Une bonne nouvelle année à vous tous!
Désolés pour le retard... on était comme vous le pensez bien, en train de fêtez et on n'a pas eu le temps de poster le chapitre!
On espère qu'il vous plaira!

Au bout de quelques minutes de course à travers les fourrés, Sora nota que la végétation se mettait à changer : les arbres se faisaient de plus en plus rares et la plupart avaient l'air malades, ou morts. Leurs ombres inquiétantes cachaient la lune qui brillait froidement au-dessus de leurs têtes et l'Elu de la keyblade commença à frisonner... l'air devenait de plus en plus glacial. Lorsqu'ils sortirent enfin du couvert des arbres, les quatre coureurs se stoppèrent subitement et observèrent avec une curiosité mêlée d'effroi l'image qui s'offrait à eux : en haut d'une coline se dressait les ruines obscures d'une ancienne forteresse. Son contour-même semblait happer la lumière stellaire, noyant le paysage envirronnant dans les ténèbres. Sora vit du coin de l'oeil Iwako mettre sa main sur son coeur et reculer d'un pas:

« Ce lieu est maudit... » murmura la magicienne.

« Pas ici... souffla Mérida dont les yeux bleu exprimaient en cet instant la plus totale angoisse. Tout mais pas cet endroit... »

Dans la cour fantomatique de la citadelle des ombres s'alluma soudain un grand feu et l'on entendit de lointaines voix rauques hurler quelques ordres. Puis un rugissement, sans doute celui d'un ours, résonna dans la vallée.

« Maman ! » s'écria alors Mérida en repartant à toute allure vers la forteresse.

Courant à travers des décombres et des stèles éffondrées, Sora suivait tant bien que mal la jeune archère. A sa droite, haletante, Hayate osa demander :

« C'est quoi cet endroit ? »

« Ma mère me racontait toujours la légende de quatre frères, narra Mérida essoufflée mais continuant son sprint. Ils devaient se partager équitablement le royaume à la mort de leur père. Mais l'aîné n'était pas d'accord avec cette décision : il défia son destin et rencontra une sorcière, lui demandant de lui donner la force de dix hommes. Il fut exaucé et tua sans doute ses frères pour s'approprier leurs terres mais il fut maudit...»

Mérida sauta par-dessus une vieille poutre moisie et reprit, un peu paniquée:

« Ce doit être les ruines du château du roi défunt. On est déjà venues ici avec ma mère, il y a deux jours. Et on s'est faites attaquer par Mord'hu... »

« Mordu ? » Répéta Sora sans comprendre.

« Un ours monstrueux que mon père rêve de tuer, expliqua la rouquine de plus en plus inquiète. Mais je crois... que c'était un humain autrefois, comme ma mère. Je crois qu'il s'agit du frère aîné de la légende, qui est resté bloqué dans le corps d'un ours ! Et il est très dangereux ! »

Des cris de guerre leur parvenaient de la cour en ruines, devant eux. Quand ils parvinrent enfin en haut de la citadelle, une scène de cauchemars se déroulait devant leurs yeux : une petite armée de guerriers écossais frappait ses armes contre des boucliers, acclamant un grand homme roux à la jambe de bois. Celui-ci avait acculé un bel ours contre un mur délabré, qui rugissait pour sa vie. La hache de l'homme brillait froidement à la lueur de la lune et le guerrier avançait inexorablement vers sa proie. Mérida, d'abord figée d'effroi, finit par pousser les écossais devant elle, jouant des coudes, pour parvenir jusqu'au grand homme roux, Sora, Iwako et Hayate sur les talons. Au moment même où la hache allait s'abattre sur la tête de l'ours paniqué, Mérida se plaça entre le chasseur et son futur trophée : la jeune fille avait bandé son arc et menaçait le guerrier en criant :

« Ne la touchez pas ! »

L'homme parut dans un premier temps surpris, puis son expression redevint glaciale et il s'écria :

« Mérida ! Ecarte-toi ! Cette bête a tué ta mère ! »

« NON ! Hurla Mérida qui protégeait l'ours de son corps. Vous ne comprenez rien, père ! C'est mère ! »

« Qu'est-ce que tu racontes pour des âneries ? » S'irrita le roi qui n'avait toujours pas abaissé sa hache.

