Disclamer : Un jour, je serais Square Enix à la place de Square Enix et je pourrais posséder tous ces bishos. En attendant, je leur emprunte juste les persos. Par contre, Drace m'appartient.
Remerciements : À ma bêta flammula pour toutes les fautes qu'elle me corrige gratuitement et sans se plaindre (c'est magique, je sais pas comment elle fait ! xD ), à kaname-chan, à squallyboy et à Redou pour leurs commentaires. Je vous aime, les filles !
Chapitre 10 : Torture et évasion.
Laguna se retourna brusquement lorsqu'il entendit derrière lui le bruit de petits pas pressés suivis presque immédiatement par la voix fluette d'une fillette. Il fronça les sourcils en reconnaissant l'adorable brunette vêtue d'une jolie robe bleu clair qui se tenait devant lui. L'enfant lui annonça avec un grand sourire qu'un visiteur aux vêtements bizarres voulait lui parler. Le soldat galbadien aux longs cheveux bruns était certes intrigué par la nouvelle mais il n'oublia pas de gronder Ellone pour être venue jusque chez lui toute seule. Des monstres rodaient jusque sur la grand-place du village et, à ce titre, c'était extrêmement dangereux pour une enfant si petite de s'aventurer dehors sans la protection d'un adulte ! La gamine l'attendrit en répliquant que si elle était en danger, « Oncle Laguna » viendrait la sauver. Puis elle sortit en courant de la pièce, sans prêter attention aux appels de l'adulte qui lui demandait de l'attendre. Le jeune homme brun pesta en se précipitant à la suite d'Ellone. Pourvu qu'elle n'aille pas dehors toute seule ! Mais la petite fille l'attendait sagement devant la porte. Elle se retourna vers lui avec un grand sourire.
« J'ai attendu. Je suis gentille, hein ?
- Très gentille, oui. » acquiesça Laguna en s'accroupissant devant elle et en lui secouant les cheveux. Puis il se releva pour s'adresser à une photo qui trônait sur une commode près de la fenêtre tandis que l'enfant se recoiffait avec une petite moue ennuyée sur le visage. « Papa et maman Ellone, votre fille a été adorable aujourd'hui. Pas vrai ? ajouta-t-il en se tournant vers la concernée.
- Ah oui ! » répondit-elle très sérieusement en hochant la tête avant de sortir dehors.
Laguna leva les yeux au ciel d'un air désespéré et courut pour rejoindre la fillette. Ellone écoutait-elle parfois ce qu'il lui disait ? À certains moments, il en doutait fortement. Heureusement, elle se tenait à quelques pas de la maison et fit le trajet avec lui, le devançant juste d'une dizaine de mètres pour entrer en première dans le bar. Le jeune homme brun passa le seuil de l'auberge une ou deux minutes après elle, pour tomber sur le spectacle d'Ellone en train de se faire disputer par Raine, la jeune et jolie tenancière de l'endroit. Cette dernière était encore plus belle que d'habitude selon l'avis (absolument pas objectif de Laguna), habillée avec un pull beige qui paraissait extrêmement doux et d'un jean bleu foncé. Sa magnifique chevelure noire était retenue en arrière par un bandeau, ce qui dégageait les traits fins de son visage, ordinairement d'une douceur sans comparaison mais qui pour l'instant arboraient un air contrarié. Les poings sur les hanches, fermement campée sur ses jambes et d'un ton ne prêtant à aucune discussion, elle ordonna à l'enfant d'aller jouer dans sa chambre. De toute évidence, Ellone se faisait punir et sans doute le méritait-elle, Raine ne se mettant jamais en colère sans raison. La petite se tourna vers le nouvel arrivant.
« J'ai fait des bêtises, déclara-t-elle avec une moue penaude.
- T'as pas tenue ta promesse, fit semblant de la réprimander le soldat galbadien. T'es qu'une tête de cochon !
- Laguna ! s'exclama Raine, agacée de faire une remarque qu'elle avait déjà dû faire un nombre incalculable de fois. Quand tu parles à Ellone, parle-lui correctement.
- J'ai fait des bêtises, dit-il à Ellone, l'air pas vraiment désolé.
- T'es qu'une tête de cochon ! » gloussa celle-ci, ravie de pouvoir imiter « oncle Laguna ».
Les deux complices riaient encore lorsque l'homme à la peau mate qui attendait Laguna arriva. Ce dernier poussa une exclamation ravie. C'était Kyros, ce bon vieux Kyros ! Ellone courut vers ce dernier avant de s'arrêter à quelques mètres de lui, un peu inquiète malgré tout devant cet homme qu'elle ne connaissait pas et qui avait surtout des habits bizarres. Il ne ressemblait absolument pas aux gens dont elle avait l'habitude ! Voyant son trouble, Laguna s'accroupit à côté d'elle pour lui parler d'une voix rassurante.
« C'est un ami d'oncle Laguna, lui dit-il en souriant gentiment. Il a de drôles de fringues, mais il est gentil. »
Ellone hocha la tête d'un air rassuré ,planta fermement son pouce droit dans sa bouche, récupéra avec son autre main sa poupée favorite qu'elle avait déposée sur la table avant d'aller chercher le jeune homme brun et s'assit dans un coin pour jouer tranquillement. Si « oncle Laguna » disait que son ami était gentil, alors il était gentil et puis c'était tout. Elle n'avait donc pas à avoir peur. Les adultes la regardèrent en souriant doucement, attendris par son petit manège et allèrent discuter près du comptoir. Raine, derrière le bar, lavait les verres et rangeait l'espace de travail tout en écoutant la conversation des deux garçons, dont elle ne comprenait parfois pas grand-chose.
« Ça fait un bail, hein ? demanda Laguna en se tournant vers Kyros. Notre grande évasion de Centra !
- Moi, je dirais plutôt… Notre fuite, non ? corrigea l'homme aux tresses d'un air dubitatif.
- C'est bien ce que je pensais, rit doucement la jolie brune derrière le comptoir en leur servant un verre.
- Eh bien, ça doit faire au moins un an, se remémora l'afro.
- Je suis resté cloué au lit pendant six mois, l'informa son ami en grimaçant au souvenir. Comme si tous les os de mon corps avaient été cassés un par un.
- Mais je l'ai remis sur pied ! intervint fièrement Raine.
- Merci de t'en être occupé, fit sincèrement Kyros, heureux que son compagnon d'armes et accessoirement meilleur ami ait eu quelqu'un d'aussi dévoué et aussi attentionné pour le soigner avant de se tourner vers Laguna. En un mois, j'étais d'attaque. Depuis, je n'ai pas cessé de te chercher.
- Pourquoi ? s'exclama le concerné, réellement surpris.
- Après avoir quitté l'armée je n'avais pas grand chose à faire, plaisanta son vis-à-vis avant de reprendre plus sérieusement. Et puis, la vie est plutôt monotone sans toi, finalement.
- Ici, j'ai une vie bien remplie… commença Laguna.
- Hum, je te comprends, Kyros, le coupa Raine.
- Alors, dis-moi, que veux-tu savoir ? demanda ce dernier à l'autre jeune homme.
- Comment va Ward ?
- Il a aussi quitté l'armée, le renseigna le black. Il a eu la chance de trouver un travail et il bosse dur.
- C'est quoi son boulot ?
- Il travaille à la prison de la zone D.
- Ah oui ? Je le vois mal comme homme à tout faire, mais si ça lui plait… »
La conversation dura encore longtemps, portant sur des personnes que Raine ne connaissait pas et la jeune femme commençait à s'y désintéresser lorsque les deux hommes évoquèrent Julia. Laguna connaissait Julia, la célèbre chanteuse à l'histoire à la fois si tragique et romantique ? Après que l'homme qu'elle aimait soit mort à la guerre, elle sombra dans la dépression et en sortit grâce à l'aide dévouée et sincère du major Caraway qui finit par l'épouser. Laguna eut l'air mal à l'aise, il lui révéla uniquement qu'il l'avait connu alors que la jeune femme jouait du piano dans le bar qu'il fréquentait et changea vite de sujet en annonçant qu'il avait du travail en retard. Il se tourna vers Kyros pour lui demander ses projets d'avenir. Voyant le jeune homme un peu indécis, Raine lui sourit gentiment et lui annonça que, tant qu'il se rendait utile, il pouvait rester ici aussi longtemps qu'il le voulait. Il remercia chaleureusement la jeune femme pour son accueil alors qu'elle ne le connaissait même pas et suivit Laguna dans les rues du village à la chasse aux monstres. Tous les hommes du village étaient partis, il ne restait ici que les vieux, les femmes et les enfants. La mission de Kyros et Laguna était d'empêcher que les monstres s'en prennent aux habitants en les chassant de l'endroit. Pendant toute l'après-midi, les deux jeunes gens patrouillèrent dans Winhill afin de sécuriser les rues. Sur la grande place, une fontaine à l'eau glaciale brassait l'air et refroidissait l'atmosphère en ce chaud jour d'été, les maisons les surplombaient mais de manière débonnaire et non arrogante et de magnifiques arbustes fleurissaient ça et là, grâce aux soins complaisants d'une vieille fleuriste qui semblait fort bien connaître Raine. C'était somme toute un petit village de campagne, agréable à vivre et, si on exceptait les monstres qui rodaient, très tranquille… Trop peut-être même pour quelqu'un comme Laguna. Kyros fronça les sourcils et interpella son ami qui marchait quelques mètres devant lui.
« Hé, Laguna… Cette « patrouille » inutile, tu fais ça tous les jours ?
- Patrouille inutile ? s'indigna le brun. De quoi parles-tu ?
- Tu ne voulais pas devenir grand reporter ? Timber Maniacs, tu connais non ? J'ai parlé avec le rédacteur en chef. Il est intéressé par des articles écrits par de grands voyageurs.
- Mais c'est génial ! s'enthousiasma Laguna.
- Il faudrait qu'on aille lui parler, le tempéra Kyros.
- Oui tu… t'as raison, » lui répondit le plus petit en lui tournant le dos avant de reprendre sa route, sans que son regard croise celui de son ami.
Les deux anciens soldats firent le chemin de retour sans prononcer un mot, massacrant tous les monstres qu'ils croisaient. Kyros fronça une nouvelle fois les sourcils en constatant que Laguna était complètement à côté de ses pompes et qu'il faisait des erreurs qui, si les monstres n'étaient pas aussi ridiculement faibles, auraient pu lui être fatales. C'était quoi le problème avec lui ? Le brun entra dans le bar, suivi de près par son ami et s'arrêta au milieu de la pièce en constatant l'absence de Raine et d'Ellone. Les deux jeunes gens regardèrent un peu bêtement partout dans la pièce pour les chercher (comme si elles s'étaient cachées dans un placard pour leur faire peur…) avant de monter l'escalier qui menaient au premier étage et aux parties habitables de la maison. Laguna s'apprêtait à passer la porte lorsque Kyros l'arrêta, voyant que les deux filles étaient en grande discussion. Et comme deux sales gosses mal élevés, ils restèrent dans l'escalier écouter la conversation.
