Bonjour à toutes et à tous.

Oui, oui, je suis toujours là. Quelque peu décalée (certain(e)s se sont déjà rendus compte que je tentais de rattraper mon retard petit à petit, j'ai encore quelques MPs et review à laisser mais ça se fait gentiment. Je suis désolée, merci de votre patience et de votre soutien en toutes circonstances. J'ai reçu des reviews ou de messages d'encouragements absolument adorables, et je voulais vraiment vous faire part de ma reconnaissance. Ne vous en faites pas, je suis un peu plus lente qu'avant mais je n'abandonne rien.

Comme pour le moment j'ai des soucis avec Thermae, j'ai décidé de m'attaquer à cette idée d'OS qui traîne dans mon carnet depuis un moment. Je n'étais pas certaine que ça vaille le coup jusqu'à ce que je me lance pour de bon dans l'écriture. Finalement, j'ai aimé le rédiger, et j'espère que la lecture vous plaira également.

Disclaimer: Tous les personnages présents et cités appartiennent à Masami Kurumada et à Shiori Teshirogi.

Titre: L'effacement.

Personnages: Hyôga - Shyriu - Shun - Seiya

Rating: PG.

1503 mots.

For Talim 76, with love.

Je vous souhaite une bonne lecture. N'hésitez pas à me faire part de vos avis!


Non.

Non…

Non !

C'était impossible. Cette vision ne pouvait exister. Elle était illogique. Il refusait de la considérer. Jamais, de toute sa vie, il ne pourrait accepter… Ces armures vides, alors que quelques secondes à peine auparavant, il pouvait encore les voir… Le voir. Même si ça n'était qu'une projection de leur âme, le dernier flambeau d'une vie qui demandait à s'éteindre, ils étaient encore tangibles… Présents, devant eux, pour les rassurer encore une fois, pour poser une main chaleureuse sur leur épaule en leur ouvrant les portes de l'avenir… Ces hommes qu'ils avaient tant voulu voir comme leurs frères aînés. Fiers et droits, brillants d'une luminosité qu'aucun n'aurait jamais pu égaler, heureux dans la mort et vaillants face à leur ultime destinée. Réunis pour la première fois, face à ce mur qui les écrasait de sa présence, noir et menaçant tel le Seigneur des Enfers reclus au-delà de ce lieu. Il avait vu son sourire, -cette ombre si rare !- bien présente sur le visage de son maître qui courrait vers sa fin une dernière fois aux côtés de la personne la plus chère à ses yeux. Le Verseau et le Scorpion, côte à côte pour donner leur dernière bénédiction au Bronze qu'ils avaient considéré comme digne de leurs conseils et de leur affection. Camus qui lui avait tout enseigné, et Milo qui avait permis au cygne de prendre son envol.

La lumière avait brillé si fort, tellement fort, qu'elle avait gonflé d'espoir leur cœur, et repoussé l'espace de quelques instants les ténèbres qui semblaient vouloir assombrir leurs pensées. Ils avaient cru –quelle naïveté !- que cela signifiait bien évidemment une fin heureuse. Qu'au bout du compte, leurs aînés seraient toujours là, à les attendre, un sourire différent dépeint sur chacun de leur visage. Il avait cru pouvoir les retrouver après. Le retrouver. Son maître des glaces, son modèle qu'il ne pourrait jamais égaler, son idéal qu'il ne pourrait jamais atteindre. Il y avait cru, oui.

Pourtant… il y avait bien du vide devant ses yeux. Ses doigts se refermaient à présent sur le néant laissé par l'homme qui avait guidé ses pas depuis la disparition de sa mère. Du vide, même dans cette armure qu'il avait admiré pendant de longues années d'entraînement, alors qu'il voyait son maître la revêtir avant de disparaître dans le blizzard de Sibérie avec un froissement de cape qui sonnait comme une recommandation. Un éclat doré s'effilochant dans la neige immaculée qui entourait leur isba, leur refuge, loin du Sanctuaire et du reste du monde. L'armure du Verseau, si belle, malgré l'air austère de son maître, et son port de tête impeccable qu'il avait tant aimé. Il pouvait la toucher à présent, frôler cette enveloppe froide qu'il avait revêtu une fois. A présent, le métal semblait étrangement silencieux, presque éteint, comme s'il avait également joué son dernier acte. Comme si l'armure refusait à présent de s'ouvrir à qui que ce soit, même à lui qui aurait logiquement dû être le successeur de Camus. A genoux, tremblant devant cette armure qui pleurait certainement la disparition de son porteur, Hyôga se mit à verser des larmes qui lui étaient impossible de contenir.

« Revenez… »

Un murmure. Un seul. Toujours le même, comme pour rappeler à lui ceux qui auraient dû être à leurs côtés pour la dernière bataille, ceux qui auraient dû mener la guerre Sainte, tandis qu'eux, les Bronzes, se contentaient de les soutenir de leur mieux. Il comprenait à présent la détresse de Shion… Ils leur avaient dit de reculer, de s'en aller le temps de leurs attaques. Ils n'avaient pas saisi… Toute la portée de ces paroles. Les avaient entendues sans les écouter. Les chevaliers d'Or leur avaient offert un ultime acte d'amour, et un privilège ultime : sauver leur Déesse à leur place, eux qui retournaient au néant. La confiance de leur Grand-Pope… La détermination de Kanon… et les larmes des renégats, forcés de piétiner leur honneur, tout cela pour en arriver à cet instant précis où le Soleil avait brillé de mille feux avant de perdre de son éclat.

