Bonjour, bonjour ! J'espère que tout va bien chez vous :)

Je voulais poster ce chapitre la semaine dernière mais j'ai eu quelques petits impondérables, la bonne nouvelle, j'ai avancé dans la suite de la trad (un peu) mais les derniers chapitres sont plus longs, j'avais oublié... Bref, la suite le mois prochain au plus tard.

Merci à tous pour vos reviews : Ag4400, FreeCandy, Lamesis, LauraNyra, malilite, MlleEnora , nanira , Orlane Sayan, Starky , Sunshiine , Tama , Tchoupi95 , TheBeatlesHP , xxShimyxx

Et bonne lecture !


Boyfriend – Chapitre 11

"Un homme capable d'embrasser une femme pendant qu'il conduit ne donne simplement pas au baiser l'attention qu'il mérite" — Albert Einstein

Flirts furtifs

Jeudi matin, je me réveillai sans que personne ne vienne me secouer. Je soulevai une paupière pour jeter un rapide coup d'œil autour de moi. Le soleil brillait et tout était parfaitement silencieux si l'on oubliait les quelques oiseaux qui gazouillaient devant la fenêtre de ma chambre. Je pris une profonde respiration pour profiter de l'odeur de mes draps fraichement lavés. J'étendis les bras au-dessus de ma tête et regardai le réveil à côté de moi. Il affichait 12h07.

Je soupirai de bonheur. La vie était belle.

Paresseusement, je flânai en direction de la salle de bains et débarrassai ma bouche de son horrible haleine matinale en me brossant les dents avec une généreuse quantité de dentifrice à la menthe. Ensuite, je coiffai mes cheveux pour cesser de ressembler à un petit rongeur poilu. Un opossum peut-être, ou un furet. Celui des deux qui était le plus moche. Et pour finir, je me nettoyai le visage. Alors que je me séchais avec une serviette, je me jetai un coup dans le miroir et réalisai que j'étais en train de sourire. J'admets que pour la première fois depuis très longtemps, je me sentais vraiment et incroyablement heureuse.

Merlin, si Hestia pouvait me voir. Lily Evans, heureuse à cause de James Potter – et pas parce que je lui avais jeté un sortilège. C'était vraiment un signe d'apocalypse. Je devrais faire l'amour avant de mourir – ça, et manger une gelato italienne.

Je dévalai les escaliers vers la cuisine.

James m'attendait, assis à la table. Je l'observai d'un œil appréciateur. Il avait déjà enfilé un short marron et, béni soit-il, une autre chemise avec les manches enroulées sur ses bras. Ce garçon allait causer ma perte. Il déposa le journal moldu qu'il était en train de lire, se passa la main dans les cheveux, et me sourit.

Je lui répondis instantanément. Je ressentis une inexplicable attraction vers lui, comme si j'étais un aimant attiré par toute son énergie positive. Il me regarda des pieds à la tête, s'attardant à quelques endroits un peu trop longtemps, avant que ses yeux ne plongent dans les miens.

« Bonjour Lily, » me salua-t-il d'une voix douce.

« Bonjour, » articulai-je d'une voix aigüe. Génial, il sonnait séducteur et irrésistible et tout ce que je pouvais donner était un braillement d'Hippogriffe.

« Oh, Lily, tu es debout, » entendis-je ma mère déclarer.

Je sursautai un peu. J'avais été tellement absorbée par James que je n'avais même pas regardé s'il y avait quelqu'un d'autre dans la pièce.

« Oh, salut maman » dis-je d'une voix tremblante.

« Bonjour chérie, assieds-toi, je vais te servir à diner, » offrit-elle en essuyant ses mains sur un essuie de vaisselle.

« Et le petit déjeuner ? » demandai-je.

« Tu dormais pendant le petit dej, » répliqua-t-elle.

« Et alors ?, » objectai-je en m'approchant d'elle. « Juste parce que je suis une lève-tard, ça ne veut pas dire que je dois sauter des repas. J'aime respecter les trois sections de la pyramide alimentaire. »

« Et quelles sont-elles encore ? » se moqua-t-elle.

« Cupcake, chocolat et glace aux copeaux de chocolat, » répondis-je d'un ton joyeux.

Elle soupira de défaite. « Qu'est-ce que tu veux ? »

« Tartine beurre de cacahuète, s'il te plait ? » demandai-je innocemment.

« Ça marche, » dit-elle en hochant la tête.

Je lui souris. « T'es la meilleure de toutes, Maman, » lui assurai-je.

Elle roula les yeux. « Ouais, bien sûr, » marmonna-t-elle en prenant le pain dans l'armoire derrière elle. « Va t'asseoir, espèce d'enfant pourri gâté. »

Je souris encore plus et allai m'asseoir à côté de James. Il jeta un coup d'œil par-dessus son épaule pour regarder ma mère. Je fis la même chose et dès qu'elle enfonça la tête dans le garde-manger à la recherche du beurre de cacahuètes, James attira mon visage contre le sien et m'embrassa.

Ses lèvres douces quittèrent les miennes bien trop vite.

« Bonjour toi, » chuchota-t-il.

« Salut, » soufflai-je.

Ma mère se retourna et James s'éloigna rapidement de moi. Je rigolai un peu sans rien montrer. Oh, comme tout avait changé en l'espace d'un jour.

James continua de me regarder pendant tout le temps où je mangeai mon sandwich. C'était un peu déstabilisant. Au début, je paniquai légèrement, pensant que j'avais un morceau de pain coincé dans le nez. Je vérifiai furtivement mon reflet dans une cuillère puis je réalisai qu'il me fixait simplement parce que c'était une de ces choses que James faisait. Cependant, après un moment, je décidai de m'amuser un peu avec lui et fis une scène en léchant du beurre de cacahuète sur mon doigt. J'entendis le grognement bas, guttural de James et sourit d'un air diabolique.

« Tu es un vrai démon, » marmonna-t-il suffisamment bas pour que ma mère n'entende pas.

Je clignai innocemment des yeux. « Quoi ? »

« Tu sais ce que tu fais, » dit-il. « Tu sais très bien ce que tu fais. »

Bien sûr, si je vivais dans le monde de Bizarro. Ici, en la Casa de Evans ? J'inventais à peu près tout au fur et à mesure.

