Chapitre 11

Bonsoir !

Merci pour vos lectures et vos reviews :)

De Marechal Rattus :

mangakadu14 : X'D ah ben je suis contente que tu aies pu rire XD Quel joli langage dans la bouche si raffinée de notre cher Comte^^'

S-Lay L : Oui c'est étrange mais c'est marrant^^ surtout le "diantre" qui vient souligner tout le côté ironique de la chose ^o^

My Sweety Angel : Nous en avons déjà parlé ;)

Bocchan-chan : Exactement^^ Ciel aime bien voir son démon bien habillé et bien flanqué mine de rien ;p D'où tous ces petits détails hihi Et dans cette espèce de taverne, c'est bien rigolo (gigolo *sifflote*) avec un joli langage ! Olé ! En avant les petits et orgie ! (ou pas).

D'araneide :

Bocchan-chan: A force d'inculquer des manières à ce cher Ciel, voilà que Sébastian en paye les frais aussi. Hello!

Je crois que Sébastian est un peu en train de perdre les pédales. Il se plonge dans les méandres de la possessivité.

S-Lay L: Comité de soutien pour que Ciel ne soit qu'avec Sébastian alors^^

mangakadu14: Sébastian oscille entre le rire et la consternation.

PS : désolée pour les fautes, flemme de relire car je suis assez occupée^^'

Bonne lecture :p


POV's Ciel

Me voilà de nouveau dans ce bar miteux. Je suis installé dans un coin du comptoir, m'accoudant en même temps au mur en train de siroter ma bière. Le moins qu'on puisse dire l'ambiance est étrange… il y a de nombreux hommes qui sont présents, rigolant, parlant autour de leur verre. Aux premiers abords, il y a plutôt une bonne ambiance mais… certains sont déguisés en femme ou d'autres se baladent sans leur pantalon et parfois, sans sous-vêtement.

A l'opposé de la salle, Sebastian guette, se fondant avec l'obscurité. Je ne suis même pas sur que d'autres hommes l'ont vu. Le fait-il exprès ?

Je soupire. Après avoir fini mon entretien avec le tavernier tant tôt, je suis rentrée avec Sebastian dans la maison de saison. On a parlé un peu, élaborant un plan pour ce soir pour que j'essaye d'aguicher sans trop en faire, ainsi de prévoir comment attraper le meurtrier. Bien entendu, si quelqu'un d'autre essaye de me toucher et tout, Sebastian va rappliquer immédiatement… mais uniquement si je sors dehors avec une de ses sangsues. Après, j'ai dormi. Cette journée a été éreintante, cette soirée risque de l'être d'autant plus et pire encore, la nuit passée avec Sebastian m'a privé de mes huit heures de sommeil minimum.

Je bois encore une gorgée et observe les autres personnes du bar. Ça me dégoûte un peu, surtout que je suis mêlé à ça malgré moi. Parfois, j'observe des débordements mais le tavernier et ses serveurs rappellent à l'ordre, permettant un retour au calme.

J'aperçois plusieurs fois des nouveaux riches et des aristocrates. J'en reconnais même certains qui sont censés avoir femme et enfants. Je ne m'attendais pas à cela et heureusement que je suis déguisé. Toutefois, j'espère qu'aucun des nobles viennent à ma rencontre.

_ Bonsoir, me salue une voix chaleureuse.

Je tourne la tête et j'aperçois un homme d'environ une vingtaine d'année. Il est assez chétif et porte des vêtements presque soignés, hormis qu'ils commencent à être usés. Ce n'est pas un nouveau riche, mais peut-être un commerçant qui s'en sort bien.

_ Bonsoir, répondis-je.

Il s'installe près de moi, buvant son petit verre. Peut-être de l'absinthe.

_ Que fais un si beau jeune garçon tout seul ?

_ Vous m'trouvez beau ? Même avec le pansement ?

Il hoche la tête.

_ Cela m'importe peu que tu sois blessé. Tu es bien formé et ton œil bleu est agréable à regarder.

Il se rapproche de moi. Je sens son souffle alcoolisé. Ecœurant.

Du coin de l'œil, j'aperçois le tavernier me faire un signe du pouce, comme quoi c'est un bon coup.

Je souris alors à l'homme mais je remarque quelque chose. Il porte une écharpe. Pas de cravate.

_ Vous êtes gentil. Tout l'monde ne dit pas ça. Même, y'en a qui ont peur.

Il glousse d'un rire trop aigu.

_ C'est qu'ils n'ont aucun gout !