« S'il vous plaît, ne nous laissez pas… »

Il ne voulait pas. Il n'arrivait pas. Il le devait pourtant, bien évidemment. C'était leur devoir, ce que leur avaient confié les chevaliers d'Or. Une dernière mission qui les mènerait certainement à la mort, mais surtout à la liberté des humains. Néanmoins, à genoux devant l'armure de son maître, il ne trouvait pas ses réponses. Il se sentit soudain perdu. Ses épaules, secoués de longs sanglots, n'avaient de cesse de tressauter, appelant une silhouette à présent disparue pour de bon, et qui lui serait à jamais impossible de retrouver.
La bouche ouverte pour laisser couler des cris qui peinaient à sortir, Hyôga appelait encore et encore des présences qui tombaient dès maintenant dans l'oubli. Il ferma les yeux, tentant de faire abstraction de l'horrible douleur qui lui vrillait l'estomac alors que ses larmes venaient s'écraser aux pieds de l'armure du Verseau. Son maître lui en aurait voulu. Laisser parler ainsi ses émotions bien trop exacerbées pour un Chevalier à un moment aussi critique… pathétique, c'était absolument pathétique.

« Hyôga… »

Son prénom, murmuré tout bas. Et une main, sur son épaule. Une poigne autrefois forte et convaincue, qu'il pouvait pourtant sentir tremblante et hésitante à présent.

Il leva les yeux, se détachant quelques instants de la vision de la onzième protectrice du Sanctuaire, à laquelle il accorda une dernière caresse, pour tomber directement sur le visage ravagé de Shyriu. Sous la surprise, le Cygne eut un léger sursaut. Il était si rare de voir le Dragon se mettre dans de tels états… Si rare de le voir perdre de ce calme légendaire qui aurait fait de lui un bien meilleur saint des Glaces qu'il ne l'était lui-même… Shyriu, sans nul doute le plus mature d'entre eux, bien plus qu' Ikki même qui s'enflammait bien trop facilement. Shyriu qui avait la capacité de les apaiser ou de les soutenir, fournissant bien souvent le premier de leurs efforts extrêmes. Il était tellement étrange de le voir ainsi…
Et soudain, l'éclair se fit.

Shyriu venait lui aussi de perdre son maître, pour la première et dernière fois, suivant les ordres que Dohko avait lui-même donner. Shyiru qui se tenait là, hébété malgré tout sa sagesse, incapable de comprendre réellement les tenants et les aboutissants de l'ultime décision de leurs aînés. Shyriu dont le regard n'avait de cesse de dévier vers l'armure de la Balance, de nouveau vide après tant d'années d'absence. Tendant la main pour la toucher, il eut une hésitation, le regard fuyant, et se rétracta finalement, préférant s'appuyer un peu plus contre le Cygne, comme pour masquer des émotions qu'il n'était pas apte à contrôler. Shyriu qui avait mal, sans doute plus mal que n'importe lequel d'entre eux, lui qui avait été si proche de son maître, bien plus que lui-même ne l'avait jamais été de Camus, l'ancien Verseau ayant toujours mis une distance certaine entre ses disciples et lui. Le Dragon perdait de sa superbe et de son intransigeance, confronté une fois de plus à la mort d'un être bien trop cher pour être perdu. Hyôga passa son bras autour des épaules de son ami, le serrant contre lui, comme pour faire part de sa propre peine, la partageant avec celui qui comprenait mieux que personne ce qu'il ressentait en cet instant.

Seiya, plongé dans un silence pudique se contentait de rester légèrement en retrait, camouflant comme il le pouvait des larmes qui ne demandaient qu'à éclater. Le chevalier Pégase savait que sa priorité allait à Athéna, mais en cet instant, il lui était également nécessaire de faire un premier deuil. Quant à Shun… Hyôga le vit, à genoux devant les armures encore légèrement scintillantes, les yeux levées vers elles comme s'il pouvait encore voir des choses qui leur étaient déjà inaccessibles. Il le regarda murmurer des paroles qu'il ne comprit pas, jusqu'à reconnaître le nom tant aimé :

« … Shura, Camus, Aphrodite, Kanon, Shion… »

Les prénoms des chevaliers d'Or. Répétés, inlassablement pendant plusieurs minutes, telle une litanie pieuse à laquelle ils apprendraient à s'habituer, sans savoir qu'elle serait bientôt leur credo interminable, leur ultime recours face à la peine et aux épreuves qui ne manqueraient pas de suivre. Shun posait dès à présent les bases d'une nouvelle prière, soupirant du bout des lèvres un adieu infini, comme pour faire vivre quelques secondes de plus les visages d'hommes aujourd'hui disparus. Car c'était tout ce qui leur restait à présent : des noms, avant que leurs visages ne finissent par s'effacer lentement de leur mémoire, souvenirs impossibles à rattraper et à tenir enfermés, lambeaux d'anciennes tapisseries qu'ils ne pourraient conserver. Lorsque tout serait fini, ils leur offriraient leurs adieux, de véritables adieux, durant lesquels chacun d'eux aurait le temps de dire quelques dernières paroles à ces hommes qui les avaient guidés.

Puisque pour l'heure, ils devaient se relever, enflammant ainsi le dernier espoir que leur avaient légué les chevaliers d'Or : Sauver Athéna, et sauver l'humanité.