Note de l'autrice: Voici un petit drabble du point de vue de Harry. Encore merci à toi Darck-Harry, je t'ai normalement remercié par mp.

Sur ce, n'ayant rien d'autre à dire,

Bonne lecture :)


Drabble 10: Le point de non retour

La nausée le submergeât, s'agrippant à lui, le vidant de ses tripes de ses ongles acérés. Le souffle coupé, aux aguets. Du moindre bruit, mouvement. Mais tout était flou autour de lui. Il ne pouvait entendre que les battements sourds de son cœur. Ce dernier battant douloureusement. Harry angoissait car il savait que son oncle était là. Juste derrière lui. Son ton bourru venant de résonner le faisant sursauter. Il paniqua, ses mains se crispant sur son t-shirt. Il n'osait pas se retourner. Peur. Son Oncle l'avait pourtant prévenu. Il se mordit les lèvres. Nerveusement. Il tremblait. Alors qu'elle était là. Si familière. Sinueuse. Sournoise, elle était là en lui. Et ne le lâchait plus. Une fois qu'il plongeait les yeux en elle. Il ne pouvait en sortir, peu importait à quel point il hurlait. Se débattait. La Peur était toujours là.

Mais peut-être que son Oncle allait comprendre. Après tout, il avait fait toutes les tâches demandées et il n'avait rien dit. Non il s'était tût. De toute manière il n'y avait rien à dire.

Sa bouche mauvaise n'avait été que silence souhaité.

-Je viens récupérer mon neveu, gronda Vernon d'un ton bourru.

Sans même rien dire d'autre à Mrrs Figgs qui s'était levé sous l'interruption, Vernon leva Harry de son siège d'une main presque brutale. Sa paume abattant durement sur son épaule, la pressant alors qu'Harry tentait de rester calme. Son Oncle n'aimait pas les jérémiades. Il devait juste obéir et se taire. C'était ce qu'on lui répétait. Se faire oublier. Elle aussi. Elle lui susurrait à l'oreille que tout irait bien s'il se laissait aller. Cette voix qui apparaissait toujours lorsqu'il ne pouvait plus rien faire si ce n'était que d'entendre des pas qui retentissait comme derrière lui. Une présence.

Monstre.

Oui se taire. Ce n'était pas sa faute. Aucune trace de sang ne se retrouvait sur ses mains. C'était avant. Y avait plus. Non. Mais elle était revenu alors... Il voulût se boucher les oreilles pour ne plus rien entendre. Si facile, juste à venir prendre un couteau dans cette cuisine que tu connais bien, oh si bien, brandir et tuer. Il sursauta, s'arrachant de ses pensées qui le terrifiaient.

Il préférait la présence de ses cauchemars. Les yeux rouges. Eux au moins ne disaient rien.Y avait pas besoin, il ressentait toute l'horreur à les regarder.

... si tu me laissais faire, tu n'auras plus à avoir peur.

Mais c'était elle la peur, non?

Tu es si Faible alors qu'avec moi-

Non!

Il ne l'était pas. Il devait être fort. Il n'était pas un lâche. Ils savaient que ses parents étaient bien. Mensonge. Son Oncle et sa Tante mentaient sur eux.

Pas lâche donc il ne résisterait pas. Pas à son Oncle. Il irait l'affronter.

Affronter?

Non, non. Il n'était pas ingrat. Pas lui.

Une poigne lui broya presque l'épaule, lui arrachant presque un gémissement. Ses lèvres mordant assez fort ses lèvres pour en retenir le moindre son.

Harry, la vision brouillée par la sueur qui dégoulinait sur son visage, s'efforçait de reprendre sa respiration, courbé, presque à terre s'il n'était pas retenu par la poigne de fer de son Oncle. Il leva faiblement les yeux, ses oreilles toujours assourdis. Il ne savait pas s'ils s'étaient parlés. Quand il partait trop loin. En lui. Là. Où tout bougeait. Ses sens étaient comme coupés, anesthésiés.

Mais là, il voyait bien Mrrs Figgs qui avait l'air choqué. Harry le savait car il avait vu la même expression s'affichant sur le visage de l'infirmière de l'école. C'était la dernière fois qu'il l'avait aperçu. Elle avait démissionné. Sa Tante avait dit que c'était de sa faute. Que si elle le surprenait encore une fois à dire des mensonges, elle ne s'occuperait plus de lui. Et personne ne voudrait s'occuper de lui.

