B.O.N.J.O.U.R.
Oui, je suis vivante, oui, je suis en retard, oui, je vous dois des explications, oui, c'est la même intro que dans mon autre fic, oui, Zoro a un très beau sabre, alors laissez-moi commencer par le commencement.
Il se trouve que je suis en année d'échange au Danemark depuis maintenant trois mois, et que vu mon train de vie actuel, écrire est devenu un mot rare dans ma liste des choses à faire quotidiennement. Aussi, je bosse en ce moment sur mes propres manga (si je peux appeler ça comme ça, je reste une amatrice) et je suis donc partagée entre ça et l'écriture de mes fics. Alors ne vous inquiétez pas, je vais continuer cette fic et même en commencer d'autres, mais le rythme risque d'être beaucoup plus lent. J'espère néanmoins que vous continuerez de me lire, si le coeur vous en dit. En tout cas je suis toute contente de pouvoir sortir ce chapitre aujourd'hui, et j'espère que vous l'apprécierez (parce qu'en tout cas moi je l'aime bien...).
Bien, sur ce, bonne lecture !
Chapitre 11 : Apprends-moi à mentir
Un silence grave plane dans la vigie. Le cook me regarde avec des yeux extrêmement sérieux, tandis que je commence à sentir des gouttes de sueur froide me couler sur le front. Je soupire et tente de réfléchir calmement, sans prendre en compte le regard transperçant du blondin en face de moi.
-Ok... Premièrement, est-ce que t'aurais une idée du pourquoi du comment ? Demandé-je en essayant de paraître sérieux et impliqué.
-Evidemment, me répond-t-il, je te rappelle que j'ai eu trois jours pour réfléchir.
Ah ben dis-donc, quelqu'un qui te parle d'un problème et qui peut te donner la solution immédiatement avec une touche d'humour, mais il est parfait cet homme là !
-Et donc ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Sanji baisse soudainement la tête, hésitant et visiblement un peu gêné. Dieu sait quelle connerie il a encore fait...
-En fait, commence-t-il comme un gamin qui s'apprête à justifier une bêtise, c'est un peu compliqué. Il y a trois jours, environ quatre heures après qu'on se soit vu pour la dernière fois, je me suis couché dans mon hamac et j'ai commencé à réfléchir un peu. Je me suis dit que rechercher un regret était trop difficile, que les possibilités étaient trop nombreuses, alors j'ai commencé à chercher un autre moyen de me faire disparaître. Puis soudain je me suis dit : pourquoi ne pas essayer de se tuer à nouveau ? Ayant une consistance humaine, j'ai pensé que ça pouvait être possible. Alors j'ai été dans l'atelier d'Usopp et j'ai pris un couteau sale qui reposait sur un meuble, parce que je ne pouvais pas me résigner à faire ça avec un couteau de cuisine. Après avoir réfléchi encore un peu, je me le suis finalement planté dans la gorge avec toute la force que j'avais. Je m'attendais déjà à souffrir le martyre et a avoir les mains recouvertes de sang, mais rien de tout ça. Je me suis précipité devant un miroir, et j'ai pu voir quelque chose de très étrange : j'avais bel et bien une énorme plaie dans le cou, mais tout ce qui en sortait était une sorte de fumée noire épaisse. Elle n'a pas tardé à se répandre dans la pièce, puis sur tout le navire, sans que je ne comprenne rien. Elle s'est finalement dissipée au bout de quinze minutes, mais quand je vous ai retrouvé après ça, vous étiez tous assoupis. Au début, j'ai cru que vous étiez morts, mais ensuite j'ai remarqué que vous respiriez, et je ne me suis donc pas plus inquiété que ça. Enfin, jusqu'à ce matin, où je commençais vraiment à penser que vous vous étiez endormis pour l'éternité.
-Comment t'as fait pour me réveiller ? Demandé-je un peu secoué par son discours.
-D'un seau d'eau dans la tête, comme t'as pu le remarquer.
-Non je veux dire, t'as certainement dû essayer de nous réveiller pendant ces trois jours. Comment ça se fait qu'on se réveille que maintenant ?
