AAAAAAAAAAAAAAaaaaaaaah ! J'ai enfin fini ce chapitre ! Il est long, je
vous l'assure !
Pour ce qui est des review, je vous réponds au prochain chapitre ou peut-
être que je reposterais ce chapitre avec les réponses intégrées !
Mais, autant ne pas vous le cacher, j'ai été très déçue par le peu de
review que j'ai reçue au chapitre précédent... :'( Enfin bon, je suppose que
je dois m'y faire !
Bisous Jess
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Draco n'arrivait pas à s'endormir. Il tenait dans ses bras le début de ce qu'il aurait pu appeler son premier véritable bonheur si seulement... Si seulement elle n'était pas ce qu'elle était... Si seulement son père ne l'emprisonnait pas... Si seulement il ne ressentait pas quelque chose d'aussi fort pour elle...
Leur baiser n'avait rien eu d'innocent : chacun d'eux avait compris où cela les mènerait, ce qui était en jeux. Mais Draco avait peur ! Pour la première fois de sa vie, il se rendit compte que ses sentiments pouvaient devenir incontrôlables ! A vrai dire, si jamais il continuait ainsi, cette relation allait le mener à un sentiment qu'il s'était toujours efforcé de réprimander : l'amour...
Etait-il déjà amoureux ? Il y a quelques heures, il aurait dit que c'était absurde mais depuis ce baiser... Ce sentiment nouveau qui naissait en lui n'était peut être pas sans rapports avec l'amour. Alors le grand Draco Malefoy serait en train de s'attacher dangereusement à une Gryffondor, une « sang impure » qui plus est ! Peut-être... Seul le temps lui dirait ! En tout cas, sa relation avec Granger était autre chose que les aventures qu'il vivait avec les autres filles superficielles ! Elle, elle était vraiment... précieuse... Il ne voulait en aucun cas tout gâcher ! En aucun cas la perdre !
Il resserra son étreinte et lui déposa un léger baiser sur son front. Elle se réveilla avec douceur et il lui sourit : il aimait vraiment l'observer... Ce qu'elle était belle !
-Excuse-moi de te réveiller, murmura-t-il, mais je voudrais te connaître un peu plus !
Elle ne cacha pas sa surprise et il sourit de plus belle. Elle lui répondit d'une voix endormie :
-Me connaître ? Comment ça ? Que veux-tu savoir ?
Il se rapprocha un peu plus d'elle, collant sa joue à la sienne pour lui murmurer à l'oreille :
-Tout !
Il recula un peu pour la regarder et elle le fixait, bouche bée ! Puis elle sembla partir dans une réflexion intense, tentant de se rappeler un détail qui l'intéresserait. Il était de nature patiente alors il attendrait. Elle prit la parole au bout d'un moment, pas très convaincu du résultat !
-Je... Je suis née de parents moldus, mes meilleurs amis sont Ron et Harry, que je considère comme des frères. J'aime énormément lire et étudier...
Il lui mit un doigt devant la bouche pour l'inciter à se taire :
-Non, tu ne m'as pas compris, murmura-t-il, tout ça, je le sais déjà ! Je veux savoir pourquoi tu sens la lavande, d'où vient cette lueur qui illumine sans cesse ton regard et pourquoi tu joues la fille forte alors, qu'en vérité, tu es si fragile...
Il l'avait troublé. Elle ouvrait et fermait la bouche sans qu'aucun son ne sorte !
-Tu veux que je te remettes dans ton aquarium ? demanda Draco, amusé
Elle rit, timidement. Elle plongea son regard noisette dans celui argent de Draco puis répondit, l'air ailleurs :
-La lavande est le parfum que porte ma grand-mère... Elle m'a renié quand elle a su que j'étais une sorcière... Cette lueur, comme tu dis, Harry dit que c'est mon courage et ma fierté qui ferai de moi quelqu'un de si confiant... Ce qui nous emmène au troisième point : si je joue la forte c'est pour ne pas être une plaie pour les autres. Harry a tellement de soucis, je ne veux pas être une cause d'inquiétude en prime ! Ron ne peut pas supporter ce poids seul donc je me montre forte pour l'aider...
Etrangement, Draco ressentit une pointe de jalousie. Il ne connaissait pas ce sentiment non plus. A vrai dire, il l'avait suscité nombre de fois mais, vu qu'il se fichait éperdument de ses « conquêtes », ça n'avait jamais été réciproque...
-Tu tiens à eux, n'est-ce pas ?
Il avait parlé d'un ton dur et avait baissé les yeux. Croiser son regard en cet instant aurait été trop dur... Il était triste, comprenant soudain qu'elle était si loin malgré la proximité de leurs corps... Il sentit alors une main le saisir sous le menton et l'obliger à croiser le regard aux reflets dorés.
-Oui, dit-elle avec douceur, mais pas de la même façon que je tiens à toi...
Elle laissa sa phrase en suspend et rapprocha ses lèvres... Il la laissa faire, elle embrassait divinement bien et il n'allait pas s'en priver... De plus, il avait l'impression qu'à chaque nouveau baiser, le lien qui les unissait depuis peu prenait un peu plus d'ampleur...
Au bout d'un moment, il se décida à répondre vraiment à ce baiser. Il ressentait quelque chose d'intense : ce baiser ne devait jamais finir... Mais, comme on en fait la douloureuse expérience au fil du temps, plus on veut retenir quelque chose de précieux, plus ce dernier à tendance à s'échapper...
Cependant, alors que leurs lèvres se détachaient, il se rappela ce qu'elle avait dit : elle tenait à lui... Elle le lui avait dit si facilement alors que lui-même avait le plus grand mal à se l'avouer. Il se rapprocha d'elle au maximum, à tel point que leurs lèvres se frôlaient :
-Tu tiens à moi ? questionna-t-il en un murmure, alors ne me laisse pas, j'ai besoin de toi...
-Jamais ! souffla-t-elle, jamais je ne te laisserai, je suis là désormais et j'y reste. Je t'ai fait une promesse et je le tiendrai...
-Quelle promesse ? demanda-t-il surpris
Elle enroula sa jambe autour de celle de Draco et passa ses mains dans le dos de celui-ci, en frôlant le bas :
-Que je te protégerais ! dit-elle
Ses yeux brillaient et il ne ressentait de ce regard qu'une pure sincérité. Alors il frôla également le bas du dos de la jeune fille et la fixa droit dans les pupilles :
-Alors laisse-moi te promettre la même chose à mon tour. Je promets qu'à partir de ce jour, plus personne ne te fera de mal, à commencer par moi...
Elle le questionna du regard puis se pencha vers elle. Ils scellèrent leurs lèvres comme pour sceller le pacte qu'ils venaient de faire. Puis, ne trouvant pas le sommeil, ils se mirent à parler de choses légères, de souvenirs sans importances mais qui faisaient d'eux ce qu'ils étaient désormais...
Lorsque le soleil se leva, ils s'embrassèrent une dernière fois et elle partit en cours. A peine eut-elle franchit le tableau que Draco ressentit comme un manque. Il décida de s'occuper pour le combler mais il avait beau tourner et retourner tous les livres de la jeune fille, il n'arrivait pas à en lire une ligne, une odeur de lavande lui revenant sans cesses en mémoire...
Alors qu'il pensait –avec folie- à aller la rejoindre en cours, on frappa à la porte. Il hésita à aller ouvrir quand une voix familière lui provint :
-Mr Malefoy, c'est le professeur Dumbledor, j'ai à vous parler.
Draco se releva, chancelant : que lui voulais le directeur ? Il ouvrit à Dumbledor qui eut un sourire franc avant de pénétrer dans la chambre décorée aux couleurs de Gryffondor. Il regarda les murs d'un air nostalgique et se dirigea vers Gouly. Le lion mit un certain temps à le reconnaître puis se mit à ronronner joyeusement une fois qu'il l'eut identifié.
-Ca faisait bien longtemps que je n'étais pas venu ici ! dit le directeur avec nostalgie, mais ce n'est pas de cela que je suis venu vous parler ! Je vous en prie, assoyez-vous !
Il s'enfonça dans le canapé et montra la place à côté de lui d'un mouvement de main. Draco restait réticent mais s'exécuta. Le Directeur lui adressa une grand sourire puis se mit à fouiller dans sa cape, tout en parlant :
-Ce que je veux vous montrer, Mr Malefoy, est un objet magique des plus secrets ! C'est pourquoi je vous demande la plus grande discrétion sur cette affaire...
Il lança un regard appuyé à Draco qui répondit avec un hochement de tête pressant, trop impatient de voir cet objet. Le directeur eut une exclamation de triomphe en brandissant une petite boîte aux parois transparentes. Emprisonnées à l'intérieur de ces parois, circulaient des fleuves bleu nacrés. La boite n'était pas bien grande mais semblait dégager une magie sans pareille.
-Ceci, expliqua Dumbledor, est une projective. Savez-vous ce que c'est ?
Draco secoua négativement la tête sans cesser de fixer l'objet, comme ébloui !
-Cette boite peut vous servir à voir une partie de votre futur. Bien sûr, l'avenir n'étant jamais défini, la projective ne vous en donne qu'un aperçu et, si ça ne vous plait pas, vous avez encore les cartes en main pour changer les événements.
-Mais...Mais, professeur, pourquoi me montrez-vous cet objet ?
-Et bien, Mr Malefoy, je vous sais en pleine période de doutes. Je vous laisserai bien choisir votre destin, seulement trop de personnes sont en jeux. Et puis, disons que, par cet intermédiaire, je cherche à réparer une erreur passée...
Draco le regarda sans comprendre :
-Quelle erreur professeur ?
-Celle de laisser ton père gâcher sa vie...
Le vieil homme se releva, rajusta sa cape puis observa le jeune Serpentard au-dessus de ses lunettes en demi-lune :
-La formule est Inretro. Je vous fait confiance Mr Malefoy, faites bon usage de cet objet. Au revoir.
Draco, qui était resté dans un état de demi conscience depuis la révélation sur son père se réveilla d'un coup :
-Professeur ! J'ai encore une question !
-Je vous écoute !
-Et bien, hésita Draco, quelles sont les personnes en jeux ?
Il se mit à paniquer : serait-il possible que Dumbledor soit au courant de quoique ce soit entre Granger et lui ? Le Directeur eut un sourire confiant :
-Ca, Mr Malefoy, c'est à vous de le découvrir... Sur ce, à bientôt !
Il sortit de la chambre, y laissant un jeune homme désemparé ! Draco se rassit, fixant l'objet. Il hésitait à l'utiliser, à regarder son avenir. Qu'y verrait-il ? Serait-il vraiment capable de changer son futur ? Puis, n'ayant plus la patience d'attendre il alla chercher sa baguette et s'installa devant la projective. Il l'ouvrit et, pointant sa baguette vers l'intérieur il prononça « Inretro ».
Aussitôt, la chambre se fit floue, les couleurs et les formes se mélangeants à toute allure. Draco commençait à avoir sérieusement mal au cœur et préféra fermer les yeux. Lorsqu'il les rouvrit, il ne put se retenir de pousser une exclamation de surprise !
Il se trouvait dans ce qui semblait être une grande salle de bal. Des tables étaient disposées dans un coin de la pièce et les personnes qui y dînaient étaient toutes richement vêtues ! Mais ce qui choqua le plus Draco fut que toutes ses personnes n'étaient autres que ses camarades actuels avec quelques années de plus !
Il voulut s'approcher d'une table où se tenait ce qui lui semblait être Londubat quand il entendit un rire cristallin. Ce rire, il l'aurait reconnu entre mille. Il se tourna vers une table un peu plus somptueuse que les autres. Trois personnes y étaient attablées. Elles étaient de dos mais Draco aurait pu les reconnaître, la tête à l'envers ! Au centre, se tenait une jeune femme, Granger. A ses côtés, se tenaient une tête rousse, Weasley, et une tête brune décoiffée, Potter.
Ils riaient de bon cœur à une blague que venait de sortir le rouquin. Quand Draco passa devant eux, un détail le frappa : Granger paraissait rayonnante de bonheur ! Jamais il ne l'avait vu comme ça ! Elle avait les cheveux élégamment relevés en un chignon compliqué. Certaines mèches étaient négligemment lâchées et retombaient sur ses épaules découvertes. C'est alors que Draco fit plus attention à sa tenue vestimentaire : Elle portait une longue robe blanche dont la partie supérieure était un bustier en soie. Des perles nacrées ornaient le bas de la robe qui était également faite de soie, le tout lui donnant une certaine classe. Elle venait visiblement de se marier. Mais avec qui ?
