Blabla du 13/10/09 : Je reviens très rapidement, en réponse à vos reviews qui m'ont enchantée. Que dire d'autre ? Vous savez quoi, à la Toussaint je vais passer une semaine chez mon idéal masculin ! Je ne tiens plus d'impatience !!! Pour en revenir aux Chroniques, les voila qui avancent petit à petit... J'aime bien ce chapitre. J'aime bien le rythme dedans, et la petite conversation avec Dolly. Donc grand merci à Camille 13 (toujours là pour moi, à ce que je vois !), Ziiya (Une nouvelle lectrice ! chouette ! j'espère que mes chroniques ne te lasseront pas...) Germinerica ( je t'avais dit "dans l'aprem" mais j'avais oublié que le chapitre n'était pas terminé... haha je me revois encore commencer à le poster avant de me rendre compte effroyablement qu'il est qu'à moitié fait !) et enfin RAR à :

AKP : Merci pour les compliments, je suis aux anges !Alors le Q.A.F. n'entrera pas en action avant le chapitre suivant, enfin je crois, mais par contre il sera plutôt pas mal présent dans le Tome. Et quant à Jedusor, j'espère que dans ce chapitre il ne te décevra pas, mais tu risques de ne pas trop le reconnaitre. Moi aussi je préfère quand c'est écrit à la première personne, surtout quand c'est moi qui l'écrit héhé ! Sur ce, merci encore pour cette review pleine de surprise, et j'espère te lire à nouveau pour ce chapitre ! Biyoo !


LES JOIES DE MINERVA

Un automne pluvieux tomba peu à peu sur Poudlard, tandis que mon humeur se dégradait également. Les cours de Potions se révélaient insupportables. Un jour où j'ouvrai mon livre afin d'étudier les ingrédients nécessaires, Jedusor lâcha, méprisant :

― Inutile. Tu te contentes de me regarder faire.

A la fin d'un cours, je tentai d'en parler à Slughorn, mais le professeur, après avoir écouté mes doléances, soupira :

― Miss McGonagall, vous ne mesurez pas votre chance d'être aux côtés de l'élève le plus doué de ma classe. Et, vous devriez lui être reconnaissante de vous montrer sa technique. On dit que les grands maîtres de Potions ne dévoilent jamais leurs secrets.

Le pire, c'est qu'il n'y avait nulle trace d'ironie dans sa voix. Je n'avais plus qu'à abandonner l'idée de retoucher un jour au chaudron.

Pour ne rien arranger, malgré le fait que mes devoirs étaient généralement excellents, les critiques pleuvaient sur ma pratique de la magie.

― Miss McGonagall, vous n'avez pas le moindre contrôle sur votre baguette, s'époumona un matin Cleyborn, le professeur de sortilèges.

Et ma classe ricanait. Je traversais une période guère agréable, et s'il y avait bien quelque chose qui me manquait, c'était la nonchalance d'Artémis. Sa propension à rire de tout, et de ce fait, à alléger le poids des petits travers du quotidien. Et le pire, c'est que je ne comprenais pas pour quelles raisons elle m'en voulait. Car elle m'en voulait, c'était désormais une certitude. Nous ne nous adressions plus le moindre mot, et souvent, je la voyais jeter des coups d'œil goguenard à notre groupe nommé Q.A.F.

Astrée avait une théorie plausible à cette réaction :

― Tu n'as pas remarqué sa tendance à vouloir toujours se mêler de tout, et à tout contrôler ? Eh bien, là en l'occurrence, nous avons crée un groupe auquel elle s'est opposé et qu'elle désapprouve. Imagine un peu le coup qu'elle a pris dans son égo. Elle est furieuse pour l'instant, mais ça lui passera.

― J'aimerais tellement te croire…

― Elle reviendra d'elle-même.

Un soir pourtant je ne pus résister. Le hasard voulut que nous nous croisâmes dans le dortoir. Elle allait sortir, sans un regard pour moi, quand je l'interpelai :

― Artémis, attend !

― Quoi ?

Sa sècheresse faillit me dissuader de continuer. Mais je serrai les dents, et lâchai difficilement :

― Tu me manques.

Une ombre traversa son regard, et elle arqua un sourcil exagérément.

― Tiens donc ? Tu m'as préféré le Quidditch, et maintenant tu regrettes ? Retourne auprès de tes balais, puisqu'ils sont si importants.

