DISCLAIMER : tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling.

RATING : M+

WARNING : slash / Yaoi - relations homosexuelles explicites


Chapitre 9 – Secrets et révélations

Vendredi 25 août 2017 – Café Wolesley, Londres

Le Wolesley était un café restaurant moldu situé sur Piccadilly. Son imposante façade à colonnades en pierres grises agrémentée de trois arches aux influences florentines datait de 1926.

L'intérieur du restaurant tenait davantage des grands cafés viennois avec ses colonnes en pierres noires, son plafond blanc à voûtes auquel pendaient d'impressionnants lustres en métal noir. Le sol était couvert d'un carrelage à damiers noirs et blancs et deux immenses comptoirs en marbre foncé ornaient la grande salle dans laquelle se répartissaient des tables en bois acajou.

Pour plus de tranquillité, Draco était arrivé un peu en avance et avait obtenu d'être placé dans une des mezzanines qui surplombaient la grande salle. C'est donc là qu'il attendait d'être rejoint par Harry et Blaise.

Blaise arriva à 9 heures précises. Le métis ne manquait pas d'allure dans son costume trois pièces, chemise et cravate dans un camaïeu de bleus qui faisait ressortir à merveille sa peau chocolat au lait.

L'hôtesse lui indiqua la table de Draco et il grimpa l'escalier quatre à quatre pour le rejoindre.

- Salut Draco ! Je n'étais jamais venu ici. C'est drôlement classe comme endroit …

- C'est un lieu moldu suffisamment fréquenté pour qu'on passe inaperçu et suffisamment bruyant pour que notre conversation ne soit pas entendue …

- En voilà des mystères, s'étonna Blaise.

Il n'eut pas le temps d'approfondir car Harry venait d'arriver. Lui aussi était magnifique dans son costume noir, contrastant avec une chemise et une cravate ton sur ton améthystes qui ressortaient admirablement sur sa peau mate.

- Salut Blaise ! Merci d'être venu, dit Harry en s'installant à côté de Draco face à l'avocat.

Un serveur en livrée noire et long tablier de batiste blanche vint prendre leur commande.

- Un grand macchiato pour moi, demanda Harry.

- Pour moi également, précisa Blaise. Avec une double brioche au chocolat.

- Et pour moi, un Darjeeling, termina Draco.

Le serveur parti, Blaise reprit la parole.

- Bon, les mecs, c'est quoi tous ces mystères ? Depuis quand on se donne rendez-vous dans les cafés moldus ?

- Nous avons toutes les raisons de penser que le bureau de Harry est peut-être sur écoute, dit Draco.

- QUOI ? s'exclama le métis. Mais c'est impossible ! Il y des sorts anti-intrusions qui ont été placés, non ?

- Oui mais manifestement, ils ne sont pas efficaces contre les appareils moldus, précisa Harry.

- Les appareils moldus ? Les micros vous voulez dire ?

- Exactement, dit Draco.

- Ok, dit Blaise. Vous avez déjà une idée de qui aurait intérêt à capter les conversations de Harry et surtout dans quel but.

C'était plus une affirmation qu'une question. La mine du brun s'assombrit considérablement.

- On a une idée, en effet, dit Draco. La stagiaire de Harry, Allison Fletcher.

- Expliquez-moi ça, dit Blaise qui, en bon avocat, commençait à voir venir les problèmes.

- J'ai franchement merdé Blaise. Vendredi dernier, j'ai … j'ai eu une relation sexuelle avec Allison … dans mon bureau. Et il est possible qu'elle ait … enregistré nos … enfin tu vois quoi, dit Harry franchement embarrassé.

- Ce qu'Harry essaye de dire, intervint Draco, c'est qu'il ne s'est pas contenté de gémir. Il a tenu des propos sexuellement explicites.

- Du genre ? questionna l'avocat.

- Du genre : prends-la en bouche et suce-moi, dit Draco alors que les joues de Harry viraient au rouge intense.

- Ah, fut tout ce que Blaise eut le temps de dire car le serveur revenait avec leurs consommations.

A nouveau seuls, Blaise reprit :

- Qu'est-ce qui vous fait dire qu'elle a enregistré quelque chose ?

Draco fit alors part à son ami des « pensées » qu'il avait interceptées dans l'esprit de la blonde, où il était question de micros.

- Hm … Pas bon tout ça, maugréa le métis. Elle pourrait en effet s'en servir pour te faire chanter Harry … ou encore t'accuser de viol ou de harcèlement.

- Quoi ? J'avais bien pensé au chantage mais pas au harcèlement … et encore moins au viol … Oh Merlin !

Harry était horrifié par la tournure des évènements.

- Pardon de te le dire aussi platement Harry mais pour le coup, t'as vraiment pas été malin. Baiser une petite stagiaire, c'était la dernière chose à faire, dit Blaise.

- Je sais … pas la peine de me le dire, je le sais … soupira Harry.

- A sa décharge, je suis presque convaincu qu'il est sous l'influence d'un philtre d'attraction, dit Draco.

- Comment ? s'exclama Blaise. Mais ça change tout alors ! ça voudrait dire que c'est un coup monté ! Une tentative pour te piéger ! Sans compter que l'utilisation des philtres d'amour, quels qu'ils soient, est punissable d'Azkaban ! C'est assimilé à un empoisonnement !

- C'est exactement ce que je pense dit le blond.

- Tu en as la preuve Draco ?

- Non, mais il suffit de lui faire faire un examen sanguin. Le philtre d'attraction doit être administré pendant au moins un mois avant de faire de l'effet et il reste dans l'organisme encore plusieurs semaines après la dernière prise.

- Bon, voilà ce qu'on va faire.

Blaise était passé en mode « homme de la situation » et distribuait les ordres.

- Harry, tu vas aller à Sainte-Mangouste faire une petite prise de sang, dit l'avocat. Et à partir de maintenant, tu ne bois et ne mange plus rien qui n'a pas été préparé par toi-même ou par une personne digne de confiance.

Harry opina du chef.

- Draco, concernant les micros, ils doivent être reliés à des enregistreurs, des bandes magnétiques ou quelque chose comme ça ?

- Oui, certainement.

- Bon. Ces micros ne doivent pas avoir une portée très longue. Ça veut dire que les enregistreurs doivent être à proximité du bureau de Harry. Certainement dans le bureau de la stagiaire si c'est effectivement elle qui est en cause. Il faudrait que tu parviennes à les récupérer. Je pourrais les confier à un moldu de ma connaissance qui pourrait les analyser. Il est hors de question de le faire au départ du Ministère puisqu'on ne sait pas à qui faire confiance.

