Bonjour (ou bonsoir) tout le monde!Déjà, un grand grand merci à ceux qui ont laissé des reviews! Vous êtes tellement parfaits! *-*
Voici donc un nouveau chapitre du point de vue de Santana, et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant que ça vous plaise! :)
Atlasan : Ahah, contente que ça t'ait plu! :) Voilà la suite! ;) Et merci beaucoup pour ta review! :)
POV Santana :
_T'as vraiment l'air pas réveillée !
Je lève mon regard de mon bol de céréales pour le poser sur Cass' qui vient juste d'entrer dans la cuisine, toute pimpante et toute souriante. Je ne sais pas comment elle fait pour être comme ça dès le matin -personnellement j'ai au moins besoin d'une tasse de café et d'un truc à grignoter pour ne pas être de mauvaise humeur le reste de la journée. Mais il est vrai que je ne suis pas vraiment un modèle de sérénité.
_Tes compliments me vont droit au cœur.
Elle n'est pas le moins du monde étonnée par ma voix grincheuse et s'installe face à moi pour pouvoir m'observer attentivement.
_T'as pas dormi de la nuit ou quoi ?
Elle va littéralement me tuer si jamais elle apprend que j'étais dehors la moitié de la nuit, qui plus est en compagnie de Quinn Fabray. Alors autant préparer un mensonge crédible.
_Non non je me suis amusée à repeindre ma chambre toute la nuit. Évidemment que j'ai dormi !
Elle ne se démonte pas et hausse un sourcil en ma direction.
_Ah vraiment ? Parce que tu as une tête de déterrée et qu'en plus, tu es nerveuse.
Et pour cause que je suis nerveuse. C'est la personne qui détecte le mieux mes mensonges au monde et je déteste l'idée de devoir lui mentir.
_T'as vraiment craqué ! Je ne suis pas nerveuse.
Elle ne cille même pas et continue de me fixer, pointant un doigt en ma direction.
_Alors comment tu expliques que tu tritures ta cuillère sans t'en rendre compte depuis le début de cette conversation ?
Je baisse aussitôt les yeux pour constater qu'elle a effectivement raison. Et merde.
_C'est pas de la nervosité, c'est juste une habitude.
Elle croise les bras en me regardant avec cet air de je-sais-parfaitement-que-tu-mens-alors-arrête-de-me-prendre-pour-une-conne. Autant dire que c'est loin d'être agréable.
Je finis par capituler face à son regard déterminé. Tant pis pour le mensonge -mais ça ne signifie pas non plus que je vais lui avouer la vérité. Je n'ai aucune idée de sa réaction si elle apprenait que je vois Quinn Fabray -et je ne veux pas le savoir. Surtout vu sa réaction quand elle a appris qu'elle m'avait sauvé la vie...
_Très bien, je n'ai pas beaucoup dormi. Contente ?
Elle reste impassible à mon ton irrité mais je sais très bien qu'elle déteste que je lui réponde de cette manière.
_Pas spécialement non. Pourquoi tu n'as pas beaucoup dormi ?
Je serre la mâchoire en la fixant dans les yeux. J'aimerais tellement que, pour une fois, elle laisse tomber... Je ne serais pas obligée de la repousser. Mais je sais qu'elle ne le fera pas. Elle ne l'a jamais fait.
_Ça ne te regarde pas.
Même si elle le masque plutôt bien, je peux clairement voir un éclair de douleur passer dans son regard à mes paroles. Et je culpabilise aussitôt.
Mais si je devais le refaire, je le referais. Parce que, sans même que je puisse me l'expliquer, il m'est impossible de me faire à l'idée de ne plus pouvoir voir Quinn -surtout maintenant que l'on commence à vraiment se rapprocher et s'apprécier.
Ce n'est pas pour autant que je ne me sens pas coupable vis-à-vis de Cassie.
_Écoute Cass', je t'en parlerai, promis, mais pas aujourd'hui...
Elle laisse échapper un rire ironique en secouant la tête.
_Bien sûr...
Je sens mon cœur se serrer dans ma poitrine en voyant ses yeux légèrement voilés, parce que je sais très bien à quoi elle pense. Et je me sens encore plus coupable de lui rappeler cette histoire.
_Je ne suis pas comme Axel, je te le dirai vraiment Cass'...
Elle me fixe, ne laissant aucune émotion transparaître sur son visage -et c'est pire que si elle avait laissé échapper quelques larmes ou s'était mise en colère contre moi pour lui en avoir reparlé- mais cela devient encore pire quand elle se lève en évitant délibérément mon regard, et s'adresse à moi d'une voix atone.
