaise branlante sur laquelle ils effectuaient leur tour de garde, la métamorphosa en fauteuil nettement plus confortable et s'affala dessus sans cérémonie.
-Il y a un problème ? demanda-t-il à son acolyte d'un ton agressif.
-Du tout, répondit l'autre, sans grande assurance toutefois.
-Bon, et bien dans ce cas vas-t-en. A moins bien sûr que tu ne veuilles prendre mon tour de garde, car si c'est ça je te l'offre avec grand plaisir.
-Non non, c'est bon, je pars, je… balbutia-t-il, visiblement peu habitué à ce que Malefoy soit désagréable avec lui.
Ce dernier le chassa de la main, puis appuya sa tête en arrière, les yeux fermés, comme éreinté. La Gryffondor profita du fait qu'il ne surveille pas ses moindres faits et gestes comme de coutume pour l'observer à son tour. Ses cheveux blonds étaient un peu ébouriffés, alors que d'habitude ils étaient peignés avec le plus grand soin. Ses yeux étaient cernés et son teint pâle. Visiblement, l'héritier Malefoy n'était pas au meilleur de sa forme.
Ses vêtements en revanche étaient fidèles à eux même : classes et chics. Aujourd'hui, il portait une chemise bleu ciel ouverte par-dessus un T-shirt blanc avec un jean foncé, le même qu'il avait le soir où ils s'étaient embrassés pour la première fois… Presque instinctivement, le regard de la sorcière se porta sur le visage du blond, puis remarqua que Malefoy la scrutait intensément.
Oups. Prise en flag.
La lionne se détourna précipitamment, les joues écarlates.
-Tu devrais te méfier de Skoll, déclara soudain le Serpentard, rompant le silence gênant qui s'était installé.
Sous la violence du choc, Hermione pivota vers lui, les yeux grands ouverts. Est ce qu'il venait de s'adresser à elle ? Depuis le premier jour, il ne lui avait pas adressé un mot, lui faisant ainsi comprendre qu'elle ne méritait pas son attention. Sous le coup de l'émotion, elle ne parvint pas à retenir le mot qui sortit de bouche, alors qu'elle s'était promis de le mépriser à tout jamais :
-Pardon ?
Ce dernier tressaillit, s'éclaircit la gorge et reprit de son ton froid traditionnel :
-Tu m'as très bien entendu. Méfies toi de Skoll, répondit-il tout en se rendant à la cuisine, laissant la sorcière seule à ses réflexions.
Il ne refit une apparition que bien plus tard dans l'après-midi. La pluie s'était depuis longtemps mise à tombée.
Dès qu'elle l'entendit rentrer dans la salle, tout son corps se crispa. Elle était mal à l'aise en sa présence, mais maintenant c'était pire que jamais. Comme si sa « gentillesse » lui avait rappelé qui il était. Un dangereux manipulateur. Tout ce qu'il faisait, il le faisait par profit. S'il lui avait adressé une parole dépourvue de sarcasme, c'était dans un but précis. Mais quoi ? Pour tenter de regagner sa confiance puis la torturer de nouveau ? Non merci, une fois mais pas deux. Quand on perd son estime, c'est toujours définitif.
Malgré sa désinvolture apparente, la lionne ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil par-dessus son épaule. Le savoir derrière elle, alors qu'elle était totalement exposée n'était pas des plus rassurant.
Comme d'habitude, il avait son regard polaire fixé sur elle, contrôlant chacun de ses mouvements. « Ce n'est pas avec lui que je pourrais tenter quoi que ce soit » pensa-t-elle en soupirant. Brusquement, une pensée lui traversa l'esprit. Et si elle tombait sur Malefoy effectuant sa patrouille tandis qu'elle s'enfuyait ? Vu le niveau de magie noire de celui-ci, elle aurait beaucoup de chance si elle s'en sortait vivante. Mais elle ne reculerait pas. Elle se battrait jusqu'à la fin.
O*O*O*O*O*O*O
La nuit tomba assez rapidement, et avec elle vint l'angoisse. Et si elle n'y arrivait pas ? Et si elle se faisait prendre ? Si ses ravisseurs la retrouvaient après qu'elle se soit enfuie, elle pouvait être sûre de devenir folle sous leurs Doloris. Que faire ? Allait-elle vraiment y aller ?
