J'ai conscience en me relisant que les chapitres n'avancent pas vite dans l'intrigue de fond. C'est la conséquence malheureuse de mon envie de proposer quelque chose d'un minimum crédible qui m'oblige à passer par plusieurs étapes pour ne pas que les infos et révélations « tombent de nulle part ». Du coup, désolé si cela peut amener certains lecteurs à s'ennuyer. Ceci étant dit, je renouvelle comme toujours mon très grand merci pour vos retours et petits mots de soutien. Ça motive évidemment énormément à updater au plus vite pour vous en remercier ^_^x
En vous souhaitant une bonne lecture, la suite sans plus attendre ^-^
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UNDER COVER
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Chapitre 10.
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Les évènements du jour continuaient à se dérouler à l'encontre de toute espérance. Pour autant, tout aussi peu enclin qu'il soit à l'admettre, Marty Deeks pensait réellement en montant dans l'ambulance, qu'ils avaient pu éviter le pire. Après tout, Sam et Callen auraient pu y passer avant le café, et lui finir écraser pour le déjeuner… Hé bien. Mal l'en prit d'y croire. Car à l'arrêt brutal du véhicule, il comprit que survivre au diner s'avérerait l'espérance de trop.
NCIS - LA
En expliquant une fraction de son plan d'action à Farell, Deeks n'avait guère été surpris par l'absence totale de soutien de son capitaine. Complètement aveuglé par sa colère et ne faisant clairement pas confiance en son jugement, l'homme avait fini par le quitter devant l'ambulance, plus intéressé à l'idée de rédiger un rapport pour insubordination qu'à lui apporter le soutien logistique demandé. Pourquoi s'en étonnait-il encore ? Cela restait un mystère.
Il aurait pourtant dû s'en douter. Farell était trop obtus. Avec Harkness à l'autre bout de l'état et ses équipiers du NCIS déjà repartis pour l'OPS, il devrait se contenter du plan B d'Éric jusqu'à ce qu'ils se retrouvent tous à l'hôpital. Pas vraiment de quoi s'inquiéter. C'était tout au plus, de trois quarts d'heure dont il était question. C'est donc confiant et accompagné des deux seuls ambulanciers, qu'ils partaient tous trois en direction du CHU le plus proche, non sans avoir demandé à précéder ce départ d'une petite pause technique pour aller pisser. On ne restait pas cinq heures coincé sans avoir besoin de soulager mère nature…
Mais à peine avaient-ils traversé quelques rues que le conducteur ouvrait la vitre de communication pour exprimer son inquiétude.
- Je ne veux pas vous alarmer, lieutenant, mais j'ai le sentiment qu'on est suivi. Je me trompe peut-être, mais la procédure veut que j'en informe nos collègues du 911.
À cette annonce, son battement de cœur s'emballa. Il avait vraiment pensé qu'ils attendraient quelques heures avant d'agir. Mais pourquoi lui auraient-ils offert un tel luxe, alors qu'il était si simple et efficace d'agir aussi vite ? Devant la situation dans laquelle il avait mis les ambulanciers, Deeks comprit son erreur. Sans nul doute, il n'avait pas été en état psychique, pour ne pas dire physique, pour prendre ce type de décisions. L'esprit embrouillé il avait pris un risque inconsidéré envers ces civils. Une action inacceptable pour le policier qu'il était ! Et sa négligence allait peut-être tuer ces deux hommes bien qui l'avaient aidé avec tout leur professionnalisme et gentillesse ! Sachant qu'il n'y avait plus mille solutions pour les sauver de cette situation dans laquelle il les avait plongés. Deeks sut ce qu'il lui restait à faire pour limiter la casse et offrir aux deux urgentistes une chance de revoir leur famille.
- Bien. Nous allons être victimes d'une attaque imminente, potentiellement très violente et sanglante.
Au regard croisé des deux ambulanciers, Deeks comprit qu'ils hésitaient à le prendre pour un fou ou un parano.
