Je suis assis en face du directeur. Je me tiens bien droit, la tête haute pour me donner de l'assurance. Il me regarde, tout en tapotant son bureau avec son doigt. Ça a le don de m'agacer, mais je ne dis rien car je ne veux pas m'attirer plus de problèmes.

— Je suis désappointé, Monsieur Anderson.

Je ne dis rien, j'attends qu'il continue de parler tout en préparant mentalement ma défense. Je ne suis pas en tort et je vais lui prouver.

Torres peut compter ses dents...

— De tous les étudiants de cette université, vous êtes le dernier que j'attendais à voir dans mon bureau. Surtout pour des problèmes de discipline. Qu'avez-vous à dire pour vous justifier ?

C'est à mon tour de jouer...

Je le regarde quelques instants, souriant intérieurement puis je sors ma copie qui m'a été rendue hier. Je la garde en main.

— Je suis désolé, Monsieur. Je ne voulais pas manquer de respect à un enseignant. Mais depuis son arrivée, je suis persécuté par To... Monsieur Torres.

Je l'ai fait exprès pour lui montrer que je n'ai pas de respect pour lui. Et il va comprendre pourquoi.

Je lui donne mon examen et le pointe du doigt.

— C'est le dernier examen que le Professeur Clarke nous a donné et corrigé, je reconnais son écriture. Si vous faites bien attention à la note, elle a été modifiée par Monsieur Torres. J'ai obtenu un B, note qui se confirme par les appréciations laissées par le Professeur Clarke au fil des exercices. De plus...

Je laisse en suspens ma phrase pour donner un petit côté dramatique à cet entretien. Le directeur parcourt les différentes pages. Puis il enlève ses lunettes et se frotte les yeux avant de me regarde à nouveau.

— De plus ?

— Hier, il m'a rabaissé devant toute la classe en me rendant cette note. Et ce matin, il m'a humilié dans le couloir principal. Un des devoirs d'un enseignant n'est-il pas de lutter contre le harcèlement ?

J'ai marqué un énorme point et je vois qu'il est décontenancé. Il doit marcher sur des œufs et c'est tout bénef pour moi.

— S'il continue à le faire, j'écrirais une lettre au gouverneur de l'archipel d'Hawaii. Il serait vraiment dommage que cette université avec une excellente réputation perde de son prestige et des subventions à cause d'un seul enseignant qui n'aime même pas l'astronomie. N'est-ce pas Monsieur le directeur ?

Il se tend comme une corde d'un arc en entendant que je suis prêt à me battre jusqu'au bout. Il me regarde, sûrement en train de réfléchir à la meilleure stratégie à jouer.

— Qu'entendez-vous par « n'aime pas l'astronomie » ?

— Hier, il m'a clairement dit « planète de merde ». Ce n'est pas une chose qu'un enseignant de cette branche dit en général...

— Très bien. Vous ne serez pas suspendus Monsieur Anderson. Je vous demande juste de vous excusez auprès de votre enseignant pour votre manque de respect. Je vais également le convoquer pour lui signifier qu'il est en probation et qu'il doit également vous présenter des excuses publiques. Il lui sera notifié qu'à la prochaine plainte, il sera licencié. Vous pouvez y aller.

— Je vous souhaite une excellente journée Monsieur le directeur.

Je récupère ma copie et mon sac puis je sors du bureau. J'ai gagné le match !

Je me dirige vers ma salle de classe, sachant pertinemment que le cours se termine dans quelques secondes. Dès que la porte s'ouvre sur le prof, je me mets devant lui et le regarde droit dans les yeux.

— Je suis désolé Monsieur Torres.

Il sourit en coin, pensant avoir gagné.

— Le directeur vous attend dans son bureau.

Il perd son sourire et son regard se fait noir tandis que je souris à pleines dents.

— Passez une excellente journée. La mienne le sera.

Je lui tourne le dos quand j'entends quelqu'un m'appeler.

— Tommy !

Je reconnais immédiatement cette voix et je tourne la tête dans cette direction.

— Père !