« Ce n'est pas l'ours qui a tué mère, tenta d'expliquer la jeune fille, C'EST mère ! Elle a été victime d'un sort... par ma faute ! »

« Elle dit la vérité ! se manifesta Sora en faisant un pas en avant. Il faut la croire ! »

Comme pour confirmer leurs dires, l'ours poussa un bruit assertif avant de se redresser et de se tenir sur ses deux pattes arrières, noblement, comme un humain. Le visage du roi fut submergé par une vague d'hésitation, et il murmura:

« ...Elenore ? »

L'ours feula à nouveau en hochant la tête et le guerrier roux abaissa enfin sa hache. On entendit plusieurs murmures dans la foule des combattants. Le père de Mérida se prit la tête et demanda :

« Mais comment... ? Comment est-ce possible ? »

Puis il regarda son arme avec dégôut et la lâcha, comme effrayé par le meurtre qu'il avait failli commettre.

« C'est une longue histoire... admit Mérida mal à l'aise en allant vers son père. Mais on n'a pas le temps pour ça ! Il faut quitter ce château, et vite ! »

« Pourquoi ? » S'inquiéta le roi.

« Parce que c'est l'antre de... »

La jeune archère n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'un long rugissement fit vibrer les dernières fondations de la forteresse oubliée et qu'un vent froid s'engouffra dans les ruines. Alors, surgissant des ténèbres, la forme noire d'un ours gigantesque se découpa derrière eux. La bête avançait droit sur eux, écumant de rage. Des flèches étaient encore plantées dans ses poils rêches et sa gueule était horriblement déformée par une cicatrice. Son dernière oeil valide brillait d'une lueur jaune mauvaise.

« ...Mord'hu... » soupira d'effroi Mérida en reculant.

La bête, bavant, rugit à nouveau et Sora sentit ses cheveux se hérisser sur sa nuque. Tout autour d'eux, les carcasses de anciens guerriers défunts de la citadelle des ombres se relevèrent de leur sommeil sans fin, comme guidé par les mains invisibles de marionnettistes. Sora n'avait jamais aimé les morts vivants, se souvint-il en repensant à l'Ile de la Muerta. Une vague de panique s'engouffra en lui alors que la grande majorité des guerriers écossais prenaient la fuite, dévalant la pente de la coline. Les autres se cachèrent dans les ruines, sans doute pour regarder le combat. Iwako, quant à elle, avait levé la main, tremblante, en direction du monstrueux ours et un halo de ténèbres violacées se mit bientôt à l'entourer. Sora comprit:

« Un Chercheur de Ténèbres ! »

Sans hésitation, et bien que l'horrible monstre lui donna des frissons dans le dos, l'Elu de la keyblade courut se placer devant Mérida et son père en lançant, l'arme à la main :

« On s'en charge ! Mettez-vous à l'abri ! »

« Hors de question ! Dit le roi en empoignant sa hache. Cette bête a dévoré ma jambe...et j'ai juré de lui faire payer ça ! »

Mu par son désir de vengeance, le père de Mérida hurla et se jetta sur l'ours maléfique, pour engager un duel judiciaire. Sora fit signe à Hayate et Iwako de se joindre au combat. Alors qu'un mort vivant se prenait un coup de la guerrière en pleine tête et que des morceaux de sa chair en décomposition voletaient en direction de Iwako, la magicienne, voyant le sumum de sa phobie venir vers elle, elle lança un monstrueux (et son tout premier) GlacierX, ce qui tua sur le coup un deuxième ennemi qui venait d'apparître en face d'elle. Sora, quant à lui, s'élança et, Chaîne Royale prenant la forme d'une longue lance, fonça sur le Chercheur. Mais l'ours, encore semi-conscient de sa vie humaine, attrapa l'arme de sa grosse patte griffue et la jetta sur le côté, Sora emporté avec elle. Puis le monstre utilisa son bras poilu pour giffler le roi, qui vola aussi à l'autre bout de la cour. Iwako, quant à elle, avait reculé par réflexe et regardait le Chercheur, une angoisse certaine brillant dans ses yeux péridot. Puis un zombie voulut lui attraper le pan de sa robe et elle parut s'énerver et leva Cristal de Givre au dessus de sa tête en criant « Foudre + ». Des dizaines d'éclairs foudroyèrent tous les morts autour de la magicienne et Hayate poussa un sifflement admiratif.

