Renaissance
Le Monde de Narnia ainsi que ses personnages appartiennent à C.S. Lewis.
Chapitre 11: Je donnerai ma vie pour Lui
POV Laureen
Des coups à la porte me réveillèrent. J'ouvrais lentement les yeux et m'étirais, me rendant compte que j'étais toujours dans les bras de mon aimé.
Je souris : je venais de passer ma première nuit sans cauchemars. Une nuit comme j'aimerais en avoir plus souvent !
Caspian grogna et resserra son étreinte, me collant encore plus contre son torse.
_ On ne peut jamais être tranquille, grommela-t-il alors que d'autres coups retentirent.
Je rigolais devant la mauvaise humeur matinale de mon compagnon, puis je l'embrassais sur le front.
_ Je vais voir qui c'est, dis-je lui caressant tendrement la joue.
Alors que j'allais me relever, Caspian passa son autre bras autour de moi, m'empêchant tout mouvement. J'étais si bien avec lui, tout était si simple maintenant que je lui avais tout dis. Je me sentais mieux, plus légère, plus « normale ». C'était comme si tout ça n'avait pas existé, comme si ça ne m'était jamais arrivé. Perdue dans mes pensées, je me réveillais en entendant de nouveaux coups à la porte.
_ Reste-là, il partira quand il en aura marre de frapper, m'ordonna-t-il, tentant de se rendormir.
_ Laureen ! Tu es là ? entendis-je Edmund crier derrière ma porte.
_ J'arrive Ed ! Deux secondes ! répondis-je à mon frère qui s'impatientait. Caspian, mon amour, lâche-moi s'il te plait. J'en ai pour deux minutes, pas plus !
Il grogna avant de me relâcher lentement. Je quittais le lit, un sourire sur les lèvres, pendant qu'il se couchait sur le ventre, le visage caché dans son oreiller.
La porte ouverte, je me retrouvais devant mon frère. Je la refermais légèrement pour qu'il ne remarque pas Caspian dans mon lit.
_ Bonjour Ed.
_ Salut grande sœur ! On dirait que je te réveille !
_ C'est le cas. Qu'est ce qui se passe ?
_ Le soleil est levé depuis plusieurs heures déjà et le Passeur d'Aurore est prêt à appareiller, il ne manque que Toi et… Caspian.
_ Oh, dis-je légèrement gênée. Bien… Je… Je vais me préparer alors. A plus tard Edmund.
Alors que j'allais refermer la porte, Edmund mit son pied devant, bloquant mon geste.
_ Je suis allé chercher Caspian dans sa chambre mais il semblerait qu'il n'y soit pas… D'ailleurs, il est introuvable sur toute l'île ! Tu ne saurais pas où il est par hasard ?
_ Je…, commençais-je.
Une main se posa sur mes reins et Caspian apparut à mes côtés, les cheveux complètement ébouriffés.
_ Bonjour Ed ! Plus la peine de me chercher, dit-il calmement. Nous allons nous préparer et nous te rejoindrons en bas.
Je sentis le regard de mon frère, lourd de sous-entendus. Puis, un grand sourire se forma sur son visage.
_ Bien ! A plus tard les amoureux! nous lança mon frère, repartant dans le couloir en sifflotant.
Caspian referma la porte tandis que je restais sur place, ébahie par la réflexion de mon frère.
Le jeune Telmarin m'enlaça et déposa un baiser sur mes lèvres. Je passais mes bras autour de son cou tandis qu'il me regardait.
_ Tu as l'air étonné !
_ Je ne pensais pas qu'Edmund le prendrait aussi calmement.
_ Avant de venir à la porte, j'avoue m'être demandé s'il n'allait pas m'égorger.
_ Non ! Il n'aurait pas fait ça !
_ Pourquoi donc ?
_ J'aurais été beaucoup trop malheureuse et il sait que je ne lui aurais jamais pardonné… Et puis, ajoutais-je pour le provoquer, ça aurait été difficile de cacher ton corps, j'aurais surement dû l'aider à t'enterrer,terminais-je en lui faisant un clin d'œil.
_ Mais, c'est que vous me taquinez, Altesse !
