I'm back ! Faites péter les reviews ! *booooummm*

Chapitre 12... ╮(─▽─)╭


CHAPITRE 11


La musique bourdonnait. Des lumières bleues et rouges passaient sur les visages fermés de la foule dansante. Le fil du temps avait été ralenti alors que les corps semblaient se coller de plus en plus contre les autres. L'odeur de la transpiration humaine flottait dans l'air alors que les aliens dansants adoptaient la sueur de l'humanité. Ils étaient nombreux ce soir, cachant le bar au centre de la piste. Au-dessus de la piste ronde, des balcons un peu plus vides, des Asari chuchotant dans l'oreille d'un humain ou bien même d'un Turien alléchant le futur partenaire. Des panneaux lumineux défilaient au-dessus de leur tête.

Eternity.

Naruto avançait calmement dans la pénombre. Chaque bruit de respiration venait faire siffler ses oreilles, et il parvenait presque à entendre les battements de cœur de chaque personne dans cette salle. Parmi tous ces visages fermés, seul le sien était ouvert, éclairé par les lumières rouges et bleues de la salle, elle-même plongée de temps à autre dans le noir. Il avait le regard fermé, mais déterminé, ses cheveux avaient poussé et des mèches blondes cachaient désormais son visage. Il avançait vers quelqu'un. Peut-être croyait-il que Sasuke était là, en train de l'attendre, il n'en était rien. Il avançait vers sa cible.

Elle était là juste en face de lui. Ses yeux vides étaient fixés sur un seul point de la salle, une seule personne qui les retenait en cage. Une Asari au teint turquoise se distinguait du commun des mortels. Un maquillage spécial ornait son visage, de multiples traits blancs étaient dessinés à partir de ses « racines » allant jusqu'à son front, une lèvre supérieure entièrement blanche et uniquement un trait vertical sur sa lèvre inférieure. Ses yeux étaient maquillés d'un fard à paupières très prononcé faisant probablement ressortir ses yeux lorsqu'elle les ouvrait. Sa tenue montrait la majorité de sa peau et, aussi moulante qu'elle fût, cela s'ajustait parfaitement à son corps.

Soudain, elle disparut.

Le blond se figea. Au milieu de la piste, il ferma les yeux s'abandonnant à son tour à la musique, entamant une danse très lente, peut-être moins sensuelle que ses autres comparses autour de lui.

Des jours, peut-être des mois s'étaient écoulés depuis l'assassinat de Sasuke. Par ses propres mains. La démission n'avait pas eu de grandes conséquences sur la suite de l'Alliance à part, peut-être, un équipage plus heureux. Il ne le regrettait pas. Aucune justice n'avait été rendue. Naruto avait tenté de retrouver les scientifiques afin de les faire juger ou bien... les tuer par ses propres mains pour leurs malheurs à Sasuke et à lui-même.

Naruto avait fini par y arriver et tenta un procès. Seulement, depuis sa démission, l'ancien commandant avait totalement été discrédité par les avocats des scientifiques, qui se disaient, de l'Alliance. Il était en dépression, fou, avait mené son équipage plus bas que terre à cause d'un seul homme et qu'eux, les scientifiques, n'avaient jamais causé de tort. Les Dévoreurs étaient une catastrophe naturelle, rien de plus, rien de moins. Le blond avait été fou de rage. Il avait quitté de nouveau la Citadelle se réfugiant sur Omega.

Omega était une station spatiale ou plutôt... un astéroïde habité. À l'arrivée, cette station avait une allure de méduse, un champ gravitationnel autour pour éviter des débris spatiaux. Cependant, elle n'était pas seulement ça, c'était une plaque tournante des trafics de drogue, d'armes et d'ézo. Aucun gouvernement civil ou militaire n'y régnait. Seuls les mercenaires dirigeaient tout ce monde corrompu à l'intérieur.

Le mot d'ordre de Naruto avait été « vaincre la corruption par la corruption ». Il avait voulu ne plus décider de rien, mener justice à sa manière et oublier. Il voulait simplement tout oublier. Naruto logeait dans un habitacle minuscule à l'intérieur de la station sans que personne ne sache où il était vraiment. Il avait attiré le regard des gangs en assassinant certains d'entre eux.

« Vaincre la peur du sang par le sang ».

Le sang lui évoquait à chaque fois Sasuke, mais il avait pris goût. C'était sa vengeance personnelle. Cependant, c'était une pensée beaucoup plus arriérée que ça. Il attendait la mort. Le blond avait pensé au suicide, son pistolet sur la tempe, l'hésitation, les pleurs, entendre dans sa tête « un homme ne pleure pas, surtout pas un soldat » et penser qu'il était soldat, il se devait de mourir comme un soldat, dans un combat. Cependant, son instinct de survie reprenait toujours le dessus lorsqu'il était attaqué par les gangs, presque à deux doigts de la mort.