Ah ben toi aussi ! Entre l'alcool et les vêtements mis n'importe comment, ce n'est guère mieux.

_ Que dis-tu qu'on aille ailleurs ? Me propose-t-il.

_ Ça dépend, vous avez des sous ? Car vous voyez, je n'ai pas grand-chose sur moi.

Il m'étudie et hoche la tête.

_ T'inquiète pas. J'ai assez pour cette nuit et je me doute bien que tu n'as rien. Les jeunes qui viennent ici sont là uniquement pour amasser de l'argent pour voir un lendemain. On y va alors ?

_Oui.

Je lui souris. D'un trait, je finis ma bière, grimaçant. Lui aussi grimace en buvant son shooter. Je saute de mon tabouret et lui me suit, mettant une main sur ma hanche. Il se penche vers moi, humant mon odeur.

_ Tu sens bon pour quelqu'un qui mendie, remarque-t-il.

_ Parfois j'ai d'la chance de trouver un endroit où me laver.

Du coin de l'œil, j'appelle Sebastian au secours. Je vois que je n'ai pas besoin de l'appeler vu ses yeux luisants.

Il est en colère.

Je sors dehors avec l'homme qui commence à se faire de plus en plus instant. On déambule dans les rues, mais pas dans les ruelles.

Ce n'est pas le meurtrier.

_ Sebastian ! Hurlé-je en sentant que l'homme mettait sa main entre mes cuisses.

D'un coup, il tombe, assommé.

Je me retourne et fixe le démon. Je tremble comme une feuille.

_ Ren-rentré, parvins-je à articuler. Je veux rentrer. Et me laver.

Sebastian hoche la tête.

_ Oui. Cela suffit pour ce soir.

Je tremble encore. Je suis dégouté de tout cela. Mes jambes ne me supportent plus et je flanche. Le démon me rattrape et me porte. J'enroule mes bras autour de sa gorge, enfouissant ma tête dans son cou.

Il hume mes effluves.

_ Le peu qu'il vous a touché, commence-t-il. Il vous a déjà donné une mauvaise odeur !

Il enrage. Et moi aussi, je ne supporte pas cela.

_ Je vais vous laver. Et mettre mon odeur à la place.

Tout à coup, je relève ma tête et le fixe.

_ Comment ça ? M'affolé-je.

Il semble capter ma panique.

_ Nous ferons comme hier. Je vais dormir avec vous, vous bercer et vous embrasser. Comme ça, vous retrouverez une bonne odeur.

Je soupire, rassuré. J'enfouis de nouveau ma tête dans la base de son cou, juste au-dessus de sa clavicule.

_ D'accord, chuchoté-je. Fais-moi oublier ça. C'est vraiment écœurant.

_ Je sais.

_ Mais nous avons perdu une opportunité de trouver le meurtrier. Peut-être va-t-il frapper cette nuit ?

_ On ne sait pas, cela est possible. Toutefois, je tiens d'abord à prendre soin de vous avant de débusquer cet assassin. De plus, regardez-vous. Vous tremblez comme une feuille. Et quelle horreur. Vous puez la bière et l'odeur de cet énergumène.

_ Tais-toi. Ne me le rappelle pas. J'espère qu'il ne sera pas là demain.

_ J'espère aussi. Il ne faudrait pas qu'il ruine nos plans !

Le chemin jusqu'à la maison me parait trop long. De plus, j'ai froid, heureusement qu'il me tient contre lui. Parfois, je sens que je somnole. Puis, nous arrivons enfin dans les quartiers les plus prestigieux de Londres. Je soupire de soulagement en voyant les maisons de la noblesse. Certaines sont encore éveillées vu les lumières de l'intérieur.

Sebastian est étrangement silencieux. Je lève mes yeux et je vois son visage grave. Il ne supporte pas qu'on a pu me toucher. Sa colère n'est pas passée.

Enfin, j'aperçois ma maison saisonnière.

Tant mieux !