« Papa ! » S'écria Mérida en allant vers son père, qui se relevait avec difficulté.

Attiré par le cri, Mord'hu tourna sa tête difforme vers la rouquine et chargea, voulant sans doute la tuer. Se redressant avec peine, l'arcade sourcillère en sang, Sora n'était pas assez proche pour la protéger... mais c'est alors qu'un autre hurlement d'ursidé rententit dans les ténèbres de la citadelle. La mère de Mérida, poussée sans doute par un instinct maternel, avait couru se mettre entre Mord'hu et sa fille. Avec vaillance, la reine ours commença à frapper, mordre et griffer le Chercheur, qui recula sous la soudaineté de l'attaque. Un véritable duel de titans commmença sous le regard impuissant du roi et de la princesse Dunbroke. Mais Mord'hu était trop puissant... avec un coup de griffe infusé de ténèbres, il projetta aussi la reine contre un mur, devant lequel elle retomba lourdement, inconsciente. Mérida et Iwako coururent vers elle, la magicienne lançant un Soin+ préventif et la scène passa au ralenti dans l'esprit de Sora : il observa Mérida, pleurant de panique en prenant le cou immense de sa mère dans ses bras, Iwako les protégeant de son arc. Puis il vit le roi tenter de se redresser, se tenant les reins, teintés d'une terrible couleur rougâtre. Enfin, il vit Mord'hu s'approcher de la famille royale, une lueur de meurtre dans son seul oeil luisant. L'Elu jeta un coup d'oeil à sa droite et remarqua alors la présence de Hayate, qui arriva en courant pour placer son bouclier entre elle et le tueur, le regardant avec colère. Ce fut à cet instant que Sora se répéta les paroles de Mérida dans la tête :

« ...il défia son destin et rencontra une sorcière, lui demandant de lui donner la force de dix hommes... »

Le garçon sut alors quoi faire : il accourut vers Hayate et s'écria :

« Haya ! Donne-moi ta main ! »

« Quoi ? » s'étonna celle-ci derrière son bouclier.

« On doit fusionner ! expliqua le garçon. Donne-moi ta force ! »

Comprenant et avec un sourire satisfait, la guerrière attrapa puissament l'avant-bras de Sora, qui la serra contre lui et se mit à briller puissament. Quand la lumière cristaline sur son corps se disspia, Sora vit les deux keyblades dans sa main, Chaîne Royale et Crépuscule Ailé, caractéristiques de la forme Vaillance. Puis un détail inconnu attira son regard, malgré la gravité de la situation : ses habits, qui devenaient habituellement rouges en forme Vaillance, étaient devenus presque totalement noir et...rose. Dans un premier temps, l'adolescent en fut perturbé... il lui semblait que cette couleur brisait toute l'image de puissance de cette forme basée sur l'attaque. Puis, il sentit une vague monumentale de force monter en lui (bien plus impressionnante que lorsqu'il fusionnait avec Dingo) et il oublia momentanément la couleur de ses habits pour foncer sur Mord'hu. Sora sentait que Hayate était en train de jubiler en lui: la rage, l'esprit de vaincre et l'adrénaline de la jeune femme montaient en Sora telle une vague destructrice. Alors, le garçon abatit ses deux keyblades dans un rapide combo sur l'ours cauchemardesque, qui fut projetté à terre à cause de la violence de l'impact. Sora se remettait en position d'attaque alors que Mord'hu se relevait avec difficulté. Mais l'Elu ne lui laissa pas le temps de reprendre ses esprits: bénéficiant de la rapidité de Hayate, il se jetta sur le Chercheur et frappa, encore et encore, de toutes ses forces et avec ses deux armes, qui lançaient des éclats de lumière dans les ténèbres environnantes. Voulant tenter de sauter sur la bête, Sora réalisa l'un des prodigieux bonds de Hayate et abattit avec colère ses deux armes sur la tête de la créature. Dans un dernier hurlement lugubre, le corps déformé de Mord'hu s'écrasa sur les dalles de pierres froides, rendant son dernier soupire, alors que Sora attrérissait au sol, dos à son ennemi, regardant sur le côté tandis que ses cheveux volaient dans le vent nocturne et qu'il décroisait ses deux keyblades en les lançant dans un mouvement sec de chaque côté de ses hanches, tel un samourai voulant se débarasser du sang sur ses lames. A ce moment-là, le fantôme d'un grand guerrier sombre quitta la carcasse de l'ursidé et plana un instant au-dessus des ruines, fixant l'Elu de la keyblade avec haine, avant de disparaître dans les ombres...