Suite à toutes mes inspections minutieuses de ces derniers temps, j'en étais venue à la conclusion que James Potter n'était pas beau. Il n'était pas le modèle photo du mâle parfait, d'une peau hâlée idéale et aux yeux bleus brillants. Ses cheveux partaient dans tous les sens, en particulier dans son dos. Il y avait une trainée de petites taches de rousseur, presque invisibles, le long de sa mâchoire à l'endroit où quelques boutons disparaissaient. Son nez n'était pas tout à fait droit et sa lèvre inférieure plus mince que celle du haut. Il avait une cicatrice bizarre sur le menton et une tache de beauté près de son oreille gauche, juste à l'endroit où il y avait une zone sombre qu'il avait oublié de raser. Ses yeux, dont il était impossible de déterminer la palette de couleurs, étaient toujours remplis d'émotion et ne semblaient jamais ternir sous ses verres. Je pouvais voir tous les petits poils le long de ses sourcils que Pétunia aurait probablement voulu arracher jusqu'à ce que le sang coule, exactement comme elle avait fait avec les miens quand j'avais douze ans.

Il eut un petit sourire satisfait comme s'il avait remarqué mon regard fixe et je fus subjuguée, seulement pendant une seconde, par son sourire en coin. Non, James Potter n'était pas beau. Il était juste… James.

« Eh bien… » me provoqua-t-il.

J'ouvris ma grande bouche qui ne réfléchissait jamais avant de parler mais une interruption de ma mère me sauva de l'embarras d'essayer de répliquer quelque chose de sensé.

« Alors, qu'est-ce vous deux avez prévu pour aujourd'hui ? »

Je m'appuyai sur le dossier de ma chaise. « 'Sais pas. On n'y a pas vraiment pensé, » lui dis-je sans mentir. « Où est Tuney ? »

Ma mère secoua la a tête. « Qui sait ? Cette fille saute sur ses clés et sors de la maison à peine levée. Je sais que ce n'est plus une petite fille, mais ce serait sympa de savoir où elle va et quand elle projette d'être à la maison. J'aimerais que Vernon vienne la voir ici de temps en temps plutôt qu'elle n'aille chez lui tout le temps. »

Je fronçai le nez de dégoût. « Vraiment, Maman, plus de vermine dans la maison ? Même la fumigation risque de ne plus marcher, » déclarai-je platement.

Ma mère claqua la langue avec désapprobation, mais je savais qu'elle essayait de cacher un sourire. « Hé bien au moins, nous saurions où Pétunia est.»

« Je sais où elle est, Maman. Elle est là où je ne suis pas et c'est là que je l'aime le plus, » dis-je avec un sourire brillant.

James laissa échapper un rire mais pour sauver les apparences devant ma mère, parvint habilement à le camoufler par une toux.

« Tout va bien, James ? » lui demanda-t-elle avec inquiétude.

James se frappa le torse du poing et acquiesça vigoureusement. « Ça va. Un peu d'amertume qui est passée dans le mauvais tuyau, » ajouta-il avec un geste vers sa tasse de café et un clin d'œil vers moi.

Je roulai les yeux. Merci Merlin, ma mère faisait bien trop confiance aux gens pour lire les sous-titres.

Une fois rassurée sur l'état de James, elle se tourna à nouveau vers moi. « Vraiment Lily, tu devrais faire un effort pour être plus sympa avec ta sœur. »

« Elle a commencé, » me plaignis-je.

Ma mère rigola. « Et c'est généralement toi qui finit avec cette bouche que tu as là. »

« Oui, Lily, » me taquina James. « Cette bouche, vraiment, » ajouta-t-il d'un ton tragique.

Pauvre type. Je croisai les bras sur la poitrine défensivement. « Ce n'est pas ma faute si je trouve de meilleures réparties qu'elle. »

« Et ce n'est pas la faute de Pétunia si elle n'est pas douée de magie, » me rappela sagement maman. « Vous finirez toutes les deux par vous marier et quitter la maison, » dit-elle un jetant un rapide coup d'œil à James qui me fit rougir d'embarras. « Et les choses ne seront plus jamais les mêmes entre vous. »

« Merci Merlin, » marmonnai-je dans un souffle.

« Le sang est plus épais que l'eau, » récita ma mère.

Je roulai les yeux. Et le pus de Bulbobulb était le plus épais de tous, mais ça ne signifiait pas que je devais le prendre dans mes bras – sauf si vous comptiez James, évidemment. Il était définitivement fait d'essence de Bulbobulb.

« Si quelque chose devait nous arriver à moi ou à ton père, ce serait bien de savoir que toi et Pétunia prendrez soin l'une de l'autre, » continua-t-elle tristement.

« Maman, rien ne va vous arriver à toi et papa, » lui dis-je.

« On ne sait jamais, Lily. Être tes parents ne signifie pas que nous sommes invincibles. »

Je vis les épaules de James se tendre et je cherchai frénétiquement à changer de sujet. « Je confierai mon premier né à Pétunia, d'accord ? » proposai-je pour qu'elle laisse tomber.

Elle sourit. « Bien. »

Je roulai les yeux. « Je parie que tu ne dis jamais à Pétunia d'être plus gentille avec moi. »

Elle rigola. « En général, on se moque de ces robes bizarres que tu dois porter tout le temps. »

« Qu'est-ce qui cloche avec ces robes ? » questionna James d'une voix indignée.

« Rien, James, » répondis-je calmement avant de marmonner « stupide Sang pur » dans ma barbe.

« C'est juste qu'elles sont un peu féminines, James, surtout celles de soirée… »

James donna l'impression que quelqu'un venait de casser son balai en deux. « Lily, tu trouves que mes robes de soirées me font ressembler à une fille ? » demanda-t-il en s'agitant.

« Non, James, tu es la quintessence de la virilité. Toute autre forme de testostérone devrait s'incliner devant toi et ton "ami" Sirius, » dis-je d'un air pince-sans-rire.

« Sirius et moi ne sommes pas gays ! » contra James.

Je souris. Enfin, quelqu'un comprenait mes remarques insidieuses. Ah, j'adorais avoir James sous la main. « Bien sûr que non… »

« Inquiète que je te quitte pour un mec, chérie ? » railla-t-il.

« Pas le moins du monde, » lui répondis-je avec honnêteté.