Alors, il tuait. C'était une vengeance, un moyen de se soigner, mais il s'agissait plutôt de sa rédemption.

Son corps se balançait de droite à gauche et il commençait à calculer, à raisonner pour la première fois alors qu'il était sur la piste de danse. Un an. Cela faisait déjà un an qu'il était sur Omega.

Il sentit une présence près de lui. Ses yeux s'ouvrirent en voyant sa cible en train de danser près de lui cherchant à l'exciter, son genou près de son entrejambe.

- J'ai vu que tu me regardais, susurra-t-elle près de son oreille.

Alessia Sirva vendait du sable rouge, une drogue forte, à travers la Galaxie. Elle avait la réputation de n'avoir jamais été attrapée malgré la prime sur sa tête. Elle rendait les gens accrocs de toutes les manières, que ce soit par sa drogue ou par son corps déviant certains soldats de leur cause initiale. Cependant, elle visait particulièrement les adolescents, les jeunes à l'Académie. Naruto en avait entendu parler à l'époque, mais jamais il n'y avait touché. C'était un étrange hasard de la voir ainsi sur Omega à découvert. Peu importe le passé qu'elle avait pu avoir ou pour les raisons qu'elle le faisait, c'était une pourriture.

La main de l'homme vint se glisser dans les reins de l'Alien collant son corps bleu contre le sien. Sa bouche vint dans son cou tentant de respirer une odeur, mais elle n'en avait aucune. Elle semblait excitée contre son corps, continuant à se remuer. Elle était droguée.

Lui ne ressentait rien. Une attitude comme s'il devait s'accoupler avec quelqu'un sans avoir un quelconque plaisir. Pourtant, la réaction naturelle dans son pantalon se faisait sentir. La langue de l'Asari vint lécher le cou du blond pour remonter près de sa bouche afin de venir l'embrasser. Naruto recula sa tête par réflexe.

- Pas de baiser.

Alessia se mit à rire d'un air presque cynique. Son regard était vilain et malicieux. Le blond ne pouvait qu'exprimer du dégoût envers elle. Le doigt bleu vint caresser sa joue avant de descendre sur son torse, puis sa bouche s'approcha de son oreille et vint murmurer :

- Tu veux qu'on aille autre part ?

Elle continuait son manège. L'ancien commandant aurait pu se laisser aller dans son jeu, coucher avec elle et tenter son coup le lendemain. Sa danse se faisait de plus en plus sensuelle près de son corps, Naruto l'attirait plus près de lui laissant presque l'excitation mener ses gestes. Après tout, il ne restait qu'un homme se laissant aller à ses besoins.

Une lumière rouge passa sur eux. Leurs gestes étaient explicites et ils l'étaient tellement, chacun cherchant par ses mains à tâter le corps de l'autre, qu'il était facile de les voir.

Le blond, cependant, n'oublia pas son principal objectif. Il s'amusait à vrai dire. Intérieurement, il était toujours fidèle à l'homme qu'il avait autrefois aimé. Son poignet toujours équipé de son OmniTech qui ne l'avait jamais quitté depuis son départ de l'Alliance, il alluma celui-ci discrètement. La main de Naruto glissa sur son abdomen jusqu'à remonter vers l'un de ses seins, un but bien précis en tête.

- Tu me fais envie plus que n'importe qui d'autre, gémit-elle doucement contre le cou de l'humain.

Il se souvint que certaines Asari s'adaptaient au comportement de la race en face d'elle pour tenter de comprendre leur système d'accouplement. Elle simulait parfaitement ou peut-être ressentait-elle du plaisir au fond d'elle ? Il n'en avait aucune idée.

Pourtant, Naruto savait une chose.

À partir du moment où le partenaire sentait qu'elle touchait à son système nerveux, il fallait partir. Elles le faisaient pour qu'ils fusionnent et qu'ils ne forment plus qu'un seul être afin de se reproduire et avoir une fille. Le blond le ressentait au plus profond de son âme. Il la voyait parler, peut-être tentant de le convaincre de se laisser faire et qu'il n'aurait aucune obligation. Elle lui disait :

- Tu es fort. Je veux une fille de ta carrure.

Ce genre de chose ne lui était jamais arrivé. Jamais une Asari n'avait voulu s'accoupler avec lui.

- Je te donnerais ce que tu voudras après...

Le blond se sentait fusionner avec elle. Petit à petit, il perdit pied, mais pas totalement. Au niveau de son poignet, une grande lame orange apparut et transperça la poitrine de l'Asari. Surprise et le regard douloureux, elle recula légèrement, mais il était trop tard pour elle. Elle regarda l'arme, puis son assassin, la douleur l'empêchant de protester.