Elle était magnifique. La robe la mettait magiquement en valeur. Elle semblait vraiment heureuse et il ressentit un pincement au cœur en se disant qu'il n'y était probablement pour rien ! Quand soudain, il se rappela que c'était son futur ! Il se chercha aux alentours mais il n'eut pas vraiment le temps de tout regarder qu'il se sentit traverser. N'étant pas matérialisé dans le futur, il ne se formalisa pas de cet « incident » et regarda plutôt la personne qui était passée à travers lui : une carrure impressionnante, des cheveux blonds plaqués en arrière et des yeux gris acier. Draco s'approcha du « Lui » futur et l'observa de plus près pour évaluer l'âge. Alors qu'il se fixait autour de 20 ans, il remarqua que, lui aussi, semblait rayonner de bonheur ! Draco-futur se pencha vers Granger et demanda d'un ton enjoué :
-Puis-je me permettre d'enlever la mariée ?
Elle sourit, Potter et Weasley hochèrent la tête en souriant également et Draco se vit emmener Granger au milieu de la piste de danse et commencer à la serrer contre lui avec délicatesse. Alors qu'ils commençaient à tourner doucement, sans se quitter des yeux, le jeune Draco entendit le Survivant et le rouquin commenter la scène :
-Notre Hermione, devenir une femme ! s'exclama Weasley, tu y crois toi ?
-Une Malefoy, qui plus est ! renchérit Potter
Il sourirent de plus belle puis se levèrent vers une table voisine. Mais Draco n'y prêta pas attention : ainsi, dans son futur, il allait se marier avec Granger ? Bizarrement, ça ne le choqua pas et le gêna encore moins! Finalement, peut-être avait-il une part de responsabilité dans son bonheur !
Il se rapprocha des jeunes mariés qui dansaient pour entendre ce qu'ils disaient :
-Tu es resplendissante ! chuchota Draco-futur
-Merci, tu n'es pas mal non plus ! Je suis déçue, je ne t'ai pas beaucoup vu de la soirée...
-Je suis désolé ma belle, une histoire à régler !
-Quel genre d'histoire ? demanda-t-elle, inquiète
-Rien de bien grave, dit-il d'un ton distant, tu n'as pas à t'en inquiéter, c'est réglé !
Elle le regarda, se demandant si elle devait lui faire confiance ou pas, le conflit apparaissant clairement sur son visage. Puis elle souffla, s'abandonnant à une évidence il ne lui révèlerait rien ! Il lui prit son visage entre ses mains et déposa un léger baiser sur ses lèvres :
-Aie confiance, ma belle, il n'y a rien à craindre !
Granger se blottit contre le torse du futur Draco comme pour s'assurer qu'il était là, avec elle. Elle semblait tenter de graver cet instant dans sa mémoire comme si elle pressentait qu'il serait unique...
-Je t'aime ! murmura-t-elle
Il sourit, attendrit :
-Moi aussi, je t'aime, et je t'aimerai toujours...
Alors que Draco était en train de s'étonner de voir avec quelle facilité elle arrivait à lui faire ressortir ses sentiments, il vit de nouveau le décor se fondre et devenir flou. Il ferma de nouveau les yeux et lorsqu'il les rouvrit, il sentit que l'ambiance était tout autre.
Il se trouvait dans une immense maison familiale mais toutes les vibrations dans l'air pesaient lourds. Il se sentait comme oppressé par tant de tensions et en chercha la cause. Il entendait des pleurs, une respiration saccadée provenant d'une pièce voisine. Il y pénétra et il vit, assit à une table, Granger, la tête entre les mains, verser toutes les larmes de son corps.
Il sentit son cœur fondre et se mit à espérer de tout cœur qu'il n'en soit pas la cause. Quelques minutes plus tard, une porte au fond de la salle s'ouvrit et apparut une haute silhouette. Quand cette personne vint à la lumière, il fut choqué de voir à quel point il avait changé, à quel point il ressemblait à son père... Ce n'était pas tant dans l'apparence physique –il avait gardé une trace de la beauté de sa mère- mais plutôt dans l'air important et sec qu'il prônait.
Le futur Draco, alors âgé d'environ une trentaine d'années, s'approcha vers Granger, l'air un peu moins sec d'il y a quelques secondes et tendit un bras pour le poser sur l'épaule de sa femme. Mais elle se releva et rejeta avec violence son bras !
-Ne me touche pas ! s'écria-t-elle proche de la démence, je t'interdis de me toucher, tu entends ?
Elle pointait un doigt accusateur sur lui. Elle tremblait de la tête aux pieds mais son doigt, lui, ne tremblait pas et ne dérivait pas de sa cible :
-Comment as-tu pu ? sanglota-t-elle, comment as-tu pu nous faire ça ?
Son mari la regardait avec une expression de colère retenue. Il la fixait avec mépris et se mâchonnait la langue, de ce geste de patience contenue qu'avait son père...
-Je te prie de baisser d'un ton ! lança-t-il, les enfants ne sont pas obligés de savoir que tu as oublié de prendre ta potion !
Elle le fixa avec haine et elle serra les dents pour que sa colère n'explose pas une fois de plus :
-Va te faire foutre, Draco ! Toi et tes petits merdeux, je ne veux plus vous voir !
En réponse à son affront, elle se reçut une baffe magistrale. Elle faillit tomber par terre sous la violence du choc mais elle se rattrapa de justesse à la table. Il la regardait avec un mélange de remords et de satisfaction. Lorsqu'elle lui refit face, elle se remit à crier :
- Tu es un danger pour moi et les enfants ! Avec tes combines, tout le monde te craint et tes enfants en souffrent ! Tu y as pensé ça ? Toi qui es sur le point de devenir le futur Voldemort ?
Il tressaillit à son nom et un sourire sournois apparut sur les lèvres de la jeune femme. Puis, sans ajouter un mot, elle sortit de la pièce. Il la rattrapa et demanda d'un ton de nouveau sec :
-Où vas-tu ?
-Je m'en vais ! répliqua-t-elle, je ne peux plus supporter jusqu'à ta présence ! Et j'emmène les enfants avec moi !
-Il en est hors de question ! Ce sont mes enfants également !
Il s'était emporté, il s'était laissé aller par l'émotion et ça la déstabilisa l'espace d'un instant. Il se rapprocha d'elle et la prit dans ses bras. Il lui caressa doucement le visage et la fixait droit dans les yeux d'un regard chargé de regrets...
-Et puis, ajouta-t-il avec douceur, tu es ma femme, je t'aime...
Elle prit alors de la distance et évita délibérément le regard d'acier :
-Moi aussi je t'aime Draco, et je t'aimerai probablement toujours... Seulement il est trop tard. Les enfants sont déjà en sécurité et je vais les rejoindre. Je te demanderai de ne pas nous suivre, de nous oublier. Adieu.
Elle l'embrassa une dernière fois, des larmes incontrôlées coulants sur ses joues puis transplana. Il resta un bon moment à fixer le vide puis, par rage, enfonça violement son poing dans une armoire.
Draco ne savait quoi penser de ce qu'il allait devenir. Puis, alors qu'il se décrétait « le plus beau salaud que la Terre est jamais portée » il sentit le décor changer de nouveau. Cette fois, pas de maison mais plutôt une sorte de grande cave. Il y régnait une odeur pestilentielle et des rats couraient le long des murs. Une personne était recroquevillée parterre et tenait une bouteille à la main. Draco s'en approcha, ayant peur d'avoir compris qui était cet ivrogne.
Au moment où il arriva à la hauteur de l'homme qu'il serait plus tard, une voix se répercuta contre les parois de la cave :
-On peut savoir pourquoi tu m'as demandé de venir te rejoindre ici ? Je t'avais demandé de m'oublier, me semble-t-il !
L'ivrogne aux cheveux platine se releva et regarda Granger comme si c'était la dernière merveille au monde :
-Hermione ! dit-il la voix complètement détraquée, Hermione tu es venue !
Il se précipita sur elle et la plaqua au sol ! Elle essaya de se dégager mais son ex-mari n'avait rien perdu de sa force !
-J'ai changé Hermione ! jubila-t-il, je suis un gars bien maintenant ! Je veux que vous reveniez avec moi ! Je vous aime !
Granger, elle, essayait tant bien que mal d'éviter l'haleine de l'homme qu'elle avait autrefois aimé... Ou peut-être l'aimait-elle toujours ! Mais difficile à dire vu la situation :
-Mais tu es ivre ! s'écria-t-elle avec dégoût, tu appelles ça être quelqu'un de bien ? Un ivrogne ?
Il la regarda, comme reprenant soudain conscience ! Il semblait avoir désaoulé en l'espace de quelques secondes ! Il se retira de dessus Granger et roula sur le côté. Il fut alors secoué par de sombres sanglots.
Elle se releva et sembla hésiter pendant un bon moment avant de se lancer :
-Draco, tu devrais penser à te reconstruire, tu es dans un état pitoyable.
-Aide-moi ! dit-il dans une plainte
-Je ne peux pas t'aider ! Chaque jour, j'essaie de me remettre de ce que tu m'as fait subir, en apprenant un peu plus sur tes « secrets ». Nous sommes les restes d'un amour qui nous tue et qui ne s'éteindra jamais alors le mieux c'est de couper les ponts. Tu pourras revoir les enfants quand tu seras redevenu un homme présentable. Ils seront enchantés de revoir leur père.
Draco-futur se releva et regarda Granger, le regard chargé d'émotions :
-Qui ne s'éteindra jamais ? murmura-t-il, ça veut dire que tu m'aimes toujours ?
Elle eut un air attendrit et posa avec douceur une main sur la joue de Draco :
-Toujours, Draco ! souffla-t-elle, et je crois que c'est ce qui me perdra...
Elle l'enlaça, se laissa encore aller à pleurer des larmes qui lui transperçaient le cœur.
Draco se demanda si, plus tard, elle allait se remettre avec lui mais, en fait, il en eut assez de cette boite ! Combien de fois allait-il la faire souffrir ? Il ne le supportait plus ! En tout cas, elle avait raison : leur amour les détruisait ! Et même si, pour l'instant, à son époque, ils n'avaient fait que s'embrasser, l'émotion qui en dégageait y était suffisamment forte pour qu'il comprenne que, plus tard, il allait tomber amoureux... Peut-être l'était-il déjà...
Il prononça de nouveau la formule et, en un tourbillon de couleurs, il se retrouva de nouveau dans la chambre.
Il mit un certain temps à reprendre ses esprits : comment devait-il agir ? Peut-être que la meilleure solution serait de stopper immédiatement tout contacts avec Granger tant qu'il en était encore temps ! Mais n'était-il pas déjà trop tard ?
Il tenta de se relever mais il chancela et retomba sur le sol. Ses côtes lui faisaient encore horriblement mal et sa tête ne cessait de tourner. Il se tordit de douleur et se mit à geindre et n'entendit pas le tableau pivoter. Il ne se rendit compte de la présence de Granger que quand celle- ci se précipita vers lui, l'air affolé :
-Malefoy ! Ca va ? Tu t'es fait mal ?
Elle jeta son sac sur les fauteuils et vint s'agenouiller à côté de lui. Elle lui défit sa chemise –rougit au passage- et commença à examiner la blessure :
-Elle recommence à virer au bleu. Je vais te rallonger sur le fauteuil, te remettre de la pommade et, ensuite, j'irai t'allonger sur mon lit et tu te reposeras toute l'après-midi. Et tu ne bougeras pas, compris ?
Il hocha la tête, un sourire vague aux lèvres : il ne pouvait détacher les yeux de sa future femme. Elle était magnifique et il se sentit soudain unique à l'idée de se marier avec elle et qu'elle devienne la mère de ses enfants... Mais il allait les faire souffrir. Tous. Tous ceux qui l'aimeraient allaient souffrir par sa faute...
-Tu es sûr que ça va ?questionna Granger
Il la regarda d'un air grave. Il s'avança vers elle, leurs visages n'étant plus qu'à quelques centimètres :
-Rien de tout cela n'arrivera, je te le promets. Je ne te ferais jamais souffrir, tu seras heureuse...