POV's Sebastian

Le retour dans la résidence s'est fait sans un bruit. Mon Bocchan est dans ses réflexions pour préparer un plan pour ce soir. Il souhaite aguicher les personnes de bar fin de débusquer dans les meilleures conditions le meurtrier. Je dois bien avouer que meurtrier ou pas, le voir dans un m'aurait vite donné envie de le séduire. Mais, hélas, je ne peux pas m'adonner à ce plaisir. Je dois me contenter encore une fois dans mon rôle de protecteur. Le temps des concertations est très court, il part très vite dormir. Mon Bocchan devait être exténué par cette aventure dans le bar et l'idée de recommencer encore cela ce soir doit le fatiguer davantage. C'est pour cette raison que je n'ai pas insisté pour dormir cette fois avec lui. Je sais que cela va une nouvelle fois le perturber et peut-être même perturber son sommeil. Bien que j'ai passé pour ma part, l'une de mes plus belles nuits. Après cet intermède avec Morphée, mon Bocchan se prépare pour retourner dans ce bar qui l'avait déjà tant dégouté. Il met de nouveau sa tenue des êtres les plus misérables vivant à Londres et s'en va en ma compagnie.

Le plan est d'une grande simplicité. Il doit séduire une personne et espérer que ce dernier est le meurtrier. J'avoue que je suis peu enclin à ce type de hasard, mais hélas pour le moment, nous n'avons pas vraiment le choix. Nous n'avons véritablement aucune piste. Nous connaissons juste les gouts de l'assassin et son bar de prédilection. De toute façon, mon Bocchan peut compter à tout instant sur mon intervention dans les moindres cas qui se présenteraient. Mais je sais très bien au fond de moi que ma protection dans cette affaire relève plus de la jalousie que vraiment de mon rôle de protecteur. Je ne sais pas si mon Bocchan peut sentir toute la colère qui me parcoure le corps lorsque je suis sorti de ce bar après qu'il ait parlé à ce tavernier. Pourtant, il ne l'a même pas touché. Mais le simple fait de voir quelqu'un d'autre que moi s'approcher de mon Bocchan, qui lui aussi peut sentir son doux parfum, qu'il peut voir ce semblant sourire pour lequel je me suis tant battu. Je ne le supporte pas. Je refuse d'être le perdant de cette histoire. J'ai mis tant de temps à lui avouer ce que je ressens, et maintenant qu'il le sait et qu'il a pu l'accepter, je ne veux pas être le dindon de la farce. Mes sentiments sont pour la première fois réels. Je sais ce que je veux, je veux son âme et son corps. Je veux…

Perdu dans mes pensées, je n'ai pas vu que nous étions déjà arrivés devant le bar. Je tâche de me contenir en voyant mon Bocchan partir pour aller à la pêche au criminel. Encore une fois, je me déguise dans l'ombre afin de prendre place dans le meilleur endroit du bar pour avoir la vue la plus générale sur toutes les personnes pouvant se présenter comme une menace face à mon Bocchan. Je regarde avec grand plaisir cet amas de personnes dans lequel je reconnais quelques visages. Il y a ici et là des gens de bonnes familles mettant en avant leur femme et leurs enfants, des gens qui se veulent respectables. Que le genre humain est pathétique et hypocrite. Tous à se cacher, tous à montrer des masques. Il n'y a aucune surprise à voir ensuite des criminels. Comment ces Humains font-ils pour vivre dans une société qui les emprisonne tant ? Je suis d'ailleurs étonné que cette race ne soit pas éteinte depuis le temps que nous autres démones les observons. Enfin, tant que ce type d'individu ne s'approche pas de mon contractant, tout va bien. Je remarque que mon Bocchan reste hagard devant toutes ces personnes de bonnes familles qui fréquentent cet endroit. Heureusement, nous avons forcé le déguisement afin qu'on ne nous reconnaisse pas. Toutefois, je vais garder en mémoire certains visages, il est toujours bon de savoir faire chanter quelques concurrents de mon Bocchan. Comme je le dis toujours à mon Jeune Maître, mieux vaut toujours en savoir plus que pas assez.