- Je préfère te voir mourir. Comme tous ceux que tu as laissé mourir sous ta drogue.

Alessia tentait de protester, mais le sang coulait abondamment, et personne ne pouvait entendre ses gémissements de souffrance. La lame disparut dans le même silence qu'elle était apparue. Naruto n'attendit pas. Il mit un bras autour de son épaule comme si elle était trop saoule. Il commença à marcher avec elle, à travers la foule pour se diriger vers la porte de sortie. Des traînées de sang coulaient sur le sol, mais personne ne les remarquait, et même si quelqu'un voyait quelque chose, la mort habitait beaucoup trop ces lieux pour que quelqu'un soit choqué.

Il entendait sa victime suffoquer, mais il ne la regardait plus.

C'était déjà un cadavre.


La Citadelle n'avait pas changé. Elle était restée telle quelle, figée dans le temps comme si rien ne s'était passé. Comme si Sasuke ne s'y était pas crashé. Comme si Naruto n'avait jamais démissionné et n'était jamais revenu pour tenter un procès. La vie suivait son court et les journalistes avaient bien vite abandonné leur cas à tous les deux pour passer à des choses plus importantes.

Rien ne changeait et tout était stable.

C'était la réflexion que se faisait Kakashi Hatake, les bras adossés contre une rembarre, les mains jointes et l'air pensif vers la ville de la Citadelle, deux branches de cette station flottant dans le ciel. Il soupira un instant avant de se redresser. Il adressa un regard rapide vers sa droite avant de sortir une tablette holographique. Des données sur le « cadavre » de Sasuke défilaient devant ses yeux tandis que d'autres fenêtres plus petites affichaient des données sur Naruto et sur sa localisation.

Depuis tout ce temps, Sasuke était resté dans le coma sans que personne ne puisse savoir réellement ce qui avait bien pu se passer. Lorsqu'ils l'avaient retrouvé inconscient, dans sa capsule de sauvetage écrasée dans l'eau, dans l'urgence, ils l'avaient emmené à l'hôpital pour des soins. La vue de son corps avait été terrifiante aux yeux de tous les médecins l'ayant aperçu. Un corps amaigri, des marques et des cicatrices d'injection, des brûlures d'acide mal soignées et des multiples plaques rouges infectées sur l'intégralité de son corps dû à une allergie. Le plus horrible avait été constaté que sa puce L2, permettant de contrôler ses pouvoirs, avait été arrachée. La plaie était mal ferme et plus infectée que tout le reste de son corps. C'était un homme mort à l'extérieur, mais il respirait encore.

L'amiral Hatake ne savait pas comment il avait survécu à tout ça. Tout avait porté à la conclusion qu'il avait été torturé. Par qui ? Par quoi ? Pour quelle raison ? Il n'en avait aucune idée et l'enquête n'avançait pas. De la même manière que le retour de Naruto était difficile.

Le procès de Naruto avait eu lieu très peu de temps après le crash de Sasuke. L'amiral n'avait pas pu être présent afin de lui démontrer qu'il était toujours en vie. Seulement à travers l'Extranet, il avait vu des images de journalistes lui criant qu'il était en vie et qu'il se trouvait à la Citadelle. Le blond avait répondu : « Cessez avec vos spéculations ».

On lui avait donné une vérité et il la refusait.

Kakashi aurait voulu être là, le convaincre du contraire. Malheureusement, les multiples missions spatiales l'en avaient empêché. Les affaires militaires ne s'arrêtaient pas sur deux cas. Pourtant, l'argenté était déterminé à retrouver Naruto. Beaucoup plus que l'Alliance d'ailleurs qui souhaitait son retour à tout prix.

Il avait dû les interroger.

- Je ne comprends pas. Pourquoi souhaitez-vous autant son retour ? demanda l'argenté, incrédule.

Sur leurs hauts sièges, les dirigeants de l'Alliance s'étaient regardés avant que l'un d'eux ne soupire et déclare d'un ton neutre :

- Disons que... le commandant Uzumaki est spécial.

Kakashi haussa un sourcil en les observant un par un. Personne ne savait s'ils devaient en dire plus ou non. Il semblait que c'était quelque chose d'extrêmement confidentielle qui n'avait jamais été révélée auparavant. Cependant, l'amiral restait toujours aussi perplexe qu'au départ.

- Comment ça ?

Ils avaient encore eu une hésitation jusqu'à ce qu'ils décident de finalement dire la vérité :

- Il a été créé pour devenir un... super soldat, avoua l'un d'eux difficilement.

- Vous l'avez créé ? S'indigna l'amiral.