- Écoutez-moi, vous deux. Cela n'a rien d'une blague. Et si vous voulez sauver votre peau, il va falloir agir comme je vous le dis, au moment où je vous le dis. Car il ne nous reste que quelques secondes.
- On vous écoute, lieutenant.
- Quoi qu'il m'arrive, ne faites rien ! Ces hommes viennent pour moi. Vous n'avez aucun intérêt pour eux. Juste des témoins à supprimer. Je ferais mon possible pour détourner leur attention pour vous laisser une chance. Mais ne la gâchez pas en voulant jouer les héros.
À l'accord obtenu des deux hommes, conscient à son ton grave que leur vie était réellement en jeu, Deeks chercha autour de lui de quoi l'aider à improviser.
- Vous avez des armes ?
- Non.
- Du sang ?
- Ici. Nous avons toujours une poche de groupe O pour faire face à une potentielle blessure grave.
- Ok. Aidez-moi à la placer sur vous.
Glissant le sang au niveau de la poitrine du jeune médecin, dans la poche intérieure droite de son blouson, il enchaîna.
- Menottes ?
- Moi !
L'urgentiste se saisit des menottes confiées par le conducteur, pour les lui remettre. Aussitôt, il se les mit avec rapidité, pour se fixer au rebord du brancard où il était assis.
- Vous pensez vraiment que ça va les ralentir de vous prendre ?
- Ce n'est pas le but. Une dernière chose…
L'ambulance alors rudement poussée vers le bas côté, le conducteur dut faire un braquage avant de piler, tandis qu'à l'arrière, ils tombaient à moitié de leur position assise.
- …je ne suis pas flic. Et quoiqu'il arrive, si on vous tire dessus, faites aussitôt les morts ! Car ce sera votre seule chan...
Il n'eut pas le temps d'en dire plus que les portes arrière du véhicule s'ouvraient violemment. Alors, dans la seconde, Marty Deeks replongea dans son rôle de Nick Hawkins. Ne sachant pas encore avec certitude sur quel critère sa couverture avait été compromise, il comptait bien ne rien lâcher. Et aux premiers mots qui lui furent adressés, Deeks ne fut pas déçu.
- Hawkins ! exclama l'homme dirigeant l'attaque.
- Messieurs ?
- Le patron te demande.
- Après ma visite chez le médecin, je serais tout à lui.
- Tout de suite.
Secouant son poignet fixé à un rebord métallique, Deeks les observa avec condescendance.
- Attaché, je suis. Et le connard de flic m'a laissé avec ces deux péquenauds sans leur donner les clefs. Il semblerait qu'il ne m'aimait pas assez pour voyager à mes côtés. Sûrement trop effrayé à l'idée de céder à mon charme ravageur.
L'un des hommes s'avança pour tirer dans les menottes, le saisir brutalement par le col et le jeter vers l'extérieur.
- Bravo les gars, on se croirait tout droit sorti de Prison Break. Dites, maintenant que vous avez joué les preux chevaliers pour me libérer de cette si terrifiante escorte. Je peux vous emprunter une arme ?
- Tu te fou de nous, là ? T'as toujours pas compris qu'on doit te récupérer mort ou vif pour t'amener au patron ?
- Quoi ? J'ai l'air de ne pas vouloir venir ? Aller. Tout condamner à mort à droit à une dernière volonté, non ? Quitte à crever dans une heure, laissez-les-moi. Je peux bien m'offrir un baroud d'honneur pour finir en beauté !
Ils hallucinaient tous ! À tel point, que voyant le conducteur traîné à l'intérieur de l'ambulance près du médecin urgentiste, Deeks n'eut aucun mal à subtiliser une arme à l'un d'entre eux, tirer une balle sur chacun des deux ambulanciers, avant de fermer les portes et finalement jeter l'automatique en l'air, sans manquer de le désarmer au préalable. Il se dirigeait finalement vers le 4x4 voué à le mener à sa mise à mort, quand seulement les autres réagir.