_ Pas du tout, Majesté ! Je n'oserais jamais voyons ! rigolais-je, relâchant mon étreinte et partant tranquillement vers la salle de bain.
Caspian attrapa mon poignet et m'attira à lui, m'emprisonnant dans ses bras.
_ Et en plus vous me fuyez !
_ J'allais seulement me laver, Majesté.
Mon amoureux se pencha légèrement et posa ses lèvres durement contre les miennes, sans aucune retenue. Collée contre son corps, je pouvais sentir sa virilité tendue, provoquant de petits papillons dans mon bas-ventre.
Notre baiser devint sauvage, plus brut. Sans même avoir eu conscience de bouger, je me retrouvais plaquée contre le mur. Inconsciemment, Caspian se frotta contre moi, me faisant gémir.
Il plongea son visage dans mon cou, m'embrassant et mordillant ma peau alors que je me collais à lui, levant ma tête afin de lui donner un meilleur accès. Mes mains glissèrent dans ses cheveux, les caressant et les tirant légèrement.
_ Caspian, gémis-je. Tu… Tu vas me rendre folle…
Je le sentis sourire contre mon cou.
_ C'est le but, mon aimée, me dit-il la voix rauque.
Ses lèvres se posèrent à nouveau sur les miennes, plus doucement, plus tendrement. Je répondis avec délice à son baiser alors que mes mains glissaient le long de son torse, caressant délicatement sa corps brûlait de désir pour lui, mon cœur battait à une vitesse folle, j'avais l'impression qu'il allait exploser. Mon sang pulsait dans mesveines à un rythme effrayant, tapant contre mes tempes.
J'avais envie de sentir ses mains sur mon corps, de sentir sa chaleur contre la mienne.
J'avais tout simplement envie de lui…
Caspian, dont l'envie était aussi évidente que la mienne, recula légèrement son visage, cessant notre baiser. Il posa son front contre le mien, ses mains sur mes hanches, essayant difficilement de reprendre sa respiration.
Le dos contre le mur froid de la chambre, je gardais mes yeux fermés, lâchant un soupir de frustration. Lorsque je les rouvris, je me détachais légèrement du jeune Roi, restant tout de même dans ses bras.
Mon compagnon me fixait avec intensité, son regard obscurcit par le désir. Je mordillais ma lèvre inférieure et posais ma main sur sa joue. Je la caressais doucement, les poils de sa fine barbe chatouillant mes doigts. Caspian me sourit puis déposa un baiser sur mon front.
_ Je suis heureux que tu m'aies tout raconté, m'avoua mon aimé, la voix rauque.
_ Et moi que tu ne sois pas parti en courant, lui soufflais-je en caressant sa nuque.
_ Je ne ferai jamais ça, me promit-il. N'aie crainte, je suis là et tant que tu voudras de moi, je resterai.
_ Je ne suis pas prête de me lasser de toi alors !
Caspian me sourit et m'embrassa tendrement.
_ Bon, je crois qu'on nous attend, dit-il sans aucune motivation.
_ Je crois aussi…
_ Je vais retourner dans ma chambre me préparer, on se retrouve en bas? me proposa-t-il en relâchant son étreinte et m'embrassant le front.
_ Oui, lui répondis-je détachant mes bras de son cou. Cette chambre va me manquer.
_ A moi aussi. Mais nous reviendrons, je t'en fais la promesse.
_ Je l'espère…
J'accompagnais Caspian jusqu'à la porte menant à sa chambre et l'embrassais une dernière fois. Lorsque la porte fut fermée, j'attrapais des vêtements propres dans l'armoire et allais dans la salle de bain.
Je détachais rêveusement ma tresse, me remémorant l'orgasme que m'avait procuré Caspian. Je souris : faire l'amour avec lui devait vraiment être merveilleux ! Il était tellement tendre dans ses gestes, ses caresses, ses baisers. Mon jeune Roi était véritablement unique !
Mes cheveux détachés, je me déshabillais et, une fois nue, j'entrais dans la baignoire en cuivre afin de prendre un bain rapide.
Une fois lavée, séchée et habillée d'une chemise beige, d'un pantalon sombre et d'une ceinture noire, je brossais mes cheveux mouillés et les laissais détachés avant de remettre le collier de Caspian, que j'avais ôté avant d'entrer dans la baignoire.