- Pas nous, dit un autre. C'est Cerberus. Une organisation prohumaine aux tendances xénophobes, ils l'ont créé pour qu'il puisse défendre les intérêts et éviter le génocide humain, d'après eux. Il a été créé pour devenir une machine à tuer. Nous l'avons sauvé de là pour l'envoyer sur Terre.

- Mais il a bien un père et une mère biologique, non ?

- Malheureusement, non. Il a été créé, mais on ne sait pas comment. On a voulu lui trouver un endroit pour vivre, mais il était déjà trop vieux pour être adopté. C'est pour cela qu'il ne souvient pas de ce qui a pu se passer avant les gangs.

Un autre prit la parole.

- Nous l'avons observé tout ce temps. Nous savions qu'il irait vers l'Alliance, car il a été créé pour être soldat. Il a eu ses lacunes, ses erreurs, car il était un prototype et on va dire qu'il est défectueux, mais il reste humain. C'est le meilleur qu'on a depuis des années. Malgré les torts qu'il nous a causés, vous devez le retrouver et lui rappeler qui il est.

- Sans jamais révéler son passé, ajouta un autre. Cet être est fragile. Plus fragile que nous ne l'imaginions.

Ils cessèrent de parler et Kakashi baissa la tête vers le sol, presque dégoûté de ce qu'il venait d'entendre. Comment avaient-ils pu prendre un enfant pour le mettre sur Terre sans famille? Il avait été un objet depuis le début, une sorte de messie qu'ils attendaient avec impatience.

- Retrouvez-le. Vous aurez une grande récompense et un droit de retraite.

- Je ne veux pas de vos crédits, s'indigna Kakashi. Démerdez-vous, je ne veux rien à avoir avec ça.

Il avait fait demi-tour pour rejoindre la sortie, ne voulant plus avoir affaire avec ce genre de personne. Seulement, il s'était arrêté en se mordillant la lèvre. Il se souvint de quelque chose qui lui brisait le cœur et qu'il l'avait poussé à faire ses recherches sur Naruto... Quelque chose autre que l'attachement. L'amiral s'était retourné, les avait regardés droit dans les yeux et leur dit d'une voix plus forte que d'habitude :

- D'accord, je le ferai à une condition.

Les dirigeants se regardèrent et se mirent d'accord en silence.

- Je ramènerai le commandant, mais vous le laisserez choisir s'il veut revenir dans l'Alliance ou non.

Au premier abord, ils avaient semblé être d'accord, mais il apprit peu de temps après qu'ils avaient entamé des recherches de leur côté également. Dans quel but ? Celui de « forcer » Naruto à revenir en le trouvant avant Kakashi.

Depuis, les jours de repos de l'amiral à la Citadelle se résumaient à des recherches intensives sur Naruto et sur ce qui avait bien pu se passer avec l'amant de celui-ci. Quelqu'un vint interrompre son fil de pensée, un doigt tapotant doucement son épaule, il redressa la tête et vit Liara, un léger sourire aux lèvres. Elle avait bien mûri depuis un an. Il n'eut pas le temps de faire les salutations qu'elle déclara :

- Amiral. Il s'est réveillé.


Par moment, son goût pour la mort le terrifiait. Jeter un corps comme ça, malgré ses crimes, avait toujours un effet traumatisant sur sa personne. Naruto essayait d'être un robot sans sentiment, une machine sans but ni loi, mais rien n'y faisait, à cause de son humanité.

Alors, il y avait des journées où il se réfugiait dans sa petite habitation où aucune affaire personnelle n'était déposée, à part une petite tablette holographique. Il prenait quelques fois l'objet, s'allongeait dans son lit de fortune et l'observait. À l'intérieur, il y avait des photos de lui et de Sasuke. Certaines dataient de l'académie, d'autres étaient plus récentes. Naruto apercevait des regards heureux, le sien et celui de son amant qui n'arrivait jamais à sourire franchement sur une photo.

Ça ne le rendait pas malheureux. Il y avait une pure nostalgie, mais une souffrance cachée au fond.

Il n'observait pas ses souvenirs. Il admirait d'autres personnes qu'il ne connaissait plus désormais. Naruto ne pleurait pas, mais contemplait un passé lointain. Avec ses doigts, il fit agrandir une photo en particulier sur le visage du brun. Le blond se surprit à caresser cet écran comme s'il pouvait sentir à nouveau sa peau sous ses doigts.

Soudain, il fut tiré de sa torpeur. Des aliens et des hommes, armés jusqu'aux dents, arrivèrent en trombe dans son habitacle. Le réflexe de Naruto avait été de balancer l'écran plus loin et de prendre son arme. Cependant, il n'eut pas le temps de se défendre. Il fût plaqué contre le mur, un fusil comprimé contre sa gorge.