« Raine… Tu vas te marier avec oncle Laguna ? demanda Ellone de sa petite voix fluette.
- Un homme comme lui ? J'ai dû prendre soin de lui pendant tout ce temps… Et sa façon de parler ! Quand j'essaye d'avoir une conversation sérieuse avec lui, il se défile… Et en plus, il marmonne et il ronfle quand il dort. »
Et bien, avec tout cela, Laguna se retrouvait chaudement habillé pour l'hiver. Cependant, une touche de tendresse à peine perceptible dans la voix de la jeune femme brune démentait les paroles dures qu'elle était en train de prononcer. Mais même sans se rendre compte de la douceur de Raine dans ses propos, Ellone persévéra dans son idée. Elle y tenait, apparemment, à ce que les deux jeunes gens se marient ! Mais il était vrai que pour elle, ils étaient ce qui se rapprochait le plus d'une famille, d'un père et d'une mère.
« Mais il est très gentil ! Moi je l'aime beaucoup beaucoup ! Moi, je veux qu'on soit ensemble. Raine, oncle Laguna et moi !
- Mais tu sais… » commença Raine en se tournant vers la petite fille, regardant par la même en direction de l'escalier, ce qui fit que les garçons descendirent quelques marches pour se cacher. Aucun risque cependant de se faire prendre, puisque la jeune femme se détourna aussi en fourgonnant dans un placard pour camoufler sa tristesse, pourtant trahie par la pointe de chagrin présente dans sa voix. « Je crois que ce qu'il aime dans la vie, c'est parcourir le monde… Je ne crois pas qu'il aimerait vivre dans une petite ville comme la nôtre. Ça me rend triste, soupira-t-elle en secouant la tête.
- Tu ne l'aimes pas ? l'interrogea Ellone sans comprendre qu'elle retournait le fer dans la plaie de la femme qu'elle aimait comme une mère.
- Mais si je l'aime bien Ellone. Oh ! s'exclama-t-elle, surprise, en voyant Laguna et Kyros dans l'escalier.
- Super ! Tu es là ! cria la gamine brune en sautant du canapé sur lequel elle s'était entre-temps assise pour accueillir le soldat qui venait de débouler dans la pièce, suivi par son ami.
- Ah ! Je suis revenu à toute vitesse. » Puis, il contourna la fillette et s'adressa à Raine comme le ferait un bon petit fantassin à son supérieur. « Voici mon rapport sur la patrouille d'aujourd'hui et la chasse aux monstres ! Notamment les Buchubuchus que mon aide de camp, Ellone, déteste tellement… Combien j'ai tué de monstres aujourd'hui ? Euh, 41, je crois.
- Très bien ! Merci, approuva l'autre adulte. On mange avant ta prochaine patrouille, d'accord ? Je t'appelle quand c'est prêt. Attends dans ta chambre, tu veux ? Tu as l'air fatigué, fais donc une petite sieste. »
Malgré la douceur apparente, c'était, à ne pas s'y tromper, un ordre gentiment tourné. Laguna inclina rapidement la tête et s'en fut en direction de sa maison, après toutefois un dernier salut à Ellone avec laquelle Kyros échangea quelques mots. Le brun sourit d'un air moqueur devant ce spectacle. Le black pouvait dire ce qu'il voulait, il adorait déjà la gamine. Et c'était réciproque. Les deux jeunes gens regagnèrent la chambre de Laguna sans traîner. Juste avant de se coucher, Laguna eut une petite crise de panique et s'ouvrit à son ami de toutes les peurs qu'il avait.
« J'ai peur, parfois… avoua-t-il d'un air un peu perdu. Peur de me réveiller autre part… Peur de perdre Ellone…
- Peur de perdre Raine ? »
À cette question, Laguna se retourna vers son ami et celui-ci se figea. Car dans les yeux océans en face de lui, il pouvait voir un monde de douleur et de tristesse, un monde vide de tout espoir pour le plus jeune s'il était privé de la femme qu'il aimait et de l'enfant qu'il considérait comme sa propre fille. Aux yeux de l'homme qui n'avait plus de famille et qui errait sans jamais trouver où se poser, là où étaient ces deux femmes était son foyer, sa maison. Rien de plus. Kyros soupira doucement. Par leur simple présence, Ellone et Raine avaient apporté à Laguna plus que ce que Ward et lui ne pourraient jamais lui offrir, peu importe à quel point ils le désiraient. Laguna aimait Raine. Plus que tout au monde. Et il ferait n'importe quoi pour elle et la petite fille qu'elle élevait. Sur une dernière supplique adressée aux dieux qui voudraient bien l'entendre, le brun se coucha, vite imité par son compagnon d'arme.
L'endormi se réveilla un peu sonné dans une cellule de prison, sans bien comprendre ce qu'il faisait là. Laguna venait de se coucher dans sa chambre à Winhill. Mais… il n'était pas Laguna ? Le jeune homme à la chevelure brune se prit la tête quand une brusque douleur pulsa violemment sous son crâne. Il était… Squall. Il était un seed et luttait contre la sorcière galbadienne avec des compagnons d'armes qui n'étaient ni Ward, ni Kyros. Il y avait… Quistis, Zell, Irvine, Selphie… et Linoa et Seifer. Le retour à la réalité était vraiment douloureux… et franchement déboussolant. Soudain, les tous derniers événements lui revinrent en mémoire tandis qu'il se leva d'un seul coup. Le combat ! Drace ! Le pic de glace ! Mais comment… ? Il ne sentait plus rien, la douleur avait quitté son corps. Perplexe, il enleva son blouson et son tee-shirt et tordit le cou pour observer sa poitrine. Une cicatrice rosâtre, longue d'une main, barrait son torse du haut du mamelon droit jusque sous sa clavicule. Le jeune homme leva une main tremblante, ses doigts effleurèrent doucement la peau balafrée et ses muscles se contractèrent sous la sensation de picotement qui en découla. La zone était encore douloureuse, il ne devait pas s'être écoulé plus de quelques heures depuis sa guérison. Il sentait par ailleurs son ventre gargouiller doucement, son dernier repas devait remonter à déjà une demi-journée. Le but de ses geôliers n'était apparemment pas de l'affamer puisque en face du lit sur lequel il était assis un plateau repas trônait fièrement sur une petite table incrustée dans le mur. Il fit un geste pour prendre la nourriture avant de se raviser. Et si elle était droguée ? C'était un risque à prendre mais il devait de toute façon se sustenter, ce qu'il ferait tôt ou tard selon les ravages que provoquerait la faim en lui. Squall mangea lentement et prudemment, prêt à s'arrêter au moindre signe anormal. Mais, à part un goût dégueulasse dû à la qualité infecte de la bouffe des prisons, il n'y eut rien de particulier. Le jeune épéiste soupira avant de se rallonger sur son lit, se demandant où il était et comment pouvaient bien aller les autres. Il serra les poings au souvenir de Drace. De toute évidence, ce type-là avait réussi à tomber encore plus bas que ce qu'il était déjà en s'associant avec une sorcière. Le brun fut à cet instant coupé dans ses réflexions par la mise en mouvement de sa cellule. Surpris, il se leva d'un bond… Pour devoir finalement se retenir à un mur afin de ne pas tomber lorsque la pièce s'éleva. De là où il était, il ne pouvait voir la gigantesque grue qui se trouvait au centre de la prison saisir entre deux énormes pinces métalliques le clapier à lapin où il était enfermé avant de le soulever, de le faire pivoter et de le déposer quelques étages plus haut, à un endroit accessible par voie pédestre pour les humains. Mais il pouvait entendre tout cet attirail se mouvoir avec d'immenses et hautement désagréables grincements rouillés. Squall fronça les sourcils. Il ne savait pas où il était ni ce qu'il se passait mais il savait que, quoiqu'il en fût, il était en grand danger.
Simultanément au réveil de Squall eut lieu celui de Zell, dans des conditions toutefois un peu différentes. Il était dans une salle aux dimensions respectables, aux parois faites de métal et où, dans le fond, se trouvait une zone que l'on pourrait qualifier « d'habitable », c'est à dire qu'il s'y trouvait une salle d'eau répondant aux besoins primaires, une table et quelques lits. Quelques lampes à néon à moitié cassées éclairaient l'espace d'une lumière pâle et qui donnait au lieu une teinte encore plus sinistre si cela avait été possible. À ses côtés se tenaient Quistis, Linoa et Selphie qui paraissaient toutes profondément inquiètes et plongées dans leurs pensées. La blonde en émergea pour saluer le retour du zébullon parmi les vivants.
« Ravie de te revoir, Zell. Encore « Le monde parallèle » ?
- Euh, ouais…
- Comment va Laguna ? demanda soudainement Selphie, dont l'intérêt s'éveillait chaque fois qu'il était mention du « monde parallèle » (comme ils l'appelaient, ne sachant quel autre nom lui donner et ignorant tout des causes du phénomène.) et du beau gosse qui s'y trouvait.
- Je n'en sais rien. Je ne l'ai pas vu. J'ai surtout vu Ward… Laguna et ses deux potes sont allés à Centra et se sont mis dans le pétrin, » expliqua l'homme à la coiffure de chocobo après un petit temps de réflexion. Quistis et Selphie hochèrent positivement la tête à ce souvenir. « Après ça, Ward s'est retrouvé seul. Il bossait dans une prison ou quelque chose comme ça. Il s'ennuyait à mourir ! Tout ce qu'il veut, c'est pouvoir se battre aux côtés de Laguna.
- Mais en quoi ça nous concerne ? s'exclama soudainement Quistis après un petit moment de silence où chacun réfléchissait de son côté.
- Aucune idée, admit Zell.
- Tu as dit que Ward travaillait dans une espèce de prison ? intervint Linoa pour la première fois de la discussion.
- Ouais, et alors ? l'interrogea le blond sans comprendre.
- Et qu'il venait de Galbadia ? continua la brune.
- Bien sûr, c'est un soldat. Pourquoi cette question ?
- Pour rien, je dois réfléchir un peu.
- Je me demande ce qui est arrivé à Squall et à Seifer… fit remarquer la plus âgée des quatre. Ils les ont amenés ici ? J'espère qu'ils vont bien.
- Moi aussi… Dis, pourquoi t'es-tu autant inquiétée quand tu as appris que le type qui se disait être le chevalier de la sorcière s'appelait Drace ? s'informa Selphie.