Se souvenant qu'il était actuellement totalement rose, Sora coupa la Fusion en vitesse, se sépara de Hayate et tous deux tombèrent à terre, épuisés. Il y eut un moment de silence, et Sora observa avec inquiétude son amie haletante, ayant peur qu'elle vive aussi mal les Fusions que Iwako. Mais la guerrière se tourna bientôt vers Sora et, le regardant de ses grands yeux bleu ciel où brillaient une claire euphorie, elle lui prit les mains entre les siennes, et murmura:

« On devrait faire ça plus souvent... Le pouvoir de cette Forme est extraordinaire...»

Sora lui sourit, soulagé d'apprendre qu'il n'y avait que Iwako qui avait un problème et qu'il n'avait pas abusé de ses compagnons de voyage durant toutes ses années. Puis il tenta de récupérer ses mains et Hayate retira précipitament les siennes et se racla la gorge en se redressant et en déclarant:

« C'était excessivement héroïque. »

Mais les deux compagnons revinrent vite à la réalité lorsqu'ils entendirent le cri désespéré de Mérida:

« Oh non ! Le soleil se lève ! »

Iwako fut la plus rapide à réagir en déroulant la tapisserie qu'elle avait soigneusement gardée durant tout ce temps pour l'amener à Mérida. Cette dernière la tendit devant elle et en recouvrit l'ours au beau pelage noir. Alors que les premiers rayons du soleil commençaient à percer à travers les ruines et que le roi blessé se relevait pour venir auprès de sa femme et de sa fille, nos trois héros s'approchèrent, le coeur battant, afin de voir la cessation de la malédiction.

Il y eut un long silence durant lequel tous retirent leur souffle.

Mais après de longues minutes, l'ours grogna d'impatience... toute humanité ayant quitté ses pupilles noir obsidienne. Mérida le regarda, les larmes remplissant peu à peu ses yeux bleu opale, et soupira:

« Non... »

Puis la jeune archère releva la tête, observant tour à tour sa mère et le soleil levant.

« Non...non, non, non ! » paniqua-t-elle.

Iwako baissa la tête, attristée, et Hayate posa une main réconfortante dans son dos. Sora ne voulait pas y croire... ils avaient réparé la tapisserie, alors pourquoi ça ne fonctionnait pas ?!

Comme l'ours ne voulait plus rester en place, il fit mine de se relever afin de partir, mais Mérida se jetta sur lui et l'attrapa au cou en criant:

« Non reste ! Je suis tellement désolée ! Je m'excuse ! Tout est de ma faute... »

La jeune fille sembla perdre espoir en enfoui sa tête dans le pelage de l'ursidé, en sanglotant :

« Tout ça est de ma faute... j'ai tout détruit. J'aurais jamais dû vous faire ça mère... j'ai été si égoïste...»

