Voici (enfin) l'avant-dernier chapitre de ce long oneshot – oui oui, je rappelle que c'est bel et bien un oneshot décomposé en chapitres par souci de lisibilité. On peut dire que c'est une sacrée introduction au chapitre suivant, qui sera extrêmement long (j'exagère ; mais il fera bien le double des autres), qui est mon préféré et que je posterai quand je rentrerai d'Allemagne, de Paris et de mes diverses autres excursions – Novembre, mois officiel de la cavale. Btw, il faudra aussi attendre mon retour pour que je réponde à vos éventuelles reviews. L'arc de Tyki étant fini, ce chapitre se concentre essentiellement sur Kanda. Au passage, n'allez pas vous droguer sous prétexte que mes adolescents paumés le font, merci beaucoup. Bref, j'espère que ce chapitre vous plaira ! Merci encore pour vos commentaires choupichoux comme tout, bonne lecture et à la prochaine.

« Douce ivresse », Nousdeux the band / « Polyester », Daisybox / ∅


Vulgum pecus

(11)


Jeudi 3 juillet 2008 – 15:35

Lavi joua des coudes pour s'extraire du bus bondé, évitant adroitement une poussette dans laquelle gazouillait une gamine qui suçait frénétiquement son pouce, et se réceptionna sans trop de mal sur le trottoir. Le temps de ramasser son sac et de passer une main sur sa mèche, le véhicule s'était éloigné en toussotant un filet de fumée sale.

Le rouquin prit la route de son appart et marcha une quinzaine de minutes avant d'atteindre l'immeuble, un grand bâtiment de trois étages tapissé de brique rouge, ampoulé de minuscules balcons et luisant de fenêtres. La résidence était la siamoise de deux édifices identiques. De courtes haies mal taillées les bordaient, assombries par un ciel plus gris que jamais. Lavi monta les marches qui menaient au hall de l'immeuble, tapa le code pour que la porte s'ouvre en vrombissant doucement et pénétra à l'intérieur. Il n'y avait pas de courrier dans le casier métallique qui lui servait de boîte aux lettres. Il monta quatre à quatre les marches qui le séparaient du deuxième étage et tourna directement à droite après la cage d'escaliers pour atteindre son appartement, le 21B. L'étiquette sur laquelle il avait rajouté un 2 au marqueur commençait à se décoller de sa porte, mais il s'en foutait.

La première chose qu'il fit en entrant chez lui fut d'ouvrir grand la fenêtre de la salle, car l'odeur qui y régnait lui donnait l'impression de cacher un cadavre dans un placard. L'air se fit bientôt plus frais et respirable. La pièce était correctement rangée mais un début de bordel commençait à se répandre dans sa chambre, trahissant son retour récent. Lavi retira sa veste et ses Doc et se retint de se laisser tomber dans le canapé. Il n'avait toujours pas vidé le dernier carton qu'il avait ramené de chez Tyki, mais il doutait qu'un génie sorte de sa lampe lava en chantant pour lui proposer de le faire à sa place. L'après-midi qu'il avait passée en centre-ville à se perdre dans les magasins sans savoir quoi y faire avait été morne et longue. Le bourdonnement incessant de la rue n'avait pas réussi à l'arracher de ses pensées. Il n'avait vu Lena que deux ou trois fois ces trois dernières semaines, durant ses matches, et s'était systématiquement débrouillé pour s'esquiver aussi vite que possible après la fin. Il ne lui avait toujours pas dit – pour Tyki, pour eux – et se demandait au bout de combien de temps cela ferait de lui un salaud.

Kanda était injoignable depuis plus longtemps encore. Sans savoir s'il devenait superstitieux ou s'il n'avait simplement plus envie de faire le premier pas, Lavi avait laissé tomber l'idée d'aller le débusquer directement chez lui.

Ne pas revoir Tyki avait finalement été plus facile que prévu : il suffisait de laisser couler, d'occuper le temps qu'il passait d'ordinaire avec lui.