- Je m'en occupe.

- Bien. Malheureusement, on ne peut rien faire de plus. Reste à attendre que la demoiselle dévoile ses intentions, conclut Blaise.

Harry était soulagé d'en avoir parlé au métis. Ils allaient agir et peut-être trouver une solution. Cette idée était réconfortante pour le brun.

- Il y a autre chose dont je voulais te parler Blaise. J'ai appris avant-hier que Lily n'est pas ma fille.

- QUOI ? éructa l'intéressé. Lily ? Mais … que … enfin… QUI ?

- Neville Londubat probablement.

- BORDEL DE SALAZAR EN STRING ! s'emporta Blaise. Tu es en train de me dire que Ginny t'a trompé avec ce … avec Londubat ?

- Apparemment.

- Merlin ! Donc, il sait se servir de sa bite … Qui l'eut cru ? dit Blaise en regardant Draco.

- Dites, les Serpentards ? C'est quoi votre problème avec la bite de Neville ? s'énerva Harry.

- Oh une blague entre nous à Poudlard, expliqua Blaise. On avait fait un classement des Gryffondors en fonction de leurs capacités supposées à se servir de leur engin… Et Neville était le bon dernier ! Et si ça t'intéresse Potter, t'étais en tête !

- Je ne le crois pas ! Vous étiez vraiment des connards finis !

- On a pas dit le contraire, sourit Draco.

Harry ne put s'empêcher de sourire également … Ils avaient fait pareil à Gryffondor et c'était Malefoy qui tenait le haut du classement, suivi de Zabini. Crabbe et Goyle se disputaient la dernière place.

Mais bien sûr, il se garda bien de le raconter à ses deux vis-à-vis.

- Bon Harry … que comptes-tu faire ? demanda Blaise plus sérieusement, le ramenant à leur préoccupation.

- Je ne sais pas. Pour le moment, je n'ai pas la preuve de ce que j'avance.

- La preuve est facile à obtenir : tu me confies un échantillon d'ADN de ta fille et de toi. Cheveux, prélèvement de salive, … et je le fais analyser. On saura rapidement s'il y a une correspondance ou non.

- D'accord. S'il s'avère que Lily n'est pas ma fille, je conserve des droits sur elle tout de même ?

- Tu l'as reconnue comme ta fille, donc oui. Du moins tant que le père biologique n'intente pas une action en reconnaissance de paternité, expliqua Blaise. Il est au courant qu'il a eu une fille ?

- Aucune idée ! dit le brun. Et si j'ai la preuve que Lily n'est pas ma fille, continua-t-il, ce sera suffisant pour demander le divorce sans que Ginny puisse obtenir quoi que ce soit ?

- C'est un cas avéré d'adultère. Donc, tu seras en position de force. Et je me ferai un plaisir de lui faire bouffer la poussière ! dit l'avocat, un sourire sardonique sur le visage.

- Bien. Dans ce cas, je t'amène un échantillon d'ADN dès demain. Et si la correspondance est négative, je demande le divorce.

- Harry … tu es sûr ? demanda Draco soudain inquiet.

- Oui Draco, j'en suis sûr. Tout ça n'a que trop duré.

Blaise assistait à l'échange un peu perplexe. C'est la première fois qu'il entendait les deux hommes s'appeler par leurs prénoms.

Voyons la mine suspicieuse du métis, Harry dit :

- Il y a une dernière chose que tu dois savoir Blaise. Tu es le premier et le seul pour le moment à le savoir.

Le brun regarda Draco en souriant et lui prit la main.

- Draco et moi sommes … ensemble, dit Harry à Blaise.

L'avocat cligna des yeux, pas sûr de bien appréhender la situation.

- Ensemble ? Vous voulez dire que …

- On couche ensemble, on baise, on fait l'amour… on s'aime, quoi ! résuma Draco.

- Ok, répondit Blaise déjà sonné par la nouvelle. Ok … Et depuis combien de temps ?

- La première fois, c'était en 2003, dit Harry. Mais on s'est séparé à deux reprises et puis ...

- QUOI ?

Il semblait à Blaise que son cerveau avait buggé.

- Vous … vous êtes en train de me dire que … vous avez une liaison secrète depuis … quatorze ans !

- Oui … ça été dur par moments mais on est arrivés à ne pas l'ébruiter … au prix de douloureux efforts, dit Harry plus sombrement.

- Donc … cet article dans la Gazette il y a trois ans … c'était vrai ?

- Oui, dit Draco. On sortait effectivement d'un après-midi de sexe complètement démentiel …

- Merlin … je suis sur le cul … répondit Blaise, la tête entre les mains.

Harry et Draco rirent de bon cœur devant la mine abasourdie de leur ami.

- Blaise, nous t'avons confié cela dans le cadre de ton mandat d'avocat. Hors de question que tu racontes ça à Hermione ! Du moins pour le moment, insista Harry.

- Putain ! C'est clair que je ne vais rien dire ! Elle en deviendrait hystérique ! Depuis le temps qu'elle espère que tu vires Ginny de ta vie ! Merlin … Quatorze ans ! J'avais bien vu que vous ne vous détestiez plus comme à Poudlard mais de là à imaginer que … Oh là là !

Blaise en était encore à essayer de comprendre comment il avait pu ne rien voir quand le téléphone portable de Harry se mit à vibrer.

- Excusez-moi, dit-il en se levant et en s'éloignant pour prendre la communication.

Blaise considéra alors son ami avec sérieux.

- Entre vous, c'est juste du sexe ou bien …

- Non. Je l'aime comme un fou. Et il m'aime aussi, dit Draco.

- Et … comment se fait-il que vous … enfin, je veux dire … vous êtes restés mariés chacun de votre côté pendant tout ce temps … Vous avez eu des enfants …

Le visage de Draco s'assombrit légèrement.

- Comme on te l'a dit, ça n'a pas été facile. Harry a … on s'est séparé à deux reprises. Pendant deux ans et demi quand il a appris que Ginny était enceinte de James et pendant trois ans après que la photo de nous deux soit parue dans la Gazette. Mais on s'est chaque fois remis ensemble … on … on s'aime, Blaise.