_Je vais être en retard, je dois y aller.
J'ouvre la bouche pour dire quelque chose, n'importe quoi qui puisse la convaincre de rester -de ne pas fuir encore une fois cette conversation- mais les mots restent bloqués dans ma gorge quand je vois sa posture raide et ses poings serrés autour de la lanière de son sac.
Elle se dirige vers la sortie de l'appartement sans un mot de plus et j'entends la porte claquer avant d'avoir eu le temps de trouver les bons mots pour la retenir -mais même avec plus de temps je ne suis pas sûre que je les aurais trouvés.
Je jette un regard en direction de mon portable, posé sur la table basse, mais renonce à l'appeler après seulement quelques instants de réflexion. Je crois que j'ai fait assez de dégâts pour aujourd'hui.
XXX.
Je me dirige vers mon casier d'une humeur massacrante, foudroyant du regard tous ceux qui ont le malheur de me fixer un peu trop longtemps. Je suis tellement sur les nerfs suite à mon petit-déjeuner catastrophique de ce matin que je crois que le premier qui vient me parler, je l'étripe. Littéralement.
Je referme brutalement la porte de mon casier -un moyen comme un autre d'évacuer ma frustration- quand je sens quelqu'un poser la main sur mon épaule avant que je n'ai le temps de me retourner. Il y en a un qui ne sait pas la merde dans laquelle il vient de se mettre.
Je me retiens de montrer ma surprise en voyant Mike, aussi le seul ami de Quinn d'après ce que j'ai vu -enfin pas récemment- se tenir face à moi. Je me demande bien ce qu'il me veut.
Réflexion faite, je m'en fous. C'est juste l'occasion de se défouler sur quelqu'un -exactement ce dont j'avais besoin. Je croise donc les bras en haussant un sourcil, m'adressant à lui de ma voix la plus méprisante.
_Dis-moi sushi-man, tu n'as pas encore compris que quoi que tu puisses me dire, je n'en aurais juste rien à foutre ?
Il aborde un sourire blasé, comme s'il s'y attendait -ce qui n'est pas très étonnant au vu de ma réputation- et ne se démonte pas.
_Même si c'est à propos de Quinn ?
Je fronce les sourcils à la mention de son nom et ouvre la bouche pour répondre - n'importe quoi, une connerie- mais il ne m'en laisse pas le temps.
_Il faut que je te parle. Arrange-toi pour être dans le local d'entretien à 13h.
J'esquisse un sourire, mi-surpris, mi-irrité face à son ton autoritaire -on dirait qu'il y en a un qui prend confiance en lui.
Mais ce n'est pas ce qui retient le plus mon attention. C'est vraiment bizarre qu'il veuille me parler, surtout si c'est à propos de Quinn. Je n'ai aucune idée de ce qu'il peut bien me vouloir. Mais il n'y a qu'un seul moyen de le savoir -aller à son rendez-vous à la con.
Toutefois, je ne suis pas sûre d'avoir envie d'y aller.
_Et qu'est-ce qui te fait croire que je vais venir ?
Il se contente de me regarder avec un sourire mystérieux au coin des lèvres avant de tourner les talons.
Je cligne un instant des yeux, surprise par son départ soudain, mais reprend bien vite mes esprits. Je ne peux pas le laisser partir comme ça, ma réputation en prendrait un coup -et puis autant se faire plaisir.
Je l'interpelle donc avant qu'il n'ait le temps de faire plus de trois pas, m'assurant de parler d'une voix assez forte pour que les personnes autour de nous s'intéressent à notre échange.
_Attends !
Il se retourne et me regarde d'un air interrogateur. Je franchis rapidement l'espace qui me sépare de lui et le fixe un instant dans les yeux, laissant un sourire machiavélique se dessiner sur mon visage, avant de lui asséner une claque magistrale.
Le silence se fait brusquement dans le couloir alors qu'il se tient la joue en me regardant toujours, interloqué. En réponse à son expression de totale incompréhension, je lui adresse un sourire ironique.
_Disons que c'était pas le jour pour venir me parler, le nem.
Je lui adresse un dernier regard avant de me diriger vers ma salle de classe, faisant claquer mes talons sur le sol. J'ignore délibérément les regards surpris ou choqués qui se posent sur moi, alors que le silence commence à peine à être rompu par de discrets chuchotements.