― Tu n'as rien compris, je n'ai jamais…

― Laisse tomber Minerva, me coupa-t-elle avec condescendance.

Puis elle tourna les talons, et quitta le dortoir, sans que je ne tente de l'en empêcher. J'étais trop abasourdie par sa réaction. J'eus à peine le temps de m'asseoir sur mon lit, la tête entre les mains, avant que la porte ne se ré-ouvre.

― Alors, elle t'a jetée, toi aussi ?

La voix moqueuse de Dolly. La dernière que j'avais envie d'entendre. Elle reprit, désagréable :

― Quoi, ça t'étonne ? Tu croyais qu'elle allait m'envoyer au diable, moi qui suis une sœur pour elle depuis des années, mais que toi, qu'elle connait depuis peu, elle allait te faire un grand sourire et t'embrasser sur les deux joues ?

Mes ongles s'enfoncèrent dans les paumes de mes mains, et la colère commença à submerger mon esprit, et embrouiller mes pensées. Mais je ne cédai pas.

― Que veux-tu, Dolly ? Pourquoi me dis-tu tout ça ?

Mon flegme sembla la mettre hors d'elle. La fillette s'avança vers moi, les poings serrés, et cracha :

― Parce que tu as tout gâché ! Artémis et moi on était les meilleures amies au monde, et tu me l'as volée. Depuis qu'elle te connait, il n'y en a plus que pour toi…

Je voulus parler, mais elle me fit signe de me taire, et poursuivit furieusement :

― Quand elle était en première année, et qu'elle m'écrivait, elle me disait tout le temps qu'elle avait hâte que j'entre à Poudlard, que je lui manquais… Mais l'année dernière, dans ses lettres, elle ne parlait déjà plus que de toi… « Moi et Min' on a fait ça… » par ci, « Min' est vraiment géniale, il faut que tu la rencontres » par là…

Je pris le parti de me taire, la laisser évacuer son flot de rancœur, et en même temps interloquée par ses aveux. Lorsqu'elle reprit la parole, l'amertume avait remplacé la colère, et elle s'était laissée tomber sur le lit à côté du mien.

― Même cet été quand elle est revenue à l'auberge, elle n'était plus pareille. Elle parlait toujours de toi, et me disait combien tu es une « amie formidable » voire même « irremplaçable », elle me racontait tout ce que vous avez fait, et faisait déjà des projets pour cette année… Elle ne semblait même plus se souvenir que j'allais entrer à Poudlard en septembre. Elle m'avait oubliée.

Enfin, elle se tu, et le silence dans lequel fut plongé le dortoir me parut étrange. Je ne pus qu'articuler avec sincérité :

― Je suis désolée, je ne savais pas tout ça…

― Maintenant tu le sais, rugit-elle tout à coup. Tu sais que tu as gâché une amitié ! Et je n'ai pas dit mon dernier mot.

Elle se leva d'un bond et s'élança vers la porte, tandis que je lui lançai :

― Elle ne m'avait jamais parlé de toi, je ne pouvais pas savoir. Je n'ai pas tenté de te l'enlever, Dolly.

Elle ne s'arrêta pas, et quitta le dortoir. Ses confidences mêlées de peine et de rancœur m'avait affectée. Mes sentiments à son égard avaient changé ; je ne voyais plus qu'une petite fille torturée de voir son amie la délaisser, et quelque part j'avais de la compassion pour elle. Mais malheureusement, dans la distribution des rôles, j'avais hérité du mauvais, et je ne pouvais lui en vouloir de me détester. Même si, au final, Artémis m'ignorait et que j'en souffrais.

Le lendemain, tandis que nous nous réunissions entre membres du Q.A.F, une place était inoccupée. Astrée nous apprit, le ton léger, mais le regard déçu :

― Dolly a quitté le Q.A.F. Ce n'est pas contre nous, mais parce qu'elle veut redevenir l'amie d'Artémis.

Il y avait comme une note de désapprobation dans la voix de la noire. Josie renchérit :

― Quelle imbécile ! Artémis serait revenue toute seule, de toutes manières. Rassures-nous Minnie, tu ne comptes pas faire pareil ?

― Bien sûr que non.

