The Veil On Your Power
Par Tango Dancer
Salut les gens! Une fois n'est pas coutume, je poste un chapitre moins de six ans après le dernier^^! Comme vous le voyez, j'ai tenu ma promesse de publier plus souvent, lol!
Dites-moi ce que vous en avez pensé?
Bisoux et merci pour toutes vos super reviews! On a dépassé le cap des 100, rendez-vous compte! Tournée générale de cookies pour tous ceux qui ont contribué à ça! Merci beaucoup! Continuez comme ça, mdr! ça me motive pour mettre à jour!
Chapitre 11 :
Pendant toute la semaine suivante, nous restâmes à distance d'Ichigo, l'observant de loin en quête de réponses, mais évitant de nous retrouver trop près de lui. Il ne chercha pas à nous aborder, mais parut plus renfermé que jamais, un froncement de sourcils permanent ancré sur ses traits. Son regard semblait hanté par un fantôme dont nous ne parvenions pas à identifier la nature. Indifférent à tout ce qui se passait autour de lui, il quittait l'établissement dès la sonnerie de fin des cours, et nous voyions sa voiture prendre la direction de Seattle neuf fois sur dix. Sa condition physique ne s'arrangea pas. Peu à peu, ses cernes se creusèrent, son regard se fit plus vide, et ses traits, plus hagards encore qu'auparavant.
Exactement une semaine après les événements de Seattle, nous attendions dans la Volvo qu'Ichigo arrive, comme à l'accoutumée, lorsque nous vîmes sa voiture se garer. C'était inhabituel : d'ordinaire, il arrivait au dernier moment, et se dépêchait de rentrer en classe. Pourtant, nous le vîmes descendre du véhicule, les sourcils froncés, regardant autour de lui, et porter la main à son médaillon de bois sculpté avant de le plaquer contre sa poitrine. Son âme apparut immédiatement, et le Shinigami se hâta de dissimuler son corps dans la voiture, avant de se tourner vers nous. Le garçon tendit deux doigts, et nous entendîmes très clairement l'incantation :
-Voie de la destruction n°33…
Horrifiés, nous le fixâmes, incapables de réagir. Mais pour une raison qui nous échappa, il ne termina pas le sort, et ouvrit de grands yeux, au moment même où un hurlement de Hollow se faisait entendre. Nous pivotâmes vers l'autre côté de la voiture, et vîmes une ombre noire et blanche fendre en deux le masque du monstre qui s'apprêtait à nous attaquer, et qui disparut sans perdre une seconde. Nous revînmes à Ichigo, mais il avait disparu. Jasper, en bon stratège, ne l'avait pas quitté des yeux, et nous indiqua qu'il s'était caché derrière son véhicule. Et en effet, un instant plus tard, nous le vîmes émerger de sa cachette, plus pâle que jamais, déverrouiller sa portière, et rentrer dans son corps sans nous accorder un regard. Nous jetâmes un coup d'œil du côté où s'était tenu le Hollow, mais il n'y avait rien, à part quelques pétales roses. Comme des fleurs de cerisiers. Étrange, étant donné qu'il n'y avait pas le moindre cerisier aux alentours…
Au lycée, les couloirs bruissaient de rumeurs sur un professeur d'histoire intérimaire, qui semblait avoir fait grande impression sur la population féminine des salles de classes. D'après les chuchotements surexcités que j'avais pu entendre, il était extrêmement séduisant, très doué dans son domaine, et spécialisé dans l'ère féodale japonaise. Ce dernier détail nous fit dresser l'oreille. Après tout, on ne rencontrait pas tout les jours des professeurs d'histoire spécialisés du Japon, et il se pouvait fort bien que cet homme ait un lien avec Ichigo. Nous n'avions pas tort. De fait, lorsque ledit professeur entra dans la classe, il y eut un murmure appréciateur. Il était grand, élancé, et avait de longs cheveux noirs qui lui tombaient sur les épaules. Un étrange dispositif argenté les retenait, et toute sa personne suintait l'élégance, bien que son regard gris restât dur. Ichigo n'avait même pas levé les yeux, apparemment absorbé par la fenêtre, mais son attitude changea dès que l'enseignant ouvrit la bouche.
-Bonjour. Votre professeur d'histoire étant tombé malade, je vais le remplacer pendant quelques temps. Mon nom est Kuchiki Byakuya.
