19 janvier 796
[chapitre écrit par vervex]

À 100 kilomètres au Sud de la Capitale de l'Est…

Une petite créature à la peau grise et à peine plus haute qu'un mètre posa le pied sur l'herbe verte d'une vallée particulièrement paisible et ensoleillée. Il huma l'air de son museau humide, et sa paire d'oreilles doubles frémit. Ses cheveux jaunes, hérissés sur sa tête, ondulaient légèrement à cause de la brise, ses yeux dorés scrutant l'horizon.

C'était la première fois que Ruskin mettait le pied sur la planète Terre. Il remarqua que le ciel était bleu, le sol vert et brun, et que des arbres fournis poussaient à plusieurs endroits. Le lieu était on ne peu plus charmant, bordé de montagnes et protégeant un petit village composé d'êtres humains inoffensifs. Les hommes les plus près étaient à plusieurs centaines de mètres de distance. Ruskin n'avait rien à craindre et pourrait se préparer en paix, bien dissimulé par la végétation.

L'extraterrestre se retourna vers son vaisseau qui reposait derrière lui. L'engin de couleur argentée avait la forme d'une ellipse montée sur six pattes articulées. Il ne faisait pas plus que trois mètres de hauteur par cinq mètres de longueur. Une unique et grande fenêtre au devant de l'appareil était jaune, comme l'habit du nouvel arrivant. Ce dernier sortit une petite manette de sa poche et pesa sur un bouton. Le vaisseau avec lequel il s'était posé sur Terre trembla plus se recroquevilla sur lui-même plusieurs fois pour ne former, au bout que quelques secondes, qu'une petite sphère qui pouvait tenir au creux de la main de l'étranger. Il se pencha, ramassa la sphère et la mit dans sa poche. Puis il sourit, révélant des canines acérées.

Ruskin, grand sorcier galactique, avait une mission de haute importance à mener et il n'y avait pas une minute à perdre. Il sortit de sa poche un petit écran sur lequel figuraient des noms et des visages. Tous étaient Saïyens ou de descendance saïyenne. Il avait reçu l'ordre d'éliminer chacun d'entre eux, sans exception. Bien que la race saïyenne ait eût la réputation d'être difficile à contrôler, Ruskin avait de l'expérience dans son domaine et n'avait jamais faillit une mission durant ses 10 000 ans d'existence. Afin de ne pas prendre de chance cependant, il décida qu'il était plus sage de commencer en supprimant ses cibles de façon individuelle; on était jamais trop prudent. En suite, il sèmerait la panique pour disperser de plus belle ses adversaires. Sur ce, le sorcier posa les yeux sur le premier visage et en mémorisa l'apparence. Il jeta un coup d'œil au nom, puis à la description qu'on lui avait donnés. Cela allait être un jeu d'enfant!

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Salle de gravité

Lorsque Tiny ouvrit les yeux, elle était couchée sur un lit dans une salle blanche. La pièce ne lui était pas étrangère; elle l'avait visitée quelques jours plus tôt, après que Kimiko se soit remise de son voyage dans le monde des rêves.

- P… Pourquoi suis-je à l'infirmerie?, bredouilla Tiny, surprise.

Elle entendit un froissement de tissus près d'elle et se retourna. Végéta était assis à ses côtés.

- Tu sais que tu m'as foutu une de ces trouilles, gamine. Je pensais que tu allais me faire la même scène que Kimiko l'autre jour, dit le prince, agacé mais aussi soulagé.
- Cela fait combien de temps que je suis ici?
- Plus d'une heure, dit une nouvelle voix.

Tiny se tourna de l'autre côté du lit et vit Piccolo debout, à quelques mètres d'elle. Elle rougit devant tant d'attention de ses professeurs. La Saïyenne se leva lentement du lit et se remit sur ses pieds. Il semblait que quelques minutes seulement avaient passées depuis qu'elle avait reçu le coup au visage de Végéta.

- Est-ce que c'est parce que tu m'as frappé que je suis ici?, demanda-t-elle, incrédule.
- Ne sois pas bête, souffla le Saïyen en se levant de sa chaise à son tour. Je sais que je ne suis pas doux avec toi mais je n'ai jamais eu dans l'intention de te mettre K.O.. D'ailleurs cela n'apporterait pas grand chose à ton entraînement, ajouta-t-il. Non, tu es tombée par terre et tu as été prise de convulsions, comme Kimiko. Et tu as répété les mots, et je cite, « ils arrivent, ils arrivent, Végéta ».