Elle le regarda, étonné tandis que lui se rendit compte de ce qu'il venait d'avouer ! En plus, il avait promis de ne jamais la faire souffrir, mais, en était-il capable ? Pouvait-il vraiment réprimer sa nature ? En tout cas, il essaierait, rien que pour ne plus jamais revoir Granger aussi triste que ce que la projective lui avait montré...
Il se pencha un peu plus sur elle et l'embrassa. Il l'embrassa comme jamais il n'avait embrassé qui que ce soit : c'était un baiser où se mélangeaient tous les plus beaux sentiments et où l'amour semblait prendre source pour s'évanouir sur les bouts des lèvres.
Il la sentit frissonner sous ce baiser mais elle ne tenta rien pour l'arrêter. Et, lorsque Draco mit fin à ce si doux contact, elle lui captura de nouveau les lèvres, dans un tel élan qu'elle le renversa en arrière, atterrissant sur lui.
Elle semblait ne pas y apporter d'importance et, à vrai dire, lui non plus ! Même dans la précipitation, elle avait pris soin d'éviter son côté blessé et se contentait de décoiffer les cheveux blonds de Draco. Lui, passait ses mains sur le dos de la jeune fille qui continuait toujours de l'embrasser avec fougue ! Il hésita à pousser le baiser plus loin quand soudain il se dit qu'elle ne méritait pas qu'il la traite comme les autres. Avec elle, il devait prendre son temps, ne pas la brusquer. Si elle était prête, ce serait à elle de lui faire savoir ! Pour le moment, elle était encore sous le charme de ce baiser rempli de sentiments qu'il lui avait fait connaître... Mais ils ne pouvaient pas tout construire sur un simple baiser !
Il retourna donc la situation, se mettant au dessus puis mit fin au contact buccale :
-Il vaut mieux arrêter là si tu ne veux pas que ça aille trop vite et que tout soit gâché.
Elle le regarda, l'air surprise puis hocha lentement la tête. Elle avait le visage rougit par tant d'émotions et ses yeux brillaient d'impatience de l'embrasser de nouveau. Mais Draco fit comme si il n'avait pas remarqué et se releva. Il alla s'allonger sur le fauteuil et ferma les yeux pour tenter de remettre un minimum, ses idées en place.
Mais le contact de la main d'Hermione sur son torse lui fit perdre toutes ses résolutions. Il rouvrit les yeux et la vit, se mordant la lèvre, hésiter à mettre la pommade. Il lui posa une main rassurante sur sa joue et lui adressa un sourire confiant. Elle tenta d'y répondre mais, rien à faire, elle manquait d'assurance !
Elle prit une profonde inspiration et appliqua la crème. Aussitôt, Draco ressentit une douleur fulgurante au niveau de son torse et ne put s'empêcher d'hurler sous la torture ! Alors qu'il tentait tant bien que mal, il sentit une odeur de lavande l'enivrer.
Elle l'avait de nouveau enlacé, comme la veille et il enfouit son visage dans ses longs cheveux bruns. Il ne cria plus, la douleur physique étant devenu secondaire face à la douleur mentale : il ne devait en aucun cas tomber amoureux d'elle, sinon elle allait en pâtir. Mais comment ne pas tomber amoureux d'une telle personne ? Un ange venait de tomber dans ses bras et il devait l'envoyer au purgatoire pour la sauver ?
Cela n'avait aucun sens. Il ne voulait pas que ça en ait ! Il voulait l'aimer... Mais il ne devait pas, ne pouvait pas... Car, même s'il l'aimait, il ne pourrait empêcher sa nature de refaire surface... Faux ! La nature de son père...
Il ne devait absolument pas tomber amoureux, sous aucun prétexte. Quand la douleur fut passée, il relâcha l'étreinte et s'allongea sur le canapé pendant qu'elle examinait sa blessure :
-Il ne reste plus rien, annonça-t-elle, je pense que tu pourras repartir demain matin !
Elle avait dit ça sur le ton d'une plainte mais il se rendit compte que si jamais il s'éternisait ici, ça allait mal tourner. Et puis, de toutes façons, il fallait bien qu'il retourne parmi les Serpentards, sinon, ça allait jaser !
Il ne répondit rien et commença à se relever. Il s'arrêta une fois qu'il fut en face d'elle :
-Je pense que je vais aller me reposer directement dans mes appartements. Je te remercie pour tout ce que tu as fait, j'ai une dette envers toi.
Il l'embrassa doucement, tentant de mémoriser ses lèvres chaudes puis se releva complètement. Elle ne bougea pas pendant qu'il rajustait sa cape, apparemment tiraillée entre des sentiments contraires. Elle se releva, comme dans un état second puis se dirigea d'un pas morne vers sa chambre. Arrivée à l'encadrement de la porte, elle s'arrêta et, sans se retourner, lança d'un ton sec :
-Je ne veux pas d'une dette envers toi. Je n'attends plus rien de personne...
Elle s'engouffra dans la pièce et repoussa la porte dans une tentation vaine pour la refermer. Gouly regarda la porte entrouverte avec tristesse et se mit à couiner. Draco soupira, il était coincé. Si jamais il s'en allait, elle souffrirait, peut-être toute sa vie, en se disant que, peut- être, la vie aurait pu être bien avec Draco... Et c'était réciproque ! Tandis que, si il restait, ils allaient tomber amoureux et se détruiraient l'un, l'autre et regretteraient bien vite de s'être laissé aller !
Mais, après tout, lui avait eu le droit de voir où cela les mènerait mais pas elle ! Et puis, il lui avait promis que tout ce qu'il avait vu arriver dans la projective n'arriverait pas... C'est ainsi qu'il prit sa décision : il pénétra à pas de loup dans la chambre, retira avec douceur sa cape et alla s'allonger derrière elle. Elle ne le remarqua pas, la tête enfouie dans son coussin, trop occupée à étouffer ses sanglots...
Il enroula ses mains autour de sa taille et la tira de façon à la faire pivoter vers lui. Elle ne résista pas et il n'eut pas le temps de voir son visage qu'elle l'enfouit au creux de son épaule, plaçant ses mains autour de sa nuque. Lui les garda sur les hanches de la jeune Gryffondor et lui murmura, tout près de son oreille :
-Je t'ai promis que tu ne souffrirais pas alors ne t'inquiète pas, je resterai là. Je te propose une chose. Et si tu venais me voir ce soir ?
Elle détachait sa tête de son épaule et le fixa, les yeux toujours humides.
-Bien sûr, s'empressa-t-il d'ajouter, c'est juste pour qu'on soit ensemble, pour être près l'un de l'autre. Je n'en attends pas plus ! Juste être près de toi...
Elle devint toute rouge et hocha timidement la tête en signe d'acquiescement.
-Bien ! s'exclama Draco avec un grand sourire, il nous reste un juste un petit détail à régler !
Il se pencha vers elle et l'embrassa de nouveau de ce baiser qui représentait tant pour eux deux ! Il eut du mal à rompre le contact mais devait bien se rendre à l'évidence : le repas était un bon moyen de passer inaperçu ! Il se releva, lui souhaita une bonne journée et lui rappela le rendez-vous le soir même. En passant dans le salon, il vit la projective, hésita, puis l'empoigna : il allait la ramener à Dumbledor.
Mais tout d'abord, il avait besoin d'un bon bain. Il se dirigea vers la salle de bains des préfets, prononça le mot de passe au tableau du fond, et pénétra dans la grande pièce de marbre. Il alluma les robinets d'eau et observa ceux parfumés, cherchant une odeur pouvant le détendre. Il s'arrêta devant celui de lavande et plongea dans son bain.
En cet instant, il se sentait si près d'elle que tous leur futur lui revint en tête. Ce qui l'avait le plus étonné c'est que, malgré toutes les épreuves qu'ils allaient traversé, ils continueraient de s'aimer, d'un amour destructeur, certes, mais un amour fort.
Il jeta un vague coup d'œil à la projective : et si il regardait de nouveau dedans ? Et si la promesse qu'il avait fait avait tout changé ? Alors qu'il saisissait la boite, il hésita : en avait-il vraiment envie ? Il ne savait pas comment il réagirait s'il se rendait compte que son destin restait le même... Sûrement mal ! Il abandonnerait sûrement tout efforts !
Il jeta la projective à l'autre bout de la pièce qui rebondit contre les murs avant de s'immobiliser, le narguant de nouveau. Il s'enfonça dans l'eau parfumée à la lavande et tenta de se décontracter.
Au bout d'un moment où il laissa son esprit planer sur les délices qui avaient attraits à Hermione –et non plus Granger- son estomac le ramena à la réalité et il quitta la salle de bain pour se rendre à la grande salle. Il alla directement s'asseoir à la table des Serpentard, déjà bien remplie. Il jeta un bref coup d'œil à la table des Gryffondors et vit la jeune préfète en chef rire aux éclats avec Potter et Weasley. Il ressentit une pointe de jalousie mais n'eut pas le temps de laisser ce sentiment se développer quand une voix lui perça les tympans :
-Dracoooooooo ! hurla Parkinson à l'autre bout de la salle
Elle se précipita vers lui et l'enlaça avec force, le projetant dans son assiette qui était, fort heureusement, encore vide. Toutefois, il se sentit quelque peu sonné et n'eut pas le réflexe d'empêcher la groupie de passer ses bras autour de son cou. Grave erreur ! Une fois que Pansy avait prise, elle ne lâchait plus ! Elle se mit à frotter vigoureusement sa joue dans le cou de Draco :
-Oh mon Draco ! minauda-t-elle, où étais-tu passé ? Je me suis faite tellement de soucis !
Après quelques vaines tentatives pour décrocher la jeune fille au visage disgracieux, Draco rendit les armes et saisit son couteau dans un mouvement désespéré pour faire peur à Parkinson. Mais rien à faire ! Alors qu'il s'apprêtait à capituler, il sentit un regard peser sur lui. Il releva les yeux et croisa le regard désemparé d'Hermione.
Ses yeux exprimaient tellement de ce sentiment possessif, qu'écrire en gros et en lettres de feu « jalousie » sur son front aurait été du pareil au même ! Draco s'amusa de cette situation et décida de jouer le jeu ! Après tout, il en avait bien le droit...
-Pansy, dit-t-il, si tu me laisses manger, je te promets de t'accorder cinq minutes !
Il avait dit ça d'un ton mielleux qui rendit encore plus hystérique –si c'était possible- la jeune Serpentard qui buvait ses paroles ! Elle hocha vivement la tête, à s'en décrocher le cou, puis se précipita vers ses amies, leur racontant, en version améliorée, ce que venait de lui délivrer le garçon le plus fiévreux de Poudlard.
Draco souffla de soulagement est e servit quelques plats. Il n'osa pas regarder de nouveau vers les Gryffondors, sachant pertinemment que la jeune fille qui hantait ses pensées, le regardait toujours. Il se risqua tout de même à un coup, d'œil, quelques minutes plus tard, et la vit jouer avec sa fourchette, d'un air absent alors que Potter et Weasley tentaient, tant bien que mal, de capter son attention.
Lorsqu'il eut fini son repas, il voulut se diriger vers ses appartements, mais une voix stridente le rappela à l'ordre :
-Dracounet ! Et mes cinq minutes ?
Un groupe de Serpentards de troisième année eut un rire moqueur auquel Draco mit fin en un regard glacial. Il se tourna vers Pansy qui clignait vulgaire des yeux, les cils surchargés de mascara.
-J'ai changé d'avis Pansy ! Je suis fatigué ! Bonne nuit !
Alors qu'il lui tournait le dos, il la sentit lui sautait dessus en passant ses mains autour de sa taille :
-Moi je sais que tu mens ! Tu n'es jamais fatigué ! Mon Dracinouchet est toujours en pleine, forme, n'est-ce pas ?
Comment cette fille faisait-elle pour lui donner ainsi la nausée ? Jamais il n'avait eu plus envie d'envoyer valser quelqu'un à l'autre bout du monde ! Pas même Potter ! Alors qu'il croyait son cas de nouveau désespéré, il entendit la voix sévère de la Hermione préfète en chef :
-Parkinson, dix points en moins pour conduite indécente ! La prochaine que tu voudras draguer une fouine, je te conseille une animalerie !
Quelques rires retentirent parmi les élèves, y comprit des Serpentards. Draco ne savait pas pourquoi, mais, pour la première fois, il se sentit mal à l'aise face à la réflexion de Granger. Sûrement parce qu'ils venaient de partager une expérience unique...