- Ne le prends pas mal Draco … mais ça ne te ressemble pas … Il fut un temps où tu n'aurais pas supporté d'être … comment dire ?

Draco eut un rictus amusé.

- Le sacro-saint orgueil des Malefoy en prend un coup, n'est-ce-pas ?

- Ben c'est sûr que tu nous a habitué à prendre et à jeter comme bon te semblait … pas à être dépendant de quelqu'un comme ça …

Le blond soupira longuement.

- Il m'a changé Blaise. Du jour où je suis tombé amoureux de lui, j'ai su que tout allait changer. Je l'aime comme je n'ai jamais aimé personne avant. Et je sais que c'est réciproque. Même s'il tergiverse parfois trop à mon goût, je sais que ce n'est pas parce qu'il doute de nous. Il a peur pour ses enfants, c'est tout.

- Il a quand même couché avec sa stagiaire … Pour quelqu'un qui t'aime autant, il a une drôle de façon de le montrer, dit Blaise avec acidité.

- Comme je te l'ai dit, je suis convaincu qu'on a essayé de le piéger et qu'il est sous l'emprise d'une potion, répondit fermement Draco.

- Hmhm … j'ai quand même entendu pas mal de rumeurs à propos de …

- On était séparé ! On était censé avoir rompu ! s'énerva Draco. Si tu crois que moi je me suis comporté comme un saint …

Harry venait de reprendre place à table. Son regard passa de son amant à Blaise avec inquiétude.

- Tout va bien ? demanda-t-il en voyant la mine en colère de Draco.

- Oui, ne t'en fais pas, répondit ce dernier.

D'un geste naturel, Harry prit les doigts de Draco dans sa main et les porta à sa bouche pour les embrasser. Et ça lui fit un bien fout de pouvoir enfin poser ce geste devant quelqu'un.

- Je dois rentrer au Ministère, dit-il. Un dossier urgent m'attend. Blaise, merci déjà de ton aide.

- Pas de quoi Harry. Sois prudent ! Fais attention à ce que tu dis. Méfie-toi de tout le monde, d'accord ? Et n'oublie pas la prise de sang ! Et … et aussi, sois prudent avec Draco. Je t'ai dit que tu étais en position de force vis-à-vis de Ginny s'il se trouve qu'elle t'a trompé mais c'était avant de savoir pour vous deux … Si Ginny apprend pour Draco et toi, je crains que la situation ne s'inverse …

- Je sais. Je ferai attention. On se voit plus tard ? dit Harry à Draco.

- Je passerai dans l'après-midi.

- J'ai hâte.

Harry se leva de table et se pencha pour effleurer tendrement les lèvres de son amant. Draco le suivit du regard alors qu'il quittait l'établissement.

- Il n'y a pas de doute mon pote, dit Blaise en souriant. Vous êtes raides dingues l'un de l'autre. Pardonne-moi d'en avoir douté.

- Tu es pardonné mon ami. Il faut dire qu'une relation entre les deux princes de Poudlard, ennemis jurés, n'allait pas de soi.

- En effet ! Au fait, tu as signé les documents du divorce ?

- Tiens, dit-il en tendant à Blaise une liasse de parchemins. Je les ai signés hier soir. Tu pourras les déposer ce matin.

- Alors, c'est fait ? La machine est en route … Et si Potter divorce à son tour, le bout du tunnel est en vue pour tous les deux ?

- Je l'espère Blaise … je l'espère vraiment.

O°O°O°O°O°O°O

Vendredi 25 août 2017 – Ministère de la Magie

La matinée passa à toute allure pour Harry.

Le problème urgent qui avait nécessité son retour au Ministère s'était avéré particulièrement épineux. L'histoire aurait pu être drôle si elle n'avait pas été diplomatiquement sensible. En effet, d'après ce qu'Harry avait pu comprendre, l'ambassadeur sorcier de Grande-Bretagne en Espagne s'était retrouvé dans une situation assez compromettante : il avait organisé dans les locaux de l'ambassade, une soirée échangiste qui avait tourné au cauchemar quand deux maris jaloux avaient fini par en venir aux mains. Les épouses s'en étaient mêlées et le tout a viré au crêpage de chignon intégral. Sous la pression du Ministère espagnol, Harry avait rappelé son ambassadeur et il avait été démis de ses fonctions le matin même.

Il avait fini par trouver le temps d'aller à Sainte-Mangouste en début d'après-midi. Il recevrait les résultats de ses analyses sanguines le lundi matin.

Sur le coup de 15 heures, il était de retour dans son bureau.

Lorsqu'il vit Draco passer le seuil de sa porte, son visage s'illumina d'un sourire resplendissant. Il allait aller à la rencontre de son amant avec exubérance quand il fut arrêté par ce dernier qui plaça ostensiblement un doigt sur ses lèvres lui intimant le silence et lui rappelant par ce geste la possibilité que le bureau soit sur écoute.

Jouant parfaitement le jeu, Harry salua Draco d'un ton froid, démenti par la lueur de désir qui brillait au fond de ses yeux.

- Malefoy. Que puis-je pour toi ?

- Juste te rappeler que mon fils passait la journée avec le tien aujourd'hui. Je ne pourrai malheureusement pas venir le chercher. Pourras-tu veiller à lui faire prendre la cheminette pour le Manoir et le confier à Pippin, notre elfe de maison ?

- Bien sûr. À quelle heure veux-tu que Scorpius soit chez toi ?

- Vers 18 heures, ce sera parfait.

- Très bien, dit Harry en souriant au blond de manière entendue.

O°O°O°O°O°O°O

Vendredi 25 août 2017 – Manoir Potter

En rentrant chez lui peu avant 18 heures, Harry fut accueilli par des enfants tout sourire.

Albus, James, Lily et Scorpius faisaient une partie de bataille explosive, âprement disputée. Harry était heureux de constater que les quatre enfants semblaient s'amuser énormément.

- Papa ! dit Albus en se précipitant vers lui, James et Lily sur les talons.

- Bonsoir Monsieur Potter, dit poliment Scorpius qui s'était levé à son tour.

- Bonsoir les enfants ! Vous avez passé une bonne journée ?

- Formidable ! dit Albus.

Effectivement, le brun pouvait voir que les mines étaient réjouies, y compris celle de James. Il fit un signe de tête approbateur à son fils aîné et celui-ci lui sourit en retour.

- James ? Ta mère est déjà chez grand-père et grand-mère Weasley ? demanda le brun.