Tiny fronça les sourcils. Elle ne se rappelait pas avoir dit cela. Elle se tourna vers Piccolo avec un regard interrogateur. Les bras croisés, aussi sérieux que toujours, il répondit à sa question silencieuse :

- Un objet volant non identifié s'est posé au Sud de la Capital de l'Est il y a environ une heure, avant de disparaître, ne laissant aucune trace.
- Étrange… murmura-t-elle.

Végéta siffla, agacé :

- Alors ça y est, nous sommes pris avec un nouvel ennemi et nous ne savons rien de lui…

Le Namek, de l'autre côté du lit, haussa les sourcils, peu impressionné.

- Je te connais assez, Végéta, pour savoir qu'au fond, tu dois êtes bien heureux que nous nous fassions attaquer.

Le prince saïyen lança un regard grave vers l'ancien Dieu-Démon. Puis il lui envoya un sourire plein de malice.

- Enfin un peu d'action sur cette planète trop paisible. J'ai bien hâte de voir ce que Carot en pensera…
- Fait attention à ce que tu souhaites, Végéta, dit Piccolo, un peu irrité par l'attitude enfantine du combattant.
- Pffft.

Végéta sortir de l'infirmerie, un sourire aux lèvres. Tiny ne l'avait jamais vu aussi radieux, même lorsqu'il s'agissait du rétablissement de sa fille. Elle se retourna vers son sensei, incertaine.

- Pourquoi est-il si heureux?, demanda-t-elle innocemment.
- C'est parce qu'il est saïyen. Les Saïyens de règle générale jubilent à l'idée d'un combat. Je suis d'ailleurs très surpris que tu ne sois pas dans le même état d'esprit que lui, jeune saïyenne.

Tiny fit la moue. Piccolo avait mit beaucoup d'emphase sur les derniers mots.

- Et bien moi, je ne m'exciterai pas avant d'avoir vu l'ennemi de mes propres yeux, dit-elle.
- J'oublie parfois que tu n'as vécu que dans un monde en paix, moqua-t-il.
- Et?...
- Et tu comprendras mon inquiétude ou encore l'excitation de Végéta lorsque tu auras pris part à un vrai combat.

La Saïyenne demeura silencieuse. Il était vrai qu'elle ne connaissait rien. Elle avait entendu les histoires de Freezer, Cell et Boo, mais elles ne représentaient qu'un écho de la peur et du danger ressentis à l'époque. Elle avait du mal à croire que cet ennemi, quiconque soit-il, put être une menace pour les Z fighters. N'avaient-ils pas sauvé la Terre maintes fois déjà? Malgré son optimiste, elle savait qu'elle avait tort et qu'elle était en train de sous-estimer le danger qui allait s'abattre bientôt sur eux.

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Kimiko entra en coup de vent dans Capsule Corporation. Affolée, elle courut dans les corridors de sa grande demeure jusqu'à la personne en qui elle avait le plus confiance.

La porte du laboratoire de Takeshi explosa en milles miettes après que sa sœur l'eut pulvérisée d'un coup de pied. Le scientifique releva le tête de son télescope, troublé par tant de bruit et de violence dans son lieu de travail toujours calme.

- Takeshi!!, cria Kimiko en s'élançant vers son frère jumeau. Il est arrivé sur Terre!!

Son regard était affolé, ses yeux grands ouverts. Takeshi la prit par les épaules pour la calmer et l'immobiliser.

- Qui est arrivé, Kimi?, demanda-t-il, concerné et sérieux.
- Je… Je ne sais pas, admit-elle. Mais quelque chose de malsain vient d'arriver! Je le sens Takeshi! Tu me crois, n'est-ce pas?
- Bien sûr que je te crois. As-tu déjà oublié que je t'ai entendu dans mes rêves lorsque tu était prisonnière?

La demi-Saïyenne hocha la tête. Le jeune homme enleva sa veste blanche et la posa sur le comptoir.

- Que devrions-nous faire?, demanda-t-elle inquiète.
- Je crois que nous devrions avertir les autres, dit-il simplement.

