Coucou à tous !
Chose promise, chose dûe, je reviens avec le tout nouveau chapitre ! Je sais c'est long mais j'ai très peu de temps pour écrire, le principal, c'est qu'il est enfin arrivé !
Merci à ma Mumu pour ses corrections !
Bonne lecture…
Chapitre 11 – Nouveau départ
Avant le grand départ, ma mère me prêta une des robes qu'elle avait emportées dans ses maigres bagages lors de sa fuite, avant qu'Emmett et Edward ne brûlent la maison. Je fis quelques ablutions et pris un bon repas copieux aux côtés de mes parents, d'Emmett et d'Edward.
Nous partîmes deux heures après notre arrivée, et montâmes tous les cinq dans un fiacre. Mon père s'était installé à ma droite et ma mère prit la place à ma gauche. Edward et Emmett se placèrent face à nous. Pendant tout le temps que dura le trajet, Edward et moi ne nous lâchions pas du regard. Nous n'avions pas besoin de parler pour nous comprendre, le regard hardant qu'il posait sur moi exprimait clairement son amour pour moi et à l'inverse il pouvait lire le mien en retour dans mes yeux.
Nous fîmes des haltes toutes les trois heures pour changer de fiacre et de chevaux entre chaque ville afin de brouiller les pistes de notre passage. Dans le fiacre, les ronflements de mon père et d'Emmett nous berçaient malgré la vive allure des chevaux. Tout le monde dormait sauf Edward et moi. Nous étions si proches et pourtant si loin l'un de l'autre, je voulais tant le toucher, lui caresser le visage et me blottir contre lui. Que c'était frustrant de se retrouver dans cette situation entourée de mes parents face à mon amour et amant. Il semblait ressentir la même chose car je pus lire sur ses lèvres ces quelques mots « tu me manques ». Je mimai ma réponse de la même manière « moi aussi ». Ses prunelles brillèrent et semblèrent me dire que bientôt nous nous retrouverions, seuls !
Lorsque nous pénétrâmes dans la ville de destination d'Olympia, le lendemain soir, le soleil se couchait. Nous venions de faire un long périple d'environ deux cent cinquante kilomètres. Je me trouvais désormais à une bonne distance de Forks et de Mike. J'étais en sécurité et mes parents aussi.
Une fois passées les portes de la ville, Edward sut où rejoindre son père : chez un de ses amis médecins qui fut autrefois son mentor, le docteur Cameron. Il tenait son cabinet au rez-de-chaussée de sa maison qui se situait dans le centre-ville. En une quinzaine de minutes, nous nous retrouvions au pas de sa porte.
Le docteur Cullen nous accueillit avec un grand sourire et serra son fils dans ses bras.
- Tout s'est bien passé ? S'enquit-il.
Edward hocha la tête
- Oui notre plan a fonctionné comme prévu du début à la fin. Pour une fois, la chance était de notre côté.
- Bravo mon fils ! Le félicita-t-il en lui donnant une tape sur l'épaule.
Carlisle nous présenta à son ami. C'était un homme très grand aux cheveux grisonnant. Il nous serra la main et nous souhaita la bienvenue.
- J'ai profité de notre avance pour nous trouver un hébergement pour quelques jours le temps de nous organiser. Reprit le Dr Cullen. Suivez-moi.
Il nous conduit sans plus attendre à l'extérieur vers l'angle de la rue, dans un hôtel où il nous avait réservé le gîte et le couvert. Il s'arrêta dans le hall, jetant un œil autour de nous à l'affût d'oreilles indiscrètes.
- Une chose importante avant de demander vos chambres, et de rejoindre Alice et Rosalie. Pour tout le monde ici, dans cette ville, nous sommes la famille Masen qui est le nom de jeune fille de ma défunte épouse. Même mon ami médecin nous appellera désormais ainsi. Charlie et Renée Swan, vous serez désormais Charles et Irène Masen, respectivement mon frère et ma belle-sœur. Vous avez un grand garçon, Manuel qui correspond à toi Emmett. Manuel est marié avec Rose sous-entendu Rosalie. Je vis un énorme sourire s'étirer sur le visage d'Emmett. De mon côté, je me prénomme Carl Masen, j'ai deux enfants : Alicia alias Alice, et Ewan pour Edward. Ewan est marié avec Belinda qui n'être autre que toi, Bella.
« Belinda… », j'aimais beaucoup ce prénom et en plus j'allais être mariée avec Edward enfin Ewan, je ne pouvais rêver mieux! Edward qui était à mes côtés me regarda et me sourit, il était ravi aussi.