- C'est bizarre, ce nom me dit quelque chose, se remémora Zell. Hé ! C'est pas le mec qui s'est fait viré du seed l'année dernière parce qu'il avait posé problème ? On a jamais su pourquoi mais Seifer était déjà chef du conseil de discipline à l'époque, non ? Il lui en voudrait pour ça ?
- Oui.
- Et il s'est passé quoi ? l'interrogea le tatoué, avide de renseignements.
- Ça ne te regarde pas. Mais pour que tu évites d'harceler les autres, je te dirai juste que Drace avait posé de graves problèmes et qu'au moment où Seifer l'a appris, il s'est battu avec elle et Squall a été impliqué. Je n'en sais pas plus, je venais d'être nommée prof à cette époque.
- Et il en ferait une affaire personnelle ?
- Je n'en ai aucune idée, Zell ! finit par s'emporter Quistis sous le flot incessant de questions. Il y eut un long moment de silence que Selphie rompit avec ses jérémiades.
- Ras-le-bol d'être prisonnier ! On devrait essayer de s'échapper ! »
Zell soupira, sachant très bien qu'ils n'avaient pour le moment aucune possibilité pour s'enfuir. Et puis, ils devaient trouver où étaient leurs compagnons manquants. Étrangement, aucun d'entre eux ne se souciait d'Irvine, le roux ayant été renvoyé dans son université galbadienne lorsqu'ils avaient tous été capturés par les soldats à la solde de la prêtresse. Finalement, Linoa sortit de ses pensées et s'adressa à lui.
« Dis-moi si je me trompe, mais tu es Ward dans ce « monde parallèle », non ?
- Oui, je crois.
- Cette pièce te dit quelque chose ?
- Tu délires ou qu… commença Zell avant que l'exclamation colérique ne se meure sur ses lèvres tandis qu'il regardait partout, stupéfait. Attends une minute ! Je connais cet endroit ! Écoutez-moi tous ! C'est la prison où travaille Ward ! Il est maton ici ! Les salles sont identiques ! Ça doit être ici ! s'enthousiasma-t-il.
- Il y a une prison pour les dissidents politiques à Galdabia, les informa Linoa en se mordillant les lèvres devant l'ampleur du problème. C'est certainement là que travaille Ward. C'est ici même, j'en suis sûre !
- On n'a pas que la prison à craindre, fit remarquer Quistis d'un ton nerveux. Une tentative de meurtre c'est grave !
- On s'est opposé au président, leur rappela la brune en baissant la tête, découragée. Pour nous, c'est la peine capitale…
- Le président est mort, objecta la plus âgée en secouant la main.
- Maintenant que Galbadia est aux mains de la prêtresse… Qu'est ce qui va nous arriver ? s'angoissa la résistante.
- On est dans de beaux bras, » résuma Selphie en tremblant.
« Ça tu l'as dit, acquiesça Zell en pensée. Qu'est-ce qu'on va devenir ? Et où est Irvine le bellâtre ? Et Squall… La sorcière ne l'aurait quand même pas… Non ! Il doit être avec Seifer, enfermé à part ! J'espère qu'on ne leur à rien fait… »
De son côté, Squall eut enfin la satisfaction de voir la porte de sa cellule s'ouvrir… Malheureusement, ce fut Drace qui apparut. L'homme à la coiffure argentée avança lentement jusqu'à son prisonnier avec un petit sourire tordu et, sans prévenir, envoya brutalement son poing dans l'estomac du brun qui s'effondra à terre en suffoquant. Son adversaire se pencha légèrement vers lui.
« Squall, tu me fais pitié. » Il fit un geste du bras aux gardes restés dehors. « Emmenez-le ! »
Le jeune gunbladiste essaya de se débattre quand deux soldats le saisirent par les bras pour le relever. Sa tentative fut récompensée par un coup sur la nuque. Avant de sombrer dans l'inconscience, il sentit qu'on le traînait à moitié pour l'amener dans un lieu inconnu. Puis tout devint noir pour lui.
Soudain, un grand bruit ressemblant à un désagréable grincement métallique résonna dans l'autre cellule et Selphie, Quistis, Linoa et Zell sursautèrent et sautèrent sur leurs pieds, tendus. La porte s'ouvrit brusquement et laissa passer plusieurs soldats l'arme à la main.
« Qu'est ce que… C'était quoi ce bruit affreux ? s'inquiéta la plus petite.
- C'est le bruit que fait votre pote sous la torture, ricana un des gardes qui venaient d'entrer.
- Quoi ? s'exclama Zell en s'approchant des hommes en uniforme. Qu'est-ce que tu veux dire par là ? Tu…
- Tais-toi, cria la brute en brandissant sa matraque tandis que les deux autres mettaient le blond en joute. Ne joue pas au plus malin avec moi ! T'as compris qui commande ici ? »
Le tatoué se tut en regardant avec le plus de mépris possible l'homme qui puait la sueur et la bière en face de lui. C'était qui, ce déchet de l'humanité qui s'amusait à prendre son pied en affirmant son autorité sur les prisonniers ? Ce type était vraiment un minable ! Il comprit brusquement le point de vue dédaigneux de Seifer sur les gens. Cet homme… ne méritait aucun respect de sa part. Le gardien, furieux du regard qui lui était lancé alors que d'habitude, les gens baissaient les yeux devant lui, s'avança et plaça sa matraque sous la gorge du blond avant d'y exercer dessus une légère pression pour forcer l'autre à détourner le regard.
« Je t'ai posé une question ! » postillonna-t-il au visage de Zell avant de lui adresser un violent coup de matraque et de le faire tomber. Voyant que le blond tentait de se relever, il lui envoya un coup de pied dans le ventre pour le remettre à terre et lui passa un tabac, vite aidé par un deuxième garde tandis que le dernier pointait son fusil en direction des filles pour les empêcher d'intervenir. C'était là qu'on pouvait voir à quel point les gardiens de cette prison étaient courageux !
« Arrêtez ! s'exclama Linoa, outrée.
- Oh, j'avais presque oublié, fit la brute en saisissant la touffe de cheveux de Zell afin de lui relever la tête. Hé poulette, c'est toi Linoa ?
- Laissez-le ! C'est moi.
- Très bien. Alors, viens voir un peu par là, lui fut-il ordonné.
- Qu'est-ce que tu veux à Linoa, espèce de… commença le tatoué en se relevant, ce qui lui valut un nouveau coup de pied.
- Ça suffit ! s'écria Quistis en avançant.
- Arrêtez ! Je vous suis, commanda la brune avec toute l'autorité qu'elle pouvait rassembler en suivant les gardes.
- Linoa… murmura la blonde.
- Tout ira bien, dit la résistante en tentant de lui sourire. On y va, fit-elle en se retournant vers les soldats. »
Et ce fut tout. La jeune fille sortit, escortée par les gardiens de la prison et la porte se referma derrière elle.
Squall reprit conscience, assis sur une chaise dans une petite salle glauque, les mains attachées derrière son dos. Il fronça les sourcils et tenta de bouger mais sans résultat. Il fixait le sol, encore trop sonné pour lever la tête, lorsqu'une paire de bottes noires apparurent dans son champ de vision. Puis il sentit une main l'attraper par les cheveux et sa tête fut relevée de force. Son regard croisa celui de Drace qui jubilait ostensiblement d'un air mauvais. L'argenté avait un petit compte à régler et il avait la ferme intention de saisir l'occasion que lui offrait la sorcière pour le faire.
« Je pense que tu sais ce qui t'attend, Squall. Et permets-moi de te dire que tu n'as réellement pas de chance. Puisque ta charmante coéquipière a refusé de me rejoindre et de me donner les renseignements que je désirais, je suppose que c'est à toi que je vais devoir m'adresser. Je suis sûr que tu seras ravi de répondre aux quelques questions que je suis obligé de te poser, à mon grand regret.
- Seifer, te rejoindre ? releva le brun, ironique. Si tu y croyais vraiment, c'est que tu es encore plus fou que ce que je pensais. »
Drace fronça les sourcils avant d'envoyer sèchement une droite en plein visage de Squall qui n'eut pas le temps d'esquiver ou de bouger pour diminuer la force du coup. Le plus petit sentit son arcade sourcilière gauche éclater sous le choc et le sang couler le long de son visage en l'aveuglant à moitié. Des tâches noires assombrirent sa vision un bref instant avant qu'elle ne redevienne nette. Il redressa la tête en serrant les dents de colère. Devant lui, l'argenté eut un petit sourire ravi. Il rêvait de ce moment depuis tellement de temps que c'en était presque jouissif. Squall l'insupportait depuis si longtemps… Le brun allait payer.
« Je ne t'ai pas encore autorisé à parler, il me semble. Ta mère ne t'a-t-elle donc pas appris qu'il était excessivement mal élevé de couper la parole à quelqu'un ? se moqua-t-il, sachant très bien que son prisonnier était orphelin. Je pense que je vais devoir refaire ton éducation, heureusement que la tienne n'est pas aussi mauvaise que celle de Seifer, qui est sur ce plan totalement irrécupérable. Je propose qu'à chaque fois que tu me parles sans y être autorisé, tu reçoives un coup. Le marché est honnête, n'est-ce pas ? Je dois d'ailleurs dire que je suis déçu que ma conversation avec Seifer ait coupé court aussi vite. Je pensais pourtant avoir de bons arguments mais elle n'était malheureusement pas intéressée.
- Qu'est-ce que tu lui as fait ? » gronda Squall, inquiet à l'idée de ce que ce malade complètement psychopathe avait bien pu faire à la blonde. Il la haïssait encore plus que lui-même, c'était dire si la jeune fille était en danger. L'argenté eut un petit rictus agacé et frappa violemment le brun au ventre, le faisant se plier en deux de douleur. Il attrapa une poignée de cheveux bruns et força leur propriétaire à se relever. Il croisa les yeux furieux et brûlants de haine du gunbladiste avant de lui chuchoter sadiquement à l'oreille.
« Tu voudrais bien le savoir, n'est-ce pas ? Mais je ne crois pas que je te le dirai, tu n'as pas été assez sage pour toi. Pas de traitement de faveur pour les méchants garçons. Cependant, je veux bien te donner un petit indice, en souvenir de toutes ces années passées ensemble à la BGU : quand je l'ai quittée, la pauvre enfant pleurait. Alors, à ton avis, qu'a-t-il bien pu se passer ?
- Espèce de salaud ! » cracha le brun qui sentit un froid glacial envahir son être. Si ce salaud avait blessé Seifer, s'il n'avait même osé que la toucher, il le tuerait de ses propres mains.