Ce soir-là, la famille des Briefs, réunie autour de la table, ne parlait pas. Piccolo était reparti au Palais lorsqu'il fut certain que tout allait bien pour sa ancienne élève. Il était venu principalement à cause d'un mauvais pressentiment. Ces derniers ne le trompaient généralement pas et il avait eu raison de se déplacer. Tiny et Dai Kaio Junior étaient aussi assis à la table, nouveau membres de la famille, bien que l'un d'entre eux fut temporaire. Ou du moins c'est ce que l'on pensait. Bulma mangeait lentement et très peu, alors que Kimiko et Takeshi se lançaient des regards lourds de messages secrets et d'inquiétude. Trunks restait indifférent aux évènements et Bra était assise à côté de Junior, trop absorbée par sa beauté pour se préoccuper de la nouvelle menace. Ce dernier était pensif et observait chacun des visages à la table. Il avait connu bien des combats depuis sa naissance, sur plusieurs planètes et dans différentes galaxies. Il se demandait si celui-ci allait être différent, et qui était derrière les récents évènements. Se pouvait-il que la Vigie ait envoyé quelqu'un sur Terre? Si c'était le cas, il allait peut-être devoir se battre. Il lança un regard vers Tiny, à l'autre extrémité de la table. Elle leva les yeux vers lui, irritée, sentant son regard peser sur elle. Puis il tourna la tête vers le prince saïyen. Il était le seul qui prenait bien la chose, mangeant abondement, un sourire aux lèvres. Il n'avait effectivement aucune idée de ce que représentait la Vigie, se dit Junior en haussant un sourcil.

Lorsque le repas fut terminé, chacun retourna à ses occupations. Tous avaient bien sûr été prévenus, y compris Goku, Gohan, Krilin, Yamcha et les autres. Les combattants devaient se tenir prêts. L'ennemi était impossible à localiser et il pouvait attaquer n'importe qui à n'importe quel moment. La tension était tangible.

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12 jours plus tard…
31 janvier 796

Trois coups résonnèrent à la porte des San. Chichi se pressa à aller répondre.

- Bonjour madame San, dit Tiny.
- Oh, bonjour Tiny! Qu'est-ce qui t'amènes aujourd'hui?

Une odeur de poulet grillé s'échappait de par la porte de la maison de Sangoku. Chichi s'afférait, comme d'habitude, à la cuisine et aux travaux ménagers. Tiny se demanda si elle faisait parfois autre chose de sa vie.

- Je viens pour voir Sangoku, dit-elle.
- Je vois. Il est dans la douche en ce moment. Tu peux entrer et l'attendre si tu veux.
- Merci beaucoup, cela me ferait plaisir, répondit Tiny, courtoise.

La femme du Saïyen sourit et ouvrit la porte de sa maison, laissant entrer la Saïyenne. Elle invita cette dernière à s'asseoir à table puis retourna à son repas. Tiny entendait l'eau de la douche couler, la chambre de bain n'étant pas très loin. Elle fut interpelée par Chichi qui aimait poser des questions.

- Pourquoi as-tu besoin de parler à mon mari?, demanda-t-elle.
- J'aimerais lui demander conseil, dit-elle simplement.
- Oh. Je suis certain que cela lui fera plaisir.

Un moment passa. Le silence était lourd.

- Et… comment se passe ton entraînement avec Végéta?
- Bien. Assez bien.

Remarqua soudain l'absence d'Oob.

- Où est Oob?, demanda-t-elle.
- Il est partit visiter sa famille aujourd'hui. Il revient demain pour s'entraîner avec Goku.

Chichi coupait des légumes qu'elle mettait par la suite dans un grand chaudron. Elle lança un regard vers Tiny. La jeune femme portait un gilet à manches courtes rouge avec le logo de Capsule Corporation sur la poitrine. Ses pantalons étaient ceux de Piccolo. Elle portait cependant des runnings noirs. L'aînée pinça les lèvres.

- Est-ce que tu étudies?, demanda-t-elle, concernée.

Tiny trouva la question un peu étrange mais y répondit tout ce même.

- Oui. J'étudie à temps partiel à l'Université de la Capitale de l'Ouest en histoire.
- Ohhh mais c'est génial! Et que veux-tu devenir plus tard?

Elle considéra la question.

- Je dois vous avouer que je n'ai pas d'ambitions académiques particulières sinon celle d'étudier pour le plaisir des sujets qui m'intéressent. Voyez-vous, ayant vécu au Palais de Dieu puis à Capsule Corporation, je n'ai jamais eu le besoin de penser à me trouver un travail. Dans le pire des cas, je pourrais toujours…

La porte de la chambre de bain s'ouvrit d'un coup et un nuage de vapeur en sortit, suivi d'un Saïyen à moitié nu, couvert seulement par une petite serviette blanche. Tiny rougit violemment et détourna le regard.

- Goku!!, s'écria Chichi.

Sangoku remarqua la présence de Tiny et rougit à son tour.