Oui. Oui elle irait. Hermione Granger n'est pas faite pour passer une vie derrière les barreaux. Hermione Granger est faite pour se battre, pour clamer la justice et la liberté. Et tant pis si elle mourrait dans cette expédition. Mieux valait mourir mille fois plutôt que rester ici, à attendre tranquillement que son meilleur ami se fasse capturer à son tour, tout ça à cause de sa naïveté. La jeune femme se promit que si jamais elle s'en sortait, elle s'arrangerait pour revenir tuer de ses propres mains Malefoy. D'ordinaire elle n'était pas d'une nature vengeresse, mais elle pouvait faire une petite exception pour ce monstre. Elle s'endormit juste après avoir mangé, sachant pertinemment que cette nuit elle ne dormirait pas beaucoup.
O*O*O*O*O*O*O
CRACK !
Hermione bondit dans son lit, chaque nerf tendu. Ça y est, l'heure a sonné. Dans quatre heures, elle partait. Elle sentit une boule se former dans son ventre, mélange de peur et d'excitation. Il lui semblait que des siècles s'étaient écoulés sans qu'elle ressente cette sensation. Merlin, quelle impression étrange, d'avoir le sentiment de revivre ! Cependant, elle s'appliqua à feindre le sommeil tandis que les deux hommes chuchotaient à quelques pas :
-Que c'est-il passé ce matin ?
-Rien, rien, une réunion qui n'en finissait pas. Ne t'en fais pas, demain je serais à l'heure.
-Ce n'est pas grave. Mais tu devrais essayer de dormir cette nuit Dray, tu as vraiment une tête de mort vivant.
-Je te remercie, ce compliment me va droit au cœur, rit-il. Seulement cette nuit je vais devoir aller voir comment s'en sortent les autres.
-Ils n'étaient pas là ce matin ?
-Ce n'était pas une réunion de ce genre là. Mais cela n'a pas d'importance, je vais y aller maintenant.
-OK. Mais dors quand même, je te jure que tu faire peur à voir.
-J'essaierai entre deux patrouilles.
Bruit mat. La sorcière supposa que Malefoy venait de partir, même si elle n'avait rien entendu à cause de son transplanage silencieux, et que Skoll venait de s'installer dans le fauteuil. Merveilleux ! Le Serpentard, en transformant la chaise branlante en confortable canapé, lui avait rendu le plus grand service jamais espéré ! Son gardien allait sûrement se mettre à ronfler d'ici une demi-heure, et ainsi elle n'aurait aucun problème à partir discrètement. Hermione se réjouit intérieurement. Peut être que finalement cette tentative d'évasion n'allait pas trop mal se passer. Elle décida néanmoins de rester sur ses gardes, et attendit patiemment que la Lune soit à sa position.
O*O*O*O*O*O*O
Anxiété totale. La lionne vérifiait toutes les cinq secondes l'astre céleste. Enfin, après ce qui lui paru des siècles, ce dernier parut enfin à sa place. Le cœur battant à tout rompre, elle sortit le plus silencieusement possible sa gourde et sa baguette. Dès que ses doigts entrèrent en contact avec, elle sentit un vent de courage soufflait sur elle. Oui, elle y arriverait. Et si elle échouait, elle se consolerait en se disant qu'elle avait tout tenté. Elle lança un sortilège informulé sur ses menottes, le premier depuis presque une semaine. Enfin elle était libre !
Prenant une grande inspiration, elle déposa avec prudence les liens qui la retenaient ici depuis trop longtemps, et jeta un coup d'œil vers son gardien. Skoll dormait profondément, la tête renversée en arrière, ses cheveux châtains ébouriffés et la bouche grande ouverte. A présent il n'avait plus rien d'impressionnant.
En souriant, la sorcière lui jeta un Assurdito par simple mesure de protection. Puis elle s'avança jusqu'à la porte, posa sa main sur celle-ci avant de se figer. Pour l'instant tout se déroulait à merveille car elle était dans la maison, mais les enchantements se trouvaient à l'extérieur, et elle ignorait ce qu'ils étaient ! S'ils avaient placé un sort d'antitransplanage et qu'elle était condamnée à errer dans la nature... Attendez une seconde... Mais oui bien sûr, le transplanage, quelle idiote ! Avec un peu de chance, elle n'aurait même pas besoin de sortir !
Tant pis si le bruit réveillait le Mangemort, de toute façon le temps qu'il comprenne ce qu'il se passe elle serait déjà chez elle. Agrippant fermement sa baguette, la sorcière ferma les yeux, tournoya sur elle-même et...
Rien. Visiblement, ils avaient pensé à tout. Malefoy avait sûrement trouvé le moyen de contourner le sort pour que Skoll et lui transplanent à l'intérieur de la maison, mais pour le moment le sortilège était parfaitement opérationnel. Hermione commença à paniquer. Elle venait déjà de perdre un temps précieux et redouter ce qui pouvait bien se cacher derrière la porte.