- Oui, elle vient de partir, répondit son fils aîné.

- Ok. Scorpius, ton papa m'a demandé de te ramener au Manoir à 18 heures. Prends tes affaires, je vais prendre la cheminette avec toi. Les enfants, vous, vous partez directement rejoindre votre mère chez vos grands-parents. Prevenez-les de commencer sans moi car je ne vais pas rentrer tout de suite.

- Ok, p'pa dit James.

Harry regarda Scorpius saluer amicalement James et Lily avant de serrer Albus très fort contre lui.

- A bientôt, Al. Je t'enverrai un hibou demain.

- Ça marche ! A plus, Scorp.

Les enfants prirent la cheminette à tour de rôle sans encombre.

Harry se retrouva seul avec Scorpius.

- Ça va mon grand ? Tu as passé une bonne journée ?

- Oui Monsieur Potter.

- Ça été avec James ?

- Oui, très bien … Il … il s'est excusé pour hier.

- Bien. Et … avec Albus ?

A la mention du petit brun, le sourire de Scorpius fit le tour de sa tête.

- Oui, c'était super. Je … Monsieur Potter … je sais … à propos de Al et moi. J'ai … j'ai entendu la conversation avec le médicomage, dit-il en baissant les yeux.

- Ah, dit Harry. Et tu as … compris ?

- Oui, je crois. Al est comme une âme sœur pour moi, en plus fort. Pour … pour toute la vie.

- Tu en as parlé avec Al ? demanda Harry.

- Non … je ne savais si vous seriez d'accord.

- Tu as bien fait. Je vais en discuter avec lui très bientôt.

- Vous … vous êtes d'accord ? Vous ne trouvez que c'est … mal ? demanda le petit blond, des larmes dans les yeux.

- Scorpius, il n'y a rien de mal la dedans. Si Albus est heureux, c'est tout ce qui compte pour moi. Et je sais que ton père pense la même chose.

Contre toute attente, le petit garçon se jeta dans les bras de Harry.

- Merci Monsieur Potter ! J'avais … j'avais peur que vous refusiez … que vous pensiez comme … comme ma mère … que Al et moi nous sommes anormaux … sanglottait-il.

Le cœur de Harry se serra en entendant les pleurs de l'enfant. Il desserra son étreinte pour le regarder bien en face.

- Scorpius, écoute-moi. Ne laisse jamais personne te dire que tu es anormal ! Jamais ! Ton papa t'aime plus que tout et il te soutient. Il sera toujours là pour toi. Et Albus aussi. Et … et moi aussi.

Scorpius opina du bonnet, visiblement rassuré.

- Bien allons-y maintenant. Sinon ton père va s'inquiéter.

Ils prirent la cheminette et débouchèrent dans le grand salon du Manoir Malefoy.

O°O°O°O°O°O°O

Vendredi 25 août 2017 – Manoir Malefoy

POV Harry

Draco est assis dans un fauteuil à oreilles vert bouteille. Il porte une tenue décontractée composée d'un jeans et d'un polo blanc. Ses pieds nus disparaissent presque dans l'épais tapis couleur crème qui s'étend dans la pièce. Il est en train de lire en sirotant un verre de cognac.

A l'arrivée de son fils, il s'est levé pour le prendre dans ses bras en souriant. J'étais attendri par la vue du père et du fils aussi complices et heureux de se retrouver.

- Ta journée a été bonne mon grand ?

- Oui papa, excellente !

- Bien. Je suis content. Tu peux aller dans ta chambre en attendant l'heure du souper. J'ai des choses à voir avec Monsieur Potter.

- A plus tard papa. Au revoir Monsieur Potter, dit le petit blond en quittant la pièce.

Draco me regarde alors avec une intensité qui ne laisse planer aucun doute sur ses intentions.

Nous transplanons directement dans sa chambre où il pose sans attendre un sort de silence et un colla porta.

Je le plaque aussitôt contre le mur et je l'embrasse comme si ma vie en dépendait. Je commence à dévorer sa peau si douce qui a le goût des écorces d'orange. Je suis fou de son odeur, de ses odeurs devrais-je dire. Celle de ses cheveux, celle de son cou, de son torse, celle de son sexe.

Je descends et remonte le long de son cou avant de m'emparer à nouveau de ses lèvres si délicieuses, si pleines. Je mordille avec gourmandise sa lèvre inférieure qui est un peu plus charnue que sa sœur.

Sans rompre le baiser, il me pousse sur le lit où nous basculons tous les deux. D'un sort informulé, je nous débarrasse de nos vêtements. Je ne peux plus attendre, je dois sentir sa peau brûler sous mienne.

Ma bouche est partout sur son torse alors que je chevauche son corps si parfait.

Je finis par rompre le baiser pour reprendre ma respiration qui se fait haletante.

Je le regarde, abandonné sous moi, les yeux brillants de désir. Et pour la dix millième fois depuis que je le connais au sens biblique du terme, je m'émerveille d'être aimé d'un homme aussi beau.

Je passe doucement ma main dans ses cheveux pour replacer une mèche qui tombe négligemment sur son visage d'ange, et je me penche à nouveau pour effleurer ses lèvres des miennes.

Ce baiser-ci est tendre et doux, rempli de promesses d'avenir pour lui et moi. Je caresse sa bouche de ma langue et il la laisse glisser à la rencontre de la sienne.

Mais bientôt le baiser se fait à nouveau plus profond, plus pressant, plus osé. Draco est un véritable appel à la débauche et c'est avec une frénésie nouvelle que mes mains repartent à l'assaut de ce corps nu dont je connais par cœur les pleins et les déliés.

Ces épaules fines, cette clavicule délicate. Ce torse à la peau si douce. Ce ventre dont je ne me lasse pas de dessiner du doigts les muscles parfaits. Ce nombril d'où part une fine ligne de poils blonds et soyeux qui montre le chemin vers le centre de toutes les licences, de tous les vices.

Ses gémissements étouffés sont une torture pour moi et plus il retient ses cris, plus mon désir pour lui s'accroît.

- Draco … tu me rends fou … Je… Je t'aime tellement…

J'emprisonne son membre gonflé dans ma bouche comme un affamé. Je veux me nourrir de lui tout entier.

En même temps, j'introduis en lui deux doigts impatients.

J'ai envie de lui comme jamais, je le veux, je veux me fondre en lui, au plus profond de lui.