C'est vrai qu'il ne m'avait pas fait grand-chose et que j'aurais pu trouver un autre moyen de garder ma réputation de bitch intacte, mais j'avais vraiment besoin de me défouler sur quelqu'un après ma discussion de ce matin avec Cassie. Et c'était le moyen idéal. Parce que je suis loin d'être convaincue que le proviseur aurait toléré une bagarre dans son prestigieux Lycée.
Et, bon sang, qu'est-ce que ça fait du bien !
XXX.
Treize heures moins cinq. Je suis toujours assise au self, hésitant à me rendre au rendez-vous que m'a fixé Mike. Je ne sais pas quoi faire.
D'un côté, je suis curieuse de savoir ce qu'il veut me dire et je vais toujours pouvoir me défouler sur lui si ça ne me plaît pas. Sauf que j'ai aussi remarqué qu'il ne parlait plus à Quinn et je n'ai aucune envie de me retrouver au milieu de leurs histoires. Je ne veux pas qu'elle se sente trahie ou quoi que ce soit d'autre alors que nos relations commencent à peine à s'améliorer. Surtout pas après la soirée que l'on a passé ensemble hier -et qui était juste géniale.
Je fronce soudainement les sourcils en me rendant compte de mes pensées. Je ne me suis jamais autant inquiété de l'opinion de quelqu'un, sauf avec Cass' et Britt -mais ce n'est pas pareil, ça ne peut pas l'être.
Je ne peux pas tenir. J'ai toujours été trop curieuse. Et tant pis pour les conséquences.
XXX.
Je jette un dernier coup d'œil dans le couloir afin de vérifier que personne ne peut me voir avant d'ouvrir la porte du local d'entretien.
En entrant dans la pièce, je vois que Mike s'y trouve déjà. Il se retourne vers moi en entendant le bruit de mes pas et s'avance de quelques pas.
_Après ton petit numéro de ce matin, je n'étais pas sûr que tu viendrais.
Pour toute réponse, je lui adresse un sourire mystérieux.
_Tant qu'on en parle, c'était vraiment nécessaire ?
Cette fois-ci, je lui adresse un sourire narquois en croisant les bras.
_Pas du tout. Mais tu n'imagines pas à quel point je me suis fait plaisir.
Il me lance un regard furieux, tandis qu'il s'efforce de maîtriser sa colère.
_Bon, on va revenir au sujet qui nous intéresse.
Ça ne se fait pas de tendre des perches comme ça.
_Qui t'as dit que ça m'intéressait ?
Il contracte sa mâchoire en me fixant dans les yeux et ferme les yeux un instant -sûrement une technique pour se calmer.
Oh bon sang, j'adore tellement faire chier les gens.
_Si tu passes ton temps à être aussi désagréable, c'était pas la peine de venir.
Je roule des yeux à son ton irrité et fais un vague geste de la main en l'air.
_C'est bon, je t'écoute le nem.
Il recommence à parler sans même relever ma pique. Dommage.
_Je voulais te parler à propos de Quinn.
Je ne peux m'empêcher de soulever un sourcil en sa direction.
_Tu me l'as déjà dit ce matin.
Il se passe la main dans les cheveux -probablement une autre technique pour se calmer.
_Très bien, je vais être direct. Qu'est-ce qu'il se passe entre vous deux ?
J'y crois pas. Il voulait vraiment me voir pour ça ?! Et il s'attendait vraiment à ce que je lui réponde ?!
_Je te demande pardon ?
Il ne se démonte pas et réplique aussitôt.
_Tu m'as très bien compris. C'est quoi ce bordel entre vous deux ?
Ce n'est pas exactement comme ça que j'aurais qualifié notre relation. Mais il vaut mieux que je mente. Et bien. Parce que je ne suis pas sûre que Quinn apprécierait que je raconte ce qu'il s'est passé entre nous à quiconque -même s'il semblait être la personne la plus proche d'elle- et que, de toute façon, ce n'est pas à moi de prendre cette décision à sa place.
_On a le droit de ne pas s'aimer à ce que je sache ?
Il ne me lâche pas du regard un seul instant, traquant le moindre de mes mouvements.
_Il me semblait que c'était un peu plus compliqué que ça.
Apparemment, il ne va pas se laisser berner aussi facilement. Alors on va passer à la vitesse supérieure -parce que tout le monde sait que la meilleure défense, c'est l'attaque.
Je croise donc les bras en m'adressant à lui de ma voix la plus méprisante.
_C'est drôle, je n'étais pas au courant que tu avais un diplôme de psychologie. Et pour ta gouverne, mis à part le fait que j'ai envie de tuer ta meilleure amie à chaque fois que je la vois, ou même que je pense à elle, il ne se passe rien de spécial.
