Bonjour !
Tout d'abord un grand merci à toutes les personnes qui ont eu la gentillesse de me lire. J'espère que je ne vous perdrai pas en cours de route, et attention à la guimauve dans ce chapitre (que voulez-vous, on est fleur bleue ou on ne l'est pas !)
Chapitre 11
Suite aux révélations de l'oncologue, l'équipe de House resta silencieuse pendant plusieurs secondes, puis Chase fut le premier à reprendre ses esprits:
« Je... vous... vous pouvez répéter ?
- Vous avez... comme une femme ?, demanda Cameron d'une voix hésitante.
- Même si je viens de l'entendre pour la deuxième fois, je ne réalise toujours pas, déclara Foreman d'un air songeur.
- Moi non plus, dit Wilson en se forçant à sourire. Mais House m'a fait un topo sur le pourquoi de la chose et je suis assez d'accord avec ça: apparemment, je serais génétiquement à la base « XX », soit une femme, seulement un petit bout de chromosome « Y » est venu se greffer sur l'un des deux et comme c'était le morceau qui commande la fabrication des testicules, eh bien... Je me suis donc retrouvé avec un corps masculin à l'extérieur... et féminin à l'intérieur...
- J'imagine que c'est la dernière chose à laquelle vous vous attendiez..., murmura Cameron. Et sinon... ça va ? Vous arrivez à supporter le choc ?
- Oui, répondit l'oncologue, enfin... Pour le moment, oui... je... je ne vous cacherai pas que j'ai été secoué, d'ailleurs je dois encore avoir les yeux un peu rouges... Et maintenant, je dois aller me faire examiner par un gynécologue... »
Wilson allait reprendre, lorsque Cuddy frappa à la porte:
« Docteur Wilson..., dit-elle d'une voix douce. Je suis allée voir le docteur Spencer, il vous attend dans la salle d'examen qui se trouve un peu plus loin dans le couloir... Je lui ai demandé de se déplacer, car je pense qu'il aurait été des plus étranges qu'un homme vienne consulter un gynécologue...
- Pourquoi étrange ?, intervint House. Chaque homme possède une part féminine en lui, celle de Wilson est juste un chouilla plus développée, c'est tout ! Quant au docteur Spencer, ça le changera un peu de ses patientes habituelles: ce n'est pas tous les jours qu'on rencontre un vagin planqué derrière un service trois pièces ! Enfin bon, pas que je m'ennuie avec vous les enfants, mais un gynéco nous attend !, fit Grégory en se dirigeant vers la porte. On y va ?, dit ce dernier en se retournant pour s'adresser à l'oncologue.
- Oui... », soupira ce dernier en lui emboîtant le pas.
« Docteur Wilson, je présume ?, fit le docteur Spencer en venant à sa rencontre pour lui serrer la main alors que l'oncologue entrait dans la salle d'examen, suivi de son ami.
- Oui, bonjour docteur Spencer..., répondit timidement celui-ci en lui serrant la main.
- Oh , en réalité mon nom complet est Spencer-Petrelli, Nathan Spencer-Petrelli..., dit ce dernier en lui adressant un charmant sourire. Petrelli est le nom de jeune fille de ma mère, et comme de son côté il n'y a plus d'homme pour le transmettre, j'ai fait en sorte qu'il devienne mon autre patronyme usuel... Mais pour tout le monde ici, je suis le docteur Spencer, c'est plus rapide à prononcer que les deux noms accolés ! Et vous devez être le docteur House, reprit le gynécologue en tendant la main vers le diagnosticien.
- Effectivement, répondit celui-ci en regardant, sans bouger, la main tendue de son confrère. Le docteur Cuddy vous a informé de la situation je crois...
- Euh... oui, reprit le praticien en abaissant son bras, réalisant que Grégory n'était pas du genre à faire des civilités. Le docteur Cuddy m'a dit que vous veniez de découvrir des organes génitaux féminins chez le docteur Wilson et que vous aviez demandé l'avis d'un spécialiste sur la question...
- Avant de vous livrer à vos travaux pratiques habituels, que pouvez-vous déjà me dire de ces clichés ?, demanda House en lui tendant les photos de l'échographie. Ils ont été faits il y a un peu moins d'une heure dans la chambre du patient...