Mérida éclata alors en sanglots, l'ours toujours inactif. Et alors que Iwako essuyait de grosses larmes sur la paume de sa main tandis que Hayate regardait la scène, les yeux brillants mais trop fière pour pleurer, Sora sentit son coeur se nouer et un flot de larmes monter jusqu'à ses yeux bleu océan. Cette scène...était trop dûr à supporter pour lui. La fille, perdant sa mère à cause de sa fierté...et de son égoïsme. Sora ne pouvait s'empêcher de se mettre à sa place et repensa, immanquablement, à sa propre mère... ne l'avait-il pas abandonnée, il y a maintenant plus de deux ans, sur leur île ? Allait-elle bien ? Lui en voulait-elle d'être parti ? Et Sora ne l'avait-il pas ignorée lors de son bref retour dans son monde, avant le Test de Maîtrise ? Le garçon serra son tabard cadrillé à l'endroit du coeur et retint une larme: n'avait-il pas été égoïste envers sa mère ? Serait-elle toujours là, quand il pourrait enfin rentrer sur l'Ile de la Destinée ?

Devant la détresse de sa fille, le roi s'avança et posa sa main sur son épaule. Mérida gémit alors doucement, la tête toujours dans les poils de l'ours:

« Je vous en prie... je veux qu'on me rende ma maman... je t'aime tellement... pardonne-moi...»

Contre toute attente, la tapisserie se mit alors à rayonner, ce qui fit reculer Mérida qui se réfugia dans les bras de son père. Quand la lumière se dissipa, une belle femme aux longs cheveux noirs et gris se tenait, emmitoufflée, dans la tapisserie. Elle cligna plusieurs fois des yeux, comme si elle se réveillait d'un mauvais rêve.

« ...Mérida ? demanda-t-elle d'une petite voix. Fergus ? »

« Maman ! » hurla la jeune fille en lui santant au cou.

« Elenore ! » rugit le roi en se jettant sur sa femme pour la serrer fort dans ses bras.

Sora lâcha un profond soupir alors que la petite famille royale s'enlaçait en pleurant de joie et en riant : tout était bien qui finissait bien. Il ravala ses propres larmes puis sourit à Iwako, qui pleurait à présent tout à fait. Hayate tentait tant bien que mal de calmer la trop sensible magicienne en la prenant dans ses bras, et Sora se demanda, amusé, pourquoi les pleurs de joie de son amie étaient plus violents que ceux de sa tristesse...?

...

Pour les remercier de leur aide, le roi Fergus avait tenu à organiser un grand banquet pour fêter le retour de sa femme et de sa fille à Dunbroke. Il avait fait installer, pour ce faire, de grandes tentes blanches et de longues tables en bois, dans le pré en bas de son château. Sora, Iwako et Hayate ne refusèrent pas l'inviation, car après une nuit à courir dans les bois et combattre des Sans-Coeurs, ils étaient affamés. Sora ne se fit donc pas prier quand on lui apporta un énorme poulet rôti à la broche. Se jettant sur la pauvre volaille, le garçon arracha puissament une cuisse et mordit à pleine dents dans la chair, coupant les tendons avec ses canines en tirant dessus. Iwako le regardait avec le plus profond dégoût en coupant lentement sa cuisse de canard braisé, alors que Hayate lançait ses os de poulet aux chiens de chasse, riant lorsqu'ils lui sautaient dessus pour la lécher. La magicienne attendit que Sora se soit un peu calmé dans son appétit pour commenter, en lui souriant :

« Je suis heureuse qu'on ait réussi à aider Mérida et sa maman... »

« Moi aussi, affirma le garçon. Ça aurait été trop triste si ça n'avait pas marché... »

« Je suis heureuse d'être une Porteuse de keyblade rien que pour ça... avoua Iwako en regardant la famille royale rire à une autre table. C'est incroyable de pouvoir voyager de monde en monde et sauver des gens, comme ça, gratuitement. »

« C'est certain! intervint Hayate en entourant son avant bras autour de la nuque de Sora et en touchant Iwako sur l'épaule. Mais c'est ce que font les héros, n'est-ce pas? »

« Hahaha ! se réjouit Sora en rendant son accolade à la guerrière tandis qu'elle leur lançait un clin d'oeil. C'est vrai. On est des bons héros sur ce coup-là... »

L'Elu jetta un nouveau regard en direction de la table royale : Mérida prenait sa mère dans ses bras, lui souriant de toutes ses dents, et le garçon eut un pincement au coeur. Ça devait se voir sur son visage, car Iwako demanda :

« Sora, tu vas bien? Tu as avalé un os de poulet ?»

