Disclaimer : Le monde de Harry Potter et les personnages inventés par JK Rowling ne m'appartiennent (évidemment) pas. Je me contente simplement de rajouter quelques uns de mes propres ingrédients à sa délicieuse soupe.

Chapitre 11

Aveugle.

...

Amy ne parvenait pas à arrêter de trembler. Quel était donc ce fichu contre sort ? Le visage enfoui dans ses mains, la jeune fille essayait en vain de se souvenir, mais elle ne pouvait que murmurer une litanie d'excuses pathétiques à l'adresse de Remus qui, pendant ce temps, tentait d'atteindre à tâtons sa forme prostrée. Enfin, sa main agrippa un pan de la robe de sa compagne et il crapahuta maladroitement jusqu'à elle.

« Je suis désolée Remus. Je suis vraiment désolée, j'arrive pas à me souvenir. C'est tout parti. J'ai tout raté – tous ces sorciers qui sont morts. A cause de moi. Et toi, tu ne vois plus rien. A cause de moi. Je suis désolée ! Vraiment ! »

Remus la sentait trembler et sangloter sous ses mains

« Et je t'ai embarqué dans tout ça. Je suis désolée, Remus ! Tous ces gens qu'on n'a pas pu évacuer à cause de moi… »

« Chut, chuuuut, murmura Remus d'un ton qu'il voulait rassurant tout en tentant d'aider la jeune fille à se redresser. Amy, écoute-moi. »

« Non, non, c'est tout de ma faute ! J'aurais dû mettre en place un système plus efficace. Des portauloins. Ou réactiver de réseau de Cheminées. Mais au lieu de ça… »

« Chut, Amy, écoute… »

Mais pendant de longues minute, il semblait qu'Amy était simplement hors d'atteinte. Patiemment, doucement, Remus l'entoura de ses bras en attendant qu'elle se calme suffisamment pour l'écouter.

Enfin, les sanglots de la jeune fille se firent plus rares et ses marmonnements moins hystériques. Remus attendait toujours, une main plongée dans les cheveux emmêlés de son amie, une autre qui serrait ses petites mains froides.

« Amy, reprit-il doucement. »

Il sembla un instant ne pas savoir comment continuer.

« Est-ce que tu te souviens où tu as trouvé le sort d'aveuglement ? »

La jeune fille hocha la tête puis, se souvenant qu'il ne pouvait pas la voir, répondit qu'il venait d'un livre de la Caverne.

« Et tu te souviens de quel livre il s'agit ? poursuivit Remus tout aussi calmement. »

« Oui. »

Et comme si cette prise de conscience avait empli Amy d'énergie nerveuse, elle se leva et aida Remus à en faire de même. Pendant un instant, ni l'un ni l'autre ne bougèrent, puis la jeune fille passa délicatement ses doigts meurtris par l'attaque sur les yeux aveugles de Remus.

« Je suis désolée, dit-elle et pendant un instant, le jeune homme craignit qu'elle ne reprenne sa litanie d'excuses, mais il n'en fut rien. Je sais où se trouve le livre. Plus vite on y va, plus vite tu seras guéri. Tu penses arriver à faire le chemin jusqu'à Poudlard si je te guide ? »

Pour toute réponse, Remus agrippa fermement la main de la jeune fille, et ils commencèrent la dure route qui devait les mener jusqu'à l'école. Trébuchants et hésitants, il leur fallut presque trente minutes pour parcourir le long tunnel. Autant pour tenter de rassurer Remus que pour se distraire des souvenirs de l'attaque à laquelle ils venaient d'échapper, Amy se força à maintenir une conversation enjouée qui tenait plus du monologue. Mais ça ne semblait pas préoccuper le jeune homme. Aussi confiant que si Amy n'était en rien responsable de son état actuel, il se laissait mener, riait même de temps en temps à quelques unes des remarques les plus étranges de sa compagne, et faisait semblant de ne pas remarquer combien ses doigts tremblaient.