C'était un Butarien en face de lui, un alien à quatre yeux, au visage allongé et avec un crâne aux multiples crevasses, qui lui adressait la parole :

- Enfin, on te retrouve, Uzumaki.

Un de ses acolytes avança dans la chambre tandis que quatre autres se tenaient devant l'habitacle. Le partenaire se baissa vers la tablette avant de la ramasser et de regarder les photos. Il se mit à rire en faisant « non » de la tête comme s'il avait entendu une mauvaise blague. Naruto voulait lui mettre la tête dans le sol pour cet affront, mais tous ses mouvements étaient bloqués par le mercenaire.

- Regarde-moi, Uzumaki.

Le blond obéit. Sa respiration était forte signifiant que la tension et la colère montaient de plus en plus vite en lui.

- Tu as rendu service à certaines personnes en tuant Alessia hier soir, mais tu ne m'a pas rendu service à moi...

Il se débattit, mais l'alien écrasa un peu plus son arme sur sa gorge et commençait à étouffer le blond qui cherchait de l'air.

- Tu as foutu un sacré bordel depuis que t'es ici et crois-moi, personne ne te remercie. Un mec de l'Alliance qui se mêle de nos affaires, on n'aime pas ça. J'aurais bien aimé t'exploser la cervelle, mais ça serait trop facile.

Naruto n'arrêtait pas de se débattre alors que l'horripilant alien s'approchait de son oreille.

- Je préfère te voir être torturé sous mes yeux que de te laisser avoir une mort facile.

Le Butarien se mit à rire et recula son visage tout en enlevant l'arme de sa gorge. Naruto ne bougea pas et réussit à respirer de nouveau, une main sur la gorge.

- Alors, je te propose un marché.

Il pointa son fusil sur lui avec une sorte de sourire sur le visage.

- Tu arrêtes de te mêler de nos affaires. De tous les gangs, de tous les trafics. Tu arrêtes de faire ta justice à deux balles et tu te fais tout petit. Si tu ne respectes pas ça... On va faire une petite visite à ta « petite famille » sur Terre.

Naruto ouvrit grand les yeux tout en sachant qu'ils parlaient des gangs, ceux qui l'avaient élevé. Alors qu'eux essayaient de survivre dans ce monde qui ne les aidait pas, les gangs sur Omega tuaient et profitaient de toutes situations pour leur propre besoin personnel.

- Ah ? Ça te touche ? fit l'alien, visiblement amusé. Laisse-moi te dire une chose, pauvre sous-merde d'humain !

Le Butarien se jeta sur lui et le coinça de nouveau.

- Vous êtes faibles ! Toujours attachés à quelque chose ou à quelqu'un. Vous vous prenez pour des grands, mais vous n'êtes rien, vous n'êtes pas forts. Vous êtes faibles et vulnérables. Vous êtes tous des déchets manipulables !

L'alien le laissa, lui adressant un dernier sourire tandis que l'acolyte derrière lui riait. Celui-ci jeta la tablette sur le sol avant de tirer dessus, la détruisant inévitablement. Naruto serrait les dents, les yeux humides et son front transpirant par l'angoisse et la colère qui régnaient en lui. Ses yeux étaient fixés vers l'objet détruit. La seule chose qui lui restait de son côté.

- Je ne veux plus jamais entendre parler de toi, à partir d'aujourd'hui. Alessia était ton dernier meurtre.

Les deux aliens finirent par sortir de la pièce, l'un rieur et l'autre fier d'avoir accompli son plan. La porte claqua laissant désormais un grand vide.

Naruto tremblait de rage et d'impuissance contre le mur sur lequel il était resté. Il n'était plus capable de rien, ni même de mener une justice loyale et équitable. Le blond était encore faible et la seule chose qui lui tenait à cœur venait d'être détruite sous ses yeux.

Il tomba sur les genoux.

Faible.


Aussitôt qu'il en avait été informé, Kakashi avait pris la première navette afin de se rendre à l'hôpital. Liara, à ses côtés, n'avait pas dit un mot se contentant d'accourir. Elle n'était pas particulièrement heureuse de le voir réveillé. L'Asari ne connaissait pas cet homme à part celui qu'elle avait vu sur Féros. Une personne cruelle et égoïste agissant pour sa propre vengeance. Cependant, si ça pouvait ramener l'ancien Commandant, elle s'investirait coûte que coûte comme le faisait l'Amiral.

Ils arrivèrent devant la chambre, une grande baie vitrée montrant l'intégralité de ce qui pouvait se passer à l'intérieur. Le brun était effectivement réveillé et étrangement calme. Il ne bougeait pas regardant des navettes défiler à travers le décor qui se dressait à sa fenêtre. Ses mains étaient jointes, mais il les tripotait nerveusement.