- Edward et Bella mariés ? Pourquoi ne resterait-elle pas notre fille tout simplement ? Interrogea mon père.
Evidemment, j'aurais dû me douter que cela ne lui plairai pas.
- Non, Charles, ce sont Ewan et Belinda qui sont mariés. Nous ne serons jamais assez prudents. Si Newton recherche Bella, il ne faut pas qu'elle soit trop facile à trouver, comme une jeune fille vivant chez ses parents, même s'ils pensent les Swan morts. Elle sera plus protégée en ayant le statut d'épouse et de belle-fille. Et puis vous savez très bien que nos enfants sont épris l'un de l'autre, il serait incongru de les présenter en tant que cousins germains.
Je sentis soudainement mon visage se teinter de rouge. Qu'allait penser mon père de ma relation avec Edward alors que j'étais une femme mariée ?
- Bien sûr, ce serait tout à fait scandaleux. Admit mon père puis il se tourna vers moi. Be…linda ? Cela ne te dérange pas de te retrouver à nouveau en femme mariée ?
Je comprenais mieux sa réticence. Il pensait que l'on m'imposait à nouveau un mari.
- Non, papa, cela ne me dérange pas. Edward n'est pas Mike, il m'a sauvé de son emprise. Comme l'a dit le Dr Cullen, nous somme épris l'un de l'autre et je ne regrette qu'une seule chose : que ce mariage ne soit pas réel. Avouai-je.
Wow ! C'était moi qui venais d'avouer mes sentiments à mes parents devant tout le monde ? Je n'en croyais pas mes yeux, de mon audace, était-ce la fatigue qui me donnait autant de courage ?
Edward prit ma main et la serra, se montrant solidaire de nos sentiments. Je levai les yeux vers lui.
- Moi aussi je le regrette. Me murmura-t-il à l'oreille.
Tout le monde nous dévisageait, Carlisle et Emmett souriaient mais mes parents étaient plutôt stupéfaits.
- Les chambres ont été réservées de cette manière pour nous couvrir, mais Bella pourra rejoindre la chambre de Rosalie, et Emmett occupera celle d'Edward. Proposa Carlisle.
- Cette proposition me paraît beaucoup plus convenable. Répliqua mon père plus serein.
Une pointe de colère s'insinua en moi à son encontre. Je lui en voulais de réagir ainsi envers Edward alors qu'il ne l'avait pas fait pour Mike. Mais les circonstances étaient différentes, il n'avait pas eu le choix face au chantage que Mike et son père avaient exercé sur lui. Il tentait d'agir, à présent, comme le père qu'il aurait dû être à cette époque. Je ne pouvais pas lui en vouloir de souhaiter me protéger mais c'était tellement frustrant de savoir Edward tout près sans pouvoir être auprès de lui.
Nous nous présentâmes à la réception à tour de rôles pour réclamer les clefs de nos chambres en utilisant nos nouvelles identités. Edward et moi nous tenions devant la réceptionniste, main dans la main.
- Monsieur ? Madame ?
- Notre réservation est au nom d'Ewan et Belinda Masen. Lui répondit mon mari non conventionnel.
- Voici vos clefs, Mr Masen, votre chambre se trouve au second étage, porte n°7 entre Mademoiselle Alicia et Mr Manuel. Nous informa-t-elle.
- Je vous remercie.
- Bon séjour au sein de notre hôtel monsieur et madame Masen. Nous sourit-elle.
J'hochai la tête incapable de sortir un son. Je me retrouvai pour la première fois intimidée en me présentant comme l'épouse de l'homme dont j'étais éperdument amoureuse.
- Viens, mon amour, allons nous reposer. Me proposa Edward en me tendant son bras.
« Mon amour », jouait-il déjà son rôle ou bien ces mots venait-il vraiment de lui ? Un coup d'œil vers son visage me prouva la sincérité dont il faisait preuve à cet instant. Je lui souris en retour et glissai ma main sur son bras pour me laisser guider dans le grand escalier jusqu'au second étage.
- Tu as l'air bien calme, Bella. Remarqua-t-il.
- Oh, je pensais juste que c'était la première fois qu'on passait autant de temps ensemble et que je ne voulais pas que cela s'arrête. Tu m'as tellement manqué que je ne veux plus me séparer de toi, même si tu te trouves dans la chambre juste à côté.
Il stoppa à mi-chemin entre le premier et deuxième étage puis jeta un œil en haut et en bas. Il relâcha mon bras et encadra mon visage de ses mains.