Il ne pouvait faire plus pour les hommes abandonnés à leur sort derrière lui.
Ses actes enchaînés à une rapidité fulgurante avaient laissé tout à chacun immobiles et stupéfaits. C'est finalement voir leur prisonnier les attendre à l'arrière du véhicule en sifflotant, qui poussa les hommes de main à reprendre vie et le rejoindre sans plus attendre.
A priori, son numéro de cirque avait suffi à détourner l'attention sur les ambulanciers. Pour le reste, cela ne dépendait plus de lui. Aussi, Deeks redouta-t-il le pire, quand il vit le chef de la bande entrebâiller les portes, jeter un coup d'œil à l'intérieur et finalement revenir en possession de la sacoche enfermant le matériel informatique. Cette trouvaille n'était pas forcément un problème pour lui. L'essentiel était qu'il n'avait pas entendu de coups de feu supplémentaire…
De son côté, l'homme en charge de remettre la main sur le jeune chien fou du boss cachait non sans mal sa stupéfaction. Aux deux corps couverts de sang dans l'ambulance, l'évidence était de mise. Il avait réellement souhaité happer deux dernières vies, avant de les rejoindre prochainement en enfer… Ce type était vraiment fol allié. Jetant le sac de preuves dans le coffre, l'homme rejoint la place passager, bien décidé à ce qu'ils quittent les lieux avant l'arrivée de la police.
NCIS - LA
Quand les agents Callen et Hanna de retour au centre opérationnel rejoignirent le reste de l'équipe au MTAC, Kensi se précipita littéralement sur eux.
- Où est-il ?
- Deeks ?
- Oui, Deeks ! De qui voulez-vous que je parle ?
- On a dû le laisser avec son capitaine. Une ambulance l'amène à l'Hôpital Central de L.A. On est venu te chercher pour l'y rejoindre.
Hetty, accompagné de l'agent Getz, vint au même instant les interrompre, la mine grave.
- Je crains que ce ne soit plus nécessaire.
- Pourquoi ?
- On vient de nous annoncer l'attaque de l'ambulance ayant pris en charge le lieutenant Deeks.
- Quoi ?
Kensi était sous le choc de la nouvelle.
- À la suite d'un appel de détresse des urgentistes, le véhicule accidenté à d'hors et déjà été retrouvé non loin de la villa de Johnny Torrio.
- C'est une blague ? On vient tout juste de le quitter, Hetty. cru bon d'ajouter Callen.
- Les deux ambulanciers blessés par balle s'octroyaient les premiers soins quand les agents de police les ont rejoints. Le commissaire sous lequel est rattaché Deeks vient tout juste de nous informer. Un avis de recherches vient d'être lancé par le capitaine Harkness sur la personne de Nick Hawkins et le signalement du véhicule l'ayant emporté. Mais pour l'instant, sans succès.
- C'est pas vrai ! hurla Sam. L'un de nous aurait dû l'accompagner. Mais non, il a fallu que ce flic nous pousse à le laisser avec lui et que Deeks nous demande d'en profiter pour aller lui chercher Kensi.
- Je ne dis pas cela pour ajouter à votre colère et inquiétude. Mais la situation implique un déploiement d'urgence, messieurs. insista Hetty. Les deux ambulanciers ont laissé entendre que Deeks était celui les ayant blessés. Mais qu'il avait tout fait pour détourner l'attention sur lui, afin de les sauver d'une mise à mort en bonne et due forme.
Sachant l'importance de l'information complémentaire qu'ils s'apprêtaient à révéler aux trois agents du NCIS, Nate tenta de s'exprimer avec tact.