Sasuke était moins maigre, notamment grâce aux perfusions qui l'avaient maintenu en vie jusqu'à aujourd'hui. Ses muscles n'avaient pas entièrement fondu, mais il avait perdu une assez de masse musculaire pour qu'on puisse voir ses os.

- Vous allez lui dire ? interrogea Liara.

Kakashi lui lança un regard, un sourcil interrogatif.

- Féros et son cadavre, continua-t-elle

- Pas aujourd'hui, répondit-il.

Un médecin, de race Galarienne, arriva près de sa chambre apercevant les deux visiteurs près de la porte. L'amiral et la soldate le saluèrent d'un unique hochement de tête et le docteur fit de même.

- Vous voulez le voir ? demanda-t-il.

Le Galarien tourna la tête vers son patient ainsi que les deux visiteurs. Sasuke sentit les regards sur lui et tourna son regard fatigué vers eux sans broncher. Il les ignora et retourna dans sa contemplation. Kakashi s'apprêtait à rentrer, mais l'alien posa sa main sur son épaule :

- Ne le perturbez pas. Il n'a plus sa puce L2. Ses pouvoirs seront incontrôlables s'ils se déclenchent à cause d'une émotion trop vive. Nous ne pouvons pas lui en intégrer une nouvelle pour le moment, il est encore blessé physiquement et encore plus psychologiquement. De plus, ça pourrait le tuer.

L'amiral abaissa la poignée, mais il hésitait à rentrer et se demandait si c'était le bon moment de lui rendre visite.

- Je ne sais pas ce qui s'est passé durant sa captivité, mais ça a été affreux. Ils l'ont épuisé moralement et ils ont aspiré quelque chose en lui... On ne sait pas. Il s'est réveillé dans un calme extraordinaire et n'a rien demandé. Il savait parfaitement où il était. Ce silence n'est pas bon signe, Amiral. Faites attention.

Kakashi n'hésita plus et rentra dans la chambre doucement comme s'il avait peur de briser le calme qui abritait Sasuke. Celui-ci ne bougea pas sachant parfaitement qui venait de rentrer. La porte se ferma derrière lui. L'Amiral ne bougea pas de l'entrée pendant quelques secondes, il l'observait en appréhendant un revirement de situation. Inquiet à propos de ce que lui avait dit le docteur, il n'osait pas dire un mot. Kakashi se contenta d'un unique « Bonjour, Sasuke. » avant de se taire à nouveau.

- Où est-il ? demanda la voix rauque du brun.

L'Amiral connaissait le pourquoi de cette question : ce n'était pas lui qu'il attendait. Il ouvrit la bouche pour répondre, mais aperçut les cicatrices d'injection sur ses bras. Elles étaient irréelles comme des gouttes d'acide qui avaient coulé sur ses bras.

- Où est-il ?

Cette fois-ci la voix était plus tremblante. L'argenté releva le regard vers lui, mais celui-ci ne le regardait toujours pas. Sasuke semblait un peu plus agité que précédemment.

- Il n'est pas là, répondit Kakashi d'un ton neutre.

L'Amiral s'avança afin de prendre un tabouret non loin de lui. Il le glissa lentement sur le sol sans faire de bruit et se posta devant le lit. Il s'affaissa en plaçant ses bras sur ses cuisses.

- Il s'est passé beaucoup de choses en votre absence, continua-t-il.

Sasuke ne répondit pas et trembla pendant une demi-seconde. Kakashi pensa qu'il n'était pas nécessaire de parler de l'affaire Naruto tant que le brun ne demandait rien sur le pourquoi et le comment il était parti.

- Il est mort ?

- Non. Il est parti d'ici.

- Quel fils de pute.

Kakashi fut surpris par cette soudaine colère de sa part. Cependant, la peur qu'il fasse exploser la chambre surpassait bien vite le premier sentiment qu'il avait ressenti. L'Amiral se redressa, tendu par la situation.

- Il a des raisons et… Bon sang, Uchiha, que s'est-il passé ?

Sasuke tourna son regard fatigué vers lui, les sourcils froncés, les yeux humides par la colère.

- Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ?! DITES-LE-MOI.

L'Amiral ne savait pas de quoi il parlait, mais, sans doute, la torture et Naruto avaient un rapport avec ça. Tout restait flou, mais des choses terribles s'étaient tramées et sans doute à cause de ces scientifiques que le blond avait tentés de combattre. Le fait que le commandant ne soit pas présent à son chevet n'arrangeait rien.

Kakashi restait sur ses positions de départ : Sasuke n'était pas encore prêt à entendre la vérité.

- Calmez-vous. Cela ne sert à rien. Vous avez disparu depuis presque deux ans et il y a des choses qui restent floues autant pour moi que pour vous.