Amy n'arrivait pas à croire qu'ils étaient là à plaisanter alors que moins d'une heure auparavant ils étaient sur le qui-vive dans un quartier attaqué par des sorciers vicieux et sans pitié.

Enfin, alors qu'Amy était justement en train de se dire qu'elle était presque à court d'histoires à raconter, ils atteignirent l'arrière du miroir qui les ramènerait dans l'école. L'enthousiasme de la jeune fille parut un instant vaciller.

« On fait quoi maintenant ? demanda-t-elle finalement. »

« Il est quelle heure ? »

« Juste avant trois heures. »

« Parfait, dit Remus. Il nous reste quelques minutes avant la fin des cours – on a juste quelques couloirs à parcourir avant d'atteindre la Caverne, donc si on fait ça vite et bien, on devrait y arriver avant la sortie des classes. »

Amy hocha la tête et reprit la main de Remus. D'un mouvement de baguette, elle entrouvrit le miroir et jeta un regard au couloir qui s'offrait à elle. Désert.

« C'est parti, souffla-t-elle à Remus avant de les projeter aussi efficacement que possible hors du passage et dans le couloir. A gauche, murmura-t-elle. »

Dans sa hâte, elle manqua néanmoins de les faire trébucher et dut se forcer à ralentir un peu pour leur éviter une chute douloureuse et contre-productive. Elle ne pouvait s'empêcher de tirer un peu sur le bras de Remus de temps à autre, mais évita tout commentaire. Un nouveau couloir, tout aussi vide et silencieux que le précédent. Plus que quelques pas… Enfin, ils poussèrent simultanément la porte de la Caverne et un soupir de soulagement.

Sans pour autant prendre le temps de récupérer de ce trajet difficile, Amy lâcha le bras de Remus et se précipita sur les livres.

« Troisième étagère, quatrième livre. Sortilège d'aveuglement, marmonna-t-elle en donnant un coup de baguette magique à l'étagère. »

Ses mains tremblaient tellement qu'elle eut d'abord du mal à déchiffrer les pattes de mouches de l'auteur. Finalement, elle fut forcée de poser le manuscrit sur la table. Vite ! Ca y est ! La formule était là. Amy lut les instructions à voix haute pour s'assurer qu'elle avait bien compris avant de se tourner vers Remus et de prononcer le contre sort.

« Alors ? fit-elle anxieusement. »

« Euh… rien pour l'instant… répondit Remus. »

« Rien ? »

Amy ne put effacer la pointe de panique de sa voix. Elle se précipita vers le grimoire et relisait le paragraphe une nouvelle fois lorsqu'une exclamation de Remus lui fit relever la tête.

« Ca y est ! Ca commence à s'éclaircir ! »

Plus que tout ce que Remus avait pu dire et faire depuis qu'il avait été touché par le sort, le ton de sa voix trahissait la peur qu'il avait eue de ne jamais retrouver la vue et son soulagement à l'idée qu'il n'était plus aveugle.

« Je commence à distinguer quelques grandes formes sombres… T'es où, Amy ? »

« Près de la table, je suis en train de lire le reste du… »

« Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Ah, ça y est, je te vois ! »

Mais Amy était trop choquée pour répondre. En dessous de la description du sort et du contre sort se trouvait un paragraphe qui lui avait jusqu'à présent échappé. Lentement, elle en lut les quelques dernières phrases à voix haute.

« 'Dès 1659, ce sort fut rendu illégal en Angleterre, puis en Ecosse, en Irlande et dans le reste de l'Europe. La raison particulière invoquée pour cette décision était le fait que l'exposition à ce sort pouvait causer des lésions permanentes, même une fois le sort levé. Une exposition supérieure à trente minutes signifiait en général que la victime ne recouvrait pas la totalité de sa vision…' Remus… ? »

Pendant la lecture du paragraphe, le jeune homme avait interrompu ses remarques enthousiastes sur ses progrès visuels, mais il paraissait à présent décidé de ne pas encore céder au désespoir.