De vivre, de se promener en ville sans but précis, de lire les bouquins qui s'accumulaient chez lui, de rester des heures entre les rayonnages de la bibliothèque pour se préparer à entamer correctement sa troisième année en histoire, archéologie et religion à l'Université de Cardiff. Il n'y avait rien à faire, en fait. Rien d'autre qu'attendre. Il n'y avait pas besoin, et c'était d'une certaine manière la première fois qu'il en était satisfait, d'oublier. Il ne voulait pas oublier. Il n'avait pas été triste, avec Tyki, et d'une certaine manière, cette rupture elle-même n'était pas triste. Il ne savait pas se l'expliquer, mais il refusait de se dire que Tyki n'avait été qu'une simple occupation pendant qu'il crevait d'amour pour Kanda – quoi que ses rêves et ses burnes allaient parfois dans ce sens-là. Il n'avait pas menti à Sheryl, après tout : ils étaient bien, ensemble. Seulement parfois, bien, ça ne suffisait pas. Tyki avait tout fait foiré. Lui n'avait pas voulu faire d'effort. Il ne savait pas si c'était dommage, juste que c'était.

Il rangea dans une étagère les livres qui tapissaient le fond du carton, souriant lorsqu'il aperçut les pages des Mémoires d'Hadrien qu'avait brunies une tasse de café maladroitement renversée par Tyki. Quelques photos trouvèrent leur place dans un album qu'il n'avait jamais rangé et qu'il ne rangerait probablement jamais. Une chaussette égarée depuis si longtemps qu'elle aurait presque mérité qu'on publie un avis de recherche à son nom retrouva sa jumelle dans la commode de la chambre.

Lavi n'avait pas laissé grand-chose chez Tyki, juste un t-shirt qui servait de couverture au chat dans son panier, un ou deux cadres et certains trucs qu'ils avaient achetés ensemble à l'époque. Il ne les récupérerait pas.

Lorsqu'il eut fini de ranger les dernières babioles qui traînaient dans le carton, il s'affala dans son canapé devant une sitcom idiote, un bol de céréales vissé entre les genoux. Le frigo ronronnait doucement. La soirée passa lentement. Il décida de se repasser les seize giga de musique qui remplissaient sa clé usb vers vingt-deux heures. Il s'endormit aux premières mesures d'Horses. C'est à son grand-père qu'il songeait juste avant de sombrer. Pour la première fois depuis qu'il avait quitté Tyki, seul dans son petit T2 auquel il commençait à peine à se réhabituer, il se sentait bien.

x

Vendredi 4 juillet 2008 – 09:22

« Arrête, murmura Kanda d'une voix rauque en s'appuyant de toutes ses forces sur le lavabo pour s'efforcer de rester debout. Arrête, putain... »

Il releva légèrement la tête et toute la salle de bain tangua violemment autour de lui, électrique et furieuse. Le chuintement neigeux qui vibrait dans ses oreilles ne lui permettait pas d'entendre l'eau qui coulait dans la vasque.

Il distingua son reflet dans le miroir, entre les mèches de cheveux qui lui tombaient devant les yeux comme un code-barres. Il lui fallu parcourir longuement la glace avant de parvenir à croiser son propre regard, et il resta un moment à se fixer ainsi sans rien faire, oubliant même une fraction de seconde ce qu'il foutait torse nu devant le lavabo. La vague de nausée amère qui lui grimpa brusquement dans la gorge lui remit aussitôt les idées en place, se perdant en filets de bile brûlante dans la vasque blanche. Ses bras faiblirent immédiatement sous le poids de son corps. Il se retrouva accoudé au lavabo sans s'en rendre compte, la tête lourdement attirée vers le bas. Dans un soupir épuisé qui avait quelque chose d'un râle, il rabattit gauchement ses mèches brunes à l'arrière de son crâne. Il se laissa tomber par terre pour se rattacher les cheveux mais sa main ne trouva jamais le chemin de la poche de son jean, aussi maladroite que ces pinces mécaniques qui se referment dans le vide au lieu d'attraper la peluche tant désirée, et il finit par abandonner son idée.

Ses tempes tonnaient et son corps lui paraissait peser le triple de son poids.