- Voyons ça, répondit le gynécologue en prenant les documents. Eh bien... A première vue, tout m'a l'air parfaitement normal, si l'on excepte l'ovaire de droite qui est on ne peut plus atrophié...
- Oh mais son ovaire droit existe, docteur Spencer !, s'exclama le diagnosticien. Il est présent sous sa forme masculine et se trouve donc dans le scrotum du patient puisque c'est un testicule ! Quant à l'ovaire gauche que l'on voit sur cette écho, il est à l'origine du port d'une prothèse dans ce même scrotum !
- Je vois..., murmura Spencer. Puis, se tournant vers l'oncologue: « Docteur Wilson, si vous le voulez bien maintenant, j'aimerais vous examiner afin de confirmer cette première impression... Vous pouvez vous déshabiller, s'il vous plaît ?
- Oui, bien sûr, répondit l'oncologue en rougissant, seulement... j'ai...euh... j'ai un cycle... comme les femmes...
- Avec un utérus et un ovaire, il y a de grandes chances, oui, déclara le gynécologue. Il faudra donc penser à vous procurer des protections...
- Le docteur Wilson est en train d'essayer de vous dire que les « Anglais » ont déjà débarqué, docteur Spencer..., l'interrrompit House d'une voix légèrement moqueuse. En fait, ils sont arrivés ce matin et ce sont eux qui nous ont permis de découvrir le pot-aux-roses...
- Oh !, fit ce dernier en allant se laver les mains et les avant-bras. Oh, ne vous inquiétez pas, docteur Wilson, vous ne serez pas la première personne à se faire examiner pendant ses règles ! J'ai assez souvent le cas, rassurez-vous... Et puis comme ça a commencé ce matin, votre flux ne devrait pas être très important mais il le deviendra à partir de demain... Les règles durent en moyenne 4-5 jours, mais si vous voyez que ça dure au-delà et qu'en plus vos pertes sont abondantes, il ne faudra pas hésiter à revenir me voir ! D'accord ?
- D'accord..., murmura Wilson.
- Bien. Maintenant, je vais vous examiner et nous allons commencer par la palpation de la poitrine... Docteur House, vous voulez bien nous laisser s'il vous plaît ?
- Je voudrais qu'il reste avec moi pendant l'examen, docteur Spencer, s'il vous plaît, intervint Wilson en rougissant à nouveau tout en déboutonnant sa chemise.
- Si c'est vous qui le demandez, pas de problème..., répondit le gynécologue. Voyons un peu votre poitrine... Levez les bras, s'il vous plaît... Pas de douleurs, d'élancements ?
- Si, j'ai eu quelques petits élancements au niveau de mes tétons, répondit Wilson, mais rien de bien méchant...
- Mmh... Vous avez vos règles, et des douleurs dans la poitrine peuvent parfois se produire à ce moment-là... Ce sont vos glandes mammaires qui se manifestent, répondit Spencer en appuyant sur les aisselles de Wilson. Bien, vous pouvez baisser les bras, tout va bien par là, vous pouvez reboutonner votre chemise... Maintenant, nous allons examiner le bas... »
L'oncologue se déshabilla, et s'assit au bord de la table d'examen. Il se sentait un peu nerveux, et il inspira profondément pendant que le gynécologue l'invitait à s'allonger et à mettre ses pieds dans les étriers. Alors qu'il allait faire ce que son confrère lui disait, Wilson sentit le sang quitter son visage: il resta assis, incapable de bouger, alors que son coeur s'emballait et que son ventre se nouait. Cela n'échappa pas aux deux autres médecins:
- Docteur Wilson, respirez profondément, ça va aller..., murmura Spencer. Je vais procéder très doucement, tout va bien se passer... respirez à fond... il n'y a aucune raison de paniquer...
- Allez Jimmy, c'est pas la mort..., intervint House. En tant que médecin, tu sais comment se passe un examen gynécologique et tu as entendu le docteur Spencer, tes organes sont normaux... Il va simplement vérifier qu'il n'y a pas d'infection, chose qu'une écho peut difficilement révéler...