-A vrai dire, ce matin j'ai remarqué que ma plaie ne s'était toujours pas refermée et que j'avais simplement oublié de m'en occuper durant ces trois jours. Alors j'ai pris tout ce que j'ai cru utile dans l'infirmerie et je l'ai pansée en appliquant des crèmes cicatrisantes. Je n'en suis pas sûr, mais ça pourrait être la raison.
Pensif, je jette un oeil aux bandages autour de son cou. Ça m'a l'air un peu absurde, mais l'essentiel est que l'on puisse se réveiller. Le seul petit problème...
-Cook, rappelle-toi que seuls les habits avec lesquels t'es morts sont invisibles aux yeux des autres. Si tu sors avec ça autour du cou, ils vont être certainement surpris de voir des bandages flotter dans les airs sans raison.
-C'est pour ça que t'es le premier que je réveille. Je vais devoir rester caché le temps que ça cicatrise un minimum, alors tu dois aller réveiller tous les autres à ma place.
-Hum...
Je profite d'un silence de quelques secondes pour réfléchir un peu. Décidément, cette histoire devient de plus en plus compliquée...
-Dis, comment on peut être sûrs que cette fumée noire est la cause de notre sommeil ?
-C'est pas la fumée en elle-même, la faute. Comment dire... Si le bateau en entier est proche de la mort et proie à une sorte de malédiction, c'est parce que ma présence dans ce monde est une erreur. Et un mort voulant mourir une deuxième fois étant une erreur encore plus grande, elle s'est fait remarquée sur vous d'une certaine manière. La fumée n'en est que... l'incarnation si je peux dire ça comme ça.
-Ben putain, c'est compliqué de mourir de nos jours... pensé-je à haute voix.
-Je te le fais pas dire...
Nous restons pensifs pendant un petit moment, les deux le regard perdu dans le néant. Attends... je rêve ou cette situation est extrêmement embarrassante ?!
Vous voyez (à qui je parle?!), c'est ça que j'aime pas avec ce sentiment ingrat qu'est l'amour. C'est que peu importe la situation dans laquelle tu te trouves, tu peux pas t'empêcher de penser à ton crush 24h sur 24. Et dans le sens embarrassant du terme. En ce moment, le seul truc que j'ai envie de dire : Fuck my life.
-Je vais réveiller les autres, dis-je finalement pour fuir ma position de lycéenne en mal d'amour.
-Ok, me répond simplement le blondin en s'asseyant sur le banc.
Je descends donc sur le pont et me mets à chercher les autres afin de les réveiller de gré ou de force.
Une fois tout le monde debout, je décide d'utiliser le mensonge et leur dis qu'ils ont simplement dormi tout l'après-midi. Mais même juste un après-midi, ça reste louche de tous s'endormir au même moment et si longtemps. Je choisis alors jouer l'ignorant, fuyant la conversation pendant le reste de la soirée. Enfin, jusqu'au dîner.
Alors que nous sommes en train de manger depuis maintenant dix minutes, Usopp entre brusquement dans la cuisine, une plante à la main.
-Ah enfin, pourquoi t'es si en retard Usopp ? Ça te ressemble pas, demande Nami.
-Les gars, y a une erreur quelque part, dit gravement le sniper en ignorant la remarque de la rousse.
Je sais pas pourquoi, mais je sens que le reste de la soirée va être sportif.
-Vous savez tous que je fais pousser des plantes pour m'en servir comme armes. Ce sont des plantes spéciales qui poussent très vite, il ne leur faut que trois jours pour être totalement épanouies.
...
Merde.
-Mais même si elles sont rapides, elles ont besoin de ces trois jours sinon elles sont inutilisables. J'en ai planté une nouvelle série ce matin, et elles sont déjà complètement épanouies. C'est vraiment pas normal.
Tout le monde le regarde avec des yeux ronds, sauf moi qui ai plus envie de me les crever afin d'avoir l'impression d'être caché pour le reste de ma vie.
-Tu es sûr que tu n'as rien ajouté de spécial à ta plantation aujourd'hui ? Demande Brook, visiblement un peu stressé.
-Certain, répond Usopp, une goutte de sueur coulant sur son front.
-Cela voudrais dire que nous avons dormi pendant plus de trois jours... murmure alors Robin.
Robin, tu es une fille intelligente et c'est pour ça que je t'apprécie, mais en ce moment c'est la raison pour laquelle je te hais.