Il prit une pause.

- Il est introuvable, conclut-il.

Le brun semblait ne pas l'avoir écouté, son esprit s'étant absenté quelques instants. Il marmonna quelque chose sans que Kakashi ne puisse en comprendre le sens. L'argenté jeta un coup d'œil vers le couloir, il aperçut le docteur et Liara assistant à toute la scène avant de revenir vers son principal intéressé.

- Introuvable, hein ?

Le brun se mit à rire un instant avant de s'interrompre brusquement et de donner un coup de poing dans un des appareils à côté de lui. Une masse bleutée commençait à se condenser autour de lui. L'argenté craignait le pire. Il ne connaissait rien à la situation qui s'était déroulée pour le couple et ne comprenait pas la raison de sa colère. Peut-être qu'il n'y avait rien à comprendre, lui qui avait toujours été célibataire.

- Ce n'est qu'un lâche, cracha Sasuke presque en hurlant.

Le docteur entra subitement dans la chambre afin de prévenir l'Amiral qu'il fallait sortir. « Il risque de tout faire exploser. », avait-il dit. Kakashi se précipita presque hors de la chambre. Une ruée de médecins, humains et aliens, se précipita dans la chambre pour le maintenir en place. La masse, autour de lui, se faisait de plus en plus sombre et bleue. Il hurlait de le lâcher.

- Il fallait le prévenir, commenta Liara à ses côtés, légèrement en colère.

- Il n'est pas encore prêt.

L'Asari se tourna vers lui, prête à lui dire ses quatre vérités.

- La Galaxie entière est au courant pour eux deux et LUI ne le sait pas, cria-t-elle en le pointant du doigt. Son compagnon n'est pas à ses côtés et il ne connaît pas les raisons pour lesquelles il est parti. Ce n'était pas nécessaire de lui dire ce que vous avez dit si ce n'est pas pour dire toute la vérité.

Kakashi, à son tour, se mit en colère en la regardant presque froidement.

- Soldate, je fais mon boulot, faites le vôtre.

- Je le ferais ! Mais, ici, aucun de nous deux ne fait son boulot. C'est un devoir qu'on se doit de faire pour ceux qui sont morts et rétablir la vérité !

- Vous n'avez pas votre mot à dire. Est-ce que je dois me répéter ?

Liara ouvrit la bouche, mais, au risque de se prendre les foudres de son supérieur, elle tourna les talons et partit rapidement de l'hôpital, ne se gênant pas de bousculer certains infirmiers sur son passage. Kakashi comprenait sa colère autant que sa propre réflexion qu'il ressentait à ce moment même. Il observa de nouveau la chambre où les médecins tentaient de lui injecter un calmant.

- PAS ENCORE, JE VOUS EN SUPPLIE.

C'était les mots de Sasuke, la voix enrouée par la peur. Il se débattait tout ce qu'il pouvait et la masse bleue se faisait de plus en plus dense, prête à exploser.

Terrorisé par des aiguilles.

L'Amiral ne pouvait plus laisser passer ça. Il suivit rapidement les traces de Liara, les dernières supplications du brun se faisaient de plus en plus lointaines.


- Monsieur.

Kakashi se réveilla en sursaut. Une voix robotique de femme venait de résonner dans son appartement gigantesque et luxueux. Une navette passa près de sa fenêtre et le bruit de l'engin fut tellement bruyant qu'il fronça des sourcils.

Il constata rapidement qu'il s'était endormi sur son bureau, des hologrammes et des tablettes holographiques régnaient un peu partout. Torse nu, il avait une fine trace rouge du bureau à force de s'être appuyé dessus. L'argenté soupira en frottant sa peau. Il regarde son intelligence virtuelle qui venait de le réveiller.

- Qu'y a-t-il ?

- J'ai trouvé une trace.

L'Amiral prit un paquet de cigarettes non loin de lui et s'installa confortablement dans sa chaise avant d'en allumer une. Il s'étira légèrement avant de se prononcer :

- Dis-moi.

- Il a pris un pseudonyme sous le nom de « Kyuubi » signifiant du japonais « Neuf queues » sur Omega. Plusieurs crimes ont été commis de sa part sur cette station…

- Évidemment, personne n'en a entendu parler puisque tout se passe sur Omega, soupira-t-il.

- Effectivement, et la célébrité du commandant Naruto Uzumaki n'a pas pu cacher sa véritable identité au sein de ce système. Toutefois, il crée un certain grabuge auprès de certains mercenaires et criminels, mais aucune rumeur ne s'est propagée jusqu'à la Citadelle. De ce fait, depuis tout ce temps, il a réussi à être caché.

- Tu n'as pas fait que trouver une trace ! Tu l'as trouvé !