- Oui, je vais seulement regarder..., répondit le gynécologue. Théoriquement je devrais aussi vous faire un frottis, mais si ça ne va pas, on le fera plus tard... Mais sachez que c'est un prélèvement complètement indolore, vous n'avez pas à avoir peur... D'accord ?
- D'accord... souffla Wilson en s'allongeant sur la table d'examen. Je... je suis désolé, docteur Spencer, vous devez vraiment me trouver bête de flipper de la sorte...
- Pas du tout, docteur Wilson, déclara celui-ci. J'ai parmi mes patientes des personnes qui ont eu elles aussi la trouille de leur vie la première fois qu'elles sont venues se faire examiner... Et puis, dans votre cas, c'est un peu normal d'avoir peur... Jusqu'à hier, vous pensiez encore être un homme comme les autres, et voilà qu'aujourd'hui vous vous retrouvez devant un gynécologue ! Si je m'étais trouvé à votre place, je n'aurais pas été plus rassuré, croyez-moi ! Vous mettez vos pieds dans les étriers, maintenant ? Respirez à fond, ça va aller...
- House..., dit l'oncologue d'une voix faible en tournant la tête vers son ami.
- Je suis là, murmura le diagnosticien en se rapprochant de la table d'examen de façon à se retrouver à la droite de James.
- Tu restes là, hein ? », fit celui-ci d'une toute petite voix en posant sa main sur celle de Grégory.
Le diagnosticien, surpris sur le moment – mais surtout ému - de sentir la main de Wilson sur la sienne, se ressaisit rapidement: il prit la main qui lui était tendue et la serra doucement, pendant qu'il plantait son regard dans celui de l'oncologue:
« Détends-toi, Jimmy, tout va bien se passer, je suis là... »
« Voilà, c'est fini, je vous ai même fait le frottis !, s'exclama le docteur Spencer en souriant, tout en nettoyant ses instruments. Maintenant, je vais aller porter vos prélèvements au laboratoire, vous devriez avoir les résultats au mieux demain, au pire après-demain ! Oh, avant que je ne vous quitte, tenez, voici ma carte... Si vous avez des questions, ou simplement besoin de parler...n'hésitez pas...
- Merci, docteur Spencer..., répondit Wilson en prenant le document.
- Et puis... essayez de penser à ce que je vous ai dit concernant votre cycle... Si vous ne voulez plus être gêné par vos règles...
- Je devrai utiliser un contraceptif hormonal, comme la pilule, oui, je sais..., murmura l'oncologue en finissant de se rhabiller. Mais pour le moment je n'ai pas encore décidé si je voulais rester un homme ou... me faire opérer, souffla le médecin. Alors je m'en tiendrai aux antalgiques que vous m'avez prescrits et aux protections périodiques...sans parler du traitement hormonal que je devrai suivre pour retrouver mon taux de testostérone d'avant l'andropause...
- Oui, bien sûr, mais si jamais vous vous décidez à prendre la pilule, sachez qu'il en existe de micro-dosées qui ne devraient pas trop féminiser votre corps... Je sais bien que la situation n'est pas évidente pour vous, mais essayez quand même d'y réfléchir...
- J'y réfléchirai, docteur Spencer, encore merci pour tout... »
Une fois le gynécologue sorti de la salle d'examen, Wilson se tourna vers House et reprit:
« Merci à toi aussi d'avoir été là, House... Te sentir à mes côtés pendant que je me faisais examiner au plus profond de mon intimité m'a été d'un grand réconfort...
- Ben... de rien, Jimmy, répondit le diagnosticien en regardant au sol. Tu m'as demandé de rester, je l'ai fait, il n'y a pas de quoi en faire un plat...
- Et... je m'excuse...
- Tu t'excuses ?; fit House, surpris, en relevant la tête. Et de quoi ?
- Eh bien..., commença l'oncologue en rougissant. Avant de venir ici, quand nous étions dans la chambre... Je m'excuse de t'avoir embrassé, je ne sais pas ce qui m'a pris...
- Oh, ça..., murmura l'aîné des deux hommes en détournant le regard, un peu gêné par le rappel de cet événement troublant.
