Et elle se leva en s'efforçant de ne pas envoyer voler le plateau de jeu à travers le visage du blondinet qui paraissait très offensé. Il se leva à son tour mais Rogue fit irruption dans la pièce pour informer Astry qu'il était temps de partir. Les deux enfants se tournèrent aussitôt vers le Maître des potions en affichant deux visages d'anges. Tout le monde se salua et Rogue ramena Astry.
Chapitre 11.
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- Père ?
Ils étaient dans le salon, Rogue assit sur son fauteuil préféré près de l'âtre qui était vide en ce mois de juillet et Astry avait préféré rester debout.
- C'est quoi des sangs de bourbe ?
Rogue parut légèrement mal à l'aise devant la question ce qui augmenta automatiquement la curiosité d'Astry à ce sujet.
- Ce sont des sorciers d'origine moldu. Des sorciers qui n'ont pas d'autres sorciers dans leurs ancêtres.
- Et quel est le problème avec eux ?
- Le problème ?
- J'ai bien vu que la famille de Drago les déteste… Je ne suis pas stupide.
- C'est compliqué à expliquer, soupira Rogue.
Astry resta devant lui, les bras croisés, à attendre qu'il commence. Elle ne voulait pas lâcher l'affaire et c'était loin d'être la seule question qu'elle avait à poser. Voyant qu'elle ne partait pas Rogue se décida à lui expliquer. Valait mieux lui qu'un autre à Poudlard.
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- Ecoute, dans le monde des sorciers il existe différents… statuts de sang. Ce statut est donné en fonction de la naissance du sorcier. S'il vient d'une famille uniquement composé de sorcier, c'est le cas de Drago et de sa famille, on dit que c'est un sorcier au sang pur. Il n'en reste plus beaucoup, seulement une trentaine de famille. Si le sorcier est né d'un parent sorcier et d'un parent moldu il est dit sang-mêlé. Et si enfin le sorcier est né de deux parents moldus alors on parle de né-moldu, ou de sang-de-bourbe pour certains. C'est une insulte. Les gens qui nomment les sorciers nés-moldus de sang-de-bourbe les rejettent car ils estiment que les nés-moldus volent la magie des vrais sorciers.
L'expression qu'affichait Astry faisait largement comprendre qu'elle n'aimait pas cette façon de penser. Rogue était de plus en plus mal à l'aise.
- Drago va donc encore moins m'apprécier. Tant mieux.
- Pourquoi ?
- Parce que je viens du monde des moldus. Mais je m'en fiche, je ne l'aime pas de toutes façons.
Rogue tiqua. Il ne put s'empêcher de faire une moue de dégout aux mots d'Astry.
- Et moi, je suis quoi, gronda-t-il. Un moldu ? Tu n'es pas née de parents moldus. Tu es de sang-mêlé.
Il avait l'air fâché… Sa réflexion permit à Astry d'en savoir plus sur l'opinion de son père au sujet des nés-moldus. Elle préféra passer à un autre sujet. Inutile d'entrer en conflit pour ça, il pouvait bien penser ce qu'il voulait elle n'était pas obligée d'avoir le même avis. Elle enchaîna sur une autre question.
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- Et le Seigneur des Ténèbres, c'est qui ?
Rogue pâlit nettement.
- Personne. Va te coucher il est tard.
- Mais
- Maintenant Astry, exigea Rogue.
Elle tourna les talons et monta dans sa chambre. Ce n'est pas ce soir qu'elle aurait sa réponse. Peut-être quand elle serait à Poudlard …. En tout cas ça ne serait pas Rogue qui lui dirait. Elle se déshabilla en laissa trainer la robe par terre et enfilant un pyjama bien douillet avant de se glisser sous ses couvertures. Quelle longue soirée. Elle espérait bien de plus jamais remettre les pieds là-bas.
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Le lendemain matin, l'antique horloge au-dessus de la cheminée réveilla Astry au beau milieu d'un rêve absolument génial. Passablement énervée d'être dérangée au beau milieu de son utopie où elle terrorisait Drago avec son dragon de compagnie, elle jeta son oreiller à travers la pièce en visant péniblement l'exécrable sonneuse. En réaction l'horloge augmenta largement le volume sonore. A croire qu'elle était vivante. Elle se leva en la maudissant et se prépara lentement en savourant encore l'expression sur le visage du Drago de son rêve, ce qui lui redonna le sourire.
- De bonne humeur au réveil, s'étonna Rogue en la voyant descendre les escaliers pour rejoindre la table à manger. Voilà qui est aussi rare qu'une éclipse solaire…
- Bonjour père, répondit Astry en rougissant.