Enfin prête, je retournais dans la chambre, un sac de tissu avait été déposé sur le lit. Curieuse, je regardais à l'intérieur. J'y retrouvais les livres qui étaient hier soir sur la table de nuit, une chemise de nuit blanche et une autre rose pâle, ainsi qu'une magnifique robe bleue saphir aux broderies blanches. Un message était posé à côté du sac :
J'espère que cette chambre a été à la hauteur de vos espérances. Amitié. Coriakin.
Je souris. Ce magicien était vraiment étonnant !
Je mis des bottes en cuir noir, attachais mon baudrier autour de ma taille avant d'y passer mon fourreau.
Le sac en main, je sortais de la chambre. Je fus surprise de voir mon frère qui m'attendait, adossé au mur qui faisait face à la porte de ma chambre, un sourire sur les lèvres.
_ Prête ? me demanda-t-il.
_ Oui.
_ Allons-y alors ! dit-il se redressant et avançant tranquillement dans le couloir.
Nous traversâmes plusieurs couloirs en silence, j'attendais, légèrement stressée, que mon frère se décide à prendre la parole. Les couloirs se ressemblaient tous : des boiseries sculptées sur les murs représentaient la création de ce Monde, les guerres de l'Ancien Temps, et sur certaines boiseries on pouvait voir le grand et imposant Aslan. Des tapis étaient posés par terre, de couleurs différentes dans chaque couloir. Mais le plus impressionnant, c'était les nombreuses portes de part et d'autre des corridors, celles-ci étaient décorées de signes étranges, peints en écarlates.
_ Tu lui as parlé ? lâcha-t-il au détour d'un couloir.
_ Oui, je lui ai tout raconté.
_ Tout ?
_ Tout. Je n'ai rien à lui cacher.
_ Bien. Alors, je suppose que le trouver dans ta chambre ce matin, me prouve qu'il ne t'a pas rejeté ?
_ Tu supposes bien, petit frère.
_ Et je suppose qu'il n'a pas dormi par terre ?
_ En effet… Mais il ne s'est rien passé Ed, nous avons juste dormi.
Ce qui n'était pas faux. Après tout, nous n'avions rien fait de mal et nous étions restés habillés.
_ Je sais… J'ai déjà eu cette petite discussion avec Caspian.
Alors que nous arrivions devant la porte d'entrée du manoir, j'arrêtais de marcher et regardais mon jeune frère avec de gros yeux.
_ Comment ça ?! m'écriais-je.
_ Je voulais juste qu'il sache que s'il te faisait souffrir, il aura à faire à moi, et que je le découperais en tellement de morceaux que personne ne pourra identifier son corps ! dit-il fier de lui, continuant à marcher.
_ Edmund ! dis-je outrée. Reviens ici tout de suite !
_ Non, nous avons fini cette discussion ! dit-il en sortant dans le jardin.
_ Tu l'as peut-être fini, mais moi je la commence, lui criais-je en sortant à mon tour.
Edmund se dirigeait vers Lucie, Caspian et Coriakin qui discutaient sous un magnifique chêne centenaire. Un soleil magnifique brillait dans un ciel sans nuage, irradiant de ses chauds rayons le jardin de Coriakin, véritable paradis terrestre. Les arbustes taillés chacun de formes différentes tels des tourbillons, des boules, des champignons n'avaient rien à envier à la beauté des arbres majestueux et imposants, tous bien séparés les uns des autres. Le sol, magnifique tapis d'émeraude, était parfaitement égal, l'herbe drue, souple, profondément enracinée dans la terre meuble.
_ Edmund ! hurlais-je à mon frère. Reviens-ici !
Ma sœur, mon Roi et notre hôte se retournèrent à mon hurlement et nous regardèrent, amusés.
_ Non ! rétorqua Ed.
_ Si tu ne reviens pas, je vais… je vais…, m'énervais-je.
_ Tu vas faire quoi? me lança Edmund, un peu moqueur, en se retournant, un immense sourire sur les lèvres.
_ Je vais te faire ravaler ta langue, petit insolent ! criais-je, posant mon sac par terre.