La colère enflamma le regard de Drace. Comment ce misérable pourceau, ce petit bâtard qui ne connaissait même pas le nom de ses parents osait-il l'appeler ? Squall avait-il ne serait-ce que la moindre idée de la situation dans laquelle il se trouvait ? Ne se rendait-il pas compte qu'il était entièrement en son pouvoir et que l'argenté avait sa vie entre ses mains et qu'il ne lui suffirait que d'un mot, un seul pour le tuer ? Le sbire de la sorcière sentit la rage l'envahir et il se déchaîna sur le brun attaché et sans défense sur sa chaise, faisant pleuvoir des coups de poing et de pied sur chaque parcelle du corps supplicié qui ne laissait pourtant aucun gémissement ni aucune supplication trahir sa douleur. Sa haine qu'il pensait tuer à chaque douleur qu'il infligeait à son captif ne renaissait que plus forte après chaque coup et le submergeait. Pendant ce temps, Squall serrait les dents pour s'empêcher de crier et attendait en silence la fin de son passage à tabac. Puis soudain, aussi brusquement qu'il avait commencé, son supplice prit fin. Le brun releva la tête du mieux qu'il put pour dévisager Drace, tordant son cou par-dessus son épaule. L'argenté fit signe à deux gardes de redresser la chaise sur laquelle était attachée son prisonnier et qui était tombée à terre lors du tabassage. Silencieusement, les soldats s'exécutèrent. Le chevalier contempla quelques instants le gunbladiste avant de lui annoncer que sa véritable torture ne commençait que maintenant. Les mêmes soldats détachèrent Squall et le hissèrent sur une croix accrochée au mur tandis que le brun sentait une sueur froide lui couler le long du dos. Il ferma les yeux. Quelque soit la douleur, il ne donnerait jamais à Drace ce qu'il voulait. Jamais. Des liens métalliques lui furent accrochés aux poignets, aux jambes et à la taille. L'argenté se planta devant lui et le regarda se débattre d'un air narquois. Le véritable interrogatoire allait enfin pouvoir avoir lieu.
« Bien, nous pouvons commencer. Squall, quel est le but de ta mission ? Qui sont réellement les Seeds, les ennemis d'Édéa ? Qui, après vous, devait venir pour contrôler la place ? Et pourquoi vouliez vous tuer la prêtresse ?
- Tu as été un Seed, toi aussi, avant de te faire radier. Tu sais ce que nous sommes, fit remarquer le gunbladiste en se remémorant ce qu'il savait de l'organisation paramilitaire à laquelle il appartenait. Le Seed... Un nom de code pour désigner l'élite des troupes de Balamb... Des mercenaires idéalistes.
- Je ne te parle pas de ça ! le coupa l'argenté d'un ton cassant. Pourquoi avez-vous voulu assassiner la Prêtresse ? Quel est votre but.
- Je n'en sais pas plus. Et même si c'était le cas, je ne te dirais rien.
- Aucune importance, susurra Drace d'un ton mauvais. Si tu ne parles pas, d'autres le feront... Je te conseille de parler maintenant, si tu veux éviter que tes amis, si bien sûr ce terme signifie quelque chose pour toi ce dont je doute fort, souffrent de ton silence.
- Les autres sont tous là ?
- Et que ferais-tu, si c'était le cas ? Parleras-tu ?
- Non !
- Je savais que tu ne céderais pas aussi facilement.
- J'en suis flatté, ironisa Squall.
- En prévision, je t'ai aménagé une petite surprise. Et comme tu es mon préféré, je te fais passer en premier. Fais-moi plaisir et ne parle pas trop rapidement, tu gâcherais tout, » annonça le chevalier de la sorcière d'un ton purement sadique.
Le jeune homme tendit le bras en direction du soldat qui restait en retrait et claqua sèchement des doigts. Obéissant au signal qui avait été préalablement convenu, le gardien abaissa une manette près du levier de commande qui commandait déjà les liens métalliques qui maintenaient Squall au mur. Ce dernier se tendit en attendant le choc, qui arriva deux longues secondes plus tard. Le courant électrique parcourut le corps crucifié, le faisant se tordre de douleur. Le brun se mordit au sang les lèvres pour se retenir de hurler puis l'horrible sensation cessa, laissant le jeune seed pantelant. Combien de temps s'était-il écoulé ? Il n'aurait pas su le dire. L'épéiste argenté l'enjoignit une seconde fois à parler, menaçant de s'en prendre aux autres. Et brusquement, sans réellement savoir pourquoi, Squall se mit à rire. Ce rire incongru fit frissonner le soldat galdabien près des manettes et rendit Drace encore plus furieux. Cet imbécile osait se moquer de lui ? Il allait payer. Il ordonna une nouvelle fois à l'homme à côté de lui d'envoyer une décharge électrique dans le corps de son prisonnier. Autant que le garçon put en juger, elle dura plus longtemps et fut plus douloureuse que la précédente. Puis le brun perdit conscience.
De son côté, Selphie tentait de soigner Zell. Le blondinet souffrait de multiples contusions et d'hématomes dus aux coups des gardiens mais il n'avait, par chance, aucune côte cassée ou fêlée. Une lueur blanche émana des mains de la brune et enveloppa délicatement le corps meurtri mais cela n'eut malheureusement aucun effet. Le sort de soin ne marchait pas. Selphie baissa les mains de découragement, c'était pourtant la deuxième fois qu'elle essayait.
« Ça ne marche pas, remarqua Quistis qui, décidément, avait un don pour enfoncer les portes ouvertes. On dirait qu'il y a un écran occulte par ici. »
Les trois jeunes gens replongèrent dans leurs réflexions pour en être sortis quelques minutes plus tard par l'arrivée d'une étrange créature, semblable à un petit lion juché sur ses pattes arrières, à la fourrure rousse orangée et à la crinière d'un rouge flamboyant. Il tenait dans ses paluches avant un plateau-repas qu'il fit tomber lorsqu'il trébucha et tomba à terre. Elle s'assit sur son séant et regarda les trois prisonniers d'un air un peu timide et méfiant. Ils purent tous les quatre entendre de l'extérieur quelqu'un se demander quel était le bruit métallique qu'avait fait le plateau en tombant et qui avait résonné jusque dans le couloir. Un garde entra brusquement dans la cellule et s'arrêta mécontent devant la bestiole inconnue des jeunes gens mais pas de lui apparemment puisqu'il s'exclama d'un ton furieux :
« Encore vous ? »
Et il commença à frapper violemment la créature. Ce fut à ce moment que Zell reconnut la grosse brute qui l'avait déjà passé à tabac tantôt. Le jeune homme blond se leva et attrapa le gardien par le poignet pour l'empêcher d'abattre une nouvelle fois sa matraque sur le félin à terre. L'homme se mit à gronder mais recula finalement bien vite en voyant les deux filles se lever, prêtes à défendre leur ami. Il sortit de la cellule sans demander son reste, lançant toutefois une dernière menace. Dès que le soldat fut sorti, Selphie se pencha vers la créature qui prit peur et recula précipitamment. La brune lui sourit gentiment avant de lui demander comment elle allait et bien que ce ne fut pas très efficace, elle lança quand même un sort de soin sur la bestiole orange pour guérir les blessures qu'avait pu lui infliger le garde. Surpris, l'animal regarda ses mains en les agitant devant ses yeux, puis examina le reste de son corps et finit par tâter précautionneusement sa tête avec ses papattes avant. Il finit par s'étirer et, apparemment rassuré, il sauta sur ses pieds. Joyeusement, il s'inclina devant la jeune fille pour la remercier.
Pendant ce temps, Drace continuait d'interroger Squall qui refusait toujours de parler. Une fois encore, une nouvelle décharge électrique parcourut le corps du jeune homme attaché au mur, l'envoyant à chaque fois un peu plus loin dans le monde de la souffrance. Le gunbladiste avait, à chaque fois que le courant parcourait son corps crucifié, l'impression de se faire foudroyer, ce qui n'était malheureusement pas très loin de la vérité. La douleur était insupportable mais, il ne sut jamais trop comment, Squall trouva en lui la force de rester muet. Il ne sentait plus son corps ou plutôt, pour être plus précis, il le sentait trop bien. Il lui semblait qu'il n'était plus qu'une gigantesque plaie ouverte, qu'il n'avait plus un seul millimètre de peau intacte. Chaque fibre, chaque cellule de son corps le tiraillait et le torturait comme s'il avait été jeté au cœur d'un bucher et qu'il brûlait vif. L'arrivée d'un soldat lui accorda une brève accalmie. Drace se tourna vers l'homme qui osait le déranger d'un air impatient et frustré. Le militaire le salua rapidement avant d'exposer la raison qui le poussait à venir.
« Seigneur Drace, les missiles pour la BGU sont parés au lancement.
- Excellent, » sourit le jeune homme avant de congédier l'homme et de se tourner vers Squall.
Le brun avait fortement pâli en entendant l'annonce et le sbire de la sorcière sourit cruellement en voyant le désarroi que son prisonnier laissait transpirer. Squall se sentait glacé des pieds à la tête. Non, ce malade n'allait quand même pas détruire l'université de Balamb ? Ce n'était pas possible ! Mais l'argenté eut à ce moment un rictus démoniaque qui enleva tout espoir au gunbladiste. Il haïssait tellement la BGU et tout ce qu'elle pouvait bien représenter. Il était heureux de savoir qu'il pouvait enfin prendre sa revanche sur Squall, sur Seifer et sur l'université tout entière. Il s'imaginait déjà avec délice parcourir les ruines fumantes de l'endroit où il avait malgré tout appris à se battre. Voir ses murs en cendre et les lauriers de Cid en poudre ! Voir le dernier Seed à son dernier soupir, lui seul en être cause et mourir de plaisir ! Il ricana méchamment. Étrange comme certaines poésies apprises en enfance pouvaient revenir dans les moments les plus incongrus. Surtout que pour ce coup, cet extrait était parfaitement adapté à la situation… Même s'il ne comptait pas mourir de plaisir en voyant la destruction de la BGU, il était sûr qu'il en tirerait l'extase la plus totale. Il était certaines personnes nées pour la destruction et qui prenaient plaisir à voir la désolation s'étendre et il en faisait partie, pour sa plus grande joie. Ce qu'il ne pouvait obtenir, il le détruisait. Il commencerait par la fac de Balamb… Puis il s'occuperait de sa chère Seifer. Il dévisagea une dernière fois le corps supplicié de Squall et ricana sadiquement en voyant sa douleur et sa détresse. Puis il quitta la salle en annonçant au jeune homme crucifié qu'il le laissait entre de bonnes mains tandis que lui s'occupait de régler les derniers détails. Ô, et qu'il ne s'inquiète pas, il s'occuperait de son sort et de celui de ses amis à son retour, mais là, il avait d'autres chats à fouetter. Le gardien s'approcha du brun dès que son chef fut sorti et Squall put constater qu'il était encore plus enragé que Drace au sujet du secret des Seeds. Édéa semblait sûre qu'il savait quelque chose de primordial et qu'elle ignorait, quelque chose qu'apparemment ils ignoraient tous les deux vu que le jeune homme ne comprenait pas de quoi on lui parlait. Rendu furieux par l'idée que le mercenaire le prenait pour un idiot, le galbadien se précipita sur le panneau de commande et abaissa une nouvelle fois la manette. La douleur submergea Squall. Pour lui, chaque seconde durait une heure, chaque minute devenait une éternité. Il était perdu dans un immense océan de souffrance où il tentait de ne pas perdre pied mais chaque fois qu'il parvenait à sortir la tête de l'eau, une nouvelle vague de douleur l'enfonçait encore plus loin dans les profondeurs abyssales du désespoir. À la fin, il finit par murmurer une sorte de demi-délire sans réel sens, où il expliquait que Seed voulait dire « graine » dans une langue ancienne et que la vraie mission du Seed était d'ensemencer la terre entière, de la couvrir de fleurs, pour qu'en voyant ces fleurs, les hommes n'aient plus envie de se battre. Il ne savait pas d'où lui venait ses mots, il n'y avait jamais pensé auparavant mais au moment même où il les prononçait, où ils arrivaient pour la première fois dans son esprit, il sut que c'était la vérité, du moins que c'était celle pour laquelle il avait envie de se battre. Le gardien explosa de colère en pensant que le jeune homme se moquait de lui puis renifla dédaigneusement à l'idée que les Seeds furent des chevaliers de l'amour et de la paix sur Done. C'était juste tout simplement trop ridicule. Le garde retourna vers la manette et l'abaissa encore une fois. La décharge électrique, plus puissante que les précédentes, autorisa enfin Squall à s'évanouir. Dès que son prisonnier tomba inconscient, le galbadien quitta la pièce sans prendre la peine de détacher le jeune homme, le laissant toujours crucifié au mur.