- Ahahah, désolé! Je ne l'avais pas vue!

Il retourna rapidement dans la salle de bain pour enfiler un pantalon et un gilet. Décemment vêtu, il en ressortit.

- Nous avons de la grande visite!, s'écria-t-il.

Tiny se leva de sa chaise et alla à sa rencontre, encore un peu rouge.

- C'est comme ça qu'on traite la grande visite chez vous, Sangoku? En leur balançant des hommes à moitié nus?, dit-elle en riant.

Goku s'esclaffa et Chichi sourit.

- Allons à l'extérieur, offrit le Saïyen.

La jeune femme suivit le guerrier jusque dans le champs où ils s'étaient rencontrés deux semaines plus tôt, lors que l'opération de rescousse de Kimiko. Le ciel était couvert de nuages gris et un vent tiède faisait onduler l'herbe haute. Arborant un large sourire, il se tourna pour faire face à la Saïyenne et plongea ses yeux bruns dans les siens, bleus. Ses cheveux courts, bruns et en pointes flottaient dans le vent. Sa queue pendait derrière elle. Malgré sa petite taille, elle se tenait droite et Goku pouvait sentir sa force émaner d'elle. Elle était sûre d'elle et, il le devinait, prête à tout pour dépasser ses limites. Minutu était Saïyenne, il n'y avait aucun doute à cela.

- Je suis venue te voir pour mesurer ma force à la tienne, dit-elle d'un trait.

Son ton et son regard étaient néanmoins plein de respect. Après tout, Goku était le sauveur du monde. Elle le savait bien plus forte qu'elle, mais elle voulait tout de même savoir à quel point. Goku devint plus sérieux. Son sourire ne quitta cependant pas ses lèvres.

- Je serais ravi que d'un combat amical. Ce n'est pas souvent que j'ai la chance de me mesurer à un autre Saïyen!, dit-il avec une pointe de contentement.
- Ne t'excite pas trop tout de même, Sangoku. Je suis beaucoup plus jeune et j'ai bien moins d'expérience que toi.
- Cela ne veut rien dire, répondit le Saïyen. Tu es des milliers de fois plus forte que je ne l'étais à ton âge, et puis tu as eu deux très bon professeurs d'arts martiaux…

Tiny baissa la tête, gênée. Puis elle se ressaisit.

- Il y aura des contraintes, dit-elle, levant un doigt.
- Évidemment, ricana Goku.
- Interdit d'aller plus haut que Super Saïyen, dit-elle. Elle marqua une pause, puis continua. Parce que je ne peux pas encore.
- D'accord. Autre chose?
- Oui. Tu dois te battre avec toute ta force. Je ne veux pas être prise en pitié. Mais pas de coups mortels…
- Pour qui tu me prends?, demanda-t-il en grimaçant.
- Désolée, ahah, dit-elle en riant nerveusement, j'ai eu quelques mauvaises expériences avec Végéta...

La Saïyenne leva la main et Goku la serra amicalement.

- Prêt?
- Toujours.

Deux éclairs dorés illuminèrent le champ près de la maison de Sangoku, et le sol commença à trembler sous leurs coups.

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Capsule Corporation

Kimiko entra dans la salle de gravité, vêtue de son habit de cuir habituel. Son père, couvert de sueur, les cheveux dorés, se battait contre un ennemi invisible comme un déchaîné. Depuis qu'on lui avait annoncé qu'un nouvel opposant était arrivé sur Terre, il s'était entraîné sans relâche. Douze jours plus tard, il était excessivement irrité qu'on n'eut reçu aucune nouvelle de l'étranger. Il avait espéré un nouveau combat épique pendant bien des années, le plus récent datant d'il y a deux décennies. Il n'en pouvait plus d'attendre; son sang saïyen bouillonnait dans ses veines.

Végéta lâcha un cri sauvage et il s'arrêta, remarquant la présence de sa fille. Il essuya son front ruisselant du revers de la main.

- Tu viens t'entraîner?, demanda-t-il.
- Oui… c'est mon entraînement du matin.

Le prince, qui avait passé la nuit dans la salle de gravité, avait perdu la trace du temps. Il regarda sa montre et vit qu'il était 7h AM. Si l'heure était exacte, Minutu aurait dû être là depuis plus d'une heure.

- Où est passée Minutu?, demanda-t-il.
- Tiny est partie très tôt ce matin, je crois. Vers 5h AM.
- Où ça?
- Chez Sangoku.