- Crois-moi, Bella, je sais ce que tu ressens car j'éprouve la même chose à cet instant. Mais je comprends aussi ton père. Il s'est fait enlever sa fille d'une odieuse façon, il est normal qu'il cherche à te protéger même si je suis parfaitement capable de remplir cette fonction. Patience, mon amour, nous ne serons pas éloignés longtemps l'un de l'autre.
Il acheva ces derniers mots en posant ses lèvres sur les miennes d'une façon très délicate avant d'approfondir notre baiser, sa langue allant à la rencontre de la mienne. Je me sentis fondre contre sa bouche et avais l'impression que j'allais m'envoler, allégée par l'afflux d'amour qui explosait dans mon cœur.
- Hey cousin, y'a des chambres pour ce genre de chose ! Nous surprit Emmett.
Nous rompîmes notre baiser pour le regarder.
- Attention, ton oncle Charles et ta tante Irène arrivent, je ne suis pas sûr que surprendre cette scène, leur fassent énormément plaisir. Souligna-t-il avec amusement.
- Tu as raison, mon cher cousin. Merci, du renseignement. Répondit Edward une lueur amusée dans les yeux.
Emmett nous fit un clin d'œil avant de nous dépasser et de gravir les marches trois par trois.
Edward prit ma main et nous poursuivîmes notre chemin jusqu'au second étage. Nous stoppâmes devant la chambre n°7. Il me fit face, retourna ma main et s'inclina sur mon poignet pour y déposer un baiser sans me lâcher des yeux ce qui accéléra les battements de mon cœur. Ce geste était tellement lui.
- A demain pour le petit déjeuner, Madame Masen. Souffla-t-il en se redressant.
- A demain, Mr Masen. Murmurai-je.
J'étais à deux doigts de me jeter sur lui pour l'embrasser à nouveau mais je fus court-circuitée par des cris de jeunes femmes qui m'appelaient.
Je levai les yeux par-dessus l'épaule d'Edward et découvris Alice et Rosalie face à nous dans le hall. Elles couraient vers moi. Edward se retourna et s'écarta de justesse pour éviter la tornade Alice qui se jeta sur moi pour me serrer dans ses bras. Rosalie nous rejoignit quelques secondes plus tard pour nous entourer des siens.
- Alice, Rosalie, comme je suis heureuse d'enfin vous retrouver !
- Tu nous as manqué, Bella. Nous nous sommes tellement inquiétées pour toi. Me dit Alice lorsqu'elle me relâcha. Mais je savais qu'Edward te ramènerait, il était tellement déterminé à retrouver l'amour de sa vie.
Je rougis en prenant conscience de l'évidence des sentiments d'Edward aux yeux de tout le monde. Je tentai un regard vers lui, il était devant sa chambre son regard sur moi me prouvant qu'il adhérait à la remarque d'Alice.
- Bonsoir mesdemoiselles, passez une bonne nuit. Nous salua-t-il, il me sourit et me fit un petit clin d'œil avant d'ouvrir la porte et de se glisser dans la chambre.
J'eus un pincement au cœur lorsqu'il disparut de ma vue. La nuit allait être longue sans lui, sachant qu'il était si proche…
- Je crois que je vais rejoindre mon cousin. Intervint Emmett que je découvris juste derrière Rosalie, ses mains reposant sur ses épaules.
- Passe une bonne nuit. Lui souhaita cette dernière en caressant sa joue.
Ce dernier fit de même et se pencha pour l'embrasser, l'enlaçant de son immense bras libre. Je restai sans voix en les regardant tous les deux. Emmett et Rosalie ? Mais mien sûr, c'était une évidence depuis leur première rencontre au couvent.
- Belinda, Alicia. Nous salua-t-il, utilisant nos prénoms d'emprunt. Il relâcha Rose et rejoignit Edward dans la chambre n°7.
Lorsque Rosalie revint vers nous, elle était rouge pivoine mais ses yeux pétillaient d'un bonheur naissant.
- Rosalie ! Comme je suis heureuse pour toi. Tu mérites, plus que tout, le bonheur. M'exclamai-je en la serrant dans mes bras.
- Merci Bella, il est vraiment très prévenant avec moi. Nous confia-t-elle encore timide.
- C'est le moins que l'on puisse dire, remarqua Alice, il ne l'a pas lâchée depuis qu'ils nous ont trouvées sur le bord de la route, jusqu'à ce qu'Edward vienne le chercher pour mettre son plan à exécution !
- Je crois que tu ne pouvais pas trouver mieux, il saura te protéger et prendre soin de toi.