Je fais demi-tour et me dirige vers la sortie mais je m'arrête juste avant de franchir la porte.
_Et la prochaine fois que tu me fais perdre mon temps de manière aussi inutile, je m'assurerai que tu ne puisses plus jamais avoir d'enfant, ou même en entreprendre l'action. C'est clair ?
Je claque la porte et sors dans le couloir avant qu'il n'ait le temps de réagir. Vu la manière dont je lui ai parlé, il devrait me laisser tranquille à l'avenir -sauf s'il est suicidaire.
J'espère juste que Quinn ne m'en voudra pas de lui avoir parlé comme ça -et qu'elle ne l'apprendra pas au passage.
XXX.
Je laisse tomber mon sac dans l'entrée de l'appartement et cherche aussitôt Cassie du regard dans la cuisine, mais elle est déserte. C'est bizarre puisqu'elle prépare généralement le repas quand je rentre du Lycée, étant donné que l'on ne peut pas vraiment compter sur mes talents culinaires -qui ne sont même plus des talents à ce stade. Je me dirige donc vers le salon et la trouve allongée sur le canapé, le regard rivé à la télé, mais je suis quasiment sûre qu'elle n'écoute strictement rien du programme. Il n'y a qu'à observer son regard vide pour s'en rendre compte.
_Cassie ?
Elle cligne un instant des yeux, semblant revenir à la réalité, avant de tourner sa tête vers moi -et je sens aussitôt mon cœur se serrer en voyant les larmes retenues dans ses yeux. Mais cela ne dure qu'un instant. Elle se recompose très rapidement et m'adresse un sourire faussement jovial.
_T'es déjà rentrée ? Je n'avais pas vu le temps passer.
Elle n'attend pas de réponse de ma part et se relève à peine sa phrase finie. Elle passe à côté de moi sans un mot de plus et je comprends qu'elle ne souhaite en aucun cas revenir sur le sujet abordé ce matin, mais je ne peux pas la laisser faire. La dernière fois que je l'ai laissée s'isoler, ça a finit plutôt mal.
_Attends Cass'...
Elle s'arrête sans se retourner et je me dépêche de poursuivre avant qu'elle ne décide de s'esquiver.
_Écoute, par rapport à ce matin...
Cette fois-ci, elle se tourne vers moi mais m'adresse un sourire crispé.
_San', je n'ai aucune envie d'en parler.
Je m'attendais exactement à ça. Mais je ne veux pas la laisser dans cet état, surtout que c'est moi qui lui a remis en tête les souvenirs de sa rupture, pour le moins douloureuse.
_Pourtant, tu devrais. Je sais qu'il t'as énormément fait souffrir mais si tu en parlais, peut-être que...
Elle secoue la tête, un sourire amer scotché aux lèvres.
_Je ne crois pas non. Je veux juste oublier cette histoire. Et pour ça, le mieux, c'est qu'on n'en parle plus.
Et en voyant son air déterminé, je sais que ça ne sert à rien de protester et qu'elle ne changera pas d'avis. Parce que même si c'est difficile à croire, elle peut être bien plus têtue que moi.
Cependant, cela ne fait pas disparaître mon pincement au cœur. Loin de là. Je n'aurais jamais dû aborder ce sujet avec elle -en plus, je sais très bien comment elle réagit à chaque fois. Mais je n'ai pas pu m'en empêcher. Jj'ai toujours espoir qu'elle finisse par réaliser qu'il n'était pas assez bien pour elle. Sauf qu'apparemment, ce n'est toujours pas prêt d'arriver.
Semblant deviner mes pensées -ou du moins une partie- elle m'attrape par les épaules et plonge son regard dans le mien.
_Ne t'inquiète pas San', je vais bien.
J'aimerais tellement la croire. Mais je ne peux pas. Pas quand je vois son sourire, un brin trop grand pour être vrai. Pas quand je vois les cernes qu'elle dissimule grâce au maquillage. Pas quand je la vois se réveiller brusquement, bien trop brusquement pour qu'elle ne fasse pas de cauchemars. Pas quand je la vois perdre son regard dans le vide sans aucune raison. Pas quand je la surprend jeter des coups d'œil répétés en direction de son portable, comme si elle attendait encore des messages de lui. Pas quand je vois son sourire nostalgique et mélancolique quand quelque chose lui fait penser à leur relation passée.