Végéta resta bouche bée. Qu'est-ce qui aurait pu pousser Minutu à filer chez son rival? Il repensa aux derniers jours. Kimiko et Minutu avaient passé la semaine en Super Saïyennes et s'étaient entraînées assez rudement pour être prêtes à combattre. Les deux, se battant ensemble et parfois contre lui, avaient faits d'énormes progrès. Il avait amené la Saïyenne dans le désert pour tester ses attaques d'énergie qui s'étaient avérées surprenantes. Lui aussi d'ailleurs avait progressé, bien que ce ne fut pas autant qu'il avait initialement espéré. Il sentait la distance entre lui et Minutu se resserrer et, bien qu'il se félicitât d'être un bon professeur, ce fait l'irritait profondément. Il n'avait pas besoin d'un second rival. La seule consolation qu'il avait était que Minutu fût de sans saïyen royal, même si cela ne voulait plus dire grand-chose aujourd'hui…

- Papa, tu devrais aller te reposer un peu, dit Kimiko, inquiète.

Le prince jeta un regard vers sa progéniture. Ses cheveux longs, jaunes et hérissés allaient jusqu'au milieu de son dos. Elle ne semblait cependant pas dérangée de la longueur. Il soupira, résigné.

- Je me reposerai plus tard. Je vais aller voir ce que Minutu mijote.

Végéta sortit en coup de vent de la salle de gravité, y laissant seule Kimiko. La jeune femme fit une moue désapprobatrice et puis se mit au travail. Elle commença son entraînement par une série d'étirements, puis enchaîna avec le Kung Fu. Ses pensées dérivèrent rapidement vers Dai Kaio Junior qui avait essayé de l'approcher plusieurs fois depuis la semaine dernière. Il était beau, charmant, charismatique… mais elle ne pouvait se laisser aller à des histoires d'amour alors que quelque chose d'atroce se tramait. Elle avait ainsi repoussé ses avances à plusieurs reprises, non sans culpabilité. Sa sœur, Bra, le suivait comme une sangsue et elle n'avait pas envie de devenir son esclave sexuel. Du moins, pas pour l'instant, se dit-elle en rougissant.

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Satan City

Pan revenait d'une partie de baseball avec des amis. Le bâton accoté contre son épaule, elle marchait dans les rues de la ville portant le nom de son grand-père. Ses cheveux noirs étaient couverts par une casquette bleue avec l'effigie de son équipe; Les Cougars. Ils portaient bien leur logo : les joueurs étaient des humains puissants et rapides. Et avec elle dans l'équipe, ils ne perdaient jamais.

La fille de Sangohan avait entendu des rumeurs à propos d'un monstre mais n'y croyait pas trop. Son père cependant lui avait ordonné de ne pas traîner le soir seule. On était jamais assez prudent, lui disait-elle. Pan, jeune fille rebelle de 16 ans, bien qu'elle respectât son père, ne le prenait pas très au sérieux. Gohan avait toujours été surprotecteur envers elle et il avait toujours le nez dans ses bouquins. Elle avait entendu les histoires à son sujet mais avait bien du mal à imaginer son père, callé en mathématiques, capable de sauver le monde. Sangoku avait été son vrai enseignant en matière de combat, et elle le vénérait.

La demeure de ses parents était à environ une demi-heure de marche, 10 minutes d'autobus ou encore, 2 minutes de vol. Elle regarda à gauche et à droite et, ne voyant personne, s'envola. On lui avait conseillé de ne pas s'exhiber en public mais Pan était têtue et rusée. Elle savait emprunter les routes aériennes que personnes ne connaissaient. Ou du moins, c'est ce qu'elle croyait.

À mi-chemin, elle fut stoppée net. Incapable de bouger, elle resta suspendue dans les airs; ses muscles ne répondaient plus à ses ordres. Elle poussa un cri. Soudain, elle commença à tomber et toutes ces forces furent inutiles pour ralentir la chute. Elle s'écrasa contre le sol, 50 mètres plus bas.

Pan cracha de la terre de sa bouche en se relevant. Elle était dans un parc. Étrangement, il ne semblait y avoir personne. Elle regarda partout autour d'elle puis, ne voyant rien, cria :

- QUI A FAIT ÇA?!!

Irritée du mauvais tour, elle s'apprêta à s'envoler de nouveau mais fut arrêtée encore dans son envol. Elle essaya d'avancer, en vain; son corps ne lui appartenait plus. Soudain, une créature qu'elle n'avait jamais vu auparavant sortit de derrière un arbre et s'avança vers elle. Le monstre à la peau grise et vêtu de jaune souriait méchamment.