Malgré que le peu de temps passé auprès d'Emmett, je savais par Edward qu'il était quelqu'un de très protecteur et de courageux. Après tout, sans Emmett, Edward n'aurait pas été retrouvé et ne serait plus de ce monde.
- Dommage que le Dr Cullen a décidé qu'ils feront chambre à part, les retrouvailles attendront. Rajouta Alice.
- Alice ! La réprimanda Rosalie choquée.
Je souris en les regardant, elles étaient enfin libre de parler ou de se chamailler sans risquer d'être châtiées par une quelconque mégère de sœur, que c'était bon de sentir cette ambiance légère et bon enfant.
La conversation coupa finalement court car mes parents vinrent nous rejoindre au second étage. Je leur présentai mes amies du couvent, puis je les embrassai tous chaleureusement et rejoignit Rosalie dans notre chambre où nous partageâmes le même lit.
Malgré la fatigue que j'avais accumulée depuis ces derniers jours et notre périple en fiacre des dernières heures, le sommeil me fuyait. Le lit était pourtant confortable et moelleux, rien à voir avec celui du couvent. Rose, de son côté, dormait déjà depuis longtemps. Mais mon cerveau refusait de se mettre en veille. Une petite voix dans ma tête ne cessait de frapper à ma porte pour me demander ce que je faisais encore dans cette chambre alors que l'homme qui occupait toutes mes pensées se trouvait juste dans la pièce voisine.
Le problème était que cela ne serait pas honnête envers mon père mais surtout que c'était impossible puisqu'Emmett était probablement allongé aux côtés d'Edward comme je l'étais aux côtés de Rosalie. Si seulement nous pouvions échanger nos places...
J'ouvris brusquement les yeux, comme illuminée par une grande idée, mais qu'est-ce qui nous empêchait de le faire ?
J'entendis, soudain, le parquet de la chambre voisine craquer, puis une porte grincer légèrement et à nouveau le sol craquer mais cette fois-ci dans le couloir avant que les bruits ne s'arrêtent devant notre porte. Quelqu'un se mit alors à gratter contre la porte. Soit il s'agissait d'Emmett soit d'Edward. Je priai pour la seconde option, je sortis du lit et déverrouillai la porte.
- Bonsoir Emmett. L'accueillis-je en découvrant cette immense silhouette.
- Bonsoir Bella. Souffla-t-il.
- Je suppose que tu souhaites prendre ma place aux côtés de Rosalie ? En déduis-je.
Il hocha la tête avec un grand sourire.
- Avant de te laisser entrer je voulais te prévenir que Rosalie est quelqu'un de très fragile et qui a déjà beaucoup souffert, je ne…
- Ne t'inquiète pas, je viens juste pour la retrouver, nous ne nous sommes vu que quelques minutes depuis notre arrivée. Elle m'a raconté son passé, et je ne la brusquerai pas, nous prendrons notre temps et je veux qu'elle ait confiance en moi d'abord. Il ne se passera rien, Bella, tu peux me faire confiance. Je veux juste être près d'elle et la serrer dans mes bras pour qu'elle sache que je suis là pour elle, pour la protéger.
- Je savais déjà que tu étais quelqu'un de bien. Mis à part le fait que tu me chasses de mon lit…
- Ne me dit pas que tu ne souhaites pas retrouver ton chevalier servant qui a soulevé chaque brindille d'herbe dans ce pays pour te retrouver ? Répliqua-t-il taquin.
J'hésitai quelques secondes.
- Et bien, il y a mon père, je ne veux pas le trahir…
- « Le trahir », tu y vas fort. Et puis ce ne serait pas la première fois que tu t'échappes en douce pour le retrouver, non ? Sous-entendit-il.
Je lui jetai un regard choqué, il n'allait pas par quatre chemins quand il avait une idée en tête !
- Sinon, tu peux toujours rejoindre la chambre d'Alice, si tu souhaites alléger ta conscience. Proposa-t-il.
C'était tout à fait hors de question d'aller voir Alice alors que je mourrai d'envie de rejoindre Edward !
- Merci Emmett, je vais prendre note de ta proposition, bonne nuit. Lui dis-je avant de passer devant lui pour lui laisser la voie libre.
- Bella, juste une dernière chose, Edward s'est assoupi comme une marmotte, et ronfle plus fort qu'un train à vapeur !
Je faillis pouffer de rire de sa sortie et plaquai ma main sur ma bouche pour me contenir. Il me sourit et referma la porte derrière moi, en soulevant les sourcils. A présent que j'étais définitivement éjectée de ma chambre, je n'avais plus le choix, enfin presque. Un choix de chambre se proposait tout de même à moi, chambre de gauche et retrouver Alice ou bien chambre de droite avec Edward. ?