« Ca y est presque Amy. Je distingue les livres sur les étagères… Ah, j'arrive à voir certains des titres… Et… et… »

Et il s'arrêta là.

Elle lui avait détruit la vue… C'était plus qu'Amy ne pouvait en supporter. La petite parcelle de maîtrise de soi qui lui restait encore s'évapora lorsqu'elle sentit plus qu'elle n'entendit l'horrible hurlement qui s'échappait de sa bouche, gagnant en puissance et en horreur à chaque seconde.

Jusqu'à présent, Amy n'avait jamais fait de mal à une mouche et la magie était pour elle une force neutre qui lui permettait de faire certaines choses plus rapidement et là… Soudain toutes ces certitudes sur lesquelles Amy avait bâti son monde s'effondraient. Elle n'était pas la personne qu'elle croyait. La magie n'était pas ce qu'elle croyait. Elle s'était mise en danger alors qu'elle n'avait absolument pas les connaissances nécessaires pour se défendre. Elle avait entraîné un ami sans pouvoir garantir qu'il ne subirait aucun dommage. Elle avait risqué la vie de nombreuses personnes… Et s'ils avaient rencontré plus de Mangemorts – aurait-elle été capable de les défendre ? Non.

Elle n'en pouvait plus. Elle étouffait. Elle se sent mal. Et Remus ne disait toujours rien pendant que ce cri inhumain lui déchirait les tympans pour se briser finalement en un sanglot.

Amy avait l'impression de perdre la tête. Pourquoi était-elle ici, dans ce monde ? Quelles avaient été ses raisons d'agir ? Elle n'en savait strictement rien.

Il lui fallut plusieurs secondes pour se rendre compte que deux mains l'avaient saisie par les épaules et serraient fort. Très fort. Amy ouvrit les yeux – elle ne s'était même pas rendu compte qu'elle les avait fermés… Et quand s'était-elle accroupie ? Remus la regardait droit dans les yeux. A la vue de ses yeux, le gémissement s'échappa de la gorge d'Amy couvrit ce que Remus était en train de dire. Ces deux lunes, si grises, si douces, un peu moins vives, un peu moins compétentes qu'auparavant. Et tout cela par sa faute.

Remus était horrifié. Ses inquiétudes sur la vue diminuée avaient laissé place à une peur panique devant l'état d'Amy. Il ne savait absolument pas quoi faire pour la calmer. Elle ne semblait pas entendre ses paroles, ne réagissait pas à son contact… En désespoir de cause, Remus saisit sa baguette et lui jeta un sortilège calmant basique.

Amy arrêta net ses gémissements et marmonnements et resta juste assise par terre, une expression vacante sur le visage. Ce n'est qu'alors que Remus prit conscience de l'étendue des blessures de la jeune fille. La coupure sur sa jambe s'était rouverte et sa jambe était trempée de sang. Son visage, son cou et ses mains étaient couverts de brûlures et d'égratignures. Ses habits étaient en lambeau et une déchirure au niveau de l'épaule laissait entrevoir une autre coupure ouverte. Un bleu s'étendait à présent le long de sa joue et ses mains, posées mollement sur ses genoux, étaient sans cesse parcourues de tremblements.

Ses propres mains n'étaient pas beaucoup plus stables lorsqu'il prit le sac d'Amy et farfouilla dedans pour trouver les potions qu'il lui fallait. Potion calmante et soignante. Ca devrait faire l'affaire pour commencer. Avec mille précautions, il porta la fiole aux lèvres de la jeune fille et l'aida à boire. Graduellement, les tremblements cessèrent, un peu de chaleur revint dans les mains d'Amy et ses joues perdirent leur pâleur mortelle.