Il repoussa –une fois de plus- la Serpentard la plus collante de l'histoire de Poudlard, avec une expression agacée puis prit congé de ses camarades. Arrivé dans sa chambre, il se reposa sur un fauteuil. Il avait la tête qui lui tournait, sûrement à cause de la potion qu'il venait d'avaler pour finir son traitement, et préféra fermer les yeux pour éviter de régurgiter le peu qu'il venait de manger.
Il sut qu'il s'était endormi quand il remarqua une présence à ses côtés. Alors qu'il tenta de bouger, il sentit une couverture glisser de ses épaules. Il entrouvrit les yeux et aperçut Hermione qui s'apprêtait à ressortir à pas de loups :
-Tu t'es perdue sur le chemin de l'animalerie ? lança Draco
Elle s'arrêta net, puis tourna vers lui un regard indécis.
-Je... Je... bredouilla-t-elle
Elle était si mignonne quand elle ne savait plus où se mettre qu'il ne comptait pas l'interrompre de si tôt ! Ils e leva, faisant perdre le peu d'assurance qui lui restait à la jeune Gryffondor. Il passa ses mains autour de ses hanches et la plaqua contre le mur :
-Tu disais ? se moqua-t-il
-Et bien, reprit-elle, la vérité c'est qu'il fallait bien que je l'arrête cette furie...
-Parce que... insista-t-il
-Parce qu'elle t'énervait !
-Dis plutôt que c'est parce que tu étais jalouse ! susurra-t-il à quelques centimètres de ses lèvres
Le visage de la jeune fille s'empourpra. Elle était coincée entre le Serpentard et ce mur, torturée par ses sentiments. Et ça, Draco le savait fort bien ! Il s'en amusait tellement qu'au bout d'un moment de torture pour la jeune fille, il consentit à l'embrasser. Puis, ses lèvres parcourant le cou d'Hermione en y laissant de légères traces humides, il murmura :
-Dis-le moi Hermione !
-Quoi donc ? parvint-elle à articuler entre deux soupirs de désirs
-Que tu es jalouse ! Que tu veux que je t'appartienne...
Elle se pencha pour capturer ses lèvres et, se laissant enivrer elle plongea son regard d'ambre dans celui lunaire de Draco :
-Je le veux ! s'exclama-t-elle, je hais toutes filles qui s'approchent de toi, ne serait-ce que pour te demander l'heure ! Tu es à moi désormais, et tu le resteras...
L'aplomb de la Gryffondor surprit Draco mais il ne put s'empêcher de laisser un sourire de satisfaction apparaître sur ses lèvres. Ils passèrent un bon moment à s'embrasser encore et toujours de façon plus poussée chaque instant. C'était devenu une sorte de jeu : chacun devait faire preuve de plus de détermination que l'autre, devait faire un pas de plus, un pas de séduction...
Puis, au bout d'un moment, ils se mirent à parler. Librement. Fait nouveau pour Draco qui n'était en aucun cas habitué à se confier à qui que ce soit ! Leur conversation dériva, inévitablement sur le Quidditch. En tant que Poudlardien qui se respecte, ce sujet était incontournable. Hermione parut surprise d'apprendre que Draco abandonnait l'équipe de Serpentard et ne cacha pas son aversion pour ce sport :
-Comment peut-on détester le Quidditch ? s'exclama Draco, abasourdis
-C'est un sport dangereux ! se défendit Hermione !
-Mais pas du tout ! répliqua-t-il, es-tu jamais monté sur un balai ?
-Si, et j'ai eu la plus grande peur de ma vie ! avoua-t-elle
Draco sembla réfléchir un instant puis se leva d'un coup, faisant sursauter la Gryffondor. Elle le regarda, étonnée mais il ne s'en formalisa pas ! IL lui tendit une main qu'elle saisit, intriguée, et il l'entraîna hors de la salle commune. Il était vers les trois heures du matin et la château, au complet, semblait sommeiller. Draco l'emmena dans le parc et, une fois au milieu du parc, elle se permit de la questionner :
-On peut savoir où tu m'emmènes ?
-Là où l'on pourra chasser tes peurs ! déclara-t-il
Il la vit prendre peur et la rassura d'un regard. Il la traîna jusqu'au terrain de Quidditch et lui demanda de l'attendre à l'entrée des vestiaires. Il en sortit, quelques minutes plus tard, son balai en main.
-Pourquoi tu n'as qu'un balai ? questionna-t-elle nerveusement, tu ne comptes pas voler ?
-Oh que si ! dit-il avec un sourire, on va monter à deux sur ce balai et je vais t'aider à le manier, c'est compris ?
Elle ne prit même pas la peine d'acquiescer, sachant pertinemment qu'elle n'avait pas le choix ! Il enfourcha son balai et tendit une main à Hermione pour l'aider à en faire de même. Elle tremblait de la tête aux pieds et commença à s'installer dans le dos du jeune homme. Elle encercla la taille de ce dernier en serrant tellement fort qu'elle faillit l'étouffer :
-Hermione ! On n'a pas encore décollé !
Elle s'excusa et desserra un peu son étreinte... Pour la resserrer quelques secondes plus tard ! Draco soupira mais ne fit aucune réflexion : elle se détendrait en vol. Du moins, l'espérait-il !
Il donna un coup de pied dans le sol et s'éleva de quelques mètres, un ou deux seulement. Il sentit la jeune fille se coller totalement à lui, enfouissant son visage dans son dos. Il se dit que si, pour si peu de distance elle avait peur, monter ne serait-ce qu'un demi mètre de plus, marquerait la jeune fille à vie et il perdrait, par la même occasion le pari qu'il s'était fixé !
Alors qu'il se stabilisait pour l'habituer au vol, il la sentit se détendre et, bientôt, elle apprécia la balade. Elle regardait sous ses pieds et, malgré la pâleur de ses joues, elle semblait enfin ressentir cette liberté qu'on éprouve en volant.
-Alors ? questionna Draco, c'est si effrayant que ça ?
Elle lui adressa un petit sourire timide et secoua négativement la tête.
-Bien ! s'exclama-t-il, maintenant, je vais t'apprendre à conduire !
Elle le regarda sans comprendre. Il lui adressa un coup d'œil avant de littéralement se balancer dans le vide !
-Draco ! hurla-t-elle complètement terrorisé !
-Oui ? dit une voix mielleuse dans son dos
C'était un de ses tours favoris ! Son père lui avait appris, en toute illégalité, pour l'aider au Quidditch. Il consistait à se créer une sorte de plateforme solide mais éphémère sous le balai pour changer de position. Ainsi, il était passé derrière Hermione sans qu'elle ne s'aperçoive de quoique ce soit ! Elle tremblait de plus en plus et s'était tenu au manche dans un effort tellement désespéré qu'elle en oublia de séparer ses mains ! Il passa ses bras autour d'elle, les plaçant dans la continuité des siens. Il saisit délicatement ses mains et les positionna correctement. Elle était complètement tendue et, sans s'en rendre compte, tendait le manche vers le haut.
Ils avaient bien pris six mètres et, comme seul Draco s'en était rendu compte, il ne préféra pas prévenir Granger, de peur qu'elle perde complètement l'équilibre –déjà précaire- avec lequel elle se tenait sur le balai !
Etant plus grand qu'elle, il cala son menton dans le creux de l'épaule d'Hermione et lui murmurait les indications à son oreille :
-Garde ton manche droit. Si tu veux tourner, fais-le avec délicatesse, sinon tu risques de perdre le contrôle.
Draco prononça ses trois derniers mots avec insistance, provoquant un trouble recherché chez la jeune proie. Petit à petit, il retira ses mains de celle de la Gryffondor. Il les plaça juste derrière, prêt à reprendre le contrôle si elle le perdait.
-J'y arrive ! s'extasia-t-elle, regarde, on va tout droit !
Draco ne put s'empêcher de rire à cette remarque. Il pensait que, étant une amie de Potter, elle serait habituée aux figures spectaculaires mais, apparemment, ce qui lui paraissait une évidence l'était moins pour elle.
-Bon, on va se poser maintenant ! annonça-t-il, tu vas dé-li-ca-te-ment tendre le manche vers le bas et amorcer doucement mais sûrement la descente ! OK ?
Elle hocha la tête et s'exécuta. Alors qu'elle abaissait légèrement le manche, Draco se sentit glisser contre elle, se retrouvant complètement collé à l'objet de ses désirs. Ce n'est pas que ça le dérangeait, loin de là ! Seulement, un balai à dix mètres du sol n'était pas l'endroit idéal pour arriver à ses fins avec Granger ! « Quoique... » pensa-t-il.
-Hermione, redresse le manche et laisse moi les commandes, je vais te montrer quelque chose.
Elle fit ce qu'il lui disait puis lâcha le manche ! Ne sachant pas à quoi se retenir désormais, elle bascula en arrière pour se blottir dans les bras du Serpentard. Ainsi placée, elle crispa ses mains sur les cuisses du jeune homme et regardait en dessous ses pieds avec une expression proche de l'évanouissement !
-Tourne-toi face à moi, ordonna-t-il, tu passes tes deux jambes du même côté dans un premier temps puis tu repasses une de tes jambes de l'autre côté pour me faire face.
Elle le fixa, interloquée ! Elle ne comprenait sûrement pas où il voulait en venir. Mais, après tout, c'était son domaine à lui, elle n'avait rien à redire ! Non sans jeter un regard paniqué au sol, elle se mit en mouvement. Draco l'entourait toujours de ses bras pour garder le contrôle du balai, alors, quand elle passa sur le côté, il sentit la poitrine de la jeune fille frôler son avant bras.
Il se sentit rougir. Ce n'est pas tant par timidité, il avait fait plus que frôler de nombreuses poitrines ! Seulement, Hermione avait quelque chose d'unique, d'exceptionnelle ! Comme si tout ce qui avait attrait à elle avait un caractère nouveau...
Une fois qu'elle fut en face de lui, toujours intriguée par sa position, elle le questionna du regard. Une légère brise se leva, faisant trembler le balai. Prise d'une grande frayeur, Hermione se jeta dans ses bras, cramponnant ses poings à la chemise du garçon. Déstabilisé par un tel geste, Draco la regarda, attendrit.
Il positionna ses jambes de façon à tenir le balai par leurs seules forces et entoura la Gryffondor de ses bras. Elle tressaillit l'espace d'un instant puis se blottit un peu plus contre son buste. Il chercha son menton sous ses cheveux désordonnées et, lorsqu'il le trouva, il le ramena à lui pour obliger Hermione à poser son regard dans le sien.
-Je voulais que tu sois en face de moi parce que je voulais te contempler. déclara-t-il, je t'ai emmené dans le seul endroit, dans le ciel de Poudlard, où la lune éclaire le ciel de sa lumière bienfaitrice.
-Que veux-tu dire ?
-Je veux dire que ton visage, en cet instant, est inondé par la pleine lune qui se dresse dans mon dos. Tes yeux en reflètent la magie et ta peau s'illumine de milles feux nacrés. Tout ça signifie que je te vois en cet instant comme personne d'autre ne te verra, pas même Potter et Weasley... Je te vois telle que tu es, un ange...
Il glissa une main le long de sa joue pour emmêler ses doigts dans ses cheveux. Il ne détournait pas ses yeux des siens. Ils avaient, tout les deux, fait abstraction de leur situation : désormais, ils n'étaient plus sur un balai, ils ne se trouvaient plus dans le ciel, à la vue de tous.
-Draco, souffla-t-elle, pourquoi toi ?
Il la regarda, sans comprendre :
-Pourquoi moi, quoi ?
Elle passa ses bras dans le dos du jeune homme et se colla à lui. Il la regarda, un sourcil levé. Elle lui sourit. Elle lui sourit, à lui. Il ne su pourquoi mais, à cet instant, il sentit que quelque chose avait changé... mais quoi ?
-Pourquoi est-ce que c'est toi qui me fais cet effet là ? questionna Hermione
Il frôla ses lèvres à l'aide des siennes, la sentant se cambrer sous lui pour avoir des chances d'avoir un baiser.
-Ca te déplait ? se moqua-t-il
Elle lui sourit de nouveau avec un tel charme qu'il faillit tomber du balai !
-Pas le moins du monde... murmura-t-elle
Elle se mordit la lèvre et scella ses lèvres à celles du vert et argent. Draco n'était pas habitué à un tel mouvement passionné ! Mais ce n'était pas pour lui déplaire...