Instantanément, Ichigo releva la tête, et découvrit que le regard de l'homme était rivé sur lui. Leurs yeux se rencontrèrent, et ils se fixèrent un long moment, avant que l'adolescent ne paraisse s'affaisser, et rompe le contact. Une lueur perplexe et attristée traversa le regard métallique de l'enseignant, mais il ne dit rien, et commença un cours autour de l'ère médiévale au Japon, dont il parla comme s'il y avait vécu, ce qui ne manqua pas d'éveiller notre curiosité, surtout au vu de la réaction d'Ichigo en entendant son nom.
Ce soir-là, assoiffés, nous décidâmes d'aller chasser en famille, et partîmes dans les bois en laissant Renesmé à la garde de Jake. Mais la partie de chasse fut de courte durée. En effet, à peine avions-nous parcouru quelques kilomètres que nous perçûmes le bruit des pas d'un humain et dûmes nous dissimuler. Ichigo passa juste devant nous, les mains enfoncées dans les poches et le regard concentré rivé devant lui, une ride de tension plissant son front immaculé. Il marcha ainsi pendant quelques temps, notre petit groupe le suivant avec discrétion, puis s'arrêta à un endroit où la répartition des arbres se faisait plus clairsemée.
-Tu comptes me suivre encore longtemps ?
Nous retînmes notre souffle, ignorant s'il nous parlait ou s'il s'adressait à un interlocuteur invisible que nous n'aurions pas perçu. Et effectivement, une silhouette émergea de l'ombre, qui ne me surprit qu'à moitié : les échanges de regards entre élève et professeur plus tôt dans la journée n'étaient pas passés inaperçus. Sans un mot, Kuchiki Byakuya avança jusqu'à se tenir à quelques mètres de l'adolescent, et lui fit face en silence, les mains enfouies dans les poches de son costume noir d'encre. Les deux hommes se dévisagèrent sans un mot.
-Le Japon médiéval, hein ? Fit Ichigo. Les élèves n'arrêtent pas de dire que tu en parles comme si tu y avais vécu.
L'autre hocha la tête avec indifférence.
-Ce n'est pas comme si j'étais à même de vous apprendre les faits qui se sont déroulés dans votre monde.
-J'aurais cru que les nobles étaient parfaitement instruits, ironisa Ichigo.
-On nous apprend la tactique militaire et la stratégie, votre monde n'a jamais été considéré comme intéressant par qui que ce soit.
-Bizarre que le Central 46 décide d'interférer pour chasser certains individus qui justement n'ont rien à voir avec la Soul Society, alors…
Le ton de l'adolescent était suintant de sarcasme. L'enseignant soupira.
-Ils croyaient bien faire.
-Oui, bien sûr. C'est effectivement extrêmement logique : chasser ceux qui ont sauvé votre peau… quatre fois, si je ne m'abuse ?
Il y eut un silence.
-J'imagine que ta présence ici signifie que j'ai été localisé ?
-Non. A vrai dire, j'ai été envoyé ici à cause des apparitions de plus en plus fréquentes des Hollows et des Arrancars. Et aussi pour déterminer la cause de leur disparition brutale… tout comme celle des Shinigamis en poste dans le coin. (Il planta son regard gris dans les pupilles brunes de l'adolescent). Es-tu à l'origine de la disparition des hommes de Zaraki, Kurosaki ?
Le garçon hocha la tête.
-Oui. (Le garçon baissa la tête, puis la releva pour fixer l'homme dans les yeux). De toute façon, maintenant que tu es là, ça n'a plus vraiment d'importance. Nous savons tous les deux à quel point tu me détestes. Tu es le mieux placé pour me détruire, alors je te suggère de le faire. Maintenant.
Silence.
-Tu ne peux pas encore mourir.
-Je te demande pardon ?
-Tu m'as bien entendu. Te tuer maintenant serait une erreur. Si je faisais ça, je serais responsable de la destruction de la Soul Society.
Un éclair de haine brûla dans les yeux du Shinigami aux cheveux orange.
-Tu ne comptes pas sur moi pour sauver leur peau une fois de plus, j'espère ? Parce que ce n'est même pas la peine d'y penser, tu entends ? Je refuse !
-Tu n'as pas le choix, Kurosaki. La Soul Society est la garante de l'équilibre entre les mondes : si elle est détruite, elle entraînera l'univers entier dans sa chute !
-Et j'imagine que le Central 46 t'a demandé de venir me présenter leur plates excuses, l'annulation de mon ordre d'exécution et une supplique me demandant de voler à leur secours pour la cinquième fois ?
Il y eut un silence.
-Nous savons tous les deux qui est responsable de ma condamnation et de mon exil. Nous savons pourquoi je suis seul ici et pas à Karakura avec mes amis à protéger la ville. Alors c'est ferme et définitif, je n'aiderai pas la Soul Society ! Et encore moins si je dois le faire en secret !