- QUI ES-TU?!!, cria-t-elle.

L'animal étrange leva la main et Pan sentit sa gorge se resserrer. Elle ne pouvait maintenant plus bouger ni parler.

- Un peu de bonnes manières, petite. Je t'ai observé, toi et ta famille, pendant les derniers jours. Vous me semblez on ne peu plus normaux. Quel dommage que j'aille eu l'ordre de vous éliminer…, dit la créature de sa voix nasale et aigue.

Les yeux de Pan se remplirent de larmes.

- Voyons, ne pleure pas. Je vais faire cela rapidement.

Ruskin sourit, dévoilant ses canines acérées. Pan était toujours immobilisée. Elle ne pouvait même pas se défendre! Elle qui avait toujours été la plus forte parmi ses amis et l'élève préférée de son grand-père…

L'étranger s'avança l'entement vers elle. Il mit une main dans sa poche et en ressortit une sphère métallique. Cette dernière prit la forme d'une épée argentée. L'arme alla se planter dans le corps de la fille de Sangohan.

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Tiny essuya un filet de sang qui coulait le long de son menton. Ses muscles lui faisaient mal et ses vêtements étaient déchirés à plusieurs endroits. Le dernier Kamehameha que lui avait balancé Sangoku avait été terriblement puissant, et elle était surprise de tenir encore sur ses deux jambes. Elle leva la main et fit signe à Goku d'arrêter. C'était la fin. Cela avait été un combat très intéressant, éducatif même. L'affrontement qui avait duré plus d'une heure avait commencé au corps à corps puis était vite passé au combat aérien, pour se terminer par un lutte de boules d'énergie. Le terrain autours des combattants était partiellement détruit, peuplé de cratères de tailles diverses. Quelques gouttes de pluie commencèrent à tomber.

Tiny leva la tête vers Sangoku. Il s'était posé devant elle, souriant et exhibant les marques du combat sur son corps. Il avait cependant l'air moins bien moins amoché que la Saïyenne qui était toujours à bout de souffle.

- Bon combat!, dit-il tout fier.
- Tu parles! J'ai cru que j'allais y rester!, dit Tiny en riant.

Ils se serrèrent la main amicalement. Leurs cheveux étaient toujours brillants.

- Tu es très forte Tiny, et tu as beaucoup de potentiel à développer. Tu as un grand futur devant toi!, s'exclama-t-il.
- N'exagère pas trop, Sangoku. Tu es une légende du Kung Fu… je ne sais même pas comment dépasser le niveau Super Saïyen…
- Tout s'apprend!

Elle lui sourit. Quel homme optimiste, se dit-elle. Goku était nettement plus fort qu'elle. Elle avait pourtant réussi à lui tenir tête pendant plus d'une heure, ce qui était un exploit en soit. Tiny ne réalisait pas l'importance de sa prouesse autant que Goku, bien qu'elle fût fière d'elle.

- Sache que tu es toujours la bienvenue si tu veux que je t'enseigne quelques trucs ou encore si tu cherches à tester ta force de nouveau, dit-il solennellement.

La pluie se fit de plus en plus forte, puis ce fut l'averse. Les deux Saïyens s'apprêtaient à rentrer chez Goku pour se mettre au sec lorsqu'un cri retentit.

- GOKU! PAPA!!!

La légende se tourna vers là où le son provenait et il aperçut une silhouette voler vers lui. C'était son fils, Gohan. Il volait en basse altitude et semblait blessé. Quelque chose de grave s'était produit. Goku s'élança vers son fils qui s'écrasa soudain sur le sol à quatre pattes. Le Saïyen se pencha vers lui, inquiet.

- Gohan! Qu'est-ce qui se passe?!

Tiny arriva derrière lui en courant. Sangohan leva la tête et elle fut frappé de voir son visage crispé en un masque de douleur et de sang. Ses yeux parcoururent le corps de l'homme et elle remarqua que son gilet était maculé de sang.

- Gohan, tu es blessé?!, s'écria-t-elle.
- Pan… Il a tué Pan!, lâcha-t-il en un cri.

Goku figea, choqué par l'horrifiante nouvelle.

- Que dis-tu?!
- Il a tué Pan et je n'ai rien pu… faire. Je… J… Je n'ai même pas pu bou… bouger…

Les yeux de Gohan roulèrent dans leurs orbites et il s'écroula finalement sur le sol. Goku prit son fils brisé dans ses bras et se souleva. Devant lui, à quelques mètres de distance, était apparut un petit être au sourire mesquin, coiffé d'une chevelure jaune. Ses yeux malicieux scrutaient le regard douloureux de Sangoku.