- Oui, « ça », comme tu dis... Tu vois, je me sens un homme, enfin... après ce que je viens de découvrir sur ma personne, je dois reconnaître que je ne sais plus trop bien dans quel camp me situer... Disons que pour l'instant, je suis... entre les deux, avec une prédominance du côté masculin... tu vois ce que je veux dire ? »
Tout en parlant, Wilson s'était rapproché de son ami, qui répondit:
« Eh bien, je pense que je peux comprendre que tu te sentes perdu en ce moment... Quand on est paumé, on peut parfois faire des choses insensées, comme... « ça »... sauf si c'est la femme en toi qui a voulu s'exprimer !, fit House sur le ton de la plaisanterie.
- La femme en moi..., soupira l'oncologue en souriant. Tu as de ces formules parfois... mais je dois avouer que dans mon cas, ce n'est pas si farfelu que ça de le dire... la femme en moi... », reprit Wilson en regardant son ami dans les yeux.
Le diagnosticien s'apprêtait à répondre, mais quand son regard croisa celui de son confrère, les mots restèrent bloqués dans sa gorge. Sans qu'il ne comprenne pourquoi, il sentit son coeur s'emballer et sa respiration s'accélérer. Il pencha légèrement la tête sur le côté, incertain de la conduite à adopter...
L'oncologue vit Grégory entrouvrir la bouche pour poursuivre leur conversation, mais aucun son n'en sortit. Surpris d'abord par le mutisme de son ami, le plus jeune le fut davantage lorsqu'il se rendit compte que ses joues étaient toujours un peu trop chaudes pour être redevenues blanches. Il sentit que le regard azur du diagnosticien y était pour quelque chose, car en plus de son rougissement, son souffle s'était emballé, de même que son rythme cardiaque...
Les deux hommes restèrent ainsi à s'observer pendant quelques secondes, qui leur parurent à chacun une éternité, lorsque le plus âgé répondit enfin:
« La femme en toi, oui... J'ai beau avoir pratiqué moi-même l'échographie, j'ai beau avoir également assisté à ton examen gynécologique, je ne réalise toujours pas que mon meilleur ami est aussi en partie une femme...
- Greg, je... » Wilson inspira profondément, avant de reprendre: « J'espère... que pour toi, ça ne changera rien à notre amitié... Je... J'ai confiance en toi, je me sens à l'aise avec toi, et je...
- C'est bon, Jimmy, ça va..., l'interrompit House. Bien sûr que non ça ne va rien changer entre nous, c'est juste que... qu'il va nous falloir un peu de temps pour digérer la nouvelle...
- Oui, tu as raison... Mais si tu savais à quel point ça m'a fait du bien que tu me tiennes la main pendant que le docteur Spencer m'examinait... »
Tout en parlant, Wilson avait posé sa main sur celle de son ami qui, en réaction, avança doucement son visage vers celui de l'oncologue, le coeur battant de plus belle. De son côté, le plus jeune, à la fois surpris et ému que son aîné ne repousse pas sa main, continua à regarder celui-ci approcher son visage. Pendant toute leur conversation, les deux médecins étaient restés les yeux dans les yeux, et chacun des deux avait alors senti que quelque chose était en train de se passer, comme un lien qui les avait toujours uni mais dont ils ne semblaient prendre conscience que maintenant... Aussi, quand House réduisit progressivement l'espace qui séparait sa tête de celle de Wilson, celui-ci ne fit-il aucun mouvement pour rétablir une distance minimale. Chacun cherchait dans le regard de l'autre l'approbation pour aller plus loin...
Le diagnosticien, qui ne se reconnaissait pas et qui sentait son esprit s'emballer, finit par poser ses lèvres sur celles de son ami... L'oncologue, qui attendait – sans attendre – ce baiser, entrouvrit la bouche pour capturer celle de Grégory pendant qu'il passait un bras autour de son cou - la main posée sur sa nuque - et l'autre autour de sa taille. Quant à Grégory, il plaça son bras libre autour des épaules de James, se surprenant à maudire mentalement sa canne qui l'empêchait d'enlacer complètement son ami...