Il lui fallut quelques secondes pour se rendre compte que le carrelage de la salle de bain était froid, mais il n'avait ni la force ni l'envie de se déplacer pour rejoindre le canapé de la pièce principale. Le moindre mouvement lui donnait l'impression d'être en décalage avec lui-même, comme si ses sensations n'étaient pas raccords avec les gestes qu'il esquissait. Haletant, les pensées embrouillées, il se fit une liste mentale de tout ce qui était arrivé un quatre juillet, le temps que le prochain vertige le prenne aux tripes, au cœur et lui vide l'estomac. Lorsqu'il vomit dans les toilettes, niché entre la cuvette, le lavabo qui le surplombait comme un drôle de champignon et la cabine de douche dont le rideau gouttait par terre, c'est au décès de Barry White qu'il songeait. Il releva mollement la tête et l'appuya contre le mur peint d'un jaune trop fade pour être beau. La sueur qui lui collait au corps lui semblait tantôt brûlante, tantôt glaciale, et lui donnait l'impression d'être couvert d'un genre de substance paralysante. Des vagues de tremblements le prenaient depuis presque une heure, aussi aléatoires qu'était régulière la nausée qui lui contractait la poitrine et le pressait comme une éponge. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas fait un bad trip de cette envergure.

Une voix commença à lui murmurer des reproches au creux de l'oreille un quart d'heure plus tard ; toujours assis dans la salle de bain, il mit un instant avant de comprendre qu'il ne s'agissait que d'hallucinations auditives.

« Putain, pas toi... » râla-t-il dans un souffle lorsqu'il reconnut la voix de Lavi.

La joue engourdie par le contact du mur contre lequel elle était écrasée, il écouta l'Irlandais lui reprocher son comportement puéril sans broncher, n'ayant la force que d'adresser un vague doigt d'honneur au pied de porcelaine écaillée du lavabo. Il laissa sa main retomber mollement sur sa cuisse et ferma les yeux. Bien sûr que c'était puéril, de se défoncer la gueule au saut du lit – même s'il considérait la nuit blanche qu'il avait passée comme une circonstance atténuante – mais c'était l'unique solution qu'il avait trouvée pour ne plus être si seul, si terriblement seul.

Son corps et son cœur fonctionnaient à vide, à présent.

Il avait toujours été quelqu'un de particulièrement indépendant, mais ne plus voir sa vie régulée par tous les rituels qui la régissaient le larguait complètement. Et savoir qu'aujourd'hui serait la toute dernière fois où Alma avait besoin de lui rongeait les tripes.

x

Vendredi 4 juillet 2008 – 15:20

Lavi s'occupait de nettoyer la vaisselle oubliée dans l'évier de la cuisine depuis un petit peu trop longtemps (cela devenait difficile de manger sans fourchette ni cuillère) lorsque le nom de Lenalee s'afficha sur l'écran de son téléphone portable. Il ne le vit pas aussitôt, mais fronça les sourcils lorsque la voix d'Alice Glass retentit, éraillée comme si un psychopathe écorchait la chanteuse. Il s'essuya les mains à la va-vite dans un torchon qui traînait sur le plan de travail et trouva son portable dans la poche de sa veste en cuir. Le nom de Lenalee lui fit froncer les sourcils de plus belle – la jeune fille cultivait une sainte horreur pour les appels, préférant sans hésitation harceler ses amis de sms plutôt que se risquer à leur passer un coup de fil. Si un tsunami s'était apprêté à engloutir les côtes galloises, Lavi était certain d'en être informé par un texto bourré de smileys plutôt que par un appel.

L'évier glouglouta nerveusement derrière lui, mais il l'ignora. Son doigt fut hésitant lorsqu'il appuya sur la touche pour décrocher.

« Lena ? »

— Lavi ? Tu... Tu vas bien ? »

Marchant dans l'appartement comme il le faisait habituellement lorsqu'il était au téléphone, tripotant distraitement une babiole traînant dans le coin ou gribouillant sur un morceau de papier oublié, le rouquin se mordit la lèvre inférieure. La voix de Lenalee sonnait bizarrement, égayée d'une bonne humeur factice qui lui rappela le placebo de sourire que l'on fait lorsqu'on essaye de ravaler la boule qui nous grimpe dans la gorge pour ne pas pleurer.