Mais je sais aussi qu'elle n'est pas prête à en parler. Alors, en attendant, je vais faire ce qu'elle me demande. C'est-à-dire oublier cette histoire et faire comme si rien ne s'était jamais passé. Sauf que cela ne durera qu'un temps -personne ne peut se reconstruire durablement en gardant enfouies les blessures de son passé. Il y a toujours un moment où ça finit par péter.
Et quand ce moment arrivera, quand elle aura besoin de quelqu'un à ses côtés, je serai là pour elle. Je me le promets.
XXX.
Je jette un coup d'œil dans la chambre de Cass' pour vérifier qu'elle est bien en train de dormir, et heureusement pour moi c'est le cas même si son sommeil semble agité au vu de la façon dont elle se tourne et se retourne dans le lit. J'espère que ce n'est pas en rapport avec cet abruti d'Axel -mais je n'ai que peu d'espoir.
Je me détourne de cette scène -il n'y a pas grand-chose que je puisse faire de toute façon- et traverse le couloir sur la pointe des pieds avant d'ouvrir silencieusement la porte de l'appartement et de me faufiler dans les escaliers.
Je n'ai vraiment pas intérêt à me faire attraper -par qui que ce soit.
Malgré l'adrénaline et la tension qui circulent dans mes veines, je ne peux pas m'empêcher d'avoir un grand sourire collé sur le visage à la pensée que je vais de nouveau passer la soirée avec Quinn. J'adore passer du temps avec elle -même si je suis bien incapable d'en expliquer la raison. Mais ce n'est pas cela qui va me retenir de la voir aussi souvent que possible, étant donné la sensation de pur bien-être que je ressens en sa compagnie -fait rare depuis ma rupture avec Brit.
J'étais tellement perdue dans mes pensées que je vois avec surprise les grilles du parc se dresser devant moi. Je ne me suis même pas rendu compte du chemin parcouru -il faut croire que de penser à Quinn me déconcentre un peu trop.
Je franchis l'entrée du parc et suis aussitôt le sentier emprunté avec Quinn hier soir. Je ne connaissais pas cet endroit -en même temps ce n'est pas comme si j'en connaissais beaucoup dans la ville- mais j'ai littéralement adoré. Ça m'a même fait repenser à ma ville d'origine. J'essaye de ne pas trop y penser, mais ma famille et mes -rares- amis me manquent. Même s'il n'y a aucune chance qu'ils l'apprennent un jour. Fierté de Lopez !
Je distingue au loin une silhouette debout devant un des arbres bordant le lac et je souris automatiquement. Sourire que me rend Quinn dès qu'elle m'aperçoit à son tour. Une fois arrivée en face d'elle, on s'avance d'un même mouvement pour se faire la bise -grand progrès par rapport à nos relations du début soit dit en passant. Et je dois me mordre la lèvre pour me retenir de sourire encore plus.
Elle se détourne ensuite pour faire redescendre l'échelle grâce à sa magie, puisqu'il lui suffit juste de marmonner une quelconque formule. Et, encore une fois, je suis impressionnée -mon pouvoir de rapidité paraît dérisoire en comparaison de ses capacités.
_Ça fait longtemps que tu m'attends ?
Elle remue les lèvres encore quelques instants avant de se retourner vers moi et de parler d'un ton narquois tout en soulevant un sourcil.
_Je rêve ou tu t'inquiètes pour moi ?
Je lâche un grognement tout en croisant les bras.
_Ne rêves pas trop Miss Fabray !
Je fronce instinctivement les sourcils en voyant une ombre passer sur son visage, tellement rapidement que je me demande si je n'ai pas rêvé. Mais mon impression est confirmée lorsque je la vois éviter soigneusement mon regard en se baissant pour attraper son sac -le tout sans rien répliquer.
_Quinn ?
Elle me répond -enfin si on peut appeler « Mmh ? » une réponse- mais sa voix semble lointaine et elle met bien trop de temps à fouiller son sac pour que cela soit crédible.
Le pire c'est que, pour une fois, je ne sais vraiment pas ce que j'ai fait.
Comme elle semble bien décidée à continuer de fouiller son sac -et je suis sûre que ça peut durer longtemps- je lui attrape doucement le bras pour la faire se relever et se retourner vers moi.
_Et si tu me disais plutôt ce qui ne va pas ?
Elle cligne des yeux un instant -comme si elle se demandait le comportement à adopter- puis m'adresse un sourire qui se veut rassurant.
_T'inquiète pas, y'a rien.
