Notes : "Oyez, oyez braves gens, voici un nouveau chapitre !" Je remercie humblement les personnes ayant commenté jusqu'à présent : MERCI !
Une revieweuse ayant fait une allusion sur la présence d'un tatouage au Moyen Age, je précise qu'ils existaient déjà depuis 2 000 avant JC chez les Egyptiens...
Avertissement : aucun
Excellente lecture !
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Chapitre XI - Révélations
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Quand Hermione et le Prince Noir arrivèrent dans la cour du château de Neuville, le Prince Noir grimpa aisément sur son destrier bien qu'ayant fait grande ripaille. Il fit un signe à son capitaine qui joignit ses mains afin que Dame Hermione pût monter elle aussi sur la monture. Le sombre seigneur lui tendit sa main qu'elle prit après une hésitation, croisant sans le vouloir ce regard pénétrant qu'elle avait réussi à éviter jusqu'alors. Il l'installa non pas à califourchon, mais de profil, obligeant la jeune fille à s'appuyer contre son torse puissant qui respirait le bois de santal et le cuir. Cela rappela au Prince Noir leur première rencontre, sauf qu'à l'époque elle était inconsciente. Il avait fait chaud durant la journée mais à présent, à la nuit tombée, la fraîcheur tombait sur la campagne. Il recouvrit de sa cape sa compagne qu'il sentait frissonner. Son délicat parfum de jasmin embauma ses narines. Il l'enserra plus étroitement contre lui, mais Hermione ne se rebella point. Il s'était attendu à des cris, des jérémiades, des gesticulations, mais non, elle était absolument docile, cela l'inquiéta quelque peu. Il préférait sa petite lionne plus combative. Il ne voulait pas d'une planche de bois dans sa couche.
Avant d'éperonner son destrier, il prit le menton de la jouvencelle, plantant son regard dans les beaux yeux noisette, cherchant à lire ses pensées. Elle eut beau secouer sa tête et chercher à fermer son esprit, il la tint fermement et découvrit ce qu'il cherchait. Sa docilité cachait en fait son désir de se supprimer, avant ou après sa défloration, selon les possibilités qui s'offriraient à elle, ne voulant pas faire face à la honte et l'humiliation qui l'attendraient au retour dans le château des Neuville. Comme moyen de mettre fin à ses jours, la défenestration était apparemment la solution la plus évidente qu'elle ait pu trouver. Heureusement qu'il avait mis en place des sorts de protection dans sa chambre pour l'empêcher de passer à l'acte, ayant anticipé une réaction somme toute naturelle. Il susurra de sa voix profonde :
"Oh non, douce Hermione, je t'en empêcherai, tu ne m'échapperas point !" "Surtout pas maintenant, pas si près du but."
Il éperonna sa monture et l'étrange cortège se dirigea vers le château du Prince Noir. Arrivés dans la cour, le seigneur descendit du cheval et attrapa la jouvencelle par la taille. Il la fit glisser contre son corps, se délectant de sentir les jambes, puis le ventre et les jeunes seins fermes le toucher, même à travers sa robe. Son regard brûlait de désir, et la gêne ressentie par Hermione l'excitait d'autant plus. Enfin, il la relâcha et la conduisit à l'intérieur du château. Il interpella une jeune servante :
"Blandine ! Occupe-toi de la Baronne de Neuville. Tu sais ce que tu as à faire !"
La donzelle esquissa une révérence, observant du coin de l'oeil Hermione qu'elle reconnaissait, ayant déjà travaillé à l'officine de sa mère pour y faire le ménage :
"Oui Messire, il en sera fait selon votre volonté. Je vous prie de bien vouloir me suivre, Dame Hermione.
Le Prince Noir se tourna vers la jeune épousée :
"Je vous rejoins sous peu. Vous êtes entre de bonnes mains avec Blandine, elle saura prendre soin de vous." "Tiens, il me vouvoie devant ses gens..."
Il les planta toutes deux aux pieds des escaliers et se retourna en faisant virevolter sa longue cape noire.