Je détachais mon baudrier et le déposais sur mon sac en toile. Puis, je descendis les escaliers en courant, en direction de mon frère. Celui-ci, mort de rire, se mit à courir dans le jardin.
_ Tu ne m'attraperas pas! rigola-t-il.
_ Tu vas voir! lui rétorquais-je, un sourire sur les lèvres.
Je courais aussi vite que mon frère et malgré le peu de mètres qui nous distançait, je n'arrivais pas à le rattraper.
Une idée germa dans mon esprit et lorsque je passais à côté de Lucie, je croisais son regard, lui lançant un appel au secours. Ma sœur leva les yeux au ciel et me sourit, acquiesçant silencieusement à ma demande. Caspian qui avait suivi notre échange muet, plissa les yeux, curieux de savoir de quoi il en retournait.
Lucie n'attendit pas très longtemps et poussa un hurlement. Edmund, inquiet pour sa petite sœur, ralentit sa course et se retourna. J'en profitais pour lui sauter sur le dos, le faisant tomber par terre, m'entraînant dans sa chute.
J'étais couchée sur son dos, morte de rire, tandis qu'Edmund essayait de reprendre son souffle.
_ Gagnée, lui murmurais-je à l'oreille.
_ Tu as triché !
_ Moi ? Mais, non ! Pourquoi dis-tu ça ?
_ Ouais, permets-moi d'en douter !
Sans que je ne m'y attende, Edmund se retourna et me poussa sur le côté, changeant ainsi notre position. Sur le dos, mon frère me chevauchait, un sourire sur les lèvres.
_ Et là, c'est qui le gagnant ?
_ En même temps, tu es plus fort que moi ! me défendis-je, croisant mes bras sur ma poitrine en boudant.
_ Tu sais, m'avoua-t-il redevenant sérieux, il donnerait sa vie pour toi.
_ Et moi, je donnerais ma vie pour lui !
_ C'est bien pour cela que je ne l'ai pas encore tué.
Je me redressais, me mettant assise et pris mon frère dans mes bras.
_ Ose le toucher, et tu auras à faire à moi ! lui chuchotais-je à l'oreille.
_ Tu n'oserais pas t'en prendre à ton petit frère adoré ! dit-il en se relevant.
_ Que tu crois ! lui répondis-je, un sourire en coin.
Il me tendit la main et m'aida à me relever. Edmund garda ma main dans la sienne et m'entraîna vers nos amis. Il la relâcha et se dirigea vers Caspian, lui donnant une tape amicale sur l'épaule. J'en profitais pour aller embrasser Lucie, la remerciant pour son aide, puis je m'avançais vers Coriakin.
_ Bonjour Coriakin.
_ Altesse, dit-il, baissant légèrement la tête.
_ Je tenais à vous remercier pour vos cadeaux.
_ De rien, je suis heureux qu'ils vous plaisent ! Bien évidemment, j'espère vous revoir un jour. Vous êtes tous les bienvenus sur mon île !
_ Merci beaucoup, le remerciais-je.
_ Votre chambre restera à votre disposition Altesse, ainsi qu'à sa Majesté.
_ Merci, sourit Caspian, en remarquant mes rougissements. Nous reviendrons vous voir avec plaisir Coriakin.
Caspian vint vers moi en me tendant mon baudrier, gardant dans son autre main mon sac en tissu. Il avait eu la gentillesse d'aller les chercher pendant que je m'amusais avec mon petit frère.
Je l'attrapais et le remerciais en l'embrassant sur la joue. Je nouais de nouveau mon baudrier à la taille et me plaçais à côté de mon Roi, qui prit ma main et l'embrassa tendrement.
_ Où est Eustache ? demandais-je, ne voyant pas mon cousin dans les environs.
_ Sur le bateau, me répondit Edmund, Drinian en avait marre de l'entendre râler, alors il l'a forcé à monter dans une chaloupe !
_ Sérieux ?
_ Oui, rigola Lucie.
_ J'aurais bien aimé voir ça, rigolais-je à mon tour.
Au même moment, Drinian vint nous prévenir que notre embarcation était prête à partir. Et c'est avec tristesse que nous fîmes nos adieux à Coriakin, lui promettant une nouvelle fois de revenir le voir.