« Oh James, je ne pense pas que tu puisses jamais regarder quelqu'un d'autre de la façon dont tu regardes, Lily, » interrompit ma mère.

James se redressa un peu dans sa chaise et bascula en mode faux petit copain. « C'est Lily, » répondit-il simplement.

« Oh James, si tu étais un peu plus vieux. Ou mieux, si j'étais un peu plus jeune… » dit-elle d'un air mélancolique.

J'étais presque sûre que mon sandwich au beurre de cacahuète allait bientôt réapparaître sur mon assiette.

James pouffa légèrement.

« Bon, je devrais me mettre en route, » dit ma mère. « Ça ira pour vous deux ? »

Sûr, dès que je me serai arracher le cerveau pour le laver jusqu'à ce qu'il arrête de se représenter ma mère et mon copain s'envoyant en l'air sur la table de la cuisine. Merlin, pourquoi ces choses devaient-elles m'arriver à moi ?

« Nous serons sages, » assura James joyeusement. « Vous retournez encore à l'école ? »

« Non, je vais surprendre Henry au travail. Je pensais apporter quelques sandwichs pour que nous déjeunions ensemble dans son bureau. Vous êtes sûrs que vous ne voulez pas que je vous dépose quelque part ? » demanda-t-elle.

« On a plein de choses à faire, » dit James. « Partez tranquille. »

Ma mère sourit et saisit son porte-monnaie. « Ne parlez pas aux étrangers, ne brûlez pas mes rideaux et Lily, fais ton lit pour une fois. Et ne me ressert pas ta logique du 'Mais je vais y retourner dans quelques heures à peine', ça ne marche pas sur moi. A plus les enfants ! »

Je fronçais les sourcils. Ma logique était parfaitement sensée. Quel était le point de faire votre lit quand, quelques heures plus tard, vous alliez juste y retourner. De plus, les lits défaits gardaient les draps chauds donc c'était comme si je n'étais jamais partie.

J'entendis la porte d'entrée claquer et tout de suite après, James se tourna vers moi. « Je parie que tes parents ont un rendez-vous coquin et vont le faire sur le bureau de ton père. »

Ma bouche s'ouvrit d'horreur. « Eww! » hurlai-je. « Dégueu ! » ajoutai-je en le frappant sur le bras. « Pourquoi t'as dit un truc pareil ? Au nom de Merlin, pourquoi t'irais dire un truc pareil ? »

James esquiva quand j'essayai de le frapper à nouveau. « Merlin, Lils, c'était une blague ! » capitula-t-il.

Je le frappai de nouveau. « Ne refais jamais, jamais une blague comme ça ! » glapis-je d'une voix perçante en le frappant sur le torse.

L'énorme éclat de rire de James emplit la cuisine. « Les dossiers seront tout éparpillés partout ! » s'étouffa-t-il à moitié.

Mes yeux exorbités manquèrent de sortir de leurs orbites. « James Potter ! Espèce de petit con ! Je ne vais plus jamais être capable de fermer mes yeux ! » hurlai-je. Je continuai à taper du poing contre lui alors qu'il reculait dans le vestibule. Je criais encore quand nous atteignîmes les escaliers.

Avec exaspération, je me rendis compte que cela ne faisait que renforcer ses rires. « James, c'est pas drôle ! »

« Lily, c'est vraiment hilarant, » dit James. « Je ne crois pas t'avoir jamais vu piquer une crise pareille avant ! »

« On t'a laissé tomber sur la tête quand t'étais enfant ? Ce sont mes parents ! »

James ricana. « Et maintenant qu'ils sont partis, » dit-il alors que son ton devenait moins hilare et plus sérieux, « nous avons la maison toute à nous pour vivre nos propres aventures… »

Il s'avança vers moi et je buttai contre l'escalier du bas. « Exactement là où je te veux, » chuchota-t-il, son souffle chatouillant mon oreille au moment où il se pencha vers moi pour toucher mes cheveux.

« Tu ne sais pas combien de temps j'ai attendu de t'avoir comme ça, » murmura-t-il d'une voix basse et éraillée.

Ma bouche s'ouvrit. Merlin, il savait exactement quoi me dire.

« Et quel est ton prochain mouvement, Potter ? » le provoquai-je. Je voulais que ma voix sonne séductrice et attractive, mais elle semblait seulement décidée à grincer d'une façon aiguë. Je chipotai avec l'encolure de mon tee-shirt.

« Tu t'attendais vraiment à ce que je me tienne tranquille alors que tu t'es promenée dans mon tee-shirt toute la semaine ? » demanda James d'une voix qui semblait peinée.

Je levai un sourcil tout en continuant à jouer avec l'ourlet. « Ça t'ennuie ? » le taquinai-je.

Il gémit.

J'ouvris la bouche pour dire quelque chose de spirituel, mais ses mains me saisirent aux cuisses, juste à l'endroit où son tee-shirt se finissait. J'haletai et il profita de l'occasion pour écraser ses lèvres sur les miennes. Mes doigts se posèrent sur son torse et glissèrent jusqu'à ses cheveux alors que les siennes voyageaient le long de mes côtes avant de venir se poser sur mes hanches. Son baiser était passionné et enthousiaste, mais pas trop agressif. Plus que n'importe quoi d'autre, je remarquai une différence dans la façon dont il m'embrassait.

Il ne gardait plus rien en réserve. Ce n'était pas pour ma famille ou pour couvrir nos mensonges, et il n'essayait pas de gagner mes faveurs. Le désir était évident, mais il y avait aussi des sentiments derrière. James m'embrassait parce qu'il le voulait. Et je l'embrassais pour les mêmes raisons.

Ses lèvres quittèrent les miennes pour gagner ma gorge. Je titibai vers l'arrière et il en profita pour nous déplacer un peu plus haut dans les escaliers. « J'ai oublié ce que j'allais dire, » dis-je d'une voix haletante.

Il marqua une pause et respira dans mon cou. « Alors ce n'était pas important, » murmura-t-il.

« Mmm, » répondis-je en fermant les yeux involontairement. Je l'agrippai par les cheveux et l'obligeai à revenir sur mes lèvres. Son corps se rapprocha du mien et on trébucha contre une marche. Je sentis James me guider à l'envers vers le haut des escaliers.

« Ce que tu – » dis-je, mais je fus coupée par ses lèvres.