De leur côté, les trois autres jeunes Seeds discutaient avec plus ou moins de discrétion de leur projets d'évasion. Mais aucun plan valide ne leur venait en tête et les jeunes gens commençaient à se décourager et à se renfermer sur eux-même.
« On doit réagir ! explosa soudainement Selphie. On ne peut pas rester là ! On va se faire torturer !
- On ne va pas rester là sans rien faire, renchérit Quistis. Nous devons nous échapper.
- Quelqu'un a une idée ? demanda Zell.
- On pourrait dépouiller ce petit gars et s'habiller avec ses fringues, proposa la brune en se penchant vers la créature orange qui prit peur et s'éloigna de quelques mètres. Je plaisante, c'était pour rire, » rajouta l'humaine en se frottant la tête d'un air gêné.
- T'as un drôle d'humour, songea le tatoué.
- On ne peut même pas compter sur la magie ici, rappela la plus âgée. Il va falloir se servir de nos armes. Il faut trouver un moyen pour les récupérer… »
Zell se mit à réfléchir sérieusement, pour une fois. Lui n'avait pour arme que ses valeureux poings. Il pouvait très bien se débrouiller tout seul. Il se leva d'un coup et annonça sa décision aux autres en reprenant son ancienne et agaçante habitude de boxer dans le vide. Selphie s'enthousiasma en pensant qu'il connaissait déjà le chemin puisque Ward travaillait ici dans le « monde parallèle ». Le blond n'osa pas lui dire que l'homme ne faisait que lessiver le sol, de peur de la décevoir. Sur son ordre, les deux jeunes filles s'allongèrent pour simuler un évanouissement et Zell se mit à tambouriner à la porte et à appeler à l'aide les gardes dehors. Heureusement, le boxeur était un bon acteur et cela était peut-être dû aux cours de « théâtre » que les cadets suivaient à la BGU afin de pouvoir tromper n'importe qui dans toutes les situations qui pouvaient arriver. Les soldats s'y firent prendre, bien que l'explication de Zell comme quoi les filles venaient de se faire mordre pas un serpent n'étaient pas très plausible. Enfin, si ces galbadiens se trouvaient là, c'était qu'ils ne devaient certainement pas briller par leur intelligence qui par ailleurs était très souvent absente. La grosse brute qui montait la garde et qui était aussi celle qui avait passé à tabac Zell entra sans se méfier dans la cabine. Le blond profita du moment où l'homme s'accroupissait pour vérifier l'état des deux filles pour lui envoyer un violent crochet au ventre, en plein foie, l'envoyant ainsi faire coucou aux étoiles dans le doux pays de l'inconscience. Le soldat s'effondra à terre sans un mot, formant un tas de muscles flasques parfaitement repoussant. Quistis et Selphie se redressèrent tandis que la bestiole rousse sautillait autour du tatoué.
« Quoi, tu veux venir avec moi ? l'interrogea le boxeur en mettant les poings sur les hanches avant de soupirer en voyant la créature hocher la tête positivement. Bah, pourquoi pas… Mais tu te débrouilles, hein ? »
Avec un dernier geste de la main en direction des deux filles, Zell sortit de la cellule en courant, immédiatement suivi par la bébête bizarre. Il se rendit compte que la prison était une gigantesque tour, dont le centre était creux et bordé par un long couloir circulaire qui permettait d'accéder aux cellules ou de changer d'étage. Ne voyant rien qui puisse le renseigner sur l'actuel emplacement de ce qu'il cherchait, le jeune homme, guidé par la créature qui l'accompagnait, monta d'un étage pour tomber, en haut de l'escalier, sur deux soldats qui trifouillaient les armes de ses camarades. Ils avaient chacun dans leur main une gunblade et les examinaient d'un air curieux. L'un fit tournoyer dans les airs la pistolame de Squall, testant son tranchant avant de s'exclamer que les armes des Seeds étaient vraiment très intéressantes. L'autre cognait Hypérion contre le garde-fou en métal qui longeait le vide, écoutant le bruit qui en résultait. Il paraissait dubitatif sur la maniabilité et l'utilité d'une gunblade. Il lâcha la longue lame noire, qui heurta le sol avec fracas tandis que l'autre déposait l'épée du brun sans beaucoup plus d'égards. Zell vit rouge à ce moment-là. Il savait à quel point les deux jeunes gens tenaient à leurs armes, surtout Seifer pour qui Hypérion était tout aussi importante que sa propre vie, et que des soldats osent les traiter avec autant de désinvolture, sans se soucier de l'entraînement draconien auquel s'étaient soumis les épéistes pour arriver à les manier, le mettait en rage. Le premier soldat continua à énumérer l'arsenal qu'ils avaient confisqué aux Seeds. Nunchaku, fouet, une paire de dagues… Tout cela faisait beaucoup. Zell leur signala brusquement sa présence dans leurs dos, les faisant ainsi sursauter.
« Tu… Tu t'es évadé ? bégaya un des types.
- Je viens récupérer nos affaires, » plaisanta froidement Zell en se mettant en position de combat.
Ce qui était bien, avec ces imbéciles de soldats galdabiens, c 'était qu'on n'avait même pas besoin de les attaquer en premier. Il suffisait d'attendre une pitoyable petite poignée de seconde et ils se jetaient sur vous. Ces deux-là ne dérogèrent heureusement pas à la règle et Zell fit un petit pas en arrière pour éviter l'assaut du premier et n'eut qu'à tendre le bras pour l'assommer d'un coup du tranchant de la main sur la nuque. Le deuxième esquiva le coup du blond et tenta de le frapper avec son épée mais comme ses connaissances dans le maniement de l'arme consistait à hacher l'air en faisant de grands coups totalement inutiles, Zell n'eut aucun mal à esquiver toutes ses attaques. La créature rousse profita de l'inattention du soldat à son égard pour se précipiter dans ses jambes et le déséquilibrer. L'homme tomba à terre et le blond profita de l'occasion pour l'achever.
Quelques minutes plus tard, Quistis et Selphie eurent l'agréable surprise de voir débarquer Zell qui avait récupéré leurs affaires.
« Désolé de vous avoir fait attendre ! claironna-t-il en tendant les armes à leurs propriétaires légitimes qui les accueillirent avec joie. Bon on va aller les chatouiller un peu ! ajouta-t-il en boxant dans le vide
- Parfait ! approuva Quistis en faisant claquer son fouet.
- Impec' ! Qu'est-ce qu'on attend ? s'impatienta Selphie en maniant son nunchaku.
- Victoru ! » s'exclama la petite bête rousse en sautillant à côté d'eux.
Leur attente pour la vengeance fut de courte durée car ils se dirigeaient à peine vers la sortie que des voix de soldats résonnaient dehors en se rapprochant. L'une d'entre elles demandait si c'était bien ici la cellule des prisonniers récalcitrants, ce à quoi la voix de la brute répondit par l'affirmatif. Une troisième voix, plus jeune, hésitait. Était-il bien nécessaire de martyriser des prisonniers à peine arrivés, ce à quoi il lui fut poliment répliqué de se la fermer. Le garde fit entrer dans la cellule deux soldats d'infanterie qu'il appela « M. Biggs » et « M. Wedge ». Zell et Selphie tiquèrent en entendant ses noms. Encore eux ? D'ailleurs, les soldats les reconnurent aussi.
« Alors, comme on se retrouve ! ricana Biggs d'un ton mauvais. On va vous achever, cette fois ! Ça peut paraître lâche de frapper des prisonniers désarmés… Mais mettez-vous à notre place. La chance a tourné et nous…
- Euh, ils sont plutôt bien armés, constata Wedge tandis que les Seeds sortaient leurs armes qu'ils avaient préalablement cachés et tandis que le gardien s'enfuyait en courant de la cellule.
- QUOI ! hurla alors son supérieur. Mais… Je… Comment ? Nom de nom ! Allez, Wedge ! » s'exclama-t-il en attaquant le petit groupe.