Ma conscience leva les yeux au ciel comme si j'hésitai vraiment.
- Désolée Alice…Murmurai-je.
Dans le couloir, le bois craqua sous mes pas malgré la légèreté de mes mouvements. Je devais me hâter si je ne voulais pas me faire prendre à errer dans les couloirs, notamment par mon père qui avait toujours eu le sommeil léger. Je me retrouvai devant la porte et tournai la poignée. Les gonds grincèrent à l'ouverture et je me faufilai à l'intérieur en prenant soin de refermer la porte derrière moi. Je pus enfin souffler me rendant compte que j'avais retenu ma respiration.
Alors que j'étais adossée à la porte, la tête en arrière, je glissai ma main derrière mon dos pour tourner la clef. Je verrouillai et protégeai ainsi, à l'insu de tous, mon envie de proximité avec l'homme qui dormait dans le lit juste devant mes yeux. Je pouvais entendre son souffle régulier, Emmett avait raison, il dormait profondément mais ne ronflait pas. J'avançai à pas de loup dans l'obscurité.
Lorsque j'approchai, mon cœur s'accéléra et ma respiration se fit plus difficile. Je me sentis soudain, hésitante et intimidée. Allait-il apprécier mon intrusion en pleine nuit dans sa chambre alors qu'il dormait profondément ? Me prendrait-il pour une fille facile qui, jusqu'à présent l'avait toujours poussé à l'aimer. Que ce fut dans la grange, cette première fois ou bien lors de nos retrouvailles dans la chapelle, j'avais toujours été à l'initiative de nos ébats. Je stoppai net et me demandai ce que je faisais dans cette chambre : c'était peut-être une mauvaise idée.
Pourquoi m'être immiscée ici? Je tentai de retrouver l'homme que j'aimais que j'avais à peine eu le temps de connaître lors de nos courtes mais intenses entrevues. J'avais besoin de sentir sa présence à mes côtés. C'était cela « sa présence ». Je n'avais qu'à me glisser dans le lit sans le toucher ainsi je serais enfin apaisée de le savoir si proche de moi et ma conscience ne serait pas touchée.
Je longeai le lit et me glissai sous les couvertures, occupant la place d'Emmett. Le lit était chaud et douillet. Il se creusait légèrement sous le poids du corps endormi à quelques centimètres du mien. Je me tournai sur le côté pour pouvoir le distinguer à la lueur de la lune. Sa tête reposait sur son bras relevé et sa poitrine soulevait les draps au rythme de sa respiration.
Son sommeil semblait si profond. Depuis combien de temps n'avait-il pas dormi ? Depuis nos retrouvailles lors de l'anniversaire de Mme Newton, tous les évènements s'étaient enchaînés, tous provoqués par Edward. Pendant tout le temps qu'avait duré notre voyage jusqu'à Olympia, je ne l'avais pas vu dormir même si j'avais somnolé de temps à autre. Il devait être épuisé, pourtant il n'avait rien montré et avait pris soin de nous tous.
Je me fis violence pour ne pas m'approcher plus près de lui, je devais le laisser récupérer. Maintenant que nous étions hors de portée de Mike nous avions tout notre temps pour profiter l'un de l'autre. Pour cette nuit, je me contenterai seulement de sa proximité, j'espérai que cela serait suffisant pour apaiser le manque de lui qui m'habitait depuis notre première rencontre.
Je tentai de fermer les yeux et ralentis le rythme de ma respiration pour trouver l'apaisement, mais le seul fait d'entendre son souffle si proche suffît à faire bouillir mon sang. Je n'aspirai qu'à une chose me blottir contre lui et me donner à lui.
Soudain sa respiration s'accéléra et il se mit à bouger. Il se tourna vers moi. Son bras s'abattît nonchalamment sur ma hanche, me coupant légèrement le souffle, et sa main se plaqua contre mon dos. Je frissonnai sous la chaleur de sa peau que je sentais à travers ma chemise. Ses doigts commencèrent à palper mon corps le long de ma colonne vertébrale puis sur mon bassin et mes fesses. Sa main disparut subitement et je fus soudain foudroyée par deux émeraudes qui brillaient sous l'éclat de la lune.
- Bella ? Murmura-t-il de sa voix ensommeillée.
Son visage était indéchiffrable. Il était impossible de savoir s'il appréciait ma présence ou non. Cela me mit mal à l'aise.