-Aider la Soul Society est ta dernière chance de trouver grâce à leurs yeux, redescends sur Terre ! Si tu les sauves une dernière fois et leur prouve ta loyauté, ils n'auront aucune raison de maintenir ta condamnation !
-Ils n'avaient aucune raison de me condamner en tout premier lieu ! Mes amis et moi ne sommes pas de leur monde, nous n'avons rien à voir avec eux. Et pourtant, tous sans exception nous avons participé à cette guerre. Nous nous sommes sali les mains, nous avons accepté de mettre nos vies et nos âmes en jeu pour sauver la Soul Society et vaincre les Arrancars. J'ai tué Aizen. Nous sommes tous morts au moins une fois, à l'exception d'Inoue. Et tout ce que nous avons gagné en retour, c'est un exil perpétuel pour mes amis assorti d'un sceau sur leurs pouvoirs, et une condamnation à mort pour moi ! Chad est sans cesse surveillé sous prétexte que ses pouvoirs sont ceux d'un Hollow, et Ishida est tracé comme une bête parce qu'il est le dernier représentant d'une lignée massacrée par les vôtres ! (Il parlait d'une voix forte, à présent, les yeux brûlants de fureur, et une rage trop longtemps contenue s'exprimait ainsi dans ses mots). Je ne les aiderai pas, Byakuya. C'est hors de question. Repars chez toi et dirige ton clan. Essaye de sauver la Soul Society de la destruction. Moi… j'ai vos dégâts à réparer.
Il tourna les talons et commença à partir, mais une simple phrase de l'autre l'arrêta net.
-Tu parles de Neliel ? (Voyant que ses mots avaient porté, Byakuya continua sur sa lancée). Tu ne la retrouveras pas tout seul, Ichigo ! A preuve ! Depuis tout ce temps, tu la cherches encore. Le monde est vaste, jamais tu ne parviendras à découvrir où elle a atterri par toi-même !
Ichigo se retourna, les yeux brûlants de rage.
-Je ne veux pas de votre aide. Vous êtes ceux qui l'ont détruite. Je la retrouverai seul, et l'histoire se terminera à ce moment-là. La Soul Society m'a banni, c'est parfait. Je fais cavalier seul. Fichez-moi la paix, et suivons nos routes respectives. Mon chemin s'est séparé de celui des Shinigamis lorsque Ryûjin Jakka s'est abattue sur Nel.
Et il s'en alla. Byakuya le suivit des yeux, et sourit. Un instant plus tard, deux personnes se tenaient à ses côtés. L'une était un homme de grande taille aux cheveux roses tenus en une queue de cheval et aux étranges tatouages sur le front. La seconde était une femme de petite taille aux cheveux noirs lui tombant dans le cou et aux yeux bleu sombre.
-Il a tellement changé… souffla-t-elle.
-Y'a de quoi, fit l'homme. A sa place, j'aurais refusé aussi. Mais je le connais, il finira par le faire. Il comprendra que son aide est essentielle à la survie de tout ce qu'il a aimé.
La femme secoua la tête.
-Je n'en suis pas si sûre, Renji. Je crois que la perte de Nel a détruit son côté super-héros. Il est tellement rongé par la culpabilité qu'il a perdu tout goût de vivre.
Un regard intrigué se posa sur elle, et elle expliqua avec agacement :
-C'est évident, non ? Tu n'as pas vu ses yeux ? Ils étaient complètement morts. Et la seule émotion que j'y ai vue était de la haine lorsque Byakuya-nii-sama a mentionné le Central 46. Tu te rappelles avoir déjà vu Ichigo manifester de la haine, toi ? (Il y eut un silence concentré, puis elle secoua la tête). C'est bien ce que je pensais. Moi non plus.
-Très bien, intervint Byakuya. Renji et Rukia, vous allez à Seattle. Je m'occupe de Kurosaki.
-Vous restez ici, taichou ? S'enquit Renji.
L'autre hocha sèchement la tête.
-Tâchez de trouver pourquoi les Hollows et les Arrancars disparaissent, compris ?