"Je vous prie de bien vouloir me suivre, Dame Hermione. Celle-ci resta muette et suivit la donzelle jusque dans la chambre du Prince Noir. Elle ressentit quelques frissons parcourir sa peau en entrant dans la chambre qu'elle connaissait déjà. Blandine la conduisit derrière un paravent où l'attendait un baquet rempli d'eau chaude parfumée. Des pétales de jasmin flottaient à la surface. "Mon Dieu ! Tout était prévu, il savait qu'il m'amènerait ici. On dirait qu'il connaît tout de moi. Il n'a point fait sa demande sur un coup de tête, c'était mûrement réfléchi..." Blandine s'approcha d'elle pour l'aider à se déshabiller :
"Vous êtes très belle Dame Hermione, cette robe et votre coiffure vous vont à ravir.
- Laisse-moi, Blandine. Je n'ai nulle envie de me déshabiller et de prendre un bain. Tu peux te retirer."
Un rictus d'effroi couvrit le visage de la servante :
"Oh, Dame Hermione, je vous supplie d'obéir, sinon Messire Rogue sera très mécontent.
- Que crains-tu donc, jeune sotte ?
- Le fouet. Il me fera fouetter. C'est la punition pour désobéissance.
- Mais je lui dirai que c'est moi qui ai refusé d'obéir à ses ordres !
- Il n'en a cure, il me punira, c'est certain ! Hermione était furieuse. "Quel homme cruel !"
- Bon, tu peux me dévêtir, j'y consens." Le soulagement apparut sur le visage de Blandine qui offrit à la jeune épousée un franc sourire.
- Vous êtes bonne, Dame Hermione. Je ne l'oublierai jamais !"
Une fois nue comme un nouveau-né, la jeune femme se glissa dans l'eau chaude. Le baquet était recouvert d'une toile blanche, afin qu'aucune écharde ne perçât la peau. Avec une éponge naturelle, Blandine la savonna de pied en cap. Elle la sécha ensuite longuement avec une serviette de toile légèrement rêche mais parfumée aux senteurs florales et lui présenta une chemise de nuit blanche en lin, légèrement transparente. Hermione dut s'asseoir devant une coiffeuse et demanda à la servante :
"Peux-tu défaire mes macarons ?
- Certes Dame Hermione, avec plaisir."
Elle se mit à l'ouvrage, défaisant les tresses et les rubans qui s'entremêlaient. Bientôt, les cheveux bruns étaient libérés. Blandine prit une brosse et coiffa longuement la jeune fille.
"Vous avez de si beaux cheveux ! Ils sont tellement soyeux !
- Oui mais ils sont parfois encombrants. D'ailleurs, j'aimerais que tu me fasses une natte.
- Non, Dame Hermione. Je suis désolée mais je ne puis accéder à votre demande.
- Mais enfin, quelle est cette lubie ?
- Le Prince Noir a ordonné que vos cheveux restent dénoués et il me l'a recommandé expressément." La jeune épousée ferma ses poings de rage. "Quel être arrogant !"
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Quand le Prince Noir pénétra enfin dans sa chambre, Hermione l'attendait, debout devant la fenêtre, apprêtée selon les désirs de son suzerain. Quand elle entendit le grincement de la porte qui s'ouvrait, elle ne bougea pas d'un pouce, comme absorbée par la vue d'une torche qui brûlait sur le chemin de ronde. Severus fut troublé par la vision hédoniste qui s'offrait à lui. Les longs cheveux bruns retombaient en cascade sur son dos pour arriver jusqu'au creux de ses reins. Les siens s'enflammèrent aussitôt. Il s'arrêta à trois pieds de la jeune fille et attendit qu'elle se retournât vers lui. Bien entendu, elle avait essayé d'ouvrir la fenêtre, heureusement qu'il avait fait ce qu'il fallait pour qu'elle ne réussit point. Il allait reprendre sa marche quand la voix de la jouvencelle s'éleva :
"Non, je vous en prie. N'avancez guère plus, et laissez-moi parler. Vous me devez bien cela, après tout." Severus ne répondit rien, attendant la suite. "Ah, la petite lionne sort ses griffes, finalement." Elle reprit :
"Vous me faites payer chèrement quelques paroles malheureuses jetées aux quatre vents, et je ne puis malheureusement vous en empêcher, vous avez tout pouvoir et vous en profitez d'ailleurs outre mesure. Mais Jehan ne vous a rien fait. Il est un serviteur loyal et dévoué à votre cause, vous ne pouvez lui refuser sa nuit de noces."
Elle se tourna vers lui, osant lui faire face.