Alors non. Il se tairait. Car il ne pouvait pas parler. Et alors qu'il était traîné par son Oncle dehors, sans aucune autre parole, c'était ce qu'il fit, en la regardant. Il essaya d'esquisser un sourire, se souvenant que c'était apprécié par les autres. On le regardait moins étrangement. Et il se demandait si pour ne pas être un monstre, être normal, il devait juste faire ce geste. Il en avait l'impression au dehors. Mais chez lui... Rien ne semblait satisfaire sa famille.

Et elle, Mrrs Figgs alors même qu'elle le regardait, semblant attendre quelque chose. De lui. Mais elle ne pouvait pas comprendre qui il était. Que s'il disait un mot, c'était la fin. Et elle ne serait plus là.

C'était ce qui allait arriver là. Maintenant. Il ne pouvait plus causer d'ennui qu'il n'avait déjà fait.

Alors il esquissa simplement un faible oui, s'échappant de ses lèvres. Que difficilement. La crainte lui nouant le ventre alors qu'il était traîné par son Oncle. Il était fâché, en colère. Il en ressentait la fureur par sa main grasse se resserrant sur son haut. Il n'aurait jamais dû parler avec Mrrs Figgs. Il n'en avait pas le droit de parler à un inconnu. Encore moins à sa voisine. Et lorsque son oncle et sa Tante lui avait interdit, il n'avait rien dit. Car il ne pouvait qu'hocher la tête. Il n'avait pas su jusqu'à ce qu'il vienne en classe, que les parents disaient souvent cela à leur enfant. Alors il avait ressenti une douce chaleur ce jour-là. Que peut-être son Oncle et sa Tante lui pardonnait. Que peut-être il n'était plus si anormal. Alors il avait été presque guilleret, timidement, un sourire s'esquissant sur son visage, marchant jusqu'à chez lui. Mais...son visage ne s'en était encore plus décomposé lorsqu'il avait vu son cousin parler librement aux voisins. Il avait alors compris que l'interdiction ne s'étendait pas au voisinage et pas lorsqu'ils étaient présents alors que lui... C'était tout le temps. Il pouvait seulement ouvrir la bouche lorsqu'on lui en intimait l'ordre. Mais c'était bien plus souvent le silence.

C'était pourquoi en cet instant, Harry tremblait. Il se rappelait de l'intonation furieuse de sa tante lorsqu'on était venu leur parler de lui. De ce qu'il avait dit. Alors que c'était faux. Qu'il n'était qu'un ingrat, capricieux, incapable de se satisfaire de ce qu'on lui donnait pour colporter des fausses rumeurs. Il en avait été si terrifié. Les yeux lui foudroyant pour après ne plus qu'avoir cette image en tête, une fois dans le placard.

Son cors s'écrasa soudainement contre le mur alors qu'il grimaçait sous le choc, le souffle court.

Et là tout allait recommencer...

Sa vue trouble, il leva son regard vers l'être informe qui se tenait devant lui. Une ombre menaçante. Elle s'avançait. Vers lui. Il ne voulait pas. Peur. Mais elle ne lui parlait plus lorsqu'il était là. Elle le prenait juste aux tripes. Alors que la sueur coulait lentement sur son dos, le long de ses cheveux broussailleux. Mal peignés.

Il étouffait alors qu'il ressentait une pression autour du cou comme un étau.

Il essaya de se reculer vainement contre le mur, cherchant une porte de sortie. N'importe quoi. Alors qu'il se retournait contre le mur blanc un peu décrépis. Le mur de l'entrée en eut-il l'intuition. Ce mur qui ne s'ouvrait pas devant lui qu'importe ses cris et ses coups. Et l'autre qui avançait...

Fortement.

Bruyante.

Il se tendait vers lui.

Alors qu'il ouvrait ses yeux face à ça.

Et qu'il le vit.

Lui.

Cet être.

Il entendit un cri alors qu'il plongeait dans des yeux sanglant.

Sans aucun visage qu'il ne pouvait voir, en étant tout entier focalisé sur ses billes rouges.

Terrifiantes.

Et c'était alors qu'il haleta fortement à mesure que cette lueur rouge s'approchait de lui, inéluctablement, l'empoisonnant, lui enlevant son souffle.