- Il y a quelques jours, quand Deeks a pris contact avec nous pour nous rassurer sur l'état de Kensi, il nous a un peu parlé, et… a laissé entendre que si sa couverture s'avérait compromise et qu'il était pris vivant… Il ferait en sorte de ne pas avoir à supporter ce qui l'attendrait. Le fait qu'il semble avoir suivi les hommes venus le chercher sans résistance n'est pas un bon présage.
- Quoi ?
C'était du grand n'importe quoi pour Kensi.
- Qu'essaie de nous dire, Nate ? essaya d'éclaircir Callen.
- Redoutant qu'en pareille occasion sa mise à mort soit longue, sadique et inéluctable, il laissait entendre préférer l'écourter de lui-même. leur répondit sans plus de préambule, Hetty.
Au rappel des dernières paroles qu'avait eues son partenaire pour elle, la femme qu'il aimait, Kensi ne savait que penser. Certes, il voulait qu'elle lui pardonne ses choix. Mais rien ne laissait présager qu'il comptait sous peu se suicider – puisque là était bien la question. Si elle pouvait facilement imaginer toute l'horreur prévue par cette organisation mafieuse pour celui qui avait trahi l'un de ses barons et possédait nombre d'informations compromettantes. Elle ne voulait croire que son partenaire soit capable d'un tel acte sur sa personne. Sans en connaître les détails, elle savait qu'il avait connu suffisamment d'horreur dans son enfance, pour ne pas être de ceux qui abandonnent si facilement. Sous ses traits de joyeux rêveurs, Deeks était un combattant né. Et de cela, Kensi ne doutait pas une seconde.
- Si Johnny Torrio est derrière son enlèvement, peut-il savoir que nous possédons déjà une copie des disques durs récupérés chez lui ? questionna, Callen.
- A priori non. répondit Hetty. À notre connaissance, les seules personnes à en être informé sont dans cette pièce. Et cela restera ainsi jusqu'à ce que le lieutenant Deeks soit retrouvé…
Tous entendirent les mots absents pouvant clore sa phrase : « mort ou vivant ».
NCIS - LA
Dire qu'il était dans la « merde » n'avait plus rien d'une surprise, puisque devenu une constante depuis sa sortie de la cuisine d'une villa de grand luxe, des heures plus tôt. Une série d'imprévus l'avaient finalement amené à finir là : menotté sur une chaise, au centre d'un entrepôt aux volumes gigantesques, et entouré d'hommes tournant autour de lui, telle une nuée de requins n'attendant qu'une première goutte de sang pour l'attaquer. Si tout cela ne le rassurait guère. Pour l'instant, aucun mal ne lui avait encore été fait. Et la raison était simple. Ils attendaient tous le donneur d'ordre : Johnny Torrio en personne, qui en homme du grand monde les rejoignait enfin, après une longue attente. Fier, dans son costume de luxe, l'homme l'observa longuement avec attention, avant de rompre le silence.
- Nous voilà dans une drôle de situation.
- À qui le dites-vous.
- Qui es-tu ?
- Nick Hawkins, le seul, l'unique. Aucune contrefaçon, sur ce point.
À sa réponse, l'homme nota sans mal que le tueur à gages ne niait pas toute possibilité de faux semblants, en dehors de son identité.
- Disons que je te crois. Plus tôt dans la journée, mes hommes m'ont indiqué m'avoir trouvé inanimé sur le sol de mon bureau. Tandis que tu courrais vers la chambre forte, leur demandant clairement de prendre soin de moi.
- Je confirme.
- Une idée à soumettre pour expliquer la destruction de ma villa en absence flagrante de tout tremblement de terre dans la région ?
- Aucune. Si je suis parti si vite, c'était pour m'assurer que nos prisonniers étaient toujours sous clef et non responsables de ce qu'il arrivait. À l'effondrement des différents niveaux, j'ai été pris au piège. C'est la police qui m'a extrait des décombres. Et vous savez qui a sorti ma carcasse de l'ambulance pour me mener jusqu'à vous.