Je veux son corps pour y vivre et pour y mourir.

Alors que ma bouche le tenaille toujours, je lève les yeux vers lui et contemple l'image bouleversante de son abandon. Il était tellement beau que je dois détourner les yeux si je ne veux pas jouir dans l'instant.

Je sens qu'il se cambre, ramenant son bassin vers moi et enfonçant sa virilité encore plus profondément dans ma gorge. Des spasmes agitent ses hanches et il se libère en expirant presque silencieusement.

Je fouille toujours son intimité et je l'entends me supplier de le prendre. Ses paroles sont comme la plus douce des mélodies à mes oreilles.

- Harry … s'il te plaît …

Il se retourne alors sur le ventre et relève son bassin dans une posture absolument indécente qui m'excite au plus haut point.

Je murmure un sort de lubrification et de la main, je guide mon sexe vers cet orifice si étroit et dans lequel je me sens si bien. Après quelques instants d'immobilisme, j'entame de profonds mouvements de va-et-vient. Son souffle se fait erratique et son dos se couvre d'une fine pellicule de sueur.

Tout en m'activant à l'intérieur de lui, je passe mes bras sur son torse et je le ramène vers moi. Il se retrouve assis sur mes cuisses, son dos collé à mon torse. Je le serre contre moi et accéléré encore mes mouvements. Alors qu'il se cambre voluptueusement en rejetant sa tête en arrière, j'embrasse sa nuque et ses épaules en respirant son odeur si envoûtante.

Merlin comme je l'aime. Je l'aime tellement que ça fait mal.

Je ressens le besoin urgent de me libérer. Je saisi son sexe que je caresse impitoyablement, provoquant de sa part des gémissements sourds, jusqu'à qu'il se répande dans ma main.

Je sens avec bonheur ses muscles internes se resserrer autour de moi et dans un dernier à coup puissant et profond, je m'envole à l'intérieur de lui en soupirant son prénom.

Nous sommes littéralement terrassés, épuisés. Seuls les battements affolés de nos cœurs nous apportent la certitude que nous ne sommes pas morts.

- Harry … putain … c'était .. hallucinant, dit Draco alors que je me retire de lui.

Nous roulons tous les deux sur le dos, nos mains entrelacées.

Je voudrais me lover contre lui et m'endormir comme un bienheureux mais je ne peux pas. Je dois partir rejoindre ma famille chez mes beaux-parents.

Afin de ne pas tomber dans cette torpeur si bienfaisante qui m'envahit à chaque fois que nous nous aimons, je me redresse.

- Je dois m'en aller, lui dis-je, contrit.

- Je sais.

- Je déteste ça …

- Quoi ? Partir comme un voleur après m'avoir fait l'amour comme un dieu ? répondit-il dans un doux sourire.

Je souris à mon tour et je l'embrasse tendrement.

- Je t'aime, je lui murmure à l'oreille.

Je me rhabille rapidement et il en fait autant.

Comme nous regagnons le salon, je lui dis :

- Tu sais que Scorpius est au courant ? Pour Albus et lui.

- Oui, il m'en a parlé hier … Il a aussi entendu ce que sa mère pense de tout ça.

- J'ai cru comprendre … C'est … Merlin ! Aucun enfant ne devrait être rejeté de la sorte, dis-je en serrant les dents.

- Ne t'inquiètes pas … Il semble bien gérer la … situation. Et de ton côté, tu as parlé à Albus ?

- Pas encore. Je compte le faire ce weekend.

- Bien. Quand auras-tu les résultats de ta prise de sang ?

- Lundi matin. Tu ne seras le premier informé, dis-je en lui souriant.

- J'y compte bien.

Nous nous séparons sur un dernier baiser et je prends la cheminette vers le Terrier. La dernière vision que j'ai est celle d'un ange blond qui me fait un léger signe de la main.

O°O°O°O°O°O°O

Vendredi 25 août 2017 – Le Terrier, Loutry-Sainte-Chaspoule

A peine arrivé au Terrier, Harry fut assailli par son exubérante belle-mère.

- Harryyy ! Te voilà enfin ! dit-elle en le serrant fort contre elle. Viens que je te serve une assiette !

Ils ne l'avaient pas attendus et c'était tant mieux. Harry espérait écourter cette visite au maximum.

Alors qu'il s'asseyait à table devant une assiette remplie de victuailles fumantes, Harry perçut le regard inquisiteur de sa femme. Il ne s'était pas regardé dans un miroir avant de quitter Draco mais, à tous les coups, il devait avoir les lèvres rouges et gonflées et les pupilles encore un peu dilatées. En résumé, il devait avoir tout l'air de celui qui a pris un pied d'enfer.

- Tu étais où ? lui demanda-t-elle sans préambule.

- Je suis repassé au Ministère après avoir déposé Scorpius au Manoir Malefoy.

Ginny eut alors un curieux petit sourire en coin qu'Harry eut du mal à interpréter.

Il allait se mettre à manger quand il se rappela la mise en garde de Blaise. Ce pourrait-il qu'il doive se méfier de sa belle-famille ? De sa femme ? Il décida de ne pas prendre de risque.

Pour donner le change, il chipotait son assiette et quand l'attention se détournait de lui, il s'arrangeait pour faire disparaître de petites quantités de nourriture au moyen d'un sort informulé.

Tout le monde n'y vit que du feu et quand Molly lui proposa de le resservir, il refusa poliment, tout comme il refusa le verre de whisky pur feu qui lui offrit Arthur.

Vers 22 heures, ils regagnèrent leur Manoir. Tandis que Ginny s'occupait du coucher des enfants, Harry fila à la cuisine se préparer un sandwich avant de s'enfermer dans son bureau et de le dévorer à belles dents.

O°O°O°O°O°O°O

Samedi 26 août 2017 – Manoir Potter

- Tu t'es levé drôlement tôt ce matin, dit Ginny à son mari qui s'activait à la cuisine.

- Oui, je me suis dit que pour une fois, je pouvais préparer le petit-déjeuner pour tout le monde, répondit Harry d'un air détaché. Assied-toi ! Tout est prêt, ajouta-t-il en posant sur la table la carafe de jus d'orange frais, la cafetière, les œufs et les toasts.

Le petit-déjeuner se déroula dans un silence presque monacal.

Vers 10 heures, Harry monta s'habiller. Il fit un détour par la salle de bain des enfants et s'empara de la brosse à dents de Lily qu'il plaça précautionneusement dans un sachet en papier. Il prit soin de remplacer la brosse par une autre, identique, achetée la veille.