Sauf que son sourire est contredit par le voile de tristesse que j'arrive à distinguer au fond de son regard.
_Écoute, je suis désolée si j'ai dit ou fait quelque chose qui t'as blessée, je ne m'en suis pas rendue compte...
Elle secoue la tête, toujours son sourire factice collé aux lèvres.
_Tu n'as rien fait.
Elle croise mon regard sans le soutenir et amorce un geste pour se dégager, mais je l'en empêche en enroulant ma main autour de la sienne.
_Je sais que tu mens.
Elle remet aussitôt son masque d'indifférence en place -celui que je m'efforce désespérément de faire disparaître afin de pouvoir découvrir la véritable Quinn- et s'apprête à protester mais je ne lui en laisse pas le temps.
_Et je comprends. Je ne sais pas pourquoi tu mens, mais je comprends que tu le fasse. Tu vois la nuance ? Parce que quoi que ce soit que tu me caches, je suis sûre que c'est important, une blessure profonde, pas le genre de problème qu'on oublie en une semaine. Ça se sent.
Je plonge mon regard dans le sien et y trouve tellement d'émotions différentes, que je serais bien incapable de dire ce qu'il se passe dans sa tête en ce moment.
_Comment dire... on se ressemble toi et moi. Je ne peux pas comparer ce que j'ai vécu avec ce que, toi, tu as vécu. J'en suis certaine. Mais je comprends pourquoi tu mens, je sais à quel point il est facile de se cacher derrière un masque de salope pour pouvoir infliger aux autres ce mal-être que l'on ressent au plus profond de nous. Je le sais, je l'ai fait. Je sais aussi qu'il suffit d'un faux sourire et d'un peu de persuasion pour tromper nos amis, même les plus proches, et leur faire croire que l'on va bien. Il suffit d'être doué pour ça, et tu l'es, sans aucun doute.
Je sens mon cœur se serrer en voyant ses yeux pleins de larmes retenues, et sa lèvre mordue jusqu'au sang. Je déteste lui faire ça, vraiment. Sauf que je n'ai pas le choix. Je ne peux pas la laisser continuer à s'enfoncer dans son mal-être. Il faut qu'elle en parle à quelqu'un -même si ce n'est pas à moi. Ou ce sera bien pire.
_Et je sais aussi que ça te paraît être la seule solution. Je suis passée par là. Mais ce n'est pas une solution durable, je peux te le jurer. Il y a un moment où tu es tellement enfoncée dans ta déprime que tu ne t'en rends pas compte, mais il faut que tu en parles à quelqu'un. Je ne dis pas que ce sera facile, ou que tu te sentiras mieux de suite mais si tu te confies à la bonne personne, elle saura t'aider. Tu ne seras plus seule. Et, petit à petit, tu commenceras à aller mieux.
Rien qu'à voir son regard troublé je devine qu'elle est en pleine réflexion et je presse doucement sa main dans la mienne, pour la faire revenir à la réalité.
_Je ne sais pas qui est cette personne pour toi, ni ce que tu choisiras de faire. Je comprendrais parfaitement que tu ne veuilles pas m'en parler et je me doute bien que tu es plus proche d'autres personnes que de moi mais...je voulais juste te dire, que si jamais tu le veux...je suis prête à être cette personne pour toi.
Cette fois, les larmes coulent librement sur ses joues et je suis presque sûre de pouvoir lire de la reconnaissance dans son regard. Cependant, je n'ai pas le temps de l'admirer plus longtemps puisqu'elle me serre soudainement dans ses bras en enfouissant sa tête dans mon cou. Je reste un instant immobile avant de sentir un sourire étirer mes lèvres et de resserrer à mon tour mes bras autour d'elle. Je suis tellement heureuse qu'elle se laisse enfin aller devant moi. Je sens même une sensation de bien-être et de chaleur se répandre dans tout mon corps -ça fait si longtemps que je ne me suis pas sentie comme ça.
Son murmure rauque, étouffé par mes vêtements, me fait sortir de mes pensées et je frissonne involontairement. Attends...what ?! D'où je frissonne moi ?!
_Merci.
Sa voix est tellement pleine d'émotions, de sincérité et de fragilité que j'en oublie toutes mes considérations d'i peine deux secondes pour me concentrer sur elle.
Je souris contre ses cheveux -délicieuse odeur au passage- et approche ma bouche de son oreille, tout en resserrant mon étreinte.
_Y'a vraiment pas de quoi.