« Toi, ça va ? » demanda-t-il pour éviter de répondre à sa question – le bien-être idiot de la veille s'était rapidement recroquevillé entre ses côtes, rabougri et sec comme jamais et non, non ça n'allait pas.

Il entendit Lenalee inspirer et expirer profondément. Son souffle roulant contre le combiné fit grésiller la communication une fraction de seconde.

« Ca va, répondit-elle comme si c'était plus facile de réutiliser ses mots que de chercher à lui expliquer précisément ce qu'il se passait. Je... Euh... »

Son long soupir hésitant suffit à Lavi pour se la figurer assise sur la chaise de son bureau, les pieds croisés derrière le pied métallique, triturant nerveusement une mèche de cheveux en se mordillant des lèvres brillantes de gloss. Le ronronnement lointain d'une voiture filant à toute vitesse changea le décor de la chambre en une rue peu fréquentée. Lavi s'assit sur le canapé après avoir dégagé une pile de magazines qui traînait là.

« Il y a un problème, Lena ? demanda-t-il en commençant à jouer avec le cordon de son sweat-shirt.

— Ouais, il y a un problème, soupira-t-elle, soulagée de voir que son ami lui épargnait l'obligation de commencer son discours par l'affreusement classique j'ai une mauvaise nouvelle.

— Avec Yû ? »

Lavi se releva du canapé sans en avoir conscience. Il ne savait pas pourquoi Kanda avait été le premier à s'imposer dans son esprit – peut-être que Komui venait de se faire larguer, peut-être que son grand-père venait de succomber d'une crise cardiaque et qu'en petit-fils indigne qu'il était, sa meilleure amie l'avait appris avant lui, peut-être que bordel, il était mauvaise langue et qu'un tsunami était bel et bien sur le point de s'abattre sur la baie de Cardiff, déchirant les immeubles et leurs cottes de mailles en verre, le pavé propre du centre-ville et les dorures excentriques du château... Mais non, c'était le Japonais et ses sales yeux noirs qui lui étaient apparus en premier, sa bouche pleine de poison, son regard tranchant qui n'épargnait rien ni personne. S'il avait un jour été croyant, il aurait esquissé un bref signe de croix pour que Lena lui réponde non, mais ce genre d'hypocrisie le débectait et la réponse de son amie fut de toute façon trop rapide.

« Ouais... Nan, enfin un peu... Merde, c'est compliqué, je veux dire. Ecoute, je... »

A quelques kilomètres de la résidence où se trouvait l'appartement de Lavi, Lenalee se passa fébrilement une main sur le visage. Ses doigts étalèrent son eyeliner autour de ses paupières. Elle ne prêta pas attention à la pellicule noire et grasse qui lui collait désormais la main et prit une profonde inspiration.

« Tu sais que... Alma est mort ? débita-t-elle d'une traite en posant les pieds sur le bord du muret sur lequel elle était assise.

— Tu déconnes ? articula Lavi après deux secondes sans rien dire. Putain de merde. C'est quoi ce délire ? »

Ce délire, c'était une rue respectueusement silencieuse depuis que les voisins avaient appris le décès de l'adolescent. C'était un minuscule article paru dans la rubrique nécrologique du journal du coin, juste un nom cité dans une foule d'inconnus, entre des mots qui étaient les mêmes pour tout le monde. C'était une famille adoptive qui s'efforçait d'étouffer ses larmes dans les plateaux de sandwiches et de petits fours qu'un traiteur avait sobrement préparés. C'était à présent un rosier à la belle plaque dorée planté dans le jardin du souvenir de Thornhill Cemetery. Et surtout, ce délire, c'était un autre garçon qui n'allait pas bien du tout.

« Merde, répéta Lenalee en grimaçant, sans trop savoir où regarder ; la vue de la maison des Karma était comme un coup de poignard mais ses yeux s'y posaient sans cesse, comme aimantés. J'étais sûre que Kanda t'avait rien dit. Il est... Enfin, lundi soir, quoi. Un genre d'overdose de médicaments, je... J'ai pas trop compris. Et puis ça faisait un moment que ça allait pas, pire que d'habitude, je veux dire.