- Nicky, Nicky, Nicky… Tout cela aurait été une histoire parfaite, si seulement nous ne t'avions pas trouvé avec… ceci.
Lui montrant la sacoche contenant le portable et les disques durs, Deeks garda l'air confiant de Nick Hawkins. Si le défi restait de taille, il avait un mensonge bien rodé - concocté avec le capitaine Harkeness - pour expliquer tout cela. Restait à savoir s'il aurait le courage et la force d'affronter ce qui l'attendait pour le mener à bien. Le but ultime étant seulement de gagner suffisamment de temps pour survivre jusqu'à l'arrivée de la cavalerie.
- Tu n'imagines pas ma déception, te concernant. Mais ne dit-on pas que les enfants déçoivent toujours leurs parents ? Alors que peut-on attendre d'une pièce rapportée…
Son propre père lui ayant largement fait comprendre cette information, Deeks pouvait le lui concéder sans mal. Aussi n'est-ce pas ces paroles, mais bien l'arrivée d'un nouveau personnage qui resserra l'estomac du jeune flic.
D'un simple mouvement de tête Johnny Torrio venait de faire entrer un homme d'une carrure impressionnante. Voir ce type au ciné l'aurait fait rire aux éclats pour ce choix trop stéréotypé dans le casting. Mais l'idée de se faire briser par cette masse de muscles n'avait franchement rien de drôle.
Pour toute présentation, il n'obtient qu'un uppercut bien placé de l'homme en question.
Alors qu'il se demandait si sa mâchoire ne venait pas d'être cassée avec cet unique coup, Deeks ressentit une nostalgie fugace pour sa poutre en métal.
NCIS – LA
Éric se sentait juste un peu coincé. Deeks avait vraiment le chic pour le mettre dans des situations cornéliennes. Alors que tout à chacun étaient persuadés qu'il participait aux recherches d'un 4x4 qu'il n'avait jamais perdu de vu. Il organisait déjà ce qui lui serait nécessaire pour une triangulation avec l'aide de Nell. Cette dernière affichait envers lui une confiance aveugle, suivant depuis un moment déjà ses ordres sans même lui demander ses raisons. Bien sûr elle savait que le but était de retrouver leur ami. Mais pas un instant, elle n'avait remis en doute l'incongruité de certaines de ses demandes. D'autant qu'il les lui donnait depuis bien avant l'annonce de l'enlèvement de Deeks.
- Éric. l'interrompit Nell.
- Hum… ?
- Une raison spécifique pour laquelle on n'a pas informé les autres que nous possédions déjà des éléments pour une recherche plus poussée ?
- Ça peut ne rien donner. Alors, pourquoi les alerter avant d'en savoir un peu plus ?
- Je peux poser une seconde question ?
- Toujours.
Se détournant un instant de son PC, Nell se tourna pour lui faire face. Depuis peu, tous les autres avaient quitté le MTAC pour organiser ils ne savaient quoi de leur bureau. Sans quoi, elle aurait patienté. Et tout dans le regard d'Éric lui assurait qu'il le savait.
- Pourquoi ces secrets ?
- Ça vient de lui.
- Tu veux dire Deeks ?
- Il m'a demandé de ne rien dire.
- Et toi, tu fais tout ce qu'il demande ?
- Il m'a fait suffisamment confiance pour se confier et me faire part de ses craintes. Il savait que cela pouvait se passer, ainsi. Mais pas forcément dans l'instant. Il s'imaginait plutôt capturé dans quelques heures à quelques jours.
- Pourquoi ne voulait-il pas tenir informer les autres ?
- Officiellement, c'est une enquête de police. Pour autant, il n'avait aucune envie de partir sans filet de sécurité. Il ne fait confiance à aucun membre du LAPD. Si l'équipe du NCIS a tendance à le sous-estimer et être trop surprotecteur à son goût, il n'en sait pas moins que nous serons les seuls à nous démener pour le retrouver.