Ils passèrent encore du temps à voler, rire, s'embrasser, se connaître, se lier... Une fois que la fatigue les gagna, ils décidèrent de rentrer. Ils se séparèrent dans le Grand Hall sur un dernier baiser. Draco avait le cœur lourd : il s'attachait de plus en plus à la Gryffondor...
Bisous Jess
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Draco n'arrivait pas à s'endormir. Il tenait dans ses bras le début de ce qu'il aurait pu appeler son premier véritable bonheur si seulement... Si seulement elle n'était pas ce qu'elle était... Si seulement son père ne l'emprisonnait pas... Si seulement il ne ressentait pas quelque chose d'aussi fort pour elle...
Leur baiser n'avait rien eu d'innocent : chacun d'eux avait compris où cela les mènerait, ce qui était en jeux. Mais Draco avait peur ! Pour la première fois de sa vie, il se rendit compte que ses sentiments pouvaient devenir incontrôlables ! A vrai dire, si jamais il continuait ainsi, cette relation allait le mener à un sentiment qu'il s'était toujours efforcé de réprimander : l'amour...
Etait-il déjà amoureux ? Il y a quelques heures, il aurait dit que c'était absurde mais depuis ce baiser... Ce sentiment nouveau qui naissait en lui n'était peut être pas sans rapports avec l'amour. Alors le grand Draco Malefoy serait en train de s'attacher dangereusement à une Gryffondor, une « sang impure » qui plus est ! Peut-être... Seul le temps lui dirait ! En tout cas, sa relation avec Granger était autre chose que les aventures qu'il vivait avec les autres filles superficielles ! Elle, elle était vraiment... précieuse... Il ne voulait en aucun cas tout gâcher ! En aucun cas la perdre !
Il resserra son étreinte et lui déposa un léger baiser sur son front. Elle se réveilla avec douceur et il lui sourit : il aimait vraiment l'observer... Ce qu'elle était belle !
-Excuse-moi de te réveiller, murmura-t-il, mais je voudrais te connaître un peu plus !
Elle ne cacha pas sa surprise et il sourit de plus belle. Elle lui répondit d'une voix endormie :
-Me connaître ? Comment ça ? Que veux-tu savoir ?
Il se rapprocha un peu plus d'elle, collant sa joue à la sienne pour lui murmurer à l'oreille :
-Tout !
Il recula un peu pour la regarder et elle le fixait, bouche bée ! Puis elle sembla partir dans une réflexion intense, tentant de se rappeler un détail qui l'intéresserait. Il était de nature patiente alors il attendrait. Elle prit la parole au bout d'un moment, pas très convaincu du résultat !
-Je... Je suis née de parents moldus, mes meilleurs amis sont Ron et Harry, que je considère comme des frères. J'aime énormément lire et étudier...
Il lui mit un doigt devant la bouche pour l'inciter à se taire :
-Non, tu ne m'as pas compris, murmura-t-il, tout ça, je le sais déjà ! Je veux savoir pourquoi tu sens la lavande, d'où vient cette lueur qui illumine sans cesse ton regard et pourquoi tu joues la fille forte alors, qu'en vérité, tu es si fragile...
Il l'avait troublé. Elle ouvrait et fermait la bouche sans qu'aucun son ne sorte !
-Tu veux que je te remettes dans ton aquarium ? demanda Draco, amusé
Elle rit, timidement. Elle plongea son regard noisette dans celui argent de Draco puis répondit, l'air ailleurs :
-La lavande est le parfum que porte ma grand-mère... Elle m'a renié quand elle a su que j'étais une sorcière... Cette lueur, comme tu dis, Harry dit que c'est mon courage et ma fierté qui ferai de moi quelqu'un de si confiant... Ce qui nous emmène au troisième point : si je joue la forte c'est pour ne pas être une plaie pour les autres. Harry a tellement de soucis, je ne veux pas être une cause d'inquiétude en prime ! Ron ne peut pas supporter ce poids seul donc je me montre forte pour l'aider...
Etrangement, Draco ressentit une pointe de jalousie. Il ne connaissait pas ce sentiment non plus. A vrai dire, il l'avait suscité nombre de fois mais, vu qu'il se fichait éperdument de ses « conquêtes », ça n'avait jamais été réciproque...
-Tu tiens à eux, n'est-ce pas ?
Il avait parlé d'un ton dur et avait baissé les yeux. Croiser son regard en cet instant aurait été trop dur... Il était triste, comprenant soudain qu'elle était si loin malgré la proximité de leurs corps... Il sentit alors une main le saisir sous le menton et l'obliger à croiser le regard aux reflets dorés.
-Oui, dit-elle avec douceur, mais pas de la même façon que je tiens à toi...
Elle laissa sa phrase en suspend et rapprocha ses lèvres... Il la laissa faire, elle embrassait divinement bien et il n'allait pas s'en priver... De plus, il avait l'impression qu'à chaque nouveau baiser, le lien qui les unissait depuis peu prenait un peu plus d'ampleur...
Au bout d'un moment, il se décida à répondre vraiment à ce baiser. Il ressentait quelque chose d'intense : ce baiser ne devait jamais finir... Mais, comme on en fait la douloureuse expérience au fil du temps, plus on veut retenir quelque chose de précieux, plus ce dernier à tendance à s'échapper...
Cependant, alors que leurs lèvres se détachaient, il se rappela ce qu'elle avait dit : elle tenait à lui... Elle le lui avait dit si facilement alors que lui-même avait le plus grand mal à se l'avouer. Il se rapprocha d'elle au maximum, à tel point que leurs lèvres se frôlaient :
-Tu tiens à moi ? questionna-t-il en un murmure, alors ne me laisse pas, j'ai besoin de toi...
-Jamais ! souffla-t-elle, jamais je ne te laisserai, je suis là désormais et j'y reste. Je t'ai fait une promesse et je le tiendrai...
-Quelle promesse ? demanda-t-il surpris
Elle enroula sa jambe autour de celle de Draco et passa ses mains dans le dos de celui-ci, en frôlant le bas :
-Que je te protégerais ! dit-elle
Ses yeux brillaient et il ne ressentait de ce regard qu'une pure sincérité. Alors il frôla également le bas du dos de la jeune fille et la fixa droit dans les pupilles :
-Alors laisse-moi te promettre la même chose à mon tour. Je promets qu'à partir de ce jour, plus personne ne te fera de mal, à commencer par moi...
Elle le questionna du regard puis se pencha vers elle. Ils scellèrent leurs lèvres comme pour sceller le pacte qu'ils venaient de faire. Puis, ne trouvant pas le sommeil, ils se mirent à parler de choses légères, de souvenirs sans importances mais qui faisaient d'eux ce qu'ils étaient désormais...
Lorsque le soleil se leva, ils s'embrassèrent une dernière fois et elle partit en cours. A peine eut-elle franchit le tableau que Draco ressentit comme un manque. Il décida de s'occuper pour le combler mais il avait beau tourner et retourner tous les livres de la jeune fille, il n'arrivait pas à en lire une ligne, une odeur de lavande lui revenant sans cesses en mémoire...
Alors qu'il pensait –avec folie- à aller la rejoindre en cours, on frappa à la porte. Il hésita à aller ouvrir quand une voix familière lui provint :
-Mr Malefoy, c'est le professeur Dumbledor, j'ai à vous parler.
Draco se releva, chancelant : que lui voulais le directeur ? Il ouvrit à Dumbledor qui eut un sourire franc avant de pénétrer dans la chambre décorée aux couleurs de Gryffondor. Il regarda les murs d'un air nostalgique et se dirigea vers Gouly. Le lion mit un certain temps à le reconnaître puis se mit à ronronner joyeusement une fois qu'il l'eut identifié.
-Ca faisait bien longtemps que je n'étais pas venu ici ! dit le directeur avec nostalgie, mais ce n'est pas de cela que je suis venu vous parler ! Je vous en prie, assoyez-vous !
Il s'enfonça dans le canapé et montra la place à côté de lui d'un mouvement de main. Draco restait réticent mais s'exécuta. Le Directeur lui adressa une grand sourire puis se mit à fouiller dans sa cape, tout en parlant :
-Ce que je veux vous montrer, Mr Malefoy, est un objet magique des plus secrets ! C'est pourquoi je vous demande la plus grande discrétion sur cette affaire...
Il lança un regard appuyé à Draco qui répondit avec un hochement de tête pressant, trop impatient de voir cet objet. Le directeur eut une exclamation de triomphe en brandissant une petite boîte aux parois transparentes. Emprisonnées à l'intérieur de ces parois, circulaient des fleuves bleu nacrés. La boite n'était pas bien grande mais semblait dégager une magie sans pareille.
-Ceci, expliqua Dumbledor, est une projective. Savez-vous ce que c'est ?
Draco secoua négativement la tête sans cesser de fixer l'objet, comme ébloui !
-Cette boite peut vous servir à voir une partie de votre futur. Bien sûr, l'avenir n'étant jamais défini, la projective ne vous en donne qu'un aperçu et, si ça ne vous plait pas, vous avez encore les cartes en main pour changer les événements.
-Mais...Mais, professeur, pourquoi me montrez-vous cet objet ?
-Et bien, Mr Malefoy, je vous sais en pleine période de doutes. Je vous laisserai bien choisir votre destin, seulement trop de personnes sont en jeux. Et puis, disons que, par cet intermédiaire, je cherche à réparer une erreur passée...
Draco le regarda sans comprendre :
-Quelle erreur professeur ?
-Celle de laisser ton père gâcher sa vie...
Le vieil homme se releva, rajusta sa cape puis observa le jeune Serpentard au-dessus de ses lunettes en demi-lune :
-La formule est Inretro. Je vous fait confiance Mr Malefoy, faites bon usage de cet objet. Au revoir.
Draco, qui était resté dans un état de demi conscience depuis la révélation sur son père se réveilla d'un coup :
-Professeur ! J'ai encore une question !
-Je vous écoute !
-Et bien, hésita Draco, quelles sont les personnes en jeux ?
Il se mit à paniquer : serait-il possible que Dumbledor soit au courant de quoique ce soit entre Granger et lui ? Le Directeur eut un sourire confiant :
-Ca, Mr Malefoy, c'est à vous de le découvrir... Sur ce, à bientôt !
Il sortit de la chambre, y laissant un jeune homme désemparé ! Draco se rassit, fixant l'objet. Il hésitait à l'utiliser, à regarder son avenir. Qu'y verrait-il ? Serait-il vraiment capable de changer son futur ? Puis, n'ayant plus la patience d'attendre il alla chercher sa baguette et s'installa devant la projective. Il l'ouvrit et, pointant sa baguette vers l'intérieur il prononça « Inretro ».
Aussitôt, la chambre se fit floue, les couleurs et les formes se mélangeants à toute allure. Draco commençait à avoir sérieusement mal au cœur et préféra fermer les yeux. Lorsqu'il les rouvrit, il ne put se retenir de pousser une exclamation de surprise !
Il se trouvait dans ce qui semblait être une grande salle de bal. Des tables étaient disposées dans un coin de la pièce et les personnes qui y dînaient étaient toutes richement vêtues ! Mais ce qui choqua le plus Draco fut que toutes ses personnes n'étaient autres que ses camarades actuels avec quelques années de plus !
Il voulut s'approcher d'une table où se tenait ce qui lui semblait être Londubat quand il entendit un rire cristallin. Ce rire, il l'aurait reconnu entre mille. Il se tourna vers une table un peu plus somptueuse que les autres. Trois personnes y étaient attablées. Elles étaient de dos mais Draco aurait pu les reconnaître, la tête à l'envers ! Au centre, se tenait une jeune femme, Granger. A ses côtés, se tenaient une tête rousse, Weasley, et une tête brune décoiffée, Potter.
Ils riaient de bon cœur à une blague que venait de sortir le rouquin. Quand Draco passa devant eux, un détail le frappa : Granger paraissait rayonnante de bonheur ! Jamais il ne l'avait vu comme ça ! Elle avait les cheveux élégamment relevés en un chignon compliqué. Certaines mèches étaient négligemment lâchées et retombaient sur ses épaules découvertes. C'est alors que Draco fit plus attention à sa tenue vestimentaire : Elle portait une longue robe blanche dont la partie supérieure était un bustier en soie. Des perles nacrées ornaient le bas de la robe qui était également faite de soie, le tout lui donnant une certaine classe. Elle venait visiblement de se marier. Mais avec qui ?