« Non... avoua l'adolescent en se disant que sa tête devait exprimer quelque chose de terrible. C'est juste que... je repense à ma mère. »

« Oh, » fit la magicienne, gênée, en lissant nerveusement ses longs cheveux bleutés.

« Tu peux nous parler d'elle ? » s'enquit spontanément Hayate en se rasseillant à côté du garçon.

« Haya ! Lâcha la magicienne outrée en frappant l'épaule de son amie avec son gant violet. Un peu de tact ! »

Sora leur sourit, indiquant qu'il n'y avait pas mort d'homme, cette fois-ci. Puis il admit :

« Elle est toute seule, dans mon monde. Je n'ai...pas encore vraiment eu le temps de passer la revoir, depuis deux ans. J'espère... pouvoir le faire bientôt. »

Il fit une pause avant de dire, gravement:

« Elle ne sait même pas que je suis un Porteur de keyblade... je devrai sans doute m'excuser pour mon absence... »

« Je pense que des excuses ce serait déjà un début, » concéda Iwako solenelle.

« Après tu pourrais lui ramener quelque chose, proposa Hayate. Genre un cadeau, que tu aurais ramené d'un autre monde. »

« Bonne idée ! » Se raviva le garçon en serrant les poings.

« On pourrait même aussi lui donner quelque chose, ajouta encore Hayate. Vu que nous on a pas de maman. »

Le commentaire sortait tellement de nul part que Sora ne sut pas trop comment l'interprêter. La guerrière dut le remarquer car elle ajouta, mal à l'aise :

« C'était pas un reproche. Juste un constat. »

Ce fut ce moment que choisirent Mérida et sa mère pour les rejoindre. Toutes deux portaient de belles robes, une verte et une bleue, et de petits diadème dans leurs cheveux dénoués. Iwako et Hayate se levèrent, par respect, et la guerrière força Sora à faire de même (il avait toujours de la peine avec les codes hiérarchiques).

« Je voulais vous remercier pour tout... » commença Mérida.

Elle défit un collier qu'elle avait autour du cou et le tendit à Sora en expliquant :

« Ce pendantif a été confié à notre famille depuis des années...mais sans vous, ma famille n'existerait plus à l'heure qu'il est. Je voulais vous l'offrir, pour vous remercier. »

Sora prit le gros médaillon dans sa main et l'observa un instant.

« Mais c'est ?! » S'étrangla-t-il à moitié en le montrant aux filles.

« La pierre de Ursus ! S'exclama Hayate en fixant le dessin d'Ours à la surface d'une belle pierre taillée.

« On a la deuxième Pierre ! » Se réjouit Iwako.

« C'est l'objet que vous cherchiez ? » Comprit la jeune princesse.

« Oui ! » Acquieça Sora

« Cela devait être votre destin alors de nous aider... » intervint la reine Elenore.

Elle regarda les trois héros avec douceur avant de continuer :

« Mérida m'a dit que les feux-folets vous étaient apparus, au cercle de pierres. »

La reine les observa encore, bienveillante, et déclama:

« Certains disent que le destin est immuable. D'autres disent qu'il est comme une grande tapisserie et que chaque fils est une vie entremelée aux autres. Certains ne trouveront jamais leur destinée, alors que d'autres sont nés pour la rencontrer... je pense que vous êtes de ceux-ci, jeunes gens. »

Il y eut un bref silence, Sora accueillant avec attention les sages propos de la Dame. Puis Mérida s'avança, lui prit la main, et affirma :

« Notre destin nous appartient. Il faut juste trouver le courage de le saisir. C'est toi, Sora, qui m'a appris ça. »