— Il est où, Yû ? se contenta de demander Lavi, et le bruit qu'entendit son amie lui fit deviner qu'il était en train d'enfiler sa veste et de verrouiller la porte de son appartement.

— Chez les Karma. Adelmira lui a proposé de venir avec eux après la crémation. Elle le connaît pas trop mais elle sait qu'il... euh... »

Elle pinça les lèvres.

« Bah qu'il comptait vachement pour son fils, quoi, termina-t-elle en se maudissant de ne pas avoir trouvé un moyen d'éviter de préciser ce genre de chose. Moi j'y suis pas allée, j'ai su qu'aujourd'hui, pour Alma. Mais tout à l'heure, Kanda m'a appelée, et...

— Attends, il t'a appelée ? répéta la voix rauque de Lavi que la cage d'escaliers faisait résonner au bout du fil.

— Ouais, je sais, c'est flippant, » acquiesça Lenalee en se levant de son muret pour se dégourdir un peu les jambes, mais ses pas maladroits ne la menèrent nulle part et elle finit par se rasseoir près d'un compteur électrique tagué.

Elle posa sa main libre sur son collant couleur menthe à l'eau. L'air était bon et le ciel ressemblait à un monochrome de Klein tant son bleu était intense et vibrant, insolent de beauté. Un homme passa avec une poussette sur le trottoir d'en face, mais la jeune fille ne le suivit pas du regard de peur de se laisser de nouveau happer par la petite maison des Karma accolée à sa siamoise, par la brique rouge de ses murs, par son allée de garage imbriquée dans le petit rectangle qui composait le jardin, par son toit du même gris que l'ardoise qui couvrait le porche de la porte.

« Il racontait que de la merde, j'ai rien compris... reprit-elle en titillant vainement l'éraflure de son collant qui laissait apercevoir la peau de sa cuisse droite. J'ai eu du mal à capter ce qui était... arrivé à Alma. Il répondait pas à mes questions, il... Je sais pas pourquoi, mais il voulait juste que je te demande de venir. Il t'a pas envoyé de texto, avant ?

— Je sais pas, j'avais pas mon portable sur moi. Je regarde dès qu'on a fini. »

La rumeur de la rue qui s'intensifie, brouillée par le bourdonnement de la communication. Et puis juste la voix de Lavi, froide, sèche, celle qu'il prend lorsque ça ne va pas, celle qu'il n'arrive même pas à déguiser avec une vanne pourrie. Celle qui prouve que pour une fois, il a oublié tout le reste, celle qui va droit au but.

« Les parents d'Alma, ils vivent bien dans Butetown ?

— Angelina Street, » confirma Lenalee d'une voix fatiguée avant d'entendre la tonalité indiquant que Lavi avait raccroché.

Elle laissa échapper un long soupir, rangea son portable dans la poche de sa robe salopette et entoura ses genoux de ses bras. Son nez se nicha dans le creux de ses jambes. Il faudrait tâcher de se réincarner dans une vie un peu moins pourrie que celle-là.


Le 221B (a.k.a. toutouoinebi) est le numéro de l'appartement que Sherlock Holmes partage avec John Watson dans ses aventures écrites par Sir Arthur Conan Doyle. Mémoires d'Hadrien est l'autobiographie imaginaire de l'empereur romain Hadrien écrite par Marguerite Yourcenar et publiée en 1951 – le premier qui renverse sa tasse de café dessus, je lui fais la peau. Horses est un morceau particulièrement connu de Patti Smith, sorti en 1975 sur l'album éponyme. Barry White (1944-2003) est un chanteur, compositeur et producteur américain de rhythm and blues, de soul et de disco. Thornhill Cemetery est un cimetière et crématorium situé à Cardiff. Yves Klein (1928-1962) est un plasticien français particulièrement connu pour son travail conceptuel sur l'art et l'absolu au moyen de la monochromie. Butetown est une commune (un genre de division) de Cardiff, c'est un quartier plutôt résidentiel sur les Docks. C'est là que se situe la rue Angelina Street.

(Et je suis bien consciente que ce n'est pas parce qu'on est dépressif qu'on se suicide forcément. C'était juste un caprice de ma part. D'ailleurs, qui a parlé de suicide ?)