Elle était magnifique. La robe la mettait magiquement en valeur. Elle semblait vraiment heureuse et il ressentit un pincement au cœur en se disant qu'il n'y était probablement pour rien ! Quand soudain, il se rappela que c'était son futur ! Il se chercha aux alentours mais il n'eut pas vraiment le temps de tout regarder qu'il se sentit traverser. N'étant pas matérialisé dans le futur, il ne se formalisa pas de cet « incident » et regarda plutôt la personne qui était passée à travers lui : une carrure impressionnante, des cheveux blonds plaqués en arrière et des yeux gris acier. Draco s'approcha du « Lui » futur et l'observa de plus près pour évaluer l'âge. Alors qu'il se fixait autour de 20 ans, il remarqua que, lui aussi, semblait rayonner de bonheur ! Draco-futur se pencha vers Granger et demanda d'un ton enjoué :
-Puis-je me permettre d'enlever la mariée ?
Elle sourit, Potter et Weasley hochèrent la tête en souriant également et Draco se vit emmener Granger au milieu de la piste de danse et commencer à la serrer contre lui avec délicatesse. Alors qu'ils commençaient à tourner doucement, sans se quitter des yeux, le jeune Draco entendit le Survivant et le rouquin commenter la scène :
-Notre Hermione, devenir une femme ! s'exclama Weasley, tu y crois toi ?
-Une Malefoy, qui plus est ! renchérit Potter
Il sourirent de plus belle puis se levèrent vers une table voisine. Mais Draco n'y prêta pas attention : ainsi, dans son futur, il allait se marier avec Granger ? Bizarrement, ça ne le choqua pas et le gêna encore moins! Finalement, peut-être avait-il une part de responsabilité dans son bonheur !
Il se rapprocha des jeunes mariés qui dansaient pour entendre ce qu'ils disaient :
-Tu es resplendissante ! chuchota Draco-futur
-Merci, tu n'es pas mal non plus ! Je suis déçue, je ne t'ai pas beaucoup vu de la soirée...
-Je suis désolé ma belle, une histoire à régler !
-Quel genre d'histoire ? demanda-t-elle, inquiète
-Rien de bien grave, dit-il d'un ton distant, tu n'as pas à t'en inquiéter, c'est réglé !
Elle le regarda, se demandant si elle devait lui faire confiance ou pas, le conflit apparaissant clairement sur son visage. Puis elle souffla, s'abandonnant à une évidence il ne lui révèlerait rien ! Il lui prit son visage entre ses mains et déposa un léger baiser sur ses lèvres :
-Aie confiance, ma belle, il n'y a rien à craindre !
Granger se blottit contre le torse du futur Draco comme pour s'assurer qu'il était là, avec elle. Elle semblait tenter de graver cet instant dans sa mémoire comme si elle pressentait qu'il serait unique...
-Je t'aime ! murmura-t-elle
Il sourit, attendrit :
-Moi aussi, je t'aime, et je t'aimerai toujours...
Alors que Draco était en train de s'étonner de voir avec quelle facilité elle arrivait à lui faire ressortir ses sentiments, il vit de nouveau le décor se fondre et devenir flou. Il ferma de nouveau les yeux et lorsqu'il les rouvrit, il sentit que l'ambiance était tout autre.
Il se trouvait dans une immense maison familiale mais toutes les vibrations dans l'air pesaient lourds. Il se sentait comme oppressé par tant de tensions et en chercha la cause. Il entendait des pleurs, une respiration saccadée provenant d'une pièce voisine. Il y pénétra et il vit, assit à une table, Granger, la tête entre les mains, verser toutes les larmes de son corps.
Il sentit son cœur fondre et se mit à espérer de tout cœur qu'il n'en soit pas la cause. Quelques minutes plus tard, une porte au fond de la salle s'ouvrit et apparut une haute silhouette. Quand cette personne vint à la lumière, il fut choqué de voir à quel point il avait changé, à quel point il ressemblait à son père... Ce n'était pas tant dans l'apparence physique –il avait gardé une trace de la beauté de sa mère- mais plutôt dans l'air important et sec qu'il prônait.
Le futur Draco, alors âgé d'environ une trentaine d'années, s'approcha vers Granger, l'air un peu moins sec d'il y a quelques secondes et tendit un bras pour le poser sur l'épaule de sa femme. Mais elle se releva et rejeta avec violence son bras !
-Ne me touche pas ! s'écria-t-elle proche de la démence, je t'interdis de me toucher, tu entends ?
Elle pointait un doigt accusateur sur lui. Elle tremblait de la tête aux pieds mais son doigt, lui, ne tremblait pas et ne dérivait pas de sa cible :
-Comment as-tu pu ? sanglota-t-elle, comment as-tu pu nous faire ça ?
Son mari la regardait avec une expression de colère retenue. Il la fixait avec mépris et se mâchonnait la langue, de ce geste de patience contenue qu'avait son père...
-Je te prie de baisser d'un ton ! lança-t-il, les enfants ne sont pas obligés de savoir que tu as oublié de prendre ta potion !
Elle le fixa avec haine et elle serra les dents pour que sa colère n'explose pas une fois de plus :
-Va te faire foutre, Draco ! Toi et tes petits merdeux, je ne veux plus vous voir !
En réponse à son affront, elle se reçut une baffe magistrale. Elle faillit tomber par terre sous la violence du choc mais elle se rattrapa de justesse à la table. Il la regardait avec un mélange de remords et de satisfaction. Lorsqu'elle lui refit face, elle se remit à crier :
- Tu es un danger pour moi et les enfants ! Avec tes combines, tout le monde te craint et tes enfants en souffrent ! Tu y as pensé ça ? Toi qui es sur le point de devenir le futur Voldemort ?
Il tressaillit à son nom et un sourire sournois apparut sur les lèvres de la jeune femme. Puis, sans ajouter un mot, elle sortit de la pièce. Il la rattrapa et demanda d'un ton de nouveau sec :
-Où vas-tu ?
-Je m'en vais ! répliqua-t-elle, je ne peux plus supporter jusqu'à ta présence ! Et j'emmène les enfants avec moi !
-Il en est hors de question ! Ce sont mes enfants également !
Il s'était emporté, il s'était laissé aller par l'émotion et ça la déstabilisa l'espace d'un instant. Il se rapprocha d'elle et la prit dans ses bras. Il lui caressa doucement le visage et la fixait droit dans les yeux d'un regard chargé de regrets...
-Et puis, ajouta-t-il avec douceur, tu es ma femme, je t'aime...
Elle prit alors de la distance et évita délibérément le regard d'acier :
-Moi aussi je t'aime Draco, et je t'aimerai probablement toujours... Seulement il est trop tard. Les enfants sont déjà en sécurité et je vais les rejoindre. Je te demanderai de ne pas nous suivre, de nous oublier. Adieu.
Elle l'embrassa une dernière fois, des larmes incontrôlées coulants sur ses joues puis transplana. Il resta un bon moment à fixer le vide puis, par rage, enfonça violement son poing dans une armoire.
Draco ne savait quoi penser de ce qu'il allait devenir. Puis, alors qu'il se décrétait « le plus beau salaud que la Terre est jamais portée » il sentit le décor changer de nouveau. Cette fois, pas de maison mais plutôt une sorte de grande cave. Il y régnait une odeur pestilentielle et des rats couraient le long des murs. Une personne était recroquevillée parterre et tenait une bouteille à la main. Draco s'en approcha, ayant peur d'avoir compris qui était cet ivrogne.
Au moment où il arriva à la hauteur de l'homme qu'il serait plus tard, une voix se répercuta contre les parois de la cave :
-On peut savoir pourquoi tu m'as demandé de venir te rejoindre ici ? Je t'avais demandé de m'oublier, me semble-t-il !
L'ivrogne aux cheveux platine se releva et regarda Granger comme si c'était la dernière merveille au monde :
-Hermione ! dit-il la voix complètement détraquée, Hermione tu es venue !
Il se précipita sur elle et la plaqua au sol ! Elle essaya de se dégager mais son ex-mari n'avait rien perdu de sa force !
-J'ai changé Hermione ! jubila-t-il, je suis un gars bien maintenant ! Je veux que vous reveniez avec moi ! Je vous aime !
Granger, elle, essayait tant bien que mal d'éviter l'haleine de l'homme qu'elle avait autrefois aimé... Ou peut-être l'aimait-elle toujours ! Mais difficile à dire vu la situation :
-Mais tu es ivre ! s'écria-t-elle avec dégoût, tu appelles ça être quelqu'un de bien ? Un ivrogne ?
Il la regarda, comme reprenant soudain conscience ! Il semblait avoir désaoulé en l'espace de quelques secondes ! Il se retira de dessus Granger et roula sur le côté. Il fut alors secoué par de sombres sanglots.
Elle se releva et sembla hésiter pendant un bon moment avant de se lancer :
-Draco, tu devrais penser à te reconstruire, tu es dans un état pitoyable.
-Aide-moi ! dit-il dans une plainte
-Je ne peux pas t'aider ! Chaque jour, j'essaie de me remettre de ce que tu m'as fait subir, en apprenant un peu plus sur tes « secrets ». Nous sommes les restes d'un amour qui nous tue et qui ne s'éteindra jamais alors le mieux c'est de couper les ponts. Tu pourras revoir les enfants quand tu seras redevenu un homme présentable. Ils seront enchantés de revoir leur père.
Draco-futur se releva et regarda Granger, le regard chargé d'émotions :
-Qui ne s'éteindra jamais ? murmura-t-il, ça veut dire que tu m'aimes toujours ?
Elle eut un air attendrit et posa avec douceur une main sur la joue de Draco :
-Toujours, Draco ! souffla-t-elle, et je crois que c'est ce qui me perdra...
Elle l'enlaça, se laissa encore aller à pleurer des larmes qui lui transperçaient le cœur.
Draco se demanda si, plus tard, elle allait se remettre avec lui mais, en fait, il en eut assez de cette boite ! Combien de fois allait-il la faire souffrir ? Il ne le supportait plus ! En tout cas, elle avait raison : leur amour les détruisait ! Et même si, pour l'instant, à son époque, ils n'avaient fait que s'embrasser, l'émotion qui en dégageait y était suffisamment forte pour qu'il comprenne que, plus tard, il allait tomber amoureux... Peut-être l'était-il déjà...
Il prononça de nouveau la formule et, en un tourbillon de couleurs, il se retrouva de nouveau dans la chambre.
Il mit un certain temps à reprendre ses esprits : comment devait-il agir ? Peut-être que la meilleure solution serait de stopper immédiatement tout contacts avec Granger tant qu'il en était encore temps ! Mais n'était-il pas déjà trop tard ?
Il tenta de se relever mais il chancela et retomba sur le sol. Ses côtes lui faisaient encore horriblement mal et sa tête ne cessait de tourner. Il se tordit de douleur et se mit à geindre et n'entendit pas le tableau pivoter. Il ne se rendit compte de la présence de Granger que quand celle- ci se précipita vers lui, l'air affolé :
-Malefoy ! Ca va ? Tu t'es fait mal ?
Elle jeta son sac sur les fauteuils et vint s'agenouiller à côté de lui. Elle lui défit sa chemise –rougit au passage- et commença à examiner la blessure :
-Elle recommence à virer au bleu. Je vais te rallonger sur le fauteuil, te remettre de la pommade et, ensuite, j'irai t'allonger sur mon lit et tu te reposeras toute l'après-midi. Et tu ne bougeras pas, compris ?
Il hocha la tête, un sourire vague aux lèvres : il ne pouvait détacher les yeux de sa future femme. Elle était magnifique et il se sentit soudain unique à l'idée de se marier avec elle et qu'elle devienne la mère de ses enfants... Mais il allait les faire souffrir. Tous. Tous ceux qui l'aimeraient allaient souffrir par sa faute...
-Tu es sûr que ça va ?questionna Granger
Il la regarda d'un air grave. Il s'avança vers elle, leurs visages n'étant plus qu'à quelques centimètres :
-Rien de tout cela n'arrivera, je te le promets. Je ne te ferais jamais souffrir, tu seras heureuse...
Elle le regarda, étonné tandis que lui se rendit compte de ce qu'il venait d'avouer ! En plus, il avait promis de ne jamais la faire souffrir, mais, en était-il capable ? Pouvait-il vraiment réprimer sa nature ? En tout cas, il essaierait, rien que pour ne plus jamais revoir Granger aussi triste que ce que la projective lui avait montré...