Le garçon sentit ses joues chauffer sous le coup du compliment et mit ses deux bras derrière sa tête, lâchant :

« On a pas fait grand chose. C'est toi qui a sauvé ta maman, Mérida. On a juste donné un petit coup de pouce ! »

Alors que la jeune princesse aux cheveux auburnes voulait ajouter quelque chose, un grand bruit, comme le son d'un vortex, leur fit faire volte-face. Au centre des tablées s'était ouvert un passage de ténèbres violacées. Immédiatement sur leurs gardes, Sora, Iwako et Hayate firent apparaître leurs keyblades dans leurs mains et vinrent se poster devant Mérida et la reine. Un homme finit par sortir du trou noir béant, marchant lentement entre des lanières d'obscurité qui s'attachaient à tout son corps. Il ne portait pas la tenue noire de l'Organisation XIII, mais son visage était caché par un long capuchon noir. L'inconnu leva un bras musclé et la porte de ténèbres s'évanouit aussitôt. Sora serra plus fort Chaîne Royale entre ses deux mains et fronça les sourcils.

« Qui es-tu ?! » grogna l'Elu, sur la défensive.

« Voyons Sora... tu ne me reconnais plus maintenant ? Ne me dis pas que tu es retourné dans le Manoir Oblivion en mon absence ? Je te préviens, je te laisserai te déboruiller tout seul cette fois-ci...»

Sora aurait reconnu le timbre sarcastique de cette voix entre mille et ouvrit donc de grands yeux étonnés. Lentement, l'inconnu fit glisser sa capuche à l'aide de ses deux mains, révélant un visage aux traits fins illuminés par deux yeux turquoises brillants et entouré par de soyeux cheveux argentés. Iwako en resta bouche bée alors que Hayate arborait une expression faciale entre la gourmandise et l'envie.

« Riku ! » s'écria soudain Sora en faisant disparaître Chaîne Royale pour sauter dans les bras de son meilleur ami, qui essaya sans succès de l'éviter.

Tandis qu'Iwako dématérialisait Cristal de Givre pour venir saluer le nouveau Porteur, le visage de Hayate se modifia lentement, passant de l'heureuse surprise à la plus profonde méfiance. Il fallut quelques secondes de plus à la guerrière avant de révoquer Crépuscule Ailé et de s'avancer vers le petit groupe.

« Riku mais qu'est-ce que tu fais ici ? » s'exclama encore Sora en libérant le jeune homme de son étreinte.

Riku réajusta sa jaquette noir sur ses épaules avant d'expliquer:

« Je suis venu te chercher. On a besoin de toi à la Tour Mystérieuse. »

« Il est arrivé quelque chose de grave ? » S'inquiéta Iwako.

Riku la dévisagea, puis fit de même avec Hayate, avant de répondre :

« Non. Mais on a retrouvé Aqua dans le Domaine des Ténèbres... »

Le coeur de Sora bondit dans sa poitrine et il explosa :

« C'est vrai ?! Tu as déjà réussi à la retrouver ?! »

« Qu'est-ce que tu crois ? railla le jeune homme en croisant les bras. Je passe pas mon temps à me goinfrer à des banquets, moi. »

« Hey ! » se vexa à moité Sora, qui savait que c'était de l'humour-Riku.

La surprise passée, Mérida revint vers eux et demanda :

« Vous partez déjà ? »

« Oui, confirma Sora en lui souriant. On a retrouvé quelqu'un de trés important. »

« Alors partez vite ! dit-elle en souriant. Le destin vous appelle ! »

« Et n'hésitez pas à prendre toute la nourriture dont vous avez besoin ! » Hurla le roi Fergus à l'autre bout du campement, en brandissant une cuisse de poulet comme une arme.

Sora leva le bras, remerciant le roi, puis se tourna vers Riku et lui dit en souriant :

« Allons-y ! »

Enfin!
Riku est de retour et il semble porteur d'une incroyable nouvelle!
Mais est-elle positive, ou négative?