Je suis bien incapable de dire depuis combien de temps on est dans cette position, peut-être dix minutes, un quart d'heure, une demi-heure, une heure, ou même plus. La seule chose que je sais, c'est que je ne suis pas prête de la lâcher -pas tant qu'elle aura besoin de moi. Et à en juger par les larmes que je sens toujours couler de temps à autre dans mon cou, elle a besoin de moi.
Au bout d'un long moment, alors que ses larmes se sont arrêtées depuis un certain temps, elle finit par se détacher de moi. Même à la seule lumière de la lune, je peux voir que ses yeux sont rougis par les pleurs et que ses cheveux sont quant à eux loin d'être aussi disciplinés que d'habitude. Sauf que je peux aussi voir son sourire, hésitant mais sincère, et cela suffit pour que je le lui rende.
J'espère vraiment qu'elle suivra mon conseil.
Toutefois, je ne veux pas créer de malaise entre nous si elle ne se confie pas à moi, alors autant changer de sujet.
_On grimpe à l'arbre ?
Elle acquiesce et pose sa main sur le premier barreau pour le stabiliser mais alors que je m'approche pour commencer à grimper sur l'échelle, elle le lâche subitement et se retourne vers moi. Elle ferme un instant les yeux, soufflant comme si elle prenait une résolution et fixe son regard dans l'herbe, commençant ensuite à parler d'une voix basse, presque chuchotée, mais résolue.
_Ma sœur. C'était à ma sœur que je pensais, tout à l'heure. Tu m'y as fait repenser quand tu as dit « Miss Fabray ». Tout le monde l'appelait comme ça. Et ça m'a rappelé qu'elle n'est plus là. C'est pour ça que j'étais comme ça.
Je suis vraiment conne des fois. J'aurais du y penser ! Après tout, ça avait été LE sujet de conversation pendant des mois. La mystérieuse disparition de Frannie Fabray.
Tout le monde avait soupçonné les résistants de l'avoir enlevée pour faire pression sur le roi mais on ne l'avait jamais retrouvée, ou même aperçue quelque part et aucune demande de rançon -du moins officielle- n'avait été faite. Néanmoins, c'est depuis cette époque que les résistants capturés étaient systématiquement torturés et condamnés à mort. Ce qui ne change rien au fait que personne n'a jamais su ce qui lui était arrivé -même si les théories ne manquaient pas.
_Je...j'aurais dû m'en souvenir, je suis désolée...
Elle secoue la tête en se passant la main dans les cheveux, m'adressant un mince sourire.
_T'inquiète pas, c'est pas de ta faute, tu ne pouvais pas t'en douter.
Elle ne me laisse pas le temps de répliquer qu'elle prend une grande inspiration avant de poursuivre d'un ton hésitant.
_Tu sais, par rapport à ton conseil, t'as sûrement raison. Mais je ne crois pas être prête à t'en dire plus, au moins pour l'instant.
Je ne crois pas qu'elle s'en rende compte, mais c'est tellement plus que ce que j'espérais.
_C'est normal, je comprends.
Elle me lance un regard dubitatif alors je fixe mon regard au sien pour bien lui montrer que je suis sincère.
_Je t'assure. C'est déjà super que tu m'ait un peu parlé de ta sœur, Q. Vraiment.
Je suis cependant surprise de la voir sourire malicieusement, ses yeux laissant clairement transparaître de l'amusement.
_Il s'est passé quelque chose de drôle sans que je sois au courant ?
_On peut dire ça comme ça.
Je fronce les sourcils alors qu'elle croise les bras, toujours son sourire affiché sur son visage.
_C'est juste que, tu m'as appelée Q.
Oh. Je me sens rougir instantanément -et je peux remercier l'obscurité du parc qui fait qu'elle ne le remarque pas. Je ne me suis même pas aperçue que je l'avais appelée comme ça.
_Je...je ne m'en suis pas rendue compte, c'est sorti tout seul...
Ok. Vu le sourire narquois qui menace de fendre en deux son visage, je crois que je vais arrêter là le massacre.
_Okay, est-ce qu'on pourrait juste retenir de cette conversation le fait que je ne sois pas douée pour trouver des surnoms ?
Je ne lui laisse pas le temps de répliquer -je me doute bien qu'elle n'est pas prête à laisser tomber étant donné son haussement de sourcil et son sourire en coin- et affiche un air satisfait en pensant soudainement à quelque chose.
_A moins que tu ne préfères blondie ?
Elle plisse des yeux dans ma direction mais je crois qu'elle me connaît assez pour savoir qu'il ne vaut mieux pas répliquer si elle ne veut pas que je l'appelle non-stop comme ça.