Il se pencha un peu plus sur elle et l'embrassa. Il l'embrassa comme jamais il n'avait embrassé qui que ce soit : c'était un baiser où se mélangeaient tous les plus beaux sentiments et où l'amour semblait prendre source pour s'évanouir sur les bouts des lèvres.
Il la sentit frissonner sous ce baiser mais elle ne tenta rien pour l'arrêter. Et, lorsque Draco mit fin à ce si doux contact, elle lui captura de nouveau les lèvres, dans un tel élan qu'elle le renversa en arrière, atterrissant sur lui.
Elle semblait ne pas y apporter d'importance et, à vrai dire, lui non plus ! Même dans la précipitation, elle avait pris soin d'éviter son côté blessé et se contentait de décoiffer les cheveux blonds de Draco. Lui, passait ses mains sur le dos de la jeune fille qui continuait toujours de l'embrasser avec fougue ! Il hésita à pousser le baiser plus loin quand soudain il se dit qu'elle ne méritait pas qu'il la traite comme les autres. Avec elle, il devait prendre son temps, ne pas la brusquer. Si elle était prête, ce serait à elle de lui faire savoir ! Pour le moment, elle était encore sous le charme de ce baiser rempli de sentiments qu'il lui avait fait connaître... Mais ils ne pouvaient pas tout construire sur un simple baiser !
Il retourna donc la situation, se mettant au dessus puis mit fin au contact buccale :
-Il vaut mieux arrêter là si tu ne veux pas que ça aille trop vite et que tout soit gâché.
Elle le regarda, l'air surprise puis hocha lentement la tête. Elle avait le visage rougit par tant d'émotions et ses yeux brillaient d'impatience de l'embrasser de nouveau. Mais Draco fit comme si il n'avait pas remarqué et se releva. Il alla s'allonger sur le fauteuil et ferma les yeux pour tenter de remettre un minimum, ses idées en place.
Mais le contact de la main d'Hermione sur son torse lui fit perdre toutes ses résolutions. Il rouvrit les yeux et la vit, se mordant la lèvre, hésiter à mettre la pommade. Il lui posa une main rassurante sur sa joue et lui adressa un sourire confiant. Elle tenta d'y répondre mais, rien à faire, elle manquait d'assurance !
Elle prit une profonde inspiration et appliqua la crème. Aussitôt, Draco ressentit une douleur fulgurante au niveau de son torse et ne put s'empêcher d'hurler sous la torture ! Alors qu'il tentait tant bien que mal, il sentit une odeur de lavande l'enivrer.
Elle l'avait de nouveau enlacé, comme la veille et il enfouit son visage dans ses longs cheveux bruns. Il ne cria plus, la douleur physique étant devenu secondaire face à la douleur mentale : il ne devait en aucun cas tomber amoureux d'elle, sinon elle allait en pâtir. Mais comment ne pas tomber amoureux d'une telle personne ? Un ange venait de tomber dans ses bras et il devait l'envoyer au purgatoire pour la sauver ?
Cela n'avait aucun sens. Il ne voulait pas que ça en ait ! Il voulait l'aimer... Mais il ne devait pas, ne pouvait pas... Car, même s'il l'aimait, il ne pourrait empêcher sa nature de refaire surface... Faux ! La nature de son père...
Il ne devait absolument pas tomber amoureux, sous aucun prétexte. Quand la douleur fut passée, il relâcha l'étreinte et s'allongea sur le canapé pendant qu'elle examinait sa blessure :
-Il ne reste plus rien, annonça-t-elle, je pense que tu pourras repartir demain matin !
Elle avait dit ça sur le ton d'une plainte mais il se rendit compte que si jamais il s'éternisait ici, ça allait mal tourner. Et puis, de toutes façons, il fallait bien qu'il retourne parmi les Serpentards, sinon, ça allait jaser !
Il ne répondit rien et commença à se relever. Il s'arrêta une fois qu'il fut en face d'elle :
-Je pense que je vais aller me reposer directement dans mes appartements. Je te remercie pour tout ce que tu as fait, j'ai une dette envers toi.
Il l'embrassa doucement, tentant de mémoriser ses lèvres chaudes puis se releva complètement. Elle ne bougea pas pendant qu'il rajustait sa cape, apparemment tiraillée entre des sentiments contraires. Elle se releva, comme dans un état second puis se dirigea d'un pas morne vers sa chambre. Arrivée à l'encadrement de la porte, elle s'arrêta et, sans se retourner, lança d'un ton sec :
-Je ne veux pas d'une dette envers toi. Je n'attends plus rien de personne...
Elle s'engouffra dans la pièce et repoussa la porte dans une tentation vaine pour la refermer. Gouly regarda la porte entrouverte avec tristesse et se mit à couiner. Draco soupira, il était coincé. Si jamais il s'en allait, elle souffrirait, peut-être toute sa vie, en se disant que, peut- être, la vie aurait pu être bien avec Draco... Et c'était réciproque ! Tandis que, si il restait, ils allaient tomber amoureux et se détruiraient l'un, l'autre et regretteraient bien vite de s'être laissé aller !
Mais, après tout, lui avait eu le droit de voir où cela les mènerait mais pas elle ! Et puis, il lui avait promis que tout ce qu'il avait vu arriver dans la projective n'arriverait pas... C'est ainsi qu'il prit sa décision : il pénétra à pas de loup dans la chambre, retira avec douceur sa cape et alla s'allonger derrière elle. Elle ne le remarqua pas, la tête enfouie dans son coussin, trop occupée à étouffer ses sanglots...
Il enroula ses mains autour de sa taille et la tira de façon à la faire pivoter vers lui. Elle ne résista pas et il n'eut pas le temps de voir son visage qu'elle l'enfouit au creux de son épaule, plaçant ses mains autour de sa nuque. Lui les garda sur les hanches de la jeune Gryffondor et lui murmura, tout près de son oreille :
-Je t'ai promis que tu ne souffrirais pas alors ne t'inquiète pas, je resterai là. Je te propose une chose. Et si tu venais me voir ce soir ?
Elle détachait sa tête de son épaule et le fixa, les yeux toujours humides.
-Bien sûr, s'empressa-t-il d'ajouter, c'est juste pour qu'on soit ensemble, pour être près l'un de l'autre. Je n'en attends pas plus ! Juste être près de toi...
Elle devint toute rouge et hocha timidement la tête en signe d'acquiescement.
-Bien ! s'exclama Draco avec un grand sourire, il nous reste un juste un petit détail à régler !
Il se pencha vers elle et l'embrassa de nouveau de ce baiser qui représentait tant pour eux deux ! Il eut du mal à rompre le contact mais devait bien se rendre à l'évidence : le repas était un bon moyen de passer inaperçu ! Il se releva, lui souhaita une bonne journée et lui rappela le rendez-vous le soir même. En passant dans le salon, il vit la projective, hésita, puis l'empoigna : il allait la ramener à Dumbledor.
Mais tout d'abord, il avait besoin d'un bon bain. Il se dirigea vers la salle de bains des préfets, prononça le mot de passe au tableau du fond, et pénétra dans la grande pièce de marbre. Il alluma les robinets d'eau et observa ceux parfumés, cherchant une odeur pouvant le détendre. Il s'arrêta devant celui de lavande et plongea dans son bain.
En cet instant, il se sentait si près d'elle que tous leur futur lui revint en tête. Ce qui l'avait le plus étonné c'est que, malgré toutes les épreuves qu'ils allaient traversé, ils continueraient de s'aimer, d'un amour destructeur, certes, mais un amour fort.
Il jeta un vague coup d'œil à la projective : et si il regardait de nouveau dedans ? Et si la promesse qu'il avait fait avait tout changé ? Alors qu'il saisissait la boite, il hésita : en avait-il vraiment envie ? Il ne savait pas comment il réagirait s'il se rendait compte que son destin restait le même... Sûrement mal ! Il abandonnerait sûrement tout efforts !
Il jeta la projective à l'autre bout de la pièce qui rebondit contre les murs avant de s'immobiliser, le narguant de nouveau. Il s'enfonça dans l'eau parfumée à la lavande et tenta de se décontracter.
Au bout d'un moment où il laissa son esprit planer sur les délices qui avaient attraits à Hermione –et non plus Granger- son estomac le ramena à la réalité et il quitta la salle de bain pour se rendre à la grande salle. Il alla directement s'asseoir à la table des Serpentard, déjà bien remplie. Il jeta un bref coup d'œil à la table des Gryffondors et vit la jeune préfète en chef rire aux éclats avec Potter et Weasley. Il ressentit une pointe de jalousie mais n'eut pas le temps de laisser ce sentiment se développer quand une voix lui perça les tympans :
-Dracoooooooo ! hurla Parkinson à l'autre bout de la salle
Elle se précipita vers lui et l'enlaça avec force, le projetant dans son assiette qui était, fort heureusement, encore vide. Toutefois, il se sentit quelque peu sonné et n'eut pas le réflexe d'empêcher la groupie de passer ses bras autour de son cou. Grave erreur ! Une fois que Pansy avait prise, elle ne lâchait plus ! Elle se mit à frotter vigoureusement sa joue dans le cou de Draco :
-Oh mon Draco ! minauda-t-elle, où étais-tu passé ? Je me suis faite tellement de soucis !
Après quelques vaines tentatives pour décrocher la jeune fille au visage disgracieux, Draco rendit les armes et saisit son couteau dans un mouvement désespéré pour faire peur à Parkinson. Mais rien à faire ! Alors qu'il s'apprêtait à capituler, il sentit un regard peser sur lui. Il releva les yeux et croisa le regard désemparé d'Hermione.
Ses yeux exprimaient tellement de ce sentiment possessif, qu'écrire en gros et en lettres de feu « jalousie » sur son front aurait été du pareil au même ! Draco s'amusa de cette situation et décida de jouer le jeu ! Après tout, il en avait bien le droit...
-Pansy, dit-t-il, si tu me laisses manger, je te promets de t'accorder cinq minutes !
Il avait dit ça d'un ton mielleux qui rendit encore plus hystérique –si c'était possible- la jeune Serpentard qui buvait ses paroles ! Elle hocha vivement la tête, à s'en décrocher le cou, puis se précipita vers ses amies, leur racontant, en version améliorée, ce que venait de lui délivrer le garçon le plus fiévreux de Poudlard.
Draco souffla de soulagement est e servit quelques plats. Il n'osa pas regarder de nouveau vers les Gryffondors, sachant pertinemment que la jeune fille qui hantait ses pensées, le regardait toujours. Il se risqua tout de même à un coup, d'œil, quelques minutes plus tard, et la vit jouer avec sa fourchette, d'un air absent alors que Potter et Weasley tentaient, tant bien que mal, de capter son attention.
Lorsqu'il eut fini son repas, il voulut se diriger vers ses appartements, mais une voix stridente le rappela à l'ordre :
-Dracounet ! Et mes cinq minutes ?
Un groupe de Serpentards de troisième année eut un rire moqueur auquel Draco mit fin en un regard glacial. Il se tourna vers Pansy qui clignait vulgaire des yeux, les cils surchargés de mascara.
-J'ai changé d'avis Pansy ! Je suis fatigué ! Bonne nuit !
Alors qu'il lui tournait le dos, il la sentit lui sautait dessus en passant ses mains autour de sa taille :
-Moi je sais que tu mens ! Tu n'es jamais fatigué ! Mon Dracinouchet est toujours en pleine, forme, n'est-ce pas ?
Comment cette fille faisait-elle pour lui donner ainsi la nausée ? Jamais il n'avait eu plus envie d'envoyer valser quelqu'un à l'autre bout du monde ! Pas même Potter ! Alors qu'il croyait son cas de nouveau désespéré, il entendit la voix sévère de la Hermione préfète en chef :
-Parkinson, dix points en moins pour conduite indécente ! La prochaine que tu voudras draguer une fouine, je te conseille une animalerie !
Quelques rires retentirent parmi les élèves, y comprit des Serpentards. Draco ne savait pas pourquoi, mais, pour la première fois, il se sentit mal à l'aise face à la réflexion de Granger. Sûrement parce qu'ils venaient de partager une expérience unique...
Il repoussa –une fois de plus- la Serpentard la plus collante de l'histoire de Poudlard, avec une expression agacée puis prit congé de ses camarades. Arrivé dans sa chambre, il se reposa sur un fauteuil. Il avait la tête qui lui tournait, sûrement à cause de la potion qu'il venait d'avaler pour finir son traitement, et préféra fermer les yeux pour éviter de régurgiter le peu qu'il venait de manger.