A l'aide d'un écouvillon, il effectua un prélèvement de salive dans sa bouche et le plaça dans un tube spécialement prévu à cet effet.

Une fois douché et habillé, il annonça à Ginny qu'il se rendait chez Blaise et Hermione. Elle hocha vaguement la tête, peu intéressée par l'information et retourna vaquer à ses occupations.

Harry arriva par la cheminée dans le salon du couple Zabini-Granger.

- Salut Harry ! lui dit chaleureusement Blaise. Comment vas-tu depuis hier ?

- Bien, merci Blaise. Je t'apporte les échantillons comme convenu, dit le brun à voix basse, en lui remettant deux sachets en papier.

- Parfait. J'ai un contact dans un labo privé qui pourra faire l'analyse rapidement. Contrairement aux laboratoires moldus, les sorciers sont en mesure de pratiquer des analyses ADN quasiment instantanées. Je déposerai les échantillons lundi matin.

- Quels échantillons ? Quelles analyses ? dit une voix dans le dos de Harry.

Hermione se tenait dans l'encadrement de la porte, les sourcils froncés.

- Heu … Salut Hermione ! Tu vas bien ? demanda Harry dans une vaine tentative de détourner la conversation.

- Qu'est-ce que vous trafiquez tous les deux ? insista-t-elle.

- Ecoute, Hermy … c'est dans le cadre d'un dossier. Je ne peux …

- Laisse, Blaise, l'interrompit Harry. Finalement Hermione a le droit de savoir. Mais promets-moi de ne rien dire à personne, dit-il en se tournant vers la brune.

- Promis, répondit Hermione.

Harry soupira et entreprit de raconter sa conversation avec Ron et la révélation qui s'en suivit.

- Merlin … souffla-t-elle. Quelle petite garce ! Et Neville ? Comment a-t-il pu te faire ça ? Oh Harry ! Comment prends-tu cette nouvelle ?

- Pas très bien, tu t'en doutes. Ça n'a rien à voir avec Ginny … Je … ça fait déjà un certain temps que mes sentiments pour elle sont éteints mais … Lily … Lily c'est… c'est … ma petite fille …

Les larmes lui montaient aux yeux et Harry se maudissait pour sa sensiblerie.

- Que vas-tu faire ? demanda Hermione.

- Et bien, c'est la raison de ma visite à Blaise. Je lui ai remis des échantillons pour pratiquer une analyse ADN. S'il s'avère que Lily n'est pas de moi, je vais demander le divorce. Evidemment, dans mon cœur, Lily est et sera toujours ma fille. Je l'ai élevée comme telle et ça ne changera jamais. Je me battrai pour elle comme pour Albus et James.

- Tu as raison Harry ! Tu sais, je n'étais pas aveugle. Je voyais bien que tu t'enterrais de plus en plus dans un mariage sans amour rien que pour tes enfants. Mais il est temps que tu penses à toi ! Et même si ce sera difficile, tu prends la bonne décision. De toute façon, c'est elle qui t'as trompé. Blaise n'en fera qu'une bouchée ! N'est-ce-pas chéri ? dit-elle en se tournant vers son mari.

Comme Blaise restait silencieux, et Harry prit la décision de tout lui dire.

- Ce ne sera pas aussi simple, Hermy. Tu sais, je n'étais pas en reste …

- Comment ça ?

- J'ai une liaison depuis … un certain temps déjà, dit Harry en baissant les yeux.

- Ah. Se contenta de répondre la brune. Oui, bon… je suppose que c'est un juste retour des choses …

- En réalité, c'est moi le premier qui …

- QUOI ? s'offusqua Hermione.

Depuis ses déboires avec Ron, elle était devenue très sensible sur la question de l'infidélité dans le couple.

- Je sais que je te déçois Hermione, dit le brun en se prenant la tête entre les mains … Je n'ai aucune excuse. C'est juste que je n'imaginais pas que … ça prendrait de telles proportions, que je tomberais amoureux … Il … avec lui, je suis vivant, je …

- Lui ? Tu es en train de me dire que …

- Oui, c'est un homme. Je suis amoureux depuis des années d'un autre homme …

Le regard d'Hermione était maintenant aigu et scrutateur.

- C'est Draco Malefoy, n'est-ce-pas.

Ce n'était pas une question mais une affirmation. Harry, passablement décontenancé, ne put qu'acquiescer.

- Comment … comment as-tu deviné ? questionna celui-ci.

- Ooh Harry ! Il n'y avait que toi pour nier l'attirance que tu ressentais pour lui depuis la sixième année ! J'ai toujours su que quelque chose de fort vous liait. Quelque chose de différent que la haine. Ce que je ne comprends pas c'est pourquoi tu as accepté d'épouser Ginny ? Et surtout pourquoi tu lui as fait des enfants …

- Je … je me suis rendu compte de mes sentiments pour Draco … après mon mariage avec Ginny. Quant aux enfants … je … je ne sais pas … Je te l'ai dit : je n'ai aucune excuse et je n'en cherche pas. J'ai fait des erreurs, j'ai fait des choix. Draco aussi. Et nous devons vivre avec.

Hermione resta silencieuse un instant, fixant toujours Harry avec intensité.

- Je ne vais pas te dire que je t'approuve Harry. Mais je me dois d'être honnête : tu es malheureux avec Ginny et ça me tue. Et je n'aime pas la manière dont elle se comporte avec Albus. Si ton bonheur passe par un divorce, je te soutiendrai. Si ton bonheur passe par Draco, et bien … je te soutiendrai également.

- Merlin ! Merci Hermione ! dit Harry en serrant la brune dans ses bras. Si tu savais ce que ton approbation compte à mes yeux.

Harry avait l'impression qu'on lui avait ôté un poids énorme des épaules : Blaise et Hermione étaient au courant de la situation et ne le jugeaient pas. Mieux, ils le soutenaient. Il remercia Merlin d'avoir des amis pareils.

Il reste encore une bonne heure sur place à discuter de ses projets, de ses rêves, de ses espoirs qui devenaient chaque jour un peu plus accessibles.

O°O°O°O°O°O°O

Samedi 26 août 2017 – Ministère de la Magie

De son côté Draco s'était rendu au Ministère.