Les deux Shinigamis échangèrent un regard entendu, puis disparurent. Byakuya s'en alla à son tour, et nous restâmes seuls avec nos questions sans réponses. Nous repartîmes chasser, mais pour ma part, ce fut avec distraction, car je pouvais presque sentir les bulles que produisait mon cerveau bouillonnant. Lorsque je rentrai, les autres étaient déjà tous là et discutaient de ce que nous avions entendu. Ce soir-là, nous décidâmes qu'Edward et moi nous rendrions chez Ichigo. Moi parce que j'étais celle qui le connaissait le mieux, et Edward car, tout jaloux qu'il soit, il refusait de me laisser seule dans une situation qu'il considérait comme potentiellement dangereuse. Nous flairâmes donc sa piste et la suivîmes jusqu'à une petite maison du centre de Forks, non loin de celle que j'avais habitée. La Maserati noire était garée devant, signe qu'Ichigo était là, et la lumière du salon nous indiqua qu'il était encore debout malgré l'heure tardive. Nous approchant silencieusement de la fenêtre, nous découvrîmes une vaste salle de séjour sobrement meublée (aucun objet personnel en vue) et illuminée par plusieurs petites lampes qui émettaient une lumière ténue. Le sac du garçon traînait sur le sol avec une boîte à pizza vide, et la télévision allumée était branchée sur un film d'arts martiaux japonais. Ichigo était assis sur le sol, le dos contre le divan, et tenait un paquet de chips à la main, qu'il tendait de temps à autres à la peluche jaunâtre qui contenait la Mod-Soul Kon, qui piochait à qui mieux-mieux dans l'emballage. Malgré tout, le garçon avait l'air de s'ennuyer à mourir, et nous l'entendîmes bientôt marmonner :
-Franchement, ils ne sont pas doués. Même toi t'arrives à faire ça…
La peluche lui envoya un sournois coup de coude en pleines côtes.
-J'ai été créé pour ça, crétin !
Ichigo haussa les épaules, et soudain, deux personnes se matérialisèrent auprès de lui, m'arrachant une exclamation qu'Edward s'empressa d'étouffer. La première personne avait le teint et les cheveux extraordinairement blancs, des lèvres et des ongles noirs, et était vêtue d'un kimono blanc. Mais le plus surprenant, outre ses yeux noirs et jaunes, était qu'elle ressemblait trait pour trait à Ichigo ! Le second homme était grand, mince, avait la peau mâte et de longs cheveux noirs, et portait un grand manteau brun et des lunettes de soleil. Bizarrement, tous deux avaient l'air de sortir d'une averse torrentielle.
-Qu'est-ce que tu veux, Aibou (NdA : « partenaire », en japonais) ? S'enquit l'homme blanc en s'ébrouant.
-Ce film est ennuyeux à mourir. Alors je me disais que je pourrais m'entraîner un peu à manier Tsuki no Kaze.
Il y eut un silence, que l'homme aux lunettes, qui gouttait sagement sur le parquet, rompit.
-Non.
La tête d'Ichigo pivota vers lui.
-Oji-san (NdA : « Vieil homme », en japonais) ? Pourquoi ?
-Tu es épuisé, Ichigo. Tu te surmènes. Quand tu ne combats pas, tu t'entraînes, et quand tu ne t'entraînes pas, tu combats ou vas au lycée. Cette nuit, tu vas dormir.
-Je dois devenir plus fort ! Protesta le garçon.
-Et ce ne sera pas possible tant que tu ne prendras pas correctement soin de ton corps ! Assena l'homme. Je suis une partie de ton âme, je sais ce que tu ressens ! Et Shiro et moi en avons plus qu'assez de nous faire noyer sous des déluges de pluie et de grêlons. Alors tu vas dormir, ce soir et tous ceux qui viennent. Ensuite nous reprendrons l'entraînement.
-Les Hollows…
-Kuchiki Byakuya, Kuchiki Rukia et Abaraï Renji s'en occuperont très bien.
-Et s'il y a des Arrancars ?
-Deux lieutenants et un capitaine sont parfaitement en mesure de les abattre. Pas de discussion. Dépêche-toi d'éteindre cette chose et va dormir. De toutes manières, Tsuki no Kaze est épuisé par les exercices sans fin que tu lui fais subir, et il est profondément endormi.
Ichigo les regarda tour à tour, incrédule.
-Tu plaisantes ? Depuis quand les Zanpakutô dorment ?
Zangetsu hocha gravement la tête.
-Il y a encore beaucoup de choses que tu ignores de nous, Ichigo.
Shiro ricana, et Ichigo le fusilla du regard avant de se lever et d'éteindre la télévision, arrachant des hurlements de protestation indignés à Kon.
-Très bien, soupira-t-il avant de s'allonger sur le divan. Kon, éteins la lumière.
Ronchonnant à qui mieux-mieux, la peluche obéit néanmoins, et les deux esprits disparurent après avoir échangé un regard inquiet. La respiration tranquille du garçon nous apprit qu'il s'était endormi à peine allongé, tout habillé, et notre vision acérée nous fit distinguer la silhouette pâle de la peluche qui venait se nicher contre sa poitrine.
Alors, qu'est-ce que vous en dites?