Patiemment, Remus soigna chaque blessure du mieux qu'il put, étalant de la crème par-ci, jetant un sort par-là. Ce n'étaient que des soins sommaires, mais ça allait devoir faire l'affaire. Il ne savait pas exactement par quels sorts la jeune fille avait été touchée, mais l'emmener voir Poppy était trop risqué.

Enfin, lorsqu'il eut recouvert la joue d'Amy de la dernière touche de crème, Remus leur jeta à tous deux un sort de nettoyage pour les débarrasser de la poussière et saleté qui les maculait. Là, ils étaient suffisamment présentables pour qu'on ne fasse pas trop attention à eux dans les couloirs.

Amy ne disait toujours rien, mais ne le quittait pas des yeux. Remus allait ouvrir la bouche pour lui demander si elle se sentait prête à affronter la route jusqu'aux dortoirs lorsque la jeune fille leva lentement la main. L'air concentré, elle caressa son visage – sourcils, pommettes, bouche, menton… Un instant seulement, il céda à l'envie de fermer les yeux et profiter de ce toucher si doux, si aimant… Puis il prit doucement la main caressante dans une des siennes et la porta à ses lèvres. Jamais encore il ne l'avait embrassé si tendrement – il en eut presque les larmes aux yeux.

« Allez, finit-il cependant par dire doucement. Il faut qu'on y aille – tu as besoin de repos. »

Voyant qu'elle ne protestait pas, Remus tira son amie sur ses pieds. L'encourageant comme il l'aurait fait avec un enfant, il lui murmurait à l'oreille des petits riens. Amy ne semblait pas prêter attention à ce qu'il lui disait et se contentait de se laisser conduire aussi mollement qu'une poupée de chiffon.

La route entre la Caverne et la Tour de Gryffondor ne leur prit pas trop de temps. La plupart des élèves dînaient dans la Grande Salle et ils ne rencontrèrent presque personne en chemin. Enfin, ils atteignirent la Salle Commune.

Jamais il n'avait apprécié le fait, qu'en tant que préfet, il avait accès aux dortoirs des filles autant que ce jour-là. Remus aida Amy à monter jusqu'à sa chambre. Il lui retira sa cape et, après un instant d'hésitation et les joues un peu rouges, il dégrafa sa robe et lui passa son pyjama avant de la mettre au lit. Pendant tout ce temps, Amy n'avait pas prononcé un seul mot. Elle se contentait de le fixer de ses yeux bleus insondables. Il commençait à se sentir un peu mal à l'aise d'être scruté ainsi sans relâche et ne put s'empêcher de se sentir soulagé lorsque la jeune fille ferma les yeux dès que sa tête toucha l'oreiller.

Sans mot dire, Remus s'assit au bord du lit et prit maladroitement la main de son amie dont les larmes, silencieuses cette fois, venaient tremper l'oreiller. La jeune fille poussa un gros soupir et murmura « je suis désolée » si bas que Remus l'entendit à peine.

« Ne t'en fais pas pour moi – mes yeux vont tout à fait mieux, affirma-t-il doucement. »

Ca n'était pas entièrement vrai, mais c'était un mensonge nécessaire. L'idée qu'il ne recouvrerait peut-être jamais totalement la vue le rendait malade, mais pour rien au monde il n'aurait voulu l'avouer à Amy.

« Je suis désolée de t'avoir embarqué dans tout ça – j'aurais jamais dû le faire. J'aurais dû rester dans mon époque et ne jamais mettre les pieds ici, continua Amy amèrement. »

Remus ne sut d'abord quoi répondre. Qu'auraient été ces quelques derniers mois sans la venue d'Amy ? Il tenta vainement de se souvenir de sa vie telle qu'elle l'était avant – avant Amy, avant que la menace de Voldemort ne devienne une réalité, avant l'idée qu'il serait peut-être possible d'influencer le cours des choses pour le mieux… Mais il n'y parvint pas.