Non.

L'air qui lui manquait.

Ne venait pas de lui. Cette sensation oppressante, que quelque chose venant du Néant lui-même arrivait.

Derrière cette lumière rouge, éclairé par elle, une capuche. Il déglutit. Ses mains tremblèrent alors que cette chose se redressait. Le haut de son corps? Il n'arrivait pas à voir ce qui était le haut du bas. Il ressentit une déchirure en lui, une douleur tellement intense alors que son regard était tourné vers cette chose. Il suffoqua, entendant à nouveau hurler de terreur. De mort. Sa voix. C'était la sienne. Sa main se referma sur sa gorge, coupant brutalement son son.

Ses petits doigts essayant désespérément de lui trouver de l'air. Pour respirer. Pour vivre.

Alors que la silhouette l'engloutit littéralement.

Il se réveilla en sursaut. Ses mains griffant ses bras jusqu'au sang, dans un geste frénétique, comme voulant faire ressortir cette terreur nauséabonde. Cette odeur de sa peur. Qu'il ne supportait pas. Rance. Mortel.

Mal. Il regarda autour de lui, paniquant, mais rien. Pas de yeux rouges. Pas de capuche.

Que lui.

Dans son placard.

Seul.

A nouveau.

Il essaya de bouger, gémissant, sa cheville brisé l'élançant. Son Oncle l'avait enfermé, le menaçant de sa voix torturante. Et il avait failli ressentir une douleur bien pire alors que son Oncle s'était approché de lui. Et non pas d'être étrange.

Mais de cauchemars. Tout s'était confondu. Le réel de l'anormal. Et lui, il en était. Alors peut-être qu'il n'existait pas. Il ne pouvait pas exister.

Il s'étouffa, déglutissant péniblement tandis que sa salive lui coulait sur son menton. Il cracha, s'arrachant presque la gorge, la toux l'irritant.

Enfermé.

Encore.

Toujours.

Il cria alors que la douleur le frappa à nouveau. Ils étaient là. Tous. Près. Partir. Venir. Ils allaient venir.

On l'avait laissé là, après que sa Tante soit intervenu, essayant vainement de calmer son Oncle. Elle s'était fâchée contre lui. Après. Lui disant qu'il n'était rien.

Qu'il ne faisait rien de bien. De bon. Il dérangeait. Tout comme ses parents. Incapables.

Et elle avait trouvé un nouveau mot pour lui.

Qu'il n'était qu'un être nuisible.

Et alors fermement, elle l'avait jeté dans le placard.

Mais cette fois-ci, il avait senti quelque chose de différent.

Qu'on allait plus le laisser sortir.

Que c'était finit.

Trop anormal.

Alors qu'eux n'attendait plus que ça. Pour se jeter contre lui. Confiné dans la cellule. Il s'arrêta. Non. De son armoire. Pas cellule. Grise et froide. Lui était au chaud. Avec araignée. Qu'il tuerait encore. S'il restait là. Non.

N-O-N

Ses ongles grattèrent. Il pouvait pas rester là. Et alors qu'il pensait ainsi en cet instant. Une image d'un être rouge se grava dans son esprit alors que soudainement tout s'évanouissait autour de lui. Et il hurla. De douleur.

En ayant l'impression que son être entier s'arrachait.

Il eut la certitude de partir. Il ne sut pas d'où lui venait cette sensation mais il prit dans un dernier geste, son doudou, aux yeux crevés. Le doudou de sa mère que sa Tante avait jeté à la poubelle en lui démontrant qu'il était comme lui. Un anormal. Un criminel. Et c'était pourquoi en criminel, il enleva la peluche, une jolie biche de la poubelle où sa Tante l'y avait jeté, dédaigneusement comme un énième rejet envers lui. Où il n'avait jamais osé l'en ressortir pour ne pas contrarier sa Tante.

C'était peut-être pour cela qu'il disparaissait là, les contours de son placard s'effaçant. Peut-être qu'enfin toute sa douleur, sa peur allait partir avec lui. Et cette rage étrangère alors qu'il était dans cet endroit sale, gris, ces hommes qui le touchaient, la nausée l'envahissant.

Et que peut-être comme sa Tante qui le chuchotait à Dudley chaque nuit, peut-être que ces images bizarres allaient partir.

Que tout n'était qu'un simple rêve.