Tout en nous cognant aveuglément contre les murs, il me porta à moitié jusqu'en haut. Dans le couloir, ses mains s'occupèrent moins de me faire garder l'équilibre et plus de me tripoter avec frénésie – pas que je m'y oppose. Nos lèvres n'arrêtaient jamais de bouger et je plantai mes ongles dans son cuir chevelu. Un gémissement bas et rauque échappa à James et il me pressa contre la porte de la salle de bains.

Ma respiration se fit laborieuse et je me sentis comme un chat souffrant de la chaleur tant j'haletais fort. Mon cœur battait à plus de cent par minute et lui aussi semblait lutter pour reprendre le contrôle de lui-même.

Avec son regard sauvage, ses cheveux complètement emmêlés et ses lèvres rouges, James ne m'avait jamais semblé si attirant.

« Lily, » chuchota-t-il.

« Oui, James ? »

« Bonjour, » susurra-t-il.

Je souris. « Bonjour, » répondis-je dans un souffle.

Il déposa son front contre le mien et je pus sentir le bout de ses doigts tracer mon visage.

Je rigolai. « On n'a pas déjà couvert ce sujet dans la cuisine ? »

« Oh, eh bien, ce n'est pas comme si je pouvais t'embrasser comme ça devant ta mère, » me fit-il remarquer.

J'eus un sourire tendu. Maintenant que James et moi étions – ce que nous étions – nous allions réellement devoir nous retrouver en douce dans le dos de mes parents. C'était presque comme si j'avais vraiment ramené un petit ami pour les vacances.

« Merlin, ça fait des siècles que je rêvais de faire ça. »

« James, c'était pas notre premier baiser. On fait ça depuis, oh, j'en sais rien, une semaine ? » lui rappelai-je.

Il embrassa ma tempe et laissa ses lèvres glisser sur ma joue. « Pas la même chose. »

Je soupirai. Je le savais bien.

Il se pencha pour m'embrasser à nouveau mais je me glissai hors d'atteinte. Sa moue fut presque suffisante pour que je me précipite à nouveau dans ses bras, mais j'avais un meilleur plan.

Je me mis sur la pointe des pieds et sentit son tee-shirt remonter de quelques centimètres. « Bon, grand temps pour une douche, je suppose. »

Je pense que James geignit. Je souris d'un air triomphant. « C'est pas juste, » grogna-t-il.

En me léchant les lèvres, je rigolai et lui embrassai le coin de la bouche. « Et pendant que je suis là-dedans, tu auras tout le temps de penser à tes parents, seuls, sans James ennuyant dans les pattes pour les empêcher de s'envoyer en l'air comme les dangereux Aurors qu'ils sont…, » lui dis-je juste avant de me glisser dans la salle de bain et de lui refermer la porte au nez.

J'entendis son masculin cri perçant ("Arght !") je rigolais encore quand j'allumai l'eau.

Au final, le seul moyen qu'un adolescent avait d'apprécier le sexe était de croire fermement à la cigogne.

Je me précipitai et pris mon temps dans la douche. D'un côté, je voulais sortir d'ici aussi rapidement que possible pour pouvoir recommencer à embrasser James. Et oui, je réalisai que je venais de penser ça. Néanmoins, je ne voulais pas sembler trop avide. J'avais déjà sous-entendu que je l'appréciais. Je ne devais pas trop en donner trop vite. Son ego exploserait. De plus, il me fallut vingt minutes, à peu de choses près, passées me réciter les courants migratoires des tortues pour arriver à retirer l'image de mes parents faisant l'amour de ma tête.

Je sortis de la salle de bains et m'habillai. J'avais décidé de porter une petite jupe en jeans et un top dos-nu rouge. Je relevai mes cheveux pour laisser mon dos libre et appliquai rapidement mon maquillage habituel. Ensuite, j'avançai vers la chambre d'ami et toquai deux fois.

James fut à la porte rapidement. J'aurais parié dix Gallions qu'il m'attendait.

« Tu veux m'aider à ranger ma chambre ? » proposai-je innocemment.

« Sûr, » répondit-il avec un grand sourire en se passant la main dans les cheveux, qui avaient l'air un peu plus ordonnés qu'un peu plus tôt. Je pris une note mentalement de corriger ça.

On entra dans ma chambre et je commençai à faire mon lit. James resta derrière moi à regarder autour de lui.

Je rigolai. « Tu sais, aider implique généralement de faire quelque chose, » l'ennuyai-je.

« Désolé, » murmura-t-il. « J'admire la vue. »

« La chambre ou moi ? » demandai-je, aguicheuse, en me penchant pour attraper les coins de mon édredon.

James croisa les bras et s'appuya contre l'encadrement de ma porte. « La chambre, évidemment, » dit-il comme si cela tombait sous le sens. « J'aime vraiment la couleur des murs. C'est ton père qui a mis le papier-peint ? »

« James ! »

Il rigola et s'approcha de ma bibliothèque. Ses doigts tracèrent les rangées de livre et je ressentis une petite pointe de jalousie. Merlin, j'étais complètement foutue.

Il se retourna et je recommençai à faire mon lit sans réaliser que je m'étais arrêtée.

« Tu as tellement de livres, » commenta-t-il.

Je jetai un coup d'œil à ma bibliothèque où bien trop de volumes avaient été fourrés dans des espaces trop petits.

« Ouais, j'en ai quelques-uns. »

« Quelques-uns ? » répéta James d'un ton incrédule. « Tu dois avoir la moitié de la bibliothèque de Poudlard là-dedans. »

Je pouffai. « Oh, disons juste que j'aime lire. Tu devrais essayer de faire de temps en temps. »

« Je sais lire, » insista James. « C'est juste que je préfère faire des choses moins passives. »

Je me retournai vers mon lit et tirai l'édredon de l'autre côté du matelas. Évidement que James n'avait pas besoin de fiction. Sa propre existence semblait tirée directement d'un roman fantastique. Il pouvait faire de la magie et voler sur un balai et il était même ami avec un loup-garou. James n'avait jamais besoin de s'échapper parce que sa propre vie était extraordinaire. En secouant mon oreiller, je me demandai si j'aurais encore besoin de fiction moi-même si je devenais une partie de sa vie.