Il fallait bien leur rendre cet honneur : ces deux soldats étaient bien plus forts que les autres galbadiens que Zell avait dû affronter. Mais ils étaient trois Seeds bien déterminés à mettre la pâtée à ceux responsables de leur emprisonnement. Et ils en avaient strictement rien à faire de savoir que les deux soldats avaient été dégradés après qu'ils les aient battus à la tour hertzienne de Dollet. Les jeunes gens appliquèrent la stratégie qu'ils avaient préalablement mise au point. Pendant que Quistis empêchait les soldats, surtout Wedge qui maniait une épée, d'approcher, Selphie lançait et volait des sorts et Zell se concentrait en arrière pour invoquer Ifrit. Soudain, Biggs lança une rafale de balles sur Quistis. La plus âgée se jeta à terre pour les éviter mais malheureusement, quelques unes d'entre elles s'enfoncèrent dans son bras. Elle jura en lâchant son fouet. Dans son état, elle ne pourrait pas faire grand-chose. Biggs ricana et la visa à nouveau lorsque Ifrit apparut au cœur d'une tornade de flamme et brûla tout sur son passage. Wedge tomba à terre, gravement touché, pour ne plus se relever. Son supérieur tenait encore debout mais haletait fortement. Il tenta un dernier assaut sur Quistis, toujours blessée, mais un sortilège de foudre, lancé par Selphie, le coupa dans son élan et il s'effondra pathétiquement au sol. Sans se soucier des deux soldats, Zell et la brune s'accroupirent près de la blonde, qui était déjà en train de soigner son bras. Par chance, les balles n'avaient fait que le traverser pour ressortir de l'autre côté, ce qui ne posa pas le problème de savoir comment les enlever. La blessure était nette et il suffit du plus puissant sort de soin que le groupe possédait pour la refermer sans qu'il ne restât de cicatrice. Juste avant qu'ils ne sortent enfin de leur cellule, ils entendirent Biggs ricaner qu'ils ne pourraient jamais sortir de cette prison. Puis le soldat s'évanouit et les jeunes gens partirent dans les étages supérieurs afin de retrouver les membres disparus de leur groupe, Squall et Seifer. Soudain, les haut-parleurs crachotèrent la nouvelle de leur évasion et que l'écran cabalistique venait d'être désactiver. Les jeunes gens repartirent au pas de course avant de tomber sur un groupe de soldats qui leur barrèrent la route. Les seeds défirent sans problème leurs adversaires et s'apprêtaient à continuer leur chemin lorsque Quistis s'arrêta soudain et commença à enlever son uniforme à un soldat, provoquant la stupéfaction des autres.
« Mais qu'est-ce que tu fous ? demanda Zell.
- Enfile ça, lui répondit la blonde en lui jetant à la figure les habits qu'elle venait de récupérer. On va s'habiller comme les soldats. On sera plus tranquille pour progresser comme ça, les galbadiens ne nous arrêteront pas.
- Pas bête ! s'exclama Selphie en mettant elle aussi un uniforme par dessus ses vêtements.
- Tout le monde est prêt ? s'enquit la plus âgée. Alors on y va ! »
Toujours guidé par la créature rousse, le petit groupe grimpa plusieurs étages et arrivaient vers le sommet pour se retrouver devant une porte verrouillée. Avec un petit couinement, la bestiole qui les accompagnait trifouilla un panneau de contrôle et la porte métallique coulissa sur elle-même pour leur laisser le passage. Décidément, la peluche faisait un animal de compagnie bien utile !
Squall se sentit tiré de son inconscience par des voix qui l'appelaient, lui demandaient de se réveiller… Et qui ressemblaient étrangement à celles de Quistis, Zell et Selphie. Il fit un terrible effort pour ouvrir les yeux. Tout son corps le tirait terriblement, son ventre et sa tête le faisaient à cause des coups de Drace, coups dont il devait garder un certain nombre de bleus et ses muscles étaient tétanisés, crispés douloureusement par les décharges électriques qui avaient été envoyées à travers son être. Au début, il ne voyait qu'une brume grise qui finit par se disperser pour laisser la place aux visages de ses coéquipiers qui avaient l'air franchement inquiets. Il se releva péniblement et s'adossa au mur derrière lui, celui-là même où il avait été crucifié avant d'être torturé. Il se sentait épuisé. S'il n'y avait pas eu le mur derrière lui pour le retenir, il se serait effondré par terre. Zell lui demanda s'il allait bien. Il y eut un long silence avant que le brun ne rassemblât assez de force pour lui dire qu'il venait de sortir de l'enfer. Selphie se porta à ses côtés et lui envoya un sort de soin. Squall soupira intérieurement de contentement. Le sortilège guérissait ses bleus, détendait ses muscles froissés et lui apportait un regain d'énergie non-négligeable. En faisant prudemment jouer ses épaules, l'épéiste se dégagea du mur auquel il s'était accoudé et le tatoué lui tendit sa gunblade. Le brunet aux yeux gris orage examina soigneusement son arme avant de la glisser dans son fourreau, rassuré qu'elle n'ait rien. Puis, il sembla s'apercevoir de quelque chose qu'il n'avait pas encore remarqué et il regarda autour de lui.
« Où sont les autres ? demanda-t-il de sa voix grave.
- On sait pas, répondit tristement Selphie. On a pas vu Irvine ou Seifer, des soldats ont emmené Linoa. On pensait que Seifer était avec toi, on a son arme.
- Je ne sais pas où elle est, répliqua le brun.
- Ah, bordel, faut maintenant qu'on la trouve et on a aucune idée de là où elle pourrait être.
- On ne peut pourtant pas partir sans elle, fit remarquer Quistis. Mais si on ne sait pas où la chercher, on ne la retrouvera jamais.
- Et attendez, j'ai peut-être une idée ! s'exclama avec espoir la petite brunette avant de s'accroupir près de l'étrange créature rousse qui les attendait toujours et qui avait appelé Squall « Laguna ». On cherche une amie à nous. Elle est blonde avec les cheveux coupés aux épaules, elle a les yeux verts et elle porte un manteau gris. Elle a un sale caractère. Est-ce que tu sais où elle est ? »
Le petit félin pencha quelques instants la tête sur le côté, tandis qu'en fond sonore, on pouvait entendre Zell dire que c'était une idée stupide et que cette bestiole ne comprendrait jamais ce que Selphie pouvait bien lui demander. Mais la créature hocha positivement la tête en couinant avant de partir dans les couloirs.
« On la suit ? demanda Selphie en se tournant vers Squall, qui avait repris sa place de chef.
- On n'a pas d'autre choix. Espérons qu'elle sache où aller, » répondit ce dernier en emboitant le pas à l'animal, après avoir mis l'uniforme de soldat que Quistis avait récupéré pour lui.
Les quatre jeunes gens suivirent la créature vers les étages inférieurs. Après avoir descendu deux escaliers, elle se stoppa vers une porte et gratta doucement la paroi métallique avant de se tourner vers les humains qui l'accompagnaient et de leur faire un signe de tête.
« Tu crois qu'elle est là-dedans ? demanda Zell à Squall.
- Pour savoir il faut vérifier, répondit celui-ci en déverrouillant la porte de la cellule avec la clé accrochée juste à côté. Encore une de ses créatures ? » s'exclama-t-il, surpris en voyant un autre félin roux assis près de la jeune fille.
De son côté, Seifer leva brusquement la tête lorsque sa porte coulissa sur ses gonds en grinçant. Dans l'encadrement se tenaient plusieurs soldats galbadiens qui contemplaient le tableau plus qu'improbable d'une peluche vivante en train de parler avec elle. Elle tendit le bras et repoussa l'animal en arrière tout en toisant les nouveaux arrivants.
« Ils recrutent des nains maintenant pour être soldat ? ironisa-t-elle en désignant d'un geste dédaigneux les deux gardes qui venaient d'entrer.
- Hein ? Ah oui, le casque ! fit une voix bien connue tandis que son possesseur enlevait son heaume, révélant une balafre qu'elle connaissait bien pour en être la responsable.
- Squall ! Zell ! s'écria-t-elle en se levant d'un coup. Vous êtes tous là ?
- Ouais, ouais, dit Zell en secouant la main d'un air désinvolte. T'es sûre que ça va ? T'as les yeux rouges.
- Je vais très bien, merci, répondit-elle d'un ton cassant en sortant de sa cellule.
- Que t'a fait Drace ? demanda Squall d'un air grave et concerné en l'attrapant par le bras pour la retenir.
- Il ne m'a pas touché, ok ? fit-elle en se dégageant d'un geste brusque. C'est bon, je suis pas en sucre. On fait quoi maintenant ?
- Tu n'es pas déjà venu ici quand tu étais Laguna ? interrogea Zell en se tournant vers le brun.
- Je ne sais plus… Non, je ne crois pas.
- Et c'est quoi le rapport avec notre situation actuelle ? ironisa Seifer.
- Zell connaît la configuration des lieux grâce à Ward dans le « monde parallèle », l'informa Quistis en lui jetant un regard désapprobateur que la plus jeune ignora royalement. Mais on dirait que Squall ne connaît pas non plus le moyen de s'évader.
- Génial…
- Bon on n'a fait que monter jusqu'à présent. Si on faisait l'inverse ?
- On ne va pas faire tous les étages ! s'exclama l'ancienne professeur. L'alarme est déclenchée, il y a des gardes et des monstres partout ! Et ils ont sûrement déjà percé notre déguisement à jour !
- Au fait, comment ils ont fait pour t'amener jusqu'ici, Squall ? » demanda le tatoué. Pour toute réponse, l'interpellé tendit le bras pour désigner un énorme engin mécanique derrière le groupe. Zell sursauta. « Hé ! C'est quoi ça ?
- Une sorte de grue qui déplace les cages automatiquement, expliqua le balafré.
- Alors ce puits descend jusqu'en bas , interrogea Selphie en regardant par dessus la rambarde pour mesurer le vide. Si on saute là-dedans, on se retrouve dehors ?
- Saute si tu veux, t'as surtout plus de chances de mourir qu'autre chose. Sauf si tu sais sauter de plusieurs dizaines de mètres sans t'écraser en bas, lui répondit sèchement Seifer agacée par la question stupide.
- Ça y est ! Je me souviens maintenant ! s'exclama le zébullon du groupe. Ce truc est contrôlé par un double système de commande. Un tableau de bord là-haut et un clavier dans la grue. Je me rappelle que Ward avait l'habitude de faire ça. Mais il faut activer les deux en même temps. Quelqu'un doit activer le contrôle de commande, en haut. »
À ces mots, Seifer sifflota négligemment en faisant semblant d'examiner ses ongles, exploit s'il en était puisqu'elle portait d'épais gants de cuir, tandis que Quistis et Selphie s'approchèrent du jeune homme, l'encadrèrent et lui posèrent toutes deux une main sur l'épaule. Zell pâlit.
« Moi ! s'écria-t-il alors que la plus âgée du groupe hochait la tête. Bon d'accord. J'enverrai un signal là-haut. Entrez-tous dedans. »
Le garçon blond disparut et le groupe entra dans la cabine de contrôle de la grue. Le tableau de bord était un capharnaüm infernal de fils, de boîtiers de commande, de manettes, de leviers auquel les jeunes gens n'y comprenaient rien, ce qui n'empêcha pas Selphie de s'extasier et de sautiller partout, comme à son habitude. Elle, Quistis et Squall se rassemblèrent près du point de contrôle pour discuter tandis que, fait sortant de l'ordinaire, Seifer s'assit dans le coin opposé de la cabine et resta silencieuse, sans se moquer des autres, même s'ils se mettaient à proférer ce qu'elle classait dans la rubrique « paroles stupides ».