"J'ai un marché à vous proposer : ramenez-moi intacte vers mon époux, et je vous promets de m'offrir à vous, où et quand vous le déciderez, en laissant Jehan, bien entendu, dans l'ignorance de notre relation."
Elle s'agenouilla, les mains jointes, leva sa tête et le regarda, ses yeux brillant d'espoir.
"Je vous en supplie Messire, veuillez accepter ma demande. Je... je ferai tout ce que vous voudrez..."
Severus se sentit à l'étroit dans ses chausses à voir la jeune fille agenouillée devant lui, en chemise de nuit, donnant une vue plongeante sur la naissance de ses seins, le suppliant, s'offrant à lui. Il inspira longuement et après un effort surhumain répondit :
"Non, Hermione, je ne puis y consentir."
Devant la mine déconfite de la jouvencelle, ses beaux yeux qui se remplissaient de larmes et de désespoir, il prit sa main et la releva :
"Viens, il est temps que je te présente à Albus, il a très hâte de faire ta connaissance.
- Non, non ! Lâchez-moi ! je ne vous suivrai pas !
- Je crois que tu n'as pas le choix, ma douce." Sentant une forte appréhension, il la rassura :
"N'aie crainte, je ne t'emmène point dans les cachots, Albus est astrologue, non point bourreau. Tu es trop belle pour que je laisse quiconque te faire du mal." Il chassa de son esprit l'infâme Bellatrix et ce qu'elle ferait à cette beauté si elle tombait entre ses griffes. Il caressa son visage avec douceur de ses longs doigts, insista sur la petite fossette de la joue gauche, une lueur chaude (était-ce de la tendresse ?) au fond des yeux. Elle cessa son combat. Il ôta sa cape et l'en enveloppa :
"Je ne veux point que tu attrapes froid, le château est humide, même en cette saison."
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Ils arrivèrent devant la lourde porte du donjon est. Le Prince Noir frappa selon un code et la porte s'ouvrit toute seule. Il s'engouffrèrent immédiatement, ignorant qu'une personne les espionnait depuis qu'ils avaient quitté la chambre seigneuriale. "Qu'est-ce qu'il peut bien tramer avec cette petite catin et son astrologue ? Je finirai bien par le découvrir..."
A l'intérieur, Hermione aperçut un vieil homme à longue barbe blanche vêtu d'une longue robe bleue parsemée d'étoiles brillantes. Elle fut aussitôt attirée par cet homme qui dégageait une bonté naturelle. Ses yeux bleus pétillaient de malice et de générosité. Il se dirigea vers elle immédiatement, lui tendant les bras :
"Vous êtes Hermione, je présume ?"
Ses mains étaient chaudes et rassurantes. Malgré elle, la jouvencelle était fascinée par le vieillard au charisme incommensurable. Elle savait intuitivement qu'elle pouvait lui faire confiance.
"Je me présente : Albus Dumbledore, mais en France on me connaît sous le nom de Nostredame. Je suis l'astrologue personnel de Severus. Celui-ci m'a beaucoup parlé de vous. Il ne tarit pas d'éloges sur votre beauté, et je suis entièrement d'accord avec lui." Changeant de ton :
" Jeune Dame, savez-vous d'où vous vient ce bracelet ? Il tripotait le bijou tout en parlant.
- De ma marraine. C'est elle qui me l'a donné à ma naissance, ainsi que le médaillon d'une déesse romaine.
- Avez-vous déjà rencontré cette personne ?
- Non, je sais seulement qu'elle est écossaise et qu'elle s'appelle Minerva, d'où cette médaille que je porte autour du cou." Albus et Severus se regardèrent d'un air entendu. Le vieil homme poursuivit :
"Voyez-vous, gente Dame, Minerva, Severus, et moi-même sommes des sorciers." Hermione eut un mouvement de recul, ses yeux emplis d'effroi.
"N'ayez crainte, nous ne sommes point des sorciers malfaisants, même s'il en existe de par le monde."
La jeune fille ne savait comment réagir. Ces affirmations l'inquiétaient. Le prêtre de la paroisse mettait souvent ses ouailles en garde contre les sorcières et sorciers qui peuplaient le monde. Régulièrement, des bûchers étaient allumés et l'on y brûlait ces suppôts de Satan. Que le Prince Noir fut sorcier, cela ne l'étonnait guère, elle le soupçonnait depuis quelque temps. Mais ce vieillard avait l'air si inoffensif ! Cela semblait impossible...