« Pas que je n'admire pas ton intelligence, Lily, » se reprit-il. « J'ai toujours pensé que tu avais le cerveau – et la beauté aussi, bien sûr, » ajouta-t-il avec un sourire en coin.

Je roulai les yeux. Stupide charmeur. « Et il reste quoi pour toi alors, le clown ? »

Il plaça sa main sur son cœur d'un air dramatique. « Lily ! » pleura-t-il.

« Oh, n'essaye même pas, » répondis-je.

Il laissa tomber sa main puis me fit un clin d'œil coquin. « Alors, tu as aussi ta propre Réserve d'interdits ? »

Mon cerveau sauta immédiatement sur l'image du lit en face de moi. Mais, bordel, non ! Il parlait de livres. Qu'est-ce qui clochait chez moi par Merlin ? Mon visage brûla. « Non, » répondis-je.

Rhaa, voilà que je couinais de nouveau ! Je devrais juste avaler un canard en plastique et en finir avec ça une bonne fois pour toutes.

James s'approcha dans mon dos. Ses doigts glissèrent le long de mes épaules dénudées.

« Donc ceci n'est pas interdit ? Madame Pince ne va pas apparaitre soudainement pour me mettre dehors ? »

Je pris une grande inspiration. « Pas si quelque chose t'intéresse. »

« Faut-il que ce soit un livre ? » demanda-t-il d'un ton suggestif.

Je roulai les yeux et me retournai. « Je t'accorde celle-là, » dis-je.

James haussa les épaules. « Qui n'aime pas une tentative de drague spéciale biblio de temps à autre ? »

Je rigolai légèrement tout en remettant son col en place.

« Lily, je n'ai pas envie de te pousser. Je sais que j'ai foiré avant et je ne veux pas refaire les mêmes erreurs. »

« Tu m'entends protester ? »

« Non mais – »

J'attirai son visage au mien. « James, achète ce fichu livre. » Puis je l'embrassai.

Il s'empressa d'adhérer à ma requête. « Mais, Miss Evans, je n'ai pas d'argent sur moi, » m'ennuya-t-il pendant que je reprenais mon souffle.

« James, la ferme. »

Il sourit et se pencha pour m'embrasser à nouveau. Mes mains plongèrent dans ses cheveux alors que les siennes jouaient avec l'attache de mon top dans ma nuque.

« J'aime vraiment cette blouse, » chuchota-t-il.

« James..., » le mis-je en garde.

« La fermer. Compris, » promit-il.

Ses lèvres revinrent et il me laissa glisser ma langue dans sa bouche. D'accord, ça semblait un peu dégueu dit comme ça. Mais ça ne l'était. Absolument pas le moins du monde.

Il me guida vers l'arrière jusqu'à m'allonger sur mon lit. Je découvris que le corps de James était vraiment très chaud et vraiment très lourd. Il s'appuya sur ses coudes pour me soulager un peu de son poids, mais pas assez pour que je ne puisse plus le sentir.

Une de ses mains était sur mon bassin, et de l'autre, il détacha l'élastique qui retenait mes cheveux humides. Son objectif atteint, James arracha ses lèvres des miennes et m'attaqua le cou de baisers alors que son nez partait à l'assaut de mes cheveux. Distrait, il ne remarqua pas que j'étais en train de commencer à déboutonner sa chemise jusqu'à ce que mes ongles éraflent légèrement son torse. Il gémit de plaisir et ramena ses lèvres sur les miennes.

Je gémis dans sa bouche quand ses doigts se mirent à parcourir la peau au-dessus de mes hanches, sous mon top. Le son l'inspira à approfondir notre baiser encore plus et il me fallut quelques secondes avant de me rappeler qu'il me fallait continuer pour atteindre mon but. Finalement, je défis son dernier bouton et tirai sur sa chemise. Comprenant ce que je voulais, James se redressa un peu, malgré les protestations de ma bouche, et il se débarrassa de sa blouse.

Je souris d'appréciation et il répondit d'un sourire suffisant.

Mes doigts, tremblant d'anticipation, s'approchèrent pour glisser contre sa peau. Je pouvais me souvenir de la première fois que j'avais voulu faire ça, deux ans plus tôt, quand il avait retiré son tee-shirt après la victoire de Gryffondor contre Serpentard pour la Coupe. Je ne l'avais jamais dit à personne mais un jour que je m'ennuyais vraiment beaucoup en classe, je m'étais rappelée de quoi avait l'air ce torse recouvert d'une fine pellicule de sueur. Celui devant moi était devenu plus musclé avec la maturité. « J'aime le Quidditch, » lui dis-je avec un soupir.

James m'embrassa et je pus sentir son rire contre mes lèvres. Puis, soudainement, il nous retourna pour que je me retrouve au-dessus de lui.

« Joli, » commentai-je, le souffle erratique.

James sourit fièrement. « J'essaye. »

On continua à s'embrasser ainsi jusqu'à ce que j'entende un coup toqué contre ma porte. Je me dégageai de James et m'assit. Mon dos-nu manqua de tomber. J'attrapai les bretelles et les remis derrière mon cou.

« T'as défait ça quand ? » demandai-je en les rattachant rapidement.

Visiblement content de lui, James sourit d'un air satisfait. « Il y a un moment. T'étais trop occupée à essayer de respirer pour remarquer. »

« Lily ! » entendis-je ma mère appeler depuis la porte.

« Une seconde ! » criai-je frénétiquement. Je trouvai la chemise de James abandonnée sur le sol. « Remet-ça, » sifflai-je.

James roula pour sortir du lit et remit sa blouse. Ses doigts étaient maladroits sur les boutons et je me précipitai pour aller l'aider.

« Plus vite, James, » chuchotai-je.

Il cessa de sourire.

Mes yeux s'écarquillèrent quand je compris à quoi à il pensait. « Pas maintenant, Potter ! Ma mère est juste à côté ! »

« Plus tard alors ? »

« Lily ! » cria ma mère.

« James, » le prévins-je.

« Lily, » répondit-il en souriant.

Je me débattis avec un bouton récalcitrant.

« Lily ! » cria à nouveau ma mère en ouvrant la porte.

Je me figeai. « Oh, Lily. Te voilà. Je pensais qu'il était arrivé quelque chose. » Elle jeta un coup d'œil à James et je devins soudain très consciente que j'étais toujours au beau milieu de reboutonner sa chemise. Je baissai les mains, m'écartai d'un grand pas et sentis mon visage rougir.