« C'est d'ici qu'on active la grue, indiqua Quistis à ses deux compagnons en désignant le fouillis technologique et métallique.
- Eh, vous m'entendez ? résonna brusquement la voix de Zell à travers un interphone.
- Ouais, Zell, cinq sur cinq ! gloussa Selphie en sautant sur place, ignorant toutes les règles basiques de sécurité du genre : ne pas s'amuser à sauter dans une cabine suspendue dans les airs.
- Alors, qu'est-ce qu'on fait ? demanda Squall à l'absent.
- Appuies sur le bouton rouge du clavier central, l'informa le blond ce que fit l'épéiste. C'est bon, je m'occupe du reste… Voilà ! »
La cabine commença par descendre par à-coups, sortant Seifer de sa transe. La jeune fille se releva pour rejoindre les trois autres, les faisant sursauter par la même occasion. Elle avait été tellement silencieuse qu'ils en avaient presque oublié sa présence ! Il fallait dire qu'il était presque impossible de placer un mot quand elle était dans les parages sans qu'elle vous coupe ou qu'elle se moque de vous. Quistis trouva son attitude plutôt étrange mais elle ne s'appesantit pas là-dessus, préférant se concentrer sur le problème plus immédiat de leur évasion. Les jeunes gens arrivèrent en bas sans le moindre problème et progressaient sans rencontrer aucun soldat lorsqu'ils se firent brusquement bloquer par une porte qui leur barrait la route.
« Bon et maintenant on fait quoi ? demanda Selphie.
- Eh bien, il y a une porte par là, » l'informa Squall qui avait lui aussi de toute évidence le don d'enfoncer les portes ouvertes. C'était une manie chez les membres de ce groupe ou quoi ? Ils pouvaient très bien voir tous seuls qu'il y avait une porte en face d'eux, pas la peine de la leur montrer, ils étaient pas tous demeurés à ce point !
« Et alors ? répliqua Quistis qui, pour une fois, avait un sens critique face à son élève favori.
- Allons jeter un coup d'œil, » ordonna le brun qui jeta un regard discret et prudent à sa camarade d'arme, surpris que la manieuse d'Hypérion n'ait pas encore fait un de ses commentaires narquois ou n'ait pas contesté un de ses ordres. La jeune fille se tenait un peu à l'écart du groupe en contemplant ses pieds et semblait pensive, voire même un peu perturbée. Se sentant, avec un petit temps de retard, observée, elle leva la tête pour décrocher un regard féroce à Squall qui détourna les yeux. Le jeune homme se rendit près d'un tableau de bord et commanda l'ouverture de la porte qui s'ouvrit en laissant s'échapper un flot de gravier.
« Du sable ? s'exclama le brun en regardant le minéral qui s'étendait à ses pieds.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? demanda Selphie, un peu déboussolée.
- Que nous sommes sous terre, l'informa Seifer qui observait l'issue après s'être agenouillée près de l'entrée obstruée. Plus clairement, nous devons trouver une autre sortie.
- Alors on est coincé, soupira Quistis d'un ton découragé. Le bruit sec de plusieurs détonations qui se suivaient firent relever la tête aux jeunes gens.
- Qu'est-ce que c'était ? s'alarma la petite brune.
- Des coups de feu ? supposa la plus âgée.
- Ça a l'air plutôt méchant, commenta l'unique garçon du groupe. Mais…
- ZELL ! s'inquiétèrent en cœur Quistis et Selphie.
- En arrière, vite ! » s'exclama la blonde en se tournant vers Squall qui hocha la tête.
Le groupe partit en courant vers les étages supérieurs, la plupart espérant ne pas arriver trop tard. De son côté, Zell s'était fait remarqué et devait maintenant courir pour essayer de distancer les soldats à ses trousses. Ils étaient trop nombreux, il n'arriverait jamais à tous les battre surtout qu'ils le voulaient mort ou vif. Il courait comme un dératé sans regarder ni devant ni derrière lui, trop occupé à se concentrer sur sa course. Son cœur battait à tout rompre, sa gorge le brûlait et tous ses muscles le tiraient. Heureusement, il parvint à semer les soldats. Il prit un virage à toute vitesse, glissa, tomba à terre, tenta de se relever… pour tomber nez à nez avec le canon d'un fusil que tenait un gardien. Il se crispa, attendant le tir qui ne vint jamais. Pour cause, car Squall était arrivé à temps et avait abattu en un éclair bleuté l'homme avant qu'il ne presse la gâchette de son arme. Super Leonheart venait de sauver la situation ! Zell poussa un cri de joie et se précipita sur le jeune homme, se mit à genoux devant lui et l'enlaça avec force et reconnaissance. Le brun, gêné, tenta de se dégager avec force car le punk à la coiffure défiant les lois de la gravité, se tenait accroché à lui comme une moule à son rocher, trop soulagé de sa soudaine venue. Il avait vraiment cru qu'il allait y passer. Mais heureusement, Squall était arrivé à temps pour lui sauver la vie ! Finalement, il consentit à relâcher son camarade et se releva tandis que les autres arrivaient à leur hauteur. Il jeta un coup d'œil prudent à Seifer, anticipant des moqueries qui ne devaient pas tarder à venir. Mais à sa grande surprise, rien n'arriva. En revanche, Quistis courut vers eux pour vérifier leur état.
« Heureusement, vous n'avez rien, soupira-t-elle une fois rassurée.
- Squall, pourquoi y vas-tu tout seul ? trépigna Selphie. Zell est si important pour toi ?
- Selphie… » grogna le blond. Maintenant Seifer n'allait pas le lâcher. C'était d'ailleurs bizarre qu'elle n'ait encore rien dit. Il la chercha du regard pour se rendre compte que la jeune femme se tenait un peu plus loin, les bras croisés et l'air buté. « Hé Seifer ! Tu ne fais aucun commentaire du genre « Je vous savais pas ses tendances, les gars ? »
- Pourquoi veux-tu que je fasse ça ? » demanda-t-elle lentement et avec un temps de retard en tournant la tête vers lui. Zell frissonna en voyant le regard étrange qu'elle avait, comme si elle ne regardait sans le voir réellement. D'ailleurs sa réponse parut inquiéter les autres et quatre paires d'yeux se posèrent sur elle.
« Seifer, tu es sûre que ça va ? s'informa Quistis d'un air concerné. Tu as l'air étrange.
- J'ai déjà dit que ça allait, répliqua d'un ton sec l'interpellée. C'est quoi le problème ? Vous m'emmerdez quand je fais des commentaires et maintenant vous me faites chier parce que j'en fais plus ? J'ai juste pas que ça à faire, j'aimerais bien d'abord sortir d'ici. »
Sa réponse dure et méprisante sembla rassurer les autres sur l'état de la jeune fille. Si elle se montrait désagréable, c'était que tout allait bien. Zell ouvrit la bouche pour dire quelque chose lorsqu'une rafale nourrie de balles obligea les jeunes gens à se cacher derrière la rambarde pour se protéger.
« On s'en sortira pas ! désespéra le blond.
- Dincht, la ferme ! »
Soudain, des cris de douleur se firent entendre du côté des soldats et la fusillade s'arrêta, au grand soulagement des seeds. Du haut de l'escalier, Irvine leur fit un signe de la main conquérant, avant que Linoa ne le pousse et ne le fasse tomber tout en bas des marches.
« Arrête de jouer les héros ! fit-elle en le contemplant de haut, au sens littéral comme au sens figuré. Bon sang, si tu m'avais écoutée, on n'en serait pas là maintenant ! » s'exclama-t-elle en mettant les mains sur les hanches avant de s'accroupir pour contempler le brun balafré qui arrivait d'un air rassuré. Elle en était sûre, qu'elle le retrouverait vivant. « Squall ! On va s'en sortir.
La jeune fille descendit rapidement les quelques dernières marches qui lui restaient à parcourir et s'arrêta devant l'épéiste en souriant. Quistis vint se porter à ses côtés.
« Ça a été, Linoa ?
- Bien sûr, répondit Irvine en se relevant derrière le petit groupe. Grâce à moi !
- Et ça veut dire quoi, ça ? demanda Zell, pas complètement dupe.
- Eh bien…
- Mon père a utilisé ses contacts dans l'armée pour me faire libérer, le coupa la brune. Mais seulement moi, regretta-t-elle.
- Et puis…
- Alors ce clown est arrivé, continua-t-elle en mettant une main sur son front et en levant les yeux au ciel, et m'a sauvée. Mais juste moi. Il savait que vous étiez tous prisonniers, pourtant !
- Ah c'est…
- C'est affreux n'est-ce pas ? demanda-t-elle en se penchant vers Squall, refusant toujours que le roux prenne la parole.
- Bon d'accord… Je suis désolé, s'excusa le tireur en levant les bras en un geste de reddition. C'est pourquoi je suis revenu, non ?
- Parce que j'ai failli t'écharper, oui ! s'exclama Linoa en se tournant vers lui, les poings sur les hanches.
- Heu… recula prudemment la cible de son courroux. En tout cas, là, on a une chance.
- Non, intervint enfin Squall. La porte du sous-sol est bloqué par le sable
- Bien sûr, acquiesça Irvine. Cet endroit est enseveli sous terre.
- Enterré ? s'étonna le brun.
- En effet… Cet endroit est…
- Les voilà ! Les évadés ! » crièrent un petit groupe de soldats qui approchaient par derrière. Les tirs reprirent et Squall et Linoa se baissèrent pour éviter les balles tandis qu'Irvine ripostait avec son propre pistolet pour maintenir les gardes à distance. Il cria au brun par-dessus son épaule de faire un groupe et de se dépêcher de partir. L'épéiste fit signe à Zell et à Seifer en plus de la jeune résistante de le suivre et il partit vers les étages supérieurs, suivi par les trois autres.
Le petit groupe se dépêchait dans les couloirs, se préoccupant uniquement d'éviter les patrouilles de soldats galbadiens qui cherchaient les évadés. Ils entendaient toujours en bas le bruit de la fusillade, ce qu'ils interprétèrent comme une bonne chose.
De son côté, Irvine rechargeait son arme en pestant. Nom d'Hyne, cela ne servait strictement à rien ! Il se releva et tira à nouveau sur ses opposants, qui étaient toujours aussi nombreux. Selphie et Quistis étaient quant à elles accroupies derrière la barrière pour se protéger des balles qui sifflaient à leurs oreilles.
« Qu'est-ce qu'on fait ? demanda la blonde en levant la tête en direction du sniper.
- Heu…
- J'ai une idée ! s'exclama la plus âgée après s'être accordé une courte réflexion. Et si on remontait avec la grue ?
- Bien sûr, bonne idée, approuva le roux.