« Même si je le pouvais, je ne changerais rien... dit-il doucement, perdu dans ses propres réflexions. »

Amy ne répondit rien et ne put empêcher les questions de s'emmêler dans sa tête. Avait-elle vraiment le droit d'entraîner Remus dans tout ça ? Avait-elle vraiment le droit d'encourager leur relation – une relation qui signifiait tant de choses pour elle, elle commençait seulement à s'en rendre compte, mais qui était complètement égoïste de sa part puisqu'un jour, elle allait partir, l'abandonner complètement sans savoir quand, ni pourquoi et surtout sans pouvoir l'empêcher…

Mais Amy ne dit rien et se contenta de serrer Remus fort dans ses bras. Elle était tellement soulagée qu'il aille bien. Un instant, ses pensées s'égarèrent vers toutes ces personnes à Londres qui n'allaient pas bien. A ces corps sans vie qui jonchaient les allées autour du Chemin de Traverse. Mais elle ne dit rien. Elle laissa Remus la border et tomba dans un sommeil sans rêve…

… pour être réveillée, quelques heures plus tard par un Sirius en colère.

Amy ne comprit d'abord pas ce qui se passait. Pourquoi était-elle couchée ? Quelle heure était-il ? Sirius n'arrêtait pas de répéter qu'il n'en avait rien à faire qu'elle décide de louper les cours pour faire la sieste, mais qu'elle allait quand même devoir assister au sien – surtout que c'était elle qui lui avait demandé de le reculer d'un jour.

Et pendant tout ce discours, Amy ne parvenait pas à se concentrer sur autre chose que sur le fait qu'il était un garçon et dans son dortoir.

« Comment t'as fait pour monter ? demanda-t-elle d'une voix pâteuse. »

« J'ai mes moyens, répliqua-t-il sèchement avant de lui tendre sa robe. Tiens, mets ça. »

Amy se leva et frissonna. Sans réfléchir, elle enfila la robe. Son esprit et son corps étaient tout engourdis. Elle ne se souvenait que vaguement des événements des quelques dernières heures – les corps, le vent fou, le crucio… Elle se força à se concentrer sur Sirius qui l'entraînait, toujours vociférant, vers la porte de la chambre. Dès qu'il posa le pied sur la première marche, l'escalier se transforma en toboggan et Amy, qui n'avait pas prévu le coup, tomba lourdement sur ses fesses et glissa jusqu'à la Salle Commune sans presque s'en rendre compte.

« Sirius… dit-elle finalement après une hésitation. Je suis pas sûre que ça soit une bonne idée que j'aie cours de Duel maintenant… »

« Rien à faire – t'es là, je suis là, c'est parti. Tu te reposeras après. »

Amy hocha la tête comme si ce qu'il venait de dire était parfaitement cohérent et le suivit sans réfléchir.

Quelques minutes plus tard, la jeune fille se retrouva en train d'enchaîner ses échauffements habituels sous l'œil critique de Sirius qui était encore plus renfermé que d'habitude – ce qui n'était pas peu dire étant donné que les rapports entre eux ne s'étaient pas vraiment améliorés depuis le début de leurs cours de Duel.

Le début du cours se passa presque normalement. Amy parvint à effectuer le premier enchaînement sans trop d'erreurs. Au deuxième, elle eut plus de mal à suivre et laissa tomber son épée. Au troisième, ses mouvements étaient si raides et peu énergiques que Sirius le lui fit reprendre plusieurs fois avant de se montrer satisfait.

Une fois n'est pas coutume, le flot de corrections et commentaires de Sirius lui passèrent complètement par-dessus la tête. Amy était si concentrée sur ses mouvements qu'elle les entendait à peine – elle n'avait qu'une hâte, que le cours se finisse et qu'elle puisse retourner se coucher.