« Lily ? » demanda-t-elle.

« Salut maman, » répondis-je de ce que j'espérais être un ton léger.

« Qu'est-ce que vous faites là tous les deux ? »

Je me mordis nerveusement la lèvre. « Nous, euh, eh bien – » bredouillai-je.

« Lily vérifiait que je n'avais pas de Nargols, » m'interrompit James.

Je réprimai mon envie de me frapper le visage du plat de la main.

« Des… Nargols ? » répéta-t-elle suspicieusement.

« Des mouches magiques, en gros, » répondit James. « Ca démange horriblement quand elles vous mordent. »

Ouais, faudra que t'achète une lotion invisible spéciale pour des mouches qui n'existent même pas. Espèce de crétin. Mais, une seconde ! Ma mère ne savait pas qu'elles n'existaient pas. Espère de génie !

« Très bien, » répondit ma mère, l'air toujours sceptique. « Lily, tu te souviens de cette conversation qu'on a eue l'autre jour ? Toujours rien dont tu voudrais me parler ? »

Apparemment non. Il semblerait que ma mère possédait un Lily Sexdar. James et moi ne serions plus jamais seuls à partir de maintenant. Pas que je voulais vraiment coucher avec James… beaucoup. Je lui jetai un coup d'œil et il me fit un clin d'œil.

« Lily ? » pressa ma mère.

« Non ! » couinai-je.

Elle soupira de soulagement. « Bien. » Elle jeta un coup d'œil derrière moi. « Je pensais t'avoir dit de faire ton lit. »

« Je l'ai fait ! » protestai-je avant de me retourner. Les couvertures étaient toutes pliées et éparpillées, et ma couette ne couvrait que la moitié du lit. Mes oreillers étaient dangereusement près de tomber par terre. « Euh, on dirait que j'ai besoin de plus d'entrainement, » offris-je lamentablement.

« Pourquoi vous deux ne viendriez-vous pas en bas avec moi ? » dit ma mère d'un ton ferme.

« Est-ce vous et monsieur Evans vous êtes bien amusés ? » demanda James d'un ton excité en me jetant un coup d'œil.

Oh Merlin, j'allais le tuer – si je ne lui dégueulais pas dessus d'abord.

Maman nous observa comme un aigle dans la cuisine et durant tout le temps du souper. Apparemment, ça n'empêcha pas James de faire glisser sa main de plus en plus haut sur ma cuisse tout au long du repas. Ce n'était pas tout à fait déplaisant – que du contraire, en fait – mais je n'avais pas spécialement envie de faire de drôles de sons en face de mes parents. La lasagne de ma mère était bonne, mais pas à ce point.

« Pétunia, qu'est-ce que tu as fait aujourd'hui ? » demanda mon père après avoir avalé une bouchée de lasagne, son plat préféré.

Pétunia poussait sa nourriture dans son assiette du bout de sa fourchette. « La famille de Vernon participait à un tournoi de golf à leur country club. »

Mon père se força à sourire. « Et tu t'es bien amusée, chérie ? »

« Tout s'est bien passé, » répondit-elle.

« Ça a l'air fascinant, » marmonnai-je dans mon verre de jus de raisin.

« Je ne savais pas que Vernon jouait au golf, » dit maman.

Pétunia sourit. « Il est très doué. D'habitude, il fait toujours un score le plus petit que toute le monde, » se venta-t-elle.

Je roulai les yeux. J'étais sûre que le golf n'était pas le seul truc plus petit que tout le monde de Vermine.

« Peut-être qu'il pourrait m'en expliquer un peu plus un jour, » proposa mon père. « Je ne m'y suis jamais vraiment intéressé mais je suppose que je pourrais apprécier si j'apprenais les règles du jeu. »

Mon père était trop gentil. Il détestait le golf. Il m'avait un jour dit que c'était juste un concours de celui qui avait la plus belle, plus grande, plus verte pelouse. Il était impossible qu'il s'amuse en se faisant promener en voiturette de golf toute l'après-midi pendant qu'un pauvre bougre transportait ses clubs. Vernon, cependant…

« Tant qu'on en est aux sports, James, je veux toujours que tu me parles un peu plus du Quidditch, » dit mon père avec plus d'entrain. Il posa sa fourchette et se tordit les doigts d'anticipation.

La main de James se crispa sur ma cuisse au son de son nom. Je pris une profonde respiration.

« Bien sûr, monsieur Evans. On pourra jouer un peu demain. J'enverrai un hibou à la maison pour rassembler quelques balais supplémentaires. »

Le visage de mon père se fendit d'un énorme sourire. Il avait toujours été fasciné par le vol. Quand j'étais petite, il avait l'habitude de nous emmener dans une clairière et de faire voler un avion télécommandé. « Je m'assurerai de ne pas rentrer trop tard du travail, » répondit-il joyeusement.

Je souris à James avec reconnaissance et il me répondit d'un sourire en coin. Sa main atteignit le bord de ma jupe et commença à lentement glisser dessous.

Je le frappai dans le tibia.

« Aïe ! » cria-t-il.

« James ! » s'exclama ma mère. « Tout va bien ? »

James but une longue gorgée de son verre d'eau et déposa fermement sa main au-dessus de la table. « Très bien, » murmura-t-il d'une voix faible.

« Encore les Nargols ? » demanda-t-elle avec inquiétude.

« C'est quoi un Nargol ? » lui demanda mon père.

James me jeta un coup d'œil accusateur et je lui offris un sourire moqueur. Il se pencha et embrassa mon épaule pendant que mes parents étaient occupés à parler.

Pétunia roula les yeux. Je lui souris d'un air ravi et elle s'agita dans sa chaise.

C'était bon de savoir que certaines choses ne changeaient pas.

« Le repas était excellent, madame Evans, » la complimenta James.

Ma mère rougit. « Merci, James, » gloussa-t-elle.

Je croisai le regard de mon père qui roulait les yeux. Je lui souris.

« Lily, ça ne te dérange pas de faire la vaisselle ce soir ? » demanda-t-elle.

Je grognai, mais mon père me regarda d'un air suppliant. « Bien, » marmonnai-je.

Fichue vaisselle. Voilà que je me retrouvais coincée avec le plat de lasagne collant de fromage.