- Qui que tu sois, tu vas payer pour cela, dit-il, grave.

La créature se contenta de hausser les épaules, indifférente aux menaces.

- Goku… laisse-moi Gohan. Je vais l'amener chez Chichi, dit Tiny.

Le Super Saïyen se tourna vers la combattante et hocha la tête, lui laissant la vie de son fils entre les mains.

- Merci, Tiny.

Alors que la jeune femme s'apprêtait à s'envoler, elle entendit une voix qu'elle reconnut immédiatement :

- Enfin, nous nous rencontrons!

Elle se tourna et vit Végéta se poser aux côtés de Goku. Afin d'égaler son rival, il devint lui aussi Super Saïyen. Quatre figures se tenaient droites au milieu d'un champs dévasté au travers de la pluie. Un corps reposait dans les bras d'une guerrière aux cheveux dorés. Et un être vicieux était la cause de bien des souffrances. Pan était morte. Tiny avait du mal à le réaliser. Était-ce si facile, de tuer quelqu'un? Y aurait-il d'autres victimes? Ses yeux se posèrent sur Gohan. Puis elle bondit dans les airs en direction de la maison de Goku pour que sa femme y soigne son fils. Elle avait sur elle trois senzus en cas d'urgence.

La créature allait lever sa main vers le ciel pour arrêter l'envol de la Saïyenne mais elle fut arrêtée par la voix autoritaire de Sangoku :

- Laisse la!, s'écria-t-il, les sourcils froncés. Il n'y avait plus une seule touche de joie dans son visage.
- Oh, oh! On me donne des ordres?
- Qui es-tu, vermine, et que fais-tu sur notre planète?, demanda Végéta, en position d'attaque, à quelques mètres de Goku.

Le petit étranger baissa le bras et porta toute son attention vers les guerriers.

- Définitivement, vous, les Saïyens, mériteriez bien qu'on vous apprenne les bonnes manières!, dit-il, dégoûté. Mon nom est Ruskin. Je fais partie du Regroupement Racial Galactique Ouest des Sorciers. Je suis sur Terre en mission de la part de la Vigie Universelle.
- Vigie Universelle? Qu'est-ce que c'est que ce cinéma, grogna Végéta.
- Bien sûr, je ne peux m'attendre à ce que des êtres aussi primitifs que vous comprennent ce qu'est la Vigie Universelle, ricana Ruskin. La Vigie est un organisme formé des êtres les plus puissants de l'univers qui le surveille et le patrouille.
- Balivernes!, dit Végéta.
- Je n'ai pas terminé, dit sérieusement Ruskin, qui reprit son explication détaillée. Cette force dont je vous parle est régie par des combattants si forts que même les Kaios n'ont pas d'autorité sur nous. Notre rôle cependant n'est pas de créer le chaos mais plutôt de mettre de l'ordre dans les Galaxies.
- Et qu'est-ce que cela a à voir avec la Terre?, demanda Goku qui était jusqu'à maintenant resté silencieux.

Avant que Ruskin ne pu répondre, Tiny se joint au group de nouveau.

- Gohan est en sécurité, dit-elle simplement.
- Tu aurais dû y rester toi aussi, siffla Végéta.
- … et vous voir vous faire massacrer seuls au travers d'une fenêtre? Non merci!, dit-elle vexée.
- Tsss.

Ruskin ignora l'intervention. Un combattant de plus ou de moins ne changerait rien à la balance selon lui.

- La Vigie Universelle a jugée l'existence de la race Saïyenne problématique et dangereuse. Le fait de votre existence seule débalance l'univers et amène la création d'ennemis puissants qui, à chaque fois, passent près de détruire la Terre et les planètes environnantes.
- Alors nous devons payer pour la faute des autres, si je comprends bien?, dit Goku.
- Votre perspective est fausse, monsieur Sangoku. Vous infectez les planètes et y invitez des ennemis de toutes sortes. Vous êtes un virus pour l'univers! Et la Vigie a le remède à ce mal; l'éradication permanente des Saïyens et de leurs descendants!

Végéta commença à s'énerver. Il n'aimait pas que l'on parle de son peuple de cette façon, encore moins lorsque les insultes sortaient de la bouche d'une créature minable comme le pseudo-sorcier qui se dressait en face de lui. Son aura s'enflamma et il devint SSJ2.