- Effectivement, affirma-t-elle. J'ai eu ces données en piratant les données du SSC qui viennent d'enfermer un mercenaire. J'ai pu les obtenir en même temps qu'eux et je vous ai prévenu le plus rapidement possible. Ce mercenaire souhaite la mort du Commandant et s'est rendu à la Citadelle afin d'en savoir plus sur lui.

Kakashi fut pris d'une réflexion. Pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt ? Omega était l'endroit parfait pour ceux qui voulaient se cacher et faire ce que bon lui semblait. Cependant, il avait plus penché, pendant plusieurs mois, qu'il était mort de n'importe quoi. Pour lui, il allait retrouver un corps et non une personne en bonne santé.

- Donne-moi tout ce qu'il a pu commettre. Si l'Alliance venait à l'apprendre... fit-il en faisant un geste rapide dans le vide.

- Je suis désolée. Il est impossible de répondre à votre demande. Les crimes perpétués dans ce système ne sont pas classés.

L'argenté jeta un regard vers l'I.V. qui possédait l'apparence d'une humaine sous une apparence holographique rouge.

- Merci I.V.

Aussitôt dit, elle s'était éteinte d'elle-même. Kakashi se leva de sa chaise en aspirant une bouffée de sa cigarette et il se dirigea vers la grande fenêtre dressant le tableau futuriste de la Citadelle.

À l'intérieur, tout était parfaitement calme, malgré quelques navettes passant de temps en temps, c'était le silence. Il resta un moment ainsi à observer le paysage tout en repensant aux mots de Liara. Par moment, il tirait une bouffée de sa cigarette et d'autres, il se mordait le pouce comme si c'était nerveux.

La cigarette finit par se consumer d'elle-même.

Il fallait désormais agir.


- C'était un clone.

Kakashi débarqua dans la chambre de Sasuke, quelques jours plus tard afin de laisser passer la pilule, en prononçant ces mots. Le brun tourna son regard vers lui, intrigué de le revoir après le comportement qu'il avait eu auprès de lui. Il eut un instant le regard honteux, mais cela se remplaça bien vite par la curiosité.

- Qu'est-ce que vous dites ?

- Les scientifiques vous ont fait quelque chose, mais pas qu'à vous. Il est temps de vous expliquer.

L'Uchiha se releva doucement laissant tomber une longue mèche sur l'un de ses yeux. Son visage était aussi dur qu'avant, mais prêt à entendre ce qu'il devait entendre.

- Je ne vous sentais pas capable de supporter ce que vous allez entendre la dernière fois que je vous ai vu, expliqua l'Amiral. Il faut vous le dire. Le commandant Uzumaki était en mission, il s'est avéré que vous avez été impliqué dedans, huit mois après votre disparition. Il vous a cherché pendant très longtemps, sans jamais vous retrouver. Il savait que vous étiez en vie sans savoir comment, mais il le savait au plus profond de lui-même. Les scientifiques ont créé un clone de vous. Pour le tuer, lui.

Sasuke n'avait pas bronché et avait écouté calmement. Au fond de lui-même, il essayait d'avaler autant d'informations avec beaucoup de difficulté.

- Il vous a tué à ses yeux. Il ne sait rien, car il s'est enfui.

Le brun regarde l'Amiral dans le blanc de ses yeux pour y chercher un mensonge. De l'avis de Kakashi, sa méfiance envers son propre camp était étrange. Cependant, l'Amiral n'avait pas menti, il avait juste omis certains détails… Il avait le pressentiment que ce n'était pas à lui de le faire.

Sasuke baissa les yeux comme peiné par la situation. Ses épaules s'affaissèrent comme s'il portait un poids lourd sur celles-ci. Une profonde tristesse émanait de plus en plus dans la pièce.

- Sasuke…

Le brun releva le regard.

- Puis-je me permettre de vous nommer comme ça ?

Il se redressa légèrement avant de hocher la tête doucement, le regard perdu.

- J'ai besoin de savoir ce qui s'est passé...

La réponse fut négative de sa part. D'un seul coup, il avait l'air de ne pas se sentir bien. Une main dans sa nuque, à se gratter frénétiquement la peau sans qu'aucune réponse orale ne puisse sortir de sa gorge. L'angoisse se lisait sur son visage, malgré les tentatives pour le cacher. Sasuke se calma de lui-même en respirant calmement comme s'il cherchait à être méthodique dans ce qu'il faisait.

Il prit son temps, puis les yeux noirs se dirigèrent à nouveau vers lui.

- Je vous dirais ce que vous voudrez… Je vous demande juste…

Le brun tourna la tête vers sa fenêtre, le faux soleil de la Citadelle se couchant petit à petit.

- Retrouvez-le, Amiral.