- Mais ils doivent l'activer à partir du niveau supérieur, remarqua-t-elle après avoir pensé à cette difficulté.
- Je m'en occupe, proposa Irvine. Très bien ! il faut remonter au niveau où la grue s'est arrêtée.
Evitant les tirs des gardes, les jeunes gens se faufilèrent dans l'escalier qui les mena à l'étage inférieur, Selphie en tête du groupe. La brune soupira en pensant qu'ils devaient à nouveau descendre tous les étages pour arriver en bas. Monter, descendre, remonter puis redescendre… Elle commençait à en avoir marre, elle ! Ils étaient pas venus ici pour s'amuser à faire du footing dans les escaliers ! Elle voulait sortir et empêcher les missiles d'arriver sur son université, pas monter et descendre des escaliers. En plus, Quistis l'avait coupée dans ses récriminations, ce n'était vraiment pas juste ! Heureusement pour les nerfs de tout le monde dans le petit groupe, les trois Seeds arrivèrent rapidement à la cabine de la grue, après avoir descendu moult étages.
Pendant ce temps, Squall, Seifer, Linoa et Zell se ruaient vers le haut de la prison, toujours suivis par les deux espèces de peluches oranges dont ils ignoraient toujours le nom. On ne pouvait pas dire qu'elles leur étaient vraiment utiles, leur rôle consistait surtout à sauter derrière les humains en poussant de petits cris ravis. Étrangement, elles avaient quelques connaissances du langage humain, même si elles déformaient beaucoup les mots, ce qui avaient provoqué une discussion entre les quatre jeunes gens pendant leur course. Pour être plus juste, Zell et Linoa formulèrent des hypothèses plus improbables les unes que les autres, et les deux épéistes ne prenaient même pas la peine d'écouter, répondant par monosyllabes quand ils étaient interrogés. Ils arrivèrent jusqu'au couloir qui menait à la salle de torture, dont le souvenir fit frissonner le brun, mais au lieu de continuer tout droit, ils bifurquèrent et montèrent un petit escalier qui les amena à une salle de contrôle qu'ils s'apprêtaient à quitter lorsque la voix d'Irvine résonna dans la pièce a travers des haut-parleurs. Zell se précipita sur la console de commande pour activer la mise en marche de la grue. Puis Linoa les appela de la porte, les pressant de la suivre pour sortir enfin de cet enfer. Le tatoué courut sur la passerelle ouverte en sautant de joie.
« Génial ! On est sorti !
- Tout prisonnier franchissant cette limite sera abattu, grinça soudainement une voix métallique sortie de nulle part.
- Ah, j'aimerais bien voir ça, murmura Seifer avec un rictus étrange et en tirant son arme.
- Ils arrivent, » les prévint Squall
Venant de l'autre côté de la passerelle, un lieutenant galbadien, reconnaissable à son uniforme rouge et accompagné par deux robots violets, apparut en face des jeunes gens qui se mirent en garde. Les deux exoskelets, puisque c'étaient le nom des deux machines humanoïdes, foncèrent directement sur les seeds qui durent s'écarter pour ne pas se faire piétiner. Squall et Seifer attaquèrent du monstre le plus proche d'eux tandis que Zell se concentrait pour invoquer Golgotha et que Linoa maintenait les autres ennemis à distance en lançant des sortilèges de foudre ou de glace. Les deux épéistes battirent facilement leur opposant mais la blonde obtint pourtant une longue estafilade au bras, due à une erreur d'inattention et à une action complètement stupide de sa part. Squall se précipita ensuite aider la jolie résistante brune à protéger Zell le temps qu'il finisse son invocation tout en fronçant les sourcils pendant que sa rivale se soignait. Seifer avait récolté sa blessure sur une attaque simple, basique qu'elle n'aurait dû avoir aucun mal à éviter ! Ce n'était absolument pas normal ! Les réflexes de la jeune fille étaient beaucoup plus lents que d'ordinaires et ses coups beaucoup moins forts. Elle n'était pas en état de se battre. Le brun fut tiré de ses réflexions par un sortilège de feu qui fusa à ses oreilles. Il jurait sur son manque d'attention durant un combat et se précipitait pour riposter lorsque Golgotha, la majestueuse entité de la foudre, fit son apparition dans les airs. Elle étendit gracieusement ses ailes qui claquèrent puis baissa son bec et déchaîna un torrent de foudre sur les ennemis des mercenaires. L'attaque fut suffisamment puissante pour balayer le soldat et le monstre qui s'effondrèrent sans vie au sol. Puis la G-force disparut et Zell se laissa glisser par terre, complètement vidé de son énergie. Les autres n'étaient pas non plus dans un meilleur état et ils reprenaient péniblement leur respiration en sifflant, pliés en deux. Au bout d'un moment, ils se relevèrent et s'apprêtaient à se remettre en route lorsque Squall attrapa Seifer par la manche de son trench-coat. La jeune fille n'eut aucune réaction apparente, elle ne se dégagea pas ni ne se retourna en colère, confirmant à ses amis qu'il y avait quelque chose qui clochait chez elle.
« Jusqu'à nouvel ordre, je ne veux plus que tu te battes aujourd'hui.
- Et pourquoi ça ? riposta-t-elle d'un ton légèrement acerbe.
- Tu nous mets tous en danger en étant aussi déconcentrée. Tu n'es pas en état de combattre pour le moment. C'est tout. »
La blonde renifla en faisant un petit geste sec du bras afin que son supérieur lâche sa manche. Elle avança quelque peu sur le pont sans se retourner vers les autres. Zell lança un regard interrogateur à Squall avant d'hausser les épaules. Il s'en fichait bien de Seifer, elle ne l'aimait pas et c'était bien réciproque. Pour une fois qu'elle avait décidé de ne pas être chiante, ce n'était pas lui qui allait lui demander de changer de comportement. Elle n'était pas son amie et elle ne le serait jamais. Finalement, les quatre jeunes gens avancèrent sur le pont en regardant autour d'eux. En dehors de la prison, il n'y avait que le sable du désert qui s'étendait à perte de vue. Et le bâtiment était tout simplement immense ! Trois sortes d'énormes tours en forme de gargantuesques vis métalliques s'enfonçaient dans le sol avant de s'élever insolemment dans le ciel à plusieurs dizaines de mètres de haut. Des ponts reliaient ces sortes de donjons entre eux et c'étaient sur l'un d'eux que les évadés se trouvaient. Vu la distance qui les séparait du sol, il valait mieux ne pas avoir le vertige. Linoa tituba légèrement de quelques pas en arrière tandis que Zell laissa échapper sa colère et sa frustration.
« Mais c'est quoi ce délire ? On est encore bloqués !
- Impossible, blêmit la brune sans comprendre ce qu'il se passait. Quand je suis entrée tout à l'heure, ce n'était pas comme ça !
- Essayons d'atteindre cette structure là-bas, ordonna Squall en désignant du menton le bâtiment rouge qui s'élevait de l'autre côté de la passerelle suspendue.
- Compris ! »
Les jeunes gens coururent en direction de l'endroit indiqué. Zell, Linoa et Seifer arrivèrent sur un sol stable et il ne restait plus que quelques mètres à Squall pour les rejoindre lorsque, soudainement, les garde-fous de chaque côté du pont disparurent et les planches qui constituaient ce dernier se mirent à bouger et à défiler pour finalement laisser le vide s'installer. Le brun courut en arrière pour ne pas tomber sous le regard inquiet des autres qui ne pouvaient rien faire pour l'aider. Puis les énormes vis sur lesquelles étaient fichées les structures rouges se mirent à tourner et s'enfoncer dans le sol, entraînant avec elles l'ensemble de la prison. Déséquilibré par la brusque secousse, Squall tomba et ne dut son salut qu'à ses réflexes qui lui permirent de s'accrocher à la structure métallique de la passerelle qu'il devait traverser. Linoa l'encouragea à progresser jusqu'à eux, ce qu'il fit en s'aidant des genoux et des coudes. Il arriva péniblement à rejoindre le chemin de ronde où étaient les autres et Zell l'attrapa par le bras pour le hisser à leurs côtés, le lui arrachant ce faisant à moitié. Encore sous le choc, les quatre jeunes gens regardaient sans trop y croire le sol qui était maintenant à la même hauteur qu'eux. Ils n'avaient toujours pas bougés lorsque les autres les rejoignirent. Ensembles, ils parvinrent jusqu'au garage dans lequel étaient entreposés plusieurs véhicules de l'armée galbadienne.
« Incroyable ! s'exclama Squall. Quand je suis arrivé au niveau du sol, tout s'est arrêté !
- La grue se déplaçait vraiment lentement, les informa Irvine. Peut-être parce qu'on était sous terre…
- Fichons le camp d'ici, proposa le brun.
- Je veux monter dans la jaune, sautilla Selphie en indiquant la voiture de ses rêves et assortie à sa garde-robe.
- Je monte dans celle-là aussi, les informa Quistis en souriant.
- Bon, moi aussi, ajouta Linoa en rejoignant les deux autres filles dans le véhicule.
- Dites, mesdemoiselles, vous pourriez… commença un Irvine dépité avant de s'excuser auprès de la dernière représentante du sexe féminin restante. Désolé Seifer, je t'avais oubliée. »
La jeune femme ne répondit pas, se contentant de jeter un coup d'œil distant au roux. Depuis qu'ils l'avaient sortis de sa cellule, la blonde était étrange et ne réagissait que très peu à ce que lui disaient les autres, suivant simplement le mouvement sans émettre de réelles protestations. Mais ils n'y faisaient pas tellement attention, plus inquiets, et cela était légitime, de savoir comment ils allaient se sortir de là que de l'état psychologique de la mercenaire. Tout d'abord parce qu'elle camouflait malgré tout habilement le délabrement moral dont elle souffrait et qu'ensuite ils n'avaient pas la moindre idée de ce qui avait pu se passer et de comment l'aider. Seifer haussa les épaules avant de monter dans la voiture des mecs et de se caler contre une portière arrière, son regard se portant au loin dehors, repartant à nouveau dans ses pensées tandis que les deux véhicules partaient vers leur destination.
Nied : Vi, vi, Seifer est traumatisée dans ce chapitre. Vous en faites pas, elle va se rétablir très vite... Au prochain chapitre ou au encore suivant, je pense. Parce qu'elle se fasse un mutisme à la Squall serait assez chiant.
Seifer : j't'emmerde. Aïeuh !
Nied (fais des moulinets avec son parapluie) : Jure pas, mamour, c'est très mal. Et sinon, y a une pseudo-citation de Star Wars, qui la trouve ? Sinon, à plus, je vous aime tous. Par contre, les chapitres risquant d'être plus longs à attendre à cause de la prépa. Voilà, voilà !