_J'aime bien Q. en fait !
J'éclate de rire et, un sourire amusé sur les lèvres, elle pose sa main sur le barreau de l'échelle pour la stabiliser.
_Tu grimpes en premier ?
Je hoche la tête et commence à gravir l'échelle mais je me retourne pour lui lancer un clin d'œil, assorti d'un sourire malicieux.
_Tu sais que tu deviendrais presque polie ?
Même le dos tourné, je suis quasiment sûre qu'elle est en train de rouler des yeux.
_Tu sais que tu as de la chance d'être assez haut pour que je ne puisse pas te botter le cul ?
Je m'arrête un instant de grimper pour tourner la tête en sa direction. Même ainsi, les traits détendus, le visage rieur, elle dégage une véritable aura de puissance. Mais, loin de lui causer du tort, cela ne fait qu'ajouter un petit plus à son charme.
Wow. Mes pensées craignent vraiment aujourd'hui.
_Je savais qu'au fond t'avais la trouille blondie !
Je ne peux m'empêcher de ricaner légèrement en sentant un nouveau poids sur l'échelle. Elle n'a pas perdu de temps ! Je reviens cependant vite à la réalité en l'entendant commencer son ascension et me remets à grimper.
Même si je vais du plus vite que je peux, je l'entends -et je la sens- se rapprocher de moi à chaque seconde. Pour ma défense, il faut dire qu'elle a bien plus l'habitude de faire ça que moi.
Je ne suis plus qu'à trois barreaux du promontoire quand je sens tout à coup deux bras entourer ma taille et un souffle chaud contre mon oreille.
Merde. Il faudrait vraiment que quelqu'un m'explique comment je suis censée faire pour rester de marbre alors que la fille la plus canon que j'ai jamais vu vient littéralement se coller à moi -et que, fait non négligeable, je suis gay.
Il va peut-être falloir que je lui dise d'ailleurs, mais c'est trop tôt pour lui annoncer ça -et puis c'est surtout que je flippe de sa réaction. Je n'aimerais vraiment pas qu'elle réagisse mal et que l'on ne puisse plus se voir.
_Alors, Lopez, on n'est pas toujours la plus rapide ?
Et son murmure rauque, accentué sur mon nom de famille, tout contre mon oreille, n'arrange vraiment pas l'état de mon rythme cardiaque. Heureusement que j'ai l'excuse de l'effort physique récent.
Je ferme les yeux un instant, priant que pour ma voix ne déraille pas et ne trahisse pas mon trouble.
_Je ne voulais pas que tu te sentes trop inférieure à moi, blondie.
Je la sens ricaner contre mon oreille, et je resserre mon emprise sur les barreaux de l'échelle en sentant ses lèvres frôler ma peau, m'efforçant d'ignorer la sensation de chaleur qui commence à se répandre dans mon corps.
_On va faire comme si je ne savais pas aussi bien que toi que tu es en train de mentir...
Je lui adresse un grognement pour toute réponse et je finis de gravir les trois derniers barreaux avant qu'elle ne puisse se rendre compte de quelque chose -et que mon corps n'ait d'autres réactions bizarres. J'entends son rire cristallin derrière moi et, malgré moi, je sens un sourire se dessiner sur mes lèvres.
Je me retourne vers elle en l'entendant poser pied sur le promontoire et, lorsque son regard pétillant de joie et d'amusement croise le mien, mon sourire s'élargit sans que je ne puisse rien y faire. Je sais déjà -quoi que l'on puisse faire ensuite- que je vais passer une excellente soirée.
Je crois qu'accepter son pacte a été l'une des meilleures décisions de toute ma vie.
Elle va s'asseoir sur le bord du promontoire, les pieds dans le vide, la tête penchée en arrière, et je m'installe rapidement à ses côtés. Un sourire se forme lentement sur ses lèvres, mêlant joie, nostalgie, admiration et un petit quelque chose de plus -d'indéfinissable- alors que son regard ne quitte pas le ciel étoilé.
_C'est tellement parfait.
Sa voix est basse, comme si elle craignait de briser la magie de l'instant en couvrant les bruits de la nature. Craquant.
Et mon regard ne quitte pas son visage alors que je lui réponds d'une voix aussi basse que la sienne.
_Totalement d'accord.
Son sourire s'agrandit à mes paroles sans se douter que, contrairement à elle, je ne suis pas certaine de parler du ciel.
Là, y'a un rectangle blanc qui ne demande qu'à être rempli... x)