Elle persévéra malgré tout et Sirius parut enfin satisfait et lui accorda une petite pause. Amy était justement en train de se dire qu'elle allait peut-être même sortir du cours indemne lorsque Sirius annonça qu'ils allaient finir avec un exercice de bataille.

C'était une mauvaise idée, elle s'en était rendu compte dès le début. Elle tenta bien de convaincre son 'professeur' de poursuivre avec des exercices mais rien n'y fit. Avec l'énergie du désespoir, Amy carra ses épaules et fit face à Sirius.

Au premier sort, Amy sentit tous ses muscles se figer de terreur. Au deuxième, elle se mit à hurler. Au troisième, elle s'évanouit.

Les échos d'une dispute la tira de sa torpeur quelques secondes plus tard. Remus – tiens, qu'est-ce qu'il faisait là… ? Il hurlait quelque chose à propos d'une carte des Marabouts et comme quoi Sirius était complètement irresponsable – mais le reste des arguments furieux lui échappèrent totalement. Elle n'arrêtait pas de s'endormir pour se réveiller à chaque nouveau hurlement, croyant être de retour sur le Chemin de Traverse.

Elle ne s'était pas rendu compte qu'elle s'était mise à parler jusqu'à ce qu'elle sente la main de Remus sur son visage.

« Remus, tes yeux… Je suis désolée… Les trois sorciers du magasin – je les ai laissés seuls avec des Mangemorts. Je suis partie. Sans aider… Tes yeux Remus. Tes yeux… »

Depuis son arrivée en 1990, Amy s'était laissée bercer par l'illusion que son retour en 2005 serait la chose la plus aisée du monde – qu'elle pourrait faire comme si de rien était et se réintégrer dans son monde sans aucune arrière-pensée.

Au début, elle s'était dit qu'elle raconterait à Aurélie quelques morceaux choisis de sa vie en 1990, de sa confusion permanente et de ses erreurs temporelles. Elles auraient bien ri, puis seraient passées à autre chose.

Après quelques semaines dans le passé, elle aurait souhaité pouvoir partager ses craintes et ses doutes avec son amie et l'entendre dire qu'elle avait bien agi en ne disant rien de ce qui les attendait à Lily et à ses nouveaux amis. Soulagée d'un poids, Amy aurait pu reprendre sa vie telle qu'elle l'avait laissée, repensant parfois avec un peu d'amertume aux quelques semaines étranges qu'elle avait vécues.

Mais depuis Pré-au-Lard, depuis Remus, elle avait tenté d'ignorer le fait qu'elle savait à présent qu'il lui serait impossible de revenir dans son époque et d'être la personne qu'elle avait été en partant. Jamais elle ne cesserait d'être hantée par les conséquences de ses actes. Par toutes ces petites actions quotidiennes, en apparence anodines, qui scellaient le destin des personnes qui l'avaient accueillie dans cette époque étrangère. Jamais elle ne pourrait oublier le fait que, par sa faute, Harry Potter ne connaîtrait jamais ses parents et que Sirius Black allait se voir emprisonné pour un crime qu'elle n'était plus convaincue qu'il avait réellement commis.

Pas plus qu'elle ne pourrait oublier que, par sa faute, Remus avait failli perdre la vue, que de nombreux sorciers étaient morts au Chemin de Traverse… Qu'elle n'était pas à la hauteur du lourd fardeau qui lui était confié…

A/N: Bonne année à tous! Je vous souhaite plein de bonnes choses pour 2013 !

Désolée d'avoir mis si longtemps à mettre ce chapitre en ligne – j'ai un peu du mal avec la suite donc je voulais avoir quelques autres chapitres écrits d'avance pour être sûre que tout allait bien dans la direction que je voulais. Enfin voilà ! J'espère que ce chapitre vous aura plu !

Je vais essayer de retrouver un rythme un peu plus rapide, mais bon, la Vraie Vie peut être plutôt envahissante par moment…