En parlant de lui d'ailleurs, le voilà scruter les horizons, tentant d'alpaguer quelqu'un. Ha si seulement je le pouvais, je serai dans ses bras. Néanmoins, l'exercice est de courte durée car très vite, quelque vient le voir. D'un côté, j'en suis content car cela va peut-être s'avérer profitable. Mais de l'autre, je sens déjà que je dois contenir en moi une haine encore jusque là inconnue. Leur discussion est banale pour le moment. Je garde mon calme en serrant de manière répétée mes mains. Jusqu'au moment où ils commencent à parler de cette blessure à l'œil, je commence à m'emporter. Je ne supporte pas que l'on parle du pacte que j'ai scellé avec mon Bocchan. Je vois cet homme s'intéresser de plus en plus à celui-ci. Ce symbole représente mon pouvoir sur lui et personne n'a le droit de le voir. Ce pacte, c'est mon amour pour mon Bocchan et pour son âme. J'ai passé tant de temps à le chercher. Pourquoi fait-il que ces humains en soient fascinés ? Ce symbole nous représente, il est à nous seuls. Ma colère atteint son paroxysme quand je les vois partir tous les deux et que ce grossier personnage ose mettre sa main sur la hanche de mon Bocchan. Il m'appelle d'ailleurs du regard mais pas à cause de la colère, plus de la peur. Mes yeux se font de plus en plus menaçants. Une grande haine commence à monter en moi. Je me retiens de prendre ma forme de démon car je me suis promis de ne jamais la lui montrer. Je le suis d'abord du regard puis physiquement. L'homme commence à mettre sa main entre les cuisses de mon Bocchan. Pour le moment je ne réagis pas car je ne sais pas s'il s'agit du meurtrier. Mais si cela ne tenait qu'à moi, voilà longtemps que j'aurai retiré la vie à cet ignoble individu. Lorsque j'entends hurler mon Bocchan, je m'empresse d'agir et j'assomme rapidement cet être. Dans mon geste, il y a beaucoup de colère, j'ai du faire de gros efforts pour ne pas trancher tout son corps dans ma folie de jalousie.

Mon Bocchan tremble et ne semble pas se remettre de l'action qui vient de se dérouler. Il veut uniquement rentrer et se laver pour le moment.

_ Ren-rentré, je veux rentrer et me laver, n'arrête-t-il pas de me répéter.

Le voilà devenu tellement fragile, tellement vulnérable. C'est dans ces moments-là que je l'aime encore plus. Je sais que profiter de ces instants est fourbe mais après tout, je suis un démon. Il est normal que je profite des instants de malheur où les humains sont fragiles. Grâce à ce comportement de sa part, je parviens à retrouver mon calme. Je sais que mon Bocchan n'aurait jamais pris aucun plaisir avec ce type de personnes. Il se réfugie sur mon cou. Je veux le rassurer sur la fin de cette horrible aventure.

_ Oui. Cela suffit pour ce soir.

Ses jambes tremblent encore. Je respire ses phéromones en triant les siens de celui de cet ignoble individu mais la tâche s'avère rude. Le fait de sentir me renvoie à mes sentiments de colère.

_ Le peu qu'il vous a touché, il vous a déjà donné une mauvaise odeur. Je vais vous laver. Et mettre mon odeur à la place.

Ces mots sont sortis tout naturellement. Il n'y a derrière aucune méchanceté, ni haine, contrairement à ce que je lui ai dit avant. Je veux vraiment lui donner une odeur convenable et cacher cette infamie. Je ne veux que mon odeur s'accouplant avec la sienne et aucune autre. Ses phéromones sont à moi, son corps, son âme. Tout m'appartient en lui. Je lui souris à l'annonce de ma proposition. Je veux qu'il sente mon envie mais aussi mon espièglerie. Je sais qu'il m'apprécie aussi pour cela. Cependant, l'idée semble l'interloquer, tout du moins, essayes-t-il de me le faire croire. Je sais bien qu'au fond de lui-même, l'idée de me voir à ses côtés le réconforte. La preuve, il approuve finalement ma proposition sans vraiment y montrer une quelconque colère comme lors de notre première nuit.

_ Nous ferons comme hier. Je vais dormir avec vous, vous bercer et vous embrasser. Comme ça, vous retrouverez une bonne odeur.

_ D'accord, me dit-il doucement. Fais-moi oublier ça. C'est vraiment écœurant.

_ Je sais.

_ Mais nous avons perdu une opportunité de trouver le meurtrier. Peut-être va-t-il frapper cette nuit ?

_ On ne sait pas, cela est possible. Toutefois, je tiens d'abord à prendre soin de vous avant de débusquer cet assassin. De plus, regardez-vous. Vous tremblez comme une feuille. Et quelle horreur. Vous puez la bière et l'odeur de cet énergumène.

Je me retiens d'en dire plus sur cet être qui avait osé le toucher. Je ne souhaite pas que mon Bocchan me voit dans mon état de haine.

_ Tais-toi. Ne me le rappelle pas. J'espère qu'il ne sera pas là demain.

_ J'espère aussi. Il ne faudrait pas qu'il ruine nos plans !

Nous nous rapprochons au fur et à mesure de la résidence. Je le sens rassuré dans mes bras. Dans ma tête, je n'ai que deux objectifs. Lui enlever cette mauvaise odeur et le calmer...


A suivre...