-Ca voudrais dire que... commence Nami.
-Tu sais quelque chose, Nami ? Demande lourdement notre capitaine, qui jusque là n'avait encore rien dit.
-Non. Je ne sais rien, je ne sais pas ce que ça pourrais signifier, ni pourquoi c'est arrivé.
-C'est vraiment étrange... dit Robin.
-C'est vraiment flippant... renchérit Chopper.
C'est vraiment chiant, ai-je envie de crier au monde entier. Ne sachant absolument pas comment agir, je reste dans mon coin avec ma bière, silencieux, priant Dieu de ne pas me faire remarquer.
-Zoro, c'était toi le premier réveillé. T'as pas une idée de ce qui a pu se passer ?
... Je savais que c'était inutile de prier un dieu quand on est pas croyant.
-Euh... Non, tenté-je de justifier. Je me suis juste réveillé dans la vigie, et j'ai réalisé qu'on était le soir alors j'en ai déduis que je n'avais dormi qu'un après-midi.
Dans un sens c'est vrai. J'ai juste pas précisé qu'un fantôme capricieux m'a par la suite fait part de la vraie situation.
-Donc on a aucune piste... conclut Franky.
J'observe un par un chacun de mes camarades. Ils sont visiblement tous en train de réfléchir, ce qui ne veut dire qu'une chose : Je suis pas au bout de mes galères.
-Dites... est-ce que ça pourrais avoir un lien avec le cauchemar collectif de l'autre jour ? Interroge Chopper.
Non mais c'est bon là ! J'ai pas l'habitude de dire ça mais arrêtez de me donner raison tout le temps ! Et voilà Brook qui renchérit :
-Je pense qu'on devrait commencer à s'en inquiéter un peu et faire quelque recherches.
Alors là, je dois avouer que je n'ai a-u-c-u-n-e idée de ce que je dois faire ou de ce que je dois dire. L'aide du cook me serait bien utile, mais si je me déplace vers la vigie maintenant les autres vont prendre ça pour une fuite et vont me soupçonner de savoir quelque chose. Bon, ben reste qu'à essayer de calmer le jeu moi-même.
-Dites les gars, vous pensez pas que...
-Attendez, je crois que j'ai une petite idée ! M'interrompt Nami sans même m'adresser un regard.
Je dois me retenir pour pas lui balancer une petite insulte bien placée. Pas vraiment parce qu'elle m'a coupée, mais parce que je suis pas con. Nami a beau être une sorcière, elle est beaucoup plus intelligente qu'elle en a l'air. Si il y a bien quelqu'un qui est capable de remonter jusqu'à la vérité, c'est elle.
-Tu te souviens de ce livre qu'on a lu ensemble, Robin ? Continue-t-elle. A un moment, ça parlait d'une île emplie d'esprit qui aurait une force maléfique en elle-même. Elle peut être invisible aux yeux des vivants et peut être n'importe où sur Grand Line. Il était mentionné que quiconque s'approcherait serait soumis aux effets des esprits, et les troubles étranges du sommeil font partie de ces effets. Y aurait-il une possibilité que cette île soit la cause de ces événements bizarres ?
Oh mon dieu. Nami, pour toi tu viens juste de proposer une solution plausible et intelligente, mais à mes yeux tu viens de sauver un monde. J'ai presque envie de te prendre dans mes bras.
-Ca se tient... acquiesce Usopp. Mais ça fait un moment qu'on navigue, normalement on devrait avoir dépassé l'île à l'heure qu'il est. Comment ça se fait qu'on sente encore les effets ?
-D'après le livre, le « champ d'effet » de l'île s'étend sur plusieurs kilomètres autour d'elle, répond la rousse. Et rien qu'à la base, l'île serait tellement grande qu'il faudrait entre 3 et 4 jours pour la dépasser. Enfin, je dis tout ça mais... la source du livre n'était pas sûre, alors peut-être que c'est juste une grosse bêtise.
-Mais pour l'instant c'est la seule piste qu'on a, alors autant essayer de chercher un peu dessus, soupire Chopper.
Me sentant soulagé de cette fin de discussion, je finis tranquillement mon assiette et sors de table en disant aux autres vouloir m'entraîner.