- Oui, Edward, c'est moi…
Il fronça les sourcils. Je me sentis alors comme une intruse dans ce lit.
- … Je suis désolée, je n'aurais pas dû venir, je…
Je ne pus continuer de me confondre en excuses car il plaqua sa bouche sur la mienne avec passion. Sa main glissa sur ma nuque pour s'insinuer dans mes cheveux. Il tira légèrement dessus pour m'inciter à relever la tête vers lui afin d'approfondir son baiser brûlant. Je ne pus me contenir plus longtemps et je lui répondis avec la même fougue. Je crochetai mes bras autour de son cou et moulai mon corps au sien. Il était torse nu et ne portait que son caleçon. Je pouvais sentir contre mon ventre l'étendue de son désir pour moi. Cette constatation fut l'étincelle qui incendia le brasier qui sommeillait en moi.
Ma main se plaqua sur son torse dur pendant que j'insinuai ma jambe entre les siennes. Edward émit un gémissement étouffé par notre baiser et me fit basculer sur le dos alors qu'il s'allongeait sur moi. J'ondulai des hanches pour me frotter à lui n'attendant qu'une chose qu'il éteigne ce brasier de désir qui me consumait à son contact. Je voulais qu'il me prenne comme il l'avait déjà fait avec moi avec passion. Mais contrairement aux fois précédentes, ce ne serait pas par désespoir ou pour se dire adieu, mais pour entamer notre nouvelle vie à deux.
- Fais-moi l'amour Edward. L'implorai-je contre ses lèvres en l'attirant désespérément contre moi.
Mais il se figea soudain juste après ma supplique et rompit notre baiser. Il ne bougeait plus mais sa respiration était irrégulière. Il semblait se battre contre lui-même.
- Edward ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
Il se répondit pas et ne réagit pas.
- Edward ? Le suppliai-je.
Il baissa enfin les yeux vers moi.
- Je te prie de m'excuser, Bella, je ne peux pas faire cela. Lâcha-t-il en roulant sur le côté.
Je restai stupéfaite et légèrement froissée qu'il m'ait repoussée. Etais-je trop avide pour lui, devrais-je mieux me comporter et me tenir lorsque nous étions tous les deux ? Je me remettais complètement en question.
- Je…Je suis désolée, j'ai été trop entreprenante…Je ne sais pas ce qu'il m'a pris, je devrais quitter cette chambre. Dis-je en me redressant brusquement.
Mais avant que mes pieds ne touchent terre, la main d'Edward emprisonna mon poignet.
- Hey, Bella, il est hors de question que tu quittes cette pièce !
- Mais, pourtant tu ne veux pas de moi… Répliquai-je, une boule commençant à se former dans ma gorge.
Il tira sur mon bras pour me ramener contre lui.
- Tu sais très bien que c'est faux, bien sûr que je te veux et que j'ai envie de toi, tu l'as senti !
- Alors, pourquoi ?
- Simplement, parce que je veux rester honnête envers ton père. Je veux gagner sa confiance pour qu'il m'accorde ta main de son plein gré, qu'il sache que tu seras heureuse et en sécurité avec moi. Je veux lui prouver que je ne suis pas Newton.
- Il le sait déjà.
- Pas suffisamment pour te confier à moi.
- Il vient juste de me retrouver, laisse-lui du temps.
- C'est bien ce que je compte faire, j'attendrais le temps qu'il faudra pour avoir ta main.
- Ce qui implique que tu garderas tes distances ?
- En quelque sorte. Je ne me fais pas confiance en ta présence, nous resterons donc dans des chambres séparées tant que tu ne seras pas devenue ma femme.
- Ta femme? Dois-je te rappeler que je suis toujours mariée à Mike, même si tu m'as éloignée de lui ?
- Nous trouverons un moyen et Newton j'en fais mon affaire…
- Edward, tu m'inquiètes que comptes-tu faire ?
Il prit mon visage en coupe et me sourit.
- Rien pour le moment, n'ais crainte. Il est tard Bella, tu as fait un long voyage et tu es épuisée, tu dois te reposer. Viens.
Il approcha mes lèvres près des siennes pour m'embrasser avec une douceur envoûtante, me faisant oublier toute objection que j'avais à son encontre. Puis il m'enlaça contre lui, laissant reposer ma tête dans le creux de son cou. Il me caressa les cheveux, et me murmura des paroles apaisantes de telle manière que je m'endormis rapidement.