- C'est pas un peu facile ? Il ne veut pas nous rendre de compte, mais profite malgré tout de nos moyens ? Et toi tu acceptes ses caprices sans broncher ?
Elle ne pensait pas un mot de ses paroles. Elle avait suffisamment bossé dans d'autres services pour savoir que la vie n'était pas rose, même du bon côté de la loi. Mais Nell savait qu'il y avait plus et ça l'agaçait qu'Éric ne le sorte pas dès le départ. Aussi tentait-elle de la choquer pour qu'il révèle enfin la vérité sous la colère. Manque de chance, il lisait en elle comme dans un livre ouvert.
- Nell, c'est notre ami. Aujourd'hui, mon meilleur ami.
- Dans ce cas, tu aurais dû le convaincre d'informer les autres de son idée. Suite à son refus, lâcher tout à Hetty pour mieux protéger ses arrières. Et dès l'annonce de son enlèvement, dire tout ce que tu savais.
- Comme ça la prochaine fois où il sera coincé, il agira définitivement seul ? Braquer les gens pour les pousser à agir contre leur volonté est contre-productif ! À part l'inciter à ne plus jamais se confier, ni demander de l'aide, on y gagnerait quoi ? Il sait qu'il existe une frontière au-delà de laquelle, j'agirais pour son bien en niant ses ordres. Comme il sait que je respecterais au maximum sa volonté en gardant son dos aussi longtemps que possible. Et c'est pour cette seule raison qu'il vient et reviendra encore vers moi pour se confier et trouver de l'aide.
- Sauf que là tu parles du rôle de son partenaire.
- Exact. Sam et Calen agissent réciproquement ainsi entre eux, comme Deeks offre à Kensi un soutien aveugle et sans limites. Mais tu dois admettre qu'aujourd'hui, l'inverse n'est toujours pas d'actualité.
Ne pouvant réfuter l'information, Nell ne répondit pas. Il était évident que les trois agents travaillant avec l'inspecteur n'admettaient pas encore qu'il puisse être leur égal sur le terrain. Peut-être que cette mission changerait la donne. Mais pour l'instant, Deeks savait que seul Éric ne se moquait jamais de lui… contrairement aux autres qui ne manquaient jamais une occasion de le ridiculiser. Ne lui offrant jamais une position de force au sein de leur infiltration commune. Juste bon à les soutenir... Comment se savoir apprécié à sa juste valeur en ces conditions ?
Alors qu'elle relevait la tête pour le voir l'observer avec attention, Nell se sentit rougir à la force de son regard pour elle.
- Tu sais que je n'en ferais pas moins pour toi ?
- Je sais, Éric.
Le visage sérieux de la jeune femme soulagea l'informaticien. Lui-même lui répondit silencieusement qu'il lui faisait également confiance.
- Mais contrairement à Deeks, ici, tu es mon partenaire, pas le sien.
- Tu as raison. Mais dans l'eau, il en est tout autre.
Comprenant mieux à quoi il faisait référence, Nell le lui concéda. N'oubliant pas l'origine de la discussion, elle pencha doucement sa tête de côté, tout en tortillant ses lèvres. Un tic qu'elle affichait souvent quand elle réfléchissait particulièrement.
- De ce que je comprends. Deeks a donc sciemment accepté l'idée d'être enlevé pour retrouver au plus vite la trace de Johnny Torrio. J'imagine que les flics de son unité devaient alors s'occuper de le suivre à distance pour finalement investir les lieux et arrêter sa cible. Mais par peur d'être lâché par les siens, il t'a demandé de protéger ses arrières en doublant la surveillance sur sa personne ?
Éric ne fut pas une seconde surpris que tout cela paraisse si limpide pour leur analyste en chef. Aussi se contente-t-il d'un bref hochement de tête.
- Tu m'as fait activer les serveurs auxiliaires de la salle des machines, tout à l'heure. Qu'a-t-il sur lui exactement ?
