Chapitre 11 : Liberación


Vendredi arriva au bout d'un moment, mais étant enfermée dans une cave, j'aurais eu du mal à déterminer combien de temps s'était écoulé. En tout cas, j'étais plutôt contente de ne pas avoir eu mes règles pendant mon enlèvement. C'aurait été vraiment une catastrophe. Enfin bref.

Pour des raisons pratiques, David m'avait rendormie et bandé les yeux pour ne pas que je puisse comprendre où j'étais ni où il m'emmenait. Je n'étais pas vraiment inquiète, étrangement. Jusqu'ici, David m'avait bien traitée, et je ne voyais pas de raison pour que cela change. Il me fit même la conversation pendant le trajet, qui ne dura pas très longtemps. Nous arrivâmes alors au point de rendez-vous, et il me fit asseoir sur un banc avant de m'attacher les mains et de retirer le bandage qui me couvrait les yeux.

Le parc était magnifique à cette heure-ci. Quel dommage de ne pas en profiter à cause d'une stupide demande de rançon. D'autant plus que mon « sauveur » n'arriva pas avant au moins une vingtaine de minutes. Une seule voiture, deux hommes de main et Christian Grey. Ils ne mirent pas beaucoup de temps à nous voir, et immédiatement j'eus l'impression d'être transportée dans un film d'action de bas-étage, avec Christian et David se toisant du regard, droits comme des I, dans toute l'ampleur du cliché. Pour peu, on verrait presque des éclairs... C'était ridicule. Mais au moins, les gardes du corps de Grey semblaient de s'ennuyer au moins autant que moi.

Il y eut un long moment de silence gênant. N'importe qui d'autre (d'après les films) aurait retenu sa respiration devant l'intensité de la tension qui régnait... Mais j'étais complètement gênée, et je me mis à toussoter dans l'espoir que cela ferait réagir quelqu'un. Finalement, après deux tentatives ratées, David finit enfin par prendre la parole, tandis que les deux gardes du corps et moi-même soupirions de soulagement à l'idée que les choses allaient enfin se bouger :

« Vous avez la rançon, monsieur Grey ? »

Le multimilliardaire plongea la main dans la poche de sa veste pour en ressortir un petit machin noir que je devinais vaguement être une clef USB. Wahou, voilà ce que je valais. Quinze euros max au supermarché ! Merci les gars, ça fait toujours plaisir... David devait sentir que j'étais plutôt surprise par cette situation, parce qu'il chuchota doucement :

« Ce n'est pas la clef qui est important, mais ce qu'il y a dedans, mademoiselle Steele.

- J'aurais pensé à de l'argent.

- C'aurait été trop simple.

- Et qu'est-ce qu'il y a dans cette clef ?

- De quoi faire tomber un empire.

- Oh. Okay. Wahou. Rien que ça. »

Il me lança un sourire et tenta de reprendre son combat de regard avec Christian Grey. Mais il n'était pas question pour moi de continuer à les observer sans rien faire. Je décidai de demander haut et fort :

« Et comment on fait pour l'échange ? »

Visiblement, aucun des deux hommes n'avait réfléchi à la question... Je soupirai, en me disant que cela risquait encore de durer très longtemps, à ce rythme-là. David finit par dire :

« Bien, nous allons faire la chose suivante. Vous allez envoyer la clef USB à mademoiselle Steele qui va me la rapporter pour que je vérifie son contenu. Si vous avez tenu parole, je la laisserai repartir avec vous, et je continuerai ma route.

-Et comment être sûr que VOUS teniez parole ?

-Je pense que les armes de vos compagnons suffiront à s'en assurer, vous ne croyez pas ? »

Christian Grey hocha la tête et je me rapprochai un peu pour faire ce que l'on m'avait demandé de faire. J'apportai la clef à David qui ne prit que quelques secondes pour vérifier le contenu, avant d'hocher la tête et de me sourire, avant de murmurer :

« Il semblerait que ce soit la fin de notre aventure.

- Vous avez ce que vous voulez ?

- C'est exact. Vous êtes donc libre de partir désormais. Au revoir, mademoiselle Steele.

- Au revoir... »

J'étais un peu triste de devoir renoncer à la compagnie d'un jeune homme aussi charmant, malgré le plaisir que je prenais à savoir que j'allais bientôt pouvoir rentrer chez moi. J'hochais néanmoins la tête, sans bouger immédiatement. David se pencha vers moi et me fit une bise, profitant de l'occasion pour murmurer :

« Si vous voulez vraiment savoir, mon véritable prénom est Isaac. »

Puis se tourna vers tout le monde et commença à partir en reculons en essayant d'avoir l'air classe et sûr de lui, sans tomber par terre.

« Vous avez tenu votre part du marché, je m'en vais à présent ! Mademoiselle Steele, au plaisir de vous revoir. »

Une révérence digne d'un Disney, et il disparut dans la nuit. Aussitôt, Christian Grey et ses deux hommes se précipitèrent vers moi pour vérifier que tout allait bien. Christian Grey me prit par les épaules et m'emmena à la voiture avant de se mettre à parler.

« Ne t'inquiète pas Anastasia, tout va bien maintenant, tu es en sécurité ! On va te ramener à la maison, c'est fini.

- ... Merci. »

Il ne devait pas s'attendre à cette réaction, puisqu'il eut un mouvement de surprise, avant de se mettre à sourire de toutes ses dents en pressant un peu mon épaule. Je n'appréciais pas vraiment qu'il me touche ainsi, mais j'étais trop fatiguée pour protester. Et puis, je pouvais bien tolérer cela ce soir, en guise de remerciement...

« C'est tout naturel ! »

Pour être honnête, non. Peu de gens viennent au beau milieu de la nuit répondre à une demande de rançon similaire à une scène de film d'action de base pour une inconnue – aussi amouraché soit-on de cette personne. Mais à quoi bon essayer de le lui expliquer ? Lui et moi, nous ne viv(i)ons VRAIMENT pas dans le même monde. Je m'installai donc dans la voiture, et il s'assit à côté de moi pour me prendre la main.

« Je t'ai pris un rendez-vous chez le psychologue pour demain, pour vérifier que tu n'as pas de séquelle de cette expérience. »

Je le fusillai du regard : là, il poussait les choses trop loin. Je ne lui faisais tout de même pas assez confiance pour LE laisser choisir quelque chose d'aussi important que des rendez-vous chez le psychologue. Je retirai ma main de la sienne et croisai les bras, pour tourner la tête vers la vitre.

« Merci de faire tous ces efforts pour moi. Cependant, je suis désolée de vous le dire, mais je n'irai pas voir ce psychologue.

- Mais c'est un psychologue très réputé et très demandé ! Ce n'est pas donné à tout le monde d'avoir un rendez-vous !

- MERCI, monsieur Grey, mais je n'IRAI pas. Si j'ai besoin de voir un psychologue, je choisirai par moi-même quand et qui. »

Il ne répondit pas immédiatement, me regardant d'un air étrange. Je soutins son regard sans rien dire. Il finit par hausser les épaules et détourna les yeux, d'un air énervé.

« Comme tu veux.

- Exactement. »

Sur ces bonnes paroles, nous nous tûmes tous les deux, et finîmes le voyage dans cette ambiance. Je me lançai bercer par le trajet, en attendant d'être enfin à la maison. Je me demandais avec inquiétude si je n'allais pas avoir de traumatisme.

Mais en arrivant devant la porte de mon immeuble, je ne ressentis qu'un immense soulagement.


Note : Désolée, ça fait vraiment longtemps que je n'ai pas mis à jour cette histoire... J'espère que ce chapitre vous a plu.