Le premier match de Quidditch, opposant Gryffondor et Serpentard, était deux semaines plus tard. Il ne nous restait guère de temps pour préparer la première action du Q.A.F, supposée encourager les filles de Poudlard à nous rejoindre. Alors nous commençâmes à réfléchir sérieusement à ce que nous allions proposer sur le terrain.

Nos « réunions » du Q.A.F se déroulaient désormais dans notre dortoir. Et ni Artémis, ni Dolly ― elles semblaient s'être réconciliées ― n'y venait avant vingt-trois heures. Du coup nous avions beaucoup de temps pour nous entraîner. Et nous mîmes au point quelque chose que je ne trouvais pas trop mal.

Ce devait être une semaine avant le match, alors que nous faisions nos devoirs dans la salle commune entre membres du Q.A.F, quand Heinrich, Alaric et Edgard, le capitaine de l'équipe, vinrent nous parler. Ce fut Heinrich qui entama la conversation :

― Je constate désagréablement que vous n'en n'avez pas démordu concernant votre club ridicule.

― En effet, commenta Astrée avec une légèreté forcée.

― Et j'ai appris que, envoyant au diable toutes les convenances, vous comptez accaparer le terrain pendant dix minutes avant notre match.

Alaric lui posa une main ferme sur le bras, et prit la parole, d'un ton plus posé, mais pas moins mécontent :

― Vous avez décidé de n'en faire qu'à votre tête, soit. Vous ne nous avez pas écouté, soit. Vous faites preuve d'une certaine dose de détermination dont vous pourriez faire meilleur usage, soit. Mais nous vous demandons une dernière fois de renoncer à ce caprice, et d'annuler ou de donner un autre but à votre club.

― Pas question, rétorquai-je aussitôt.

Nos regards se croisèrent furieusement. Je décelai la colère qu'il réprimait. Nous nous affrontâmes du regard, muets l'un comme l'autre, et certains d'avoir raison. Ce fut Heinrich qui reprit la parole :

― Dans ce cas, si vous décidez d'apparaître sur le terrain, nous vous demandons…

― Nous vous interdisons, le coupa Alaric en me fixant.

― … Nous vous interdisons de mentionner l'équipe de Gryffondor dans votre parade. Nous ne voulons pas être mêlés à vos lubies.

Etrangement, ce fut Cerena qui réagit, de sa petite voix blessée :

― Nous… On v-voulait v-vous enrou… encourager…

Les trois joueurs ne répondirent pas aussitôt, peut-être touchés par la déception que notre amie affichait. Puis finalement, ce fut Heinrich qui trancha sèchement, reprenant tout son aplomb :

― Eh bien, encouragez les Serpentards.

Lorsqu'ils furent partis, Kimie siffla entre ses dents :

― Sales types.

― Ca m'étonne de voir Alaric aussi cassant, lança sa jumelle. Il est plutôt conciliant, d'habitude, toujours prêt à couper la poire en deux.

― Sale type, répétai-je, furieuse.

Malheureusement, pour ne rien arranger, le lendemain durant le repas de midi, je reçus une lettre de ma mère. En l'ouvrant, je songeais qu'il devait s'agir de la fameuse lettre dans laquelle j'étais censée apprendre bien tardivement mon triste avenir.

« Minerva,

La nouvelle que je dois t'annoncer n'est pas seulement difficile, elle est aussi inattendue. Pour moi, il est très dur de devoir te faire part de cela ; c'est cette nouvelle qui va faire de toi une jeune femme, et non plus ma petite fillette, mon enfant. Comme tu dois maintenant t'en douter, il s'agit de ton mariage.

La grandeur des McGonagall, autrefois synonyme de renommée, richesse et puissance, s'est éteinte, mais certaines traditions demeurent. Jadis nous comptions parmi les plus illustres familles, et nos ancêtres se mariaient entre gens de leur rang. Aujourd'hui peu se souviennent combien notre sang est pur et irréprochable ; de fait, il m'a fallu trouver un compromis convenable.

Les Keitch ne sont pas nobles au sens propre, mais grâce à la Compagnie de la Comète, ils commencent à se faire un nom dans le monde du Quidditch, qui est peut-être celui qui nous gouvernera demain. Alaric Keitch est un bon parti, et tu as toutes tes chances de t'épanouir à ses côtés. J'espère que tu sauras te réjouir de cette nouvelle.