Ils s'installèrent et elle commença en se faire une tartine de confiture.
- Qu'est ce qui te met de met de si bonne humeur aujourd'hui ?
- Oh rien de particulier, j'ai passé une bonne nuit tout simplement.
- Bien, aujourd'hui on ira acheter tes fournitures scolaires sur le chemin de traverse avant qu'il n'y ait trop de monde.
Astry releva vivement la tête de son bol de lait. Elle faillit en renverser la moitié à côté.
- Je vais enfin avoir une baguette magique ?
- Oui, ça fait partie de la liste des affaires scolaires de Poudlard.
- Génial, s'exclama-t-elle. Je pourrai faire de la magie ?
- Tu veux dire ici ?
- Oui, avant d'aller à Poudlard.
- Je ne pense pas.
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Elle fit la moue et retourna à son repas. Elle avait espéré quelques jours supplémentaires avant de faire les achats afin de convaincre Rogue de lui acheter un animal de compagnie. La lettre de l'école disait qu'elle pouvait en avoir un et elle était persuadé que son père dirait non. Elle improviserait sur place. Ou elle pourrait peut-être lui faire les yeux doux. Ou alors…
- Qu'as-tu pensé de Drago, demanda Rogue en la sortant de sa machination.
- Hein, répondit-elle complétement perdue.
- On ne dit pas « hein » comme ça, lui reprocha-t-il, c'est très malpoli. Je t'ai demandé ce que tu avais pensé de Drago. Tu t'es bien entendue avec lui ?
- Pardon père.
- Alors ?
- Ca dépend, marmonna-t-elle.
- Ca dépend de quoi ?
Elle prit le temps de la réflexion en plongeant ses yeux dans ceux de Rogue.
- Vous voulez la vérité ou un mensonge ?
Rogue parut déconcerté quelques instants.
- Jamais de mensonges Astry, interdit-il. J'en déduis que tu n'apprécies pas Drago.
- Non.
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Il ne chercha pas à savoir pourquoi. Des querelles de gamins. Ils terminèrent le petit déjeuner tranquillement et se préparèrent à aller acheter les fournitures. Rogue récupéra sa cape et une bourse et ils partirent.
- Bien, dit-il en sortant de la cheminée du chaudron baveur, allons-y.
- Père, est-ce qu'on peut commencer par la baguette ? S'il vous plait.
Rogue accepta et ils allèrent directement chez Ollivander. La boutique paraissait vide. Astry regarda un peu partout en s'approchant du comptoir. Des étagères partout, une odeur de renfermé, et des milliers de boites. Elle était déçue. Des baguettes magiques dans cette boutique miteuse. Elle tourna la tête pour apercevoir Rogue qui était resté en retrait. Il n'avait pas l'air de penser qu'il s'était trompé d'endroit. Elle se tourna de nouveau vers le comptoir et poussa un cri perçant en faisant un bond de 3m en arrière. Un vieil homme était apparu juste devant elle. Rogue se retint de rire de justesse. Il avait une réputation à défendre après tout. Surtout en public.
- Bb bo bonjour Monsieur, bafouilla-t-elle.
- Bonjour jeune fille. Vous êtes venue chercher une baguette pour votre rentrée à Poudlard ?
- Euh oui, comment le savez-vous ?
Encore un qui lit dans les pensées, pensa-t-elle. Mais ils savent tous le faire ou quoi ?
- Evident jeune fille, évident.
- Si vous le dites…
- Bien, annonça-t-il, commençons.
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Il sortit un mètre à mesurer. Autant Astry comprenait que la femme qui vendait les vêtements en avait besoin, autant elle ne voyait pas tellement l'utilité du mètre dans cette boutique. Elle se laissa faire en espérant que celui-ci serait moins chatouilleur que celui des vêtements. Tout se passa pour le mieux et six mesures plus tard le mètre s'enroula sur lui-même et retomba par terre. Ollivander récupéra une boite verte foncée sur un rayonnage et tendit la baguette à Astry en lui précisant qu'elle contenait un crin de licorne et qu'elle avait été taillée dans un sorbier. Astry la prit dans ses mains. Il ne se passa rien puis la baguette se fendit à son extrémité. Astry posa immédiatement la baguette sur le comptoir en se confondant en excuses.
- Je n'ai pas fait exprès, je suis désolée monsieur, vraiment désolée.
- Ne vous inquiétez pas. Ça peut arriver.
Il récupéra une boite couleur d'ivoire sur un rayon à l'opposé du premier. La boite était très belle, très claire. Astry s'attendait à voir une baguette blanche mais celle qu'Ollivander sortit était d'un noir profond.