Ce fut le chant des oiseaux qui me réveilla le lendemain matin. Pour la première fois depuis longtemps, je n'avais pas de boule au ventre et je pouvais sentir sur mon visage ma bouche esquisser un sourire. J'étais heureuse et j'avais envie de le montrer à la terre entière.
Lorsqu'une main frôla mes cheveux, mes lèvres s'étirèrent davantage. Edward, la source de mon bonheur, se trouvait juste à côté de moi…
- Hey, la belle au bois dormant se réveille enfin, et avec un magnifique sourire…
J'ouvris brusquement les yeux et fis face à un visage plus que familier.
- Maman ?
- Bonjour ma chérie, as-tu bien dormi ?
- Bonjour Bella. Entendis-je Rose juste derrière elle.
Je me redressai prestement pour jeter un œil autour de moi et remarquai alors que j'étais de nouveau dans la chambre que je partageai avec Rosalie. Comment étais-je revenu dans cette pièce ? En étais-je vraiment sortie cette nuit? Avais-je seulement rêvé de ce moment avec Edward ?
Mon regard croisa celui de Rose qui mima un sourire derrière le dos de ma mère. Je souris de nouveau en retour.
- Bonjour Maman, j'ai très bien dormi. Finis-je enfin par lui répondre avec enthousiasme.
- Je n'en doutai pas après tous ces derniers événements. Je t'ai apporté des vêtements, on se retrouve en bas pour le petit déjeuner ?
- Merci maman, je m'apprête et j'arrive.
Elle m'embrassa sur le front comme elle le faisait quand j'étais petite fille et sortit de la pièce.
Rosalie et moi, nous regardions en attendant que les pas de ma mère décroissent, puis soudain nous éclatâmes de rire.
- Bella, si tu avais vu ta tête lorsque tu as découvert ta mère à ton chevet… !
- J'ai paniqué, je me croyais encore dans la chambre d'Edward.
- Je m'en suis doutée car quand Edward t'as ramenée ici avant l'aube, tu ronronnais si fort qu'on craignait que ton père ne t'entende et ne débarque dans la chambre. M'expliqua-t-elle.
- Je…je ronflais pendant qu'Edward me portait ?! Oh mon Dieu que va-t-il penser de moi ?
- Ne t'inquiète pas, Bella, il n'avait pas l'air choqué, il avait plutôt l'air de trouver tes ronflements assez mignons, et tu as bien fait rire Emmett ! Ajouta-t-elle.
- Emmett m'a entendu aussi ! M'exclamai-je.
- Bien sûr puisqu'il est retourné dans leur chambre pour prévenir Edward que l'aube approchait…
- Oh, je…
- Emmett ne dira rien, si c'est cela qui te préoccupe. Hâtes-toi si tu veux voir Edward au petit déjeuner car cela fait un moment, il me semble que lui et Emmett ont quitté leur chambre.
- Tu as raison Rose.
Je me levai promptement et filai me préparer.
Le petit déjeuner fut servi dans un petit salon, où nous pûmes nous retrouver en privé avec mes parents, les filles, Carlisle, Emmett et Edward. Ils m'avaient tous attendu avant de commencer leur repas matinal.
A mon entrée, Edward fut le premier à me remarquer. Il se leva de sa chaise et se dirigea vers moi. Il prit ma main entre les siennes, la retourna et déposa un baiser sur mon poignet, là où palpitait mon pouls qui s'accéléra dès que ses lèvres effleurèrent ma peau, sans jamais quitter mes yeux une seule seconde. Il esquissa un sourire et se redressa.
- J'espère que tu as passé une bonne nuit ?
Je rougis instantanément d'abord de gêne, car j'avais passé les trois quarts de la nuit dans son lit, puis de honte en imaginant Edward écouter mes ronflements. Je me repris enfin.
- Merci, Edward. J'ai passé une agréable nuit où pour la première fois depuis longtemps je me suis senti en sécurité.
Il esquissa un sourire et me conduit à table vers la dernière place restante entre mon père et Edward.
Le Dr Cullen profita de ce moment où nous étions tous réunis pour nous informer de ses plans.
- J'ai rencontré le maire très tôt ce matin : la mairie d'Olympia nous loue gracieusement pendant les deux premiers mois un local où moi et Edward installerons notre cabinet.
- Notre cabinet ? Répéta Edward.
- Oui, mon fils, le Dr Cameron m'a informé qu'il était surchargé de travail. La Population de cette ville grandit vite mais elle manque cruellement de médecins. Le maire de la ville m'a accueilli à bras ouverts ce matin lorsque je lui ai annoncé que je souhaitai m'installer avec mon fils en tant que médecins. Tu vas enfin pouvoir me montrer tes talents !