"Fonce Hermione. Si tu tardes trop, tu es sûre de tout rater" lui souffla une petite voix. Prenant une grande inspiration, elle agrippa la poignée et poussa doucement la porte. Une brise d'air frais vint lui chatouiller le visage tandis que la nuit s'offrait à elle. Voilà des jours qu'elle observait ce paysage à travers une vitre, comme un animal en cage. Elle leva les yeux vers le ciel étoilé, presque en transe, puis son pied vint doucement fouler l'herbe jaunie qui recouvrait la prairie.
Un cri assourdissant retentit, ramenant au passage Hermione à la réalité. Le charme du Cridurut ! D'une seconde à l'autre les Mangemorts allaient débarquer ! La sorcière resta un instant tétanisée, comme un lapin face aux phares d'une voiture, puis sprinta en direction d'un fourré tout en se lançant un sortilège de Désillusion. Certes, ça ne valait pas la cape d'invisibilité mais au moins elle serait plus difficilement repérable. Non, ce buisson était trop petit et trop près de la maison. Peut être que si elle s'enfonçait dans les arbres... Oui ! Plus loin se trouvait une petite futaie qui ferait parfaitement l'affaire. La respiration saccadée, elle parvint à atteindre le bosquet.
Une fois arrivée là-bas, elle posa ses mains sur ses genoux et tenta de se calmer, puis fit une nouvelle tentative de transplanage. Peine perdue. Apparemment ils avaient étendu le sort autour de la maison, mais la question était de savoir jusque où.
La sorcière se mit donc à la recherche d'une nouvelle cachette, une cachette où elle pourrait savoir ce qui se tramait. Quelques mètres plus loin se tenait un marronnier à l'air solide. Si elle arrivait à grimper dessus elle serait en sécurité et pourrait repérer les attaques éventuelles.
Se baissant prudemment, la sorcière atteignit l'arbre sur la pointe des pieds. Déjà des cris et des bruits de pas se faisaient entendre de la maison. Le cœur battant à mille à l'heure, la lionne releva la tête. L'arbre était haut. Très haut. Même un peu trop haut. Comment allait-elle pouvoir monter dessus ?
Les bruits commençaient à se rapprocher. Vite une solution ! Mais il n'y avait aucun arbre assez solide aux alentours sur lequel elle pouvait prendre appui ! « Merlin, Merlin, viens moi en aide ! »
« Mais enfin Hermione, t'es une sorcière oui ou non ? » lui hurla sa conscience. Se maudissant intérieurement, elle se jeta un Levicorpus, sentit la cheville se faire happer et son corps s'éleva doucement dans les airs. La tête à l'envers, elle réussit à attraper une des grosses branches et une fois qu'elle fut sûre de ne pas tomber, se libéra du maléfice et atterrit sur son perchoir.
Ouille. Heureusement qu'elle avait des fesses rebondissantes ou le choc aurait était plus douloureux. Une fois remise de ses émotions, elle grimpa sur les branches supérieures, de façon à avoir une vue d'ensemble.
Un chaos indescriptible régnait autour de la maison. Des silhouettes encapuchonnées sortaient à intervalle régulier de la maison. Visiblement, le sort empêchant le transplanage avait été levé dans la demeure. Hermione eut un sourire amer. Elle reconnaissait bien la patte de Malefoy dans cette froide organisation. Il avait étendu le sort autour de la maison pour l'empêcher de fuir, mais l'avait annulé à l'intérieur de la bâtisse afin que ces acolytes puissent les rejoindre. Elle devait reconnaître qu'il l'avait bel et bien piégé.
En soupirant, la sorcière revint près du tronc et se cala contre celui-ci, ses jambes désillusionnées pendant dans le vide. Son échappée ne se passait pas aussi bien que prévu. Mais elle était libre. Elle ferma les yeux et savoura cette sensation. Elle ignorait combien de temps elle resterait en vie, mais elle était heureuse d'avoir réussi ce tour de force. En jubilant, elle imagina le degré de fureur dans lequel devait se trouver Malefoy. Il l'avait capturé. Elle lui avait échappé.
Un point partout trésor. Et que le meilleur gagne.
Ah là là, notre Hermione, quelle battante tout de même ! Alors qu'avez vous pensez de ce chapitre ? Mieux, moins bien que l'autre ? Personnellement je préfère celui-là, les rebellions c'est toujours marrant :D
Merci d'avoir lu et n'hésitez pas à me faire partager vos impressions, ça m'aide à m'améliorer ;)
Enormes bisous !
Soladita
(PS : promis, cette fois je fais plus rapide que les deux fois précédentes ! Juré sur la tête de Drago :D)