Le garde de sécurité posté à l'entrée ne fut pas étonné outre mesure. Il n'était pas rare que le blond passe ses weekends à son bureau, penché sur des dossiers importants.

Comme toujours, Draco était très organisé. Il se rendit en premier lieu au Bureau des Aurors. Comme il avait un accès illimité à tous les locaux, le blond n'eut aucun mal à pénétrer dans le local qui servait à stocker les différents instruments et outils nécessaires aux enquêtes. Il trouva rapidement ce qu'il cherchait dans le rayon consacré aux technologies moldues : un détecteur de micros.

Bien que personne n'avait à l'interroger sur ses allées et venues dans les couloirs du Ministère, il prit néanmoins la peine de se jeter un sort de désillusion pour se rendre au bureau du Ministre de la Magie.

S'il était normal pour lui de circuler à sa guise à l'étage du département de la justice magique, il aurait peut-être plus de mal à expliquer sa présence dans l'aire réservée au cabinet ministériel.

Normalement, étant le weekend, il ne devrait croiser personne mais il n'était jamais trop prudent.

C'est donc parfaitement désillusionné qu'il pénétra dans le bureau de Harry.

Le détecteur de micros moldus était d'un fonctionnement assez simple et Draco n'eut aucun mal à l'actionner. Il le passa dans tous les coins et recoins de la pièce mais l'appareil resta silencieux. Aucun micro n'avait donc pu être placé dans cette pièce.

Ce constat lui arracha un soupir de soulagement.

Il passa dans le bureau de Maddy et réitéra l'opération. Rien non plus.

Vint enfin le bureau d'Allison Fletcher. Draco ne s'attendait pas à y trouver de micro et il ne fut donc pas surpris de l'absence de réaction de l'appareil de détection.

Il délaissa le détecteur pour entreprendre une fouille minutieuse du bureau.

Aucun des tiroirs n'étaient verrouillé sauf un. Le sort de verrouillage ne résista cependant pas bien longtemps aux talents de Draco.

A l'intérieur, se trouvait seulement un stylo en acier brossé relativement ouvragé. Quel était l'intérêt d'enfermer sous clé un objet de ce genre ? En effet, il ne semblait pas présenter une grande valeur. Draco examina l'objet de plus près. Il émit un petit rire satisfait quand il remarqua parmi les arabesques qui striaient l'acier, quelques petits trous qui faisaient penser à un micro. Au toucher, Draco nota également que le stylo présentait certaines aspérités. En frôlant l'une d'elle, le stylo s'ouvrit en son milieu laissant apparaît l'embout caractéristique d'une clé USB.

Le blond se félicita d'avoir, en son temps, prit la peine de s'intéresser aux technologies moldues et particulièrement à l'informatique. Il savait parfaitement à quoi servait et comment fonctionnait une clé USB.

Il emporta l'objet jusqu'à son bureau et brancha la clé USB sur son laptop personnel qu'il avait pris soin d'emporter avec lui.

Les fichiers enregistrés sur la clé étaient des fichiers audio. Draco avait manifestement trouvé les enregistrements qu'il cherchait. Il en fit rapidement une copie.

Il retourna ensuite dans le bureau d'Allison. Avant d'y replacer le stylo, il jeta sur l'objet un sort assez compliqué visant à synchroniser à distance et automatiquement la clé USB du stylo avec une clé USB vierge qu'il garderait en sa possession. Ainsi, si la stagiaire réalisait d'autres enregistrements, Draco en aurait immédiatement connaissance. Même si la technologie moldue était bien utile, la magie permettait quand même bien plus de possibilités !

Il referma soigneusement le tiroir au moyen du même sort de verrouillage et s'assura que tout était bien à sa place avant de quitter le bureau pour de bon.

O°O°O°O°O°O°O

Dimanche 27 août 2017 – Manoir Potter

POV Harry

En me levant ce matin, je ressens de nouveau ce grand vide en moi comme c'est le cas depuis plusieurs jours. Parler à Blaise et Hermione m'a fait du bien mais cela ne suffit pas.

Draco me manque, j'ai besoin de lui près de moi. De lui en moi, de moi en lui.

En soupirant, je finis par me lever. Je voudrais embrasser James et Lily avant qu'ils ne partent. James passe la journée chez Michael Finnigan, le fils de Seamus. Ils sont ensemble à Gryffondor et un peu comme Ron et moi, ils sont devenus amis dans le Poudlard Express.

Lily quant à elle va chez sa cousine Roxanne, la fille de George et d'Angelina. Elles ont presque le même âge et s'entendent particulièrement bien.

Quand j'arrive dans la cuisine, Lily, Albus et James terminent leur petit-déjeuner. J'apprends que Ginny est partie de bon matin mais sans dire où elle allait. James sait seulement qu'elle rentrera pour le souper.

Je hausse les épaules. Peu importe où elle passe la journée. Peut-être dans les bras de Neville ? Grand bien lui fasse. Je suis juste contrarié encore un peu plus que moi je ne puisse pas être avec Draco.

James et Lily prennent la cheminette à tour de rôle et je me retrouve donc seul avec Albus.

Finalement, ce n'est pas une mauvaise chose, je vais pouvoir discuter avec lui. Je lui propose qu'on aille se promener le long de la Tamise.

Le temps est doux, une brise légère vient nous rafraîchir alors que nous longeons les berges du fleuve.

- Comment vas-tu Al ? Tu n'as plus mal au crâne ? je lui demande.

- Non, ça va mieux. La bosse a presque disparu !

- Tu l'as échappé belle, n'empêche ! Heureusement que Scorpius est intervenu …

- Oui, me répond-il avec un grand sourire. Il m'a sauvé la vie.

- Tu … tu as appris ce qui s'est passé juste après ta chute ?

- Hm non … pas vraiment, me dit-il.

- Et bien, il semble que Scorpius ait invoqué un bouclier magique autour de vous deux pour … te protéger.

- Ooh …Et … c'est mal ? me demande-t-il un peu inquiet.

- Non, non ! Sûrement pas !

J'entreprends alors de lui expliquer, le plus simplement possible, ce lien particulier qui les lie dorénavant.

- Donc, ça veut dire que Scorp et moi on est … liés … pour la vie ?

- Apparemment, dis-je.

Mon fils sourit de toutes ses dents. Il a l'air heureux comme il ne l'a jamais été auparavant.

- Tu as l'air content, lui dis-je.

- Oui … je suis content, fut tout ce qu'il me dit.