Il sut qu'il s'était endormi quand il remarqua une présence à ses côtés. Alors qu'il tenta de bouger, il sentit une couverture glisser de ses épaules. Il entrouvrit les yeux et aperçut Hermione qui s'apprêtait à ressortir à pas de loups :
-Tu t'es perdue sur le chemin de l'animalerie ? lança Draco
Elle s'arrêta net, puis tourna vers lui un regard indécis.
-Je... Je... bredouilla-t-elle
Elle était si mignonne quand elle ne savait plus où se mettre qu'il ne comptait pas l'interrompre de si tôt ! Ils e leva, faisant perdre le peu d'assurance qui lui restait à la jeune Gryffondor. Il passa ses mains autour de ses hanches et la plaqua contre le mur :
-Tu disais ? se moqua-t-il
-Et bien, reprit-elle, la vérité c'est qu'il fallait bien que je l'arrête cette furie...
-Parce que... insista-t-il
-Parce qu'elle t'énervait !
-Dis plutôt que c'est parce que tu étais jalouse ! susurra-t-il à quelques centimètres de ses lèvres
Le visage de la jeune fille s'empourpra. Elle était coincée entre le Serpentard et ce mur, torturée par ses sentiments. Et ça, Draco le savait fort bien ! Il s'en amusait tellement qu'au bout d'un moment de torture pour la jeune fille, il consentit à l'embrasser. Puis, ses lèvres parcourant le cou d'Hermione en y laissant de légères traces humides, il murmura :
-Dis-le moi Hermione !
-Quoi donc ? parvint-elle à articuler entre deux soupirs de désirs
-Que tu es jalouse ! Que tu veux que je t'appartienne...
Elle se pencha pour capturer ses lèvres et, se laissant enivrer elle plongea son regard d'ambre dans celui lunaire de Draco :
-Je le veux ! s'exclama-t-elle, je hais toutes filles qui s'approchent de toi, ne serait-ce que pour te demander l'heure ! Tu es à moi désormais, et tu le resteras...
L'aplomb de la Gryffondor surprit Draco mais il ne put s'empêcher de laisser un sourire de satisfaction apparaître sur ses lèvres. Ils passèrent un bon moment à s'embrasser encore et toujours de façon plus poussée chaque instant. C'était devenu une sorte de jeu : chacun devait faire preuve de plus de détermination que l'autre, devait faire un pas de plus, un pas de séduction...
Puis, au bout d'un moment, ils se mirent à parler. Librement. Fait nouveau pour Draco qui n'était en aucun cas habitué à se confier à qui que ce soit ! Leur conversation dériva, inévitablement sur le Quidditch. En tant que Poudlardien qui se respecte, ce sujet était incontournable. Hermione parut surprise d'apprendre que Draco abandonnait l'équipe de Serpentard et ne cacha pas son aversion pour ce sport :
-Comment peut-on détester le Quidditch ? s'exclama Draco, abasourdis
-C'est un sport dangereux ! se défendit Hermione !
-Mais pas du tout ! répliqua-t-il, es-tu jamais monté sur un balai ?
-Si, et j'ai eu la plus grande peur de ma vie ! avoua-t-elle
Draco sembla réfléchir un instant puis se leva d'un coup, faisant sursauter la Gryffondor. Elle le regarda, étonnée mais il ne s'en formalisa pas ! IL lui tendit une main qu'elle saisit, intriguée, et il l'entraîna hors de la salle commune. Il était vers les trois heures du matin et la château, au complet, semblait sommeiller. Draco l'emmena dans le parc et, une fois au milieu du parc, elle se permit de la questionner :
-On peut savoir où tu m'emmènes ?
-Là où l'on pourra chasser tes peurs ! déclara-t-il
Il la vit prendre peur et la rassura d'un regard. Il la traîna jusqu'au terrain de Quidditch et lui demanda de l'attendre à l'entrée des vestiaires. Il en sortit, quelques minutes plus tard, son balai en main.
-Pourquoi tu n'as qu'un balai ? questionna-t-elle nerveusement, tu ne comptes pas voler ?
-Oh que si ! dit-il avec un sourire, on va monter à deux sur ce balai et je vais t'aider à le manier, c'est compris ?
Elle ne prit même pas la peine d'acquiescer, sachant pertinemment qu'elle n'avait pas le choix ! Il enfourcha son balai et tendit une main à Hermione pour l'aider à en faire de même. Elle tremblait de la tête aux pieds et commença à s'installer dans le dos du jeune homme. Elle encercla la taille de ce dernier en serrant tellement fort qu'elle faillit l'étouffer :
-Hermione ! On n'a pas encore décollé !
Elle s'excusa et desserra un peu son étreinte... Pour la resserrer quelques secondes plus tard ! Draco soupira mais ne fit aucune réflexion : elle se détendrait en vol. Du moins, l'espérait-il !
Il donna un coup de pied dans le sol et s'éleva de quelques mètres, un ou deux seulement. Il sentit la jeune fille se coller totalement à lui, enfouissant son visage dans son dos. Il se dit que si, pour si peu de distance elle avait peur, monter ne serait-ce qu'un demi mètre de plus, marquerait la jeune fille à vie et il perdrait, par la même occasion le pari qu'il s'était fixé !
Alors qu'il se stabilisait pour l'habituer au vol, il la sentit se détendre et, bientôt, elle apprécia la balade. Elle regardait sous ses pieds et, malgré la pâleur de ses joues, elle semblait enfin ressentir cette liberté qu'on éprouve en volant.
-Alors ? questionna Draco, c'est si effrayant que ça ?
Elle lui adressa un petit sourire timide et secoua négativement la tête.
-Bien ! s'exclama-t-il, maintenant, je vais t'apprendre à conduire !
Elle le regarda sans comprendre. Il lui adressa un coup d'œil avant de littéralement se balancer dans le vide !
-Draco ! hurla-t-elle complètement terrorisé !
-Oui ? dit une voix mielleuse dans son dos
C'était un de ses tours favoris ! Son père lui avait appris, en toute illégalité, pour l'aider au Quidditch. Il consistait à se créer une sorte de plateforme solide mais éphémère sous le balai pour changer de position. Ainsi, il était passé derrière Hermione sans qu'elle ne s'aperçoive de quoique ce soit ! Elle tremblait de plus en plus et s'était tenu au manche dans un effort tellement désespéré qu'elle en oublia de séparer ses mains ! Il passa ses bras autour d'elle, les plaçant dans la continuité des siens. Il saisit délicatement ses mains et les positionna correctement. Elle était complètement tendue et, sans s'en rendre compte, tendait le manche vers le haut.
Ils avaient bien pris six mètres et, comme seul Draco s'en était rendu compte, il ne préféra pas prévenir Granger, de peur qu'elle perde complètement l'équilibre –déjà précaire- avec lequel elle se tenait sur le balai !
Etant plus grand qu'elle, il cala son menton dans le creux de l'épaule d'Hermione et lui murmurait les indications à son oreille :
-Garde ton manche droit. Si tu veux tourner, fais-le avec délicatesse, sinon tu risques de perdre le contrôle.
Draco prononça ses trois derniers mots avec insistance, provoquant un trouble recherché chez la jeune proie. Petit à petit, il retira ses mains de celle de la Gryffondor. Il les plaça juste derrière, prêt à reprendre le contrôle si elle le perdait.
-J'y arrive ! s'extasia-t-elle, regarde, on va tout droit !
Draco ne put s'empêcher de rire à cette remarque. Il pensait que, étant une amie de Potter, elle serait habituée aux figures spectaculaires mais, apparemment, ce qui lui paraissait une évidence l'était moins pour elle.
-Bon, on va se poser maintenant ! annonça-t-il, tu vas dé-li-ca-te-ment tendre le manche vers le bas et amorcer doucement mais sûrement la descente ! OK ?
Elle hocha la tête et s'exécuta. Alors qu'elle abaissait légèrement le manche, Draco se sentit glisser contre elle, se retrouvant complètement collé à l'objet de ses désirs. Ce n'est pas que ça le dérangeait, loin de là ! Seulement, un balai à dix mètres du sol n'était pas l'endroit idéal pour arriver à ses fins avec Granger ! « Quoique... » pensa-t-il.
-Hermione, redresse le manche et laisse moi les commandes, je vais te montrer quelque chose.
Elle fit ce qu'il lui disait puis lâcha le manche ! Ne sachant pas à quoi se retenir désormais, elle bascula en arrière pour se blottir dans les bras du Serpentard. Ainsi placée, elle crispa ses mains sur les cuisses du jeune homme et regardait en dessous ses pieds avec une expression proche de l'évanouissement !
-Tourne-toi face à moi, ordonna-t-il, tu passes tes deux jambes du même côté dans un premier temps puis tu repasses une de tes jambes de l'autre côté pour me faire face.
Elle le fixa, interloquée ! Elle ne comprenait sûrement pas où il voulait en venir. Mais, après tout, c'était son domaine à lui, elle n'avait rien à redire ! Non sans jeter un regard paniqué au sol, elle se mit en mouvement. Draco l'entourait toujours de ses bras pour garder le contrôle du balai, alors, quand elle passa sur le côté, il sentit la poitrine de la jeune fille frôler son avant bras.
Il se sentit rougir. Ce n'est pas tant par timidité, il avait fait plus que frôler de nombreuses poitrines ! Seulement, Hermione avait quelque chose d'unique, d'exceptionnelle ! Comme si tout ce qui avait attrait à elle avait un caractère nouveau...
Une fois qu'elle fut en face de lui, toujours intriguée par sa position, elle le questionna du regard. Une légère brise se leva, faisant trembler le balai. Prise d'une grande frayeur, Hermione se jeta dans ses bras, cramponnant ses poings à la chemise du garçon. Déstabilisé par un tel geste, Draco la regarda, attendrit.
Il positionna ses jambes de façon à tenir le balai par leurs seules forces et entoura la Gryffondor de ses bras. Elle tressaillit l'espace d'un instant puis se blottit un peu plus contre son buste. Il chercha son menton sous ses cheveux désordonnées et, lorsqu'il le trouva, il le ramena à lui pour obliger Hermione à poser son regard dans le sien.
-Je voulais que tu sois en face de moi parce que je voulais te contempler. déclara-t-il, je t'ai emmené dans le seul endroit, dans le ciel de Poudlard, où la lune éclaire le ciel de sa lumière bienfaitrice.
-Que veux-tu dire ?
-Je veux dire que ton visage, en cet instant, est inondé par la pleine lune qui se dresse dans mon dos. Tes yeux en reflètent la magie et ta peau s'illumine de milles feux nacrés. Tout ça signifie que je te vois en cet instant comme personne d'autre ne te verra, pas même Potter et Weasley... Je te vois telle que tu es, un ange...
Il glissa une main le long de sa joue pour emmêler ses doigts dans ses cheveux. Il ne détournait pas ses yeux des siens. Ils avaient, tout les deux, fait abstraction de leur situation : désormais, ils n'étaient plus sur un balai, ils ne se trouvaient plus dans le ciel, à la vue de tous.
-Draco, souffla-t-elle, pourquoi toi ?
Il la regarda, sans comprendre :
-Pourquoi moi, quoi ?
Elle passa ses bras dans le dos du jeune homme et se colla à lui. Il la regarda, un sourcil levé. Elle lui sourit. Elle lui sourit, à lui. Il ne su pourquoi mais, à cet instant, il sentit que quelque chose avait changé... mais quoi ?
-Pourquoi est-ce que c'est toi qui me fais cet effet là ? questionna Hermione
Il frôla ses lèvres à l'aide des siennes, la sentant se cambrer sous lui pour avoir des chances d'avoir un baiser.
-Ca te déplait ? se moqua-t-il
Elle lui sourit de nouveau avec un tel charme qu'il faillit tomber du balai !
-Pas le moins du monde... murmura-t-elle
Elle se mordit la lèvre et scella ses lèvres à celles du vert et argent. Draco n'était pas habitué à un tel mouvement passionné ! Mais ce n'était pas pour lui déplaire...
Ils passèrent encore du temps à voler, rire, s'embrasser, se connaître, se lier... Une fois que la fatigue les gagna, ils décidèrent de rentrer. Ils se séparèrent dans le Grand Hall sur un dernier baiser. Draco avait le cœur lourd : il s'attachait de plus en plus à la Gryffondor...