Si cela peut me rendre pardonnable quant au Noël dernier que nous avons passé séparées, saches qu'il s'agissait justement de mes arrangements avec la famille Keitch. Nous avons prévu vos fiançailles pour le mois d'août.

Tendrement,

Maman.

P.S. : Hélas, je crains devoir t'annoncer que nous serons une nouvelle fois séparées à Noël. Je prépare quelque chose d'important. »

Ma première réaction fut de froisser rageusement la lettre. Ma mère usait de tant de fioritures, de tant de justifications, que la nouvelle en elle-même passait presque inaperçue… Puis finalement, je lissai brièvement le parchemin, me saisis de ma plume, et rédigeai hargneusement au bas de la lettre :

« S'il s'agit « une nouvelle fois » d'arrangements qui me concernent, pourrais-tu m'en parler rapidement ? Pas dix mois plus tard, par exemple.

Minerva. »

J'aurais pu être satisfaite de ma réponse concise et sèche, mais j'étais bien trop en proie à un sentiment d'injustice. Sentiment qui ne m'abandonna pas lors du cours de Potion. J'allais, pas moins de six mois plus tard, être fiancée à un abruti, permettez-moi l'expression. J'en étais écœurée. J'étais destinée à passer ma vie aux côté d'un… d'un… d'une ordure pétante de machisme. Et le pire, c'était que des filles allaient m'envier pour cela. J'en aurais pleuré d'impuissance. Bien que je connaissais la nouvelle depuis près de deux mois, je venais de mesurer combien je ne voulais pas d'Alaric Keitch. Combien il était un inconnu pour moi, et combien je désirais qu'il le reste.

J'en étais donc réduite à fulminer amèrement dans mon coin quand tout à coup, le livre de potion s'ouvrit sous mes yeux. Et d'un doigt désinvolte, Jedusor tapotait la recette inscrite sur la page de droite.

― Qu'est-ce que cela signifie ?

― Est-ce la recette que tu ne comprends pas, ou bien le fait que je t'indique de la lire ?

Prise au dépourvu, et las, je préférai ne pas répondre à ses sarcasmes, et demeurai silencieuse. Il finit par déclarer, me sondant de ses yeux sombres :

― J'en ai marre de toujours tout faire. Je voudrais te regarder préparer cette potion, Binôme.

Un peu incrédule, je n'en saisis pas moins l'occasion, non sans prévenir :

― Ne viens pas pousser des « oh » et des « ah » si nous n'obtenons pas un Optimal.

Et je m'attelai à la tâche avec beaucoup de sérieux, tandis qu'il observait chacun de mes gestes attentivement. Il n'intervint qu'à un seul moment, retirant vivement ma main qui allait verser deux pincées de sels marins au lieu d'une. Mais il eut l'étrange tact de ne pas me le faire remarquer.

Quand Slughorn passa auprès de notre bureau, il jeta un regard plein d'espoir dans le chaudron qui bouillonnait, et se réjouit :

― Excellent, excellent ! Je flaire un nouveau Optimal pour le duo de la classe.

Une fois qu'il se fut éloigné, Jedusor se pencha vers moi, et murmura :

― Tu vois, Binôme, tu es tout à fait capable de réussir parfaitement une potion, toi aussi.

― C'est toi qui en doutais, il me semble.

Il secoua la tête avec légèreté, et remarqua :

― Peu importe, aujourd'hui j'ai la preuve, et tu l'as aussi, que tu peux avoir un O en Potions.

J'eus la vague impression qu'il n'avait pas agi au hasard. Peut-être avait-il perçu mon mal-être passager, ce jour là, et avait-il cherché à égayer subtilement mes sombres ruminations. Je ne le saurai sans doute jamais.

Il m'observait, un petit sourire vaguement amusé au coin des lèvres. Tom Jedusor. Un mystère pour l'humanité.


Et voila, déjà fini. Oui, on peut dire qu'on ne reconnait pas vraiment Jedusor sur ce coup, et ça va pas s'arranger. J'espère que ça vous aura néanmoins plu, et que vous aurez passé un agréable moment à vous délecter des emm**** de Minerva, sadiques que vous êtes !!! Le prochain n'est pas écrit, et je ne sais pas quand je trouverai la motive de le faire... Mais je vais essayer d'être raisonnable !