Connaissant le caractère introverti de mon fils, je ne le questionne pas davantage. Je vois bien qu'il accepte la situation. Contrairement à Scorpius, il ne semble par ailleurs pas tracassé par ce je peux penser de tout cela. Sans doute parce qu'il sait que je le soutiendrai quoi qu'il arrive.

- Je … Si… si tu souhaites en parler, je suis là, Al, lui dis-je tout de même.

- Oui Papa, je sais. Merci, me dit-il en me regardant bien en face.

A ce moment, j'ai la certitude qu'il sait que je serai toujours là pour lui.

- Et si on contactait Scorpius par cheminée en rentrant ? Il pourrait venir passer l'après-midi avec toi si son père est d'accord.

- Oui ! s'exclame-t-il. Merci Papa !

Nous retournons vers le Manoir. Albus semble perdu dans ses pensées jusqu'à ce qu'il me demande :

- Papa ? C'est à cause de notre … lien que la maman de Scorpius est partie ?

Merde. La question à laquelle je ne voulais pas répondre.

- Et bien, je ne suis pas au courant de tout mais …

Mon fils me regarde avec acuité. Il attend manifestement de moi que je lui dise la vérité.

- Oui, je dis. Il semble bien que c'est à cause de ça.

- Et Maman ? Elle est contre, n'est-ce pas ?

Je m'agenouille devant mon fils et je le saisis doucement par les épaules.

- Al … Ta maman a un peu de mal à … gérer cette nouvelle. Mais tu ne dois pas t'en faire. Quoi qu'il arrive, toi et Scorp vous n'y êtes pour rien, d'accord ? Ne laisse jamais personne te faire croire le contraire. Jamais !

Albus hoche la tête. Il a compris ce que j'essaye de lui dire à demi-mots. La preuve :

- Depuis quand tu n'aimes plus maman ? me demande-t-il.

La question est comme un coup de poing dans mon estomac. Se peut-il que mes enfants se soient rendus compte de la situation ? Albus me fixe toujours de ses grands yeux verts pénétrants.

- Heu … je … ce n'est pas si simple, Al. Tu sais, il arrive parfois que les sentiments des adultes évoluent, qu'ils changent. Maman et moi, on … on s'est éloigné l'un de l'autre …

- Tu es amoureux de quelqu'un d'autre.

Ce n'est pas une question mais une affirmation. Je réfléchis à la réponse que je pourrais lui donner quand il énonce calmement :

- C'est Monsieur Malefoy, n'est-ce-pas ?

Là, je suffoque littéralement. Après Hermione, mon fils !

- Merlin Al ! On es-tu allé chercher cette idée ?

- Tu n'es pas obligé de me le dire, tu sais. Ce ne sont pas mes affaires après tout.

- Ça n'a rien à voir Albus … C'est juste que … Qu'est-ce qui te fais penser ça ?

Suis-je si transparent ? Auquel cas, qui d'autre avait pu deviner ? James ? Lily ? Ginny ?

- Je le sens, c'est tout. Scorpius le sent aussi. Ce doit être dû à notre lien. Nous pouvons peut-être percevoir celui des autres …

Je comprends qu'il ne sert à rien de démentir.

- Est-ce que tu en as parlé avec ton frère et ta sœur ?

- Non, seulement à Scorpius.

- Ok … évite de leur en parler alors. Je … je ne suis pas sûr qu'ils le prendraient très bien.

- Promis. Je ne te dirai rien.

- Et … toi ? Comment tu prends tout ça ?

Albus me regarde avec un sourire indulgent qui fait gonfler mon cœur.

- Papa … je veux que tu sois heureux, c'est tout. Et tu es plus heureux quand le père de Scorpius est dans les parages.

Je prends mon fils par l'épaule et le serre contre moi car je suis incapable de prononcer le moindre mot. Nous nous remettons en route vers le Manoir.

A peine arrivés, Albus se rue dans le salon et s'agenouille devant la cheminée. Après l'invocation magique d'usage, des flammes vertes surgissent dans l'âtre. En leur milieu, une tête apparaît, celle de Scorpius.

- Salut Scorp ! Tu veux venir au Manoir cet après-midi ?

- Ouais ! Attends ! Je demande à mon père.

Le petit blond revient une minute plus tard, un grand sourire aux lèvres.

- Il est d'accord ! J'arriverai par cheminée dans une heure.

- Génial ! s'écria Albus.

Je laisse mon fils tout à sa joie de la visite de son ami et je vais me réfugier dans mon bureau où un paquet de rapports attendent d'être lus.

O°O°O°O°O°O°O

Dimanche 27 août 2017 – Manoir Malefoy

Au Manoir Malefoy, Draco pestait contre Harry et contre la technologie moldue.

Il avait pu écouter l'enregistrement des conversations entre Harry et Allison. Ceux-ci étaient conformes à ce que le brun lui avait raconté. Leur contenu n'avait donc pas étonné Draco.

Mais même s'il savait à quoi s'attendre concernant ce qui s'était passé le vendredi 18 au soir, entendre son amant gémir et soupirer sous les caresses de cette garce, l'entendre se répandre en elle, lui fut tout simplement insupportable.

Alors oui, il était en colère contre Harry, contre sa naïveté, contre son putain de sens de l'honneur qui l'avait poussé à rester près de sa femme …

Puis il se rappela qu'Harry avait sans doute été piégé. Il se rappela sa façon qu'il avait de lui dire qu'il aimait, cette lueur dans ses yeux verts quand ils faisaient l'amour.

Il était convaincu que nulle lueur n'avait illuminé les yeux de Harry quand il avait pris le corps de la blonde. A grande vitesse d'ailleurs … Draco avait compté deux minutes et vingt-cinq secondes exactement. Ce constat le fit sourire. Quand Harry et lui faisaient l'amour, ça pouvait durer des heures. Et Harry était trop attentif au plaisir de Draco pour venir avant lui … Avec la blonde, il n'avait même pas pris la peine de la finir. Il s'était comporté comme un vrai goujat …

Mais Draco avait un autre motif d'énervement : la clé USB comportait deux autres fichiers audios mais ceux-ci étaient cryptés. Il avait essayé tous les sorts possibles et imaginables mais rien n'y faisait. Il devrait se résoudre à demander l'aide du technicien moldu que Blaise connaissait. Et il ne verrait pas celui-ci avant demain …

Décidément, la patience du blond était mise à rude épreuve.