- Ce sera avec joie, papa !
- Il m'a donné les clefs d'un local au centre-ville pour notre cabinet ainsi que quelques adresses où nous pourrons chacun nous loger.
- C'est une excellente nouvelle ! M'exclamai-je.
- Tout à fait, Bella. Malgré les économies que j'ai emportées avant notre départ, je craignais que ce ne soit pas suffisant pour subvenir à nos besoins à tous. A présent, je ne me fais aucun souci, je dois retourner voir le maire en milieu de semaine car il a peut-être du travail à proposer à Emmett et à vous Charlie, peut-être même y en aura-t-il aussi pour les femmes.
Notre installation à Olympia s'annonçait sous les meilleurs hospices. Nous allions bientôt tous avoir un logement et du travail. Cette fois-ci Dieu avait décidé de nous donner un bon coup de pouce.
Deux semaines plus tard, nous menions notre vie comme si nous l'avions toujours vécu ainsi. Edward et son père ouvrirent leur cabinet dès le lendemain de notre arrivée dans cette ville. De nombreux patients frappèrent à leur porte le jour-même de l'ouverture grâce au Dr Cameron qui les envoyait vers eux.
Emmett et Rosalie précipitèrent leur union de façon à pouvoir rapidement prendre une petite maison tous les deux. J'étais très heureuse pour elle, jamais je ne l'avais vu aussi rayonnante que le jour de son mariage. Je la savais en sécurité aux côtés d'Emmett qui malgré sa carrure imposante se montrait très attentionné et très tendre envers elle. Emmett obtint dans le même temps un emploi de charpentier dans les chantiers des nouveaux quartiers de la ville.
Mes parents s'installèrent à deux pâtés de maisons de celle de Rose et Emmett, et mon père obtint un poste de veilleur de nuit dans le quartier.
Carlisle s'installa dans l'appartement situé au-dessus du cabinet médical. Alice le rejoignit sous son toit après tout elle était sa fille sous sa nouvelle identité. Edward, de son côté s'installa, seul, dans l'appartement du second étage et dernier étage.
J'aurais donné cher pour pouvoir m'installer avec lui mais mon père avait insisté fortement auprès de Carlisle pour que je séjourne avec lui et Alice, ne pouvant, pour notre sécurité, m'accueillir dans leur maison. Je n'avais pas eu le temps de répliquer qu'Edward avait accepté immédiatement les exigences de mon père.
Alice et moi partageâmes la même chambre avec deux lits séparés. Nous eûmes enfin le temps de parler toutes les deux des derniers évènements et de la façon dont Edward et Emmett les avaient retrouvées, elle et Rosalie, dans les bois.
- Il est fou de toi, Bella. Me confia-t-elle, un soir une fois dans nos lits.
- Et je suis folle de lui. Répliquai-je dans un murmure.
- C'est incroyable, la détermination qui l'habitait lorsqu'il te cherchait. Il n'aurait jamais cessé ses recherches, Bella, y aurait-il passé le restant de sa vie, il n'aurait jamais abandonné. Me confia-t-elle. Elle soupira. Comme j'aurais aimé que Jasper se lance à ma recherche et me délivre de ma prison, tel un chevalier fou d'amour pour sa belle…
- Peut-être qu'il t'a cherché et te cherche encore, Alice.
- Je ne crois pas que j…
- Tu n'en sais rien ! La coupais-je. Tout comme moi, je ne savais pas qu'Edward me cherchait.
- Tu le croyais mort, Bella, il est normal que tu ne t'en doutas pas ! Mais maintenant, quand je pense à Jasper, je l'imagine marié avec la fille dont il était fiancé. Il doit avoir des enfants à présent, et a dû complètement m'oublier. Et je dois l'oublier aussi.
- Alice…
Elle tourna la tête vers moi et me sourit.
- Bella, ne t'inquiètes pas pour moi, à présent que je suis libre, peut-être trouverais-je un Edward ou un Emmett prêt à tout pour me protéger.
- Je te souhaite de trouver le même bonheur que je connais avec Edward, tu le mérites.
- Merci.
Après nos longues confidences, je sombrais comme chaque nuit dans un profond sommeil, peuplé de rêves en compagnie d'Edward et je respectais ainsi « l'accord » conclus entre lui et mon père.
Je vous dis à très bientôt pour la suite, avec peut-être l'arrivée d'un personnage qui est attendu par certaines d'entre vous !
N'oubliez pas une petite review ou commentaire pour me donner votre avis !
Gros bisous
Sabi