En entrant dans la vigie, j'aperçois le cook qui dort comme un bien heureux sur le banc, un de mes t-shirt dans les bras.
J'en connais un qui était mort d'inquiétude à plus en dormir pendant trois jours et qui veut pas l'avouer...
Je dois admettre qu e cette vision plus ou moins nouvelle du Sourcil en vrille me donnerait presque envie de lui sauter dessus. Même si je sais pas comment interpréter le fait qu'il dorme avec mon t-shirt... Mais bon, dans le doute, autant lui demander directement.
-AIE ! Mais ça va pas ?! S'indigne-t-il après s'être pris un coup de pied dans sa belle gueule.
-Oh ça va, dis-toi qu'on est quitte maintenant, lancé-je en ricanant.
Sanji se relève lentement en grognant. Il serait presque mignon comme ça. J'ai dis presque.
-Dis, je peux savoir pourquoi tu dors avec mon t-shirt ? Je sens si bon que ça ?
-Hum ? Ça ? Marmonne-t-il en regardant le bout de tissus. C'est un peu compliqué, je t'expliquerai après.
-... Ok. Faut que je te dise : Tu peux remercier Nami, elle t'a inconsciemment sauvé la mise.
-De quoi ?
-Les autres ont su pour les trois jours de sommeil. Et alors que j'étais en train de suer sur ma chaise, ta belle rousse a trouvé une explication plausible et tout le monde y a cru.
-Toujours aussi magnifique ma Nami adorée... Qu'est-ce qu'elle a dit ?
-Elle a parlé d'une île maléfique, un truc du genre... j'ai pas tout compris mais ce que je suis sûr c'est que maintenant plus personne ne se pose trop de questions.
-Hum...
-Mais bon dans tous les cas on a plutôt intérêt à se grouiller pour ton regret là.
-Ouais j'allais le dire. Laisse-moi juste deux petite minutes je reviens.
Je le regarde sortir de la vigie, perplexe, puis retombe rapidement dans mes pensées, à la recherche d'une idée pour ce foutu regret. Cependant elles sont très vite interrompues par un hurlement puissant détruisant la tranquillité de la nuit. Ce hurlement dure pendant de longues secondes, mais est finalement ponctué d'un gracieux « PUTAIN » comme sorti de la bouche de Zeus. Ok. What the fuck ?
Le cook revient, essoufflé, et s'assoit à coté de moi d'un air décidé.
-Euh... puis-je demander pourquoi ? Lancé-je avec un air montrant mon étonnement.
-Ah ? J'avais juste besoin de me sortir les doigts du cul une bonne fois pour toute. Rien ne vaut mieux de crier quand tu veux éjecter tous tes sentiments raisonnables et timides.
Quel langage fleuri... Je sais pas pourquoi mais j'ai pas vraiment envie de savoir pourquoi il avait besoin de se « sortir les doigts du cul »...
-Bon, reprend-t-il, on voulait parler de mon regret.
Soudain, un élément venu de je ne sais où me reviens en tête.
-Non ! Dis-je avec une expression joueuse. D'abord tu dois m'expliquer pourquoi tu dormais avec mon t-shirt ! T'as dis que t'allais le faire plus tard : on est plus tard !
Je sais pas pourquoi mais j'ai envie de l'embêter un peu ce soir. Même si ça a pas vraiment l'air de l'embêter... Il détourne juste les yeux et s'exprime sans pression.
-Ah ouais, il y a ça aussi. Bon, en même temps c'est pas si mal d'en parler maintenant, ça fait deux en un.
Euh... Hein ?
Je dois avouer que je comprends que dalle là. Je comprends pas pourquoi il est si sérieux tout d'un coup. Je comprends pas pourquoi il s'approche lentement de moi comme ça. Je comprends pas non plus pourquoi j'ai sa bouche contre la mienne là, tout de suite.
... Euh, est-ce que je suis le seul à trouver ça bizarre que les cook soit en train de me rouler une pelle ?
...
Roturier. Est-ce que vous avez aimé ? Je l'espère. Est-ce que vous voulez voir la suite ? J'en serais ravie. Est-ce que vous allez me dire votre avis par review ? Ça serait le comble de la joie. En tout cas merci beaucoup d'avoir lu ce chapitre, et à la prochaine !