- 28.3 cm, assez souple en bois de cerisier. Il y a un crin de sombral à l'intérieur. Essayez là.
- Vous êtes sur ? Je ne voudrais pas casser une deuxième baguette.
Pour toute réponse il lui mit la baguette dans les mains. Elle était assez irrégulière et légèrement tordue. Très belle et très agréable à tenir. Astry aima tout de suite cette baguette. Mais il ne se passa rien. A la fois dépitée de pas prendre celle-là et heureuse de ne pas l'avoir cassée elle leva les yeux sur le vieux monsieur. Il était déjà afféré à trouver une autre boite. Il posa cette 3eme boite sur le comptoir et entreprit de ranger celle qu'Astry venait de reposer. Il approcha la main pour la saisir mais la baguette se retrouva couverte d'une sorte de bouclier électrique. Le vieille homme retira sa main, très étonné du phénomène et la rapprocha de nouveau en pensant à une simple coïncidence. L'étrange bulle électrique s'éleva de nouveau. Rogue trouva la manifestation très intéressante. Il approcha également la main et la même chose se produisit.
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Ollivander demanda alors à Astry de toucher la baguette. La jeune fille n'était pas du tout rassurée, elle ne voulait se faire électrocuter par une baguette qui avait l'air défectueuse…. Rogue la poussa un peu et elle approcha sa main. Aucunes étincelles électriques… Elle attrapa la baguette.
- C'est bien la première fois que ça m'arrive, dit le vieil homme. Essayons une 3ème pour voir.
- Celle-là ne suffit pas, demanda Astry. Je l'aime bien cette baguette, elle me plait.
- Je veux vérifier quelque chose.
Il sortit la troisième baguette de sa boite et la tendit à Astry qui hésitait plus que jamais à la prendre. Et si je la casse aussi s'inquiéta la jeune fille.
- Et bien vous la casserez.
Résignée elle saisit la baguette. Il ne se passa rien puis la baguette s'enflamma. Astry cria et laissa tomber l'objet par terre.
- Bien, je crois que le message est clair.
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Il fit disparaître les morceaux de baguettes cassées avec sa propre baguette et Rogue paya. Astry, elle, avait récupérer sa nouvelle acquisition et la regardait avec admiration. Impossible d'en détourner le regard.
- Astry, dit Rogue en élevant le ton, ça fait deux fois que je te demande de ranger cette baguette.
Elle sortit de sa rêverie et la rangea dans sa boite. Ils firent les autres achats rapidement. Un chaudron, des ingrédients, les livres. En passant devant le magasin de plumes et de parchemins Astry aperçut un groupe d'enfants le nez collé à une vitrine. Elle s'approcha et distingua des balais. Des balais étranges. Leur manche était tout sauf droit et puis elle n'avait jamais vu personne s'extasier devant un balai… Elle s'approcha et lut l'écriteau : Nimbus 2000, plus rapide plus léger. Idéal pour le quidditch et les transports individuels.
- C'est quoi le quidditch ?
Rogue s'était approché de la vitrine, faisant fuir tous les élèves.
- Un sport de sorciers. Viens, finissons les achats.
- Un sport qui se joue avec des balais ?
Elle était dubitative. Un mini-film mettant en scènes une équipe de sorcier pratiquant un sport ressemblant à du curling se déroulait dans sa tête… C'était très drôle mais peu enthousiasmant.
- Non, rectifia Rogue, un sport qui se joue sur des balais.
Ein ? Encore plus bizarre. Cette fois-ci les sorciers courraient sur un terrain, un balai entre leurs jambes. Encore moins intéressant. Les sorciers étaient fous…
- Sur les balais ? Quel intérêt à courir avec un balai ? Ça doit les gêner….
- Comment ça courir… Ils ne courent pas, ils volent sur les balais.
Astry s'arrêta net en pleine rue. Rogue se moquait de lui. On se serait cru en plein conte de fée pour enfants où une méchante sorcière au nez crochu s'envolait en pleine nuit sur son balai….
- Ce n'est pas possible.
- Qu'est-ce qui n'est pas possible.
- Ben, de voler. Et puis un balai volant c'est si…. Cliché.
- Et pourtant, c'est bien vrai. Presque tout est possible avec la magie, presque.
Le cerveau d'Astry carburait à 300 km/h. Voler sur un balai… Non, voler tout court. Ça devait être formidable ! Elle leva les yeux vers son père en essayant de faire la malheureuse.
- Père, est-ce que je peux en avoir un ?
- Non.
- Oh, s'il vous plait.
- J'ai dit non. Inutile de discuter. Les premières années n'ont pas le droit d'en avoir un. Terminons les achats et rentrons.