Devinant le cheminement de ses pensées, Albus sortit sa baguette, l'agita gracieusement dans les airs et les objets de la pièce, parchemins, plumes, astrolabe, cartes, etc. se soulevèrent et se mirent à tournoyer dans la pièce, autour d'Hermione. Elle était effrayée et en même temps émerveillée. Le manège dura une minute puis, après quelques arabesques supplémentaires, les objets reprirent leur place initiale, comme si de rien n'était. Albus et Severus attendaient la réaction d'Hermione. Elle ne se fit pas attendre. Une certaine inquiétude transparaissait dans la voix féminine :
"Pourquoi me racontez-vous tout cela ? Quel est le lien avec moi ?"
Alors le magicien expliqua tout à la jouvencelle : qu'elle était une sorcière elle aussi, le rôle de son bracelet, l'existence du mage noir Voldemort, son désir de rayer de la carte les Moldus, les non-sorciers, la Prophétie, le rôle qu'elle devait y jouer avec Severus, la potion qui anéantirait Nagini et le Seigneur des Ténèbres, etc. Enfin, rien ne fut oublié, ou presque. Hermione avait écouté sans mot dire, analysant les informations fournies. Pour mieux la convaincre, le vieux sorcier lui montra le parchemin sur lequel était inscrite la Prophétie et, connaissant parfaitement le latin, elle la traduisit sans difficulté. Le Prince Noir n'était pas intervenu. Hermione se tourna vers lui :
"Si je comprends bien, vous ne m'avez point violentée quand vous en avez eu l'occasion pour préserver la Prophétie ?" Les yeux sombres la contemplèrent quelques instants puis il acquiesça doucement de la tête.
"Pourquoi vouloir ravir mon pucelage le jour de mes épousailles ?
- Parce qu'il doit être pris aujourd'hui même."
Hermione se raidit, méfiante. Le vieux sorcier étala sur son bureau une carte du Ciel et lui montra son thème astral avec celui de Severus et l'endroit précis où leurs trajectoires se rejoignaient. La jeune fille maîtrisait quelques notions d'astrologie grâce à l'un de ses précepteurs, ce domaine étant considéré comme une science à part entière, de même que la médecine ou les sciences. La jouvencelle ne put que reconnaître l'exactitude des tracés et cela la troubla. Le vieil homme lui montra également ses calculs en arithmancie qui confirmaient la date du 24 juin. Il prit ses mains dans les siennes, la regarda droit dans les yeux et enchaîna :
"Hermione, je sais que ce que je vais vous demander est difficile, mais il faut que vous offriez votre virginité de plein gré à Severus, c'est la condition sine qua non pour que la potion soit efficace totalement, et il reste à peine plus d'une heure avant que nous ne changions de jour. Je vous conjure d'accepter, et ce pour le bien de l'Humanité..." La jouvencelle se tut plusieurs minutes, réfléchissant à tout ce qu'elle venait d'apprendre, pesant le pour et le contre. N'était-elle pas en train de perdre la raison ? Et si tout cela n'était qu'un mauvais rêve ?
"Non Hermione, vous ne rêvez point. Tout ceci est malheureusement la vérité et nous avons besoin de vous pour vaincre le Mal."
La voix se voulait convaincante. La jouvencelle hésita puis déclara :
"J'accepte si Messire Rogue avoue ce qu'il m'a fait. Je reste persuadée qu'il m'a lancé un sort, et j'exige qu'il me l'ôte immédiatement !"
Albus se tourna vers son protégé, l'air contrarié :
"Severus, tu as osé ? L'interpellé plissa ses yeux, une légère couleur rouge colorant ses joues, dénotant une certaine culpabilité et avoua :
- Oui. Je le reconnais.
- Je t'ordonne de le lui retirer dès à présent !"
Le Prince Noir s'approcha d'Hermione, saisit sa baguette et l'agita autour d'elle, murmurant des incantations latines, son regard planté dans les yeux noisette. La jouvencelle se mit à brûler de l'intérieur, une violente migraine vrilla ses tempes tandis que l'homme poursuivait ses enchantements. Soudain, la douleur devint insupportable, elle hurla et sombra dans l'inconscience alors que des bras puissants l'empêchaient de tomber...