- Un assemblage composé de la puce GPS de son téléphone, la pile de l'ordinateur portable et des filaments de laiton prélevée d'une connectique pour le point de contact.
- Comment a-t-il fait pour que tout tienne ?
- Scotch d'électricien.
- Qu'il a trouvé ?
- Il en a toujours dans ses poches.
- Ah oui ?
- Avec un couteau suisse…
- Depuis quand ?
- Environs deux mois et notre marathon des épisodes de Mac Gyver… Pendant la soirée, il m'avait mis au défi de rivaliser un jour une création digne de la série.
- Sérieux les gars, faut changer vos passe-temps.
- En attendant, je compte bien gagner mon pari.
- Je ne doute pas que Deeks l'espère tout autant que toi. Mais pourquoi ne pas lui confier un vrai émetteur ?
- Cet idiot m'a contacté trop tard pour que je lui en fasse parvenir un. Sans compter qu'il ne voulait pas que les autres soient au courant – persuadé que personne au NCIS ne le laisserait se faire volontairement enlever.
Dire qu'il était en stress était minimiser la situation d'Éric Beal. Car il avait bien conscience que son bricolage - initialement voué à seulement rassurer Deeks qu'il était branché à une balise, juste « au cas où » - était devenu sa seule ligne de survie. Avec l'incompétence notoire de la police, ils débutaient une vraie chasse au trésor, muni d'un lambeau de carte sans boussole.
- J'imagine qu'il l'a avalé, s'il souhaitait que cela reste discret. Comment penses-tu que ça va rester fonctionnel avec les sucs gastriques de l'estomac ? se questionna encore Nell
- C'est enveloppé comme une boulette de drogue. Le risque d'intoxication en moins. Mais s'il l'a bien sur lui, ce ne sera pas dans son estomac qu'il se trouvera. Donc je ne m'inquiète pas pour ce détail.
Nell se permit un levé de sourcil à cette information.
- Quoi ? À la fouille, il le trouverait et détruirait. Et connaissant ses futures hôtes, il craignait de vomir avec la torture.
Concédant cette logique, la jeune femme réalisa enfin qu'elle venait d'avoir sa réponse quant à la raison expliquant pourquoi Éric n'informait pas tout de suite les autres de l'existence de cet émetteur fait maison. Ces mecs pouvaient être de telle fille parfois… Comme si la cache d'un objet voué à survivre pouvait minimiser ce que l'on pensait de l'homme…
Elle allait faire une remarque sur ce sujet quand ils sursautèrent au bip de son PC. Leurs paramétrages venaient de finir de se charger sur le réseau satellite. Se regardant tous deux, le moment de vérité était là.
- Ok. Portée établie de votre montage ? demanda Nell.
- Estimé à 3.000 mètres. L'ambulance s'est arrêtée ici. Avec les caméras, j'ai suivi le 4x4 jusqu'à son approche du quartier des docks. Si on suit la logique de base, ils sont soit crétins et restés dans cette zone, soit à peine plus futés, pour se déplacer à l'exact opposé, dans ce site industriel du Nord-Est. C'est le quadrillage GPS de ces deux périmètres que je t'ai fait charger sur le satellite.
- Donc si je prends les antennes du réseau des téléphones portables comme balises relais...
- On stabilise le tout, pour atténuer les interférences locales, et…
- Rien.
Aucun point clignotant sur leurs deux écrans.
Il n'y avait RIEN !
Éric n'eut jamais aussi peur de toute sa vie. Car s'il ne trouvait pas très vite une solution pour scanner toute la ville… Deeks en perdrait la vie.
À suivre…
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Au prochain chapitre, la longue discussion sanglante entre Johnny Torrio et Nick Hawkins !
À venir d'ici une petite semaine, j'espère.
Sinon, yep, ^-^ Angus (prénom du héros) était bien une référence à Mac Gyver - grande série de mon enfance ^_^x
mimi yuy