- Oh mais regardez qui est enragé. Je vois tant de haine dans ton cœur Végéta..., dit Ruskin malicieusement.

Goku figea.

- Il est comme Babidi!, s'écria-t-il. Végéta, attention!
- Je ne suis pas tout à fait comme Babidi, bien qui ait été mon sensei pendant de nombreuses années. Non, en fait je n'ai que faire de la haine dans son cœur. Ce qui m'intéresse, ce sont plutôt ses désirs.

Végéta, agacé, fonça vers la créature. Tiny regarda le prince bondir vers sa proie, puis être arrêté net en plain élan. Il fut repoussé subitement par une force invisible plusieurs mètres plus loin. Il se remit sur ses pieds en 2 secondes et fonça de nouveau, retombant sur le dos à chaque tentative.

- Impossible de le toucher! Il me paralyse puis me balance au loin!!, ragea-t-il à voix basse.

Il lança un regard vers Goku. Il savait qu'avec le déplacement instantané il arriverait probablement à frapper le sorcier. Mais le combattant ne bougea pas. Il devinait que Ruskin avait bien d'autres tours dans son sac et était déterminé à les voir. Végéta comprit et relaxa.

Un rictus se forma sur le visage de leur ennemi. Il scruta Végéta. L'homme était impur, colérique et violent. Il caressait le désir de devenir le plus puissant Saïyen, même après que le destin lui eût montré que Sangoku le devancerait toujours d'un pas. Il désirait gagner, posséder une force incommensurable et restaurer son honneur de prince. Ruskin posa les yeux sur Goku. Son cœur était serein et pur. Il serra les dents. Ses désirs étaient nobles. Il n'y avait rien à faire avec ce combattant. Il avait été prévenu qu'il en serait ainsi mais il avait tout de même du mal à croire qu'il existât des êtres aussi immaculés dans l'univers. Il avait perçu la même pureté chez Gohan et savait que les demi-Saïyens nommés Takeshi et Kimiko seraient aussi intouchables. Il allait devoir utiliser d'autres trucs. Enfin, il posa ses yeux sur Minutu, aussi appelée Tiny. Elle brillait de bonnes intentions mais avait plusieurs faiblesses. Beaucoup moins teintée que son frère de sang, elle désirait tout de même aussi la puissance et l'honneur. Elle était arrogante, et elle cachait aussi un désir très profond, réprimé, de nature sexuelle et passionnelle.

Ruskin savait lire les âmes comme un livre ouvert. Il lisait les désirs, les comprenait et les utilisait contre ses cibles impures. C'était son talent, un pouvoir très puissant. Le spectacle allait bientôt commencer…

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Capsule Corporation

Kimiko sortit de la Salle de Gravité à toute vitesse. Elle avait un mauvais pressentiment. Elle se dirigea vers la cuisine. Instantanément, le téléphone sonna. Elle attrapa le combiné de téléphone.

- Allô?
- Kimiko?! C'est… C'est Videl, dit la voix en larmes et pleine de panique.
- Videl? Qu'est-ce qu'il y a?
- Pan… Pan est morte, s'écria-t-elle, éclatant en sanglots. Et je… jeuh… je ne sais pas où est Gohan! Sans… Sans doute chez Goku… Oh Kimiko…
- J'arrive tout de suite! Ne bouge pas!!

Bouleversée, la métis s'apprêtait à sortir dehors, puis revint sur ses pas et courut vers l'intercom de Capsule Corporation, pour avertir la maisonnée :

« Tout le monde, c'est Kimiko qui parle. »

Ses mots résonnèrent dans le bâtiment.

« L'ennemi que nous attendions s'est montré et a attaqué Sangohan et Pan. Quelque chose d'horrible s'est produit. Je me dirige chez Videl immédiatement! Bougez-vous!! »

Bulma, qui travaillait sur un nouvel engin, bondit du dessous de l'appareil, affolée. Trunks sortit de son bureau par la fenêtre pour gagner du temps, composant sur son téléphone cellulaire le numéro de Goten afin de s'assurer qu'il était sain et sauf. Takeshi sortit en courant de son laboratoire; Kimiko l'attendait à la sortie de Capsule Corporation. Ils filèrent ensemble vers l'horizon.

Dai Kaio Junior se leva tranquillement de sa chaise près de la piscine et soupira. Il allait devoir se rendre sur les lieux de l'affrontement pour confirmer ses peurs puis aller chez lui pour prévenir les Kaios. Il aimait bien l'hospitalité des Saïyens et n'avait pas envie qu'ils finissent en chair à pâté.