« Je vais l'aider, » offrit James.

« Oh, merci James !, » s'extasia ma mère.

Bordel. Et elle était où, ma gratitude à moi ? Merlin, ce n'était pas comme si j'étais sa propre fille ou quoi que ce soit.

« Toi aussi, Lils, » ajouta rapidement mon père. Il devait avoir senti que l'éruption était sur le point d'exploser au sommet du mont Lily.

Il attrapa son assiette et sortit de sa chaise avant d'aller aider ma mère à faire de même. En passant derrière moi, il déposa sa main sur mon épaule en guise d'encouragement. « Merci ma puce, » chuchota-t-il doucement pour que ma mère n'entende pas.

Je roulai les yeux. « Ouais, ouais. »

Il rigola et quitta la cuisine avec maman. Pétunia partit également mais pas avant d'avoir marqué sa désapprobation silencieuse de la même façon qu'une moufette vaporisait une pièce. Vaguement, je me demandais ce qui se passerait si j'arrosais Tuney de jus de tomate.

En ricanant, j'attrapai mon assiette pour la mettre dans le lave-vaisselle.

James apparut derrière moi. « Ca donne envie, » murmura-t-il. (1)

J'haussai un sourcil douteux face à son commentaire.

« Je parlais du plat, » précisa-t-il avec un sourire en coin.

Je roulai les yeux. « Évidemment, » répliquai-je.

Il alla vers la table et ramassa le reste de la vaisselle. « T'es pas croyable, » lui dis-je.

« Et tu aimes ça, » continua-t-il en souriant d'autant plus.

J'allumai le robinet et fit couler un peu de savon sur le plat de lasagnes. « C'est ça, » dis-je l'air de rien.

« Oh allez, Evans, admets-le, » plaida-t-il d'une voix amusée.

Je secouai la tête tout en utilisant une éponge râpeuse pour venir à bout de traces dans le coin du plat. « T'embrasser est la pire chose qui soit, en fait, » lui dis-je d'un air tragique.

James vint vers moi, un bol de fromage râpé à la main. « Menteuse, » railla-t-il.

Je secouai la tête. « Non, » répliquai-je avec emphase en insistant particulièrement sur le 'N'.

« Je suppose que j'ai besoin de plus d'entrainement alors, » dit-il d'un ton rauque avant de rapidement éteindre l'eau et coller ses lèvres aux miennes.

Je laissai tomber mon éponge et elle atterrit sur le sol dans un bruit spongieux auquel je ne prêtai pas attention. Mes mains agrippèrent son col et je l'attirai plus près de moi. J'étalai de la mousse partout dans son cou mais n'en avais cure. Sa bouche avait encore le goût de la sauce.

J'avais retiré mes chaussures avant le repas et nous souffrions d'une différence de taille plutôt importante. Il se pliait vers le bas mais c'était tout de même un peu bizarre. Je me mis sur la pointe des pieds pour atteindre son visage, mais la seule conséquence fut que je tombai contre le plan de travail. Voyant le problème, James m'attrapa par les hanches et me déposa sur le comptoir de la cuisine. Tout en glissant mes lèvres le long de sa mâchoire, je laissai mes jambes remonter autour de son bassin avec hésitation. La respiration de James s'accéléra et je me réjouis de voir que j'avais autant d'effet sur lui qu'il n'en avait sur moi. Je serrai mes jambes derrière son dos et James arrêta carrément de respirer. Je relevai les yeux vers lui.

Je rigolai un peu en voyant son expression émerveillée. « Tu n'es pas supposé me montrer tes prouesses, Potter ? » l'ennuyai-je.

D'un mouvement fluide, James glissa ses mains sous le bord de ma blouse pour venir les déposer sur mes hanches et recommença à m'embrasser. Mes mains se dirigèrent automatiquement vers ses cheveux alors qu'il se mettait à sucer ma lèvre inférieure.

« Merlin, James, » soufflai-je.

Je pouvais le sentir sourire avec supériorité dans le baiser alors qu'il glissait sa langue dans ma bouche. J'haletai à plusieurs reprises alors qu'il errait dans ma bouche à un rythme me faisant tourner la tête et –

« Lily, qu'est-ce que tu – Aah ! » s'écria une voix.

Je me figeai alors que James retirai immédiatement ses mains, qui s'étaient dangereusement approchées de mon soutien-gorge sans bretelles, et il se recula comme si j'avais la peste.

Je relevai les yeux. « Papa ? » appelai-je.

« Oh, euh, je, je ne voulais pas, euh – » bredouilla mon pauvre, pauvre père.

« Mr Evans, on était juste en train de, euh – » dit James qui, pour une fois, semblait incapable de trouver une excuse alors qu'il tentait de remettre ses cheveux en place d'un air coupable.

« D'attendre que le plat de lasagnes trempe, » finis-je faiblement.

Mon père se pinça l'arête du nez et je pus vois à ses lèvres qu'il décomptait jusque dix.

Je baissai les yeux et vit que mon top était remonté jusqu'au milieu de mon ventre. Je me dépêchai de le remettre en place alors que mon visage chauffait d'embarras.

Papa soupira et ouvrit les yeux. « Lily, pourquoi tu ne monterais pas dans ta chambre ? J'aimerais discuter avec James. » Ce n'était pas une question. Je pouvais dire à la tension dans sa voix et à la veine qui palpitait sur son front qu'il n'allait pas exactement offrir à James une tasse de thé. Merlin, s'il tuait James alors que les choses commençaient seulement à devenir bonnes…

Je grimaçai avant d'hocher la tête et, complètement mortifiée, je descendis du comptoir que James et moi avions maculé de nos ébats. Mon pauvre père. Nous faisions à manger sur ce comptoir !

J'essayai d'envoyer un sourire encourageant à James en sortant de la cuisine mais il semblait trop interloqué pour réagir. Je rejoignis ma chambre en courant et allumai ma radio moldue pour couvrir toute menace de mort provenant de la cuisine.

Oh, nom de Dieu ! Mon père venait juste de me surprendre en train d'embrasser mon copain sans la moindre retenue. Enfin, mon faux copain. Seulement, il n'y avait rien de faux là-dedans. Merlin, tout était tellement confus. Si embrasser James n'était pas aussi électrisant et s'il n'embrassait pas si bien, ça n'en aurait jamais valu la peine.

Tombant tête la première dans mon lit, je continuai de revivre la sensation des baisers de James pendant un moment, laissant le temps à mon père d'enterrer le corps. Les callosités de ses mains me manquaient déjà, ainsi que la chaleur de son souffle et la sensation enivrante de sa peau contre la mienne. Chaque fois qu'il me touchait, c'était comme si une sorte de feu s'embrasait en moi. Était-ce normal ? Personne ne m'avait-il donc embrassé avant ? Était-ce supposé être toujours comme ça ? Ou James était-il une sorte de maître dans cet art ? Ou était-ce juste James ?

Je m'approchai de la cage de Callie et passai ma main sur ses ailes. Elle hulula et j'ouvris la fenêtre et dérouillai sa cage. Elle méritait de s'amuser un peu.

Aux alentours de minuit, je me glissai hors de ma chambre, m'attendant à moitié à ce que mon père l'ait condamnée de l'extérieure. Évidemment, j'aurais simplement pu utiliser la magie pour m'échapper, mais cela aurait été quelque chose d'adorable fait par mon père dans une vaine tentative de protéger ma vertu. Sottement, il me faisait bien trop confiance et il n'y avait aucun piège destiné à m'empêcher d'aller retrouver James dehors sur les balançoires.

Il était assis sur l'une d'elles, la tête dans les mains. Je m'approchai de lui avec prudence.

« Je m'excuse pour tout ce que mon père a pu te dire, » déclarai-je.

James leva les yeux. Il n'avait aucun bleu, merci Merlin – pas que mon père soit un homme violent mais j'étais sa petite fille et James, le gars enfonçant sa langue au fond de ma gorge.

James souffla d'un air sarcastique.

« À ce point-là ? » demandai-je.

« Ce à quoi je pouvais m'attendre. Je suis sûr qu'on lui a donné une sacrée vue et on ne peut pas dire qu'on était très silencieux. »

Je fronçais les sourcils. « On a fait du bruit ? »

Il ricana légèrement. « Tu as fait du bruit, » corrigea-t-il.

Mon visage devint légèrement rose. « Mais tout va bien ? »

James hocha la tête. « Pour aussi longtemps que je garde les mains pour moi et ne fais jamais de mal à un seul cheveux de sa petite fille chérie, il n'aura pas besoin de me réduire en poussière, » cita-t-il.

Je roulai les yeux. « Ça lui ressemble. » Je m'assis à côté de lui et lui jetai un coup d'œil. Il avait l'air inquiet. « James, ce n'était pas ta faute. Il me semble me souvenir que je n'étais pas exactement opposée à la chose – et même plutôt enthousiaste, en fait. »

Les coins de sa bouche s'haussèrent légèrement. Il se pencha pour jouer avec mes cheveux et remit une mèche perdue à sa place.

« James, » dis-je à nouveau, mais sa concentration resta sur mes cheveux. Je soupirai. Je n'arrivais pas à croire qu'il allait m'obliger à le dire. « James, quand je t'embrasse maintenant, ce n'est pas parce que j'essaye de prouver quelque chose à ma famille. Je le fais parce que tu es un mec à peu près convenable – quand tu ne joues pas au con, évidemment, » ajoutai-je, une pointe taquine.

James rigola et baissa enfin le regard pour rencontrer le mien. « Lily, j'ai vraiment pas envie de briser ma promesse à ton père. J'aime bien ta famille. »

« Même Tuney ? » demandai-je.

James sourit d'un air canaille. « Surtout Tuney. Et Vernon ? Je pense qu'on est presque comme des frères, » ajouta-t-il d'un air mélodramatique.

« C'est bon de savoir que vous avez créé des liens, » dis-je, pince-sans-rire.

Il emmêla ses cheveux. « Je n'ai pas envie de rompre avec toi, » murmura James.

« Tu veux dire avant qu'on retourne à Poudlard ? » demandai-je.

Il acquiesça avec des yeux tristes. « Je ne veux pas qu'ils pensent du mal de moi. Ils ont été si gentils et j'ai l'impression que quoi qu'il doive arriver, ça ruinera leur opinion de moi pour toujours. »

Je soupirai. « Connaissant ma mère, elle dira sûrement que c'est de ma faute si on a rompu, quoi qu'il en soit, » grognai-je.

« Ouais, mais pas ton père, » soupira James. « Je ne veux pas le décevoir. C'est un type vraiment bien et je le respecte en tant que père. Il t'aime tellement, Lily. »

Je me tordis les mains sur mes cuisses et prit une grande respiration. « On n'est pas obligés de… tu sais, » lui dis-je d'une voix tremblante.

« Quoi ? »

« De rompre, » glapis-je. Merlin, ma voix ne pouvait-elle pas tenir le coup juste une fois ?

« Vraiment ? » demanda James avec espoir.

Je regardai ses yeux excités et son sourire optimiste. Comment pouvais-je lui dire non maintenant ? « Vraiment, » glapis-je de nouveau. Je me raclai la gorge pour me débarrasser de cette voix gênante. « Je veux dire, on n'est pas obligé de leur faire du mal. Ce sont des gens très émotifs. Et en plus, ma mère t'aime beaucoup trop. »

James sourit. « Je suis tout à toi. »

Je roulai les yeux. Quel crétin adorable, romantique et guimauve. « Enfin, c'est si ça ne te dérange pas de rester les deux semaines entières. »

James remit à nouveau mes cheveux en place. « Je pense pouvoir y arriver, » dit-il doucement.

Je me mordis nerveusement la lèvre.

« En plus, je veux voir comment va finir toute cette histoire avec Vernon, » plaisanta-t-il pour dissiper la tension.

Ca marcha. Je rigolai.

James prit mon visage entre ses mains. « Tes lèvres sont toutes gonflées. »

« Les tiennes aussi, » répliquai-je en jetant un coup d'œil à ses lèvres rouges qui s'approchaient des miennes.

« Tu penses que ton père remarquera si je t'embrasse ? Il n'a pas un de ces fusils moldus ou un truc du genre, pas vrai ? »

« Ca t'arrêterait ? » demandai-je.

James eut un sourire en coin. « Non, » murmura-t-il avant de m'embrasser.

Je soupirai contre sa bouche. Tout allait bien dans le monde quand j'embrassais James Potter.